10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 16:08

 

Lettre n°12 | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

 

 

 

Lettre ouverte

 

Avertissement : cette lettre ouverte a été transcrite par LPpdm.

 

 

 

L'islamisme n'est pas une religion

 

 

 

Nasser Ramdane Ferradj

Collectif des musulmans progressistes et laïques

 

 

 

 

Crédits photos : image de la lettre ouverte récupérée du compte Twitter du collectif et

coupée en deux pour sa parution en ligne

 

 

Le 10 novembre 2017

 

Monsieur Mahieu Gallet, Président de Radio-France,

Monsieur Laurent Guimier, directeur délégué aux antennes,

 

 

Le 8 novembre sur l'antenne de France Info, le journalisme Edwy Plenel a déclaré : «  la Une de Charlie Hebdo fait partie d'une campagne générale de guerre aux musulmans ».

Nous nous étonnons, alors que nous sommes concernés autant que les islamistes dans cet ensemble « musulmans » que votre rédaction ne nous ait pas répondu alors que nous souhaitons donner notre avis en tant que musulmans progressistes et laïques.

 

Cette Une de Charlie qui serait une guerre contre nous tous désignait Edwy Plenel comme ignorant tout des comportements de Tariq Ramadan à l'égard des femmes.

 

Étant mis en cause, il est bien normal que vous lui donniez la parole. Pour autant, il est stupéfiant qu'on nous la refuse à nous. Qu'un journaliste de renom surfe sur les haines et les ressentiments des soutiens du prédicateur vedette des islamistes n'est pas sans danger. Et si par malheur Charlie Hebdo était à nouveau ensanglanté, il ne faudra pas dire les musulmans sont restés les bras ballants. Nous aurons nous défendu le droit à la caricature mais nous n'aurons pas pu le faire sur vos antennes. Là où ces propos irresponsables attisant les relents de haine des islamistes auront été tenus, et qui, parmi des âmes sensibles aux thèses islamistes, font figure d'appel au djihad.

 

Ce journal a déjà et à plusieurs reprises payé un lourd tribut dans cette guerre que l'idéologie islamiste mène aveuglement dans notre pays et dans de nombreux pays du monde.

À la veille des commémorations des attaques nourries par cette idéologie politico-religieuse, nous, musulmans progressistes et laïques nous vous demandons à nouveau la parole. Car nous refusons que monsieur Plenel, grande plume du journalisme français, insuffle l'idée à des jeunes gens en déshérence qu'ils seraient contraints au « djihad » face à une guerre que des dessinateurs (!!!) leur mèneraient.

 

Par ailleurs, à notre connaissance, Edwy Plenel n'est pas musulman, ni de culture ni de religion, et se plaint que les musulmans n'aient pas la parole alors qu'il la monopolise lui à propos de nos vies qu'il ne semble connaître qu'à travers ses fréquentations islamistes. Qu'on cesse donc de le laisser parler à sa guise en notre nom. Qu'il soit la plume de l'islamisme devrait lui suffire puisqu'il s'érige maintenant en dicteur de Fatwas.

 

Nasser Ramdane Ferradj

Collectif des musulmans progressistes et laïques

 

 

 

 

***

Pour citer ce texte

 

Nasser Ramdane Ferradj, « L'islamisme n'est pas une religion », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 12, mis en ligne le 10 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/lettre-ouverte.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 12:46

 

Lettre n°12 | Actions en faveur des femmes | Revue cultuelle des Amériques

 

 

 

Anne Marty

 

 

La littérature haïtienne dans la modernité

 

 

Éditions Karthala, 2017

 

 

 

 

© Crédit photo : 1ère de couverture illustrée du recueil aux éditions Karthala.

 

 

 

« Constitué d’articles publiés entre 2000 et 2013, résultat de plus de quarante années de recherches effectuées par Anne Marty dans la littérature haïtienne, l’ouvrage ne se confond pourtant pas avec une collection d’essais. Des thèmes précis en sous-tendent l’architecture, montrant la dynamique à l’œuvre. »

 

Présentation de louvrage d’après la préface d’Yves Chemla


 

« Constitué d’articles publiés entre 2000 et 2013, résultat de plus de quarante années de recherches effectuées par Anne Marty dans la littérature haïtienne, l’ouvrage ne se confond pourtant pas avec une collection d’essais. Des thèmes précis en sous-tendent l’architecture, montrant la dynamique à l’œuvre. Le premier de ces thèmes est celui du féminin, étudié à partir des auteures et des personnages représentés. Plus d’une vingtaine d’auteures sont évoquées ou traitées, de Virginie Sampeur à Maggy De Coster.

