23 octobre 2025 4 23 /10 /octobre /2025 18:37

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Critique & réception | Dossier mineur | Articles & témoignages | Revue Matrimoine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Éloge funèbre de

 

 

l’impératrice Claire Heureuse

 

 

 

 

 

Photographies & article inédits par

 

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

© Crédit photo : Éric Sauray dans sa représentation de son « Éloge funèbre de l’impératrice Claire Heureuse », épouse de Jean-Jacques Dessalines, premier empereur d’Haïti. Image no 1 prise par Maggy de Coster.

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Après avoir rendu hommage dans une précédente pièce de théâtre aux femmes méconnues qui ont marqué l’Histoire d’Haïti  avec « Claire, Catherine et Défilé : les 3 femmes les plus puissantes d’Haïti » en 2018, Éric Sauray revient cette fois-ci avec « Éloge funèbre de l’impératrice Claire Heureuse », épouse de Jean-Jacques Dessalines, premier empereur d’Haïti après l’indépendance de ce pays.

 

Un monologue écrit et mis en scène par le dramaturge et avocat. En incarnant Guillaume, Fabre, Nicolas Géffrard avec son éloquence et sa verve d’orateur bien trempé, dès son exorde, il a su capter l’attention de l’assistance sagement installée dans l’église Saint-Martin de Groslay dans le Val d’Oise. 

 

© Crédit photo : L'affiche officielle de la représentation de l’« Éloge funèbre de l’impératrice Claire Heureuse ». Image no 2 prise par Maggy de Coster.

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En dix tableaux, Éric Sauray a brossé la vie de l’impératrice Claire Heureuse qui, selon ses enseignements, était née sous une bonne augure, puisqu’elle a vu le jour à Léogane, la ville de naissance de la poète Anacaona, première reine d’Haïti. En outre, elle était porteuse de prénoms et de patronyme très significatifs : Marie-Claire Heureuse Félicitée Bonheur. Il nous a savamment instruits de sa vie en partant de sa naissance à sa mort en passant par ses amours, son couronnement, l’assassinat de son empereur de mari par ses pairs, sa noblesse de cœur et sa déchéance dans la dignité.

« Elle s’est endormie dans les bras de l’ange de la mort » ou encore : « Elle est plongée dans un sommeil éternel », dit-il, entre autres. Que de métaphores pour traduire ce passage de vie à trépas !

Éric Sauray a utilisé toute la richesse de langue française pour faire l’éloge de cette femme hors pair, hors série, qui a marqué l’Histoire d’Haïti.

Épouse, mère, infirmière, conseillère de son mari, diplomate née, elle avait tout pour retenir l’attention de son peuple mais elle avait fini par tomber dans l’oubli. Il a fallu l’entremise d’Éric Sauray pour faire revivre sa mémoire à travers cet « Éloge funèbre »

Il n’y a pas plus compatible que l’enceinte d’une église pour inscrire ce moment solennel. Eh oui, c’est dans l’église Saint-Martin qu’a résonné l’écho de la voix de l’orateur avec toute l’érudition qu’on lui connaît ! 

 

 

 

© Crédit photo : Éric Sauray à la fin de dans sa représentation de son « Éloge funèbre de l’impératrice Claire Heureuse ». Image no 3 prise par Maggy de Coster.

 

 

Aussi a-t-il convoqué les philosophes gréco-latins suivants : Épictète, Sénèque et Marc Aurèle  pour définir la personnalité de Claire Heureuse qui a su bâtir sa vie sur fond de stoïcisme, d’éthique et d’altruisme.

« On ne se construit pas sans les autres », convient-il avec Sénèque.

Une vie fondée sur «  dix rencontres, dix moments de séduction, dix moments de consécration, dix moments d’accomplissement ! »

Ces moments s’accordent avec : 

 

« Dignité

Élégance

Beauté

Opiniâtreté

Raffinement

Aura

Humilité »

 

À cela s’ajoutent :

 

« Délicatesse

Finesse

Tendresse

Sagesse

Noblesse »

 

Autant d’attributs qui confèrent à l’impératrice : l’immortalité. 

