25 septembre 2026 5 25 /09 /septembre /2026 07:01

N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossier mineur | Florilège | Nature en poésie | Voix-Voies de la sororité | Revue poépolitique & ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 


 

 

Entre deux abîmes, Elle est seule... & Un avenir qui n'existe pas

 

 

 

Poèmes engagés par

 

Saghi Farahmandpour

 

Poétesse, autrice francophone, traductrice,

interprète & docteure en langue & littérature française

 

 

 

Crédit photo : Aurore de Lafond de Fénion, « Fleurette à la fontaine de la Garenne ». Peinture tombée dans le domaine public, image capturée par LPpdm d'une photographie libre de droits.

​​​​

 

 

Entre deux abîmes

 

 

Dans le désert extra-muros de la cité

Entre deux abîmes profonds

Lorsque les lambeaux de lumière lunaire suintèrent furtivement et mélodieusement 

À travers les barreaux de la cellule et ceux de la folie

Dans la petite pièce moite plongée dans les ténèbres 

Elle posa

Pour un court instant

Son regard sur les écrits confus illisibles

Sur les noms inconnus gravés sur le mur

Une vieille douleur 

Jaillissant des lettres gribouillées, résonna en elle 

Et des gémissements plaintifs, tel des poignards

S’abattirent sur son corps couvert d’ecchymoses

La résonance d'une goutte d'eau 

Tombant sur le sol froid et noir de la pièce

Repoussa la clarté fragmentée de la lune

Elle aussi, comme des milliers d'autres femmes disparues 

Au fond de l'abîme fatal 

Griffonna son nom 

Sur le mur humide 

Et, laissée dans l’angoisse de sa claustration amère

Se noya dans son propre sang. 


 


 

Elle est seule...

 

 

Elle est seule…

Elle contemple un ciel qu'elle n'a jamais vu

Elle est plongée dans le grondement des vagues déferlantes des mers 

Dans les notes cristallines et harmonieuses d'une nature colorée qu'elle n'a jamais entendue ;

Elle est seule…

Dans le ciel de sa maison

L’étoile scintillante du matin 

Sous les ailes rouges du crépuscule

Ne sème pas de graines argentées 

Le soleil 

A rassemblé ses rayons lumineux en désordre dans le bol d’argent de la lune

La lumière 

Derrière les vitres poudreuses de chez elle

N’apparaît que dans un coin caché du ciel ;

Elle est seule…

Elle erre à la recherche de la clarté 

À côté de la mèche d'une bougie 

Qui s'est consumée jusqu'au bout derrière la fenêtre grillée de la maison ;

Elle est seule…

Elle effleure les poussières dorées de lumière qui, emportées par la joie, dansent dans l’air

Elle dessine le reflet bleu du ciel éclatant 

Avec ses cheveux lisses et flottants sur ses épaules blanches et nues

Elle, les lèvres entrouvertes, chante une étrange chanson de libération

Elle se serre étroitement contre elle-même 

Et caresse doucement à maintes et maintes reprises son corps solitaire de ses mains froides.

 


 

Un avenir qui n'existe pas

 

 

L'écho sourd de mon soupir

Vacille

Chaque jour

Sous les épaules frêles des hautes falaises

Entre les mains habiles du destin

Au cœur du ciel imbibé de sang qui provoque des tempêtes

Il tourne

Chaque jour

Autour des cris perçants et déchirants des corps non ensevelis

Parmi d'innombrables photos encadrées récemment brisées

À côté des genoux d'une mère assise par terre, qui effeuille les fleurs une à une 

Près des sanglots séchés d’un père familier

L'écho de mon soupir fébrile

Craint 

Chaque jour

La clameur immense, la terreur flagrante des yeux ridés

Et l’incertitude d’un avenir qui n'existe pas

Un avenir dont j'ignore à qui il est destiné.




