20 février 2026 5 20 /02 /février /2026 17:22

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Critique & réception | Dossiers majeur & mineur | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Critiques poétiques & artistiques

 

 

 

 

 

 

 

BAYT – Habiter le poème

de Nour CADOUR 

 

 

 

 

 

Article & images (fournies) par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture du recueil de poèmes BAYT – Habiter le poème de Nour Cadour. Œuvre bilingue français-arabe, traduit par le poète et metteur en scène Moez Awled Ahmed, parue dans la collection « La Lune sur un plateau » des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2025.

 

 

Une maison de langue à parcourir

 

Avec BAYT – Habiter le poème, Nour Cadour propose bien plus qu’un recueil : une demeure poétique à traverser. L’ouvrage, bilingue français-arabe, associe chaque poème écrit en français par l’autrice à sa traduction arabe réalisée par le poète et metteur en scène Moez Awled Ahmed. Cette disposition invite à une lecture libre : séparée, successive ou parallèle, selon le rythme et la sensibilité du lecteur. Chaque texte devient ainsi un espace intérieur à investir.

 

 

Une poétique annoncée dès la couverture

 

La couverture impose un bleu profond, méditatif, qui apaise autant qu’il interroge. Le titre BAYT, en capitales noires, évoque une architecture stable, presque sacrée, tandis que le sous-titre Habiter le poème agit comme une déclaration d’intention. Le poème n’est pas un objet figé : il est un lieu de vie.

Ce bleu fait écho au précédent recueil de Nour Cadour, Le bleu de la mer s’est enfui, et convoque des images récurrentes de son univers : la mer, la nuit, la lune, les espaces de veille et d’errance intérieure. Il symbolise l’entre-deux : entre mémoire et présent, exil et ancrage, traversée et refuge.

Le recueil comme architecture intérieure

 

La structure du livre épouse explicitement la métaphore de la maison. Le lecteur est guidé à travers différentes « pièces », qui organisent le parcours poétique :

 

  • L’entrée (Matkhal al-Bayt) : le seuil, lieu d’accueil et d’ouverture.
  • Le salon (Saaloun al-Bayt) : espace de circulation, de dialogue et de partage.
  • La cuisine (Al-Matbahu) : lieu de transformation, où la langue et l’expérience se métamorphosent.
  • La salle de bain (Al-Hamam) : espace d’intimité, de purification et de vulnérabilité.
  • La chambre (Al-Ghorfatu) : lieu du repos, de la mémoire et des confidences.
  • La sortie (Khuruj) : passage vers l’extérieur, ouverture et traversée.

 

À cette progression s’ajoutent les présentations de l’autrice, du traducteur et de la collection La Lune sur un plateau (7ᵉ collection des éditions Les Carnets du Dessert de Lune). L’ensemble compose une maison cohérente et hospitalière, où chaque étape a sa fonction symbolique.

 

 

Des poèmes brefs, sans titre, ouverts au lecteur

 

Les poèmes sont courts, souvent contenus sur une page ou une demi-page, et délibérément sans titre. Cette brièveté renforce leur intensité et leur disponibilité. La mise en regard du français et de l’arabe permet une circulation fluide entre les langues : le lecteur n’est jamais enfermé dans une seule voie de lecture.

Chaque poème fonctionne comme une pièce autonome : un lieu intime, mais jamais clos, que chacun peut habiter selon sa propre expérience.

 

© Crédit photo : Sublime portrait artistique & floral de la poétesse Nour Cadour entourée par ses recueils de poésie et des fleurs.

 

 

Une écriture de l’intime à portée universelle

 

La poésie de Nour Cadour s’enracine dans l’intime tout en s’ouvrant à l’universel. Les motifs de la lune, du seuil et de la maison traversent le recueil comme des figures de veille et de protection. La parole poétique devient hospitalière : elle accueille l’autre, le lecteur, et lui permet de reconnaître sa propre maison dans celle du poème.

 

 

Une voix et une traduction en dialogue

 

Nour Cadour, poétesse et romancière franco-syrienne née en 1990, développe une écriture singulière à la croisée de la médecine et de la poésie, attentive au corps autant qu’à la langue. Son parcours, marqué par de nombreuses publications et distinctions, éclaire la profondeur de ce recueil.