Un Éloge funèbre ponctué de citations bibliques, philosophiques et empreint d’une rhétorique digne d’une Oraison funèbre de Bossuet. Pendant une heure et demie, l’orateur debout devant son pupitre, s’est adressé à des spectateurs suspendus à ses lèvres, et touchés par les vifs instants d’émotion qui l’ont accaparé.

 

© Maggy De Coster

 

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Pour citer ce texte engagé, élégiaque & illustré

 

Maggy de Coster (texte & photographies), « Éloge funèbre de l’impératrice Claire Heureuse », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 23 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/mdc-elogedeclaireheureuse

 

 

 

 

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14 septembre 2025 7 14 /09 /septembre /2025 18:00

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossiers | Articles & témoignages | Matrimoine poétique / Revue poépolitique & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 

Gaza. La mémoire poétique est indestructible

 

 

 

 

 

Témoignage par

Mustapha Saha

Sociologue, poète, écrivain, artiste peintre & photographe

 

 

 

 

Crédit photo : George Barbier (1882-1932), « Shéhérazade », peinture tombée dans le domaine public. Capture d'écran de la photographie libre de droits du Web.

 

 

Saintes-Maries-de-la-Mer.Bouches du Rhône. Dimanche, 17 août 2025. Longue méditation sur un banc de l’église baroque. Ambiance médiévale embaumée de fragrances et d'encens. Les estivants, de tous âges, de toutes provenances, saturent l'espace. Le surtourisme vide le sanctuaire de sa quintessence spirituelle. Je pense à la Palestine, aux poétesses gazaouies pourchassées, traquées, liquidées en pleine jeunesse. Me reviennent les discussions avec Maya Abou al-Hayyat, Hend Jouda, Jouana Mustafa, Nida Younis, Asmaa Azayzeh au marché parisien de la poésie en juin 2025. J'imagine les trois Maries de la mer Gazaouies. La foule se précipite dans la crypte, illuminée de centaines de bougies rouges. Ils jettent un coup d'œil à la statue de Sarah, la vierge noire, surchargée d'étoffes et rebroussent  chemin.

 

Les gitans font de Sarah leur sainte patronne depuis 1946. Sarah, où Sara pour les gens de voyage, empanachée de fantasmagories extraordinaires, païenne convertie au christianisme, servante des trois Maries, Marie Salomé, Marie Jacobé, Marie Madeleine, compagnes de Jésus. Certains disent Sarah égyptienne. D'autres la voient esclave. Elle incarne l'africaine dans toute sa beauté, dans toute sa majesté. Les quatre saintes dérivent en Méditerranée sur une embarcation de fortune jusqu'en Provence, au lieu-dit Oppidum-Râ, un temple gallo-romain à l'origine, rebaptisé Notre-Dame-de-Ratis, puis Notre-Dame-la-Barque, puis Saintes-Maries-de-la-Mer en 1838. Le pélerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer est fondé par le marquis Foloco de Baroncelli en 1935. Les tziganes accourent de tous les pays à la fin du mois de Mai. L'effigie de Sarah est immergée à mi-corps dans la mer. Qui la touche à ce moment précis reçoit santé  et prospérité. Les offrandes affluent en gages de fidélité. Une phrase de la palestinienne Shourouq Aila hante mon esprit : « La mer est notre seul refuge ». 

