25 septembre 2026 5 25 /09 /septembre /2026 07:01

N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossier mineur | Florilège | Nature en poésie | Voix-Voies de la sororité | Revue poépolitique & ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 


 

 

Entre deux abîmes, Elle est seule... & Un avenir qui n'existe pas

 

 

 

Poèmes engagés par

 

Saghi Farahmandpour

 

Poétesse, autrice francophone, traductrice,

interprète & docteure en langue & littérature française

 

 

 

Crédit photo : Aurore de Lafond de Fénion, « Fleurette à la fontaine de la Garenne ». Peinture tombée dans le domaine public, image capturée par LPpdm d'une photographie libre de droits.

​​​​

 

 

Entre deux abîmes

 

 

Dans le désert extra-muros de la cité

Entre deux abîmes profonds

Lorsque les lambeaux de lumière lunaire suintèrent furtivement et mélodieusement 

À travers les barreaux de la cellule et ceux de la folie

Dans la petite pièce moite plongée dans les ténèbres 

Elle posa

Pour un court instant

Son regard sur les écrits confus illisibles

Sur les noms inconnus gravés sur le mur

Une vieille douleur 

Jaillissant des lettres gribouillées, résonna en elle 

Et des gémissements plaintifs, tel des poignards

S’abattirent sur son corps couvert d’ecchymoses

La résonance d'une goutte d'eau 

Tombant sur le sol froid et noir de la pièce

Repoussa la clarté fragmentée de la lune

Elle aussi, comme des milliers d'autres femmes disparues 

Au fond de l'abîme fatal 

Griffonna son nom 

Sur le mur humide 

Et, laissée dans l’angoisse de sa claustration amère

Se noya dans son propre sang. 


 


 

Elle est seule...

 

 

Elle est seule…

Elle contemple un ciel qu'elle n'a jamais vu

Elle est plongée dans le grondement des vagues déferlantes des mers 

Dans les notes cristallines et harmonieuses d'une nature colorée qu'elle n'a jamais entendue ;

Elle est seule…

Dans le ciel de sa maison

L’étoile scintillante du matin 

Sous les ailes rouges du crépuscule

Ne sème pas de graines argentées 

Le soleil 

A rassemblé ses rayons lumineux en désordre dans le bol d’argent de la lune

La lumière 

Derrière les vitres poudreuses de chez elle

N’apparaît que dans un coin caché du ciel ;

Elle est seule…

Elle erre à la recherche de la clarté 

À côté de la mèche d'une bougie 

Qui s'est consumée jusqu'au bout derrière la fenêtre grillée de la maison ;

Elle est seule…

Elle effleure les poussières dorées de lumière qui, emportées par la joie, dansent dans l’air

Elle dessine le reflet bleu du ciel éclatant 

Avec ses cheveux lisses et flottants sur ses épaules blanches et nues

Elle, les lèvres entrouvertes, chante une étrange chanson de libération

Elle se serre étroitement contre elle-même 

Et caresse doucement à maintes et maintes reprises son corps solitaire de ses mains froides.

 


 

Un avenir qui n'existe pas

 

 

L'écho sourd de mon soupir

Vacille

Chaque jour

Sous les épaules frêles des hautes falaises

Entre les mains habiles du destin

Au cœur du ciel imbibé de sang qui provoque des tempêtes

Il tourne

Chaque jour

Autour des cris perçants et déchirants des corps non ensevelis

Parmi d'innombrables photos encadrées récemment brisées

À côté des genoux d'une mère assise par terre, qui effeuille les fleurs une à une 

Près des sanglots séchés d’un père familier

L'écho de mon soupir fébrile

Craint 

Chaque jour

La clameur immense, la terreur flagrante des yeux ridés

Et l’incertitude d’un avenir qui n'existe pas

Un avenir dont j'ignore à qui il est destiné.




© Saghi Farahmandpour

—————

  

Pour citer ces poèmes Poèmes féministes, inédits & illustrés

 

Saghi Farahmandpour, « Entre deux abîmes »,  « Elle est seule...» & « Un avenir qui n'existe pas », peinture par Aurore de Lafond de Fénion, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 25 septembre 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noiii/sf-seule

 

 

 

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23 septembre 2026 3 23 /09 /septembre /2026 16:06

N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossiers mineur & majeur | Articles & témoignages | Essais ou manifestes | Revue culturelle des continents


 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l’anthologie

Resistir-Resist

 

 

 

 

Article par

Rocío Durán-Barba

 

Traduction de l’espagnol par

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de Rocío Durán-Barba (organisatrice principale du festival Resistir/Résister).

