23 décembre 2025 2 23 /12 /décembre /2025 17:25

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Critique & réception | Métiers du livre

 

 

 

 

 

 

 

 

Compte-rendu de la soirée poétique du 18

 

décembre 2025 dans l'espace culturel de

 

la Société des Poètes Français (SPF)

 

 

 

 

Texte par

Arwa Ben Dhia

Poète polyglotte, auteure, ingénieure, docteure en électronique & Ambassadrice de la Paix (CUAP) 

​​​​​Page Linkedin :

https://www.linkedin.com/in/arwa-ben-dhia-phd-0538b011/

Michel Bénard

Poète artiste-peintre, vice-président de la Société des Poètes Français (SPF), Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres & Poeta Honoris Causa du Cénacle européen des Arts et des Lettres

Photographies par

Hong XU

 

 

 

© Crédit photo : Hong XU, de Gauche à droite : « Maggy De Coster lors de sa lecture poétique,  le vice-président de la SPF Michel Bénard & Arwa Ben Dhia dans la soirée du 18 décembre 2025 dans l'espace culturel de la Société des Poètes Français (SPF) ». Image no 1.

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Le jeudi 18 décembre 2025 s’est tenue, dans le temple emblématique de la poésie qu’est le siège de la Société des Poètes Français (SPF), une rencontre littéraire fort conviviale autour de l’anthologie « Nos muses les murs » récemment publiée aux éditions Mindset, dirigée par Arwa Ben Dhia et préfacée par Alexandra Cretté. Le vice-président de la SPF, Michel Bénard, hôte de cette rencontre, était présent aux côtés de l’animatrice de la soirée, Arwa Ben Dhia et a prononcé un mot d’introduction que nous publions ici. Puis, cette dernière a présenté l’anthologie qu’elle a coordonnée pour l’association Apulivre en collaboration avec l’association Oyapock en Guyane et a rendu hommage à la poésie. Des extraits de l’anthologie ont été lus, non seulement par des autrices y ayant contribué (Maggy De Coster, Diane Lotus, Fatima Chbibane, Manon Godet et Emmanuelle Vanwinsberghe), mais aussi par des amis amoureux des mots. Après la dédicace, tout le monde s’est réuni autour d’un pot de l’amitié en se souhaitant de joyeuses fêtes de fin d’année.

© Arwa Ben Dhia

 

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© Crédit photo : Hong XU, de Gauche à droite : « Michel Bénard & Arwa Ben Dhia pendant la séance de dédicace de l’anthologie collective « Nos muses les murs » (dirigée par elle-même et préfacée par Alexandra Cretté) dans la soirée poétique du 18 décembre 2025 dans l'espace culturel de la Société des Poètes Français (SPF) ». Image no 2.

 

 

 

Mot d’introduction du vice-président de la Société des Poètes Français

 

 

 

 

La Société des Poètes Français, honorable dame toujours rayonnante de 124 ans, fondée en 1902 entre autres, par les poètes et non les moindres, Sully Prudhomme, José Marie de Heredia, Léon Dierx, pour le centenaire de la naissance de Victor Hugo est heureuse d’accueillir en son siège un collectif de poètes regroupés autour d’Arwa Ben Dhia pour la présentation d’une anthologie originale gravitant autour du thème millénaire du langage des murs. Véritables palimpsestes et incunables à ciel ouvert – Les murs. – Ces murs qui se font muses et vecteurs incontournables de la poésie, de l’image sociétale. 

Les murs sont les journaux, les chroniques, les rumeurs de la rue, qui révèlent l’histoire de nos sociétés. Les murs de la honte, de la révolte, de la beauté, de l’amour, les murs sont de véritables puzzles communautaires.

Les murs se font porteurs des cris de la poésie ou des murmures. Cette anthologie – Nos muses les murs – a vu le jour sous l’initiative de notre amie et sociétaire, Arwa Ben Dhia qui a su s’entourer de plumes diverses. Telle celle, réactive de la préfacière Alexandra Cretté, l’active rédactrice du magazine numérique international – Souffle inédit – Monia Boulila, sans oublier une figure discrète mais incontournable de la poésie francophone contemporaine, servant de passerelle entre l’Amérique latine et la France, Maggy De Coster, que je considère sans intention péjorative, comme une ancienne complice. Que les autres intervenants à majorité féminine me pardonnent, car je ne peux pas mentionner tout le monde, mais le déroulement de cette soirée va y pourvoir.

 

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© Crédit photo : Hong XU, de Gauche à droite : « Jean-Claude Clot lors de sa lecture poétique & Michel Bénard dans la soirée du 18 décembre 2025 dans l'espace culturel de la Société des Poètes Français (SPF) ». Image no 3.

 

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Revenons à – Nos muses les murs – qui est la pierre angulaire de notre regroupement autour de la poésie. Il est bon de savoir qu’il faut beaucoup de distance, beaucoup de recul, pour composer sur les murs du silence de la poésie, qui devient vite une déchirure humaine.