 

L'allégorie des trois dividinités remonte à la nuit des temps. L'adoration des trois Maries s'est probablement substituée au culte celtique de la martre, romanisé sous le nom de Junon, reine des dieux et déesse de la fécondité.  La martre, vivant dans les forêts denses, profondément connectée à la nature, nous guide dans les mondes invisibles. La martre préside l'intuition, l'alchimie, la magie. Elle représente la patience, la persistance, la persévérance. Elle survit dans les environnements hostiles. Dans les traditions druidiques, la martre est une entité thaumaturgique, une messagère des esprits. Devant le bénitier de l'église des Saintes-Maries-de-la-Mer, je bénis les poéteses palestiniennes du signe de  la martre. En arpentant le centre historique de la cité, nous voyons surgir, au détour d'une rue, des drapeaux palestiniens dans une manifestation de quelques dizaines de personnes. La cause palestinienne résonne jusque dans ce bourg de deux mille habitants. 

 

Quand le roi René d'Anjou, écrivain et mécène, demande, en 1447, de sacraliser les ossements retrouvés des trois Maries, leurs reliques sont placées dans un châssis précieux. Les restes de Sarah sont enfermés dans une caisse grossière, reléguée dans une chapelle souterraine.  Cf. Jean de la Brune (1653-1736)  Entretiens historiques et critiques de Theotyme et  d'Aristarque sur diverses matières de littérature sacrée, Amsterdam, 1733. Les disriminations divines existent aussi.

 

Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, les marocains sont partout, propriétaires de motels, de restaurants, de commerces. L'hôtel Bleu Marine, où nous résidons, appartient à une marocaine. Les sarrasins ont occupé la région à l'époque médiévale, jusqu'au dixième siècle. Une vendeuse dans un magasin de souvenirs me confie : "Je suis étudiante à la Sorbonne. Je travaille ici pendant les vacances d'été. Je suis palestinienne, née en exil au Maroc. Je ne sais que je ne verrai jamais ma Palestine".

 

 

Heba Zagout

 

Est artiste peintre, née en 1984, dans le camp  de réfugiés de Boureij à Gaza, tuée le 13 octobre 2023, avec deux de ses quatre enfants. Ses toiles colorées, stylisées, pleines d'allégresse, représentent El Qods, avec ses minarets et ses clochers mitoyens, ses oliviers, ses figuiers,  ses orangers. Elle peint également des palestiennes vêtues de keffiehs et de robes traditionnelles, portant des clefs ou une colombe à la main.

 

 

Hiba Abou Nada

 

Elle s'appelle Hiba Abou Nada. Elle est née le 24 juin 1991 à la Mecque. Elle est poétesse, romancière, nutritionniste.  Elle est  assassinée le 20 octobre 2023. Son récit Oxygen isn't for the Dead, L'Oxigène n'est pas pour les morts. a pour toile de fond les primtemps arabes. Révolutions trahies.

 

 

Extraits du Journal des derniers jours par Hiba Abou Nada

 

« 7 octobre 2023. Nous pensons à nos petites affaires quotidiennes. Soudain, l'alarme nous arrache à nos réflexions banales. Les cours sont suspendus dans les écoles, les lycées, les universités. Les examens sont annulés. Le bruit des mitraillettes nous assourdit l'atmosphère. La chaîne El Jazeera affiche un bandeau rouge. La vie à Gaza se chambarde en un instant. »

 

« 8 octobre 2023. Nos comptes sur les réseaux sociaux sont des registres de décès, des demeures en deuil, des tentes de condoléances. Les cortèges funéraires se ramifient, se mêlent, s'étalent sur des kilomètres. Les américains menacent d'envoyer un porte-avion pour aider les sionistes. Nous en ferons un restaurant fottant. »

 

« 9 octobre 2023. Dans les guerres précédentes, nous anticipions les cibles sionistes. Cette fois-ci, il n'y a pas de schéma spécifique. Tout se bombarde sous feu nourri, du nord au sud. Des frappes aléatoires, meurtrières, dévastatrices. Un massacre collectif. Une boucherie totale. Nous nous attendons à une phase d''isolement absolu. Nous ne pourrons plus entrer en contact avec l'intérieur,  encore moins avec l'extérieur. L'infernal pilonnage ne fera aucune pause. Nous tenons bon. Nous restons libres dans nos têtes. »

