20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 19:15

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège  | Revue matrimoine | Voix/Voies de la sororité | Poésie & philosphie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

Une femme la nuit

 

 

 

 

 

Poème féministe par

 

 Amel Boudali

 

 

 



 

Je suis 

une femme la nuit

je dresse

mes mains-torches

de tous les égarés

j'éclaire le chemin

hormis le mien

je me consume 

et sur ma route

tout n'est 

qu'ombres voilées


 

je suis

une femme entière

non la moitié d'un autre


 

au visage tatoué

par les jours amers

aux joues enflammées

des caresses du simoun

aux mains creusées de veines

vertes et espérantes

comme les chemins de mai

dans mes montagnes rêches

ma gorge est le palais

de mille chants anciens

qui courent  

jusque dans les vallées

et viennent se mêler

aux clapotis des vagues

pour être fécondés 

par l'écume des ans

et résonner nouveaux

au cœur de mes enfants

mes moissons de juillet

sont en bouche amères


 

une femme entière

non la moitié d'un autre


 

mes filles indénombrables

portent en bandoulière

leur corps à vif qui

cogne aux portes

de la vie

et s'écorche aux regards

hérissés de tessons

de couteaux et de haine

des corps entiers

non les moitiés d'un autre

mes filles de juillet

se languissent encore

des fruits de cette moisson

leur marche a commencé

à l'aube de notre histoire

dans le jour de nos villes

leurs semis en chemin 

germinent en cris de joies

de peines et de révolte

et dans leur sillon

elles déposent les corps

des compagnes brûlées

égorgées écorchées

d'où renaîtront encore

d'autres corps en marche

 

des compagnes brûlées

égorgées écorchées

mais toutes

toutes

entières non la moitié d'un autre

 

© Amel Boudali

 

Biographie

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse Amel BOUDALI.

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Amel BOUDALI est née à Alger. Elle a suivi ses études en France au cours desquelles elle a consacré un travail de recherche aux connivences esthétiques et éthiques entre les œuvres de Mohammed Dib et de  Guillevic. 

Attentive aux voix poétiques contemporaines, elle publie des lectures de recueils sur son blog « Cultures Plurielles » dédié à l'actualité poétique de tous horizons.

Elle a publié aux éditions LansKine le recueil Mers (2025).

Elle enseigne depuis une quinzaine d'années dans le secondaire auprès de jeunes réfugié-e-s.

 

***

Pour citer ce poème engagé, féministe, gnomique, illustré & inédit

 

Amel Boudali, « Une femme la nuit », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 20 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/ab-unefemmelanuit

 

 

 

 

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5 novembre 2025 3 05 /11 /novembre /2025 19:49

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Critique & réception | Dossier mineur | Articles & témoignages | Philosophie & poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maggy De Coster, À fleur de mots,

 

Éditions du Cygne, Paris, 2021, 13 x 20 cm,10€

 

 

 

 

 

Photographie & critique par

 

Eliane Biedermann

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil À fleur de mots de Maggy De Coster aux Éditions du Cygne, 2021.

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  Ce nouveau recueil de poèmes s’ouvre sur un hommage à la Commune chantée  par « le Temps des cerises ».  Nous connaissons l’engagement de l’auteure aux côtés des défavorisés, ce qui la pousse à détourner un proverbe bien connu : « Impossible de confiner la faim / (…) Elle carillonne si fort / qu’elle effiloche / les entrailles des pauvres / Le manque de moyen justifie donc la faim ». Elle évoque aussi le sort des femmes « lapidées / sur l’autel de l’obscurantisme et de la barbarie ». Elle est également à l’écoute de notre planète en danger, à cause de l’inconséquence des hommes en matière d’écologie : « Dans quelle typographie trouverai-je / La partition des animaux perdus / Dans les arcanes des saisons déréglées ? ».

 

    Le confinement dû au Covid 19 que nous avons connu à l’échelle planétaire a eu une grande influence sur l’écriture de la poète, en raison des morts et de l’angoisse liés à cette période sombre. Un poème s’adresse dans ce sens à ses amis italiens : « A vous mes amis, des salves d’espoir pour une autre / Renaissance / Et reviendra le temps de nos échanges à cœur ouvert ».

 

Elle dénonce la vision complotiste de certains, « accoucheurs de fausses nouvelles ». Maggy De Coster croit à des valeurs de « vertu », « d’honneur », et garde un espoir certain en l’humanité. Sa sensibilité est réceptive à des sujets très divers, comme l’incendie de la cathédrale Notre Dame, la mort d’une amie poète, la peinture de Gustav Klimt, la musique du fado…

   

 La lecture de ces textes nous fait du bien car grâce à ses alliances de mots poétiques, elle nous fait partager ses inquiétudes, tout en gardant un amour de la vie, et de la nature qui nous empêche de sombrer dans un nihilisme destructeur.

