10 septembre 2026 4 10 /09 /septembre /2026 16:44

N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossier majeur | Articles & témoignages | Revue Matrimoine & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Dictionnaire / Biographie

 

 

 

 

 

 

 

Vie & œuvre d'Anna Keiko – Portrait

d'une voix poétique universelle


 

 

 

 

Portait biographique suivi d'une critique littéraire & photo de la poétesse & peintre chinoise Anna Keiko par

 

Jesús Rafael Marcano Guzmán

 

Écrivain, poète & orientaliste vénézuélien, pratiquant le Xiulian

 

 

 

© Crédit photo : Portait de la poète Anna Keiko. image jointe à l'article.

​​​​

 

 

Anna 惠子 (nom de naissance Wang Xianglian), Anna Keiko, dont les noms, tant artistique que réel, portent des significations transcendantales, presque fantastiques et mythiques : la grâce qui vient d'en haut et l'enfant bénie qui sème la lumière à chaque pas. Anna Huizi : la bonté faite présence, la dame qui sème la vertu dans chaque vers. Wang Xianglian : le lotus qui naît de la boue, parfume le silence et élève sa corolle vers l'éternité. Trois noms, une même essence : la poète qui fleurit dans la parole.

 

Anna Keiko et Anna Huizi sont deux variantes du pseudonyme littéraire de la poète et peintre chinoise Wang Xianglian. Selon le contexte, elle utilise Anna Keiko dans les cercles internationaux ou Anna Huizi pour signer ses poèmes en chinois et se présenter lors de festivals littéraires. Les deux noms coexistent comme expressions d'une même identité artistique, tandis que Wang Xianglian est son nom et prénom réels, qu'elle porte avec fierté comme faisant partie de sa lignée familiale et de son héritage chinois.

 

Anna est un nom d'origine hébraïque qui signifie « pleine de grâce » ou « favorisée par Dieu », évoquant une lumière qui descend et bénit. Keiko est un nom d'origine japonaise qui signifie « enfant bénie » ou « enfant heureuse », renforçant l'idée d'une personne illuminée et chanceuse. Huizi, quant à lui, est composé des caractères chinois 惠 (Huì), qui signifie bonté, grâce et bienfait, et 子 (Zǐ), un suffixe honorifique qui, dans la tradition chinoise, était utilisé pour traiter avec respect les grands maîtres et sages, et qui, dans les prénoms féminins, apporte une tonalité élégante, raffinée et littéraire, comme pour dire « dame de » ou « maîtresse en ».

 

Le nom de famille 汪 (Wāng) évoque l'immensité et la profondeur de l'eau, suggérant une nature vaste et sereine. Le caractère 香 (Xiāng) signifie odorant ou parfum, et symbolise la beauté subtile, la pureté spirituelle et une présence qui dure dans le temps. Enfin, 莲 (Lián) est le lotus, fleur sacrée dans la culture chinoise et bouddhiste, qui pousse dans la boue mais fleurit immaculée, symbole de pureté, d'illumination et de résilience.

 

Ainsi, Anna Keiko, Anna Huizi et Wang Xianglian sont trois visages d'une même âme : la grâce divine et la vertu humaine, le parfum du lotus qui naît de la terre et s'élève vers le ciel, un pont entre l'Orient et l'Occident tissé de mots et de silences.

 

Anna Keiko est poétesse, peintre et éditrice internationale, vit actuellement à Shanghai. Elle est la fondatrice de l'ACC Shanghai Huifeng International Literature Society, dont elle assure la présidence et la direction éditoriale. Elle est représentante pour la Chine de la maison d'édition espagnole ITHACA, directrice des affaires internationales pour la North American Poetry Association, et membre du conseil d'administration du China Youth Literature Journal.

 

Promotrice active de la poésie mondiale, Anna 惠子 a reçu plus de 50 prix internationaux de poésie, parmi lesquels le « Prix spécial de l'ambassadeur international de la paix pour contribution exceptionnelle » certifié par l'UNESCO, le prix international Montale – « Os de seiche » (Italie), le « Prix d'excellence exceptionnelle en poésie » décerné par l'American Cross-Cultural Association (pour la première fois en plus de 50 ans à un poète chinois), ainsi que le « Prix d'excellence pour contribution culturelle et littéraire » en Indonésie. Elle a été nommée candidate au prix Nobel de littérature 2020.

