16 mai 2026 6 16 /05 /mai /2026 17:59

Événements poétiques | NO II / Hors-Série 2026 | Festival International Megalesia 2026 « Poétique Printanière » | Bémols artistiques | Critique & réception & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Critiques poétiques & artistiques | Carte blanche à une artiste

 

 

 

 

 

 

 

 

Méditerranée en échos : de Marseille

à Strasbourg, la mémoire des origines selon Linda Moufadil

 

 

 

 

 

Article & photographies par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française & rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

© Crédit photo : Affiche officielle de l’exposition intitulée « Méditerranée au féminin », avec l’artiste Linda Moufadil & d’autres artistes femmes à la Galerie AIDA à Strasbourg.

 

 

 

À l’heure où la Méditerranée occupe à nouveau le devant de la scène culturelle, entre les événements lancés à Marseille et les résonances qu’ils trouvent bien au-delà du littoral, Strasbourg offre elle aussi sa propre lecture de cet horizon commun.

 

© Crédit photo : Peinture de l’artiste Linda Moufadil, « Heure bleue » (huile sur toile, 20 x 20 cm) exposée durant l’exposition « Méditerranée au féminin » à la Galerie AIDA à Strasbourg.
 

À la Galerie AIDA, l’exposition collective Méditerranée, présentée du 16 avril au 14 mai 2026, réunissait Sophie Roy, Linda Moufadil, Chantal Sornat, Valérie Heitz, avec des sculptures de Monique Gaxotte Schutz, dans un dialogue sensible entre peintures, dessins et volume autour d’un même imaginaire méditerranéen.

 

© Crédit photo : Peinture de l’artiste Linda Moufadil, « Petit déjeuner chez Fadila El Gadi » (huile sur toile, 20 x 20 cm) exposée durant l’exposition « Méditerranée au féminin » à la Galerie AIDA à Strasbourg.

 

Découverte dans le cadre d’une visite à la Galerie AIDA, cette exposition prenait une dimension particulière par la présence des artistes et la circulation des échanges autour des œuvres. Mais c’est surtout l’univers de Linda Moufadil qui retenait l’attention, par sa manière d’ancrer la Méditerranée dans une mémoire intime, marocaine, faite d’objets du quotidien, de gestes transmis et de retours constants à l’origine.

 

© Crédit photo : Peinture de l’artiste Linda Moufadil, « Babouches » (20 x 20 cm, huile sur toile) exposée durant l’exposition « Méditerranée au féminin » à la Galerie AIDA à Strasbourg.

 

Ses toiles, à la fois précises et poétiques, transforment le réel en narration visuelle. Un service à thé, des reflets, une table familière, une lumière posée sur les choses ordinaires : chez elle, chaque détail devient matière à regard, à souvenir, à émotion.

 

© Crédit photo : Peinture de l’artiste Linda Moufadil, « A & M - Arts et Métiers » (60 x 60 cm,  huile sur toile) exposée durant l’exposition « Méditerranée au féminin » à la Galerie AIDA à Strasbourg.

 

Qui est Linda Moufadil ? Rencontrée à la galerie, une artiste entre mémoire méditerranéenne et regard contemporain

 

Rencontrée à la galerie, Linda Moufadil donne immédiatement à voir un univers personnel, à la fois précis, magnétique et profondément ancré dans la mémoire. Née à Rabat, formée à Paris à l’ESAG puis à l’Académie Charpentier, elle vit et travaille aujourd’hui entre Strasbourg et Chaumont, avec un parcours déjà nourri d’expositions en France, au Maroc, en Norvège et jusqu’à New York.

 

© Crédit photo : Peinture de l’artiste Linda Moufadil, « Printemps.com Loves You » (54,5 x 65 cm, huile sur toile) exposée durant l’exposition « Méditerranée au féminin » à la Galerie AIDA à Strasbourg.

