7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 15:48

 

Lettre n°16 | Revue poépolitique 

 

 

 

 

 

 

Septième épisode du reportage-feuilleton d'Occupation du Théâtre de l'Odéon

 

 

 

 

 

 

Chronique d’occupation de lOdéon. 

 

 

Le communisme selon Bernard Friot

 

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Mustapha Saha

 

Sociologue, poète, artiste

 

Reportage photographique par

Élisabeth et Mustapha Saha

 

 

 

 

​​© Crédit photo : Bernard Friot avec Mustapha Saha. Reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, mai 2021, album 18, no 1. 

 

 

 

 

 

Scoop | Critique d'une pensée en vogue parmi les prospecteurs de nouveaux mondes.

 

 

Mercredi, 12 mai 2021. Agora de l’Odéon. Bernard Friot, habillé en gentleman farmer, commence son intervention debout, puis s’assoit sur une chaise. Une posture de rapprochement avec son auditoire. Il se définit comme économiste et sociologue. Il se défend d’être un philosophe. Je l’imagine justement en philosophe. « Il y a dans l’intelligence de cet homme comme un sens naturel de la philosophie » (Platon, Phèdre). Peut-on enseigner la révolution ? Il se dit communiste et chrétien. Il s’étonne que son parti choisisse son secrétaire national comme candidat à la prochaine présidentielle. Chassez le culte de la personnalité par la porte, il revient par la fenêtre. « Le parti, c’est comme une famille, comme une maison, nous n’avons pas tous les mêmes inclinations, les mêmes attractions, les mêmes intentions. J’y suis depuis un demi-siècle, j’y reste, sans état d’âme, en sachant qu’il y a beaucoup de communistes hors du parti et beaucoup de non-communistes à l’intérieur ». Il s’esclaffe quand il se prend en contradiction. Il a la certitude que son montage théorique est un paradigme communiste. La foi n’est-elle pas une grâce, qui s’éprouve et ne se prouve pas ? Il se dit ouvert aux critiques, il ne démord pas de son parangon. Ici, le conférencier est libéré de son image mandarinale. Il dialogue avec plusieurs classes d’âge, plusieurs conditions sociales, plusieurs convictions.

 

 

​​​​​​​​​© Crédit photo : Bernard Friot. Reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, mai 2021, album 18, no 2 & no 3. 

 

 

Transparaît l’amour du dialogue, de la conversation, de la palabre. Socrate veille. Conversation, du latin conversatio, fréquentation, vivre ensemble. « Je converse avec Homère et Cicéron. Les Homères et les Cicérons des siècles à naître converseront avec nous, en sorte qu’on peut hésiter à prononcer si une presse n’est pas autant un sens intellectuel, révélé à l’homme par Gutenberg, qu’une machine matérielle, car il en sort sans doute du papier, de l’encre, des caractères, des chiffres, des lettres qui tombent sous les sens, mais il en sort en même temps de la pensée, du sentiment, de la morale, de la religion, c’est-à-dire une portion de l’âme humaine » (Alphonse de Lamartine, Gutenberg, inventeur, de l’imprimerie, éditions Louis Hachette et Cie, 1869). L’intervention de Bernard Friot est filmée, immortalisée. Sa parole, sa faconde, ses exaltations, ses faux courroux sont aussitôt diffusés sur les réseaux sociaux. Les livres dorment dans les bibliothèques, ne se réveillent que pour les esprits aguerris. Les verbalités courent à la vitesse de l’éclair, se répercutent de la petite place parisienne aux quatre coins de la planète.  

Pour Bernard Friot, le régime général de la sécurité sociale est une prémisse d’un changement de mode de production, qui reconnaît les activités jugées improductives comme essentielles à l’épanouissement de l’être humain. Le communisme serait un déjà-là, sans passer par les étapes réformistes. La sécurité sociale, marquant, aux lendemains de la guerre, la souveraineté des travailleurs sur la partie socialisée de leurs salaires, serait donc un communisme, une alternative non-capitaliste dans la gestion de la protection sanitaire, de la retraite, des allocations familiales. Tout acquis social est révolutionnaire. 