 

 

 

L’anthologie RESISTIR-RESIST a vu le jour en mai 2023, à l’instigation de la prestigieuse revue littéraire américaine World Literature Today qui invita Rocío Durán-Barba à écrire quelques pages pour une édition spéciale consacrée à « l’avenir du Livre ». Ainsi, dans ce numéro est paru sous sa plume un essai intitulé « 300 Latin American Poets of Resistance : Two Anthologies, One Unique Work ». Dans cette publication, il a été mentionnée que : « l’expérience inédite des anthologies RESISTIR est une des initiatives collectives les plus significatives de la poésie latino-américaine actuelle ».

 

La répercussion de cet article a immédiatement a ouvert un nouvel horizon en donnant de l’amplitude, de l’importance et du dynamisme à ce projet qui réunissait des collaborateurs du PEN Club français, des poètes du PEN suisse francophone et de dix-huit centres PEN latino-américains (PEN-Argentine, PEN-Bolivie, PEN-Colombie, PEN-Chiapas, PEN-Chili, PEN-Équateur, PEN-Écrivains cubains en exil, PEN-Guadalajara, PEN-Guatemala, PEN-Honduras, PEN-Mexique (2019), PEN-Nicaragua (2021), PEN-Paraguay, PEN-Porto Rico, PEN-San Miguel de Allende, PEN Quechua, PEN Uruguay, PEN-Venezuela.)

 

Et le directeur de World Literature Today, Daniel Simon, de s’associer avec enthousiasme à son homologue du Latin American Literature Today, Arthur Dixon, pour lancer un projet de traduction en anglais, considérant ces œuvres comme  « transcendantales dans le panorama poétique latino-américain contemporain  ».

Une sélection de trente poèmes des deux premières anthologies a ensuite été réalisée : Antología Resistir de poesía Latinoamericana, 2020, et Resistir150 escritores más.

 

Ainsi est née l’anthologie RESISTIR-RESIST. 

Trente poèmes ont été traduits par une douzaine de traductrices et traducteurs américains, qui ont généreusement contribué à ce remarquable projet de traduction des voix hispaniques émergentes d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale et des Caraïbes. 

La réalisation de ce projet a représenté un pas significatif pour la diffusion de la poésie latino-américaine contemporaine et pour le renforcement du programme international de diffusion impulsé par « Resistir ».


 

Le projet a culminé par un récital bilingue réalisé le 18 novembre 2023 à travers un ZoomWebinar organisé par l’Université de l’Oklahoma, dont la plateforme possède une capacité de cinquante mille personnes. Cette rencontre a permis aux voix réunies dans l’anthologie de résonner au-delà des frontières linguistiques et géographiques, amplifiant l’écho de la devise de RÉSISTER : « La lumière de la poésie contre le chaos du monde ».

 

Après ce récital, la publication de cette anthologie a eu lieu à la fois sur e-Book et sur papier.

Dans la préface de l’ouvrage, Daniel Simon et Arthur Dixon ont écrit :

« Avec les poètes de RÉSISTIR en Amérique latine réunis dans cette anthologie RESISTIR-RESIST, nous avons eu l’honneur d’étendre la promotion de la meilleure littérature contemporaine écrite en espagnol pour les lecteurs anglophones du monde entier. »

 

La traduction en anglais de ces poèmes a permis de faire connaître un panel représentatif de la voix poétique latino-américaine d’aujourd’hui : une voix multiple qui reflète notre histoire, la mémoire de nos peuples, nos fractures et nos déboires.


 

Les trente poèmes réunis dans RÉSISTER-RESIST convergent à un même souffle. Parce que « résister, c’est – comme le dit sa gérante, Rocío Durán-Barba – élever la parole pour clarifier les horizons et regarder vers l’avenir. Élever la parole pour imaginer un monde au-delà de la haine, des divisions historiques et de la violence. Élever la voix en faveur de la paix, de la dignité et du respect des êtres humains.

 

Les trente poèmes réunis dans RESISTIR-RESIST revêtent un même souffle. Parce que « résistir, c’est, selon Rocío Durán-Barba : « porter le verbe haut pour éclaircir les horizons et regarder vers l’avenir. Élever la voix pour imaginer un monde au-delà de la haine, des divisions historiques et de la violence. Élever la voix en faveur de la paix, de la dignité et du respect des êtres humains.

 

Cette anthologie est en réalité, bien plus qu’une simple traduction de « Résister ». C’est une impulsion significative vers l’expansion et la réaffirmation du mouvement poétique international « Résister ». Cela a signifié ouvrir de nouveaux territoires culturels et linguistiques. Cela a marqué un pas décisif de la poésie latino-américaine contemporaine qui en réunissant les anthologies Resistir, continue à ouvrir des voies, moyennant des ponts et ce, en faisant entendre sa voix dans le monde.