 

Son œuvre se construit à partir du réel, mais ne s’y enferme jamais. À travers des photographies qu’elle réalise elle-même, puis retravaille en croquis et en peinture, elle transforme les scènes du quotidien en images habitées par l’attente, les reflets et une forme de nostalgie active :  un service à thé marocain, une table, une voiture, une vitrine, un café ou une rue deviennent chez elle des motifs de récit, où le visible se charge d’émotion et de mémoire.

​​​​​

© Crédit photo : Peinture de l’artiste Linda Moufadil, « Escada » (40 x 40 cm, huile sur toile) exposée durant l’exposition « Méditerranée au féminin » à la Galerie AIDA à Strasbourg.

 

Dans l’univers de Linda Moufadil, le quotidien devient tableau, et la Méditerranée devient mémoire et c’est à travers ces toiles que l’artiste maroco-norvégienne révèle son monde : détails, reflets et objets du quotidien.

 

© Crédit photo : Peinture de l’artiste Linda Moufadil, « Thé à la menthe avec ses briaouates » (20 x 20 cm, huile sur toile) exposée durant l’exposition « Méditerranée au féminin » à la Galerie AIDA à Strasbourg.

 

© Hanen Marouani

 

À venir : 

Portfolio de LINDA MOUFADIL !

 

—————​​​​​

Pour citer ce bémol artistique illustré & inédit

 

Hanen Marouani (texte & images fournies), « Méditerranée en échos : de Marseille à Strasbourg, la mémoire des origines selon Linda Moufadil », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 mai 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/megalesia26/2026noii/hm-expo

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour au sommaire du Numéro 5 & à la Table du festival Megalesia 2026▼Liens à venir

27 avril 2026 1 27 /04 /avril /2026 16:52

Événements poétiques | NO II / Hors-Série 2026 | Festival International Megalesia 2026 « Poétique Printanière » | Bémols artistiques | Revue Poépolitique | Revue culturelle des continents 

 

 

 

 

 

 

 

L’art carcéral défendu par Nadya Tolokonnikova à Strasbourg

 

 

 

 

Reportage exceptionnel avec la fondatrice des Pussy Riot par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, un magnifique portrait de pasionaria Nadya Kolokonnikova lors de son intervention durant le vernissage de l'exposition actuelle intitulée Imprisoned resistance à la galerie strasbourgeoise Ritsch-Fisch. Image prise le 19 avril 2026.

 

 

 

Le Pan Poétique des Muses avait soutenu le groupe Pussy Riot en 2012 en publiant la chanson « Du chant au camp »* lorsque les jeunes femmes de ce mouvement activiste, fondé par Nadya Tolokonnikova, avaient été incarcérées dans une colonie pénitentiaire en Sibérie.

 

 

© Crédits photos : Claude Menninger, dans la première photographie : Nadya Kolokonnikova avec Oleg Orlov (Prix Nobel de la Paix) devant la galerie. Dans la deuxième photographie à l'intérieur de la galerie : Oleg Orlov sur un escalier dans la galerie s'adressant au public pendant le vernissage de l'exposition actuelle Imprisoned resistance à la galerie strasbourgeoise Ritsch-Fisch. Images prises le 19 avril 2026.

 

 

Nadya Tolokonnikova est aujourd’hui plus que jamais déterminée à défendre la cause des prisonniers de guerre ou politique ainsi que celle des artistes que le régime de Poutine tente de faire taire. Lors de son incarcération, l’ancienne étudiante en philosophie avait écrit une lettre ouverte qui avait été lue par Jeanne Moreau en 2013 sur France Culture.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, -Richard Solti (directeur de la galerie), une amie de Nadya Kolokonnikova, Nadya Kolokonnikova & son époux lors du vernissage de l'exposition actuelle Imprisoned resistance à la galerie strasbourgeoise Ritsch-Fisch. Image prise le 19 avril 2026.