Le capitalisme admet le travail uniquement comme emploi générateur de profit. Le travailleur est ligoté par la peur de perdre son emploi. L’employeur nie le travail comme attribut personnel, comme qualification singulière, comme activité créatrice. L’employé exécute sa tâche sur ordre, et ce faisant, arrête de penser, d’imaginer, d’inventer à partir de ses prédispositions particulières. Pour Bernard Friot, le salaire à la qualification personnelle permet d’acter à chacun le statut de producteur, l’appropriation des outils, la participation aux instances de coordination économique. Le salaire ne serait plus versé par un employeur, mais par une caisse commune des salariés. L’usage restitue au salarié la direction de sa production sur son lieu de travail. Il prend part, de ce fait, aux orientations économiques, aux délibérations des caisses d’investissement, aux affectations des contributions sociales. Le capitalisme désintègre le monde des producteurs, démantèle le salaire normal, crée des catégories artificielles d’assistés, des inutilités sociales. Les mouvements corporatistes tombent dans le piège de la victimisation permanente, qui les cantonne dans une posture défensive.

Bernard Friot est utopiste et réaliste à la fois. Il bricole le monde nouveau avec les acquis sociaux. Les salariés doivent être des producteurs directs de valeurs économiques, qui évitent la surproduction, la dilapidation, le gaspillage. Je recours à l’étonnement philosophique. Je tente de débroussailler l’embrouillamini séducteur. La définition du travail et du salaire, au-delà des doxas, suffit à démonter le château de cartes. L’étymologie se montre cruelle. Le salaire, salarium, du latin sal, désigne à l’origine la ration de sel, condiment précieux comme agent de conservation des aliments, versé sous l’Empire romain comme complément de rémunération. Solde et soldat se rattachent à cette racine.

Le salaire perpétue, sous rideaux superposés, ce sens de militarisation, de disciplinarisation, de subalternisation. Le substantif travail dérive du verbe latin tripaliare, qui signifie tout simplement torturer, venant lui-même de tripalium, instrument de torture à trois pals. Sous-entendus terrifiants de supplice, d’empalement, de souffrance. Les mots suivent bien entendu leur évolution, les réalités sociales qu’ils transforment et qui les transforment. Ils n’en demeurent pas moins imprégnés par leur sémantique originelle et se retrouvent parfois fossilisés par le vent de l’histoire. Obsolescence. Le monde a besoin de concepts inédits.

 

​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Élisabeth & Mustapha Saha. Reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, mai 2021, album 18, no 4. 

 

 

 

Bernard Friot dit assumer le communisme comme une rupture radicale et définitive avec le capitalisme, mais oublie de couper le cordon ombilical. Principe central, le salaire à vie à partir de dix-huit ans, un salaire de mille cinq-cents euros pour tous, qui augmente, en fonction de la qualification jusqu’au plafond de six mille euros. Ainsi, une partie de la population pourrait être quatre fois plus riche sur le seul critère discriminatoire du mérite. Or, le communisme ne peut se concevoir sans égalitarisme. La société communiste est, par définition, une société d’abondance où chacun apporte ses compétences, où chacun puise librement dans la richesse sociale, où la différenciation des pouvoirs d’achat perd sa base matérielle. Prévoir des jurys de qualification, n’est-ce pas instituer une nouvelle bureaucratie, qui dériverait immanquablement vers le soviétisme. Les salaires à vie seraient versés par « une caisse des salaires », alimentée par des cotisations prélevées sur la valeur ajoutée de toutes les entreprises. Une deuxième catégorie de cotisations financerait une « caisse d’investissement », qui remplacerait les banques privées. Cette généralisation des cotisations sociales mettrait fin à la propriété capitaliste. Mais, l’économie proposée serait toujours une économie de marché. Chaque entreprise vendrait sa production sur le marché, en concurrence avec d’autres entreprises. Qui serait l’arbitre pour maintenir une entreprise en activité ou la faire disparaître ? La « caisse d’investissement ». D’où un risque supplémentaire, inévitable de bureaucratie. Comment une entreprise, qui ne contrôle pas les salaires, pourrait faire pour contrer la concurrence, sinon en augmentant, d’une manière ou d’une autre, la productivité des salariés ?