La traduction arabe de Moez Awled Ahmed ne se limite pas à un transfert linguistique : elle constitue un véritable geste poétique. Elle réactive la mémoire du texte, l’inscrit dans un dialogue interculturel et élargit l’espace du poème entre France, Syrie et Tunisie.

 

 

Habiter le monde par le poème

 

 

Reçu symboliquement le 18 décembre 2025, journée internationale de la langue arabe et journée internationale des migrants, BAYT – Habiter le poème prend une résonance particulière. Le recueil affirme que la poésie peut être un lieu : un espace de résistance douce, de transmission et de partage. Habiter le poème, ici, revient à habiter le monde autrement, par la langue et par l’écoute…par la poésie.

 

© Hanen Marouani

 

—————

Pour citer cet article illustré, engagé, métapoétique & inédit

 

Hanen Marouani (texte & images fournies) « BAYT – Habiter le poème de Nour CADOUR », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I «  CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 20 février 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/hm-nc-bayt

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour aux Sommaires des numéros I|2026 & 5▼ Liens à venir

19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 17:27

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Astres & animaux / Nature en poésie... & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux poèmes par Kang Byeong-Cheol

 

 

 

 

 

Deux poèmes, biographie traduits & image (fournie) par

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

Deux poèmes par

 

KANG Byeong-Cheol*

 

 

 

Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), illustration d'une nature morte de pappus & d’aigrettes de pissenlit avec un papillon, peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

 

Instant parfait  

 

 

Les pétales de la fleur, alourdis par la pluie,
sont fragiles mais beaux — ils restent en vie.

 

Ils brillaient autrefois sous la lumière éclatante —
maintenant, ils tombent en silence,
offrant leur chute avec humilité,
préparant le sol à l’abondance des fruits.

 

Tout suit les lois du changement,
tout s’écoule, sans exception.

Dans la lente chute des pétales,
on peut entrevoir les graines du fruit à venir.


 

Un instant parfait glisse avec une légère tristesse,
tandis que tout contient déjà la promesse de demain.

Dans la quête d’une vie en abondance,
les pétales tombent, sans laisser de trace.


 

 

La liberté des graines de pissenlit

 

 

Il n’y a pas d’amour sans liberté.
Tous les êtres,
suivant leurs propres sentiers,
respirent librement dans la lumière.

 

Le besoin d’attacher l’autre,
ce n’est que servitude,
une ombre de possession
indigne du nom d’amour.

 

Le pissenlit berce ses graines,
puis les laisse enfin partir,
dans le vent qui les disperse,
entre les doigts du ciel.

 

C’est cela, l’amour,
un lâcher-prise,
une confiance sans fin.

 

La liberté seule
est la source de la vie,
la première résonance de l’amour
et son dernier souffle.


 

Biographie

 

Le poète Dr. Kang Byeong-Cheol est un auteur coréen, né en 1964 à Jeju, en Corée du Sud. Il a publié un recueil de nouvelles en 2005 et a depuis remporté huit prix littéraires et publié plus de douze ouvrages. De 2009 à 2014, il a été membre du Comité des écrivains en prison (WiPC) du PEN International. Titulaire d’un doctorat en science politique, il occupe actuellement le poste de vice-président de l’Institut coréen pour la paix et la coopération ainsi que celui de vice-président du PEN de Jeju. Il est le président fondateur de l’Association coréenne de littérature mondiale.

 

 

© Biographie & poèmes traduits de l’anglais par Irina Moga, avec la permission de l’auteur.

* Kang Byeong-Cheol (Kang est le patronyme, Byeong-Cheol le prénom, à la manière coréenne).

—————

Pour citer ces poèmes & biographie traduits en français & illustrés

 

Irina Moga (poèmes & biographie traduits), « Deux poèmes par Kang Byeong-Cheol », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 19 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/irinamoga-kangbyeongcheol

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour aux Sommaires des numéros IV & 5▼ Lien à venir

16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 18:01

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Astres & animaux / Nature en poésie... & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux poèmes par Yang Geum-Hee

 

 

 

 

 

Deux poèmes, biographie traduits & image (fournie) par

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

Deux poèmes par

 

YANG Geum-Hee*

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de l’autrice Yang Geum-Hee.

