22 octobre 2025 3 22 /10 /octobre /2025 14:28

Événements poétiques | Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles & N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Poésie & littérature pour la jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

Soyons enfants, soyons jeunes filles

 

 

 

 

 

 

Poème engagé par

 

Maxance Lardjane

 

Doctorant ès Lettres à l’Université Polytechnique

Hauts-de-France, LARSH

 

 

Crédit photo : Camille Métra (ou Métra-Hubbard, 1864-1936), « Portrait de jeune fille blonde », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du Web.

 

​​​​​

 

 

C'est terrible ! Entends-tu, mon amour

Le grand bruit de la cloche au lointain ?

C'est le monde, le vrai, qui toujours

Nous rappelle à ses dogmes malsains

 


 

C'est le cri de cet orphelinat

Dans lequel nos deux cœurs sont tombés ;

Dans lequel il n'y a – à part toi –

Que des dogmes retors, surannés :

 

 

 

Pourquoi m'apprend-t-on à m'habiller

À la mode des victoriennes ;

Pourquoi veut-on tant me voir valser

Et qu'un œil de mâle me fasse sienne ?

Pourquoi me veut-on si féminine

Alors que je m'adore en garçonne

Et que toi, mon âme féline

Tu m'apprends le vrai monde comme personne ?

 

 

 

Pourquoi donc toute cette étiquette

Et ces leçons pour entretenir

Une maison ? Pourquoi ces cours bêtes

Pour apprendre à réprimer ses rires ?

 

 

 

Non, amour, je suis mieux avec toi,

À me faire avec toi buissonnière ;

À me cacher le jour dans tes bois

En joignant mes mains dans ta prière :

Avec toi, faire comme dans les contes

Qu'en cachette nous lisons la nuit

Sous les pâles lueurs des pénombres

Et les frémissements des esprits

 

 

 

Contre l'autre, imaginer sans fin

Que nous chassons la baleine blanche,

Rêver de pouvoir main dans la main

S'aventurer de branches en branches ;

Rêver d'aller ailleurs que nos livres,

Partir vraiment dans un sous-marin,

Voguer vers la Lune et bien plus loin…

Que l'imagination nous délivre !

Avoir des droits, des désirs, des rêves

Pouvoir être docteure, suffragette,

Écrivaine et faiseuse de grèves,

Changer le monde jusqu'à sa tête…

 

 

 

Horrible cloche. Horrible doyen

Qui bannirait nos chastes unions.

Horrible rappel de tous ces lions

Qui nous jugeraient d'un œil de coin !

 

 

 

Va-t-en ma douce, et reviens-moi vite,

Même si j'ai toujours avec moi

Ton cœur, et que tu as le mien... vite !

Sinon le doyen te punira !

Va-t-en, va-t-en... j'entends du bruit... vite !

Que tes paumes sont douces, mon cœur.

Mais il faut se séparer... si vite !

Mais bientôt nous fuirons... âme sœur !

 

© Maxance Lardjane
Doctorant ès Lettres | Université Polytechnique Hauts-de-France | LARSH. Sa thèse porte sur la présence de l'œuvre de Marceline Desbordes-Valmore dans le champ littéraire français, du XIXe siècle à nos jours.

 

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Pour citer ce poème romantique, féministe, lyrique, engagé, illustré & inédit

 

Maxance Lardjane, « Soyons enfants, soyons jeunes filles » avec une peinture par Camille Métra (1864-1936), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2025 | « Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles » & AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 22 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/11octobre25/2025noiv/mlardjane-soyonsjeunesfilles

 

 

 

 

 

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19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 17:30

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges

 

 

 

 

 

 

 

 

Happy birthday

 

 

 

 

 

Nouvelle inédite par

 

Marie-Catherine Beluche

 

 

 

 

Crédit photo : Edgar Degas (de son vrai nom Hilaire Germain Edgar de Gas, 1834-1917), « Femme dans son bain s'épongeant la jambe », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du Web.​​​​​

 

C'est aujourd’hui. Tu le sais.


