30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 17:55

 

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES 

 

 

se promène ce week-end

 

(30-31 mai)

 

 

© Crédit photo : SIÉFÉGP. 

 

 

Le Pan Poétique des Muses (LPpdm)

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

ISSN numérique : 2116-1046

© www.pandesmuses.fr

Initiative labellisée par le Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes

 

© Tous droits réservés

 

Page créée le 30 mai pour le week-end 30-31 mai 2021. 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Agenda
30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 17:50

 

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Réception  & critique d'autrefois | Presses, médias, femmes, genre & poésie

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Préface

 

 

 

 

 

 

 

 

Renée Vivien

 

Texte choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

Crédit photo : "Sappho", Gabrielle Krauss by Benque, Gallica, domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

La Préface présente ci-dessous a été rédigée par VIVIEN, Renée et se trouve dans son édition de SAPPHO (612?-557? av. J.-C.), Sappho. Traduction nouvelle avec le texte grec [par] Renée VIVIEN, Paris, Alphonse LEMERRE, Éditeur, 23-31, passage Choiseul, MDCCCCIII/1903, pp. I-V.

Cet ouvrage appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica de la Bibliothèque nationale de France.

 

 

 

    L'Œuvre du divin Poète fait songer à la Victoire de Samothrace, ouvrant dans l'infini ses ailes mutilées.

    Comme elles s'allient profondément avec l'ombre et le silence, ces paroles trempées dans le parfum des nuits mytiléniennes :

    « Les étoiles, autour de la belle lune, voilent aussitôt leur clair visage, lorsque, dans son plein, elle illumine la terre de lueurs d'argent. »

    … Voici la langueur des vergers où les fruits et les verdures s'imprègnent de soleil :

    « Alentour [la brise] murmure fraîchement à travers les branches du pommier, et des feuillages frissonnants coule le sommeil. »

    Mais l'enchantement est rompu par un cri de détresse :

    « Car ceux à qui je fais du bien, ceux-là m'outragent le plus. »

    De quelles blessures envenimées ces mots ont-ils coulé, comme de brûlantes gouttes de sang ? À quelles ingratitudes, à quelles trahisons songeait-Elle ? Et qui jamais apprendra les douleurs secrètes de ce cœur si magnifiquement humain ?

    « Venez, Grâces délicates et Muses aux beaux cheveux. » Telle fut jadis l'invocation de la Tisseuse de violettes, tandis qu'auprès d'elle Eranna de Télôs, la plus ardente et la plus inspirée de ses disciples, la Musicienne qui mourut trop jeune pour atteindre au sommet de sa gloire, accompagnait vaguement d'une note errante du paktis* le chant souverain. L'air du large gonflait les cheveux nocturnes de Psappha**, et, au loin, dans les pauses du rythme, montait le soupir de la mer. Dika tressait de ses mains souples les roses de Mytilène entrelacées de fenouil. Damophyla de Pamphylia, qui devait plus tard composer une ode sur le modèle de cette parfaite harmonie, écoutait, pareille à une statue de l'Extase ; Gorgô, un peu à l'écart, se souvenait avec mélancolie des heures fanées ; Gurinnô contemplait le « sourire de miel » que célèbrent les vers d'Alcée ; Atthis, l'ondoyante et l'incertaine, cherchait le regard d'Androméda et, sous l'ombre des pommiers du verger, s'attardaient, ivres de musique et de souvenirs, Télésippa, Mégara, Anagora de Milet, Gonyla de Colophôn, Anactoria et Euneika de Salamine.

    … En évoquant, à travers les brumes du Temps, les ardeurs sacrées de l'immortelle Amoureuse, ma pensée va vers Atthis, la moins fervente des Amies, peut-être, et la plus aimée. Car c'est pour elle que s'éleva ce divin soupir :

    Je t'aimais, Atthis, autrefois... »

    Je me plais à croire qu'elle fut la Beauté fugitive de l'Ode à l'Aphrodita et de l'Ode à une Femme aimée, à laquelle la tradition attache le nom d'Anactoria.

    Psappha s'éprit de toutes les magnificences de la nature : elle aima les fleurs, l'étoile du soir, l'hyacinthe meurtrie qui se fane sur la montagne, la pomme qui s'épanouit sur les plus hautes branches et que la convoitise des passants n'a pu atteindre, semblable à l'inaccessible et désirable virginité, et le duvet de l'herbe du printemps, que foulent en dansant les femmes de la Crête.

    L'incomparable Amante fut aussi l'incomparable Amie. Recueillons avec pitié cette larme très pure donnée au souvenir d'une petite morte virginale.