Être poète c’est déjà revendiquer son besoin d’amour au sens universel du terme, ce dont nous manquons aujourd’hui désespérément. C’est respecter la vie et oser encore croire en l’homme, c’est tendre tout entier vers son devenir, loin des rumeurs, des aveuglements de l’extrême, des régressions fanatiques, des radicalisations et de l’ignorance obscurantiste mère de l’intolérance.

Dans les turbulences et la mouvance de cette anthologie, nous naviguons sur le mystère de la vie, nous calligraphions les plus beaux de nos rêves et poèmes sur les lèpres murales qui deviendront de précieuses enluminures. Il faut savoir se surprendre à écrire avec la lumière de l’instant cueillie sur les murs afin que les mots habitent l’espace de leur présence et retombent sur les hommes en pluie d’espérance. 

C’est par la poésie que nous sortirons du désespoir pour aller vers l’amour.

 

© Crédit photo : Hong XU, « Diane Lotus durant sa lecture poétique dans la soirée du 18 décembre 2025 dans l'espace culturel de la Société des Poètes Français (SPF) ». Image no 4.

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Dans son introduction, Arwa Ben Dhia, souligne que cette anthologie – Nos murs les muses – est pareille à la construction d’un pont de fraternité entre les peuples et à l’opportunité aux poètes de mettre en exergue leurs talents. Quant à notre délicate préfacière Alexandra Cretté elle attire notre attention vers la prudence en nous disant - Méfions-nous des murs que nous érigeons en chantant, ils peuvent devenir facilement ceux de la honte ou notre propre prison. –

 

Arwa Ben Dhia, elle aussi nous invite à ne pas faire de confusions :

 

« Chaque inspiration, une quête vers l’inconnu.

Chaque expiration, un retour vers le vécu.

Les cycles se suivent, les saisons se fondent

Dans cette danse infinie où tout se confond. »

 

Monia Boulila quant à elle, est hypnotisée devant le mur de verdure de son jardin.

 

« Je révèle ce lien insensé,

Entre ce mur et moi,

Ecran de rêves et de souvenirs…/… » 

 

 

Quant à Maggy de Coster elle retrouve les traces de mémoire de Gisèle Halimi, sur le mobilier urbain, œuvre il me semble du graphiste bien connu C215, elle y voit par la poésie un combat titanesque.

« Vous menez une lutte acharnée

Pour faire renverser les barrières traditionnelles. » 

 

Vous conviendrez qu’il ne m’est pas possible ici de mentionner tous les participants, les participantes plus précisément, car il y a ici une forte domination féminine, en fait rien de très surprenant car parfois nous pouvons nous demander où sont les hommes ? Peut-être en train de s’époumoner sur un terrain de football, une bière à la main !

 

 

© Crédit photo : Hong XU, « Manon Godet durant sa lecture poétique dans la soirée du 18 décembre 2025 dans l'espace culturel de la Société des Poètes Français (SPF) ». Image no 5.

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Sous forme de conclusion et avant d’ouvrir cette soirée poétique, je reviendrai à l’objet de nos présences en ces lieux où en définitif mieux vaut après avoir écrit des poèmes sur les murs, construire un pont vers après vers. !

Alors, avec les poètes rêvons, car à l’instant où l’homme renonce à ses rêves d’enfance est une capitulation de la vie.

La poésie c’est oser tenter de saisir l’invisible, de capter l’indicible et de pérenniser l’émotion !

Osons le croire très fort, la poésie sauvera l’amour en nous extirpant de la haine et de l’ignorance.

Poétesses, poètes, vous avez la parole !

 

© Michel Bénard

Lauréat de l’Académie française

Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres

Poeta Honoris Causa du Cénacle européen des Arts et des Lettres

© Crédit photo : Hong XU, « Autour du pot de l’amitié de la soirée poétique du 18 décembre 2025 dans l'espace culturel de la Société des Poètes Français (SPF) ». Image no 6.

 

***

Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Arwa Ben Dhia & Michel Bénard, « Compte-rendu de la soirée poétique du 18 décembre 2025 dans l'espace culturel de la Société des Poètes Français (SPF) », photographies par Hong XU, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 23 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/abd-mb-soireepoetiquedu18

 

 

 

 

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3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 17:37

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Critique & réception | Métiers du livre | Actions pour l’égalité des sexes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Événement littéraire : Et les

 

 

livres deviennent femmes !

 

 

 

 

 

Photographies & article inédits par

 

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

© Crédit photo : De gauche à droite les autrices Maggy de Coster, Sonia Bressler & Sarah Mostrel durant la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 1.

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La XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » a lieu le 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris à l’initiative de Sonia Bressler, présidente de l’Association Française des Femmes Diplômées des Universités.

 

© Crédit photo : La pancarte officielle de la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » qui s'est déroulé le 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris en présence du maire Jean-Pierre Lecoq. Image no 2.