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Bernard Friot avec Élisabeth & Mustapha Saha. Reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, mai 2021, album 18, no 5. ​​​​​​​

 

 

 

Bernard Friot s’est inventé un espace théorique où il navigue avec jubilation sans tenir compte de ses incohérences. Je vois cette démarche comme une poétique projective. Le sociologue-économiste part du postulat qu’un système communiste champignonne à l’intérieur du capitalisme, il suffit de le développer avec la socialisation totale de la valeur ajoutée des entreprises. La création du régime général de la sécurité sociale en 1946 aurait été le commencement d’un mode de production communiste cohabitant avec le mode de production capitaliste. Tout est salaire. Les retraites seraient des salaires, qui rémunéreraient l’activité sociale des personnes âgées, considérée comme une valeur communiste. Tous ceux qui reçoivent un revenu issu des cotisations, par leur existence même, quelques soient leurs occupations, participent de cette valeur communiste. Je pense à l’unique pièce de théâtre de Simone de Beauvoir où la ville assiégée, qui veut sacrifier ses bouches inutiles pour prolonger provisoirement sa résistance, découvre enfin que ces bouches inutiles, les vieux, les mères, les grands-mères, les handicapés, les enfants, constituent justement une force stratégique (Simone de Beauvoir, Les Bouches inutiles, éditions Gallimard, 1945). L’utilité sociale, psychologique, spirituelle, de chaque personne est en soi incontestable. Mais, le concept de valeur est intrinsèquement capitaliste. La valeur d’échange des marchandises se vérifie sur le marché lui-même dans l’échange des marchandises. Une fraction de cette valeur, équivalente à la partie de salaire détournée par l’employeur, constitue la plus-value, le profit. Les capitalistes n’apprécient pas les cotisations sociales parce qu’elles sont ponctionnées sur les plus-values. La société communiste, transversale, égalitaire, ne reconnaît que l’usage. Elle se passe de la valeur d’échange, du système bancaire, de l’abstraction monétaire, des spéculations boursières, de la concurrence et du marché. L’argent et les salaires disparaissent.

Je relis, le soir même, la Critique du programme de Gotha de Karl Marx, rédigé en 1875, longtemps confidentiel, publié en 1891 à titre posthume.  Le travail n’est pas la seule source de richesse. La première valeur d’usage est produite par la nature. Quand il se prétend maître de la nature, l’humain détruit les conditions vitales de son existence. Le problème n’est pas l’activité humaine, mais le système du salariat. Le droit se constitue à partir du travail, les humains uniquement vus comme travailleurs, et puisque ces travailleurs sont physiquement, intellectuellement, inégaux, le droit se doit d’être inégal. Le communisme dépasse l’horizon borné du droit bourgeois en réalisant une société régie par le principe : de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. La structure étatique est oppressive par nature et par définition. Le communisme s’accomplit pleinement avec l’abolition de l’État. 

Pour les premiers théoriciens bourgeois du capitalisme, Adam Smith, David Ricardo, le travail nécessaire pour fabriquer un objet constitue sa valeur. L’énergie dépensée se retrouve dans la marchandise. Pourquoi donc les produits reçoivent-ils une qualité de valeur ? Pour Karl Marx, l’explication de la valeur part de l’analyse de la marchandise. Au-delà de son usage, la marchandise peut s’échanger contre une autre marchandise. La marchandise possède la qualité d’être échangeable. Dans l’échange, il s’agit de troquer des choses égales ou équivalentes. Les activités deviennent identiques et comparables quand il est fait abstraction de la nature concrète des produits. Le travail, énergie humaine dépensée, s’objective dans la valeur. La marchandise est dotée, de ce fait, d’une caractéristique double, à la fois une chose concrète par  son usage et une valeur abstraite pour l’échange. L’usage est, par conséquent,  soumis à la tyrannie de la valeur d’échange, qui domine le processus de production lui-même. Or, les choses ne possèdent pas de la valeur en elles-mêmes, par elles-mêmes. Le diamant est uniquement composé d’atomes de carbone. Seul  l’échange donne une valeur. Les rapports entre humains se métamorphosent, dès lors, en rapports entre les choses. Le capitalisme est une chosification, une fétichisation de la vie. Les liens sociaux se structurent par des intermédiations extérieures, indépendantes des activités conscientes. L’échange n’est pas dans la nature humaine. La socialisation n’a pas besoin de marchandise pour s’accomplir et s’épanouir. C’est la dissociation de l’humain et de la nature, la séparation de l’existence et des moyens de subsistance, qui a totémisé le principe de l’échange et rendu le capitalisme possible. C’est uniquement dans le capital que la logique de l’échange prend forme. La valeur des choses s’introduit comme un virus dans les rapports humains, un virus invisible qui manipule les consciences, sacralise la marchandise, téléguide les comportements. Des matérialités palpables se transforment en entités financières, virtuelles, quasiment religieuses. Dans le capital, la marchandise n’est qu’un relais pour augmenter la quantité d’argent, pour convertir la part d’énergie non rétribué en profit. L’argent devient sa propre finalité, son but en soi. Karl Marx évoque un sujet automate, une machine autoréférente. L’argent, spectre omniprésent, peut se passer des humains, recourir à l’intelligence artificielle, la cybernétisation, la robotisation pour croître indéfiniment. 