 

                                                          

© Eliane Biedermann


 

Page officielle chez  les éditions du Cygne, du livre À fleur de mots de Maggy De Coster, URL : http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-a-fleur-de-mots.html

 

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Pour citer ce texte illustré engagé & inédit

 

Eliane Biedermann (texte & photographie), « Maggy De Coster, À fleur de mots, Éditions du Cygne, Paris, 2021, 13 x 20 cm, 10€ », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 5 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/ebiedermann-afleurdemots

 

 

 

 

 

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29 octobre 2025 3 29 /10 /octobre /2025 17:48

REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Varia & Actualité

 

 

 

 

Génération Z 212. Conversation avec un psychanalyste marocain. Extrait 2

 

 

 

 

 

Texte & image remastérisée par

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète, artiste peintre & photographe

 

 

 

© Crédit photo : » Portrait photographique d’«Abdessamad Oubalat », remastérisation Mustapha Saha.

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Paris. Dimanche, 19 octobre 2025. Conversation avec un psychanalyste marocain. Il désire garder l’anonymat. Ce texte retranscrit uniquement mes réflexions. Ses répliques se devinent entre les lignes. Nous avons la même démarche. Nous souhaitons offrir aux jeunes marocains des éléments historiques, sociologiques, philosophiques. En Mai 1968, nous avions des idées. Nous ne disposions pas des outils algorithmiques pour les concrétiser pleinement. Ces jeunes sont nés au cœur de la révolution numérique. Ils sont virtuoses des manipulations internétiques. Ils manquent cependant d’analyses pertinentes, de conceptualisations congruentes, d’argumentations convaincantes, de visions stratégiques.  Les béquilles cybernétiques les illusionnent sur leurs capacités cognitives. La grammaire, la syntaxe, la stylistique, la sémiotique leur sont inabordables. Les subtilités de la langue leur sont impénétrables. Il est loin le temps de mon enfance où nous apprenions la lecture, l’écriture, le calcul, la géographie dans des livres didactiques, où nous apprenions les pleins et les déliés à la plume Sergent Major. Combien savent encore se servir d’une équerre, d’un compas ? La mémoire gestuelle se perd. Je comprends plus tard que cet usage de la calligraphie féconde le discernement critique. 

Le conflit de générations n’est pas une théorie sociologique. C’est juste une formule journalistique, accessoirement idéologique, simplificatrice, réductrice, négatrice des complexités sociales. Les générations ne sont pas monolithiques, homogènes, rigides. Les générations ne sont pas délimitées par des commencements et des péremptions. Les qualificatifs de cadets, de juniors, de séniors sont des caricaturisations. L’Organisation Mondiale de la Santé coupe en tranches l’existence humaine, le premier âge englobe l’enfance et l’adolescence, le deuxième âge correspond à la période adulte, le troisième âge commence à soixante ans, après la retraite, le quatrième âge débute à quatre-vingt-dix ans et se prolonge au-delà. Toutes ces nomenclatures n’ont aucun fondement scientifique. Ce ne sont que des indicateurs de la bureaucratisation, de la technocratisation, de l’administration inhumaine des choses. En entreprise, le mot senior désigne les travailleurs de plus quarante-cinq ans. Dans le sport, le senior a vingt ans. Le latin senior signifie personne âgée. On ne dit plus vieillard. Troisième âge est lui-même un terme péjoratif. Les âges varient selon leur contextualisation. Des rapports stupides parlent de jeune sénior, de grand sénior. Les marketeurs, les publicitaires codifient les critères de conservation de la jeunesse. À partir de cinquante ans, on invente des produits et des services spécifiques, des besoins artificiels. On joue sur la fibre de la santé et du bien-être. Des recherches en biologie moléculaire indiquent que certains facteurs biologiques permettent de conserver jeunesse et vitalité au-delà des limites habituelles. Trois gênes temporels, dénommés gêne chinmo, gêne Br-C, gêne E93, présents dans l’ADN humaine, régulent la longévité. Le gêne chinmo, pour sa faculté à engendrer la prolifération des cellules, à renouveler les tissus, à condition d’inhiber les réplications d’erreurs, peut être considéré comme une fontaine de jouvence génétique. Il suffirait de le maintenir activé tout au long de la vie.

Le Mouvement Genz 212 insiste trop sur le paramètre jeunesse. Il exclue implicitement les autres catégories sociales. Il se positionne comme interlocuteur privilégié des autorités.  La gouvernance traite la révolte comme une crise d’urticaire. Et pourtant, sur les images des manifestations se reconnaissent des mères en colère, des barbes blanches admirables. S’il faut distinguer des jeunesses et des vieillesses dans la population, il faut plutôt retenir les fraîcheurs d’intelligence et les sénescences d’esprit. Mon ami Edgar Morin court après ses cent-cinq ans. Il publie encore plusieurs livres par an. Il surfe sur la toile comme un crack. Ses ouvrages occupent sans interruption les devantures des librairies. Ses commentaires sont guettés comme préceptes de sage. Les jeunes sont jugés en bloc par les politiques comme immatures, inconscients, irresponsables. J’en fais l’expérience en mars 1965. J’ai à peine quinze ans. Je suis dans une classe d’excellence au lycée Moulay Abdellah de Casablanca, avec des professeurs mythiques, Jean-Pierre Koffel en lettres, Guy Martinet en histoire. Or, c’est cette classe, au-dessus de tout soupçon, qui met la première étincelle à la révolte populaire. Trois ans plus tard, je suis étudiant en sociologie à la faculté de Nanterre. Je participe aux luttes contre la guerre du Vietnam. Je me retrouve cofondateur du Mouvement du 22 Mars qui déclenche Mai 68. Le rapport au monde n’est pas une question d’âge.

