1 octobre 2026 4 01 /10 /octobre /2026 16:00

N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossiers majeur & mineur | Florilèges  | Astres & animaux / Nature en poésie


 

 

 

 

 

 

 

1,2,3… Ver-t-s pour toi & la terre

 

 

 

 

Poèmes écoféministes par

 

Sandrine Daraut

 

 

​​​​​

Crédit photo : Victoria Dubourg (1840-1926), nature morte, un panier de « Roses ». Peinture tombée dans le domaine public, image capturée par cette revue d'une photographie libre de droits.

 

 

 

À Jennifer Lavallé et George Sand

 

À Aurore

 

George Sand

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand



 

au cœur du *********

des oasis de poésie1

quelle idée fixe !


 

L’arbre brûle l’idée fixe

Dérèglements climatiques 

Le déni 

Je ne suis pas rigoureuse

J’écris un haïku sur quatre lignes trouées

J’aime les pointillés

Danser sans pas

La tête dans les nuages la note a du sel

Liberté 

J’écris ton nom libéré.e 

 

Poème du présent, le haïku se définit comme un instantané émotionnel – la sensation décrite de façon détachée laissant une part de réflexion au public.

Traditionnellement, les visions exprimées résultent d’une observation environnementale précise, qui fait notamment intervenir un terme relatif aux saisons.

 

en chœur de printemps

la poésie sans IA

notes sakura

 

Le respect de l’environnement est en effet très présent dans l’art de vivre japonais. Des agendas répertorient même les animaux, les coutumes, denrées, expressions et fleurs; sur une année luni-solaire.

  – Six souffles saisonniers ou sekki divisent les quatre saisons annuelles

– Trois ko ou micro-climats fractionnent, à leur tour, chaque sekki.

 

les Batman

elles sont moins malades que nous

protection des forêts

 

Printemps

  • Arrivée du vent d’est
  • Les bouscarles2 quittent les montagnes
  • Remontée des poisson

—---------

  • Pluie
  • Brumes matinales
  • Premiers bourgeons et pousses d’herbe

—---------

  • Retour des insectes
  • Premières fleurs de pêcher
  • Naissance des papillons

—---------

ÉQUINOXE

 

  • Apparition des nids de moineaux
  • Premières fleurs de cerisier3
  • Premiers orages

—---------

  • Retour des hirondelles
  • Vol vers le nord des oies sauvages
  • Apparition des premiers arcs-en-ciel

—---------

  • Les premiers roseaux
  • Dernières gelées et pousses des plants de riz
  • Premières pivoines

—---------

Été

  • Premiers cris des grenouilles
  • Remontée des vers
  • Pousses de bambou

—---------

  • Le ver à soie déguste les feuilles de mûrier
  • Nombreuses fleurs de carthame4
  • Le blé mûr est prêt à être récolté

—---------​​​​​​

  • Sortie des mantes religieuses
  • L’envol des lucioles
  • Les prunes sont jaunes

 

SOLSTICE 

 

  • La fin des fleurs de brunelle5
  • Apparition des iris
  • Arrivée des pousses de pinellies ternées6

—---------​​​​​​​

  • Vent chaud estival
  • Premières fleurs de lotus
  • Les petits faucons commencent à voler

—---------​​​​​​​

  • Premiers fruits de paulownias7
  • Moiteur
  • Parfois de fortes pluies

—---------

Automne​​​​​​​

  • Retour du vent frais
  • Le chant des cigales du soir
  • Arrivée d’un épais brouillard

—---------

  • Premières fleurs de coton
  • Températures plus douces
  • Le riz est mûr

—---------​​​​​​​

  • La rosée blanche
  • Premiers chants des bergeronnettes
  • Migration vers le sud des hirondelles

 

ÉQUINOXE

 

  • La fin du tonnerre
  • Préparation des insectes à l’hibernation
  • Drainage de l’eau des champs cultivés

—---------

  • Retour des oies sauvages
  • Fleurs de chrysanthème
  • Le chant des grillons pour entrer dans les maisons

—----------​​​​​​​

  • Premières gelées
  • Parfois de courtes averses
  • Érables et vignes vierges rougeoient

—----------

Hiver​​​​​​​

  • Premières fleurs de camélia8​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​
  • Début du gel des sols
  • Premières jonquilles et narcisses