© Saghi Farahmandpour

—————

  

Pour citer ces poèmes Poèmes féministes, inédits & illustrés

 

Saghi Farahmandpour, « Entre deux abîmes »,  « Elle est seule...» & « Un avenir qui n'existe pas », peinture par Aurore de Lafond de Fénion, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 25 septembre 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noiii/sf-seule

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour aux sommaires des Numéros III & 5 ▼Liens à venir

21 septembre 2026 1 21 /09 /septembre /2026 17:30

N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossier mineur | Florilège | Voix-Voies de la sororité 

 

 

 

 

 

 

 

Les chaînes de cristal


 

 

 

 

Écopoème engagé & féministe par

 

Camillæ/Camille Aubaude

 

https://everybodywiki.com/Camille_Aubaude

 

Blogue officiel :

​https://camilleaubaude.wordpress.com/ 

 

 

 

© Crédit photo : Fleurs cristallisées par le froid. Capture d'écran d'une image libre de droits circulant sur un réseau social.

​​​​

 

Le mariage, ce « piège à con » 

fut souvent « une annexion » discrète 

de la puissance des femmes

dit le documentaire de Michèle Dominici, 

L’histoire oubliée des femmes au foyer (2021).

Esclavage drapé dans un rêve d’amour,

chaîne passée autour du cœur :

voici le destin qu’il faut fuir.

 

Quelle femme serez-vous mon enfant, ma fille ? 

 

Sous quel ciel marcherez-vous commandée par l’Intelligence virtuelle ? 

Redeviendrez-vous cruelle comme les reines du Moyen Âge 

martyre comme Jeanne d’Arc 

réduite au silence comme tant d’épouses, tant de mères

sans tête comme la géniale Olympe de Gouge

qui vous regarde encore depuis l’hécatombe de la Révolution.

 

Donnerez-vous votre bien le plus précieux, le temps

au mari volage, aux enfants sans gratitude

ou aux amis de verre qui palpitent dans votre téléphone 

et bientôt dans vos lunettes artificielles ?

Je vous vois déjà noyée dans le fleuve numérique, dans ce magma vitreux

où les chiffres ont remplacé les étoiles,

où la machine à force de tout connaître

ronge le règne animal, consume le règne végétal

et dévore le règne minéral !

 

La lumière froide des écrans et le glaive d’un pouvoir masculin 

atteignent notre front pur.

 

Ne buvez pas aux mamelles glaciales des nouvelles techniques !

Consacrée non plus au mari mais aux chiffres, refusez la condescendance 

d’une science habile à jongler avec la Nature.

 

Mon enfant, ma fille, c’est mon œuvre portée 

par une génération déchirée par deux dogmes.

Elle peut être décapitée par son fils Horus

comme le fut Isis à un moment donné. 

Elle peut être spoliée de ses biens, 

comme Christine de Pizan

comme les « hystériques » de la Salpêtrière, 

la plupart fortunées et violées par les psychiatres

qui lorgnaient d’un œil torve les danses sacrales

du génie féminin voué au leurre.

 

Sans le baume inestimable de l’encouragement, 

l’œuvre est là, impétueuse, intégrale, et bien au-delà

la puissance de ma tessiture, ma seule valeur 

de magicienne, hors mesure 

renouvelle le voyage d’un amour libre

ébauché de femme en femme.

 

© Camille Aubaude

 

 

 

* Ce poème s'inspire du passionnant et terrifiant documentaire de Michèle Dominici sur les femmes au foyer, que l’on peut et doit voir actuellement en replay sur la chaîne Public Sénat. Au lieu de « Tu seras un homme, mon fils », il faut dire « libère-toi, ma fille »….

Il s’agit donc d’un poème à force polémique et féministe dans la séquence de mes Folastries. Il transcende la chronique de film afin que la pensée surgisse comme une vision poétique.