 

La lumière, filtrée par les vieux volets gris, infuse lentement la pièce. Tu perçois le jour levé à travers la fine peau de tes paupières closes, s'ouvrant délicatement, entraînées par les rayons vainqueurs qui glissent entre les interstices. Tu reprends contact avec l’espace de ta chambre, ses murs nus baignés d'or, le radio réveil posé sur ta table de chevet, trois callas blancs dans leur cache-pot en faïence. Tu t'étires pour dégourdir ton corps qui semble ne peser rien. Tes os et tes muscles se seraient-ils fait la malle cette nuit ? Impossible. Tu aurais senti l'évasion de ta carcasse si elle avait eu lieu, puisque tu n'as dormi que d'un œil — comme d'habitude. Pourtant, rien à voir avec cette angoisse coutumière, qui empêche ta conscience de prendre ses cliques et ses claques, pour s’évader sans bruit aux pays des ténèbres. La faute à l’excitation, pareille à ces départs en vacances aux aurores, pour éviter les embouteillages des lourds samedis d’été, où levée avant le reste de la famille, tu attendais, frémissante de cette promesse d'aventure, le corps tendu et disponible de tant d'aguets.

Tranquillement tu sors de ton lit. Tu flottes — est-ce que tu voles ? — jusqu'à tes volets, que tu ouvres avec lenteur et délectation, pour sentir avec une acuité extrême la course chaude des rayons grignotant peu à peu ta peau. Tu offres ton corps en pâture au soleil. Le vampire en toi se replie dans les abysses intérieures les plus éloignées de ton épiderme. Bien fait pour lui ! Tu exultes de ce foudroyant contraste entre pénombre et clarté, froid et chaleur. Depuis combien de temps cela ne t'était-il plus arrivé, sourire ?

Ce matin tu n’allumes pas ton poste. De même que toute sensation de pesanteur t’est étrangère, tu ne veux rien entendre qui risquerait t'alourdir. Que t’importe le monde extérieur, ses nouvelles et ses désastres, ses guerres de plus, ses drames toujours. Seul est important ce savoir intime, gravé au plus profond de tes entrailles, tatoué dans l'écorce de ta chair, inscrit dans chaque grain de peau : aujourd’hui.

 

Chatte gracieuse, tu déambules dans ton appartement pour éprouver cette nouvelle manière d’être au monde, de brasser l’air autour de toi. C’est grisant. En chemin, tu aperçois ton paquet de cigarettes dans le tiroir entrouvert de ton secrétaire. Tu devrais tout de suite jeter cet éloge du vice, appel du danger, pour être sûre. Mais tu n’as pas besoin de cela. C’est fini. Tu le sais. Tu te diriges vers la cuisine — as-tu seulement marché jusque-là ? Tu mets la cafetière en route. Précautionneuse tu avais mis un filtre la veille, le café et l'eau pour quatre tasses. Tu n’en boiras pas une de plus — comme la nicotine, tu vas arrêter le café. L’odeur embaume la pièce. Tu humes et savoures le parfum délicat de l’arabica fraîchement coulé. Tu aimes cette fragrance, alors tu souris — c’est la deuxième fois.

Tu prépares ton petit-déjeuner : une petite brioche ronde, parsemée de perles de sucre. Comme tu as pensé à tout, tu prends dans le même temps une petite bougie blanche et rose, que tu avais auparavant ressortie d’une vieille boite en fer, où s'entassent les objets domestiques qui ne sont pas de nécessité première. Tu la places avec précaution sur la brioche et fais craquer l’allumette, qui contamine de son feu la minuscule tige de cire. Sans faire de vœu — inutile — tu souffles sur la flamme qui s'éteint sans émoi. Cela aurait été plus ardu si tu en avais mis vingt-huit — mais elles n’auraient jamais tenu sur une si mince viennoiserie, et vingt-huit brioches, quelle fantaisie !

 

Réminiscence annuelle, tu la célèbres. Aux cris harassants qu'elle poussait à la maternité, répondait le premier tien, ton effort relayant le sien. Pendant que tu prenais tous tes droits sur le monde, t’étirais, t’étendais, grappillais ces précieux centimètres gagnés sur l'étriqué climat utérin, son espace à elle grandissait pour toucher l’immensité. À mesure que les infirmières t’essuyaient, enlevant sang et eau, nettoyant le sale et le trop, l'hémorragie souillait la salle de travail. Tu étincelais de blancheur, elle se teintait de couleur. Tu respirais, elle suffoquait. Alors que tu te remplissais d’oxygène, des bruits du monde et de son agitation, de ta nouvelle dimension, elle se vidait de son sang, de sa chaleur, de sa substance. La goutte devint flaque, puis lac, puis mer. Raz-de-marée sanguin envahissant tout sur son passage. Le rouge, encore le rouge, toujours le rouge. Plus le corps médical s’échinait à éponger, transfuser, plus son sang se répandait partout autour d’elle, de son sexe, de ses cuisses, jusqu'à franchir les barreaux du lit, s'étaler sur le sol désinfecté, gicler sur les murs aseptisés, et recouvrir entièrement la pièce, sa vie, la tienne. Ta mère est morte le jour de ta naissance.