—----------

  • Plus d’arcs-en-ciel
  • Vent du nord emportant les dernières feuilles
  • Les mandarines Tachibana9 deviennent oranges

—----------​​​​​​​

  • Températures plus froides
  • Hibernation des ours
  • Remontée des saumons en bancs

 

SOLSTICE 

  • Poussée des brunelles
  • Les cerfs n’ont plus de bois
  • Poussée du blé sous la neige​​​​​​​

 

—----------

  • Le céleri japonais (persil seri) foisonne
  • Les sources coulent de nouveau
  • Premiers cris des faisans

—----------

  • Premiers bourgeons des
  • pétasites du Japon10
  • En montagne, les cours d’eau
  • sont recouverts d’une épaisse couche glacée
  • Les poules recommencent à pondre​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

 

 

canicule au printemps 

les glaciers fondent à vue d’œil

soupirs du vent


 

les figues sont vertes

mon risotto estival

à fleur de courgette 

 

Le haïjin11 japonais est, partant, aux premières loges pour éprouver le réchauffement climatique. Indirectement, il peut donc donner à voir quant aux bouleversements environnementaux associés – toujours dans le registre du constat allusif. De fait, la mécanique de composition – plus que jamais entachée d’incertitude – s’en trouvera sans doute modifiée, au profit de l’usage d’un vocabulaire plus courant. Le pouvoir de suggestion de ce petit poème ne pourra cependant que s’en trouver renforcé dans le cadre de la transmission, et de l’expression d’une fugacité, d’une vulnérabilité de cette Nature qui nous nourrit. 

 

Dans ce rapport au réel, la contradiction entre l’aspect codifié du haïku traditionnel et les dérives du capitalisme, de l’industrialisation à tout-va – dégradant le milieu de vie – peut aussi se trouver traduite dans la césure (ou kireji). Ce vocable, en japonais, renvoie à quatre catégories d’émotions;

– L’étonnement, la surprise

– L’exagération 

– La mélancolie, le recul 

– L’interrogation, le questionnement 

 

 

 

le dernier haïku 

abeilles et fleurs à foison

le jour d’avant


 

les cigales en boucle 

cri couvert des mûres brûlées 

haie es-tu là ?

 

Aussi, guidée par la seule émotion, la juxtaposition irrationnelle d’évocations du réel peut permettre de mieux accepter une situation environnementale anxiogène, en se reconnectant à la Nature, ici et maintenant, tout en considérant ces aspects socioculturels comme étant aussi importants que tout élément budgétaire…

 

En consignant ses observations, en se concentrant sur tel ou tel ressenti sensoriel (en plein air), vous vous reconnectez à vous-même. En ralentissant, en posant vos couverts par exemple, pour vous concentrer sur l’essentiel de ce qui vous entoure à l’instant t, vous vous recentrez sur vos cinq sens. Dans la détente, comme en prenant le temps de mastiquer, la prise de conscience qu’il est nécessaire de prêter attention et d’écouter son inspiration constitue, dès lors, un préambule du passage à l’acte.


 

12Margarita (Notes de fond; tequila+cointreau)

Marcher en crabe (Notes de coeur; citron vert+rose)

En voie d’esquive (Notes de fond; marée+algues) (Notes de tête; encre)

Reste p(l)age blanche (Notes de fond; désinfectant)13

Et pour véritablement s’en persuader, pourquoi ne pas physiquement se remplir (également les poumons) de ce moment poétique de vie, de ce fragment d’accueil –intuitif et simple - de notre présence et représentation face à l’existant ? 

Je vous suggère consécutivement de prendre part à l’expérience suivante.

Fermez les yeux – ou pas –pour vous connecter à votre ressenti du moment. Comment vous sentez-vous dans l’espace, au niveau de vos points d’appui,...?

 

À présent, accueillez la présence de votre respiration – comme si c’était pour vous la première fois. Prêtez aussi attention au rythme de cette respiration, à son amplitude. Ressentez le trajet de l’air qui entre, puis qui sort de votre corps. Considérez la température de votre respiration, sa composition, peut-être son odeur… 

Portez votre attention sur vos sensations à l’inspiration, puis à l’expiration. Peut-être ressentez-vous de la chaleur, des fourmillements…? Cela se produit-il dans une partie de votre corps en particulier ?...