Leur présentation ainsi que l’analyse de leurs œuvres sont mises en perspective et montrent la place importante qu’elles prennent dans le champ littéraire haïtien. Anne Marty montre aussi que la représentation du corps féminin est un des puissants leviers de la fiction, et que c’est à partir de cette représentation que l’intime parvient aux mots. Analyses éclairantes et perspicaces, elles mettent en relief la façon dont ces auteures se démarquent des stéréotypes courants qui constituent le fonds de l’idéologie masculine.

Un deuxième thème parcourt le travail, celui du rappel de l’action délétère de la dictature sur la société haïtienne. Elle montre comment les écrivains, surtout à partir des années duvaliéristes, ont résisté et cherché à rénover une langue instrumentalisée pour l’expression du pire. Enfin, elle prend en charge la littérature qui, après janvier 2010, se dresse contre l’effondrement.

L’ouvrage d’Anne Marty est important en ce qu’il rend compte à la fois du long terme, cette perspective radicale que déploie une littérature qui fut dès ses commencements une littérature critique, et du court terme, celui des circonstances et des accidents d’une histoire souvent chaotique. »

 

 

Autrice/auteure

 

Anne Marty, docteure ès-lettres, spécialiste de littérature francophone, a exercé pendant plus de trente ans comme professeure dans l’Éducation nationale. Critique littéraire, elle est l’auteure du Personnage féminin dans les romans haïtiens et québécois de 1938 à 1980 : traitement et signification, Presses universitaires du Septentrion, Lille, 1997 ; de Haïti en littérature, La Flèche du temps/Maisonneuve et Larose, Paris, 2000.

 

 

Table des matières

 

 

Préface d’Yves Chemla

 

Avertissement


 

PREMIÈRE PARTIE : PARTICULARITÉS DE LA LITTÉRATURE HAÏTIENNE D’EXPRESSION FRANÇAISE


 

1. Au cœur d’une des littératures françaises et/ou de la littérature francophone

2. Dans une dynamique d’émancipation

3. Entre particularisme et universalisme

4. La problématique créole/français dans l’écriture des romans haïtiens

5. Préface pour une réédition du premier roman haïtien, Stella (1859)

6. Comptes rendus d’ouvrages critiques


 

DEUXIÈME PARTIE : QUELQUES SPÉCIFICITÉS DE L’ÉCRITURE FÉMININE


 

7. L’expression féminine dans le roman

8. Dans l’œuvre de Yanick Lahens, un corps littéraire source de vie

9. À propos du roman de Yanick Lahens, La Couleur de l’aube

10. Deux œuvres de Yanick Lahens

11. Le corps féminin, source renouvelée d’inspiration littéraire chez des écrivaines haïtiennes contemporaines

12. Des femmes de culture et d’exil : Michaëlle Lafontant, Pascale Blanchard-Glass, Maggy De Coster, Jacqueline Scott-Lemoine

 

TROISIÈME PARTIE : ŒUVRES ET AUTEURS BIEN REÇUS PAR LES ÉDITEURS ÉTRANGERS

 

Jean-Claude Brouard-Cambronne

Louis-Philippe Dalembert

René Depestre

Roger Dorsinville

Jean-Claude Fignolé

Dany Laferrière

Yanick Lahens

Jean Métellus

Émile Ollivier

Jacques Roumain

Hérold Toussaint

Lyonel Trouillot

Gary Victor

Marvin Victor

Marie Vieux-Chauvet

 

 

Détails techniques

Titre :  La littérature haïtienne dans la modernité, Éditions Karthala

Auteur :  Anne Marty

Éditions :  Karthala

Collection :  Lettres du sud

Date de parution : 2 octobre 2017

Format : broché , 13,5 x 21,5 cm

Nombre de pages : 276 p.

Prix : 13 € TTC

ISBN/EAN : 9782811117290

Page de l'étude aux éditions Karthala

 

 

Avis du Ppdm 

 

« Comme l'explique le préfacier Yves Chelma, l'on peut constater dans cette étude bien menée que la spécialiste en littérature francophone Anne Marty analyse un pan méconnu de la littérature haïtienne et donne à voir sa richesse, l'apport créatif et crucial des femmes à la littérature haïtienne et par extension à la modernité. En somme, cet ouvrage constitue une étude passionnante, à lire absolument ! »

 

Dina Sahyouni pour Le Pan Poétique des Muses

 

***

 

Cliquez sur ce lien pour commander cet ouvrage

 

***

 

Pour citer cet avis de parution

 

Le Pan Poétique des Muses (LPpdm), « Anne Marty, La littérature haïtienne dans la modernité, Éditions Karthala, 2017 », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°12, mis en ligne le 10 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/anne-marty.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 10:54

 

1er concours international de poésie 

 

 

 

Poèmes sélectionnés sur "les animaux"

 

 

 

 

 

 L’anémone (D.L.)