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Ce salon s’inscrit dans le droit fil de cette association créée par des femmes universitaires en 1920 et dont l’objectif est « l'égalité, l'éducation et la valorisation de l'ambition des femmes. »

 

L’organisatrice de l’événement, Sonia Bressler est elle-même, fondatrice de la maison  d’éditions «  La route de la soie ». 

Parmi la soixantaine d’auteurs et d’autrices participants, figuraient vingt-et-un auteurs et autrices de La route de la soie. Les auteurs et autrices des grandes maisons d’éditions ainsi que ceux des maisons d’éditions indépendantes à l’instar des Éditions du Cygne, des Éditions Unicité ont fait rayonner la culture littéraire sous les lustres de la Mairie du VIe arrondissement en présence du maire Jean-Pierre Lecoq. 

 

Citons par exemple :

 

Maïa Brami, Jusqu’à sentir battre leur cœur  (l’Observatoire)

 

© Crédit photo : De gauche à droite les autrices invitées Maïa Brami  & Sarah Mostrel durant la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 3.

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Irene Shraer, Oratorio (Éditions Unicité)

© Crédit photo : L’autrice invitée Irène Shraer durant la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 4.

 

Nathalie Maranelli, Work songs (Éditions Lazare & Capucine)

© Crédit photo : L’autrice invitée Nathalie Maranelli durant la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 5.

 

Méas Pech Métral, Étoiles Hommages et révoltes en poésie  (Les éditions du Cygne)

Arwa Ben Dhia, Les quatre et une saisons (Les éditions du Cygne)

© Crédit photo : De gauche à droite les autrices invitées Maggy de Coster & Arwa Ben Dhia durant la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 6.

 

Rosa Maria Bortolotti, Jeunesses populaires en ligne Enquête sur les « nouvelles » (Les éditions du Cygne)

Mathilde Levesque - Procès Mazan : Une résistance à dire le viol (Éditions Payot)

Claudine Monteil - en Marie Curie et ses filles (Éditions Calman Lévy)

Nos exils, PEF (Éditions des Femmes)

Xavière Gauthier, Délivrance de la mer (Des femmes Éditions)

Tahoura Tabatabaï-Vergnet, Le Cri de la Perse (Route de la Soie - Éditions)

 

© Crédit photo : De gauche à droite les autrices invitées Sarah Mostrel & Maggy de Coster  exposant leur nouveau recueil de poésie « Poésie au gré des toiles. » durant la XVIIédition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 7.

 

Nous y étions avec « Poésie au gré des toiles. » Et notre éditrice Sonia Bresseler de considérer l’ouvrage comme suit :

« Dans Poésie au gré des toiles, Maggy de Coster et Sarah Mostrel nous livrent une symphonie en deux dimensions : la poésie et la peinture s'entrelacent pour raconter le monde dans toute sa complexité. » Ou encore : « Les poèmes de Maggy de Coster sont des éclats d'émotions posées sur les toiles de Sarah Mostrel. »

 

Sonia Bressler est cette femme dynamique, généreuse et pleine d’enthousiasme qui fut présidente de l’Association des femmes journalistes (AFJ) en 2004, et dont j’ai eu l’heur de faire partie en tant que jeune journaliste. Elle est également docteur en philosophie et épistémologie, consultante, enseignante-chercheuse.

 

Ce XVIIe salon du livre de l’AFFDU, reconnue d’Utilité publique, est en quelque sorte le vecteur de l’égalité entre les femmes et les hommes. 

 

© Crédit photo : De gauche à droite les autrices invitées Sarah Mostrel & Maggy de Coster  exposant leur nouveau recueil de poésie « Poésie au gré des toiles. » durant la XVIIédition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 8.

 

À consulter aussi le site de l’Association Française des Femmes Diplômées des Universités organistrice de ce salon : https://www.associationdesfemmesdiplomees.fr/

 

© Maggy De COSTER

***

Pour citer ce texte engagé, illustré & inédit

 

Maggy de Coster (texte & photographies), « Événement littéraire : Et les livres deviennent femmes ! », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 3 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/mdc-livresdeviennentfemmes

 

 

 

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27 novembre 2025 4 27 /11 /novembre /2025 17:34

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Cuisiner en poétisant | Annonces diverses / Avis de parution

 

 

 

 

 

 

 

 

Avis de parution de « L'heure du thé et autres nouvelles » de Françoise Urban-Menninger aux éditions Astérion

 

 

 

 

​​​​​© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil de récits « L'heure du thé et autres nouvelles » de Françoise Urban-Menninger aux éditions Astérion, 2025.  Image fournie par l’auteure.

​​​​​© Crédit photo : Détail de la quatrième de couverture de l’ouvrage cité ci-haut.