 

Maintenant, posez une main sur votre ventre, l’autre sur votre cœur. Vous respirez ainsi comme vous en avez l’habitude. Ressentez-vous un mouvement au niveau de vos mains ? Si oui, vos mains bougent-elles de la même façon? …

Désormais, prenez le temps de respirer profondément en vous concentrant sur vos sensations corporelles en ce moment. Vous pouvez renouveler cette respiration profonde en essayant d’accueillir les impressions agréables voire positives que vous procure cette prise de conscience. 

Vous inspirez donc toujours profondément puis, vous retenez l’air pendant quelques instants pour dire, en une expiration, le haïku suivant ; 

Voie des sables cheveux au vent 

coquillages et mots valsent

un haïku 

 

Vous accueillez l’émotion correspondant aux sens que vous pouvez associer à  cette première lecture. Vous pouvez renouveler l’expérience, toujours après avoir inspiré profondément, vous redites en un souffle…

 

Voie des sables cheveux au vent 

coquillages et mots valsent

un haïku 

 

Vous pouvez réfléchir à une seconde signification pour vous. À chaque nouvelle inspiration, les images, les sensations que vous associez à ce tercet se précisent. 

Vous respirez toujours profondément et vous sentez vos muscles se relâcher progressivement. Peu à peu l’apaisement gagne tout votre corps.

Et tout doucement, vous pouvez à présent revenir à une respiration plus libre et habituelle pour vous. Prenez encore le temps de profiter des perceptions, des sentiments… Laissez toutes ces sensations s’installer en vous et à leur tour vous inspirer ; peut-être jusqu’à vous donner l’envie d’écrire des haïkus, à votre tour…

Prenez le temps d’accueillir et de ressentir profondément le positif qui se dégage de votre corps et de votre esprit. Dégustez profondément ce ressenti pour qu’il vous accompagne le plus longtemps possible…

 

 

© Sandrine Daraut

 

 

 

Notes

 

1. Edgar Morin, 2023, POESIS.

2. Petit passereau semblable à la fauvette.

3. Les cerisiers ornementaux en fleur  sont appelés sakuras au Japon.

4. Assez proches des chardons, les pigments colorés sont utilisés pour la teinture.

5. Appartenant au genre Prunella, ce sont des plantes herbacées vivaces, qui se trouvent autant en Asie qu’en Europe.

6. Originaire de Chine, cette plante médicinale est indiquée pour décongestionner les voies respiratoires, pour lutter contre les flatulences intestinales et contre les nausées ou vomissements.

7. En raison de sa croissance rapide, cet arbre d’ornement peut présenter un intérêt écologique de par une forte absorption de CO2.

8. Originaire d’Asie méridionale de l’Est – depuis l’Himalaya – et d’Asie orientale, ce genre comprenant près de 400 espèces, est aussi présent en Indonésie et au Japon.

9. L’espèce, originaire de Chine, a été introduite au Japon, aux alentours du premier siècle avant J-C. Agrume du genre Citrus, en japonais Tachibana タチバナ, ヤマトタチバナ,ニッポンタチバナ (Tachibana, yamatotachibana, nippontachibana) , en chinois 立花橘 (Lìhuā jú), en coréen 향산감귤 (hyangsang am gyul) Mandarines Hyangsan aussi 홍 굴 (hong gul) ou mandarine rouge.

10. Les jeunes pousses et les bourgeons floraux sont consommés comme « légumes sauvages ».

11. Les poètes écrivant des haïkus sont appelés haijin ou haïkiste.

12. Haïku librement inspiré de L’invention de la mer, Laure Limongi, Le Tripode, 2025.

13. « Les notes de fond désignent la basse continue, pourrait-on dire pour utiliser une métaphore musicale. Elles sont tenaces et structurantes. » (L’invention de la mer, p. 178).

​​​​​​​« Les notes de cœur apportent de la rondeur et du dialogue avec les autres notes, tout en participant de l’aspect évolutif d’une fragrance. » (ibid., p. 178).

« Enfin, les notes de tête sont les premières qui apparaissent, volatiles voire facétieuses, étonnantes ou émouvantes, rassurantes ou inquiétantes, en tout cas fugaces et à interpréter selon l’architecture qui les soutient. » (ibidem., p. 178).