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Bernard Friot avec Mustapha Saha. Reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, mai 2021, album 18, no 6. ​​​​​​​

 

Bernard Friot parle de son modèle comme d’une invention inédite. Il se complait dans sa logique interne. Il déambule avec enthousiasme dans sa construction. Une théorie-placebo, qui plaît, apaise, fait du bien sans expliciter son bien-fondé. Une influence qui soulage. Le discours affriande par l’ambivalence déconstruction-reconstruction. Maïeutique. Exercice socratique. Le professeur harasse ses interlocuteurs, puis, les réconforte, les aide à survoler l’abîme. Mais, que fait naître Socrate dans la tête de l’autre, sinon le vide de la pensée ? Inutile de donner tort ou raison à Bernard Friot. Qu’importent les critiques. Il poursuit tranquillement sa route, chaussures de randonnée, sac à dos et bâton de pèlerin. Les pensées fleurissent aux creux des saisons. Les livres mûrissent sous frondaisons.


 

 

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Pour citer ce texte poépolitique

 

Mustapha Saha, « Chronique d’occupation de l’Odéon. Le communisme selon Bernard Friot  » article inédit, reportage photographique inédit par Élisabeth et Mustapha Saha, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 7 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/ms-bernard-friot

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm
7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 12:58

 

 

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VILLON,  François

 

VIVIEN, Renée (nom de plume de Pauline Mary TARN, née le 11 juin 1877, morte le 18 novembre 1909)

 

 

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Date de la Création de la page :  7 juin 2021.

Dernière mise à jour : 7 juin 2021.

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Index des auteurEs et artistes Poésies féministes
5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 16:59

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Actions en faveur des femmes & personnes LGBTQA+ | Appels à contributions 

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Appels à poésies

 

 

de la SIÉFÉGP 

 

 


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© Crédit photo : Calligramme de Nicole Coppey. 

 

 

 

La SIÉFÉGP lance deux nouveaux appels à poésies :

 

 

  • un appel à poèmes audiovisuels et à des vidéos sur la poésie pour démarrer la programmation des premières activités en ligne de sa Maison de la Poéféminologie. Les créatrices et créatives ont jusqu'au 30 juin compris pour nous envoyer leurs courts-métrages à contact.revue@pandesmuses.fr sur le thème de leur choix, veuillez accompagner votre envoi d'une biographie de quelques lignes.

 

  • peu de femmes et personnes LGBTQAI+ pratiquent la poésie visuelle féministe ou non, et surtout le calligramme, pour cette raison, on vous propose un appel à calligrammes et à autres poèmes visuels sur le thème de votre choix pour une publication livresque en recueil collectif pour 2022 dans les éditions PAN DES MUSES. Cet appel s'adresse aux femmes et personnes LGBTQAI+. Date butoir : 31 octobre 2021. Contact : contact@pandesmuses.fr. Chaque personne peut participer par un ou deux poèmes. N'oubliez pas d'accompagner votre proposition par une biographie courte de préférence pour l'afficher sur le site www.pandesmuses.fr ou à publier dans le livre si cela nous sera réalisable.

 

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  • Autres activités ouvertes cet été aux membres de l'association et de la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES :

 

Les promenades champêtres & poétiques ont déjà commencé (les deux premières balades ont eu lieu le dernier week-end de mai et ont été consacrées à la lecture de poèmes de la poète contemporaine Dina Sahyouni). Les prochaines se dérouleront dans la région lyonnaise dans le dernier week-end de juin. Le groupe des deux balades prévues est déjà complet.

Au programme : lectures de poèmes des aïeules Amable Tastu, Anaïs Ségalas, Marceline Desbordes-Valmore & Ondine Valmore.

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Pour citer ces appels à contributions

 

SIÉFÉGP, « Appels à poésies de la SIÉFÉGP » textes inédits, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 5 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/appels-siefegp

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Appels à contributions Agenda
5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 14:44

 

Lettre n°16 | Varia de poétextes 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pesanteur

 

 

 

 

 

 

 

  

Djurdja Raskovic

 

Site officiel :

 

www.djurask.wordpress.com

 

 

 

Crédit photo : Menstrual cramps, 3, image de Commons, domaine public.