 

***

  

Pour citer cet écopoème, engagé, féministe, illustré & inédit

 

Camille Aubaude, « Les chaînes de cristal », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet, mis en ligne le 21 septembre 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2026noiii/ca-keschaînesdecristal

 

 

 

Mise en page par David

 

© Tous droits réservés

Retour au sommaire du numéro III ▼Lien à venir

9 avril 2026 4 09 /04 /avril /2026 15:32

Événements poétiques | NO II / Hors-Série 2026 | Festival International Megalesia 2026 « Poétique Printanière » | Métiers du livre | Presse, média, femmes genre & poésie | Annonces diverses / Avis de parution & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Varia & Actualité

 

 

 

 

 

 

 

 

Communiqué de presse dédié à la

 

poétesse Najwa Benchebab

 

 

 

 

 

Texte & photographies par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française & rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée de l’œuvre « L’exil a le goût d’une bière » de la poétesse Najwa Benchebab. À paraître le 18 avril 2026 chez Porte 7 Éditions.

 

 

En 2026, l’autrice et poétesse Najwa Benchebab publie deux recueils qui interrogent le corps et l’exil à travers une écriture poétique traversée par les langues, la mémoire et les déplacements. 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil « Jassad(i) », de la poétesse Najwa Benchebab, paru le 8 mars 2026 aux Éditions Sydo à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

 

 

Paru le 8 mars 2026 aux Éditions Sydo, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, « Jassad(i) » explore neuf états du corps féminin : possédé, assigné, contrôlé, tabou, violenté, tatoué, frontière, insurgé, en libération. Le texte interroge les mécanismes d’assignation sociale et les processus de réappropriation du corps dans des contextes marqués par des héritages culturels persistants. 

 

 

© Crédit photo : Mise en scène de l'ouvrage « L’exil a le goût d’une bière » de l’autrice Najwa Benchebab. À paraître le 18 avril 2026 chez Porte 7 Éditions.

 

 

Le 18 avril 2026, paraît « L’exil a le goût d’une bière » chez Porte 7 Éditions, un poème en prose fragmentaire qui explore l’expérience diasporique. Mêlant français et arabe littéraire, l’ouvrage donne à entendre les tensions linguistiques et identitaires propres aux trajectoires migratoires contemporaines. 

Entre mémoire intime et enjeux collectifs, Najwa Benchebab propose une réflexion sensible sur les territoires du corps, de la langue et de l’exil. 

 

« Il est des voix qui ne se contentent pas d’écrire... elles traversent, relient, déplacent »

 

Avec la parution de L’exil a le goût d’une bière et de Jassad(i), Najwa Benchebab affirme une poésie habitée, incarnée, où le corps et l’exil deviennent des territoires à la fois intimes et politiques.

 

 

© Crédit photo : Le recueil « Jassad(i) », de la poétesse Najwa Benchebab sur le présentoir lors d'une séance de dédicaces. Livre paru le 8 mars 2026 aux Éditions Sydo à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

 

Dans Jassad(i), œuvre récente et vibrante, le corps féminin se dit dans ses fractures comme dans ses élans de réappropriation. Sensuel, traversé de tensions et de libérations, le texte explore avec intensité les multiples états d’un corps à la fois contraint et insurgé. Une écriture charnelle, audacieuse, qui fait entendre ce qui souvent se tait.

 

Avec L’exil a le goût d’une bière, la langue elle-même devient passage. Entre français et arabe, entre mémoire et déplacement, Najwa Benchebab esquisse une cartographie sensible de l’exil contemporain, où les identités se cherchent, se frottent, se réinventent.

 

Mais son œuvre ne s’arrête pas à la page. Elle se prolonge dans la voix, dans le geste, dans la rencontre. Poétesse de performance et de lien, elle fait dialoguer les rives de la Méditerranée, multipliant lectures et échanges entre l’Europe et le Maroc, inscrivant sa poésie dans un mouvement vivant, collectif, ouvert.

 

© Crédit photo : La poétesse Najwa Benchebab lors d'une lecture poétique.

 

Ces parutions s’inscrivent ainsi dans une dynamique plus large : celle d’une poésie en circulation, qui relie les corps, les langues et les territoires. Une invitation à écouter, à ressentir, à franchir les seuils.

À découvrir, à entendre, à partager.