***

  

Pour citer cet ensemble écopoétique, engagé, illustré & inédit

 

Sandrine Daraut, « 1,2,3… Ver-t-s pour toi et la terre », peinture par Victoria Dubourg (1840-1926), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet, mis en ligne le 1er octobre 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2026noiii/sdaraut-ver-t-s

 

 

 

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30 septembre 2026 3 30 /09 /septembre /2026 11:39

N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossier mineur | Florilège | Cuisinier en poétisant | Voix-voies de la sororité & ORIENTALES (O) N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 

 


 

Pomme rouge

 

 

 

 

 

Poème féministe célébrant la sororité par

 

Saghi Farahmandpour

 

Poétesse, autrice francophone, traductrice,

 

interprète & docteure en langue & littérature française

 

 

 

Crédit photo : Juliette Wytsman (1866-1925), « A Blossoming Apple Tree ». Peinture tombée dans le domaine public, image capturée par cette revue d'une photographie libre de droits.

​​​​

 

Pomme rouge

 

Un mince rayon de soleil s'échappa à peine

De derrière le rideau soyeux de la cascade

Et se posa 

Sur les petites et les grosses gouttes éparpillées sur les rochers alentour, tapissés de mousse

La sonorité douce et caressante de la palpitation de la vie et le mouvement de l'eau vive coulant

Dans les nervures des jeunes feuilles 

Ombragèrent 

Les ailes frémissantes et pointues de la libellule bleue

La nature 

Telle une mère toujours en attente et pleine d'inquiétude  

Porta jusqu'aux cieux la rumeur de la croissance des herbes touffues abritant des nids

Mais

À proximité de cette beauté enchanteresse

Le petit cœur de la gazelle errante

S’agita de nouveau

Le torrent de vieille terre froide et le débordement du fleuve noir 

Remplis de fureur et de vengeance

Arrachèrent si violemment les racines du sol et détruisirent les nids

Que le ciel

N’entendit que la mort de la brise soufflant 

Parmi les fleurs des pommiers rouges.

 

© Saghi Farahmandpour


 

—————

  

Pour citer ce poème engagé, féministe, illustré & inédit

 

Saghi Farahmandpour, « Pomme rouge », peinture par Juliette Wytsman (1866-1925), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 30 septembre 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noiii/sf-pommerouge

 

 

 

 

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25 septembre 2026 5 25 /09 /septembre /2026 07:01

N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossier mineur | Florilège | Nature en poésie | Voix-Voies de la sororité | Revue poépolitique & ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 


 

 

Entre deux abîmes, Elle est seule... & Un avenir qui n'existe pas

 

 

 

Poèmes engagés par

 

Saghi Farahmandpour

 

Poétesse, autrice francophone, traductrice,

interprète & docteure en langue & littérature française

 

 

 

Crédit photo : Aurore de Lafond de Fénion, « Fleurette à la fontaine de la Garenne ». Peinture tombée dans le domaine public, image capturée par LPpdm d'une photographie libre de droits.

​​​​

 

 

Entre deux abîmes

 

 

Dans le désert extra-muros de la cité

Entre deux abîmes profonds

Lorsque les lambeaux de lumière lunaire suintèrent furtivement et mélodieusement 

À travers les barreaux de la cellule et ceux de la folie

Dans la petite pièce moite plongée dans les ténèbres 

Elle posa

Pour un court instant

Son regard sur les écrits confus illisibles

Sur les noms inconnus gravés sur le mur

Une vieille douleur 

Jaillissant des lettres gribouillées, résonna en elle 

Et des gémissements plaintifs, tel des poignards

S’abattirent sur son corps couvert d’ecchymoses

La résonance d'une goutte d'eau 

Tombant sur le sol froid et noir de la pièce

Repoussa la clarté fragmentée de la lune

Elle aussi, comme des milliers d'autres femmes disparues 

Au fond de l'abîme fatal 

Griffonna son nom 

Sur le mur humide 

Et, laissée dans l’angoisse de sa claustration amère

Se noya dans son propre sang. 


 


 

Elle est seule...