« C'est ici la poussière de Timas, que l'azur sombre du lit nuptial de Perséphoné reçut, morte avant l'hymen. Lorsqu'elle périt, toutes ses compagnes, d'un fer fraîchement aiguisé, coupèrent la force de leurs désirables chevelures. »

 

 

 

 

 

 

* Harpe inventée par Psappha, instrument dont la forme nous est peu connue, mais qui était très différent de la lyre et ne comportait pas l'emploi de l'archet.

** Forme dorienne et exacte du nom de Sapho.

 

 

 

***

 

 

Pour citer cette présentation de la poésie d'une lesbienne 

 

Renée Vivien, « Préface », texte dans SAPPHO (612?-557? av. J.-C.), Sappho. Traduction nouvelle avec le texte grec [par] Renée VIVIEN, (1903), a été choisi & transcrit par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 30 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/rv-pref-psappha

 

 

 

 

 

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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 17:44

 

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Revue Matrimoine | Essai ou manifeste & REVUE ORIENTALES (O) | N° 1 | Dossier | Articles  

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Biographie de Psappha

 

 

 

 

 

 

 

 

Renée Vivien

 

Texte choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

Crédit photo : "Sappho", Blue Tile Victoria and Albert Muséum, domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

La biographie présente ci-dessous a été rédigée par VIVIEN, Renée et se trouve dans son édition de SAPPHO (612?-557? av. J.-C.), Sappho. Traduction nouvelle avec le texte grec [par] Renée VIVIEN, Paris, Alphonse LEMERRE, Éditeur, 23-31, passage Choiseul, MDCCCCIII/1903, pp. VII-XII. Cet ouvrage appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica de la Bibliothèque nationale de France.

 

 

 

    De la femme qui atteignit jusqu'aux purs sommets de la gloire nous ne savons presque rien, les siècles ayant trop impénétrablement embrumé la splendeur de son lointain visage. Les ardents d'Alcée attestent qu'elle fut belle et qu'elle fut aimée :

    « Tisseuse de violettes, chaste Psappha au sourire de miel, des paroles me montent aux lèvres mais une pudeur me retient. »

    Cet hommage lyrique fut, d'ailleurs, peu favorablement reçu de celle à qui il fut adressé. Psappha répondit :

    « Si tu avais eu le désir des choses nobles et belles, et si ta langue n'avait proféré une phrase vile, la honte n'aurait point fait baisser tes yeux, mais tu aurais parlé selon la justice. »

    … L'Aède de Lesbôs dut naître vers 610 avant Jésus-Christ. Hérodote nous apprend que son père se nommait Skamandronymos et sa mère Kléis.

 

 

 

Crédit photo : Psappha Obbink, Brothers Poem crop, domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

 

Elle eut deux frères, Larichos et Charaxos. Larichos étant l'échanson en titre des cérémonies publiques de Mytilène, et ce privilège étant réservé aux éphèbes de noble naissance, on en conclut que Psappha devait appartenir à l'opulente aristocratie de la ville. Charaxos, étant allé vendre en Égypte le vin célèbre de Lesbôs, s'éprit d'une esclave de Naucratis, Doricha, surnommée par ses amants Rhodopis. Il la libéra au prix d'un trésor et dissipa avec elle ses richesses. Elle devint ainsi l'illustre courtisane aux joues roses. Psappha, dans une de ses odes, la raille amèrement. « Une faveur publique, » dit-elle, en parlant de l'hétaïre égyptienne.

 

    Une inscription sur un marbre de Parôs nous apprend que, pendant le règne d'Aristoclès à Athènes, Psappha s'enfuit de Mytilène et se réfugia en Sicile. Nous ignorons la cause de son exil. Ce ne fut assurément point la poursuite de Phaon, comme l'assurent certains auteurs, qui détermina la Tisseuse de violettes à quitter les musiques et les sourires de Mytilène. Car Phaon n'est qu'un mythe créé par quelques écrivains d'après la tradition populaire.

    Phaon, suivant la légende, était un passeur de bac fort honoré par les habitants de l'île pour son intégrité. « La Déesse, » (comme disaient les Lesbiens en parlant de l'Aphrodita), ayant revêtu l'aspect d'une vieille mendiante, pria Phaon de la transporter sans payer l'obole. Il acquiesça immédiatement à sa demande, et l'Immortelle le récompensa par une jeunesse et une grâce renouvelées.

 

    Ce Phaon, ajoute Phalacphatos, fut chanté par l'amoureuse Psappha. » Cette erreur grossière a été mise en crédit par plusieurs autres historiens, peu soucieux de vérifier l'exactitude de leurs affirmations. Pline écrit : « Phaon fut aimé de Psappha, parce qu'il avait su trouver la racine mâle de la plante éryngo, qui avait le pouvoir magique d'inspirer la passion. »

    On voit quelles incertitudes fabuleuses entourent la tradition, aussi erronée qu'universelle, de l'amour de Psappha pour Phaon.