 

La traduction de la poésie en anglais revêt aujourd’hui une importance particulière dans le paysage littéraire et culturel contemporain. Non seulement en raison de la portée internationale de cette langue, mais aussi parce que l’anglais est actuellement l’un des principaux véhicule des idées, des livres et des expressions culturelles dans le monde.

 

Cela dit, tenant compte de l’importance de son lieu de naissance, en l’occurrence, la France, la première anthologie Resistir 2020, s’est inscrit dans le cadre de la traduction. Il est évident que la que la traduction de la poésie en français a une importance historique et culturelle exceptionnelle, donc traduire des poèmes en français ne signifie pas seulement accéder à une autre langue, mais aussi accéder à un monde culturel particulier. Un monde qui représente l’une des grandes traditions poétiques et critiques du monde moderne.

 

« Résister 2020 », la première anthologie, est née au PEN club français, avec l’ambition d’établir un pont entre les centres latino-américains et la France. Et elle a été publiée en bilingue : espagnol, français, ce qui est très significatif. Depuis son origine, « Résister ». a compris que la traduction n’était pas un aspect secondaire du projet, mais une partie essentielle de sa vocation internationale et de sa volonté de rencontre entre les cultures. Et, surtout, de l’importance de la traduction en français.

 

La décision de publier la première anthologie en édition bilingue – espagnol, français – témoigne de l’importance accordée à cette perspective. Elle témoigne de la reconnaissance de la langue française en tant qu’elle occupe, depuis des siècles, une place centrale dans la circulation mondiale des idées, de la poésie, de la philosophie et des avant-gardes artistiques. La France a été l’un des grands espaces historiques d’accueil, de réflexion et de diffusion de la littérature internationale. Traduire la poésie en français signifie donc insérer de nouvelles voix dans une tradition de dialogue intellectuel et poétique de portée universelle.

C’est pourquoi la plupart des projets de traduction ont été menés dans le cadre francophone. Et que dans le programme de diffusion de la poésie latino-américaine en Europe, les événements qui se déroulent avec des traductions en français ont une véritable importance.

 

En fait, des rencontres sont régulièrement organisées pour présenter de nouvelles traductions de poèmes en français.

À titre d’exemple, il suffit de citer notre récente célébration de la « Journée mondiale de la poésie », le 21 mars 2026. Cette rencontre est un véritable témoignage de l’importance que revêt la traduction française dans le « programme Resistir ». Et cela constitue une vocation, une obligation, une marque distinctive sur le plan international.

 

C’est pourquoi la plupart des projets de traduction ont été menés dans le cadre de la francophonie. Et que la diffusion de la poésie latino-américaine en Europe, les événements avec des traductions en français ont toute leur importance.

 

À titre d’exemple, il suffit de citer la réunion que le RDB a organisée à l’occasion de la « Journée mondiale de la poésie » le 21 mars dernier : une rencontre via Zoom avec des poètes représentatifs de tous les pays latino-américains hispanophones, qui font partie du mouvement poétique international « RESISTIR ». Une célébration qui s’inscrit dans le programme officiel du « PRINTEMPS DES POÈTES », qui est la manifestation poétique officielle la plus prestigieuse et la plus connue en France, dans le monde de la francophonie, et au-delà des frontières.

 

 

© Rocío Durán-Barba, texte traduit de l’espagnol par Maggy De Coster.

 

***​​​​​​

  

Pour citer ce texte illustré, inédit & traduit

 

Rocío Durán-Barba (texte original), Maggy De Coster (traduction de l’espagnol & photographie fournie), « Présentation de l’anthologie Resistir-Resist », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet, mis en ligne le 23 septembre 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2026noiii/mdc-presentationderesistir-resist

 

 

 

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18 juin 2026 4 18 /06 /juin /2026 16:10

N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Critique & réception

 


 

 

 

 

 

Irène Shraer, « Vertige du réel »,

nouvelles aux éditions Unicité, 2026, 141 p. 14€
 

 

 

 

 

 

Article par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

Il s’agit de vingt nouvelles en deux parties : Le réel fissuré et Le temps en suspens qui relatent des parcours de vie très particuliers, guidés quelquefois par une bonne étoile ou par une intuition. Des vies torturées, des silences contraints pour des raisons diverses ; des silences voulus ou subis, des souvenirs qui viennent au secours des moments de désespoir, des non-dits. L'éloge de la transmission et le devoir de mémoire y trouvent également leur écho.