 

 

 


une goutte écarlate
sur la cuisse de lait
 


ventre gonflé de peau bleue
vertical
au son d’un souffle inégal
 


des éclairs blancs pressent mes seins
sillons de peau tendre
 


j’ai mal et je tiens mon ventre
d’où déborde
une mer de sang

cuisses pesantes et grasses
elles portent mes douleurs

j’ai peur des profondeurs de moi-même

 

 

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Pour citer ce poème féministe

 

Djurdja Raskovic, « Pesanteur », un poème inédit féministe et engagé sur la menstruation, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 5 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/dr-pesanteur

 

 

 

 

 

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 16:21

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Actions en faveur des femmes | Appels à contributions 

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Argumentaire

 

 

pour la journée d'étude sur

 

 

"Les fées après le Moyen Âge"

 

 

par Modernités médiévales 

 

 

 

 

 

 

L'argumentaire rapporté :

 

 

 

Appel : Les fées après le Moyen Âge.

La journée d’étude « Morgane, Mélusine, Viviane : les fées après le Moyen Âge. Réception, hybridations et réappropriation de trois figures féériques médiévales » se tiendra le 29 octobre 2021 à l’Université de Rennes 2.

Les propositions de communication sont attendues pour le 15 juin 2021.

 

 

 

 

Morgane, Mélusine et Viviane sont les trois fées les plus emblématiques du Moyen Âge. Elles s’inscrivent pourtant dans des traditions textuelles différentes, Mélusine n’étant pas une fée arthurienne, ce qu’elle est parfois devenue dès le XVIe siècle. Elle accompagne ainsi par exemple Gargantua en Avalon avec « Gain la phée » dans les Chroniques gargantuines. Dans les textes médiévaux, Mélusine et Morgane ne sont associées qu’allusivement, au détour d’une périphrase : Jean d’Arras précise que la fée Présine, mère de Mélusine, se réfugie en Avalon, chez sa soeur, la Dame de l’Ille Perdue, que l’on peut identifier à Morgane. Pourtant, ce duo sonne juste à l’oreille du médiéviste : c’est que la recherche en littérature médiévale, et bien sûr au premier chef le livre de Laurence Harf-Lancner, Les fées au Moyen Âge : Morgane et Mélusine, La naissance des fées, a largement contribué à construire ce couple emblématique de fées, qui sont souvent considérées comme des doubles inversés. Mélusine intègre – provisoirement – le monde des hommes, y dispensant ses bienfaits et y engendrant un glorieux lignage historique, celui des Lusignan. Morgane, dont l’identité est instable au Moyen Âge, n’est mère que dans certains récits, d’Yvain et/ou de Mordred, fils adultérin qu’elle conçoit avec son frère Arthur, et elle enlève et enferme ses amants dans l’Autre monde. Pour Laurence Harf-Lancner, les noms des deux fées recouvrent en fait deux structures narratives qui s’opposent. Une troisième figure, Viviane, vient complexifier le réseau des représentations féériques féminines au Moyen Âge et dans les siècles suivants. Viviane et Morgane, dans la mémoire collective, sont opposées, l’une étant présentée comme l’adjuvante, et l’autre comme l’opposante d’Arthur.

 

Pourtant, comme Morgane, elle est insaisissable, se dédouble, a plusieurs noms, et ses représentations varient selon les textes. Au contraire, Mélusine est fermement associée, au Moyen Âge, à un récit rapporté, avec peu de variations, dans deux romans, de Jean d’Arras (1393) et de Coudrette (c. 1401). En France, c’est le texte de Jean d’Arras qui s’impose dans les éditions et qui peut donc être considéré comme l’hypotexte matriciel des oeuvres littéraires et picturales des siècles suivants. Mais l’autorité de ce texte premier s’est diluée, d’une part parce que ce texte, après avoir été publié de façon continue dans des éditions assez fidèles à leur hypotexte mais de plus en plus populaires jusqu’à la fin du XVIIe siècle, a été expurgé dans la Bibliothèque Universelle des Romans puis confiné dans des éditions essentiellement destinées à des spécialistes ; d’autre part parce que la figure mythique s’inscrit dans une culture de plus en plus médiatique et de moins en moins littéraire. Morgane et Viviane s’inscrivent également dans cette culture médiatique, qui remet en cause l’autorité des textes littéraires.