Mais cette année, c’est fête — pas question de pleurer et se laisser submerger par les flots de la culpabilité !  Tu charmes le soleil,  renonces à l’empire de monsieur Morris, manges ta brioche avec délice. Malgré le souvenir qui afflue à la surface de ta mémoire, ces images d'horreur sanglantes et fantasmées dont tu t'es nourrie, et qui dansent devant toi à date fixe, tu éprouves de la gaieté. Car aujourd’hui, rien ne sera plus comme autrefois. Tu accueilles à cœur ouvert la monstrueuse genèse qui t'a fait naître. Pourrais-tu dire que tu es heureuse en cet instant ? Non trop exagéré. Sereine plutôt. Tu te contentes de ce que tu as, ici et maintenant : le goût de la boisson que tu préfères au réveil, tes papilles enchantées par le sucre, qui s'en pourlèchent, ton sourire qui glisse de tes lèvres à ton âme, l’écho de l’absence maternelle qui se fait tendre, et toi qui t’évapores.


 

Dans un battement de jambes — d'ailes — tu atterris dans la salle de bain. Tu fais couler l’eau dans la baignoire. Suffisamment chaude pour ne pas ressentir le froid une fois immergée, mais pas assez pour être gagnée par la torpeur, que produiraient les nappes de vapeur. Tu apprécies d’avoir une haute conscience de tout en ce jour. Tu rajoutes quelques gouttes d’huile essentielle de lavande pour masquer l’odeur. Avec plusieurs bougies tu recrées une pénombre feutrée, réinventes un crépuscule, prépares ta couche. Tu entres dans ton bain progressivement. Tu veux que la surface entière de ta peau soit gagnée délicatement par la caresse de l’eau. Les orteils d'abord, puis le pied, pour grimper jusqu’au mollet. Alors seulement, aidée des parois de la baignoire, tu y glisses tes fesses, tes reins, déroules chaque vertèbre. Les remous que tu as provoqués forment de ridicules vaguelettes, qui s’échouent sur tes seins. Les flots s'apaisent. Tu es d’un calme absolu, exemplaire. Rien ne vient troubler la pellicule huileuse, qui s’est formée à la surface de l’eau.

Sans précipitation, tu saisis le cutter posé sur le rebord de la baignoire à côté des flacons de shampoing et gel douche — prévoyante, une fois de plus. Tu enlèves la protection et pousses doucement la lame tranchante hors de l’habitacle en plastique. Tu bloques le cran. Assise dans l’eau, tu incises ta peau. Le métal déchire l'épiderme, la veine, rentre à l’intérieur de toi et avance sur quelques centimètres. Marche à deux corps, le tien et l'étranger. Mouvement en tandem. Entente cordiale. Tu passes à l’autre main. Même procédé. Tu ne sens rien de particulier — peut-être n'y a-t-il que les requins pour percevoir l’odeur du sang, que tu imaginais âcre et ferreuse. Tu vois l’eau changer peu à peu de couleur. Tu observes ton  liquide vital qui s'étale, dispersé par tes soins. Tu regardes l’intérieur de tes mains. Tu te regardes — car désormais tu n’es plus en toi-même.

Au fur et à mesure que tu te vides de ton sang, la baignoire s’emplit de celui de ta mère qui coule dans tes veines. Te voilà aussi légère qu’une plume, qu’un mouton de poussière, qu’un grain de pollen. Pas encore rien. Pas tout à fait. Tout est particulier en ce jour. Violente clairvoyance. Maman. Déjà vingt-huit ans. Incandescence de la flamme. Tout serait différent, tu le savais. Le grain de sucre brisé sous la dent qui fond sur ta langue. Le vide s'étale en toi comme la caresse matinale. Le chaud sur tes joues. Le soleil t'éblouit. Plus un gramme. Abaisse tes paupières. Tu vois rouge. Coucher de soleil sur les volets de tes yeux. Tu vois la nuit. C’est aujourd’hui. Joyeux anniversaire.