 

« 10 octobre 2023. Nous sommes encore en vie. Nous comptons les morts et les rescapés. J'enveloppe la fleur d'oranger dans la prière pour les préserver du phosphore. Les morts, unis dans un amour intense, dissiperont les poussières. »

 

« 11 octobre 2023. Quand les mensonges seront démasqués, Gaza sera toujours vivante. Elle sera toujours la cité des savants, des poètes, des prophètes, des prodiges, des miracles. Nous résistons. Nous persévérons pour tous les opprimés de la terre. »

 

« 12 octobre 2023. Ce sont des arbres généalogiques entiers qui s'écroulent. Aucune branche n'est épargnée. Gaza, un cimetière à ciel ouvert. Nous regardons nos futurs en silence. »

 

« 15 octobre 2023. Là-haut, nous bâtissons une nouvelle cité avec des médecins sans patients, des professeurs sans étudiants, des familles sans chagrin. Une nouvelle Gaza sans guerres. »

 

« 18 octobre 2023. Des linceuls alignés par dizaines, voilà nos photos de famille. Ils ont vécu ensemble. Il s'en vont ensemble. »

 

« 19 octobre 2023. Ma liste d'amis se rétrécit. Elle n'est plus qu'un inventaire de sépultures. Mes amis s'envolent avec les éclats de roquettes. Je ne peux pas les retenir. Je ne peux pas les ramener sur terre. Je ne peux pas les consoler. Je ne peux pas les pleurer. Je ne sais pas quoi faire. Que faire devant cet abominable festin de la mort ? »

 

« 20 octobre 2023. Nous attendons. la promesse de vérité » (Hiba Abou Nada, Journal des derniers jours). 

 

20 octobre 2023, en pleine nuit, Hiba Abou Nada est tuée avec toute sa famille par une frappe aérienne dans leur maison à Khan Younis.

 

 

Fatima Hassouna

 

Est poétese, photojournaliste, née le 2 mars 2000 à Gaza, fauchée avec dix membres de sa famille, au moment où son film, avec la réalisatrice iranienne Spideh Farsi, Put your Soûl on your Hand and Walk, Pose ton âme sur ta main et marche, est sélectionné au Festival de Cannes. Ses œuvres sont publiées par des journaux prestigieux, exposées dans des galeries renommées. On l'appelle l'Oeil de Gaza. Elle écrit : « Le monde est là dans sa vastitude. Gaza est une petite boîte. Nous sommes dedans. Le monde est si lointain. Je ne peux pas le visiter. Je voudrais voyager, explorer les immensité et revenir dans ma petite boîte. J'ai besoin de Gaza. Gaza à besoin de moi. Si je meurs, je veux une mort retentissante. Je ne veux pas être une brève dans un flash-info. Je ne veux pas être un chiffre anonyme dans une statistique. Je veux une mort qui retentit dans toute la planète, dans toutes les langues. Je serai une image omniprésente que rien ne peut effacer » (Fatima Hassouna, 2 août 2024). 

 

« La photographe est partie. Elle a dit la vérité. Elle reste sans témoin. Sauf un témoin invisible. Pour attester qu'il n'y a plus de témoin. La photographe est partie après avoir dit la vérité. Elle est drapée des couronnes fleuries de sa robe de mariée. Elle se tait. Elle s'expose en silence au silence. Son nom perdure. Mais, qu'est qu'un nom ? Sa grande œuvre photographique s'exhibe en silence. Elle reste muette. Elle se contente de montrer des scènes de silence. Elle rattrape les images qui se dérobent devant son objectif. Elle met les images à nu. Dans ses récits photographiques, tout s'esquisse, tout s'annonce, tout s'interrompt, la naissance, l'amour, la mort, dans leur ordre cyclique, réversible, anhistorique. Il reste ses traces, inaltérables, impérissables, indissolubles.  Cette jeune femme est la légèreté même. Elle est unique. Elle exprime ce que la clarté du jour aura été hier, le jour passé. Elle est la mémoire graphique de la naissance de la lumière à la lumière photographique. Elle capte. Elle inscrit. Elle imprime. Elle voile. Elle dévoile. Elle perce l'énigme de l'ombre. » (Jacques Derrida, Aletheia, 1996, éditions William Blake and Co, tiré à part, 2025. Adaptation). 