 

 

Elle est seule…

Elle contemple un ciel qu'elle n'a jamais vu

Elle est plongée dans le grondement des vagues déferlantes des mers 

Dans les notes cristallines et harmonieuses d'une nature colorée qu'elle n'a jamais entendue ;

Elle est seule…

Dans le ciel de sa maison

L’étoile scintillante du matin 

Sous les ailes rouges du crépuscule

Ne sème pas de graines argentées 

Le soleil 

A rassemblé ses rayons lumineux en désordre dans le bol d’argent de la lune

La lumière 

Derrière les vitres poudreuses de chez elle

N’apparaît que dans un coin caché du ciel ;

Elle est seule…

Elle erre à la recherche de la clarté 

À côté de la mèche d'une bougie 

Qui s'est consumée jusqu'au bout derrière la fenêtre grillée de la maison ;

Elle est seule…

Elle effleure les poussières dorées de lumière qui, emportées par la joie, dansent dans l’air

Elle dessine le reflet bleu du ciel éclatant 

Avec ses cheveux lisses et flottants sur ses épaules blanches et nues

Elle, les lèvres entrouvertes, chante une étrange chanson de libération

Elle se serre étroitement contre elle-même 

Et caresse doucement à maintes et maintes reprises son corps solitaire de ses mains froides.

 


 

Un avenir qui n'existe pas

 

 

L'écho sourd de mon soupir

Vacille

Chaque jour

Sous les épaules frêles des hautes falaises

Entre les mains habiles du destin

Au cœur du ciel imbibé de sang qui provoque des tempêtes

Il tourne

Chaque jour

Autour des cris perçants et déchirants des corps non ensevelis

Parmi d'innombrables photos encadrées récemment brisées

À côté des genoux d'une mère assise par terre, qui effeuille les fleurs une à une 

Près des sanglots séchés d’un père familier

L'écho de mon soupir fébrile

Craint 

Chaque jour

La clameur immense, la terreur flagrante des yeux ridés

Et l’incertitude d’un avenir qui n'existe pas

Un avenir dont j'ignore à qui il est destiné.




© Saghi Farahmandpour

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Pour citer ces poèmes Poèmes féministes, inédits & illustrés

 

Saghi Farahmandpour, « Entre deux abîmes »,  « Elle est seule...» & « Un avenir qui n'existe pas », peinture par Aurore de Lafond de Fénion, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 25 septembre 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noiii/sf-seule

 

 

 

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25 septembre 2026 5 25 /09 /septembre /2026 07:00

N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossier mineur| Florilège | Nature en poésie | Revue poépolitique & ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 


 

Longue jupe blanche 

 

 

 

 

 

Poème féministe par

 

Saghi Farahmandpour

 

Poétesse, autrice francophone, traductrice,

interprète & docteure en langue & littérature française

 

 

Crédit photo : Henri de Toulouse-Lautrec,  « Femme se frisant », Musée des Augustins. Peinture tombée dans le domaine public, image capturée par cette revue d'une photographie libre de droits.​​​​

 

 

Alors qu’elle se lavait le visage dans la mélodie enivrante des eaux courantes

La belle onde de sa chevelure noire et abondante

Se noua aux paisibles ondulations de la rivière à pente douce

La cendre tiède de ses larmes tremblantes

Telle la rosée gelée du matin

Tomba sur les pétales des fleurs sauvages de la plaine

Le cours tranquille de la rivière aux vagues courtes et murmurantes

Emporta la traîne de sa longue jupe blanche 

Jusque dans les lointains 

Où nul parmi les féroces aux cœurs de pierre 

Ne pourra jamais meurtrir 

Son chant fort séduisant 

Ni la délicatesse virginale de son corps, fragile et sans défense !

 

© Saghi Farahmandpour

 

—————

  

Pour citer ce poème engagé, inédit & illustré

 

Saghi Farahmandpour, « Longue jupe blanche », peinture par Henri de Toulouse-Lautrec, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 25 septembre 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noiii/sf-jupe

 

 

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23 septembre 2026 3 23 /09 /septembre /2026 16:06

N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossiers mineur & majeur | Articles & témoignages | Essais ou manifestes | Revue culturelle des continents


 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l’anthologie

Resistir-Resist

 

 

 

 

Article par

Rocío Durán-Barba

 

Traduction de l’espagnol par

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de Rocío Durán-Barba (organisatrice principale du festival Resistir/Résister).