 

Avec Emma Mathieu, une étudiante en médiation culturelle, elle a organisé une exposition intitulée « Imprisoned resistance » que Richard Solti accueille en ce moment dans la galerie strasbourgeoise qu’il dirige. Parallèlement à cette manifestation d’envergure, une délégation de l’opposition russe a été invitée au Conseil de l’Europe à Strasbourg.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, Garry Kasparov (ancien champion du monde d’échecs) intervenant pendant le vernissage de l'exposition actuelle Imprisoned resistance à la galerie strasbourgeoise Ritsch-Fisch.Image prise le 19 avril 2026.

 

C’est dans ce cadre que Nadya Tolokonnikova, véritable pasionaria, usant de sa notoriété, a lancé un appel afin de faire entendre les voix de ceux que l’on muselle, enferme et parfois fait disparaître. C’est par l’art, dernier espace de liberté, que les femmes et les hommes incarcérés s’expriment par la plume ou le crayon en écrivant des poèmes, en dessinant sur des bouts de draps de la prison, sur des fragments d’enveloppe ou des feuilles de cahier d’écolier. C’est par l’art que les artistes s’évadent, leurs pensées vagabondent et cherchent la lumière qui filtre derrière les barreaux…

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, un dessin sur drap : une œuvre exposée dans l'exposition Imprisoned resistance à la galerie strasbourgeoise Ritsch-Fisch. Image prise le 19 avril 2026.

 

À côté de chacune des œuvres présentées, une photo d’identité offre un visage et le motif dérisoire qui a mené leur instigateur en prison tel un graffiti anti-guerre ou un mot jugé « déplacé ».

D’éminentes personnalités comme Garry Kasparov, ancien champion du monde d’échecs, cité lui aussi dans la chanson « Du chant au camp », a témoigné de son internement lors du vernissage, il préside actuellement l’ONG Human Rights Foundation.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, un dessin en couleur, le geôlier et les prisonniers : une œuvre exposée dans l'exposition Imprisoned resistance à la galerie strasbourgeoise Ritsch-Fisch). Image prise le 19 avril 2026.

 

Oleg Orlov, Prix Sakharov en 2009 et Prix Nobel de la Paix en 2022 pour l’association Memorial qu’il a cofondé, a également pris la parole pour dénoncer les incarcérations abusives dont celle qu’il a lui-même subi pour avoir contribué à la défense des Droits Humains.

Bien d’autres témoignages ont bouleversé la centaine de personnes qui ont ont assisté à ce vernissage exceptionnel du 19 avril 2026 à Strasbourg. Richard Solti, dans son allocution d’ouverture, l’avait précisé, ce sont toujours les artistes qui sont les premières victimes des régimes totalitaires et bien souvent « les femmes en paient le prix fort », avait-il ajouté.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, Image composée des portraits de Garry Kasparov, Nadya Kolokonnikova & Oleg Orlov dans le vernissage de l'exposition actuelle Imprisoned resistance à la galerie strasbourgeoise Ritsch-Fisch. Image prise le 19 avril 2026.

 

La cinquantaine d’œuvres exposées à la galerie Ritsch-Fisch sont autant de cris que Nadya Tolokonnikova répercute de par le monde. Son spectacle immersif, son installation qui donne à voir une cellule métamorphosée en un atelier de création, présentée au MOCA de Los Angeles et au MCA de Chicago, font d’elle l’une des figures emblématiques de l’activisme international qui se bat pour changer le monde. Fort heureusement, l’humour, qui selon Chris Marker « est la politesse du désespoir », des notes poétiques tel cet oiseau de papier minuscule qui vole dans un immense cadre, ajoutent leurs notes poétiques à cet événement remarquable et incontournable.

 

© Françoise Urban-Menninger

 

© Crédit photo : Claude Menninger,  image de l’oiseau en origami : une œuvre exposée dans l'exposition Imprisoned resistance à la galerie strasbourgeoise Ritsch-Fisch. Image prise le 19 avril 2026.

 

Exposition à voir jusqu’au 31 mai à la Galerie Ritsch-Fisch (6 rue des Charpentiers à Strasbourg).