 

 

La revue Le Pan Poétique Des Muses a la joie de vous annoncer la parution le nouvel ouvrage intitulé « L'heure du thé et autres nouvelles » de Françoise Urban-Menninger (chez les éditions Astérion) de notre rédactrice Françoise Urban-Menninger. Nous publions ci-dessous et en avant-première la première de couverture et la présentaion de l’œuvre par la maison d’édition.

 

 

Présentation du recueil par les éditions Astérion :

 

 

Françoise Urban-Menninger, lauréate nationale de la nouvelle universitaire en 1993, publie avec L'heure du thé son 4e recueil de récits dans la lignée de Katherine Mansfield, Virginia Woolf, Elizabeth von Arnim, Edith Wharton ou encore Eleonora Carrington, des autrices qu'elle affectionne particulièrement. On décèle, ici et là, des pointes de surréalisme et l'on songe à Paul Eluard, André Breton, voire Guillaume Apollinaire… Mais la nouvelliste possède un style singulier dont la petite musique n'a pas fini de nous surprendre en égrenant ses notes au charme envoûtant !

 

Poète et nouvelliste, née à Mulhouse en 1953, Françoise Urban-Menninger est l'auteure d'une trentaine d'ouvrages ainsi que chroniqueuse pour les sites Exigence Littérature et Le Pan Poétique des Muses. Présidente de la commission littéraire de l'Académie rhénane, elle organise de nombreux événements littéraires en Alsace, participe à des salons du livre, intervient lors de colloques et collabore à plusieurs revues de littérature en France et à l'étranger.

 

***

Pour citer cet avis de parution illustré & inédit

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Avis de parution de « L'heure du thé et autres nouvelles » de Françoise Urban-Menninger aux éditions Astérion », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 27 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/lppdm-heureduthe

 

 

 

 

 

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26 novembre 2025 3 26 /11 /novembre /2025 18:27

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Revue poépolitique & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques 
 

 

 

 

 

 

 

 

Les Nuits d'Alger

 

 

 

 

 

Poème engagé par

 

 Amel Boudali

 


 

Crédit photo : Eugène Delacroix (1798-1863), « Les Femmes d’Alger dans leur appartement », peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits du Web. 

 


 

 

Les étourneaux suturent

de leur penne métallique

les brèches de l'espoir

et se ruent aux abois et fumantes

les cavalcades des 5 juillet dans les rues d'Alger

se dévorent avides

les fureurs des jouissances avortées

dans la grande nuit haletante africaine

où suspendus aux soupirs de l'histoire

tressautent les cœurs gros de semences

où bruissent les soupirs des révoltées et des jeunes d'octobre

et tintinnabulent au loin les têtes décapitées

trophées de l'arbre du boucher

elles repoussent sans fin

sur des terres de mémoire, fumier des siècles passés,

arrosées aux senteurs du sultan des forêts

et leurs bouches pollinisées feulent d'amour

perlent d'humidité

et crachent le chant qui empourpre nos gorges

sur leurs paupières ressuscitées

parois de nos terreurs

s'écrivent les signes

qui se révéleront à nous

plus tard

sur les pages du désert, mer dans le dos

sitôt vus, citadelle figée,

signes dissous et effacés

et le boucher, chauffé à blanc,

zèbre l'air de son coutelas.

Nuits d'Alger

où s'engouffrent les rêves d'indépendance

quand Makéba répète en boucle

Houria

et d'où s'échappent les larmes du temps 

murmuration étouffée

déterrée et tendue à la corde de l'horizon.

Sempiternel froufrou

des rémiges qui

se remémorent à

l'instant-même du battement

la route sanglante qui ourle le ciel à

Alger.

Samir-étourneau,

déchire la baie

de son vol.

Mémoire évidée

à jamais mise au jour.

 

© Amel Boudali

 

—————

Pour citer ce poème engagé, illustré & inédit

 

Amel Boudali, « Les Nuits d'Alger », peinture par Eugène Delacroix (1798-1863), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 26 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/ab-nuitsdalger

 

 

 

 

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18 septembre 2025 4 18 /09 /septembre /2025 15:12

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & réception 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résonances, Inscriptions &

Jardins au Temps des Lumières,

sous la direction de Camille Esmein-Sarrazin, Aurélia Gaillard, Florence Magnot-Ogilvy, Gaël Rideau & Catriona Seth, Presses Universitaires de Rennes, Collection « Interférences » 1er semestre 2024, ISBN 978-2-7535-9453-1

 

 

 

 

 

Recension & image par

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée de l'œuvre collective intitulée « Résonances, Inscriptions et Jardins au Temps des Lumières, Presses Universitaires de Rennes, 2024. Image prise par Françoise Urban-Menninger.