 

Je glisse une photographie de Fatima Hassouna dans le cahier où je rédige ces lignes. La photographe, kefieh noir et blanc manteau sombre, est saisie dans la pénombre d'un immeuble bombardé, assise sur une chaise en fer rouillé déglinguée. Sa main tient fermement son appareil photo. Les décombres gisent par terre. Je perçois une clarté légère, une signature nébuleuse de l'ombre. Une lueur de chandelle. Elle est seule, indifférente au photographe qui la flashe. Une prégnante terrifiance plane dans l'air. Elle voit. Elle donne à voir l'interdit. Je ferme les yeux pour voir, pour savoir. Je ne discerne que l'esthétique, l'irisation du silence. 

 

Jacques Derrida relie ce phénomène à la  loi de phôs. Photôs, photographie, phosphore proviennent de la même racine. Le sionisme néantise Gaza à coups de bombes au phosphore. L'adjectif phosphoros signifie porteur de lumière. Phosphoros désigne aussi la planète Aphrodite, Vénus, l'étoile du berger. Les photographies de Fatima Hassouna sont infusées de phosphore. Certains instantanés me magnétisent, m'hypnotisent, me paralysent. Archives incomparables, inimitables, indélébiles. Son dernier cliché, un coucher de soleil.  Son absence-présence me lancine comme un hologramme. Je ne vois que son aura. Elle est seule dans son impalpable visibilité. De nouvelles photographies apparaîtront. Le festival de Cannes, la société du spectacle l'intrônisent déjà comme une icône. Elle ne sera bientôt qu'une valeur marchande. On parlera un peu d'elle, moins qu'elle ne l'a souhaité. Des documentaires, des livres lui rendront hommage. Puis, elle s'éclipsera. Elle sera toujours seule dans son attente de la lumière.

 

 

Amina al-Salmi

 

 

30 juin 2025. Amina al-Salimi, surnommée Frans, est tuée dans le banbardement du Café Al-Baqa à Gaza. Un énorme cratère engouffre les cadavres de plusieurs dizaines d'écrivains, d'artistes, de journalistes, d'étudiants, d'ingénieurs, de médecins. Les deniers tableaux d'Amina al-Salmi sont des visages maculés de sang, des portraits noirs au fusain, des martyrs en agonie.

 

 

Dima Diab

 

A vingt-six ans, écrivaine, conteuse, est assassinée, le 28 juillet 2025.  Et beaucoup d'autres plumes, connues et méconnues. Leurs œuvres transmissibles sans limites, reproductibles à l'infini, sont indestructibles. Ces créatrices, la tête recouverte du même châle de la dignité, sont l'âme éternelle de la Palestine.

 

© Mustapha Saha

 

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Pour citer ce texte, illustré & inédit

 

Mustapha Saha, « Gaza. La mémoire poétique est indestructible », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 14 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/ms-gazamemoirepoetique

 

 

 

 

 

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3 septembre 2025 3 03 /09 /septembre /2025 14:25

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & réception / Muses & Poètes... / Articles & Témoignages

 

 

 

Jacques Wallet, JMAB/CDMX  ABECEDAIRE. Ode à l’Ami mexicain et au Pays du Serpent à Plumes, paru aux Éditions Astérion

 

 

 

 

 

Texte par

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du livre de Jacques Wallet, « JMAB/CDMX ABECEDAIRE. Ode à l’Ami mexicain & au Pays du Serpent à Plumes » Paru aux Éditions Astérion. Image fournie par Jacques Wallet.