 

 

 

Nids d’oiseaux

 

 

 

Les oiseaux ne bâtissent pas leur demeure
pour eux-mêmes,
mais pour leurs petits.
Ils tressent leurs nids dans les buissons,
ou nichent au creux des arbres,
et s’y réchauffent, cœur contre cœur.

 

De cette tendresse naît leur force :
ils deviennent le vent,
ils deviennent les nuages,
ouvrant leur voie vers l’azur.

 

Car ils le savent — leur destin est l’essor,
et jamais un nid n’est fait pour y rester.


 

 

Rêve de la déesse du printemps

 

 

Perséphone, fille de Zeus et Déméter,
Quelles couleurs composent la lassitude de la déesse du printemps ?
Parmi les forsythias d’or et les violettes,
Éclosent cerisiers et fleurs aux tons pourpres.
Mais près de la pierre mélancolique, sous l’arbre,
L’après-midi parle une langue solitaire.

 

Les nuages errent, vagabonds du ciel,
Prenant forme, se dissipant sans fin.
Mille ans ont passé — puis mille encore —
À méditer dans l’herbe, on rêve à la déesse du printemps.

 

Les grains de sable roulent sans repos, encore et encore,
Forgeant des mondes nouveaux à chaque tour dans ses songes.
Les vents de printemps frappent le dos de l’arbre,
Et dans l’après-midi muet, le printemps parle une langue voilée.

 

 

 

Biographie 

 

La poétesse Mme Yang Geum-Hee a publié quatre recueils de poésie et a remporté huit prix littéraires. Elle a été la présidente fondatrice de l’Association Littéraire d’Ieodo, rédactrice en chef de Jejuin News, chercheuse au Centre Jeju Sea Grant, professeure invitée à l’Université Internationale de Jeju, ainsi que la deuxième présidente de l’Association Coréenne de Littérature Mondiale.
Actuellement, elle est éditorialiste pour le Samda Ilbo, douzième présidente de Jeju PEN, et vice-présidente de la Coopération pour la paix en Corée.
Sa poésie a été traduite et présentée dans de nombreux pays.

 

 

© Biographie & poèmes traduits de l’anglais par Irina Moga, avec la permission de l’autrice.

* Yang Geum-Hee (Yang est le patronyme, Geum-Hee le prénom à la manière coréenne).

 

—————

Pour citer ces poèmes & biographie traduits en français & illustrés

 

Irina Moga (poèmes & biographie traduits), « Deux poèmes par Yang Geum-Hee », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/irinamoga-yanggeumhee

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour aux Sommaires des numéros IV & 5▼ Lien à venir

7 octobre 2025 2 07 /10 /octobre /2025 18:48

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Philosophies & sagesses en poésie | Spiritualiés, croyances, religions & mysticismes en poésie...

 

 

 

 

 

 

 

 

À celle qui viendra /

 

 

She is coming for me

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelle inédite par

 

Denis Emorine

 

Traduction inédite en anglais par

 

Michael T Steffen

 

 

 

 

Crédit photo : Jacob Van Loo (1614-1670), « La mélancolie », peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

​​​​​

 

À celle qui viendra

 

 

 

À Jayant Dhupkar

 

 

La salle était pleine de monde. Un léger brouhaha s’éleva. L'écrivain regardait fixement devant lui, l’air absent. Il en avait assez qu'on le consulte comme un oracle alors qu’il n'avait rien à dire. Oppressé, il regretta d’être venu. Il se sentait comme un poisson rouge dans un bocal. La première question le fit sursauter :

« Que pensez-vous de cette épidémie qui s’abat sur le monde ?

Il haussa un peu les épaules et ne répondit pas. On répéta la question. L’écrivain garda le silence. Il y eut quelques murmures de désapprobation dans l’assistance. À ce moment-là, son attention fut attirée par une femme qui le regardait avec attention. Elle avait les yeux d’un bleu qui lui rappela ceux de sa mère. Était-ce elle qui l’avait sollicité ? Non, probablement pas,mais elle le dévorait littéralement du regard.

D’autres questions lui parvinrent. Notamment celles-ci : « De quoi parle votre dernier livre ? Pourquoi ce titre : "À celle qui viendra"? »

 

Combien de temps avait passé ? Il lui sembla que la salle se vidait peu à peu. Ce qui le laissa indifférent.

