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BAYT – Habiter le poème
de Nour CADOUR
Article & images (fournies) par
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© Crédit photo : Première de couverture du recueil de poèmes BAYT – Habiter le poème de Nour Cadour. Œuvre bilingue français-arabe, traduit par le poète et metteur en scène Moez Awled Ahmed, parue dans la collection « La Lune sur un plateau » des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2025.
Une maison de langue à parcourir
Avec BAYT – Habiter le poème, Nour Cadour propose bien plus qu’un recueil : une demeure poétique à traverser. L’ouvrage, bilingue français-arabe, associe chaque poème écrit en français par l’autrice à sa traduction arabe réalisée par le poète et metteur en scène Moez Awled Ahmed. Cette disposition invite à une lecture libre : séparée, successive ou parallèle, selon le rythme et la sensibilité du lecteur. Chaque texte devient ainsi un espace intérieur à investir.
Une poétique annoncée dès la couverture
La couverture impose un bleu profond, méditatif, qui apaise autant qu’il interroge. Le titre BAYT, en capitales noires, évoque une architecture stable, presque sacrée, tandis que le sous-titre Habiter le poème agit comme une déclaration d’intention. Le poème n’est pas un objet figé : il est un lieu de vie.
Ce bleu fait écho au précédent recueil de Nour Cadour, Le bleu de la mer s’est enfui, et convoque des images récurrentes de son univers : la mer, la nuit, la lune, les espaces de veille et d’errance intérieure. Il symbolise l’entre-deux : entre mémoire et présent, exil et ancrage, traversée et refuge.
Le recueil comme architecture intérieure
La structure du livre épouse explicitement la métaphore de la maison. Le lecteur est guidé à travers différentes « pièces », qui organisent le parcours poétique :
- L’entrée (Matkhal al-Bayt) : le seuil, lieu d’accueil et d’ouverture.
- Le salon (Saaloun al-Bayt) : espace de circulation, de dialogue et de partage.
- La cuisine (Al-Matbahu) : lieu de transformation, où la langue et l’expérience se métamorphosent.
- La salle de bain (Al-Hamam) : espace d’intimité, de purification et de vulnérabilité.
- La chambre (Al-Ghorfatu) : lieu du repos, de la mémoire et des confidences.
- La sortie (Khuruj) : passage vers l’extérieur, ouverture et traversée.
À cette progression s’ajoutent les présentations de l’autrice, du traducteur et de la collection La Lune sur un plateau (7ᵉ collection des éditions Les Carnets du Dessert de Lune). L’ensemble compose une maison cohérente et hospitalière, où chaque étape a sa fonction symbolique.
Des poèmes brefs, sans titre, ouverts au lecteur
Les poèmes sont courts, souvent contenus sur une page ou une demi-page, et délibérément sans titre. Cette brièveté renforce leur intensité et leur disponibilité. La mise en regard du français et de l’arabe permet une circulation fluide entre les langues : le lecteur n’est jamais enfermé dans une seule voie de lecture.
Chaque poème fonctionne comme une pièce autonome : un lieu intime, mais jamais clos, que chacun peut habiter selon sa propre expérience.
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© Crédit photo : Sublime portrait artistique & floral de la poétesse Nour Cadour entourée par ses recueils de poésie et des fleurs.
Une écriture de l’intime à portée universelle
La poésie de Nour Cadour s’enracine dans l’intime tout en s’ouvrant à l’universel. Les motifs de la lune, du seuil et de la maison traversent le recueil comme des figures de veille et de protection. La parole poétique devient hospitalière : elle accueille l’autre, le lecteur, et lui permet de reconnaître sa propre maison dans celle du poème.
Une voix et une traduction en dialogue
Nour Cadour, poétesse et romancière franco-syrienne née en 1990, développe une écriture singulière à la croisée de la médecine et de la poésie, attentive au corps autant qu’à la langue. Son parcours, marqué par de nombreuses publications et distinctions, éclaire la profondeur de ce recueil.
La traduction arabe de Moez Awled Ahmed ne se limite pas à un transfert linguistique : elle constitue un véritable geste poétique. Elle réactive la mémoire du texte, l’inscrit dans un dialogue interculturel et élargit l’espace du poème entre France, Syrie et Tunisie.
Habiter le monde par le poème
Reçu symboliquement le 18 décembre 2025, journée internationale de la langue arabe et journée internationale des migrants, BAYT – Habiter le poème prend une résonance particulière. Le recueil affirme que la poésie peut être un lieu : un espace de résistance douce, de transmission et de partage. Habiter le poème, ici, revient à habiter le monde autrement, par la langue et par l’écoute…par la poésie.
© Hanen Marouani
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Pour citer cet article illustré, engagé, métapoétique & inédit
Hanen Marouani (texte & images fournies) « BAYT – Habiter le poème de Nour CADOUR », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 20 février 2026. URL :
https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/hm-nc-bayt
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