28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 15:04

 

1er concours international de poésie

 

 

Poème sélectionné sur le thème "la joie"

 

 

Les moufles’ moutatchou

 

 

Natacha Guiller

Blog/blogue : http://natachaguiller.blogspot.fr/

 

 

 

 

Têtard trop tard

Petit salé mi-cuit enterré

Poisson pané d’utérusoporose

 

Il est des regards en nids de kangourous

Qui ondulent, petite moustache, sur mes restes de peau

Je manque échoir au sol, la terre sèche où s’écroule

L’éradiqué espoir un jour des rives en mer Poule

 

Si tout un humain s’ébrèche sur mon mode

Infertile sabotage du genre féminin

Infantile fêlure au casque

C’est l’extinction de l’Homme

 

Maman à mon âge, le couffin love tes flancs

Le doucereux paysage d’un bain incontinent

Le velours utérin absent de marécages

Modelée, fac-similé au cœur de ton sillage

Adoptée, mise en ligne sur Mondedesvivants

 

J’ai dilapidé grave

Mon capital mioche

Ravale des coques de noix

Dans un mouchoir de poche

Dali esquisse pour moi

L’ovale surréaliste

L’œuf en froid stérile

Attente les montres molles

 

Je ne saigne ni ne geigne

La ménorrhée anhydre

D’un corps dénué de règles

Sans lois élémentaires

Sang-froid, sans chair, amorphe

Absente de désir

Déni d’eaux menstruelles

Éradique l’ovaire

 

Les saisons englouties en zone inhabitable

Mes cellules d’innocence ont déserté le Nil

Nombril inerte au corps, logo ad vitam

D’aucune œuvre pastiche suivra ma délivrance

 

Je partirai sans charme, en nonne solitaire

Ma faïence immuable, bruits d’os d’éclats de terre

Je partirai en femme, utopique daronne

L’à-demi-mémorable petite ourse d’hiver

 

Le regard tournique en landaus

Trouble dérive, la privation

Péril jeune, dénidation

L’élan d’une jeunesse ivre

 

Vision de petites moufles

Sourient en libellules

L’esbroufe conciliabule

Commun accord : la joie de vivre

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Natacha Guiller, « Les moufles’moutatchou », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques|Concours international (édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie), mis en ligne le 28 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/concours-moufles.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques Distinctions
28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 10:32

Lettre n°12 | Annonces diverses | Événements en faveur des femmes

 

 

Le colloque sur

 

 

les violences faites aux femmes :

 

 

Comprendre et s'engager

 

 

de la ville de Strasbourg

 

 

 

 

© Crédit photo : image du programme du colloque de Strasbourg, prise par LPpdm, 2017.

 

 

 

La Ville organise chaque année depuis 2010, en partenariat avec les associations locales, un colloque ouvert à toutes et tous.

Inscrit dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes le 25 novembre, ce colloque vise à permettre aux participants-es de rencontrer les associations locales et de s'interroger sur les fondements de tous les types de violences dont les femmes sont victimes (violences physiques, psychologiques, économiques, symboliques...) Cette huitième édition du colloque annuel sur les violences contre les femmes se déroulera au Palais de la Musique et des Congrès, Place de Bordeaux (salle Schweitzer). L'inscription en ligne est ouverte dès le 15 septembre.

Les actes et les vidéos des colloques sont disponibles à la Médiathèque Olympe de Gouges - 3 rue Kuhn (à proximité de la gare).

Pour toute information, demande de document ou demande d'inscription au prochain colloque, merci d'adresser un mail à :

dgs-colloqueviolencesfaitesauxfemmes@strasbourg.eu

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3919 VIOLENCES FEMMES INFO
(Appel gratuit) : du lundi au vendredi de 9h00 à 22h00
Samedi et dimanche : 9h00 à 18h00

Lors de son intervention au colloque "Violences sexuelles contre les femmes : une réalité encore taboue" du 22 novembre 2016, Marie France Casalis a fait référence au guide juridique édité par le Collectif Féministe Contre le Viol.