 

 

Quelques liens vers des extraits de lecture : 

 

© Crédit photo : Présentation scénique du recueil « Jassad(i) », de Najwa Benchebab, paru le 8 mars 2026 aux Éditions Sydo à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

 

Lecture de Jassad(i)

À découvrir, à entendre, à partager.

URL. https://www.instagram.com/reel/DWD35RICHNU/?igsh=MWZ6dm1kZzNnODBpcA==

URL. https://www.instagram.com/reel/DVs1XRxiFNy/?igsh=amtjbHFnbmszcG8=

 

Biographie de Najwa Benchebab

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de l’artiste Najwa Benchebab.

 

Najwa Benchebab est une artiste et professionnelle franco-marocaine vivant et travaillant à Bordeaux. 

Née au Maroc, elle a grandi au carrefour de plusieurs cultures – une expérience fondatrice qui nourrit à la fois sa pratique artistique et ses engagements personnels et professionnels. 

Psychologue et psychothérapeute de formation, elle accompagne les récits de vie, les traumas et les processus de résilience au quotidien. 

Parallèlement, elle développe une démarche artistique multidisciplinaire (écriture, théâtre, photographie) où elle interroge l’identité, les frontières – géographiques, sociales, intimes – et les rapports de domination. 

Depuis 2022, ses créations visuelles et narratives ont été présentées dans plusieurs festivals internationaux, saluées pour leur authenticité et leur portée universelle. 

—————​​​​​

Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Hanen Marouani (texte & images fournies), « Communiqué de presse dédié à la poétesse Najwa Benchebab », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 9 avril 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/megalesia26/2026noii/hm-benchebab

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour au sommaire du Numéro 5 & à la Table du festival Megalesia 2026▼Liens à venir

7 avril 2026 2 07 /04 /avril /2026 17:55

Événements poétiques | NO II / Hors-Série 2026 | Festival International Megalesia 2026 « Poétique Printanière » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges / Le Printemps des Poètes | S’indigner, soutenir , lettres ouvertes & hommages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

Veilleurs de l'indicible

 

 

 

 


 

Prose poétique féministe par

 

Armelle Dupiat-Aellen

 

Auteur-poète

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée de l’œuvre engagée de Massoumeh Raouf & « Ô mères d'Iran. Mère Ebrahimpour et les pionnièrs de la liberté ».​

​​​

 

Prose poétique pour soutenir la cause Iranienne et notamment Massoumeh Raouf & son combat.

 

 

 

 

Face aux exécutions qui persistent dans les geôles iraniennes, mes mots restent suspendus, plaqués à ma plume comme des oiseaux blessés. Ils hésitent. Ils tremblent. Ils se taisent presque. Comment nommer l’injustice lorsqu’elle se répète avec la régularité d’un mécanisme froid, implacable ? Dites-moi. Alors mes mots n’accusent plus, ils veillent. Ils se tiennent debout au bord de l’indicible, atterrés mais vivants, refusant que le silence devienne complice. Et dans leur fragilité même, ils murmurent encore : tant qu’un mot demeure, l’oubli ne triomphe pas.

 

© Armelle Aellen Dupiat

 

—————​​​​​

Pour citer ce poème en prose humaniste, engagé, féministe, inédit & illustrée féministement

 

Armelle Dupiat-Aellen (ou Armelle Aellen), « Veilleurs de l'indicible », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 7 avril 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/megalesia26/2026noii/aa-veilleurs

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour au sommaire du Numéro 5 & à la Table du festival Megalesia 2026▼Liens à venir

31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 16:59

Événements poétiques | NO II / Hors-Série 2026 | Festival International Megalesia 2026 « Poétique Printanière » | Critique & réception | Dossiers majeur  & mineur | Articles & témoignages | Handicaps & diversité inclusive  

 

 

 

 

 

 

 

Journal du sang, cycle de poèmes de Johanna Colette Lemler. Paru dans la collection « Granit de la Maison » d’édition Nos accointances

 

 

 

 

Critique & photographies (fournies) par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil féministe de poésies intitulé Journal du sang, cycle de poèmes de Johanna Colette Lemler. Œuvre parue dans la collection « Granit de la Maison » d’édition Nos accointances. L’illustration intitulée « The Delicate » de la couverture rouge sang, représentd une femme en tenue d’Ève et elle est réalisée par Nathalie De Zan.