 

La recherche du minimalisme « où le vide se serait transformé en espace de liberté absolue » est le corollaire du rêve.  Il arrive que l’amour et la foi reposent dans la même partition.

 

Un mur de silence s’installe dans la relation de couple de Marguerite. Ainsi, par respect des convenances sociales ou par peur des qu’en dira-t-on, elle  semble se résigner à accepter la monotonie de sa vie quotidienne. 

 

C’est aussi la remise en question des délibérations et verdicts hâtifs des prétendus juges jouant les amateurs d’art dans les soirées mondaines bruyantes. Alors que la peinture est perçue comme la révélation du sacré. En effet, la peinture et l’écriture, cette dualité en soi, a sans doute la vertu de  «  faire toucher du doigt l’espace sacré et lumineux » invisible à l’œil d’un profane.

Il y a Margot qui a payé le prix fort de la violence de l’autre en y laissant la vie 

 

La quête incessante de lumière pour sortir du brouillard et de l’obscurité afin de redonner à la vie son vrai sens résonne aussi. Cependant le doute n’est pas absent du raisonnement. Un doute méthodique qui conduira, espérons-le, à la voie de la paix tant souhaitée entre les peuples.*

 

© Maggy De Coster

 

* NDLR, Irène Shraer est peintre et poète.

 

***​​​​​​

  

Pour citer ce texte inédit

 

Maggy De Coster, « Irène Shraer, « Vertige du réel », nouvelles aux éditions Unicité, 2026, 141 p. 14€ », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet, mis en ligne le 18 juin 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2026noiii/mdc-shraervertigedureel

 

 

 

 

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11 avril 2026 6 11 /04 /avril /2026 15:34

Événements poétiques | NO II / Hors-Série 2026 | Festival International Megalesia 2026 « Poétique Printanière » | Dossier majeur | Florilège | Revue politique

 

 

 

 

 

 

Sur une corde raide

 

 

 

 

Ensemble de poèmes par

 

Martine L. Jacquot

 

Poète, romancière, nouvelliste & essayiste

 

 

Crédit photo : Louise Catherine Breslau (1856-1927), « At home or Intimacy ». Peinture tombée dans le domaine public. Capture d'écran de la photographie libre de droits diffusée sur un réseau social.​

 

 

Rudesse de la froidure inattendue ou

brûlure lancinante 

Le jour figé dans les glaces ou

écrasé de chaleur devient flou

Est-il possible de conjuguer l’ombre et le miel de l’aube

La déchirure et le regain

Entre l’encrier et l’enclume

le point de suspension s’inscrit en ricochet

comme un écho insensé

On rêve encore d’un concert d’oiseaux

couvrant le vacarme du monde

On imagine encore un asile éphémère ombragé

 

*

 

Sans doute as-tu trouvé la clef du jardin

où fleurit une multitude

Sans doute y déposes-tu de la poudre d’étoiles

captée au passage

Le point du jour a un goût de cendre

sous le déluge transi

Neige d’équinoxe

Soubresaut fugace

 dans ce dernier drapage terrestre

 

*

 

Échapper à son humaine condition

À la présence de la vermine

qui ronge le monde comme un parasite 

Je veux claquer la porte au nez 

aux marchands d’espoir

aux alchimistes de tout poil

aux menteurs aux gants blancs

aux voleurs d’avenir

au temps qui nie les promesses

à ceux qui se donnent des droits

sur la ligne de vie des autres

aux raconteurs d’histoires qui profitent de

notre terreur et

de notre désarroi

aux prophètes auto-proclamés

qui jouissant de notre naïveté

aux vendeurs de mirages auxquels on veut croire

comme d’autres s’accrochent à leurs divinités

Pendant ce temps nous marchons sur une corde raide

et le vide est insondable

Pendant ce temps l’océan devient une fosse commune

devant laquelle le monde pleure

 

*

 

Il est des avenues qui ne mènent

nulle part

Les lendemains s’écrivent

sur les bords d’une plaie

béante

L’immortalité est pour les contes de fées

Nous voguons dans un régime de la terreur déguisé

Les armoires sont pleines de voyages immobiles

et de pages blanches 

Cracher au visage

de ceux qui nous font perdre du temps

avec leurs règles bourrées

de faux sentiments

Jamais plus

promet-on

mais tout recommence de plus bel

Sans honte et sans regret

 

*

Quand nous avions encore

un corps

nous arpentions des continents

sans nous soucier de la direction du vent

Nous évitions les foules

bienheureuses

Les gens se croyaient beaux et criaient très forts

Il faut se sentir mortel

pour comprendre la futilité

des gestes

 