Numéro de la ligne d'écoute mise en place par le collectif : SOS viols femmes informations 08 00 05 95 95

Programme officiel du colloque :

 

Page de référence du colloque

 

 

Source de l'information : Françoise Urban-Menninger

 

***

Pour citer ce colloque

 

LPpdm, « Le colloque sur les violences faites aux femmes : comprendre et s'engager de la ville de Strasbourg », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°12, mis en ligne le 28 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/violences-faites-aux-femmes.html

 

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 09:03

 

 

Iris & Mêtis | Présentations

                                                 

 

 

Éditorial  d'IRIS & MÊTIS

MESSAGÈRES BLEUES DES MUSES

REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE

PARITAIRE & MULTILINGUE DE POÉSIE

Annuelle célébrant en extraits la création poétique & artistique

Septembre 2016

 

 

Dina Sahyouni

 

 

 

Les messagères bleues des muses vous présentent dans leur premier numéro un manuscrit poétique audacieux et original qui porte sur des thématiques peu traitées en poésie. Parler d’écologie et de défenseurs des formes de vie n’est pas un sujet traditionnel en poésie même si la nature et les animaux figurent parmi les thèmes de prédilection des poètes à travers les siècles et dans toutes les civilisations. Or, « espèce » de Frédérique Guétat-Liviani a été écrit pour célébrer les vivants, la nature et en hommage au jeune écologiste et antispéciste Timur Kacharava qui a été assassiné en 2005 à Saint-Pétersbourg en Russie. Il correspond donc à l’esprit de cette revue dédiée aux écrits originaux, aux manuscrits et aux créations d’artistes. Ce numéro renferme ainsi le pénultième « geste » (cf. Frédérique Guétat-Liviani, voir p.12) d’« espèce » avec un portrait de Frédérique Guétat-Liviani, ses photos, ses créations artistiques (dessins d’« espèce »), et l’essentiel de ses publications.

 

Sa poésie engagée est sobre et marquée par la ferveur : « ''espèce'' n’est pas un manifeste. C’est un poème qui accompagne le cheminement de ceux qui refusent l’adhésion à l’exploitation de formes de vie dites inférieures au profit d’autres, considérées comme supérieures. Les formes animales, végétales, minérales sont concernées par l’exploitation, tout autant que les formes humaines. « espèce » ne comporte ni majuscules, ni points pour fermer les frontières » (voir ibid.). Cet ouvrage représente une poésie à caractère politique. C’est justement cette présence appuyée des écrits poétiques des femmes qui nous semble aujourd’hui une caractéristique importante parmi la panoplie des axes qui traversent l’héritage des aïeules et qui restent à étudier et à valoriser. Ce sont aussi la richesse linguistique et l’originalité des thèmes des poèmes qui nous interpellent dans ce long poème de Frédérique Guétat-Liviani.

 

Elle questionne l’évident et le quotidien dans un souffle rythmé et fragile tel le vivant. Sa poésie métamorphose le réel en éternel commencement. Et cet éternel commencement n’est que la vie, la vie qui appelle la vie, célèbre le monde et les vivants dans tous leurs états. Composé en sept « gestes » comme le nombre des jours de la semaine, « espèce » est un écrit poétique complexe, ponctué par des pensées philosophiques et éthiques. Il n’est pas simplement une poésie engagée vouée à encourager le lectorat à prêter attention aux choses simples et belles en soi de la quotidienneté, il est également un fleuve vif charriant en ses entrailles les blessures des vivants, leurs ressemblances et dissemblances. La langue elle-même est soumise à cette mise à plat où les distinctions traditionnelles (majuscules, minuscules, points, propre, commun, début et fin s’effacent au profit d’une seule et unique espèce démultipliée par la pluralité de l’expression de la vie. Nous avons choisi le sixième geste intitulé « légumes » et composé de dix morceaux pour une publication en avant-première dans les pages qui suivent parce qu’il représente l’originalité et la vivacité de la poésie de Frédérique Guétat-Liviani.

 

Sa conscience et sa lucidité décrivent dans un rythme tremblant la beauté de la vie dans toutes ses expressions. Et son amour du vrai transpire de la banalité du quotidien décrite avec franchise et égard. La poésie devient, chez elle, le meilleur moyen stylistique et artistique d’exprimer ses engagements et sa vision du monde. C’est parce qu’« espèce » est un écrit comportant une composition et un langage cryptés et hautement symboliques que nous vous invitons à tenter de décrypter au moins une de ses notes. Bonne lecture !*

 

 

 

 

* Ce texte est reproduit avec l'aimable autorisation de l'autrice/auteure et des éditions Pan des Muses.