 

Cette dilution des hypotextes médiévaux se manifeste cependant autrement pour ces deux fées arthuriennes, notamment par l’émergence et la répétition d’un récit qui tend à l’unicité, occultant la polyphonie qui caractérise la tradition arthurienne. Il faudra s’interroger – que les relations entre les oeuvres ou entre les personnages étudiés tiennent de l’hypertextualité ou de la transfictionnalité – sur les évolutions des représentations de ces fées et des récits qui leur sont associés dans différents genres littéraires – poésie, théâtre, bande dessinée… – dans différents media – cinéma, opéra, peinture, sculpture… – mais aussi dans des écrits critiques, d’historiens ou de mythologues notamment. Sur le plan littéraire, que deviennent les oppositions structurelles relevées par Laurence Harf-Lancner entre Morgane et Mélusine après le Moyen Âge? Sont-elles fermement associées à ces figures mythiques ? Comment les relations entre les trois fées évoluent-elles après le Moyen Âge ? Sont-elles rapprochées ou, au contraire, opposées, et dans quels contextes littéraires et culturels ? On pourra aussi réfléchir à leur représentation au sein de la recherche en littérature médiévale, de façon à rappeler, à travers elles, quelques grandes inflexions de la médiévistique et pour étudier la manière dont la critique nourrit les représentations figurales de ces trois fées. Parce qu’elles sont toutes les trois liées à un homme – Merlin ou Raymondin – elles permettent en outre d’interroger les relations entre les genres.

 

Dans une perspective comparatiste, les représentations de Morgane, Mélusine et Viviane pourront être étudiées, du XVIe au XXIe siècle :

– dans une oeuvre picturale, littéraire ou critique particulière, qui s’attache aux moins à deux de ces fées

– dans l’ensemble de l’oeuvre d’un artiste donné

– chez un même éditeur ou dans une même collection éditoriale, que l’on parle de la

Bibliothèque bleue, de la Bibliothèque Universelle des Romans ou de Flammarion

– ou encore au sein d’un même mouvement, entendu au sens large, et pouvant donc

recouvrir à la fois une tendance critique, le celticisme par exemple, un courant littéraire, comme le romantisme, ou un ensemble d’idées politiques et sociales, comme le féminisme.

 

On pourra aussi proposer des études sur la façon dont ces trois fées permettent d’interroger les relations entre les genres et entre les espèces, ou une réflexion sur des fées qui tiennent de plusieurs modèles (Morgane, Mélusine, Viviane), qui combinent leurs traits et témoignent ainsi d’un phénomène de coalescence de plusieurs figures mythiques. Des approches qui montreraient l’arthurianisation éventuelle de Mélusine, qui se tiendrait alors aux côtés de Morgane et Viviane dans le panthéon des fées arthuriennes, seraient également bienvenues.

 

Cette journée d’études sera ainsi l’occasion d’étudier la réception à la fois créative et critique de trois figures féminines et merveilleuses médiévales, de mieux saisir l’évolution des questionnements qu’elles cristallisent du point de vue du genre, de constater la permanence ou le renouvellement des scénarios associées à ces figures mythiques littéraires dans le jeu des transferts génériques, de la transfictionnalité et de la transmédialité.

 

 

 

Les propositions de communication (avec une brève notice bio-bibliographique), n’excédant pas une page, sont à envoyer avant le 15 juin 2021 aux organisatrices :

 

christine.ferlampinacher@univ-rennes2.fr ; fabienne.pomel@univ-rennes2.fr, jpavlevski@gmail.com

 

 

 

Comité d’organisation :

 

Christine Ferlampin-Acher, Professeure en langue et littérature médiévales à l’Université Rennes 2 – CELLAM – CETM

 

Adeline Latimier-Ionoff, chercheuse associée au CELLAM – CETM

 

Joanna Pavlevski-Malingre, ATER en langue et littérature médiévales à l’Université Rennes 2 – CELLAM – CETM

 

Fabienne Pomel, Maîtresse de conférences HDR en langue et littérature médiévales à l’Université Rennes 2

 

La journée d’études est envisagée en présentiel à l’Université Rennes 2. Une formule hybride ou un passage au distanciel est possible, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire et des contraintes des intervenants. Selon le nombre de propositions, une seconde journée pourrait être organisée postérieurement.

 

 

 

Cette entrée a été publiée dans Colloques, et marquée avec fée, mélusine, le 04/06/2021 par Justine BRETON.

 

 

Site officiel des Modernités médiévales :

 

 

***

 

 

Pour citer cet appel

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Argumentaire pour la journée d'étude sur "Les fées après le Moyen Âge" par Modernités médiévales » texte rapporté, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 4 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/appel-fees

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

 

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