 

 

 

L’anthologie RESISTIR-RESIST a vu le jour en mai 2023, à l’instigation de la prestigieuse revue littéraire américaine World Literature Today qui invita Rocío Durán-Barba à écrire quelques pages pour une édition spéciale consacrée à « l’avenir du Livre ». Ainsi, dans ce numéro est paru sous sa plume un essai intitulé « 300 Latin American Poets of Resistance : Two Anthologies, One Unique Work ». Dans cette publication, il a été mentionnée que : « l’expérience inédite des anthologies RESISTIR est une des initiatives collectives les plus significatives de la poésie latino-américaine actuelle ».

 

La répercussion de cet article a immédiatement a ouvert un nouvel horizon en donnant de l’amplitude, de l’importance et du dynamisme à ce projet qui réunissait des collaborateurs du PEN Club français, des poètes du PEN suisse francophone et de dix-huit centres PEN latino-américains (PEN-Argentine, PEN-Bolivie, PEN-Colombie, PEN-Chiapas, PEN-Chili, PEN-Équateur, PEN-Écrivains cubains en exil, PEN-Guadalajara, PEN-Guatemala, PEN-Honduras, PEN-Mexique (2019), PEN-Nicaragua (2021), PEN-Paraguay, PEN-Porto Rico, PEN-San Miguel de Allende, PEN Quechua, PEN Uruguay, PEN-Venezuela.)

 

Et le directeur de World Literature Today, Daniel Simon, de s’associer avec enthousiasme à son homologue du Latin American Literature Today, Arthur Dixon, pour lancer un projet de traduction en anglais, considérant ces œuvres comme  « transcendantales dans le panorama poétique latino-américain contemporain  ».

Une sélection de trente poèmes des deux premières anthologies a ensuite été réalisée : Antología Resistir de poesía Latinoamericana, 2020, et Resistir150 escritores más.

 

Ainsi est née l’anthologie RESISTIR-RESIST. 

Trente poèmes ont été traduits par une douzaine de traductrices et traducteurs américains, qui ont généreusement contribué à ce remarquable projet de traduction des voix hispaniques émergentes d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale et des Caraïbes. 

La réalisation de ce projet a représenté un pas significatif pour la diffusion de la poésie latino-américaine contemporaine et pour le renforcement du programme international de diffusion impulsé par « Resistir ».


 

Le projet a culminé par un récital bilingue réalisé le 18 novembre 2023 à travers un ZoomWebinar organisé par l’Université de l’Oklahoma, dont la plateforme possède une capacité de cinquante mille personnes. Cette rencontre a permis aux voix réunies dans l’anthologie de résonner au-delà des frontières linguistiques et géographiques, amplifiant l’écho de la devise de RÉSISTER : « La lumière de la poésie contre le chaos du monde ».

 

Après ce récital, la publication de cette anthologie a eu lieu à la fois sur e-Book et sur papier.

Dans la préface de l’ouvrage, Daniel Simon et Arthur Dixon ont écrit :

« Avec les poètes de RÉSISTIR en Amérique latine réunis dans cette anthologie RESISTIR-RESIST, nous avons eu l’honneur d’étendre la promotion de la meilleure littérature contemporaine écrite en espagnol pour les lecteurs anglophones du monde entier. »

 

La traduction en anglais de ces poèmes a permis de faire connaître un panel représentatif de la voix poétique latino-américaine d’aujourd’hui : une voix multiple qui reflète notre histoire, la mémoire de nos peuples, nos fractures et nos déboires.


 

Les trente poèmes réunis dans RÉSISTER-RESIST convergent à un même souffle. Parce que « résister, c’est – comme le dit sa gérante, Rocío Durán-Barba – élever la parole pour clarifier les horizons et regarder vers l’avenir. Élever la parole pour imaginer un monde au-delà de la haine, des divisions historiques et de la violence. Élever la voix en faveur de la paix, de la dignité et du respect des êtres humains.

 

Les trente poèmes réunis dans RESISTIR-RESIST revêtent un même souffle. Parce que « résistir, c’est, selon Rocío Durán-Barba : « porter le verbe haut pour éclaircir les horizons et regarder vers l’avenir. Élever la voix pour imaginer un monde au-delà de la haine, des divisions historiques et de la violence. Élever la voix en faveur de la paix, de la dignité et du respect des êtres humains.