Aberration des hiérarchisations générationnelles. 

Le prisme générationnel est imprécis, brouillardeux, aléatoire. La jeunesse n’est pas une génération. La Génération Z, née entre 1995 et 1910, dite génération des zoomers, qui se meuvent plus vite que leur ombre, serait biberonnée à la logique numérique et à la communication internétique, à la culture manga et aux jeux vidéo, à la world music et au street art. L’expression elle-même est élaborée par un think-tank américain, le Pew Rechearch Center, spécialisé dans les sondages, connu pour ses études sur les changements religieux et leur impact sur les sociétés, des études financées par John Templeton, un fondamentaliste protestant. La définition de la génération Z par cet organisme renvoie à « une cohorte d’individus nés à la même époque », sans s’attarder sur ses différenciations internes, socio-économiques, socio-culturelles, socio-spirituelles. On s’intéresse surtout à l’opinion générale de cette cohorte d’individus, cette masse, pour confectionner des spéculations psychologiques, des manipulations idéologiques, des motivations consuméristes. On se base sur différentes expériences comme des compétitions sportives, des séries télévisées, des musiques en vogue, interagissant avec le cycle de vie et le processus de vieillissement. Les cohortes générationnelles permettraient de comparer les opinions générales à différentes périodes. 

La génération Z est précédée par la génération Y, née entre 1980 et 1995, appelée Les Milléniaux, ou Millenials en anglais. Cette génération serait structurée mentalement par l’avènement d’internet et le passage à l’ère numérique. Elle aurait une structure cérébrale binaire. Les délimitations chronologiques de chaque génération varient selon les définitions et le présupposés théoriques. On retrouve à la base des cabinets internationaux de conseil en stratégie comme l’américain McKinsey & Compagnie ou l’australien McCrindle. Les générations sont bel et bien des fabrications conceptuelles capitalistes à but politique et lucratif. La formule Génération Y apparaît pour la première fois en 1993 dans le magazine de publicité américain Advertising Age. L’approche n’est aucunement sociologique. Il s’agit d’un portrait-robot de jeunes consommateurs sensibles aux messages mercatiques. Les appellations exhaussées par les médias ne sont, en définitive, que des marchandisations. Auparavant la Génération X, née entre 1965 et 1975 ou entre 1960 et 1980 selon les évaluations saugrenues, dite Baby Bust en raison du faible taux de natalité à cette période, s’intercale après la Génération Babyboom. Ce serait une génération nihiliste, athéiste, œdipienne. Elle est considérée comme une inconnue X. Elle coïnciderait avec la mondialisation économique et le déclin social. Elle correspondrait à la contre-culture punk, libertaire, antiautoritaire, anticonformiste, anticonsumériste. Elle adopte des travestissements corporelles, vestimentaires, des coiffures mohawks, des tatouages, des piercings, des maquillages voyants, des bijoux encombrants, des tee-shirts imprimés de fantaisies psychédéliques, des vestes en cuir, des bottes Dr Martens. Elle répond à l’absurdité technocratique par une excentricité indomptable. Cet exemple suffit à démontrer l’aberration des hiérarchisations générationnelles. La génération X sévit toujours. La génération Alpha serait née en 2010. Elle ne connaît que la crise covidaire, le trumpisme, le néofascisme, le génocide. La génération Alpha est révolutionnaire ou n’est pas.  

De nombreux anachronismes de GenZ 212 révèlent ses tâtonnements, ses impérities, ses maladresses. Pourquoi avoir instaurer des pauses, des entractes, des suspensions, dans une dynamique portante ? La tentative louable d’expérimenter la démocratie directe sur un site virtuel confond le support de communication avec les réalités sociales, qui s’expriment dans la rue, et nulle part ailleurs. Pourquoi avoir adopté la tête de mort souriante du manga One Piece comme une oriflamme, comme un cri de pirate ?  L’imaginaire mimétique, faute d’inventer ses propres symboles, reprend des références fictives. Pourquoi pratiquer la lutte politique comme un jeu vidéo ? Pourquoi s’affirmer un mouvement révolutionnaire et ménager les institutions ? Pourquoi se déclarer apolitique ? L’apolitisme est, dans le cas le moins équivoque, un conservatisme. Genz 212 s’apparente surtout à un mouvement anarchiste. L’adoption de tee-shirts noirs comme couleur de ralliement est parlante. Les jeunes n’ignorent pas que le noir et le rouge sont les balises de l’anarcho-marxisme, le rejet des tutelles, le refus des allégeances. En 1968, notre groupuscule, issu d’une revue fondée dans les années cinquante, s’appelle Noir et Rouge. Nous nous définissons comme une minorité agissante. Nous n’avons aucune ambition politique. Nous préférons les charmilles buissonnières de l’art et de la poésie. Nous avons une vision rimbaldienne du monde. Nous voulons changer la vie. Les jeunes n’ont pas besoin de pédagogues, d’instructeurs, de donneurs de leçons. Les mosquées en débordent.  Les universités en regorgent. Les journaux en foisonnent.  Les cafés de commerce en fourmillent. La rue réclame, avant tout, une éthique égalitaire. J’espère seulement que cette jeunesse se détourne des sirènes élitistes. « Personne ne doit s’élever au-dessus des autres. L’impossible salut se range au magasin des accessoires. Que reste-il ? Tout être est fait de tous les êtres.  Il les vaut tous. N’importe qui le vaut » (Jean-Paul Sartre, Les Mots, éditions Gallimard, 1964).