 

© Marie-Catherine Beluche

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Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Marie-Catherine Beluche, « Happy birthday » peinture par Edgar Degas (1834-1917), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 19 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/mcb-happybirthday

 

 

 

 

 

 

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19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 17:29

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Philosophies & sagesses en poésie | Spiritualités, croyances, religions & mysticismes en poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Sabines

 

 

 

 

 

 

Nouvelle inédite par

 

Denis Emorine

 

 

 

Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), illustration d'une nature morte de fleurs avec un papillon, peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

​​​​​


 

Elle était sortie de ma vie depuis cinq ans. Cinq ans déjà… Tout me rappelait ce bonheur défunt. La nuque d’une femme marchant devant moi  dans la rue, un parfum volatil, un sourire qui ne m’était pas destiné. Une ombre parfois… Je vivais dans le souvenir, dans son souvenir. Parfois, c’était insupportable. J’avais envie de hurler ma détresse au monde entier. J’étais devenu laconique, muré dans un silence destructeur. Ma vie avait basculé en quelque sorte. J’étais un autre homme à la personnalité fuyante, qui refusait toute compagnie.

Et puis, il y avait eu cette jeune femme, nouvelle venue dans l’immeuble, qui avait emménagé dans l’appartement voisin du mien. La première fois que je l’avais vue, je n’avais rien remarqué de particulier en elle et, c’est vrai, les femmes avaient cessé de m’intéresser, du moins essayais-je de m’en persuader. J’étais rentré tard, je n’avais plus d’horaires depuis la disparition de Sabine ; plus rien n’avait d’importance.

Elle était là, dans le couloir, à l’entrée, considérant les boîtes aux lettres avec attention à ce qu’il paraissait. L’air éperdu, elle m’a regardé brièvement puis elle a souri. J’ai détourné les yeux, voulant continuer mon chemin. Il me tardait de m’enfermer entre mes quatre murs avec une bouteille de Mercurey, l’un des vins préférés de Sabine qui était bourguignonne d’origine. Ce soir-là, j’ai dû vider la bouteille plus vite que d’habitude avant de sombrer dans le sommeil lourd de l’ivrogne qui n’a plus rien à perdre.

Je n’avais rien changé dans l’appartement depuis la disparition de ma compagne. J’avais songé à prendre une femme de ménage qui s’occuperait de mon intérieur mais l’idée qu’une autre aurait pu toucher, déplacer ses objets personnels m’était insupportable. Ses parfums et autres produits de toilette reposaient  dans la petite armoire de la salle de bains. Ses précieux bibelots ornaient toujours notre appartement. Je les époussetais soigneusement à intervalles réguliers.  Je n’avais pas eu le courage de l’exclure de ma vie davantage. Ses vêtements étaient toujours alignés dans le vieux placard de notre chambre, notamment cette robe mauve boutonnée sur le côté que j’aimais tant…Son sac à main dormait toujours dans le salon à la même place. Rien n’avait bougé. C’était le palais de la Belle au bois dormant sauf que les rôles étaient inversés puisque la Belle avait quitté le château à jamais.  J’avais l’illusion que je me réveillerais un matin avec Sabine à mes côtés, en train de me caresser les cheveux. Un peu comme dans un conte de fées.

 

Un soir, en rentrant du travail, j’avais entamé la bouteille de Mercurey comme à l’accoutumée puis j’ai entendu frapper à la porte. D’abord, je n’ai pas réagi. Depuis combien de temps n’avais-je pas entendu ce bruit ? Quelques instants plus tard, une voix féminine a retenti : « Monsieur…Monsieur ? Vous êtes là ? » Une voix jeune et mélodieuse qui me rappelait celle de quelqu’un. Je n’avais pas envie de bouger, pas le courage surtout. Etait-ce l’effet du vin ? Il me semblait que Sabine était assise à mes côtés sur le vieux canapé défoncé 

Qui  avait dû être vert.  A nouveau, j’entendis frapper à la porte et la même voix s’éleva : « Monsieur ?... »

J’ai réussi à  m’arracher au confort relatif du canapé hors d’âge. Elle était là… l’inconnue de l’immeuble qui m’avait souri un soir. Elle prononça ces quelques mots déconcertants : « C’est moi… »

 

J’étais troublé. D’abord, je ne sus quoi répondre puis je finis par articuler : « Qui…moi ? 

