23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 09:17

 

Sourires & rires féministes

 

Rubrique dédiée aux poésies caricaturale, humoristique et satirique

 

 

 

Mort-né

 

 

Dina Sahyouni

 

 

Mort-né

ton amour,

il n'a vu

le jour

ni la nuit


 

Mort-né

ton amour

dans l'étreinte

des soupirs

d'un rêve fou

tu as pourtant tout crû

Même un amour borné

 

 

Mort-né

 _ mon nez, mon bonnet _

mort-né

ton amour

chéri d'un jour

d'un mois, d'un an,

d'un siècle de souhaits

et de rêves inavoués


 

Mort-né

ton amour

dans ton cœur

de velours

mon amour


 

Mort-né

sans combat,

ni emphase

au bout d'une phrase

d'un clic, c'est cuit

c'est qui, c'est quoi

et des tas de pourquoi


 

 

Mort-né

ton amour

avalé par les vautours

des réseaux à la mode

sans classe, ni faute

 


 

Mort-né

l'enfant chéri

de tes rêves étourdis

d'enlacer les étoiles

qui brillent quelques moments

en ligne en te renvoyant le cygne

signe de la mort


 

 

Mort-né

ton amour

sans rencontrer ni princesses

ni "gonzesses", ni dames

ni aucune flamme

 


 

Mort-né

dans un faubourg

seul au pied d'une tour

comme les malfrats

de toujours ou d'un jour


 

 

Mort-né

solitaire

blessé

et d'un orgueil démesuré

devant sa glace

finit sa tasse de café

dans une salle de bain

ou dans un W.C.

sur le coin d'une table

ou dans une mangeoire

triste, délaissé

 


 

Mort-né

ton amour

et ton imprudence

guette au loin

le cadavre exquis

de ce qui fut

déjà l'histoire

de toute une vie

 


 

Mort-né

et la princesse n'est qu'une

altesse royale endormie

dans un tombeau fatal

ensorcelée par les Moires

des siècles à pourvoir


 

 

Mort-né

le chéri d'une vie

hélas, il n'a plus de prix

pour être ressuscité

 

Texte écrit mardi le 7 mars 2017 entre 9h et 10 h

 

***

 

Pour citer ce poème


Dina Sahyouni, « Mort-né », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 13 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/mortne.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 09:58

 

S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

                                                  

 

 

Non, la haine n'aura pas notre peau !

 

 

 

Dina Sahyouni

 

 

Improvisation du 18 août 2017 en hommage aux victimes des attentats terroristes qui ont frappé l'Espagne hier et cette nuit.

 

 


 

La haine frappe les corps, abolit l'humain

les jours sanglants se succèdent sans fin

où sont les cœurs chargés de fleurs, de vies ?

je n'entends que leurs inouïs cris

où est-il l'humain sous la peau de la haine

qui fait éclater en secondes les veines,

verser le sang des innocents...


 

La haine frappe, meurtrit nos nuits

et là-bas, au loin un drapeau blanc blêmit

bigré de gouttes rouges, il gémit

il pleut pourtant dans les beaux cœurs

des cieux bleus, des rêves d'azur,

des bouquets de coquelicots des près espagnols

nos cœurs chavirent, tristes à mourir

teintés de rouge écarlate, teintés d'amour,

d'amitié et des couleurs vives de l'humanité

perdue en route, rendue étrangère et hors-la-loi,

pendue par la haine féroce une énième fois

 

Non, la haine n'aura pas de place

non, elle ne sera pas l'impasse

non, l'amour parmi nous

triomphera bien sûr,

fera taire les canons, les vengeances

et les hommes leurrés par l'intolérance

tuant leurs semblables sans éprouver la moindre peine

ô chagrins, ô pleurs, serons-nous ainsi des amours vaines ? !

où est-il donc.. où est-il l'humain ?

introuvable sous leur paraître humain

n'oublions pas braves cœurs

éplorés souvent par les douleurs

que l'amour, ce velours pourpre, qui unit les hommes

purifie les cœurs haineux des dogmes, en somme

 

