Compte tenu de mes affinités avec les pays de l’Amérique latine, j’ai été tout suite séduite par le projet de Rocío Durán-Barba. C’est aussi pour fortifier de mes liens avec la langue espagnole qui a les mêmes racines que le français. En effet, depuis 2010, j’ai eu la chance de voyager en Amérique latine pour assister à des rencontres autour de la poésie féminine autour des poètes militantes comme Matilde Espinosa de Colombie, Diana Morán de Panamá, Cecília Meireles du Brésil et aussi des poètes de sexe masculin, et j’ai eu à développer une relation bilatérale entre la poésie latino-américaine et la poésie française.
J’ai eu à découvrir une poésie de combat, de lutte et de résistance contre le chaos du monde. Rocío a contribué à un élargissement du processus en créant les anthologies Resistir incluant tous les pays latino-américains et en transposant les voix des poètes dans la langue de Shakespeare et qui ont pu résonner aussi aux USA avec Resistir-Resit. Un véritable travail de Titan qui mérite d’être apprécié à sa juste valeur.
La poésie est pour nous une issue de secours contre le chaos du monde. Elle nous permet de mettre des mots sur les maux qui nous font souffrir, aussi joue-t-elle un rôle cathartique même si elle n’a pas le pouvoir d’éradiquer les maux. Elle révèle les zones d’ombre qui nous empêchent d’avancer.
Maggy De Coster (texte & photographie fournie), « Pourquoi je me suis jointe à Resistir ? », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet, mis en ligne le 18 juin 2026. URL :
« […] Mme de Sévigné est une grande artiste de la même famille qu’un peintre que j’allais rencontrer à Balbec et qui eut une influence si profonde sur ma vision des choses, Elstir. »
Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, 1918.
Au Musée Carnavalet, à Paris, une exposition est actuellement consacrée à la célèbre épistolière du XVIIe siècle, en l’occurrence, Madame de Sévigné, née Marie de Rabutin-Chantal.
À une époque où l’instruction des filles est négligée, elle a le privilège d’évoluer dans un cadre intellectuel où elle reçoit un enseignement riche et s’adonne à la musique, au chant, à la danse, noblesse oblige. À part cela, elle possède également un bagage suffisant en matière de conversation en italien.
Elle est de l’époque des Cénacles où la vie littéraire est favorable. Aussi s’inscrit-elle dans cette perspective aux côtés de Madeleine de Scudéry, de Madame de Lafayette et bien d’autres et elle profite également de son autonomie de femme veuve.
Figure féminine emblématique du classicisme, connue surtout pour ses lettres, adressées deux fois par semaine, à sa fille, Madame de Grignan, Madame de Sévigné n’a malheureusement pas eu l’heur de voir ses chefs d’œuvre publier de son vivant, selon son vœu ; il faudra attendre le XVIIIe siècle pour qu’un corpus complet soit publié et s’inscrive dans le patrimoine culturel national. Ainsi, son image devient une source d’exploitation dans les arts et spectacles et les publicités de toute sorte.
Ses missives sont nourries d’actualités politiques, une version alternative à l’historiographie officielle du règne de Louis XIV, de chroniques judiciaires au sujet de l’affaire Fouquet.
Le contenu de ses lettres reflète aussi ses préoccupations liées à la médecine et à la spiritualité, plaidant pour la morale janséniste chère à son ami Blaise Pascal.
Un extrait d’une Lettre de Madame de Sévigné à Madame de Grignan sa fille, le 7 octobre 1677 :
« Dieu merci, nous avons l’hôtel de Carnavalet. C’est une affaire admirable : nous y tiendrons tous, et nous aurons le bel air. Comme on ne peut pas tout avoir, il faut se passer des parquets et des petites cheminées à la mode, mais nous aurons du moins une belle cour, un beau jardin, un beau quartier […] ».
Tout au long du parcours de l’exposition on peut écouter les extraits de ses lettres lues par des comédiens dans des bornes audiotextes.
Le musée Carnavalet - Histoire de Paris présente une exposition consacrée à Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696), à l'occasion du 400e anni
Maggy De Coster, « Exposition autour de Madame de Sévigné au Musée Carnavalet à Paris », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 13 mai 2026. URL :
En 2026, l’autrice et poétesse Najwa Benchebab publie deux recueils qui interrogent le corps et l’exil à travers une écriture poétique traversée par les langues, la mémoire et les déplacements.
Paru le 8 mars 2026 aux Éditions Sydo, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, « Jassad(i) » explore neuf états du corps féminin : possédé, assigné, contrôlé, tabou, violenté, tatoué, frontière, insurgé, en libération. Le texte interroge les mécanismes d’assignation sociale et les processus de réappropriation du corps dans des contextes marqués par des héritages culturels persistants.
Le 18 avril 2026, paraît « L’exil a le goût d’une bière » chez Porte 7 Éditions, un poème en prose fragmentaire qui explore l’expérience diasporique. Mêlant français et arabe littéraire, l’ouvrage donne à entendre les tensions linguistiques et identitaires propres aux trajectoires migratoires contemporaines.
Entre mémoire intime et enjeux collectifs, Najwa Benchebab propose une réflexion sensible sur les territoires du corps, de la langue et de l’exil.