 

Ses poèmes ont été traduits en plus de 40 langues et publiés à plus de 2 000 reprises dans plus de 800 périodiques à travers 70 pays. Elle a publié 10 recueils personnels en chinois, anglais, italien, espagnol et albanais, et a dirigé ou participé à la compilation de plusieurs dizaines d'anthologies. Elle a également conçu et publié l'anthologie Chinese Contemporary English Poetry Selection – Dragon Song, qui réunit 30 poètes.

 

En février 2026, l'ancienne résidence de Fu Lei à Pudong (Shanghai) a accueilli une exposition de poésie et une série d'événements autour de son œuvre, durant un mois et demi.

 

En 2024, elle a été inscrite parmi les 50 personnalités culturelles mexicaines d'origine asiatique. En 2025, elle figure parmi les 100 personnalités littéraires les plus influentes de Barcelone.

 

Au cours de l'année 2026, Anna Keiko, accompagnée d'autres poètes chinois et vénézuéliens, a participé à la 36e édition du Festival de Poésie de Medellín, chapitre Venezuela-Chine, sous la présentation de Gladys Cardozo et sous la coordination de l'orientaliste, dévot pratiquant de Xiulian et actuellement ambassadeur culturel Venezuela-Asie pour le Mouvement Artistique International EIDOS, Jesús Rafael Marcano Guzmán, également connu sous son pseudonyme littéraire Lin Xianhe (林仙鹤) ou encore sous le nom de « Le Samouraï sud-américain ». Le 36e Festival de Poésie de Medellín, chapitre Venezuela-Chine, a été représenté par différentes institutions, organisations et groupes culturels internationaux tels que le Mouvement Artistique International EIDOS (Paris, France), la SIDEH (Société Internationale des Écrivains Hispanophones), le WPM (World Poetry Movement) et Ecos del Alma.

 

Elle est également l'auteure de critiques poétiques, de proses et de pièces de théâtre.

 

Ses poèmes transcendent l'humanité elle-même et s'élèvent vers le Divin. Voici l'un des poèmes d'Anna Keiko :

 

Le silence d'un brin d'herbe

 

par Anna 惠子


 

Il n'a pas la robustesse du pin,

ni la fragilité du cerisier en fleurs.

Brindille au bord du chemin,

maintes fois courbé par le vent,

piétiné sans pitié par des pas indifférents,

écrasé sous le givre et la neige jusqu'à la poussière,

jusqu'à ce que tempête après tempête

emporte la terre épaisse qui l'enserrait.

 

Quant au printemps –

il ne sait qu'en dire.

 

6 juin 2026


 

Ainsi, l'œuvre d'Anna Keiko est une inspiration divine, les dieux eux-mêmes se manifestant dans le monde humain. Ses peintures sont l'image même des divinités, et sa voix est le chant des Muses de l'Olympe.

 

© Jesús Rafael Marcano Guzmán

 

 

Jesús Rafael Marcano (nom de plume : Lin Xianhe 林仙鹤, également connu sous le nom de « Samouraï sud-américain »)

 

Né à Maturín, dans l'État de Monagas, au Venezuela (1993). Poète et pratiquant de Xiulian, artiste en origami et mangaka. Ses écrits sont principalement mystiques, philosophiques, fantastiques et apologétiques.

 

Son œuvre navigue naturellement entre le haïku japonais, la poésie classique chinoise et la réflexion spirituelle, nourrie par sa pratique constante du QiGong. Son livre le plus emblématique, Hanasaki (2021), est un recueil de poèmes de forme traditionnelle japonaise qui dialogue en esprit avec le Tao Te Ching de Lao Tseu, révélant une voix qui cherche l'essence dans la retenue et le silence. Avec Hanasaki est fondé un courant poétique maturinois : le « Jaykisme ».

 

Ses poèmes de style haïku japonais ont été publiés dans la revue ACC International Online Poetry Journal (国际在线诗刊), fondée par la poétesse et peintre chinoise Anna Keiko (Chine, 2026). Il a également publié des recherches dans des médias spécialisés sur l'influence de la religion et de la philosophie chinoises dans la culture et le langage pour l'Association des Collèges Chinois en Espagne ; l'un de ces essais a été traduit en français et paru dans la revue TingaNews (Burkina Faso, 2026). Il collabore également régulièrement avec la revue China Bambú, Dragones y Tinta (Espagne, 2025), où il a abordé aussi bien le genre du haïku et ses racines chinoises, qu'un article sur la lignée des arts martiaux classiques chinois. Ses écrits sont également parus sur le portail Japón desde Japón (2025) et dans le journal espagnol Siglo XXI.