 

 

Mots clés : Jardins, promenade littéraire, Sophie Lefay

 

Résumé : Cet ouvrage n’est autre qu’une fabuleuse promenade littéraire qui invite le lecteur à l’itinérance, voire au vagabondage dans divers jardins d’écriture au Temps des Lumières. La richesse et la diversité des articles sont source de rêverie, contemplation, médiation et réflexion. Ils entrent en résonance avec les recherches de Sophie Lefay dont l’ombre tutélaire plane sur la magnificence de ce livre-jardin qu’on a envie de rouvrir, la dernière page tournée.

 

 

Keywords : Gardens, literary journey, Sophie Lefay 

 

Summary : This work is nothing less than a marvelous literary journey that invites the reader to roam, even wander, through various gardens of writing during the Age of Enlightenment. The richness and diversity of the articles inspire daydreaming, contemplation, meditation, and reflection. They resonate with the research of Sophie Lefay, whose guiding presence hovers over the splendor of this book-garden, a work one feels compelled to reopen even after turning the final page.

 

Article

 

 

Préambule, le promeneur est un lecteur

 

Résonances... est un ouvrage, qui par sa présentation en quatre parties, fait d’emblée songer à la symbolique médiévale liée au chiffre 4 et au carré exprimant la perfection. Et pourtant, c’est bien au Temps des Lumières que nous ramènent les allées de ce livre-jardin emplies de « résonances » et dont le chœur, n’est autre qu’un coeur de lumière et non pas une vasque, une fontaine, une statue ou un arbre de vie mais bien la figure tutélaire de Sophie Lefay, universitaire trop tôt disparue, qui a œuvré avec passion « sur un corpus de textes parfois situés en marge de la littérature », soulignent Florence Magnot-Ogilvy et Catriona Seith dans leur avant-propos1. C’est dire que les résonances dans ce livre-jardin sont multiples et se démultiplient pour se faire écho au fil de cette lecture qui déroule dans les labyrinthes de la pensée du lecteur les fils invisibles du jardin extérieur en tissant la trame d’un jardin intérieur tout en pénétrant les méandres de l’âme. Aurélia Gaillard ne dit pas autre chose quand elle écrit que dans le labyrinthe « le promeneur y est toujours lecteur »2 et c’est bien le lecteur qui donne sens et réalité à ce livre dont les pages ouvrent des sillons sarclés, binés, désherbés où viennent s’enraciner les plants de lumière que Sophie Lefay a légué aux amoureux des jardins littéraires et où les végétaux sont des mots. C’est ainsi que sa Préface aux éléments de Littérature de Marmontel, qui constitue d’après l’autrice « une transition essentielle dans l’histoire de la réflexion sur les formes littéraires »3, nous invite à appréhender par le biais de promenades, au sens étymologique de mener, faire aller en différents endroits, un cheminement entre les pages de ce livre où les autrices et les auteurs nous « mènent » sur les sentiers de la poésie, de l’histoire, de l’art dans un voyage immobile où l’âme des jardins resplendit dans son écrin et où la verdure est écriture.

 

Itinérances et aventures littéraires

 

Gaël Rideau dans son analyse du poème de Béranger Les boulevards de province4 publié dans Le Mercure de France en 1781 nous donne à voir « une vision double de la promenade à Orléans »5, l’une se situe dans le paraître d’une société en représentation », l’autre dans une stratégie qui vise la quête de soi par l’écriture afin d’acquérir la notoriété et par ce biais l’éventualité de quelques publications...

L’on dépasse dans cet écrit la dialectique du jardin extérieur / intérieur pour pénétrer la sphère de l’entregent et des relations sociales sous la forme d’une satire. Il en va tout autrement avec les réflexions de Claude Speroni où le lecteur prend conscience que les promenades itinérantes à l’intérieur des murs d’une ville renvoient à une « nature apprivoisée et aménagée pour les plaisirs urbains. »6

Nul doute que toutes ces approches de la promenade ont pour point commun, celui  « d’une percée vers le rural. »7


 

Cet aspect de la promenade a été finement analysé par Patricia Victorin dans son article Du jardin au couvent : de quelques aventures littéraires de perroquets qu’elle titre également D’une promenade l’autre8, où nous cheminons entre  les écrits de Gresset, Nerval et Rousseau. C’est à un délicieux bestiaire littéraire que l’autrice nous convie pour en revenir à la question initiale « qui du papegau ou du perroquet est le véritable, celui qui vit au jardin, ou celui qui vit en cage » ?9

 

Saint-John Perse dans son poème Le perroquet apporte peut-être un début de réponse « Le perroquet, c’est un autre, un marin bègue l’avait donné à la vieille femme qu l’a vendu » et plus loin « Homme à la lampe ! Que lui veux-tu ? » Cet autre invoqué par le poète exilé, qui a perdu de ce fait son identité, est prisonnier d’une cage dont les mots le libèrent et l’aliènent dans le même temps.