Théorie du Chaos.

Blaise Pascal (1623-1662) est l’inventeur de la théorie du chaos. Il la formule de la manière la plus claire. Pensée numéro 162 : « L’être humain, étant déchu de son état naturel, il n’y a rien à quoi il n’est capable de se porter. Depuis qu’il a perdu le sens du bien, tout peut lui paraître tel, jusqu’à son autodestruction. Certains cherchent la félicité dans l’autorité. Il est nécessaire que le bien commun ne soit pas dans la possession d’un seul. Les possédants n’embrassent que l’image creuse de leur vertu fantasmatique. L’humain cherche la vérité et ne trouve qu’incertitude. Il quête le bonheur et ne trouve que misère. Quelle chimère est-ce donc que l’être humain ? Il est juge de toutes choses alors qu’il n’est qu’un ver de terre imbécile. Il est dépositaire du vrai qui n’est qu’un amas d’incertitudes. Il n’est qu’un monstre incompréhensible, un rebut de l’univers qui se vante de sa grandeur ». Les marocains ne voient rien. « Trop de bruit les assourdit. Trop de lumière les éblouit. Trop de distance les dissuade. Ils s’insensibilisent au chaud et au froid, aux discours obscurs et aux silences lourds. Ils ne sentent plus rien. Ils souffrent. Trop de jeunesse les embrouille. Trop de vieillesse les embourbe. Trop d’information les abêtit. L’édifice craque. La terre s’ouvre jusqu’aux abîmes ». Les victimes du terrible séisme de 2023 vivent toujours sous les bâches. « Si on est trop jeune, on ne juge pas bien. Si on est vieux, on ne juge pas mieux. Si on pense trop, on s’entête. Si on s’entête, on égare le chemin de la vérité. Si on abandonne son ouvrage trop longtemps, on y revient plus. L’esprit de l’autocrate n’est pas assez indépendant pour ne pas être troublé par le moindre tintamarre autour de lui. Il suffit du bruit d’une girouette, du chuintement d’une toupie. Ne vous étonnez pas s’il ne raisonne pas bien à présent. Une mouche bourdonne à ses oreilles ». L’axiome central la Théorie du chaos : « Les petites choses peuvent provoquer de grandes conséquences ». Blaise Pascal l’illustre par une allégorie qui sacralise, pour l’éternité, le nez de Cléopâtre : « Si le nez de Cléopâtre eût été plus court, toute la face de la terre en aurait changé ». La théorie du chaos explique, sinon interprète plausiblement la politique contemporaine, où les magnats du numérique tirent les ficelles des gouvernances. Après tout, un simple forum d’étudiants marocains sur la plateforme de jeux vidéo Discord ne suscite-t-il pas une révolte de grande ampleur. En attendant la suite imprédictible. 

La Théorie du chaos, fondée sur la physique et les mathématiques, étudie le comportement des systèmes dynamiques déterministes, sensibles aux conditions initiales. Ce phénomène s’élucide par l’Effet papillon. Le battement d’ailes d’un papillon dans un endroit peut provoquer un bouleversement tsunamique à l’autre bout de la planète. Des modifications infimes dans un système, a fortiori politique, peuvent entraîner des mutations définitives. Les conditions initiales des systèmes déterministes sont imprévisibles parce qu’on ne peut pas les connaître avec une précision infinie.

GenZ 212 introduit dans la routine marocaine le principe d’incertitude. Le doute n’est pas permis dans l’immuabilité politique. La peur étouffe la pensée, la critique, la parole, l’expression, la moindre objection. La physique quantique interpose d’étranges prédictions. Une expérience ne peut jamais se réaliser dans un isolement total. Son évaluation elle-même affecte le résultat. L’incertitude n’a rien avoir avec un quelconque manque de précision des appareils de mesure, ni un défaut de compétence, d’après le physicien Werner Heisenberg (1901-1976). A supposer que la gouvernance technocratique et sa contestation soient deux protagonistes concomitants, équivalents, on ne peut jamais connaître simultanément leurs volontés, leurs intentions, leurs préméditations, leurs déterminations, leurs velléités respectives. Bonnes divagations aux glosateurs, aux prévisionnistes, aux estimateurs, aux supputateurs de tous acabits. L’inexplorable, l’imprévoyable, l’inimaginable sont ingérables. Le chaos est ingouvernable. 

La société marocaine tourne en rond.