 

 

—————

  

Pour citer ce portrait illustré & inédit

 

Jesús Rafael Marcano Guzmán (texte & photographie), « Vie et œuvre d'Anna Keiko – Portrait d'une voix poétique universelle », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 10 septembre 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noiii/jrmg-annakeiko

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour aux sommaires des Numéros III & 5 ▼Liens à venir

18 mars 2026 3 18 /03 /mars /2026 13:54

Événements poétiques | NO II / Hors-Série 2026 | Festival International Megalesia 2026 « Poétique Printanière » | Entretiens poétiques, artistiques & féministes | Dossier mineur | Articles & témoignages / Le Printemps des Poètes


 

 

 

 

 

 

 

Rencontre avec la poète serbe Nina Živančević

 

 

 

 

 

Propos recueillis & image fournie par

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poète serbe Nina Živančević.


Biographie de l’invitée

 

Poète d’origine serbe, Nina Živančević a publié une vingtaine de recueils de poésie, pour la plupart dans sa langue maternelle, mais aussi en anglais. Sa poésie à forte teneur humaniste, traduite en français, est un apport substantiel à la langue de Molière. Elle a enseigné la littérature et le film d’avant-garde à la Sorbonne et en ce moment elle fait partie du conseil théorique à la maison d’Éditions Erratum Press. Nous avons eu l’heur de l’interviewer.

 

 

Entrevue 

 

Maggy De Coster : En tant qu’universitaire, vous avez un parcours très riche. Que pouvez-vous nous en dire ?

 

Nina Živančević : Ça dépend du champ d’intérêt  de l’interrogateur. Je me suis intéressée depuis toujours aux soi-disant « avant-gardes » : les avant-gardes historiques et ceux de notre époque donc nos avant-gardes contemporains. Mais comme j’ai travaillé à New York pendant 20 ans, mon cœur est resté toujours proche de l’Expressionnisme et du Néo-expressionnisme. Quand je pense aux équivalents en France et plutôt en poésie, l’expressionnisme correspond au travail de René Schickele.

 

 

MDC : Comment êtes-vous venue à la poésie et comment la vivez-vous ?

 

NZ : Je crains que mes réponses soient toutes liées à mon amour pour ledit Expressionnisme. J’ai eu un penchant pour une poésie d’expression forte quand j’étais jeune fille et cet éveil, je le dois à mon père, Vladimir Živančević, qui fut un des derniers surréalistes.

 

 

MDC : Personne n’a la science infuse, dit-on. Alors en tant que poète cosmopolite, quels sont les poètes qui vous ont le plus influencée ?

 

NZ : En effet, il y  a un très grand nombre de poètes qui ont laissé leurs traces sur ma poésie. Cela dit, je suis très consciente de l’héritage poétique d’Ovide, de Propertius de la Rome antique ; de Villon, de Dante, de Shakespeare et de John Donne pour les époques suivantes. Au sujet des poètes d'expression allemande, citons Goethe, Hölderlin et Celan. Ensuite il y a tous les poètes modernes et postmodernes d’expression slave, surtout les poétesses comme Marina Tsvetaïeva, Anna Akhmatova et Zinaïda Hippius et aussi de nombreux  poètes dits « de bibliothèque Orientale », notamment les poètes persans comme Rûmî, Hafiz et Kabir que j’ai tenté de transposer en serbe, ma langue maternelle.


 

MDC : Parmi les poètes surréalistes, lesquels vous ont le plus marquée ?

 

NZ : C'est une bonne question ! Les poètes surréalistes que j'admire ne sont pas nécessairement ceux qui ont profondément marqué ma poésie ; disons que j'admire René Char et Robert Desnos, mais on peut retrouver dans ma prose des influences cachées de Gherasim Luca, d’Alain Jouffroy et de Nanos Valaoritis, je ne sais pas, je les aime tous, car ils parlent de mon inconscient.

 

 

MDC : Quel rôle la poésie peut-elle jouer en temps de guerre ?

 

NZ : Elle peut jouer un rôle énorme.  La poésie parle toujours de l'espoir, de la lutte contre la tyrannie, de la liberté du corps et de l'âme et elle est le dernier hébergement de l'humanité à l’ère de l'oppression technologique.

 

 

MDC : Selon Dostoïevski dans l’Idiot «  la beauté sauvera le monde » ; la beauté de poésie peut-elle sauver le monde ?

 

N Z : Absolument ! C'est peut-être son rôle principal, et dans son rôle de sauveur du monde 'immonde', la beauté  provient  seulement de nos mots et de la littérature, et elle héberge toutes les facettes des  arts vivants. 