 

Des pierres parlantes au Panthéon féminin en passant par les sentiers versifiés

 

Dans la deuxième partie de l’ouvrage intitulée Ce que disent les pierres, les affiches murales apportent des contrepoints littéraires aux promenades dans les rues de la ville. Elise Pavy-Guilbert  de conclure, après les avoir commentées, qu’elles s’inscrivent « mentalement et sensiblement, dans l’inconscient collectif et l’imaginaire »10

Myriam  Boucharenc évoque les fantômes littéraires des œuvres de Théophile Gauthier, Pierre de Ronsard, André Chénier et de bien d’autres auteurs qui hantent les squares qui leur sont dédiés. Elle reprend la pensée éclairante de Sophie Lefay quant à « la solidarité du lieu et des mots »11 qui « conforte la relation de connivence qui depuis le XVIIIe siècle unit l’art des jardins à celui des inscriptions »12. Cette « connivence » où l’on ne trouve que des poèmes de jardin enclos dans un jardin destiné à embaumer l’âme des poètes disparus crée un lieu « où le passé se mêle au présent et le vif au mort » et Myriam Boucharenc d’écrire cette phrase lumineuse «  L’hymne à la nature fait inexorablement entendre le chant de la perte. »13 

 

Olivier Millet évoque pour sa part le récit de voyage, en particulier celui de Simeoni dont « l’ouvrage constitue une promenade au sens de ce terme au XVIe siècle aller et venir... »14 

 

Voici encore une autre clé pour aborder ce livre où il fait bon « aller et venir » d’un chapitre à l’autre sans l’obligation d’une lecture linéaire !

Toujours sous le soleil tutélaire de Sophie Lefay, abordons les textes littéraires de cette promenade en littérature dont nous n’avons jamais quitté les allées. Ce sont les sentiers versifiés d’Antoine de Bertin mis en lumière par Catriona Seth où les poètes plantent leurs rimes dans un jardin d’échanges épistolaires et où le raffinement des mots choisis se déguste avec plaisir. Quand Bertin écrit à son ami Bonnard à Strasbourg, il nous offre quelques vers (ou verres), dans un savoureux extrait qui ravirait bien des viticulteurs : « Mais je me souviens bien qu’autrefois / Menant tous deux joyeuses vies / A table auprès de Maillebois / Humant, buvant jusqu’à la lie / Le vin d’Aï, le vin d’Arbois / Le Rivesalte et le Hongrois, / Et celle de la Commanderie / Nous chantions d’une heureuse voix / Thémire et Glicere et Sylvie. »15

 

 

Les femmes entrent enfin en scène dans un « Singulier Panthéon féminin » de la fin du XVIIIe siècle, illustré par une planche de Nicolas Ponce que Laure Depretto et Camille Esmein-Sarrazin évoquent et qui « couronne » cinq femmes illustres.16 

Outre Mme de Sévigné, Mme de Scudéry et Anne Dacier qui figurent sur un médaillon, on découvre les noms de Mme de Lafayette et celui de Marguerite de Navarre. Mais les autrices de cet article de préciser que cette planche « réunit des siècles différents » et que bon nombre de femmes restant dans l’ombre ont été reléguées aux oubliettes et d’ajouter que Sophie Lefay s’était intéressée à leurs apparitions dans les Panthéons et Parnasses, elle en avait « commencé l’étude systématique » ainsi que « leur panthéonisation scolaire. »17

Toutefois, les autrices de cet article d’annoncer l’heureuse création chez Flammarion d’une collection dédiée aux « Œuvres du Matrimoine » qui offre la perspective de nouvelles promenades littéraires dans les allées du jardin de l’écriture au féminin.18


 

Conclure par une préface


 

C’est pourtant bien ce que propose cet ouvrage avec la Préface aux éléments de littérature de Marmontel rédigée par Sophie Lefay car loin de clore les propos en matière de réflexion sur les formes littéraires, cette préface ouvre la possibilité d’autres promenades littéraires et cela à l’infini… Car Sophie Lefay nous l’explique : « Marmontel énonce moins la théorie de la littérature qu’il n’en souligne l’impossible constitution. »19

Il reste au lecteur la magnifique perspective de nouvelles rencontres en terre de poésie, le bonheur d’arpenter des terres inconnues dans des voyages immobiles...Incontestablement, ce livre fait écho à la préface de Sophie Lefay qui, en analysant les textes de Marmontel écrivait :

«  ...ils rendent compte de la littérature, telle qu’on commence à la concevoir dans sa diversité historique, ses variations nationales et son foisonnement irréductible à quelques modèles. »20

On en retiendra pour preuve l’inénarrable Promenade autour du monde contée et analysée par Anna Coudreuse, une véritable friandise littéraire où « L’émotion qui l’emporte à la lecture de ces trois chapitres est sans hésiter le rire... »21 On prolongera en soi le poème d’inspiration chinoise de Christian Belin  Le jardin du maître des filets où « Depuis l’ailleurs un dieu lointain a verrouillé les signes » et qui nous délivre ce message qui déborde le poème « En regardant ne plus regarder se tourner/ vers le gouffre invisible »22 car c’est bien de l’autre côté des mots que nous mènent ces jardins d’écriture où vivants et morts se côtoient et Hélène Cussac de citer Confucius « La vertu du peuple, atteint sa plénitude lorsqu’on accorde tous ses soins à l’accomplissement des rites funéraires pour ses parents et qu’on étend sa vénération aux ancêtres les plus éloignés. »23