 

 

* Liens vers les deux poèmes publiés par Le Pan Poétique des Muses en 2012 « Du chant au camp » & « Trois petits tours » :

URL : https://www.pandesmuses.fr/pages/Du_chant_aux_camps-8257299.html

URL : http://www.pandesmuses.fr/pages/zone-s-indigner-soutenir-et-lettres-ouvertes--8359120.html

***​​​​​​

  

Pour citer ce bémol artistique, engagé, illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « L’art carcéral défendu par Nadya Tolokonnikova à Strasbourg », photographies par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 27 avril 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia26/2026noii/fum-artcarceral

 

 

 

 

Mise en page par David

 

© Tous droits réservés

Retour à la Table du festival Megalesia 2026 ▼ Lien à venir

14 mars 2026 6 14 /03 /mars /2026 18:52

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Bémols artistiques | Dossier majeur | Articles & témoignages | Astres & animaux 

 

 

 

 

 

 

 

Un bouquet artistique de Guillemette Claude

 

 

 

 

 

 

Bémol artistique par

 

Nicole Barrière

 

Essayiste, poète, traductrice & directrice de la collection

« Accent tonique » aux éditions l’Harmattan

Blogue officiel :

http://nicoletta.over-blog.com/


 

© Crédit photo : L'affiche de l'exposition actuelle de l’artiste peintre Guillemette Claude à Chantilly en France avec ses horaires. Illustration de nature morte hivernale par l’artiste.

 

 

 

Guillemette CLAUDE (Artiste peintre, Coye-la-forêt, France.

 

Biographie 

 

Guillemette Claude, née en 1981, est une artiste peintre dont la pratique se concentre principalement sur la peinture à l'huile sur toile. Elle réalise des œuvres figuratives qui explorent la représentation de la nature, notamment à travers des paysages saisonniers comme l'automne et l'hiver.

Son travail met en lumière des scènes naturelles avec une attention particulière aux détails et aux couleurs propres à chaque saison. Les techniques qu'elle emploie lui permettent de capturer l'atmosphère et la texture des éléments naturels, notamment les feuilles et les forêts.

À travers ses toiles, Guillemette Claude propose une immersion dans des environnements naturels, offrant une vision sensible et personnelle de ces paysages. Sa démarche artistique s'inscrit dans une continuité où la maîtrise de la peinture à l'huile est au service d'une représentation figurative précise et évocatrice.

 

À propos

 

Longtemps, Guillemette a entretenu un lien discret avec les images, né des arts décoratifs. Fascinée par les motifs floraux, les papiers peints et les céramiques, elle aimait cette beauté du quotidien plus que l'aura solennelle des chefs-d'œuvre. Son goût pour les formes et la stylisation de la nature a peu à peu façonné sa vision.

Aux Beaux-Arts, ses rencontres avec des peintres contemporains comme Gerhard Richter et Philippe Cognée lui ont ouvert une nouvelle voie : celle du geste pictural, où le mouvement devient langage. Le dessin, puis la peinture, sont devenus essentiels, avec la nature et la forêt comme fil conducteur.

Aujourd'hui, elle travaille presque exclusivement sur le thème du sous-bois. À la gouache, elle compose des paysages sensibles, où la couleur s'affranchit du réalisme pour exprimer la joie et la lumière : verts profonds, jaunes, roses et violets se mêlent dans un jeu graphique inspiré des impressionnistes et des fauves.
Ses toiles capturent l'intimité de la forêt — ses motifs, ses rythmes, son souffle même. « The Undergrowth » est un voyage entre abstraction et émotion, une invitation à voir la nature différemment, comme un espace vivant et vibrant.

 

 

Les sous-bois de Guillemette Claude, peintre

 

 

En exposition à Chantilly en mars 2026 et à Compiègne Pierrefonds en octobre 2026

 

Est-ce l'heure crépusculaire de cette soirée d'octobre ou la journée changeante et pluvieuse, les brouillards du matin ? À l'heure crépusculaire, le tableau de la forêt de Guillemette s'est animé  laissant apparaître en son centre un chien courant, chassant,  entraînant derrière lui une enfant.  Il y a dans le mouvement du chien un élan humant la forêt, le gibier non pas comme proie mais en recherche d'osmose avec la vie sauvage. Et la vie sauvage est là  : au bas du tableau court un lièvre  dans la même direction que le chien. 