 

 

© Propos recueillis par Maggy De Coster

 

***​​​​​​

  

Pour citer cet entretien poétique, pacifique, engagé, illustré & inédit

 

Maggy De Coster, « Rencontre avec la poète serbe Nina Živančević »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 18 mars 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia26/2026noii/mdc-ninazivancevic

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour à la Table du festival Megalesia 2026 ▼ Lien à venir

28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 18:38

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Florilège | Revue Poépolitique | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Hommage poétique & artistique de Leïla Shahid

 

 

 

 

Hommage poétique par

 

Abdellatif Laâbi

 

Hommage pictural par

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète, artiste peintre & photographe

Sociologue-conseiller au Palais de l’Elysée pendant la présidence de François Hollande

 

 

 

​​​© Crédit photo : Mustapha Saha, portrait pictural de LEÏLA SHAHID. Peinture sur toile, dimensions : 65 x 50 cm.

 

 

Notre boussole.

 

Par Abdellatif Laâbi.

 

 

« Tu n’es pas partie

Tu ne nous as pas quittés

Tu n’as pas tiré ta révérence

Tu n’as pas disparu

Tu ne t’es pas tue

En retournant à la poussière

Tu es restée entière

Tu n’as pas sombré dans le néant

Tu n’as renoncé à rien

Tu es toujours éloquente

Juste

Rebelle

Amoureuse de la terre que tu as défendue

Jusqu’à la dernière pulsation de tes veines

Et dans ce monde cruel

Où les plus vaillants d’entre nous

Ne savent où donner de la tête

Tu es

Et restera

Notre boussole »

 

© Abdellatif Laâbi, 2026.

 

—————

Pour citer ces poème & illustration élégiaques, engagés & inédits

 

Abdellatif Laâbi (poème) & Mustapha Saha (peinture),  « Hommage poétique & artistique de Leïla Shahid  », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I «  CRÉATRICES DE BOUQUETS  » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 28 février 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/ms-hommage

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour aux Sommaires des numéros I|2026 & 5▼ Liens à venir

20 février 2026 5 20 /02 /février /2026 17:22

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Critique & réception | Dossiers majeur & mineur | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Critiques poétiques & artistiques

 

 

 

 

 

 

 

BAYT – Habiter le poème

de Nour CADOUR 

 

 

 

 

 

Article & images (fournies) par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture du recueil de poèmes BAYT – Habiter le poème de Nour Cadour. Œuvre bilingue français-arabe, traduit par le poète et metteur en scène Moez Awled Ahmed, parue dans la collection « La Lune sur un plateau » des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2025.

 

 

Une maison de langue à parcourir

 

Avec BAYT – Habiter le poème, Nour Cadour propose bien plus qu’un recueil : une demeure poétique à traverser. L’ouvrage, bilingue français-arabe, associe chaque poème écrit en français par l’autrice à sa traduction arabe réalisée par le poète et metteur en scène Moez Awled Ahmed. Cette disposition invite à une lecture libre : séparée, successive ou parallèle, selon le rythme et la sensibilité du lecteur. Chaque texte devient ainsi un espace intérieur à investir.

 

 

Une poétique annoncée dès la couverture

 

La couverture impose un bleu profond, méditatif, qui apaise autant qu’il interroge. Le titre BAYT, en capitales noires, évoque une architecture stable, presque sacrée, tandis que le sous-titre Habiter le poème agit comme une déclaration d’intention. Le poème n’est pas un objet figé : il est un lieu de vie.

Ce bleu fait écho au précédent recueil de Nour Cadour, Le bleu de la mer s’est enfui, et convoque des images récurrentes de son univers : la mer, la nuit, la lune, les espaces de veille et d’errance intérieure. Il symbolise l’entre-deux : entre mémoire et présent, exil et ancrage, traversée et refuge.

Le recueil comme architecture intérieure

 

La structure du livre épouse explicitement la métaphore de la maison. Le lecteur est guidé à travers différentes « pièces », qui organisent le parcours poétique :

 

  • L’entrée (Matkhal al-Bayt) : le seuil, lieu d’accueil et d’ouverture.
  • Le salon (Saaloun al-Bayt) : espace de circulation, de dialogue et de partage.
  • La cuisine (Al-Matbahu) : lieu de transformation, où la langue et l’expérience se métamorphosent.
  • La salle de bain (Al-Hamam) : espace d’intimité, de purification et de vulnérabilité.
  • La chambre (Al-Ghorfatu) : lieu du repos, de la mémoire et des confidences.
  • La sortie (Khuruj) : passage vers l’extérieur, ouverture et traversée.