 

 

IRIS & MÊTIS MESSAGÈRES BLEUES DES MUSES,

Frédérique GUÉTAT-LIVIANI, « Espèce », N° 1, Pan des muses, coll. Ops, Septembre 2016

 

***

Pour citer ce texte

 

Dina Sahyouni, « Éditorial d'IRIS & MÊTIS MESSAGÈRES BLEUES DES MUSES REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE, PARITAIRE & MULTILINGUE DE POÉSIE, Annuelle célébrant en extraits la création poétique & artistique, Septembre 2016 », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : IRIS & MÊTIS MESSAGÈRES BLEUES DES MUSES, mis en ligne le 28 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/1edito-iris

 

© Tous droits réservés

 

Le Pan poétique des muses - dans IRIS & MÊTIS MESSAGÈRES BLEUES DES MUSES
27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 10:04

 

 

Publication successive durant l'été 2017

 

 

Lettre n°11

 

 

 

Vive la poésie !

 

 

© Crédit photo : Cendrillon s'endort par Dina Sahyouni,

une partie de la photographie de 2009, collection privée.

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

diffusée en version électronique (apériodique)

 

et en version imprimée (4 numéros par an)

 

Le Pan poétique des muses ISSN Imprimé : 2492-0487

 

Logodupan

© www.pandesmuses.fr

 

Comité de rédaction : Khris Anthelme, Camille Aubaude, Cyril Bontron, Maggy de Coster, Laure Delaunay, Eric Guillot, Mario Portillo Pérez, Dina Sahyouni, Nelly Taza & Françoise Urban-Menninger. Réalisation technique : Anna Perenna, Cyril Bontron. Contacts : contact@pandesmuses.fr & contact.revue@pandesmuses.fr

Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteure/auteur est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, est l'unique responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

 

Vos poèmes, nouvelles, contes, pensées, fragments,

lettres, chroniques, traductions, articles,

illustrations, entretiens, vidéos, etc.

sont les bienvenus pour paraître dans cette Lettre

selon nos possibilités pour célébrer ensemble

la poésie et les poètes (femmes, hommes, etc.)

 

Sommaire


LPpdm

 

Bémols artistiques

Mustapha Saha

 

 

Articles

Maggy de Coster, « Quid de la poésie ? » , « Diana Morán : panaméenne, universitaire et poète de l'exil »

Mme de LAMBERT, « Portrait de Monsieur de La Motte par feue Madame la Marquise de Lambert »

Paul Tojean, « De Sappho à Annie Leclerc : « Le visage de l’amour » »

 

  • Avant-première : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture »

Maggy de Coster

Mustapha Saha, (texte et illustration)

Françoise Urban-Menninger

Barbara Polla & Charia Bertini

***

    Critique & réception

     

    Maggy de Coster

    Camille Aubaude

    Dina Sahyouni

     

     

     

    Revue des éditrices & éditeurs en poésie

     

    Nelly Sanchez

    LPpdm

    SIÉFÉGP

       

      Poèmes, nouvelles, lettres, fragments, contes

       

      Huguette Bertrand

      Mustapha Saha

      Trouville en hiver
       

       

      Poésie & musique

      Nicole Coppey

       

       

      Muses au masculin

      Mustapha Saha

       

      Travestissements poétiques

      (Nouvelle rubrique créée par D. Sahyouni le 11 août 2017 pour célébrer les formes différentes du travestissement des poètes en poésie)

      François-Marie Robert-Dutertre

       

      Revue culturelle d'Orient & d'Afrique

      (Nouvelle rubrique créée par D. Sahyouni le 14 septembre 2017 pour célébrer l'Orient et l'Afrique en poésie. Elle est ouverte aux poètes, artistes, universitaires et  élèves (hommes, femmes, autres). De nouvelles zones pourront voir le jour pour célébrer d'autres espaces culturels en poésie)

      Mustapha Saha (article & illustration)

        Notre choix de séries télévisées, films, d'émissions culturelles radio-phoniques et télévisées qui valorisent les femmes (disponibles en ligne)

        Dans Le fin mot de l'info de Raphaël Enthoven, l'émission du 4 septembre 2017 intitulée « La représentation complète du clitoris dans un manuel scolaire est d’abord une victoire de la liberté » constitue un propos éloquent et philosophiquement féministe à podcaster/télécharger ici :  http://www.dailymotion.com/video/x5zj4yj ou http://www.europe1.fr/emissions/le-fin-mot-de-linfo

        Liens vers les actualités des actions en faveur des femmes

         

        Le colloque international pluridisciplinaire sur les violences conjugales de l'université de Strasbourg aura lieu les 17 et 18 novembre 2017.