 

Non, la haine n'aura pas notre peau

non, la haine n'aura pas le dernier mot

nos cris d'amour seront son tombeau*

 

 


* Merci d'écouter aussi la chanson "Imagine" de John Lennon : https://youtu.be/YkgkThdzX-8

 

***

 

Pour citer ce poème


Dina Sahyouni, « Non, la haine n'aura pas notre peau ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 18 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/crisdamour.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 15:42

 

 

Annonce de concours

 

 

 

Grand prix de poésie de la ville d’Aix-en-Provence,

 

Session 2017, Concours organisé par

 

l’Association Artistique et Culturelle H O R I Z O N

 

sous le haut patronage et avec la participation

 

de la Ville d’Aix-en-Provence

 

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Comme chaque année, l’Association Horizon, avec le soutien de la Ville d’Aix en Provence, organise le Grand Prix de Poésie d’Aix en Provence. Catégories : Classique, Néoclassique, Libérée et Jeunes Poètes (16 à 18 ans, 13 à 15 ans, moins de 13 ans). Pas de thème imposé. Date limite des envois, le 1er octobre 2017.

On peut en obtenir le règlement en écrivant à : M. André Rouy, 23 résidence Saint Benoît, 101 avenue Henri Mauriat, 13100 Aix en Provence, en joignant une enveloppe timbrée pour la réponse. On peut aussi consulter le règlement et le copier sur le blog www.aixhorizon.over-blog.com

Pouvez-vous en informer votre public, vos adhérents et vos sympathisants ?

Nous joignons à ce courrier un exemplaire du règlement ; En vous remerciant par avance, nous vous prions de bien vouloir accepter l’expression de nos salutations distinguées.

Le secrétaire de l’Association Horizon

André Rouy

 

H O R I Z O N

Association Culturelle

Maison des Associations

LUYNES, AIX-EN-PROVENCE

 

Voir aussi le règlement de ce concours en PDF ci-joint à télécharger

 

***

 

Pour citer ce concours

 

André Rouy pour l'association HORIZON, « Grand prix de poésie de la ville d’Aix-en-Provence, Session 2017, Concours organisé par l’Association Artistique et Culturelle H O R I Z O N sous le haut patronage et avec la participation de la Ville d’Aix-en-Provence », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 15 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/concours-horizon.html

 

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Le Pan poétiques des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 09:20

 

Premier colloque 2017-2018 | I – Parcours poétiques à découvrir

 

 

 

Diana Morán : panaméenne,

 

 

 

universitaire et poète de l'exil

 

 

 

Maggy de Coster

 

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

© Crédit photo : Photo de l'auteure fournie par la famille de Diana Morán

 

 

 

Figure charismatique de la littérature panaméenne, Diana Morán laisse à la postérité une œuvre littéraire d’envergure. C’est en 2012 lors de la Xème Rencontre Internationale des Femmes Écrivains, présidée par la poète panaméenne Gloria Young (actuellement Ambassadeur du Panama au Maroc), où j’ai été invitée à représenter la France en tant qu’écrivaine, poète et journaliste, que j’ai eu le bonheur de découvrir l’importance et la qualité de l’œuvre de l’écrivaine et de visiter sa maison natale à Cubaya. Ladite rencontre avait pour but de mettre en lumière cette femme d’exception qui fut contrainte à l’exil au Mexique après le coup d’État du Colonel Omar Torrijos au Panama le 11 octobre 1968.

 

 

 

Qui est Diana Morán ?