Nul doute que l’on pourrait appliquer cette formule à nos fantômes littéraires qui comme on le perçoit dans cet ouvrage reviennent hanter les écrits de tout un chacun car Sophie Le Ménahèze n’hésite pas à invoquer l’âme des jardins en citant l’intitulé d’un chapitre de René-Louis de Girardin  inhérent à son ouvrage De la composition des paysages « Du pouvoir des paysages  sur nos sens et par contrecoup sur notre âme .»24 

L’on entre ainsi dans « le paysage bucolique » où nous plonge Pierre-Alain Caltot dans son analyse de « l’incantation virgilienne » ainsi nommée par M.Desport.25 Et de préciser  que « l’espace enchanté des Bucoliques, ainsi personnifié, se fait complice des poètes. 


 

Revenir encore et encore dans les allées de l’écriture

 

L’on revient toujours dans « cette prégnance romantique de l’héritage antique chez les hommes des lumières » écrit Emilia Ndiaye et de décliner les « jardins rêvés », les « jardins écrits » mais aussi le « jardin de la vertu », les « jardins des sentiments » et bien évidemment les « jardins homériques » où elle met en lumière « le jardin de Calypso » où « un Immortel, survenant là, se fût émerveillé du spectacle et réjoui dans son esprit.»26

Et si l’on revient toujours dans ce jardin de l’écriture, n’est-ce pas pour s’y retrouver soi-même, s’y mirer comme Narcisse dans un lac? Jessica Desclaux en soulève l’hypothèse dans ses Variations barrésiennes où le héros  d’Un homme libre se fait «  l’apôtre de l’égotisme » et de notifier que « Barrès choisit le jardin comme échelle idéale pour signifier un mode d’être au monde. »27

Voilà sans doute pourquoi la lecture de ces « Résonances » trouve indubitablement des échos en chacun d’entre nous. L’attirance pour les jardins, voire la fascination qu’ils exercent sans que l’on puisse l’expliquer, nous font errer dans ces jardins au propre comme au figuré en quête de cet ultime jardin où notre origine et notre mort confinent. La lecture de cet ouvrage nous ouvre les grilles de ce jardin intime qui se donne à appréhender entre les lignes de chacun des articles qui font fleurir notre imaginaire sur ce terroir qui nous invite à renouer avec notre âme végétale.

 

La fête au jardin

 

Dans Régals au jardin, la fête bat son plein sur le mode des « divertissements royaux »28 nous relate Gabriele Vickermann-Ribemont mais bientôt, on assiste avec L’heureux retour de Fagan à «  un régal à l’envers », à savoir un glissement ou plutôt un « décalage avec son hommage populaire et les bergères du moment » qui n’est autre qu’ « une pastorale actualisée (démythifiée). »29

Philippe Hourcade nous octroie ce qui pourrait s’annoncer comme un autre « régal » en nous conviant à une promenade en sa compagnie à Versailles avec Louis XIV ! Et d’ajouter dans le titre de sa communication « et le reste est littérature .»30

On aura tôt fait de comprendre que « c’est le tour du propriétaire » qui nous est ici proposé dans le texte prêté à Louis XIV, un texte sans fioriture, « une promenade optique » « ne favorisant pas la rêverie »31... Mais rien n’empêche le lecteur de cet article de laisser vagabonder son imaginaire aux seuls mots de vasques, statues, pièce de Neptune, salle de bal... Car les mots contiennent leur pesant de rêve et de poésie.

Les jardins de Louis Massignon participent d’une fête de l’âme que nous fait partager Dominique Millet-Gérard en évoquant les écrits de cet auteur français orientaliste et en particulier « la conception musulmane du jardin » qui n’est autre « qu’un lieu de rêverie qui transfère hors du monde. »32 

Si le jardin chez les surréalistes représente « l’ordre honni », Joseph Delteil lui préfère la forêt, nous rapporte Aude Bonord33La fête est finie « le jardin est dépoétisé » ! S’inscrit alors un parallèle dans le monde des lettres entre « le bon français, le langage châtié » et celui d’une » langue adamique  née d’une esthétique naturelle qui renvoie à cette forêt « libérée de toute règle  »34

L’apparence vestimentaire a également droit de cité, au sens propre du terme dans les rues de Paris. Catherine Lanoë, en reprenant l’étude concernant Les tableaux de Paris édités par Sophie Lefay , nous fait prendre conscience de « la politisation des apparences qui donnent à voir autrement Paris dans « une perspective quasiment anthropologique, que l’historien contemporain se doit lui aussi de mettre en oeuvre »35