Sabine,  l’entendis-je répondre. Sabine, votre voisine. »

 

J’avais l’impression d’être dans un rêve. Il y avait ce prénom adoré prononcé par une femme inconnue. Inconnue… et pourtant…ce parfum, l’odeur de ce parfum de Dior m’était familière. La tête me tournait… Sabine, son parfum…Le parfum de Sabine…Tout vacillait et surtout mes certitudes.  Je crois que j’ai fini par m’évanouir.

Lorsque je me suis réveillé, elle était assise là, sur notre canapé, à sa place. J’avais la tête sur ses genoux et elle me souriait. La tête me tournait. Où étais-je ? Qui était cette femme ? «  Sabine », ai-je murmuré. Elle a souri encore une fois en me tendant un verre : « Buvez. Ḉa vous fera du bien. »

Je n’ai rien répondu. J’ai bu le breuvage sans savoir de quoi il s’agissait puis j’ai perdu connaissance. 

Le lendemain, un samedi, je me suis réveillé très tard, avec une violente migraine. J’avais dû imaginer les événements de la veille, le vin, peut-être. J’ai eu honte. Il y avait longtemps, si longtemps que je ne m’étais pas rendu sur la tombe de Sabine. Ces derniers temps, je l’avais négligée. Je me culpabilisais.

Il pleuvait. Une pluie fine et pénétrante. Le cimetière était à proximité de mon domicile. Marcher me ferait du bien, pensais-je. La tombe de la personne aimée n’était plus très loin lorsque je l’ai vue. C’était l’inconnue de la veille, celle qui avait perturbé mon existence de solitaire. Je n’avais donc pas rêvé ?... Elle m’a croisé avec toujours le même sourire aux lèvres : « Bonjour, murmura-t-elle, à une autre fois. » Je me retournai : elle avait disparu. La même odeur de parfum flottait dans l’air, imprégnant tout. Ce parfum…Le sien, celui de Sabine…Comment était-ce possible ? Il y avait un bouquet d’œillets blancs sur la tombe de mon amour. Ses fleurs préférées…Qui donc avait eu cette attention ?

Je ne comprenais plus rien. Quelque chose me dépassait. J’avais très envie d’emporter un des œillets blancs pour le déposer dans l’appartement afin de le garder jusqu’à ce qu’il se réduise en poussière, comme notre amour. Je ne l’ai pas fait. Je n’aimais pas ou plutôt je n’aimais plus les symboles même si notre vie en avait été parsemée comme autant de petits rites quotidiens censés unir les êtres. Je n’avais rien à opposer à la disparition de ma Sabine. J’aurais dû m’interroger sur l’apparition de l’inconnue dans ma vie, sur ce prénom qui était celui de ma compagne, sur  le parfum qui nous servait de trait d’union sans oublier la présence de ma voisine dans le cimetière, ce bouquet mystérieux… mais je n’en avais pas la force. Je survivais depuis cinq ans, rien de plus. Je n’avais jamais eu de goût pour les mystères je crois et encore moins pour les énigmes tellement notre vie à deux était placée sous le signe de la connivence, d’une forme de relation fusionnelle où tout était limpide.  Ma vie avait perdu son unité et toute signification. Tout autre que moi aurait cherché à en savoir plus sur l’inconnue, sur cet enchaînement de faits qui ne devait rien au hasard, l’aurait interrogée peut-être... Sabine, la vraie, avait disparu de ma vie ou plutôt elle était morte. Quoi d’autre. Plus rien n’avait d’importance désormais.

 

Ce soir-là, la jeune femme ne frappa pas à ma porte. Elle se contenta d’entrer, la bouteille de Mercurey à la main et me sourit. Sabine –puisque c’était son nom- s’assit à mes côtés sur ce vieux canapé que je n’aurais changé pour rien au monde. Nous n’échangeâmes aucune parole.  Je suppose qu’elle finit par s’en aller. Je me suis réveillé, hébété, sur ledit canapé. La bouteille était vide. Là encore, j’aurais pu avoir rêvé. L’odeur persistante du parfum de Sabine flottait dans l’air confiné de l’appartement. Tout était dans l’ordre. Dans l’ordre, oui mais lequel ?