Le chien ne le chasse pas, il fait la course avec lui et le tableau s'anime d'allégresse et de joie . Au-dessus de cette course joyeuse, le galop d'un cerf qui semble voler au-dessus du chien et du lièvre.  En guise de camouflage il a pris pour ramure les feuilles de la ramure des arbres, son corps se confond avec le tronc de l'arbre entraînant celui-ci et emportant ses feuilles. peut-être distingue t-on aussi une sanglier fouissant le sol? 

Derrière le chien, l'enfant se laisse entraîner confiante, en totale union avec la forêt. Les rochers dévalent dans un amas de feuilles, l'eau coule dans le foisonnement vert , les nuances des tons vert sont travaillées avec une grande puissance évocatrice de la vie. Le mouvement l'élan, l'enfant, la vie autant de signes de joie et de paix appellent l'émotion du spectateur à entrer dans le même élan vers la vie et à imaginer le tableau dépassant son cadre pour se répandre dans l'atmosphère grise de l'automne et rappeler le cycle toujours recommencé du vivant. Et la peinture éclaire alors le quotidien.

 

© Nicole Barrière (poète)

***​​​​

Pour citer ce bémol artistique, illustré & inédit

 

Nicole Barrière, « Un bouquet artistique de Guillemette Claude », peinture par Guillemette Claude, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I «  CRÉATRICES DE BOUQUETS », mis en ligne le 14 mars 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2026noi/nbarriere-expodeguillemetteclaude

 

 

 

 

Mise en page par David

 

© Tous droits réservés

Retour au Sommaire du numéro I|2026▼ Lien à venir

20 février 2026 5 20 /02 /février /2026 17:22

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Critique & réception | Dossiers majeur & mineur | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Critiques poétiques & artistiques

 

 

 

 

 

 

 

BAYT – Habiter le poème

de Nour CADOUR 

 

 

 

 

 

Article & images (fournies) par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture du recueil de poèmes BAYT – Habiter le poème de Nour Cadour. Œuvre bilingue français-arabe, traduit par le poète et metteur en scène Moez Awled Ahmed, parue dans la collection « La Lune sur un plateau » des éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2025.

 

 

Une maison de langue à parcourir

 

Avec BAYT – Habiter le poème, Nour Cadour propose bien plus qu’un recueil : une demeure poétique à traverser. L’ouvrage, bilingue français-arabe, associe chaque poème écrit en français par l’autrice à sa traduction arabe réalisée par le poète et metteur en scène Moez Awled Ahmed. Cette disposition invite à une lecture libre : séparée, successive ou parallèle, selon le rythme et la sensibilité du lecteur. Chaque texte devient ainsi un espace intérieur à investir.

 

 

Une poétique annoncée dès la couverture

 

La couverture impose un bleu profond, méditatif, qui apaise autant qu’il interroge. Le titre BAYT, en capitales noires, évoque une architecture stable, presque sacrée, tandis que le sous-titre Habiter le poème agit comme une déclaration d’intention. Le poème n’est pas un objet figé : il est un lieu de vie.

Ce bleu fait écho au précédent recueil de Nour Cadour, Le bleu de la mer s’est enfui, et convoque des images récurrentes de son univers : la mer, la nuit, la lune, les espaces de veille et d’errance intérieure. Il symbolise l’entre-deux : entre mémoire et présent, exil et ancrage, traversée et refuge.

Le recueil comme architecture intérieure

 

La structure du livre épouse explicitement la métaphore de la maison. Le lecteur est guidé à travers différentes « pièces », qui organisent le parcours poétique :

 

  • L’entrée (Matkhal al-Bayt) : le seuil, lieu d’accueil et d’ouverture.
  • Le salon (Saaloun al-Bayt) : espace de circulation, de dialogue et de partage.
  • La cuisine (Al-Matbahu) : lieu de transformation, où la langue et l’expérience se métamorphosent.
  • La salle de bain (Al-Hamam) : espace d’intimité, de purification et de vulnérabilité.
  • La chambre (Al-Ghorfatu) : lieu du repos, de la mémoire et des confidences.
  • La sortie (Khuruj) : passage vers l’extérieur, ouverture et traversée.