*

 

Rêve empoussiéré lancé dans le vent

comme une poignée de semailles

stériles

Certains appelleront ce geste

une fin

D’autres y verront un cycle

voué au recommencement

Les abandons et les dérives jalonnent les jours

mais le mot éternité n’a pas été inventé

pour rien

Il ne s’agit pas de dérive mais

d’ancre

Chaque aube annonce un jour neuf

 

*

 

Le temps glisse sans laisser de frisson sur l’onde

sans approfondir les rides

Comme si rien ne se passait

Pourtant dans les caves la lie se dépose

Le vin se décante

Dans les grottes l’eau suinte

La stalactite et la stalagmite bientôt deviendront

colonne

Du presque rien naît

un puissant lien silencieux

*

 

L’espace d’un instant

j’ai vu ta lumière envahir l’espace

Il fallait filer loin et vite

au-delà du chaos humain

Tu le savais

Le temps d’un souffle

j’ai envié ta légèreté

Il est des âmes plus pures que le cristal de roche

qui jette une étincelle aux premières lueurs de l’aube

Nécessaire lumière pour vaincre

l’infini Moyen Âge

habité de machines à torture 

Il faut contrer la noirceur

me disais-tu

Anéantir sa puissance

Nous sommes

porteurs de flambeaux

 

© Martine L. Jacquot

***​​​​​​

  

Pour citer cet ensemble de poèmes, illustré & inédit

 

Martine L. Jacquot, « Sur une corde raide », peinture par Louise Catherine Breslau (1856-1927), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 11 avril 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia26/2026noii/mlj-surunecorderaide

 

 

 

 

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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 17:22

Événements poétiques | NO II / Hors-Série 2026 | Festival International Megalesia 2026 « Poétique Printanière » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges / Le Printemps des Poètes

 

 

 

 

 

 

Ma liberté

 

 

 

 


 

Poème, sur la joie de vivre &

tout en vieillissant, engagé & féministe par

 

 

Corinne Delarmor

 

Sociétaire des Poètes Français depuis 2022

 

 

 

Crédit photo : . Roses « Dream Girl ». Capture d'écran de l'image libre de droits diffusée sur un réseau social.

 

 

Mon printemps de poétesse : ma liberté !

 

 

 

 

J’ai ouvert la porte donnant sur le jardin

Sur le silence joyeux du chant des oiseaux

Juste le murmure de ma respiration

Comme une musique métronome 

Dans l’après-midi bleu du printemps

De mes soixante printemps

Je me suis assise 

Sur le banc de pierre

J’ai prêté l’oreille pour écouter

Le son rassurant

De l’eau qui coule 

À la fontaine de mon âge

Je n’entendais plus que la voix du bonheur

Maternelle à l’instar du baiser d'un pétale

Paternel tel un chaud rayon de soleil

Un vent léger

Délicat 

Parfumé

Dansait dans l’air d’avril

Semblant jouer de la harpe

Un sentiment de plénitude

Défroissait les plis de ma robe en lin

Effaçant les rides de mon front

Je me prenais pour une abeille

À butiner les sourires floraux

Une larme d’extase 

Perlait sur ma joue

Comme le miel

Je savais que je vivais pleinement

Le meilleur instant de mon existence

C’était là mon plus beau cadeau d’anniversaire

Je me mis à trinquer à la nature

À la douceur du jour

À la blancheur de la colombe

À l’envol du colibri

Il était grand temps d’être heureuse

Je fis alors un vœu

Que l’homme ne cultive plus

Que de grands champs de blé

Les vignes sauvages

Et apprivoise le vol des coccinelles

J’étais libre

Je venais de briser les chaines de mon tourment

Une plume blanche valsait

Au-dessus de mon âme 

En apesanteur

Signe d’espoir d’un lendemain meilleur

De la paix sur la terre

De l’amour planétaire

Dans tant de temps précieux

D’herbe fraiche coupée

De sève de mon arbre

De son feuillage bienveillant

L’odeur

D’un thé à la menthe fumant

M’a donné l’heure

Je siestais éveillée

Je savourais mon premier gouter de plaisir 

Comblée de pensées roses

Semblables au champ de l’aube

 

© Corinne Delarmor

 

***​​​​​​

  

Pour citer ce poème engagé & féministe, inédit & illustré

 

Corinne Delarmor, « Ma liberté », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 31 mars 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia26/2026noii/cd-maliberte

 

 

 

 

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Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).

LPPDM, SEPTEMBRE 2026

La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

​SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

 

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