 

Cette anthologie est en réalité, bien plus qu’une simple traduction de « Résister ». C’est une impulsion significative vers l’expansion et la réaffirmation du mouvement poétique international « Résister ». Cela a signifié ouvrir de nouveaux territoires culturels et linguistiques. Cela a marqué un pas décisif de la poésie latino-américaine contemporaine qui en réunissant les anthologies Resistir, continue à ouvrir des voies, moyennant des ponts et ce, en faisant entendre sa voix dans le monde.


 

La traduction de la poésie en anglais revêt aujourd’hui une importance particulière dans le paysage littéraire et culturel contemporain. Non seulement en raison de la portée internationale de cette langue, mais aussi parce que l’anglais est actuellement l’un des principaux véhicule des idées, des livres et des expressions culturelles dans le monde.

 

Cela dit, tenant compte de l’importance de son lieu de naissance, en l’occurrence, la France, la première anthologie Resistir 2020, s’est inscrit dans le cadre de la traduction. Il est évident que la que la traduction de la poésie en français a une importance historique et culturelle exceptionnelle, donc traduire des poèmes en français ne signifie pas seulement accéder à une autre langue, mais aussi accéder à un monde culturel particulier. Un monde qui représente l’une des grandes traditions poétiques et critiques du monde moderne.

 

« Résister 2020 », la première anthologie, est née au PEN club français, avec l’ambition d’établir un pont entre les centres latino-américains et la France. Et elle a été publiée en bilingue : espagnol, français, ce qui est très significatif. Depuis son origine, « Résister ». a compris que la traduction n’était pas un aspect secondaire du projet, mais une partie essentielle de sa vocation internationale et de sa volonté de rencontre entre les cultures. Et, surtout, de l’importance de la traduction en français.

 

La décision de publier la première anthologie en édition bilingue – espagnol, français – témoigne de l’importance accordée à cette perspective. Elle témoigne de la reconnaissance de la langue française en tant qu’elle occupe, depuis des siècles, une place centrale dans la circulation mondiale des idées, de la poésie, de la philosophie et des avant-gardes artistiques. La France a été l’un des grands espaces historiques d’accueil, de réflexion et de diffusion de la littérature internationale. Traduire la poésie en français signifie donc insérer de nouvelles voix dans une tradition de dialogue intellectuel et poétique de portée universelle.

C’est pourquoi la plupart des projets de traduction ont été menés dans le cadre francophone. Et que dans le programme de diffusion de la poésie latino-américaine en Europe, les événements qui se déroulent avec des traductions en français ont une véritable importance.

 

En fait, des rencontres sont régulièrement organisées pour présenter de nouvelles traductions de poèmes en français.

À titre d’exemple, il suffit de citer notre récente célébration de la « Journée mondiale de la poésie », le 21 mars 2026. Cette rencontre est un véritable témoignage de l’importance que revêt la traduction française dans le « programme Resistir ». Et cela constitue une vocation, une obligation, une marque distinctive sur le plan international.

 

C’est pourquoi la plupart des projets de traduction ont été menés dans le cadre de la francophonie. Et que la diffusion de la poésie latino-américaine en Europe, les événements avec des traductions en français ont toute leur importance.

 

À titre d’exemple, il suffit de citer la réunion que le RDB a organisée à l’occasion de la « Journée mondiale de la poésie » le 21 mars dernier : une rencontre via Zoom avec des poètes représentatifs de tous les pays latino-américains hispanophones, qui font partie du mouvement poétique international « RESISTIR ». Une célébration qui s’inscrit dans le programme officiel du « PRINTEMPS DES POÈTES », qui est la manifestation poétique officielle la plus prestigieuse et la plus connue en France, dans le monde de la francophonie, et au-delà des frontières.

 

 

© Rocío Durán-Barba, texte traduit de l’espagnol par Maggy De Coster.

 

***​​​​​​

  

Pour citer ce texte illustré, inédit & traduit

 

Rocío Durán-Barba (texte original), Maggy De Coster (traduction de l’espagnol & photographie fournie), « Présentation de l’anthologie Resistir-Resist », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet, mis en ligne le 23 septembre 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2026noiii/mdc-presentationderesistir-resist

 

 

 

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