    En face de l'insondable nuit qui enveloppe cette mystérieuse beauté, nous ne pouvons que l'entrevoir, la deviner à travers les strophes et les vers qui nous restent d'elle. Et nous n'y trouvons point le moindre frisson tendre de son être vers un homme.

Ses parfums, elle les a versés aux pieds délicats de ses Amantes, ses frémissements et ses pleurs, les vierges de Lesbôs furent seules à les recevoir.

N'a-t-elle point prononcé cette parole si profondément imprégnée de ferveur et de souvenir :

    « Envers vous, belles, ma pensée n'est point changeante. »

    Elle traduit son mépris pour le mariage par ce vers : « Insensée, ne te glorifie point d'un anneau, » et repousse avec dédain l'offrande poétique d'Alcée.

Elle a le calme des êtres immortels, à qui la contemplation de l'éternité est familière : « … j'ai l'âme sereine. »

 

 

Crédit photo : Victoria and Albert Muséum, Tripota, Sappho, portrait, domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

    La terre d'où jaillit une fleur sans pareille est, en vérité, la partie de la volupté et du désir, la patrie de la volupté et du désir, une Île amoureuse que berce une mer sans reflux, au fond de laquelle s'empourprent les algues.

 

    Les Lesbiens avaient l'attrait bizarre et un peu pervers des races mêlées. La chevelure de Psappha où l'ombre avait effeuillé ses violettes, était imprégnée du parfum tenace de l'Orient, tandis que ses yeux, bleus comme les flots, reflétaient le sourire limpide de l'Hellas. 

Ses poèmes sont asiatiques par la violence de la passion, et grecs par la ciselure rare et le charme sobre de la strophe.

 

    Des vierges et des femmes, délaissant leur pays et oubliant leurs tendresses, venaient des contrées lointaines apprendre d'Elle l'art des rythmes et des pauses. Elles entendirent dans toute leur plénitude et tout leur orgueil les poèmes dont nous ne possédons que de rares fragments, pareils à des lambeaux de pourpre royale...

 

    La vie harmonieuse, ardente et sincère de Psappha, se résume en ces vers : « J'aime la  délicatesse, et pour moi la splendeur et la beauté du soleil, c'est l'amour. » Nous ne savons comment ni quand elle mourut : le saut de Leucade n'est qu'une fable : mais peut-on douter de la beauté de sa mort lorsqu'on se souvient de cette parole magnifique et solennelle : « Car il n'est pas juste que la lamentation soit dans maison des serviteurs des Muses, cela est indigne de nous. »

 

 

 

***

 

 

Pour citer cet article 

 

Renée Vivien, « Biographie de Psappha », texte dans SAPPHO (612?-557? av. J.-C.), Sappho. Traduction nouvelle avec le texte grec [par] Renée VIVIEN, (1903), a été choisi & transcrit par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021 & Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 30 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/megalesia21/rv-bio-psappha

 

 

 

 

 

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27 mai 2021 4 27 /05 /mai /2021 10:58

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeules | Pionnières en poésies féministes | Florilège de textes poétiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Des femmes vont passant

 

 

 

&

 

 

 

Il se pourrait.... 

 

 

 

 

 

 

Poèmes de

 

Alfonsina Storni

 

Textes traduits par

Monique-Marie Ihry

 

 

 

 

 

​​​​​Crédit photo : Alfonsina Storni, domaine public, Wikimedia. 

​​​​

 

Des femmes vont passant

 

Chaque jour qui passe, davantage maîtresse de moi-même, 

Je m’enferme dans mon monde intérieur ;

Au milieu des autres la solitude me plonge dans l’abîme.

Je ne domine plus les esclaves ni ne tolère le maître.

 

   

Maintenant passent près de moi des femmes  

Dont les yeux transcendent l’illusion divine,

Elles ont le pas aisé d’un corps élancé :

On voit que presque rien ne leur pèse sur le cœur.


 

Certaines ont des yeux bleus et innocents ;

Comme ivres, le pas au hasard, elles vont rêvant ;

La limpidité du ciel s’affiche sur leur front

Et, comme il est très mince, on les entend rêver.


 

Je souris à sa beauté, je tremble pour ses rêves,

Le fin tulle de son âme, qui le recueillera ?

Ce sont des petites créatures, demain elles auront des maîtres 

Et elle demandera des fleurs… et lui ne comprendra pas. 


 

J’ai sur elles un avantage qui sied ma conscience :

Les rêves qu’elles fomentent, je n’ai pas su les tisser,

Car, entre des mains ignorantes, je n’ai pas perdu mon innocence.

Ne l’ayant jamais possédée, je n’ai pu la perdre.


 

Je suis née sans candeur ; petite, déjà, Mon petit cerveau s’est mis à composer ;

Ma pauvre mère raconte combien elle comprenait.