 

 

Poète, enseignante universitaire, chercheuse, philologue et essayiste, Diana Morán est née le 17 novembre 1929 à Cubaya, une ville du Panama où elle enseigna à l’Institut Fermín Naudeau. Elle s’affirme aux côtés du chanteur de dizains et d’ahans, Pille Collado, elle fonde une école primaire à Antón qui porte aujourd'hui la dénomination de Premier Cycle Salomon Ponce Aguilera. Elle s’exile à Mexico en 1969 où elle continue son travail de création littéraire. Jusqu’en 1968 elle était lune des dirigeantes remarquables de lAssociation des Professeures de la République du Panama. Elle s’évertue non seulement à transmettre les savoirs académiques à la jeunesse mais aussi les valeurs indispensables au maintien de l’identité culturelle nationale, chère au peuple panaméen. La même année, elle fonde l’Atelier de Théorie et de Critique littéraire, auquel se joignent des femmes mexicaines et centraméricaines du Collège de Mexico, lesquelles décident de baptiser l’atelier, du nom de « Diana Morán ». En 1993, l’atelier devient un groupe de travail indépendant. En 1979, elle présente sa thèse de doctorat en Lettres hispaniques, intitulée : Cien año de soledad : novela de la desmitificación (« Cent ans de solitude : roman de la démystification »).

 

L’œuvre de Diana Morán bien qu’empreinte de militantisme, n’est pas dénuée de qualité esthétique. C’est une créatrice qui invite la perfection dans ses écrits. Sa poésie engagée, aux accents révolutionnaires, a été publiée dans plusieurs pays latino-américains et aussi en Espagne. Poète et enseignante, elle était l’incarnation de la justice et de l’équité, aussi plaidait-elle pour une juste et équitable répartition de la richesse nationale. Elle ne se borna pas à l’écriture d’une poésie plate et insipide dictée par les circonstances, donc axée uniquement sur les revendications mais elle avait également le souci de la perfection du point de vue formel et esthétique. Elle cultivait un lyrisme sur fond de revendication nationale. Pour donner du poids à sa lutte, elle alliait sa voix à celles d’autres poètes incontournables comme le Nicaraguayen Ernesto Cardenal, le Salvadorien Roque Dalton et le Dominicain Pedro Miro. Elle avait mille et un tours d’adresse dans ses écrits pour fustiger et dénoncer l’impérialisme américain lors du débarquement des Marines le 9 janvier 1964 au Panama. Elle introduisait même quelques innovations au niveau du registre littéraire de la langue espagnole qu’elle défendait dans le milieu universitaire.

 

 

La poésie de Diana Morán est une poésie moderne, formellement transgressive, et éclectique qui se nourrit tant du langage dramatique que du langage narratif et même populaire. À l’instar de Prévert, des surréalistes, elle explore les formules d’assemblage, de collage, en référence aux arts visuels très prisés à son époque. Comme le souligne J. R. Fernández de Cano dans son article en espagnol sur le site MCN. Biografias.com que « Diana Morán pousse à l’extrême limite sa recherche sur de nouvelles voies thématiques et génériques afin de surprendre le lecteur en lui offrant une écriture d’un genre particulier donc difficile à mettre dans les catégories poétiques traditionnelles ». Pour conclure, disons que Diana Morán demeure un cas d’espèce pour être la seule femme poète panaméenne à connaître l’exil après avoir été incarcérée pour ses idées progressistes. Elle restera sur sa terre d’accueil jusqu’à son décès survenu le 10 février 1987 à Mexico où elle mena avec brio et sans désemparer sa carrière littéraire. Nous avons sélectionné et traduit quelques-uns de ses poèmes en français. Notons qu’aucune traduction de ses poèmes n’a été préalablement faite en français.

 

 

Une délégation d’écrivains et poètes reçue en 2012 dans la maison de Diana Morán à Cubaya (Panama)

 

© Crédit photo : Photo de la délégation de 2012 fournie par Maggy de Coster

 

 

Femme … Ève assoiffée d’espérance

 

Femme… Ève assoiffée d’espérance

Je débarque dans tes courants matériels

pour boire les eaux syndicales,

leaders de chair déchirée.

 

Et donc ... tout simplement amoureuse

d’être la fiancée des miels corporels

épouse des fleurs d’oranger verticales –

en extase dans la terre libérée.

 

Je veux boire l’aube collective

gorge de tendresse combative –

de la calebasse fraîche de tes mains.