         

        Appel à une journée internationale de lutte contre le féminicide : "[f]aisons du 3 août la Journée Internationale de Lutte contre les féminicides grâce à notre organisation commune ! Le 3 août 2017 [...]

        Gallica célèbre les femmes de lettres anglaises (Ann Radcliffe, Mary Shelley, Jane Austen et Charlotte Brontë) dans "une série de billets sur la littérature anglaise, des premiers romans gothiques jusqu’aux folles passions de l’époque victorienne" : http://gallica.bnf.fr/blog/recherche/?query=1595

         

        Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
        27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 10:03

         

        Poème pour "Les voix de la paix et de la tolérance" 

         

         

        L’Emploi du « Je » et autres Invalides

         

         

        Natacha Guiller

        Blog/blogue : http://natachaguiller.blogspot.fr/

         

         

         

         

        N.B. Ce poème peut être coupé ;

        Comme on coupe les vivres au bipolaire en phase euphorique

        Comme on coupe court à la discussion avec le diagnostiqué Fou

        Comme un coupe-faim pour l’anorexique

        [...]

         

        To fall/ I fell/ fallen

        Tiraillement d’un corps en péril

        Tiers-temps de l’éclopée en proie à l’exil

        À l’extinction. Je flotte en marge

        Sans statut dans les Stat’es

        Aux US’, l’avancée des sciences

        No place nowhere

        La société m’interpose au vestiaire

        M’isole en Outsider. Dehors

         

        Un endroit où aller

         

        J’erre en l’avenir incertain

        En fake et autres faux-semblants

        La vue trouble, le geste transpirant

        Barbituriques à l’appui, avale puis Motus

         

        Les faits sont là, je suis bannie

        Genoux liés, lèvres cousues

        L’aval, la montre, le grain

        L’effet secondaire, des tics et tocs

        Toc-toc, TDAH’, la hache le

        Couteau sculpte des mots

        Sur mes bras, de l’eau jusqu’aux coudes

        Jusqu’au cou tranché

        Étranger-Fou

        Je range alors mes certificats

        Et je dors

         

        Assommée d’injustice, d’hospice et de Médoc

        Exempts cœur et kir, les drogues dissoutes

        Dans un corps en fuite

        Anesthésie mentale ou le rejet unanime

        Je m’en vais pipailler aux oies ouailles et oisifs ouzbeks

        Ci-gisent les gens du Monde, jambon et mauvaise herbe

        Du snobisme orienté

        Cartes sur table, handi-e-carte, cartable, handi-capable, handy

        Cartes à jouer, à gratter, les cases, escapade et fugue

        De l’établissement de Santé

         

        La psychiatrie met à la rue ce qu’autrui soupire en bulle

        Caser en cellule la folie immanente

        Je déménage d’absurde en déni déca-danse

        Indécente dégénérescence de l’estime des gens

        De soi

         

        J’ai quitté malgré moi ma tablette d’écolière

        En carences d’études, en cours d’apprentissage

        Débris d’absences chroniques en un cycle ternaire

        J’ai déserté mes pairs, vers d’autres paysages

        J’ai différé ma route et mon enseignement

        Révisions dans une bulle, une chambre d’isolement

        J’ai dessiné ma vie, dans ma cellule close

        Mes cellules qui explosent, mon effacement

         

        L’art à la rescousse, j’ai trouvé en moi-même

        Les quelques clés de voûte de l’imaginaissant

         

        J’ai déserté l’école où je rampais contrainte

        De traînasser un sac, empli de chaux éteinte

        Sac d’os usés, sac d’étoiles mortes

        Son poids qui jusqu’alors m’avait outrepassée

        J’ai rendu à la classe mes planches en un bloc

        Le trait en sismographe tremblant d’une ECG

         