À ce moment-là, la femme aux yeux bleus se leva en se dirigeant vers lui. Elle le fixait avec insistance. Ils étaient seuls à présent. Tout le monde était parti. L’écrivain se mit debout machinalement. Elle lui prit la main. Il ressentit une espèce de décharge électrique. La ressemblance de l'inconnue avec sa mère le frappa. il avait l'impression de redevenir un petit garçon. « Tu m'attendais depuis si longtemps….», lui murmura-elle en effleurant sa joue. L'inconnue le guidait doucement vers la sortie. Plus rien n'avait d'importance. Une fois dehors, il eut très envie qu’elle le prenne dans ses bras ; ce qu'elle fit, d'ailleurs.

Il se demanda où elle l’emmenait. Sa mère était morte depuis une bonne dizaine d’années… À plus de soixante ans, l’écrivain y pensait parfois en se demandant pourquoi, un jour, il faut devenir orphelin.

La femme aux yeux bleus le regarda à nouveau.

Il ne sentit pas la mort arriver.

 

 

She is coming for me

 

 

 

 

For Jayant Dupkar

 

 

The room was full of people. A light stirring arose. The writer gazed absently before himself. He was tired of being consulted like some oracle, when he had nothing to say. Stifled, he  regretted having come. He felt like a goldfish in a bowl. The first question startled him :

‘What are your thoughts about this epidemic that’s ravaging the world ?’

He shrugged his shoulders a little and didn’t respond. The question was repeated. The writer kept silent. There were murmurs of disapproval among the gathering. Just now his attention was drawn to a woman who looked at him attentively. Her eyes were of a blue that reminded him of his mother’s eyes. Could it have been she who had brought her to him ? No, probably not, but she was literally devouring him with her look.

More questions were asked of him. In particular these questions : ‘What is your latest book about ?’ ‘Why have you called it, She is coming for me ?’

 

How much time had gone by ? It seemed to him the room was emptying little by little. He couldn’t really care less. Now the woman with blue eyes got up and headed toward him.  Her stare at him was insisting. They were alone now. Everybody had left. The writer arose mechanically. She took his hand. He felt a kind of electrical pulse. He was struck by this stranger’s resemblance to his mother. He was under the impression he was turning back into a little boy. ‘You’ve been waiting for me for so long,’ she whispered to him with a tender smile. The stranger guided him gently toward the exit. Nothing else mattered. Once they were outside, he so wanted her to take him in her arms. And this she did. 

He wondered where she was taking him. His mother had been dead for some ten years. In his sixties now, the writer thought about her at times and wondered why the day ever came that left him an orphan.

The woman with blue eyes looked at him again.

He couldn’t even feel himself dying.




 

© By Denis Emorine, Translated from the French by Michael T Steffen

***

Pour citer cette nouvelle bilingue français-anglais, illustrée & inédite

 

Denis Emorine, « À celle qui viendra / She is coming for me », traduction inédite en anglais par Michael T Steffen, peinture par Jacob Van Loo (1614-1670), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menningermis en ligne le 7 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/emorine-acellequiviendra

 

 

 

Mise en page par David

 

© Tous droits réservés

Retour au Sommaire du numéro IV

15 juillet 2025 2 15 /07 /juillet /2025 15:43

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossier | Florilège | Nature en poésie...

 

 

 

 

 

 

 

 

Vieille maison & Tête de pont

 

 

 

 

 

 

 

Deux poèmes & photographie par

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée par Ayna Paisley du recueil de poèmes intitulé « Quantum » d’Irina Moga, paru aux éditions DarkWinter Press, Ontario, Canada, Juillet 2025.

 

 

 

Vieille maison

 

 

Il y a le temps qu’on eût passé ensemble :

un temps fait de silences étendus — tout comme les branches des arbres
et le toit brisé, maintenant effacé.

 

Des formes érodées, portant le poids de nos paroles ;

des marais salés au loin,

se rapprochant de la mer que nous savions être une sortie possible.

 

Une vieille maison, avec des fenêtres et des portes barricadées,

et des plinthes qui craquent ; 

des galets d’oursin nichés entre des gonds et des serrures rouillées.

 

Mais il n'y avait pas de mer immédiate —

 

bien sûr.



 

Tête de pont

 

 

La lune derrière ton ombre : 

un moulin à vent de nuages, fragmentés.

 

On dirait que je suis revenue à terre 

après une longue absence, 

marchant à travers des algues vertes et des capsules de fleurs inversées.