 

Nourrir le nouvel isthme de mes enfants

avec la révolution des baisers fixes,

synthèse des bouches et des grains.

 

Diana Morán

Extrait de son recueil Eva Definida, 1957

Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

 

***

 

Ascanio décoré par une lame de mer

 

(Au martyr Ascanio Arosemena)

 

PIGEONNIER DES NUAGES

 

Les pigeons pleuvent et pleuvent,

tandis que le tournesol s’en aille…

Ascanio avance,

les autres reculent.

 

ALOUETTE EN LARMES

 

Les moineaux sont en rang,

quand on les voit passer,

ils tendent les jasmins

et les étoiles de mer.

 

MARÉE BASSE D’ENCENS

 

Bateau à fleurs,

bateau à sel,

bateau à quatre aubes

et un agneau d’autel.

 

PIGEONNIER DES AUBES

 

Les pigeons roucoulent

et roucoulent encore:

Ascanio est le drapeau,

emblème de ceux de derrière.

ALOUETTE EN EXULTATION

 

Le tournesol est ici

la roue des moineaux,

volent au vent des harpes de trille

et des coquelicots d’amour.

 

MARÉE HAUTE D'ÉTOILES

 

Bateau qui devient rouge,

bateau sur des vagues de tulle,

bateau qui devient blanc

avec un agneau bleu.

Diana Morán

(Extrait de son recueil Gaviotas de Cruz Abierta, 1965)

Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

 

***

 

Ô Homme-Isthme… Adam de boue verte !

 

O Homme-Isthme… Adam de boue verte !

De tes humides yeux de coriandre

et de ta peau sauvage de menthe verte

germe l'aube de la patrie pure

Pentagramme sensuel de chlorophylle…

 

Tes notes révolutionnaires forment

le cœur triomphant du prolétariat –

la symphonie sociale des hommes.

 

Salomé-guide du myrte ouvrier

j’attends sur les bords de tes lèvres

l’éclairage rouge des sons

qui donnent le contenu à mes pupilles

Laisse-moi…Laisse-moi venir vers toi !

Diana Morán

(Extrait de son recueil Eva Definida, 1957)

Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

 

***

 

Tu dois surgir en moi goutte à goutte

 

Tu dois surgir en moi goutte à goutte,

je rêve de retour à l’essence charnelle,

de la pluie que le doux feu précipite

en pleurs fécondés à la naissance.

 

Je dois vivre la courbe dilatée

dans la plénitude d’une sagittaire,

vivante fleur croissante,

tu mûriras en moi

os par os,

jusqu’à ce que des limbes soit extraite ta présence

Je me dédouble...

Tu es...

Nous sommes...

 

La montée victorieuse d’une pleine lune

embaume la source des seins comme le jasmin.

Diana Morán

(Extrait de son recueil En El Nombre Del Hijo, 1966)

Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

 

***

 

Bibliographie de Diana Morán

Eva Definida (Ève définie) en collaboration avec Ligia Alcázar, 1959

Soberana Presencia de la Patria (Souveraine présence de la Patrie), 1964

Gaviotas de Cruz Abierta (Mouettes en Croix Ouverte), Prix Ricardo Miró en 1965, édité en 1992 aux Éditions Mariano Arosemena, INAC

En el nombre de Hijo (Au nom du Fils), 1966

Poesía Joven de Panamá (Jeune Poésie de Panama), (co-auteure de), XXIème siècle Éditions, Mexico, 1971

Ficción e Historia (Fiction et Histoire) : La Narrativa de José Emilio Pacheco, en collaboration avec Ivette Jiménez de Báez et Edith Negrín

Reflexiones Junto a tu Piel (Réflexions sur ta peau), poèmes d’exil, Collection Portobelo, Éditions Signos, Mexico. D.F.,1982

Manual de iniciación literaria (Manuel de d’initiation littéraire), utilisé dans l’enseignement secondaire au Panama, Éditions Librairie Culturelle de Panama, MONFAR et Lemania, 1983

***

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « Diana Morán : panaméenne, universitaire et poète de l'exil », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Premier colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur « Ce que les femmes pensent de la poésie : les poéticiennes », mis en ligne le 14 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/diana-moran-poete.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans colloques en ligne
14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 08:16

 

 

Dossier 2 | Florilège de textes poétiques

 

 

Poésie militante 

 

 

 

Femmes !