La société marocaine n’est plus ce qu’elle était. Elle tourne en rond. Les nantis se gavent de psychotoniques. Les impécunieux dépriment. Les troubles mentaux se propagent. Les jeunes se rabougrissent, se morfondent, s’abrutissent d’addiction internétique. La morosité se généralise. Les intellectuels, pour autant qu’on leur accorde ce titre flatteur, débitent des banalités, s’abstiennent, se taisent, se terrent.  Leur autorité morale se disloque. La névrose s’infiltre partout. Un penseur comme Abdelkébir Khatibi manque terriblement. La lucidité tragique Mohammed Khaïr-Eddine aussi. Les traditions d’hospitalité se délitent. Jacques Derrida me disait « L’hospitalité marocaine est légendaire ». Un mythe révolu. La condescendance s’affiche comme un signe de distinction. La culture ancestrale se gadgétise. Nous évoquons Malaise dans la culture de Sigmund Freud. Le psychanalyste envoie un exemplaire de son livre précédent, L’Avenir d’une illusion, 1927, à Romain Rolland, qui lui reproche, dans sa lettre de remerciement, de négliger le sentiment religieux dans la quête humaine de plénitude. Sigmund Freud répond : « L’être humain est sans cesse contrecarré dans sa recherche du plaisir. Son malheur s’origine dans la surpuissance de la nature, la caducité de son propre corps, les dispositifs qui règlent ses relations avec les autres ». C’est ainsi qu’il entreprend la rédaction de Malaise dans la culture ou Malaise dans la civilisation. « J’adresse à Romain Rolland mon livre où je traite la religion d’illusion. Il me répond que j’omets d’analyser la source réelle de la religiosité, la sensation de l’éternité partagé par une grande partie de l’humanité. L’on serait autorisé à se déclarer religieux alors qu’on répudierait toute appartenance à une confession quelconque. Il est malaisé d’aborder scientifiquement les sentiments. On peut tenter d’en décrire les manifestations psychologiques. La sensation de l’éternité serait le sentiment indissociable du grand tout, d’affiliation à l’universel ». L’échange entre Romain Rolland et Sigmund Freud est d’une actualité brûlante

La religion est une question centrale dans un pays où les rituels amortissent, édulcorent les dérives politiques. La religiosité est une énergie existentielle. Les êtres humains portent dans leur psychisme une empreinte venue de la nuit du temps, le sentiment d’une incommensurabilité qui dépasse leur entendement.  Ce sentiment n’est pas seulement une consolation de leur finitude. Il relève de l’intuition de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, de la physique quantique en somme. Romain Rolland parle poétiquement d’un sentiment océanique. Aujourd’hui, la distinction se fait entre religiosité et spiritualité. Les têtes immergées dans les écrans ne regardent plus les prêchoirs. L’interrogation métaphysique génère l’art, la poésie, la culture. La culture, une fois historiquement constituée dans ses permanences et ses élasticités cumulatives, est chose pérenne parce qu’intemporelle. Elle n’est pas réductible aux modernisations factices, aux technocratisations superficielles. Si on pose à un jeune hyperconnecté, virtuose du clic internétique, de définir la culture marocaine, dans sa diversité, saura-t-il répondre ? Il ne peut, de ce fait, entreprendre que des actions disparates, hétéroclites, hybrides. Comment un collectif de jeunes, à peine constitué, peut-il se revendiquer contradictoirement de la légalité, de la légitimité, de l’officialité, de l’institutionnalité, des valeurs qui le nient et le dénient ? Le collectif Génération Z 212 peut jouer le rôle de détonnateur, d’agitateur, de minorité agissante. Puisse-t-il ne pas se substituer d’office aux autres classes sociales. A quoi sert l’anonymat, devenu une coquetterie. La fausse modestie ne sert pas la cause. Il est avéré que toutes les plateformes internétiques, les américaines en premier lieu, fournissent aux gouvernements qui les sollicitent, les données personnelles de leurs souscripteurs. 

La culture marocaine n’est plus qu’un support mercatique, un appât touristique. Les marocains sont délestés de leur véridicité vernaculaire. Ils se mettent passivement à la page. Leurs mots ne reflètent plus leur quotidien. Les novlangues prolifèrent. Les anticastastases, les désinformations, les postvérités s’homologuent. Les manquements à la parole donnée désorientent les sincérités, altèrent les sociabilités, polluent les mentalités. Les repères éthiques se désagrègent. Les liens se délitent. Les psychés se dérèglent. Les comportements se désaxent. L’intimité s’abolit dans les vidéosurveillances, les géolocalisations, les contrôles au faciès. Les revendications capitales, les attentes vitales sont à la fois évidentes, flagrantes, consensuelles. Elles sont aussi schématiques, sommaires, rudimentaires. Je lis les communiqués de GenZ 212 depuis le 28 septembre 2025. Les mêmes doléances, les mêmes leitmotivs sont ressassés jour après jour. L’imagination soixante-huitarde y manque cruellement.  Les pauses, les suspensions des manifestations désemparent, déboussolent, désorientent. Faut-il négliger les désappointements, les désabusements, les désenchantements ? Je les ai vécues en d’autres occasions. Je sais ce qu’ils impliquent comme découragement, écœurement, accablement, individuellement et collectivement. Manquent les analyses approfondies, les diagnostics critiques, les créations artistiques, les publications régulières pour entretenir la flamme contestataire. Il faut dépasser le séquentiel pour mettre en œuvre l’essentiel. Toutes les possibilités sont jouables.

 

C’EST LA CULTURE QU’ON ASSASSINE.