 

Enseignant en philosophie, Jacques Wallet a parcouru le monde pour promouvoir la langue et la culture françaises en Turquie, en Inde, au Pakistan mais aussi au Mexique où il a passé cinq années de sa vie marquées par son amitié avec celui qu’il nomme JMAB.

 

 

© Crédit photo : Le galet sur lequel l'ami disparu de Jacques Wallet lui a écrit & dédié un poème. Image fournie par Jacques Wallet.

 

Aujourd’hui, secrétaire général de l’Alliance française à Strasbourg, il se remémore, sous la forme d’un abécédaire, cette amitié qui nous renvoie à celle de Montaigne et de La Boétie qui résume d’une phrase le mystère et la force du lien unissant deux hommes « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

 

La perte de son ami lors de l’épidémie de Covid a ravivé des souvenirs chez Jacques Wallet qu’il nous restitue dans le cadre de fabuleux paysages mexicains, il nous invite à appréhender l’âme de ce pays à travers des découvertes, des anecdotes vécues que l’on peut prolonger à l’envi dans des photographies empreintes d’émotion tel ce galet où JMAB avait inscrit un poème qui lui était dédié.

 

© Crédit photo : Peinture de la Vierge Marie prise en Guadalupe et tirée de l'ouvrage. Image fournie par Jacques Wallet.

 

C’est à un voyage au Mexique inédit que l’auteur nous convie, et non pas à un voyage touristique galvaudé. S’il évoque Notre-Dame de Guadalupe «Reine du Mexique et patronne des Amériques», il n’oublie pas «le très baroque Sanctuario de la Virgen de Guadalupe» « avec son décor intérieur ruisselant de fleurs et de dorures» situé à Morelia, ville, où son ami l’emmena car ses parents en étaient originaires.

Et l’auteur d’ajouter sur le ton de l’aparté que «quelques jours après la disparition de JMAB, je suis allé déposer une petite veilleuse sur l’autel consacré à la Vierge de Guadalupe dans la basilique du Sacré-Coeur de Paray-le-Monial en Bourgogne.»

 

Ainsi nous partageons des fragments de vie préservés dans la mémoire intime de l’auteur et entreprenons avec lui un voyage intérieur où « le cœur a ses raisons » car à la lettre C, Jacques Wallet, bien évidemment, a choisi le mot « Corazon », dont les battements font vibrer ce petit livre lumineux. Des figures marquantes et émouvantes telle celle de La Llorra «la pleureuse», à savoir «la femme mexicaine enveloppée dans son châle qui pleure les morts » émergent de ce livre qui permet à Jacques Wallet de faire très certainement son deuil en rendant un magnifique hommage à son ami disparu qu’il éternise dans une ode de lumière frappée du sceau d’une poésie délicate et sensible.

 

© Françoise Urban-Menninger

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Pour citer ce témoignage inédit & illustré

Françoise Urban-Menninger, « Jacques Wallet JMAB/CDMX  ABECEDAIRE. Ode à l’Ami mexicain et au Pays du Serpent à Plumes, paru aux Éditions Astérion » avec des photographies fournies par l'auteurLe Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 3 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-jw-jmabcdmx

 

 

 

 

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18 mars 2023 6 18 /03 /mars /2023 16:30

 

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages 

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Hommage de Jacques Grange

 

 

 

 

 

 

 

 

Camille Aubaude

Sites officiels : http://www.camilleaubaude.com/

& www.lamaisondespages.com/

Blog officiel : https://camilleaubaude.wordpress.com/


 

 

 

 

 

Crédit photo : Une personnification de la tristesse en femme, sculpture tombale, capture d'écran de Commons.

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 Voûte céleste

Où la main d'humain

A semé

Étoiles claires, couchées

Sur l'arbre défunt,

Donne souffle

À couleurs et poésie.