Je m’aperçois que je n’ai donné aucune description des deux Sabine. A quoi bon ? La mienne était aussi blonde − une vraie blonde, je tiens à le préciser −  que l’inconnue était brune. Quelle importance ? Je subissais les événements. Je crois avoir parlé de mon peu d’intérêt pour la métaphysique. 

Un soir, ma voisine est entrée, la bouteille à la main. Je lui ai tendu le cadeau que je lui destinais, ce parfum de Dior qui nous tient presque lieu de langage. Elle m’a regardé, a souri sans prononcer un mot. Elle a commencé à se déshabiller sans cesser de me fixer des yeux. Ses yeux… c’est curieux, je n’arrive pas à leur donner une couleur précise. J’ai l’impression qu’elle change au gré des jours. Et ceux de Sabine ? Etaient-ils bleus, marron… ? J’ai oublié…

 

Sabine fait partie de ma vie depuis cinq ans à présent. Cinq ans déjà… Si quelqu’un me parlait d’une autre femme, endormie pour l’éternité dans le petit cimetière proche de mon domicile, j’en serais le premier étonné. Ma compagne aime particulièrement le Mercurey : elle est d’origine bourguignonne, elle utilise toujours le même parfum de Dior. Ah oui, j’oubliais… elle a une prédilection pour les œillets blancs.

 

© Denis Emorine

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Pour citer cette nouvelle engagée, illustrée & inédite

 

Denis Emorine, « Les Sabines », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menningermis en ligne le 19 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/emorine-lessabines

 

 

 

 

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19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 17:27

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Astres & animaux / Nature en poésie... & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux poèmes par Kang Byeong-Cheol

 

 

 

 

 

Deux poèmes, biographie traduits & image (fournie) par

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

Deux poèmes par

 

KANG Byeong-Cheol*

 

 

 

Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), illustration d'une nature morte de pappus & d’aigrettes de pissenlit avec un papillon, peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

 

Instant parfait  

 

 

Les pétales de la fleur, alourdis par la pluie,
sont fragiles mais beaux — ils restent en vie.

 

Ils brillaient autrefois sous la lumière éclatante —
maintenant, ils tombent en silence,
offrant leur chute avec humilité,
préparant le sol à l’abondance des fruits.

 

Tout suit les lois du changement,
tout s’écoule, sans exception.

Dans la lente chute des pétales,
on peut entrevoir les graines du fruit à venir.


 

Un instant parfait glisse avec une légère tristesse,
tandis que tout contient déjà la promesse de demain.

Dans la quête d’une vie en abondance,
les pétales tombent, sans laisser de trace.


 

 

La liberté des graines de pissenlit

 

 

Il n’y a pas d’amour sans liberté.
Tous les êtres,
suivant leurs propres sentiers,
respirent librement dans la lumière.

 

Le besoin d’attacher l’autre,
ce n’est que servitude,
une ombre de possession
indigne du nom d’amour.

 

Le pissenlit berce ses graines,
puis les laisse enfin partir,
dans le vent qui les disperse,
entre les doigts du ciel.

 

C’est cela, l’amour,
un lâcher-prise,
une confiance sans fin.

 

La liberté seule
est la source de la vie,
la première résonance de l’amour
et son dernier souffle.


 

Biographie

 

Le poète Dr. Kang Byeong-Cheol est un auteur coréen, né en 1964 à Jeju, en Corée du Sud. Il a publié un recueil de nouvelles en 2005 et a depuis remporté huit prix littéraires et publié plus de douze ouvrages. De 2009 à 2014, il a été membre du Comité des écrivains en prison (WiPC) du PEN International. Titulaire d’un doctorat en science politique, il occupe actuellement le poste de vice-président de l’Institut coréen pour la paix et la coopération ainsi que celui de vice-président du PEN de Jeju. Il est le président fondateur de l’Association coréenne de littérature mondiale.

 

 

© Biographie & poèmes traduits de l’anglais par Irina Moga, avec la permission de l’auteur.

* Kang Byeong-Cheol (Kang est le patronyme, Byeong-Cheol le prénom, à la manière coréenne).