 

Nuit du 1er au 2 octobre 2025. Emeutes à Lqliâa, région Inezgane-Aît Melloul au sud d’Agadir. Un poste de gendarmerie est attaqué. Des voitures, des bennes à ordure sont incendiées. Trois morts. Des blessés. Des arrestations. La version officielle invoque la légitime défense. Les images diffusées sur les réseaux sociaux révèlent d’autres faits. Des snippers embusqués notamment. Abdessamade Oubalat, vingt-cinq ans, cinéaste fraîchement diplômé de L’Institut de formation professionnelle en métiers de cinéma de Ouarzazate, filme la manifestation. Son témoignage est précieux. Sa documentation est irréfutable.  Abdessamade Oubalat est abattu d’une balle dans la tête.

Je parcours le Facebook d’Abdessamade Oubalat, inauguré huit ans plus tôt, à dix-sept ans. La sobriété de la communication atteste son sérieux. Implication totale dans le cinéma, la musique, la littérature, la culture. Son amazighité se mentionne avec fierté. Il conjugue avec délectation son attachement aux traditions et sa pratique des technologies de pointe. Les étudiants, hallucinés par les sunlights de l’atlantisme, abjurent leur enracinement historique, leur amarrage ontologique, leur ancrage organique. Les singularités locales dépérissent. Les solidarités défaillissent. Les authenticités se dissipent. Les vérités se dissimulent. Je déniche une photo d’Abdessamade Oubalat que je remastérise en noir et blanc. Le regard est contemplatif, méditatif, lointain. Sa dernière publication remonte au 25 juillet 2025. Un clip tourné à Ouarzazate, Gladiator, Now We Are Free, de la violoniste Tina Guo. Son commentaire : « Fier de travailler aux côtés d’artistes qui valorisent notre culture ». 14 juillet 2025, séance photo sur la plage d’Agadir de top modèles françaises en caftan. 11 juillet 2025, figurants marocains en habits traditionnels. Son annotation : « Vos noms n’apparaîtront pas dans les gros titres. Votre anonymat est un gage de votre authenticité. Toute ma gratitude. Vous êtes l’âme de ce film. Vous êtes l’essence du cinéma. Vous êtes le secret de la boîte ». 24 juin 2025. Présentation d’un court métrage d’Abdessamad Oubalat, en amazigh, intitulé Sandouk, The Box. « Deux amis. Une boîte mystérieuse. Quand l’amitié est mise à l’épreuve par la convoitise, la cupidité, l’avidité ». Puis, le silence. Un cliché retient mon attention. La mer agadiroise saisie au crépuscule. Plage obscure au premier plan. Vagues irisées de miroitements noirs. « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle / Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis / Et que de l’horizon embrassant tout le cercle / Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits / Quand la terre est changée en un cachot humide / Où l’espérance comme une chauve-souris / S’en va battant les murs de son aile timide / Et se cognant la tête à des plafonds pourris / Quand la pluie étalant ses immenses traînées / D’une vaste prison imite les barreaux / Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées / Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux / Des cloches tout à coup sautent avec furie / Et lancent vers le ciel un affreux hurlement / Ainsi que des esprits errants et sans patrie / Qui se mettent à geindre opiniâtrement / Et de longs corbillards, sans tambours ni musique / Défilent lentement dans mon âme / L’espoir / Vaincu pleure et l’angoisse atroce despotique / Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir » (Charles Baudelaire, Spleen. Les Fleurs du mal). Abdessamade Oubalat, une phosphorescence créative enténébrée. Une trajectoire artistique brisée. Une lueur dans les ténèbres brutalement éteinte. 


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© Mustapha Saha,

Sociologue

 

—————

Pour citer cet extrait illustré & inédit

 

Mustapha Saha (texte & image remastérisée), « Génération Z 212. Conversation avec un psychanalyste marocain. Extrait 2 », Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 28 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/ms-z1

 

 

 

 

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22 octobre 2025 3 22 /10 /octobre /2025 14:28

Événements poétiques | Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles & N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Poésie & littérature pour la jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

Soyons enfants, soyons jeunes filles

 

 

 

 

 

 

Poème engagé par

 

Maxance Lardjane

 

Doctorant ès Lettres à l’Université Polytechnique

Hauts-de-France, LARSH

 

 

Crédit photo : Camille Métra (ou Métra-Hubbard, 1864-1936), « Portrait de jeune fille blonde », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du Web.

 

​​​​​

 

 

C'est terrible ! Entends-tu, mon amour

Le grand bruit de la cloche au lointain ?

C'est le monde, le vrai, qui toujours

Nous rappelle à ses dogmes malsains

 


 

C'est le cri de cet orphelinat

Dans lequel nos deux cœurs sont tombés ;

Dans lequel il n'y a – à part toi –

Que des dogmes retors, surannés :

 

 

 

Pourquoi m'apprend-t-on à m'habiller

À la mode des victoriennes ;

Pourquoi veut-on tant me voir valser

Et qu'un œil de mâle me fasse sienne ?

Pourquoi me veut-on si féminine

Alors que je m'adore en garçonne

Et que toi, mon âme féline

Tu m'apprends le vrai monde comme personne ?

 

 

 

Pourquoi donc toute cette étiquette

Et ces leçons pour entretenir

Une maison ? Pourquoi ces cours bêtes

Pour apprendre à réprimer ses rires ?