« Il est des voix qui ne se contentent pas d’écrire... elles traversent, relient, déplacent »
Avec la parution de L’exil a le goût d’une bière et de Jassad(i), Najwa Benchebab affirme une poésie habitée, incarnée, où le corps et l’exil deviennent des territoires à la fois intimes et politiques.
Dans Jassad(i), œuvre récente et vibrante, le corps féminin se dit dans ses fractures comme dans ses élans de réappropriation. Sensuel, traversé de tensions et de libérations, le texte explore avec intensité les multiples états d’un corps à la fois contraint et insurgé. Une écriture charnelle, audacieuse, qui fait entendre ce qui souvent se tait.
Avec L’exil a le goût d’une bière, la langue elle-même devient passage. Entre français et arabe, entre mémoire et déplacement, Najwa Benchebab esquisse une cartographie sensible de l’exil contemporain, où les identités se cherchent, se frottent, se réinventent.
Mais son œuvre ne s’arrête pas à la page. Elle se prolonge dans la voix, dans le geste, dans la rencontre. Poétesse de performance et de lien, elle fait dialoguer les rives de la Méditerranée, multipliant lectures et échanges entre l’Europe et le Maroc, inscrivant sa poésie dans un mouvement vivant, collectif, ouvert.
Ces parutions s’inscrivent ainsi dans une dynamique plus large : celle d’une poésie en circulation, qui relie les corps, les langues et les territoires. Une invitation à écouter, à ressentir, à franchir les seuils.
Najwa Benchebab est une artiste et professionnelle franco-marocaine vivant et travaillant à Bordeaux.
Née au Maroc, elle a grandi au carrefour de plusieurs cultures – une expérience fondatrice qui nourrit à la fois sa pratique artistique et ses engagements personnels et professionnels.
Psychologue et psychothérapeute de formation, elle accompagne les récits de vie, les traumas et les processus de résilience au quotidien.
Parallèlement, elle développe une démarche artistique multidisciplinaire (écriture, théâtre, photographie) où elle interroge l’identité, les frontières – géographiques, sociales, intimes – et les rapports de domination.
Depuis 2022, ses créations visuelles et narratives ont été présentées dans plusieurs festivals internationaux, saluées pour leur authenticité et leur portée universelle.
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Pour citer ce texte illustré & inédit
Hanen Marouani (texte & images fournies), « Communiqué de presse dédié à la poétesse Najwa Benchebab », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 9 avril 2026. URL :
Événements poétiques | NO II / Hors-Série 2026 | Festival International Megalesia 2026 « Poétique Printanière » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges / Le Printemps des Poètes
Pour citer ce poème engagé & féministe, inédit & illustré
Corinne Delarmor, « Ma liberté »,Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 31 mars 2026. URL :
Crédit photo : Mary Cassatt (1844-1926), « By the Pond », 1898, peinture tombée dans le domaine public. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits trouvée sur un réseau social.
Ce témoignage poétique & engagé aborde la maternité, la charge mentale et la santé mentale des femmes :
Personne ne nous dit.
Que devenir mère peut commencer dans l’ombre. Une dépression prénatale. Le post-partum qui vous engloutit. Le burn-out parental, silencieux, vorace. Et parfois… le nid vide. Seule. Face à votre souffle.
Personne ne nous dit que devenir maman, c’est être mille choses à la fois. Mère. Infirmière. Cuisinière. Gouvernante. Coiffeuse. Maîtresse d’école. Psychologue. Tout. Toujours. Sans pause. Sans mode d’emploi.
Personne ne nous dit que la charge mentale écrase. Chaque pensée. Chaque geste. Chaque décision pèse sur toute une vie. Physique. Psychologique. Tout ce que nous faisons aujourd’hui résonnera demain.
Personne ne nous prépare à ce monde qui va trop vite. Aux employeurs qui exigent, comme si nous n’avions pas d’enfants. Aux enseignants qui nous demandent d’être professeurs chaque week-end. À la société qui juge : repas équilibrés, écrans limités, sommeil respecté…
Alors nous nous plions. À bout de bras, nous portons nos enfants. Et nous portons aussi ce qui ne se voit pas : la fatigue, la peur, la culpabilité.
Nous vivons dans un monde connecté. Et pourtant… nous sommes seules. Les psychiatres saturés, les psychologues débordés, les cliniques étouffées.Les antidépresseurs, les anxiolytiques… presque banals pour tenir debout. Pour survivre à une vie de “trop” : trop de pression, trop de stress, trop de responsabilités, trop de culpabilité…
Le temps ne s’arrête jamais. La vie défile. Le mal-être grandit en silence. Et le silence tue. Le nombre de suicides ne cesse d’augmenter.
Alors parlez-en. Chercher de l’aide n’est pas un échec. C’est un acte de force. Parce que prendre soin de soi… c’est aussi prendre soin de ses enfants.
Pour citer ce témoignage poétique, engagé, illustré & inédit
Nina Lem, « Le poids invisible de la maternité », peinture par Mary Cassatt (1844-1926),Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 31 mars 2026. URL :
La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).
L’association SIÉFÉGP publiera en septembre 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.
SIÉFÉGP, JUIN 2026
APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.
SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025
Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.
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N° III ÉTÉ 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Critique & réception Irène Shraer, « Vertige du réel », nouvelles aux éditions Unicité, 2026, 141 p. 14€ Article par Maggy de Coster Site personnel Le Manoir Des Poètes
Il s’agit...
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