N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Bémols artistiques | Critique & réception / Chroniques de Camillæ
Sur la route des Princes voyageurs, de 1446 à 1560. Exposition au château d’Amboise, été 2026
Critique & photographies par
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© Crédit photo : Camille Aubaude, « Edouard Toudouze, "Le Mariage d’Anne de Bretagne"», photographie prise lors de l’exposition au château d’Amboise, été 2026, image no 1.
La ville d’Amboise reçoit plus d’un million de touristes par an, sans être cependant affectée par la nuisance du « surtourisme ».
Si vous voyagez là, retrouvez la route des Princes voyageurs ! L’exceptionnelle exposition dans les pièces du château royal s’ouvre par « l’usage raisonné de la guerre » du roi Louis XI pour réparer les malheurs de la guerre de Cent Ans. L’instabilité a renforcé des pouvoirs fragmentés auxquels personne ne comprend rien. L’œuvre de Louis XI consiste à stabiliser un pays en partie écroulé en fondant la Ligue du Bien. On note le clin d’œil à l’actualité.
Survient une floraison luxuriante nommée Renaissance. Le mariage de la duchesse Anne de Bretagne avec le roi de France Charles VIII scelle l’alliance des deux terres. Il les élève au-dessus de la guerre. « Le singulier voyage nuptial » de la duchesse Anne de Bretagne se déroule à la charnière des XVè et XVIè siècles. Son premier mariage par procuration avec Maximilien de Habsbourg a suscité la réaction du roi de France Charles VIII. Il assiège Rennes où réside la duchesse et finit par l’épouser. Elle est âgée de quatorze ans. Ce singulier mariage au château de Langeais est représenté sur un grand carton peint, commandé par le Parlement de Bretagne en 1901 :
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© Crédit photo : Camille Aubaude, « objets et portraits d’Anne de Bretagne», photographie prise lors de l’exposition au château d’Amboise, été 2026, image no 2.
Une somptuosité, avec les vêtements qui s’échappent d’un coffre. Le buste en bronze illustre la royauté et, symbole de la puissance et de la richesse de cette époque, un médaillon arbore le visage du roi et le visage de la reine.
À la mort de Charles VIII, en 1498, la reine de France dispose à nouveau de son duché. Elle y accomplit un premier voyage. Le second, en 1505, a pour raison officielle un pèlerinage pour la santé du roi Louis XII, le troisième époux. Une gracieuse carte de la Bretagne en retrace l’itinéraire avec des croix. Il est judicieux de faire du pèlerinage d’Anne de Bretagne, devenue reine de France, à Notre-Dame du Folgoët le trésor de cette exposition. La Bretagne magique et spirituelle n’enjoint pas à se tourner vers la conquête mais à porter le regard vers le ciel.
Débarqués au Brésil à la suite des Portugais (découverte de Cabral en 1500), les Français ont fondé en 1555 le fort de Coligny dans la baie de la future Rio de Janeiro. Malheureusement, le conflit intra-français entre catholiques et protestants induit l’échec, dès 1560, de ce « rêve d’une France Antarctique », dont l’héritage est singulièrement intellectuel : la fondation de l’ethnologie ! Ces retours de flamme, puissants appels de thanatos, s’accompagnent aussi de fêtes et divertissements à la française... Ainsi l’inoubliable parade de trois cents Amérindiens à Rouen, le 1er octobre 1550 :
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© Crédit photo : Camille Aubaude, « À Rouen », photographie prise lors de l’exposition au château d’Amboise, été 2026, image no 3.
La plupart sont des Français déguisés, mais une cinquantaine de Tupinikins ont fait le voyage. L’esprit léger, frondeur et incroyant des Français est alors dans les limbes. Cette exposition invite aussi à réfléchir aux expéditions scientifiques actuelles. Des pièces superbes sont prêtées pour l’occasion, telle une bourguinotte au griffon qui emblématise cette représentation du pouvoir des princes et princesses qui sont partis à la découverte du monde :
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© Crédit photo : Camille Aubaude, « Bourguinotte au griffon » de Giovanni Paolo Negroli (Milan, v. 1540), photographie prise lors de l’exposition au château d’Amboise, été 2026, image no 4.
Le royaume de France, anéanti à la fin du XVIIIè siècle, est donc magnifié par le voyage. Les vertus n’étaient pas corrompues comme au temps de Charles VII, un règne de « collaboration » où Alain Chartier (Bayeux, v. 1385—Avignon v. 1430) ne voyait qu’une « larroniere » nourrissant le peuple d’hideuses chimères. « Défiance, Indignation, Désespérance » mettent à mal « Dame Nature ». Son Livre d’Espérance (1429) est illustré par ces expéditions lorsque le France s’est délivrée des malheurs de la Guerre de Cent Ans.
Que l’on y réfléchisse à l’heure où :
Les idolâtres du béton aiment la science ultra moderne.
Ils prennent l’avion pour étudier les civilisations « ancestrales »
et construisent des musées. Techniques des nouveaux Croisés, nouveaux colons, armes des bouchers de la Terre.
© Camille Aubaude, été 2026.
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Pour citer ce texte illustré & inédit
Camille Aubaude (texte & photographies), « Sur la route des Princes voyageurs, de 1446 à 1560. Exposition au château d’Amboise, été 2026 », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet, mis en ligne le 21 septembre 2026. URL :
https://www.pandesmuses.fr/2026noiii/ca-expo-surlaroute
Mise en page par David
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