 

 

Les jardins d’écriture, l’écriture au cœur des jardins

 

Si les visages fardés des Parisiennes nous parlent de la ville, les pierres nous octroient « des formules bien frappées », écrit Jacques Berchtold en évoquant L’éloquence des pierres de Sophie Lefay. Et de relever, la respectabilité que Rousseau conférait aux pierres investies  « de valeur symbolique » car « l’homme idéal » ne doit-il pas « se détacher du marbre ou du roc, sa première forme »?36 Et si l’homme se lisait comme un livre après être sorti de sa gangue de pierre, on aurait alors peut-être l’opportunité de déchiffrer « l’homme intérieur invisible »…

Les morts, eux aussi, continuent à nous parler par l’entremise des épitaphes qui prolongent leur mémoire dans le monde des vivants auxquels elles se donnent à lire. Michel Delon évoque ces inscriptions en mentionnant « une pierre sur laquelle aucun nom ne fut gravé », celle de Sade en l’occurrence37. Mais cette pierre, du fait même qu’elle soit muette, transcende le silence, nous interroge et devient parlante.

Dans la Chronique de la Grande Guerre de Maurice Barrès : un ossuaire d’encre, Denis Pernot souligne les liens entre vivants et morts dans l’édification par Barrès d’un « cimetière de recueillement », soit un devoir de mémoire sous forme d’un « ossuaire d’encre » constitué à partir des milliers d’inscriptions qu’il est impossible d’apposer sur toutes les tombes des disparus 38

L’application ou l’art d’interpréter « de côté », l’article rédigé par Hugues Marchal, illustre l’embaras de Delille dont les écrits sont surveillés par le pouvoir. Ces interprétations « de côté », aux conséquences souvent tragiques pour leurs auteurs, donnent lieu parfois à des tournures où le comique l’emporte mais fort heureusement, elles disparaissent « avec la levée des censures politiques »39. Et François Moureau d’attirer notre attention « sur l’art d’apprivoiser la censure »  pratiqué par Marmontel  qui sut « habilement profiter d’une certaine liberté de pensée »40

Et Eric Bordas, de revenir, toujours sous la figure tutélaire de Sophie Lefay, à la « lisibilité des éléments de littérature de Marmontel » car ce que nous retenons de cet article c’est le passage de « la lisibilité contrainte à la lecture libre » qui procure du plaisir41.

Et c’est bien évidemment cette « lecture libre », déjà soulignée dans cette chronique, que je propose aux lecteurs de cet ouvrage où il fait bon promener son esprit dans les allées et contre-allées de ce jardin littéraire. Car ne l’oublions pas, même si le livre ne partage pas la même  étymologie que le vocable libre, ces deux mots ont partie liée pour le meilleur dans cet ouvrage où leurs résonances s’accordent et vibrent dans la passion des textes pour nous jouer une petite musique que Sophie Lefay aurait certainement appréciée !

 

© Françoise Urban-Menninger

 

Notes

 

1 Résonances Inscriptions et Jardins au Temps des Lumières, p. 8

2  Ibid, p. 78

3  Ibid, p. 442

4 Ibid, p. 195

5  Ibid, p. 209

6  Ibid, p. 230

7  Ibid,  p. 230

8  Ibid, p. 149

9  Ibid, p.168

10 Ibid, p. 266 

11 Lefay Sophie, L’éloquence des pierres, p. 60

12 Résonances Inscriptions et Jardins au Temps des Lumières, p. 292

13 Ibid, p. 292

14  Ibid, p. 308

15 Ibid, p. 380

16 Ibid, p. 394

17  Ibid, p. 395

18 Ibid, p. 406

19 Ibid, p. 440

20 Ibid, p. 442

21 Ibid, p. 193

22 Ibid, p. 14

23 Ibid, p. 182

24 Ibid, p. 19

25 Ibid, p.  

26 Ibid, p. 42

27 Ibid, p. 108

28 Ibid, p. 97

29 Ibid, p. 106

30 Ibid, p. 65

31 Ibid, p. 70

32 Ibid, p. 121

33 Ibid, p. 129

34 Ibid, p. 139 

35 Ibid, p. 283

36 Ibid, p. 317 

37 Ibid, p. 320

38 Ibid, p. 356

39 Ibid, p. 412

40 Ibid, p. 421 

41 Ibid, p. 391

 

***

Pour citer cet article inédit & illustré

 

Françoise Urban-Menninger (texte & photographie), « Résonances, Inscriptions et Jardins au Temps des Lumières, sous la direction de Camille Esmein-Sarrazin, Aurélia Gaillard, Florence Magnot-Ogilvy, Gaël Rideau et Catriona Seth, Presses Universitaires de Rennes, Collection « Interférences » 1er semestre 2024, ISBN 978-2-7535-9453-1 », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 16 septembre 2025. URL :

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