 

 

 

 

Poétesse et podcasteuse, Johanna Colette Lemler vit et écrit à Paris où elle publie dans les revues Hélas !, Cahiers rouges. Créatrice du podcast Notre Haggadah-Récits de femmes, elle donne à entendre les voix des femmes et minorités de genre et du monde juif contemporain.

 

 

© Crédit photo : Quatrième de couverture illustrée du recueil féministe de poésies intitulé Journal du sang, cycle de poèmes de Johanna Colette Lemler. Œuvre parue dans la collection « Granit de la Maison » d’édition Nos accointances. Une partie de L’illustration intitulée « The Delicate » signée par Nathalie De Zan.

 

 

La couverture rouge sang, représentant une femme en tenue d’Ève, signée par Nathalie De Zan,  intitulée « The Delicate », donne d’emblée le ton et la couleur de cet opuscule préfacé par Juliette Rousseau. Cette dernière reprend la définition de la règle édictée par l’autrice « La règle, dit Johanna Colette Lemler, est simple : un jour, un poème, et ainsi va le cycle. »

Et de lier le sang des menstrues à celui de l’encre des mots.

Sang et encre mêlés composent ce journal qui fait songer au livre Rose saignée de Xavière Gauthier, publié en 1974 par la jeune Édition des Femmes dirigée par Antoinette Fouque.

Xavière Gauthier, pionnière du féminisme, fut l’une des premières femmes à évoquer le tabou des règles en ouvrant dans le texte imprimé des lignes marbrées de rouge, symbolisant une réalité non-dite renvoyant à la moitié de l’humanité.

Marie Cardinal dans Les mots pour le dire mettait en lumière ses hémorragies inexpliquées, semblables à des règles, qu’elle appelait « La chose ». Johanna Colette Lemler s’inscrit dans cette lignée de femmes qui irriguent leurs écrits avec leur sang. Dans son livre, elle a su trouver les mots pour dire l’intime qui travaille dans l’obscur de son corps. Le déclencheur, après huit ans d’errance médicale, fut le diagnostic d’adénomyose. Longtemps, les règles douloureuses ont fait l’objet d’un déni, ce n’est qu’aujourd’hui que l’on s’intéresse à l’endométriose et autres souffrances endurées par les femmes depuis la nuit des temps.

Certaines, telles Hildegarde de Bingen ont tenté d’endiguer ces douleurs en usant de plantes mais la médecine traditionnelle à prédominance masculine, a oblitéré ce sujet car ne disait-on pas que la femme devait « enfanter dans la douleur », n’était-elle pas « au travail » quand elle accouchait ? Le travail, si bien nommé, faisant référence au tripalium, instrument de torture qui servait à écarteler les membres… « Souffrir tu souffriras », résume l’autrice en un vers lumineux et explicite.

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique en noir et blanc de la poétesse Johanna Colette Lemler.

 

 

Johanna Colette Lemler fait chanter le corps des femmes où même la douleur se transmute en poème « Rouge rouge / C’est le son du sang qui déborde ». À l’écoute de son corps qui devient « plaie », elle écrit « J’attends qu’il pleuve un sang d’encre dans ma culotte. »

Et tout est dit, un cycle s’achève, un autre va commencer. Éternel retour de la vie en devenir et de la mort annoncée... Le sang pour l’autrice est celui d’une « réappropriation », celle des femmes qui portent dans leur ventre le destin de l’humanité car « les règles sont partout avant le sang ».

 

« Lunaire », ce livre l’est à plus d’un titre parce qu’il interroge le corps sous la peau jusqu’au sang et quand le « poème saigne », nul doute que Johanna Colette Lemler a trouvé les mots justes pour dénoncer la douleur « naturalisée » des femmes perçue comme intrinsèque à leur condition.