        Le collège me légua une paume de privilèges

        De laps prolongés en marges résiduelles

        L’astreinte à l’attardée, la lenteur en valeur

        J’ai pu quitter la classe, affichant le papier

        J’ai du quitter la classe où l’écran clignotant

        Menaçait l’in-patiente, la tendre épileptique

        Devenant le fantôme, la présence incertaine

        La buissonneuse-chômeuse, étrange spécimen

         

        J’ai caché dans mon sweat la note du neurologue

        Abritant en moi-même le handicap moteur

        Puis j’ai grimpé l’échelle à l’aube de l’aurore

        Encéphalo-perchée sur les échafaudages

         

        On me défend l'auto, le sport, la chute libre

        On me défend le risque, on m’interdit la mort

        On défie mon regard en me tendant la liste

        Le traitement générique. Stabilisateur

         

        Le soir où se propage la dépression latente

        Le jardin partagé d’arborescent cloître

        Je noircis des chèques comme des mouchoirs de sang

        Une encre maladive à tous ces prétendants

        M’accueillent à résidence, chambre ou cabinets

        De jour ou d’internat, je dilapide, je brûle

        L’aveugle héréditaire pécule en soins divers

        Le Care en prime au deuil, l’absentéiste salaire

         

        Je plis le creux des coudes, l’ironique alternance

        Tentant l’insecte, le vice, le pic d’accoutumance

        Mon agenda groggy, et l’oreille à l’otite

        Le psy sceptique délègue le cas hypothétique

        Dossier vacant

         

        Les rendez-vous en chaîne, le réseau de médecins

        Professeurs et confrères, aux thérapies variables

        Client incurable

         

        Sans profession rémunérée

        Moins CDI, plus HDT

        CDD, c’est décidé, l’embauche

        L’ébauche d’un rejet professionnel

        La carrière en vue, pleine de gravât

        Je quête pierres et vains chemins

        Un rôle à jouer parmi des pairs

        Crayon en main, j’esquisse le geste

        Haine, compulsif, nerveux, décrie dès lors

        La libération, j’illustre la condition

        Du marginal attardé, ralenti dans la vie

        Et qu’on bouscule

        Qu’on bouleverse, hypersensible, qui proteste et refuse

        Le système brut, fait de l’Art Brut. Manifeste

        Éloge du Fou, d’existence singulière

         

        L’hostilité d’autrui ou écueil généralisé

        Je pleure et je perds mon intégrité

        Ma chair évaporée, je dissémine mon corps

        Ma hargne, mon flegme, mon identité

        Je me dissous haute-tension, masse, je m’envole presque

        Pour oublier. La dead-line de mes jours restants, des comprimés

        Qui abrègent, pour ralentir une cadence, un bore-out funeste

         

        La tête bouillonne, tangue, et culbute

        En déséquilibre sur un corps en sclérose

        Tiers-états d’âme, en un tiers-corps sans arme

        Tiers-temps d’agir, m’inspire, puis tierce personne qui ose

        Sonner le glas, la sentence face au Fou

        L’incapable dans la démence, le danger free dans la Nature

         

        Prise en charge, emprise, sous contrôle thérapeutique

        Poids de mesure et bracelet électronique

        Le flamand rose sur sa patte pendu

        Le moineau qui ne mange plus

        Le yéti qu’on évite, pour bien trop peu ragoûte

         

        J’ai fabriqué en chaîne de fausses fleurs Arc-en-ciel

        Employée incertaine, saillies failles intérieures

        Il a suffi d'un geste faible, d’une lenteur

        Pour, en un vers m'extraire, me mettre dehors

         

        Mon corps en veille rêve en travail

        Ainsi je voyage en un Monde côtier

        Une terre en jachère sans l’horizon palpable

        À l’œil nu, l’espace des possibilités

        Les rhizomatiques roads de la tolérance

        Les pylônes réguliers d’un accompagnement

        L’avant-bras nu sur l’épaule frêle

        Solidarité

         

        ***

         

        Pour citer ce poème

         

        Natacha Guiller, « L’Emploi du "Je" et autres Invalides », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques« Événement poétique 2017 : ''Les voix de la paix et de la tolérance" », mis en ligne le 27 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/invalides.html

         

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        Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques

        Bienvenue !

        Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).

        LPPDM, SEPTEMBRE 2026

        La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

        L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

        SIÉFÉGP, JUIN 2026

         

        APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

        SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

         

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