J’ai appris très tôt la science de pleurer.

 

 

Et les pleurs furent la flamme asséchant ma candeur

Dans les racines mêmes de l’arbre endormi, 

Et l’âme est chaude de cette brûlure.

Je brûle au fer rouge ma vie ! Comment ai-je pu tenir ?  


 

Mon âme, toi qui es seule : ta pureté, cachée

Sous un orgueil sombre, personne n’en prendra soin ;

Si, sur une musique divine l’âme s'était endormie,

L’âme, compréhensive, ne se réveillerait plus.


 

Femmes, j’ai des rêves, j’ai un rêve profond.

Vous, les humains, esquivez-vous sur la pointe des pieds ;

En murmurant, mon cœur implore au monde son silence

Et lasse, mon âme susurre : taisez-vous !… *

 


 

*Alfonsina STORNI (1892-1938) Extrait du recueil Languidez / Langueur (1920) traduit par Monique-Marie Ihry, Collection Bilingue n°5, Cap de l’Étang Éditions, 2020, p. 109. 


 

 

Il se pourrait....

 

 

Il se pourrait que tout ce dont j’ai hérité

Ne soit rien d’autre que ce qui n’a jamais pu exister,

Ne soit rien d’autre que quelque chose d’interdit et de réprimé

De famille en famille, de femme en femme.

 

 

On dit que dans ma famille, mesuré

Était tout ce qui devait être fait…

On dit que les femmes du côté maternel

Ont été silencieuses… Ah, il se pourrait que cela soit vrai…

 

 

Il est arrivé à ma mère d’avoir le caprice

De vouloir se libérer, mais une profonde amertume

Montait dans son regard et, dans l’ombre, elle pleurait.

 

 

Et tout ce qui la blessait, la contraignait, la mutilait,

Tout ce qui dans son âme enfermé se trouvait, 

Je pense, sans le vouloir, l’avoir libéré.**



 

 

**Alfonsina STORNI (1892-1938), Extrait du recueil Poesías (seleccionadas, e inéditas) / Poésies (choisies et inédites) (1920), traduit et présenté par Monique-Marie Ihry, Collection Bilingue n°7, Cap de l’Étang Éditions, 2020, p. 51. 


 

 

© MM. Ihry

 

 

***

 

Pour citer ces poèmes féministes traduits en français

 

Alfonsina (écrit par), Monique-Marie Ihry (traduit par), « Des femmes vont passant » & « Il se pourrait.... », poèmes reproduits avec l'aimable autorisation de la traductrice & de sa maison d'éditionLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/II « Pionnières en poésies féministes », mis en ligne le 27 mai 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/as-mmi-desfemmes

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Poésies féministes
27 mai 2021 4 27 /05 /mai /2021 10:11

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeules | Pionnières en poésies féministes | Florilège de textes poétiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vampire

 

 

 

 

 

 

Poème de

 

Delmira Agustini

 

Texte traduit par

Monique-Marie Ihry

 

 

 

 

 

​​​​​Crédit photo : Delmira Agustini, domaine public, Wikimedia. 

​​​​

 

 

 

 

Dans le refuge triste du soir  

J’invoquai ta douleur… La sentir était

Sentir ton cœur ! Tu pâlis,

Même ta voix, tes paupières de cire

 

Baissèrent… et tu te tus… et tu semblas

Entendre passer la Mort… Moi qui avais ouvert

Ta blessure, je la mordis ‒ M'as-tu sentie ? ‒

J’ai mordu comme dans l’or d’un nid d’abeilles ! 

 

 

Et je pressai davantage, traîtresse, doucement

Ton cœur blessé mortellement 

Par l’étrange dague cruelle et exquise

D’un mal sans nom, jusqu’à l’ensanglanter de pleurs !

Et je tendis vers cette fontaine ouverte dans ta souffrance 

Les mille bouches de ma soif maudite.


 

 

Pourquoi ai-je été ton vampire d’amertume ?...

Suis-je fleur ou fontaine d’une espèce obscure

Qui s’alimente de plaies et s’enivre de pleurs ? *

 

 


 

*Delmira AGUSTINI (1870-1920), Extrait du recueil Cantos de la maňana / Les chants du matin (1910), traduit et présenté par Monique-Marie Ihry, Collection Bilingue n°8, Cap de l’Étang Éditions, 2020, p. 41. 

 

 

© MM. Ihry

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe traduit en français

 

Delmira Agustini (écrit par), Monique-Marie Ihry (traduit par), « Le vampire », poème traduit & reproduit avec l'aimable autorisation de la traductrice & de sa maison d'éditionLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/II « Pionnières en poésies féministes », mis en ligne le 27 mai 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/da-mmi-levampire

 

 

 

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L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

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