 

 

 

&

 

 

 

Le dauphin (A.F.)

 

 

 

 

 

Laure Delaunay

 

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

Poèmes reproduits avec l'aimable autorisation de l'autrice/auteure

 

 

 

 

 L’anémone (D.L.)

 

 

© Crédit photo :  "Anémones de mer", image trouvée sur Commons

 

 

 

 

Pincées de sel dissout accompagnent tâches et filaments. Couleurs ployées, déployées.

Danse, orientale ou japonaise. Bras « lacs des cygnes » et lacets de signes jusqu’à l’épanouissement. Croix, points, ronds : tissu, soie corpulente.

Petit nu d’arc en ciel.

Fleuves sur les hauts fonds du cœur amollissants de pigments toute cruauté.

Parcelle, part belle.

Souffles d’eau. Bibelots.

Et la murine navigue, mosaïque. Moelleuse.

 

***

 

Le dauphin (A.F.)

 

 

© Crédit photo : "Dauphins", image trouvée sur Commons

 

 

 

L’ondée avive le vertige.

Pourtant le souffle ne perturbe ni l’allant ni la courbe. Se nourrit d’air, de bouffées et d’une vague.

Voltige, est prince, une brassée d’écumes.

Respire, jet d’air, et accompagne l’autre en sa trouée, en sa promenade, lui est ami, berce ses flots de rires.

L’aileron navigue, arrondit la surface. Profond soleil, léger bambin.

Aller là où luit l’eau.

Et découvrir, intense, l’espace, le loin. Fendre alors les mers, caresser l’horizon à une touche, y puiser l’espoir d’être toujours et infini, le premier. Avant-gardiste ? Anachronique. Et utopiste. Le pionnier ne laisse pas de sillon.

D’un bond gagner le large et se souvenir comme d’un trésor de la main croisée au bas de l’esquif.

Frère d’un jour, furtif. À l’âme éphémère. À l’élan temporel. Au flux parfait.

Liberté belle.

 

***

 

Pour citer ces poèmes

 

Laure Delaunay, « L’anémone (D.L.) » & « Le dauphin (A.F.) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques|Concours international (édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie), mis en ligne le 10 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/concours-dauphin.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques Distinctions
9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 17:37

 

N°7 | Dossier majeur | Articles & témoignages

 


 

 

Rikka Ayasaki, peintre

 

 

 

 

Michel Bénard

 

 

 

 

© Crédit photo : « Exposition à La Société des Poètes Français ». De gauche à droite : Le sculpteur Cot, le Président de la Société des Poètes Français, Jean-Charles Dorges, Rikka Ayasaki et le peintre et poète Michel Bénard.

 

 

© Crédit photo : « Exposition à La Société des Poètes Français ». De gauche à droite : Rikka Ayasaki, le poète Michel Bénard et le Président de la Société des Poètes Français Jean-Charles Dorges.

 

 

Artiste reconnue, appréciée dans les plus grands salons internationaux et les galeries de références en de nombreuses capitales du monde, cette talentueuse artiste née au Pays du Soleil Levant et vivant à Paris, nous présente une œuvre des plus rigoureuses et maitrisées où se conjuguent les règles académiques de l’exigeante tradition extrême-orientale et la libre modernité abstraite d’une expression lyrique autant que poétique. Rikka Ayasaki fut toujours appelée par les arts depuis sa plus tendre enfance.

Elle suivit au Japon des cours aux beaux-arts et fut ensuite initiée à l’art prestigieux du « Sumi-e » qui est une technique graphique équivalant à la calligraphie où la spiritualité du trait domine, mais avec des dégradés chromatiques que la calligraphie traditionnelle n’utilise pas en jouant plutôt sur le noir et le blanc.

Comme vous pouvez le découvrir, ses œuvres sont hautes en couleur, elles vibrent de mille nuances. Nous pourrions aussi songer à des laques.

 

© Crédit photo : un des tableaux exposés de Rikka Ayasaki.