 

 

 

&

 

 

 

Les cris d'une rebelle

 

 

 

 

Mokhtar El Amraoui

 

 

Femmes !

 

 

 

L'impossible ne peut être femmes !

Nous aurons toujours la taille de nos rêves !

 

Nous rejoindrons, de notre florale impatience,

Dans la lumière de nos espérances,

Le suc flamboyant des étoiles

Et le rire assourdissant des dansantes comètes !

 

 

Nos fièvres habillées des houles des naissances

Nous offriront, comme toujours, tout ce temps

Pour tisser, dans nos profondeurs ailées,

Tous ces fruits volants de l’amour

Qui naissent et s’abritent au creux de nos reins,

En amples saisons tracées au miel des matins,

S’élevant des caresses de nos mains !

 

 

Femmes !

 

Flammes d’amour et de paix !

Écrites par tous les éléments,

Nous réchauffons, de nos racines,

Toutes ces tiges d'or qui poussent

Couronnées, dans la mousse de nos rêves,

Par les ascendantes douces gerbes ailées de notre sève !

 

Femmes !

Le possible est aussi femmes !

 

 

***

 

 

Les cris d'une rebelle

 

 

 

 

Hé toi, infâme, qui te crois roi de la femme, ta proie !

Je te dis qu’aujourd’hui je me libère de ta terreur !

Je sors de ta geôle d’horreurs,

Pour revendiquer mes droits !

Je n’ai plus peur de tes horreurs d’empoisonneur

Ni de tes diktats d’emprisonneur !

Je sors arracher ma part légitime de bonheur !

J’ai décidé de mettre fin à tous mes malheurs !

À partir d’aujourd’hui, je ne veux plus ressentir de frayeur !

J’accoucherai, libre, de toutes mes futures heures

Tout en splendeurs, malgré toi, tyrannique protecteur,

Bien loin de la lourdeur de mes silences en pleurs,

De mes souffrances et interminables douleurs !

Aujourd’hui, c’est la grande heure !

J’ai rendez-vous avec mes ailes !

J’ai décidé de sortir du tunnel !

Je vais manifester, en tout zèle,

Pour te dire que je ne serai jamais ta petite bonniche toute belle

Ni ton caniche, ni ta potiche poubelle !

Pour mon statut de femme libre, je serai à jamais rebelle !

Aujourd’hui, je te confie, petit roi, toutes mes heures

Impayées de nettoyage, de cuisine et de vaisselle !

Tu vas le voir, toi le fort, ce n’est que du sport, rien que du pur bonheur !

Aujourd’hui, je ne veux plus être ton balai, chère idole,

Ni ta serpillière, ni ta gardienne de casseroles !

J’ai décidé d’ôter, à jamais, de ma vie, cette sinistre camisole !

Aujourd’hui, je descends dans la rue, pour casser tous ces vieux rôles,

Pour crier mon droit à l’égalité, au respect et à la parole !

Tu peux te rire de moi, me trouver bien drôle,

Me traiter de folle ou de frivole

Mais c’est décidé ! Pour mes droits, aujourd’hui,

De cette horrible cage, je m’envole !

Si jamais tu changes d’avis

Et acceptes de vivre avec moi, sans ton mépris,

Viens, alors, à mes côtés et hissons ensemble cette banderole

Sur laquelle il est écrit "Liberté, parité et dignité !''

 

 

Ces deux poèmes sont extraits du manuscrit Le souffle des ressacs de © Mokhtar El Amraoui.

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes féministes 

 

Mokhtar El Amraoui, « Femmes ! » & « Les cris d'une rebelle », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°8 Supplément sur « La maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 14 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/

2017/8/rebelle.html
 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 8 Poésie engagée Poésies féministes

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