 

Tu es là : 

— j’ai atteint la tête de pont de ta présence.

 

 

* Deux poèmes extraits de Quantum, par Irina Moga (éd. DarkWinter Press, Ontario, Canada, Juillet 2025) publiés ici avec l'aimable accord de l’auteure et de sa maison d'édition. Ces poèmes ont été traduits de l'anglais canadien en français par Irina Moga.

 

En cours de programmation pour paraître cette semaine :

l'annonce de parution de Quantum par Irina Moga, paru en anglais chez  DarkWinter Press, Ontario, Canada en juillet 2025.

***

Pour citer ces poèmes inédits traduits en français & illustrés

 

Irina Moga (poèmes  & photographie)« Vieille maison » & « Tête de pont », illustration par Ayna Paisley, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 15 juillet 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/irinamoga-vieillemaison

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour au sommaire du numéro ▼ Lien à venir

Bienvenue !

 

APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 10 MARS 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 10 mars 2026 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 NOVEMBRE 2025

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES  POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES ET DANS UNE OU PLUS DES LANGUES SUIVANTES : FRANÇAIS, ANGLAIS, ARABE ET ESPAGNOL. L'ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE CHAQUE CRÉATRICE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Rechercher

Publications

 

Dernière nouveautés en date :

VOUS POUVEZ DÉSORMAIS SUIVRE LE PAN POÉTIQUE DES MUSES  SUR INSTAGRAM

Info du 29 mars 2022.

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

 CopyrightFrance.com

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

À La Une

  • Le jour où elles se sont choisies (présentation & préface)
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Articles & témoignages | Métiers du livre | Voix-Voies de la sororité | Actions pour l'égalité des sexes / Invitations à lire | Annonces diverses / Avis de parution & REVUE ORIENTALES (O)...
  • Hommage poétique et artistique de Leïla Shahid
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Florilège | Revue Poépolitique | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques Hommage poétique & artistique de Leïla Shahid Hommage...
  • HIVER 2026 | NO I
    LA RÉDACTION VOUS PRIE DE BIEN VOULOIR PATIENTER POUR RECEVOIR UNE RÉPONSE À VOTRE DEMANDE ET DE RENOUVELER VOTRE COURRIEL APRÈS UN MOIS SANS RÉPONSE. NOUS RECEVONS BEAUCOUP DE COURRIELS PAR JOUR ET AVONS BESOIN DU TEMPS POUR TRAITER CONVENABLEMENT VOS...
  • BAYT – Habiter le poème de Nour CADOUR 
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Critique & réception | Dossiers majeur & mineur | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Critiques poétiques & artistiques BAYT – Habiter le poème de Nour CADOUR Article & images...
  • Attractivité et Papillons intérieurs
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Philosophies & sagesses en poésie | Spiritualiés, croyances, religions & mysticismes en poésie Attractivité & Papillons intérieurs Poèmes romantiques par Léla LASHKHI Crédit photo : Image d'une nature morte...
  • Testament et Clarté finale
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Philosophies & sagesses en poésie | Spiritualiés, croyances, religions & mysticismes en poésie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques Testament & Clarté finale Poèmes philosophiques par Léla...
  • Haïku du cœur, Trois ans dans le même train, Visages d’enfance et L’amour étouffe
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges Haïku du cœur, Trois ans dans le même train, Visages d’enfance & L’amour étouffe Poèmes d'amour par Léla LASHKHI Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783),...
  • Résidence d’écriture en 2026/2027 à la Villa Marguerite Yourcenar
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » Métiers du livre | Annonces diverses | Actions pour l'égalité des sexes & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Varia & Actualité Résidence d’écriture en 2026/2027 à la Villa Marguerite Yourcenar Avis de candidature...
  • Francine Caron, Amours animales, récit-roman, Passage obligé, Voix Tissés, 2025
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Critique & réception | Dossier mineur | Articles & témoignages | Astres & Animaux / Nature en poésie Francine Caron, Amours animales, récit-roman, Passage obligé, Voix Tissés, 2025 Écocritique...
  • Invisible mais debout
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Florilège / Le Printemps des Poètes 2026 | Voix de Danaé Invisible mais debout Poème engagé & féministe par Nina Lem Crédit photo : Nicolas Poussin (1594-1665), illustration représentant...