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Pour citer ces poèmes & biographie traduits en français & illustrés

 

Irina Moga (poèmes & biographie traduits), « Deux poèmes par Kang Byeong-Cheol », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 19 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/irinamoga-kangbyeongcheol

 

 

 

 

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18 octobre 2025 6 18 /10 /octobre /2025 16:51

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » / Muses au masculin | Revue Culturelle des Continents | Annonces diverses / Avis de parution & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Varia & Actualité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vient de paraître aux éditions Mindset,

 

l’anthologie « Nos muses les murs »

 

coordonnée par Arwa BEN DHIA

 

 

 

 

Présentation & images par

 

Arwa Ben Dhia

 

Poète polyglotte, auteure, ingénieure, docteure en électronique & Ambassadrice de la Paix (CUAP) 

 

​​​​​Page Linkedin :

https://www.linkedin.com/in/arwa-ben-dhia-phd-0538b011/

 

 

 

© Crédit photo :  Première & quatrième de couverture illustrée de l'anthologie intitulée « Nos muses les murs » parue aux éditions Mindset, 2025.

 

Avis de parution

 

Une nouvelle anthologie intitulée « Nos muses les murs » vient de paraître aux éditions Mindset, coordonnée par moi (Arwa BEN DHIA), sous l'égide de l'association culturelle Apulivre en collaboration avec la revue Oyapock dirigée par Alexandra CRETTÉ outre-Atlantique.

 

Cette anthologie préfacée par Alexandra CRETTÉ, où les murs inspirent les poètes de presque tous les continents (d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique), petits et grands (puisque deux poétesses enfants y ont contribué), sera présentée et mise à la vente par l’association Apulivre lors de différents événements dont le premier est le salon du livre franco-amazigh se tenant à la mairie du 13è arrondissement de Paris le samedi 18 octobre de 13h à 19h

 

 

Coordinatrice

 

Arwa BEN DHIA est née en 1986 en Tunisie qu’elle quitte en 2009 pour poursuivre ses études d’ingénieur télécoms en France. Elle est docteure en électronique, ingénieure brevets, poète polyglotte, traductrice, autrice et préfacière de plusieurs recueils de poésies. Son dernier recueil « Les quatre et une saisons » coédité en octobre 2024 par les éditions du Cygne en France et les éditions Arabesques en Tunisie a reçu un Diplôme d’Honneur 2024 décerné par la Société des Poètes Français, ainsi que le prix littéraire Dina Sahyouni 2025 décerné par la SIÉFÉGP. Ce recueil, ainsi que son avant-dernier « Silence Orange » ont été transcrits en braille. Arwa a participé à plusieurs revues et anthologies poétiques. Elle est membre de plusieurs associations dont la Société des Gens de Lettres (SDGL) et la Société des Poètes Français (SPF). Arwa a aussi été honorée en 2025 par la distinction d’Ambassadrice de la Paix attribuée par le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix (CUAP) et a reçu le Prix de la Francophonie par la Société des Auteurs et Poètes de la Francophonie (SAPF).

 

 

Préfacière

 

Alexandra CRETTÉ, née à Aubervilliers en 1978, est autrice de poésie, de nouvelles, de théâtre. Elle est syndicaliste, anticolonialiste, féministe, traductrice, fondatrice et directrice depuis 2020 de la Revue Littéraire Oyapock. Coordinatrice Guyane pour le Mouvement Mondial de la Poésie depuis 2022, elle reçoit la Mention Spéciale du Prix International de poésie Balisaille pour son recueil « Par le regard de ces autres mal nés » en mai 2023. Alexandra vient de publier son deuxième recueil de poésies ​​​​​​​« Panoptica americana »  chez Atlantiques Déchaînés. Elle organise un festival international de poésie, le FIRO (Festival International de la Revue Oyapock), à Cayenne depuis 2024 et est elle-même invitée à différents festivals internationaux de poésie comme le Festival Internacional de Poesía de Medellín en Colombie (2023), le Festival Mondial de Caracas au Venezuela (2023 et 2025).

L’anthologie est en précommande sur le site de l’éditeur, URL : https://mindset-editions.com/catalogue/152-nos-muses-les-murs-anthologie.html

 

© Crédit photo :  Le visuel publicitaire de l'anthologie intitulée « Nos muses les murs » parue aux éditions Mindset, 2025.

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Pour citer cet avis de parution inédit & illustré

 

Arwa Ben Dhia (texte & images), « Vient de paraître aux éditions Mindset, l’anthologie « Nos muses les murs » coordonnée par Arwa BEN DHIA », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 18 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/abd-antho

 

 

 

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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