 

Nous évoluons ici dans un univers céleste et nuagiste cher aux intuitistes. Rikka Ayasaki n’écrit pas de poèmes, mais elle les transcrit dans les volumes colorés de ses toiles et les subtiles nuances en noir et blanc des encres de ses « Sumi-e ». Elle évolue en dehors de l’espace-temps dans un agencement de nuances célestes ne déposant sur ses œuvres que l’essentiel, le juste trait.

 

© Crédit photo : une autre toile exposée de Rikka Ayasaki.

 

 

Nous pourrions classer cette artiste parmi les « nuagistes » mais ce serait probablement bien réducteur car son art se révèle beaucoup plus délicat et s’élève bien plus haut. Il est tout de limpidité et de sensibilité, où mille nuances et variations chromatiques rythment les saisons, les éléments et le temps.

Ici, je rejoindrai Eric Sivry père fondateur du mouvement « intuitiste » qui est actuellement porté en ses sommets par des artistes italiens, français, vietnamiens, japonais etc. et qui voit en elle une grande artiste intuitiste.

Pour Rikka Ayasaki l’intuitisme, c’est peut-être vouloir fixer le courant inspirateur qui passe furtivement, saisir la voix ténue de l’intérieur en écoutant la musique des sphères, c’est peut-être vouloir aussi cueillir un peu de lumière à l’éclat d’une chute d’étoile et avoir la sensation d’être transporté par un souffle cosmique intemporel.

Son œuvre se résume dans un signe, une trace, une ciselure légère portant sur des racines profondes et une lumière qui voudrait éclairer le monde. Les « intuitistes » et universitaires ne s’y trompent pas lorsqu’ils font illustrer leurs livres par les œuvres de Rikka Ayasaki. Ici je pense à la dernière anthologie en date Entre ciel et terre l’olivier en vers. 1


***

 

Note

 

1. Entre ciel et terre l’olivier en vers anthologie poétique bilingue (français-italien) éditions EUR – Éditions Universitaires de Rome, 2017, 392 p.

 

***

 

 

Pour citer ce poème

 


Michel Bénard, « Rikka Ayasaki, peintre », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 9 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/rikka-ayasaki.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 14:19

 

N°7 | Dossier majeur | Textes poétiques

 


 

 

Influence picturale

 

 

 

 

Sarah Mostrel

 

Site officielwww.sarahmostrel.online.fr

 

Page facebook officiellewww.facebook.com/sarah.mostrel

 

 

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, toile 1.

 

 

« Il y avait une Tristesse en forme d’Homme qui ne se trouvait pas sa cause dans le ciel clair » (Klee)

 

&

 

Déséquilibre… mental

Part… manquante

Rothko, De Staël

Un pointillé comme un frisson…

 

Œuvres coïncidences

Désespérance…

Au hasard d’une transcendance

Illuminations

 

Absence

Désapprobation

Religion

Décalage

 

Foi expirée ?

Nul ne sait…

Comment savoir ?

 

Sentir ?

Penser ?

Imaginer ?

 

Seul l’élan compte

Pas l’aboutissement

N’est-il pas ?

 

Cris de seuls

Flagrance de solitude…

Fragrance éteinte

 

Peu de sculpteurs

Peu de poètes

Peu de peintres

S’en sortent

 

Psychanalyser le tableau ?

Quelle quête absurde !

 

Inspecter le monde plutôt

Observer l’ensemble

L’interaction avec soi

 

S’éblouir

de celui qui a voulu rendre visible

l’invisible…

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, toile 2.

&

 

Aimé trop tôt

Ou abandonné

 

Aimé trop tard

À titre posthume

 

L’artiste erre

Le malaise grandit

La pression des marchands est immorale…

 

Telle celle de l’éditeur en expectation

Il pousse l’être à produire

À dupliquer

 

Mais que se passe-t-il quand le peintre contredit l’original ?

 

 

« Être artiste, c’est attendre l’été

L’été vient, mais il faut avoir de la patience » !

disait Nicolas de Staël

 

Attendre

Suspendre

malgré la soif, la hâte

La nécessité absolue

 

De se jeter sur la toile

De réfléchir la matière

De l’embrasser

 

Freiner l'emportement

L’approche

Ne pas s’enduire de suie trop « soi »

 

Sous faute de ne plus réapparaître

De se fondre

Dans la lumière intérieure, trop forte…

 

En trame de fond

Des contours si fragiles, si frêles

Du rouge, du bleu, du blanc

Du jaune, du rose, du vert

 

Élisabeth Vigée Le Brun, Berthe Morisot

Émilie Guillaumot-Adan, Marie Bracquemond

M’impressionnent

 

L’une avec ses portraits

L’autre avec ses flous

Leur grâce, leur expression prenante

Agissent

 

Louise de Vilmorin affirme que Berthe Morisot « eut des enfants pour faire des tableaux »

C’est beau. Et curieux à la fois.