 

 

 

Non, amour, je suis mieux avec toi,

À me faire avec toi buissonnière ;

À me cacher le jour dans tes bois

En joignant mes mains dans ta prière :

Avec toi, faire comme dans les contes

Qu'en cachette nous lisons la nuit

Sous les pâles lueurs des pénombres

Et les frémissements des esprits

 

 

 

Contre l'autre, imaginer sans fin

Que nous chassons la baleine blanche,

Rêver de pouvoir main dans la main

S'aventurer de branches en branches ;

Rêver d'aller ailleurs que nos livres,

Partir vraiment dans un sous-marin,

Voguer vers la Lune et bien plus loin…

Que l'imagination nous délivre !

Avoir des droits, des désirs, des rêves

Pouvoir être docteure, suffragette,

Écrivaine et faiseuse de grèves,

Changer le monde jusqu'à sa tête…

 

 

 

Horrible cloche. Horrible doyen

Qui bannirait nos chastes unions.

Horrible rappel de tous ces lions

Qui nous jugeraient d'un œil de coin !

 

 

 

Va-t-en ma douce, et reviens-moi vite,

Même si j'ai toujours avec moi

Ton cœur, et que tu as le mien... vite !

Sinon le doyen te punira !

Va-t-en, va-t-en... j'entends du bruit... vite !

Que tes paumes sont douces, mon cœur.

Mais il faut se séparer... si vite !

Mais bientôt nous fuirons... âme sœur !

 

© Maxance Lardjane
Doctorant ès Lettres | Université Polytechnique Hauts-de-France | LARSH. Sa thèse porte sur la présence de l'œuvre de Marceline Desbordes-Valmore dans le champ littéraire français, du XIXe siècle à nos jours.

 

***

Pour citer ce poème romantique, féministe, lyrique, engagé, illustré & inédit

 

Maxance Lardjane, « Soyons enfants, soyons jeunes filles » avec une peinture par Camille Métra (1864-1936), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2025 | « Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles » & AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 22 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/11octobre25/2025noiv/mlardjane-soyonsjeunesfilles

 

 

 

 

 

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10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 16:33

 

 

CÉLÉBRONS POÉTIQUEMENT LE 11 OCTOBRE.

 

VOS POÈMES, ÉCRITS POÉTIQUES, TÉMOIGNAGES, 

ILLUSTRATIONS (PHOTOS, PEINTURES, DESSINS,

CARICATURES...) ET DOCUMENTS AUDIOVISUELS

SONT SOUHAITÉS JUSQU’AU 20 31 OCTOBRE COMPRIS.

 

 

​​

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES VOUS PRÉSENTE

 

L'ÉVÉNEMENT POÉFÉMINISTE :

 

 

FORÊT DE POÈMES POUR

 

TOUTES À L'ÉCOLE ET

 

LA JOURNÉE INTERNATIONALE

 

DES DROITS DES FILLES

 

 

ÉDITION 2025

 

QUI FÊTE LE 11 OCTOBRE LA

JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FILLES 

 

CET ÉVÉNEMENT EST

SOUTENU PAR L'ASSOCIATION

 

SOCIÉTÉ INTERNATIONALE D'ÉTUDES DES FEMMES ET

D'ÉTUDES DE GENRE EN POÉSIE (SIÉFÉGP)

 

​​​​​​MISE EN LIGNE SUCCESSIVE DES CONTRIBUTIONS

CHOISIES PAR LA RÉDACTION JUSQU'AU 31 OCTOBRE 18 NOVEMBRE 2025.

 


 

Crédit photo : Mary Cassatt (1844-1926), « Deux petites sœurs », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du Web.

 

APPEL À CONTRIBUTIONS

 

Pour fêter le 11 octobre 2025, la SIÉFÉGP, ses périodiques & nous lançons un appel à contributions intitulé « Poèmes Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & la Journée Internationale des Droits des Filles ». La dates butoir pour adresser vos contributions poétiques et artistiques à la rédaction de cette revue s'étend du 8 septembre au 10 20 octobre 2025 compris (pour les externes & internes à la revue).

 

Une personne externe à nos équipes, peut nous soumettre jusqu'au 6 écrits poétiques différents (originaux, extraits déjà édités (avec l'autorisation de leur réédition), traduits, transcrits des siècles passés et dans la langue de son choix). Les contributions audiovisuelles sélectionnées paraissent uniquement en édition numérique (autrement dits non comptés pour envisager une édition livresque)

 

Nous lisons donc avec joie vos créations poétiques et artistiques dans la langue, le style artistique et poétique de votre choix jusqu'au 9 octobre compris (cela concerne pour les personnes externes & internes à nos équipes).

Les traductions et transcriptions (simples, commentées et/ou annotées) des écrits poétiques sont acceptées. La revue Orientales édite aussi avec plaisir et avec nous (Le Pan Poétique des Muses) vos créations artistiques féminines et féministes sur l'école, l'égalité, les filles, leurs éducation et droits. ​​​​​​Toutes les langues vivantes, fictives et mortes connues sont acceptées, (merci d'apporter toutefois une preuve de la qualité linguistique et poétique des écrits proposés en langues non parlées par nos équipes). Les poésies visuelles et sonores comme les illustrations sont très appréciées par nous. On publie également tous les types d’œuvres artistiques, caricatures et dessins de presse dédiés au 11 octobre.