 

© Françoise Urban-Menninger

 

***​​​​​​

  

Pour citer ce texte féministe, engagé, illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Journal du sang, cycle de poèmes de Johanna Colette Lemler. Paru dans la collection « Granit de la Maison » d’édition Nos accointances », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 31 mars 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia26/2026noii/fum-journaldusang

 

 

 

 

Mise en page par David

 

© Tous droits réservés

Retour à la Table du festival Megalesia 2026 ▼ Lien à venir

Bienvenue !

 

APPELS EN COURS : Le numéro de l'Automne 2026 | Le numéro de l'hiver 2026 | Candidatures ouvertes pour le Prix Littéraire Dina Sahyouni

LPPDM, OCTOBRE 2026

Bienvenue à la directrice de publication du site Mme Simone Durand (qui collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).

LPPDM, SEPTEMBRE 2026

La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après une suspension de l'actualisation du site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

​SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

 

Rechercher

Publications

 

Dernière nouveautés en date :

VOUS POUVEZ DÉSORMAIS SUIVRE LE PAN POÉTIQUE DES MUSES  SUR INSTAGRAM

Info du 29 mars 2022.

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

 CopyrightFrance.com

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

À La Une

  • Newsletter de l’automne 2026
    N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Newsletter/Agenda poétique Newsletter de l’automne 2026 Crédit photo : Jean-Marc Nattier, il s'agit d'une allégorie de la peinture sous la forme d’un portrait d’une femme. Peinture...
  • Ton dernier cadeau…
    N° IV HIVER 2026 « L'HIVER EN FÊTES » | Dossier majeur | Florilège | S’indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages Ton dernier cadeau… Lettre élégiaque par Nina Lem Autriche & poétesse © Crédit photo : Nina Lem (image des archives personnelles), «...
  • Que la paix advienne
    N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossier mineur | Florilège | S’indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages | Revue Poépolitique Que la paix advienne Poème en prose pacifique par Armelle Aellen Auteure, chroniqueuse,...
  • Vient de paraître « Un déjeuner de soleil » de Françoise Urban-Menninger. Recueil de poèmes paru aux Éditions Astérion
    N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Astres & animaux / Nature en poésie | Cuisinier en poétisant | Invitation à lire | Annonces diverses / parutions Vient de paraître « Un déjeuner de soleil » de Françoise Urban-Menninger....
  • Lancement de la 6ème édition du Prix Littéraire Dina SAHYOUNI du 8 mars 2027
    N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Voix-Voies de la sororité | Actions pour l'égalité des sexes & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Varia & Actualité Lancement de la 6ème édition du Prix Littéraire Dina SAHYOUNI...
  • HIVER 2026  | L'HIVER EN FÊTES... | NO IV
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm) REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE ET MULTILINGUE DE POÉSIE ENTRE THÉORIES ET PRATIQUES HIVER 2026 | NO IV L'HIVER EN FÊTES Crédit photo : Margaret Meen (1751-1834), nature morte. Princess Elizabeth after Margaret Meen,...
  • Dentelles secrètes des fées, contes écrits et réécrits par Chantal Robillard. Ouvrage publié aux Éditions Astérion
    N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Critique & réception | Dossier Mineur | Articles & témoignages Dentelles secrètes des fées, contes écrits et réécrits par Chantal Robillard. Ouvrage publié aux éditions Astérion...
  • 1,2,3… Ver-t-s pour toi et la terre
    N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Astres & animaux / Nature en poésie 1,2,3… Ver-t-s pour toi & la terre Poèmes écoféministes par Sandrine Daraut Crédit photo : Victoria...
  • À propos de Ce que l'univers murmure de Didier Aubourg
    N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Critique & réception | Dossier Mineur | Articles & témoignages | Nature en poésie / Astres & animaux À propos de Ce que l'univers murmure de Didier Aubourg Critique & image par...
  • Pomme rouge
    N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossier mineur | Florilège | Cuisinier en poétisant | Voix-voies de la sororité & ORIENTALES (O) N° 5-1 | Créations poétiques Pomme rouge Poème féministe célébrant la sororité...