 

 

 

Artiste-comédien du siècle dernier, celui qui regardait le monde sans autre filtre que celui d’un appareil-photo ou d’une caméra, Jacques Grange a fait du chemin. Pour construire les personnages qu’il a interprétés à l’écran ou sur les planches, il a pris le temps de regarder les gens, et ce qu’ils regardaient, eux, d’eux, en eux. Ce qui les troublaient, émouvaient, chamboulaient, déchiraient, sidéraient, mais continuaient à les faire avancer, malgré eux, malgré tout. De tous ses coups d’œil amusés, attendris, ahuris, il a rapporté ces courts poèmes « kaléidoscopiques » emprunts d’humanité et d’une attention parfois philosophique, presque rousseauiste, à la nature et à tous ses détails. Ceux qui font que la vie est la vie. Notre vie. Du début à la fin. S’inspirant du sens figuré du mot « kaléidoscope », il enchaîne en prestidigitateur-funambule des successions rapides et changeantes d'impressions et de sensations qui ont pour point commun, pour horizon, d’être humaines, et nous fait traverser à sa suite, sous ses charmes, chapitres et étapes de vie. La sienne. La nôtre.


 

Comédien et metteur en scène de théâtre depuis les années 80, Jacques Grange a aussi bien abordé le répertoire contemporain que classique, et a travaillé aux côtés de nombreuses compagnies, tant en province qu'à Paris et à l'étranger (Suisse, Autriche, Maroc...). Il écrit depuis le milieu des années 2000, de la poésie donc (Peau et Pierre aux éditions de l'Harmattan, La Ménagerie des vivants, ouvrage collectif, aux éditions Les Mandarines) mais aussi des nouvelles et de théâtre.

 

© Camille Aubaude

 

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Pour citer ce texte inédit

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Camille Aubaude, « Hommage de Jacques Grange », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 18 mars 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/caubaude-hommagedejacquesgrange

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 13 In memoriam
30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 11:24

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 32 

 

 

 

 

 

 

 

Le jardin enchanté​​​

 

 

  

 

 

 

Lidia Chiarelli

 

Artiste, écrivain traductrice et fondatrice du

Mouvement artistique littéraire « Image & Poésie » ou

c/o  Immagine & Poesia

Turin, Italie

Site officiel : http://lidiachiarelli.jimdo.com/

Article Wikipédia

 

 

 

© Crédit photo : Lidia Chiarelli, "Lumières du passé", collage numérique.

 

 

En mémoire des projets d'éclairage public réalisés par mon père Guido Chiarelli pour le centenaire de l'unification de l'Italie

LC, Italie.

 

 

Les paons marchaient

sous les arbres de la nuit

dans la lumière perdue de la

lune…

_ Lawrence Ferlinghetti

 

 

Et puis les réverbères

se sont allumés

lentement

dans le jardin aux mille couleurs.

 

 

Ils s’allumaient

chauds, vibrants

sur les pierres des boulevards

sur les pétales des tulipes

sur l'eau des fontaines

caressées par une douce brise.

 


 

Les lumières

se sont allumés pour moi

qui marchais

sur les sentiers fleuris _

des parfums subtils

m'ont enveloppée

dans le silence de la nuit

et les drapeaux

flottant au vent

sont devenus

formes tachetées

d'un tableau inachevé.


 

Un tas de souvenirs lointains

qui se recomposent aujourd'hui

tandis que je serre entre mes doigts

la dernière

rose fanée de mai

 

In momriam

 

Turin, Italie, 2020.

 

Cette œuvre audiovisuelle a été réalisée à la mémoire de mon père Guido Chiarelli (pionnier de l'éclairage public) :

 

 

https://youtu.be/HVEmvZhXL3Q

 

 

 

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Pour citer ce poème élégiaque

 

Lidia Chiarelli (poème, poème-vidéo & illustration inédits), « Le jardin enchanté »,  Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 30 novembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/lc-lejardinenchante

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Reconfinement In memoriam S'indigner - soutenir - etc.

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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