Chaque image ne doit pas dépasser les 8 MO. Veuillez adresser vos créations uniquement par voie électronique à l'adresse suivante contactlppdm@pandesmuses.fr. On vous remercie d'ajouter à votre contribution une notice biographique récente (et une photographie de vous si possible) et de compresser vos fichiers (images et textes) en fichier ZIP. Concernant les personnes mineures (âgées de moins de 18 ans) ou les personnes assimilées, l'accord parental ou similaire est indispensable pour accepter leurs contributions.

 

Si cette publication numérique dépasse les 49 textes distincts, elle donnera lieu en 2026 à une version imprimée sous la forme d'une anthologie collective dans la collection « Flora » de la SIÉFÉGP. Sinon, une possibilité d'édition regroupée de plusieurs années de célébrations du 11 octobre sera envisageable pour l’été 2026.

Événement organisé par les équipes des revues poéféministes*

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES & ORIENTALES

Réalisation technique 

David et Aude SIMON

Direction

Rédaction de la revue LPpdm

Contacter la rédaction :

contactlppdm@pandesmuses.fr

 

* Ou le médiapoétique féministe https//www.pandesmuses.fr

TABLE DE L’ANTHOLOGIE

(SECTION EN CONSTRUCTION)

 

 

 

POÉSIES

 

 

CONTEMPORAINES

 

[POÈMES]

 

......

 

[POÈMES ENGAGÉS]

 

 

[POÈMES ÉLÉGIAQUES]

Berthilia SWANN, « Des maux hurlants et muets »

 

[ÉCOPOÈMES]

 

........

 

[POÈMES FÉMINISTES & INCLUSIFS] 

 

Héloïse FOHANNO, « Il n’y a que toi  » [en cours d’édition]

Maxance LARDJANE, « Soyons enfants, soyons jeunes filles »

Sarah MOSTREL, « La fille foutue », « Manque de peau » & « Un paradis perdu »

Françoise URBAN-MENNINGER, « le grand regret de ma mère »

Dina SAHYOUNI « Aux filles » [....]

Pierre ZEHNACKER, « À propos de la cause des femmes »

 

D'AUTREFOIS 

 

Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859), « Dormeuse Dormeuse » & « Adieu d'une petite fille à l'école »

Ondine VALMORE

......

​​​​​

AUDIOVISUELLES

......

 

ILLUSTRATIONS CONTEMPORAINES 

 

 

[DESSINS & PEINTURES]

 

Mary CASSATT (1844-1926), « Mother and Child », « Augusta Reading to Her Daughter », peintures

 

Camille MÉTRA (1864-1936) « Portrait de jeune fille blonde », peinture.

Sarah MOSTREL, « Faire face, dessin au fusain », « Forêt artistique de filles »,  « Tristesse, Pastel » & « Jeune femme noire, dessin au fusain »

​​Pierre ZEHNACKER, « Portrait d’une jeune femme », peinture.

 

 

[PHOTOGRAPHIES]

 

Sarah MOSTREL, « Faire face, dessin au fusain », « Forêt artistique de filles »,  « Tristesse, Pastel » & « Jeune femme noire, dessin au fusain » (images des peintures)

Françoise URBAN-MENNINGER (photographie fournie), « Une vieille affiche scolaire publiée dans les années 50 »

Pierre ZEHNACKER, « Portrait d’une jeune femme » (image de la peinture).

 

ÉDITION EN COURS JUSQU'AU 11 OCTOBRE 2025 COMPRIS 

 

Rappel utile : Comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur/auteure est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, l'auteure/auteur est l'unique responsable du contenu de son texte, de son image, sa vidéo, etc.

 

 

 

MERCI DE NOUS SIGNALER LES LIENS CASSÉS POUR LES RÉPARER !

 

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm)

 

REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE

 

ENTRE THÉORIES & PRATIQUES

 

 DIFFUSÉE EN VERSION ÉLECTRONIQUE (APÉRIODIQUE)

& EN VERSION IMPRIMÉE

 

SUSPENDUE SUITE À UN CAS DE FORCE MAJEURE DE 2018 À 20203

REPRISE DE L'ÉDITION IMPRIMÉE EN FIN DE 2021.
 

 

ISSN NUMÉRIQUE : 2116-1046

 

ISSN IMPRIMÉ : 2492-0487

(4 NUMÉROS PAR AN DONT un HORS-SÉRIE & UN NUMÉRO SPÉCIAL)

ISSN IMPRIMÉ HORS-SÉRIE : 2554-8174

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INITIATIVE LABELLISÉE EN 2016-2017 PAR LE MINISTÈRE DES FAMILLES, DE l’ENFANCE ET DES DROITS DES FEMMES

 

Lettre n° 9 (Avant-première de nos dernières publications de 2016)

 

© TOUS DROITS RÉSERVÉS 

 

PRÉSENTATION CRÉÉE LE 4 SEPTEMBRE PAR AUDE

DERNIÈRE MISE À JOUR : LE 15 NOVEMBRE 2025 : (AJOUT DE POÉSIES)

Bienvenue !

 

 

APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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