 

À cette progression s’ajoutent les présentations de l’autrice, du traducteur et de la collection La Lune sur un plateau (7ᵉ collection des éditions Les Carnets du Dessert de Lune). L’ensemble compose une maison cohérente et hospitalière, où chaque étape a sa fonction symbolique.

 

 

Des poèmes brefs, sans titre, ouverts au lecteur

 

Les poèmes sont courts, souvent contenus sur une page ou une demi-page, et délibérément sans titre. Cette brièveté renforce leur intensité et leur disponibilité. La mise en regard du français et de l’arabe permet une circulation fluide entre les langues : le lecteur n’est jamais enfermé dans une seule voie de lecture.

Chaque poème fonctionne comme une pièce autonome : un lieu intime, mais jamais clos, que chacun peut habiter selon sa propre expérience.

 

© Crédit photo : Sublime portrait artistique & floral de la poétesse Nour Cadour entourée par ses recueils de poésie et des fleurs.

 

 

Une écriture de l’intime à portée universelle

 

La poésie de Nour Cadour s’enracine dans l’intime tout en s’ouvrant à l’universel. Les motifs de la lune, du seuil et de la maison traversent le recueil comme des figures de veille et de protection. La parole poétique devient hospitalière : elle accueille l’autre, le lecteur, et lui permet de reconnaître sa propre maison dans celle du poème.

 

 

Une voix et une traduction en dialogue

 

Nour Cadour, poétesse et romancière franco-syrienne née en 1990, développe une écriture singulière à la croisée de la médecine et de la poésie, attentive au corps autant qu’à la langue. Son parcours, marqué par de nombreuses publications et distinctions, éclaire la profondeur de ce recueil.

La traduction arabe de Moez Awled Ahmed ne se limite pas à un transfert linguistique : elle constitue un véritable geste poétique. Elle réactive la mémoire du texte, l’inscrit dans un dialogue interculturel et élargit l’espace du poème entre France, Syrie et Tunisie.

 

 

Habiter le monde par le poème

 

 

Reçu symboliquement le 18 décembre 2025, journée internationale de la langue arabe et journée internationale des migrants, BAYT – Habiter le poème prend une résonance particulière. Le recueil affirme que la poésie peut être un lieu : un espace de résistance douce, de transmission et de partage. Habiter le poème, ici, revient à habiter le monde autrement, par la langue et par l’écoute…par la poésie.

 

© Hanen Marouani

 

—————

Pour citer cet article illustré, engagé, métapoétique & inédit

 

Hanen Marouani (texte & images fournies) « BAYT – Habiter le poème de Nour CADOUR », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I «  CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 20 février 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/hm-nc-bayt

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour aux Sommaires des numéros I|2026 & 5▼ Liens à venir

21 janvier 2026 3 21 /01 /janvier /2026 09:00

N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Florilège / Le Printemps des Poètes 2026 | Philosophies & sagesses en poésie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations  poétiques

 

 

 

 

 

 

 

La liberté diverge sous les cieux

 

 

 

 

 

Portrait poétique par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 
 

 

Crédit photo : Alphonse Mucha (dit Alfons ou Alphons, 1860-1939), Allégorie du « Printemps » dans la série des peintures-affiches « Les Saisons » de 1896. Cette affiche est tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits du Web.

 

 

La liberté diverge sous les cieux 

Elle se rétracte ou s’agrandit

Elle change de couleur à chaque saison

Elle est vice ou vertu

Elle est peau de chagrin ou pot de verdure

Elle est fétu de paille ou paillette d’or

Elle est espoir en maille serrée

Elle est châle de beauté

Mais jamais chape de plomb

 

 

© Cet extrait poétique provient de Maggy De Coster, « Déclinaison du verbe », Éditions Unicité, 2018 avec l’aimable accord de la poète et des éditions Unicité.

 

Poème choisi pour le recueil sur le thème de la liberté du festival Le Printemps des poètes 2026.

—————

Pour citer ce poème engagé, illustré

 

Maggy de Coster, « La liberté diverge sous les cieux », illustration par Alphonse Mucha (1860-1939), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 21 janvier 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/mdc-laliberte

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour aux Sommaires des numéros I|2026 & 5▼ Liens à venir

Bienvenue !

Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).

LPPDM, SEPTEMBRE 2026

La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

 

Rechercher

Publications

 

Dernière nouveautés en date :

VOUS POUVEZ DÉSORMAIS SUIVRE LE PAN POÉTIQUE DES MUSES  SUR INSTAGRAM

Info du 29 mars 2022.

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

 CopyrightFrance.com

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

À La Une