La prégnance de l’artiste est si souvent incomprise

Sa démarche, inexplicable

 

Gauguin est mort dans la misère

Van Gogh, selon Antonin Artaud, était un suicidé de la société

Rothko, suicidé lui aussi, disait : « je vois mes tableaux comme des drames »

 

Suicidé encore Nicolas de Stael

(René Char ne voulait pas y croire)

En pleine gloire !

Chagrin d’amour fait des ravages

La musique ne suffit pas…

 

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel,toile 3.

 

&

 

Hantée par les morts

Les blessures

La finalité non résolue

 

L’âme blessée se penche

Émue comme jamais

Sensible

 

Sans autre choix que

Recevoir

Réceptionner le malheur

 

L’épreuve

Le désastre

La ruine

 

Ils auraient préféré être apaisés, les morts

Aller vers des sphères plus tranquilles

Passer à côté du malheur

 

Changer de lot

Compenser la fragilité par la force

S’adonner au bonheur

 

Aborder un terrain stable

Plus solide

Au lieu de s’émouvoir encore

 

De comprendre

et de ne pas comprendre

D’être dans cette sensibilité à outrance

 

Dans ces couleurs

Qui vous fendent le cœur

À en perdre la raison

 

La tête

L’inspiration

La santé

 

La volonté de vivre

La ferveur

L’espoir…

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, toile 4.

 

« Une ombre. Mais quelle ombre ? Et sur quel chemin ? Est-elle, même, une ombre, cette ombre ? Est-elle l’ombre d’une ombre ? L’ombre d’elle-même ? Un moment à saisir… comme le paysage qui fuit. » (Édouard Dor)

 

Attraper ce moment fugace

Oser déjouer les paris audacieux

Tu es innocente, tu le jures !

 

Les créateurs te fascinent

Ils expriment l’art vivant

Le grand Art assurément

 

Ils t’incitent à continuer

Mais te freinent aussi

 

Tu te fais toute petite

Les sabots invalidants sont lourds

Ils vous ôtent la lucidité de la survie…

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, toile 5.

&

 

Vous qui ne voyez rien d’autre

que le dessus

Ignorant les couches inférieures

 

La souche de toute chose

La peine la plus profonde

La couleur déteinte en filigrane

 

Vous qui n’avez aperçu

qu’instantanés de vie

dans leurs tentatives essentielles

de happer un regard

 

Ne jugez pas !

Ils ont fui le morne

Expressions à l’état brut

Brute parfois

 

Sans protection

Sans bouclier

Sans atout

 

Affreux malentendu qui résiste

Et ne se dissout pas

Même dans l’étreinte du pinceau

Avide de traces…

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, toile 6.

&

 

La souffrance de l’artiste est un accouchement difficile

Les poings levés, les mains agiles

Il tente de modifier la réalité

 

Recouvrir

Chasser les fantômes

Dissoudre

 

Oublier

Émerger

Abolir ce sort timide

 

Gommer les marmelades éternelles

Tombant en déconfitures

Cachant l’intrinsèque vérité…

 

Le peintre « apporte son corps » dit Valéry

« C’est en prêtant son corps au monde

que le peintre change le monde en peinture »

renchérit Maurice Merleau-Ponty

 

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, toile 7.

 

« Si nulle peinture n'achève la peinture,

si même nulle œuvre ne s’achève absolument,

chaque création change, altère, éclaire, approfondit, confirme, exalte,

recrée ou crée d'avance toutes les autres. »

 

Vraiment ? Le philosophe est optimiste :

« Si les créations ne sont pas un acquis,

ce n’est pas seulement que, comme toutes choses, elles passent,

c’est aussi qu’elles ont presque toute leur vie devant elles. »

 

La vie devant soi ?

 

Malgré l’apparence du lavis ?

L’enfouissement des aspérités ?

Le transfert vers le tableau ?

 

Le coup de pinceau fortuit

ou décidé ?

Imposé ?

Aléatoire ?

 

Désespéré ?

 

« Je vois mes tableaux comme des drames » (Rothko)

 

© SM

 

***

 

 

Pour citer ce poème

 


Sarah Mostrel (poème & illustrations), « Influence picturale », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 9 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/influence-picturale.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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