 

À cette progression s’ajoutent les présentations de l’autrice, du traducteur et de la collection La Lune sur un plateau (7ᵉ collection des éditions Les Carnets du Dessert de Lune). L’ensemble compose une maison cohérente et hospitalière, où chaque étape a sa fonction symbolique.

 

 

Des poèmes brefs, sans titre, ouverts au lecteur

 

Les poèmes sont courts, souvent contenus sur une page ou une demi-page, et délibérément sans titre. Cette brièveté renforce leur intensité et leur disponibilité. La mise en regard du français et de l’arabe permet une circulation fluide entre les langues : le lecteur n’est jamais enfermé dans une seule voie de lecture.

Chaque poème fonctionne comme une pièce autonome : un lieu intime, mais jamais clos, que chacun peut habiter selon sa propre expérience.

 

© Crédit photo : Sublime portrait artistique & floral de la poétesse Nour Cadour entourée par ses recueils de poésie et des fleurs.

 

 

Une écriture de l’intime à portée universelle

 

La poésie de Nour Cadour s’enracine dans l’intime tout en s’ouvrant à l’universel. Les motifs de la lune, du seuil et de la maison traversent le recueil comme des figures de veille et de protection. La parole poétique devient hospitalière : elle accueille l’autre, le lecteur, et lui permet de reconnaître sa propre maison dans celle du poème.

 

 

Une voix et une traduction en dialogue

 

Nour Cadour, poétesse et romancière franco-syrienne née en 1990, développe une écriture singulière à la croisée de la médecine et de la poésie, attentive au corps autant qu’à la langue. Son parcours, marqué par de nombreuses publications et distinctions, éclaire la profondeur de ce recueil.

La traduction arabe de Moez Awled Ahmed ne se limite pas à un transfert linguistique : elle constitue un véritable geste poétique. Elle réactive la mémoire du texte, l’inscrit dans un dialogue interculturel et élargit l’espace du poème entre France, Syrie et Tunisie.

 

 

Habiter le monde par le poème

 

 

Reçu symboliquement le 18 décembre 2025, journée internationale de la langue arabe et journée internationale des migrants, BAYT – Habiter le poème prend une résonance particulière. Le recueil affirme que la poésie peut être un lieu : un espace de résistance douce, de transmission et de partage. Habiter le poème, ici, revient à habiter le monde autrement, par la langue et par l’écoute…par la poésie.

 

© Hanen Marouani

 

—————

Pour citer cet article illustré, engagé, métapoétique & inédit

 

Hanen Marouani (texte & images fournies) « BAYT – Habiter le poème de Nour CADOUR », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I «  CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 20 février 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/hm-nc-bayt

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour aux Sommaires des numéros I|2026 & 5▼ Liens à venir

17 février 2026 2 17 /02 /février /2026 17:14

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges

 

 

 

 

 

 

 

Haïku du cœur, Trois ans dans le même train, Visages d’enfance & L’amour étouffe

 

 

 

 

 

Poèmes d'amour par

 

Léla LASHKHI

 

 

 

Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), illustration d'une nature morte en un joli brin fruité avec un papillon, peinture tombée dans le domaine public. Capture d'écran de la photographie libre de droits du site Commons.

 

 

Haïku du cœur

 

Si mes yeux s’éteignent,
ton regard
ne manquera pas à mon cœur.

 

21/03/24 Paris

 

 

Trois ans dans le même train

 

Je devais partir tard du travail aujourd’hui.
Il y avait une fête.
Je n’aime pas le bruit.
Je n’ai pas tenu.

J’ai mis de la musique.
J’ai allumé une cigarette.
La chanson s’appelait Le vent souffle.

Dans la rue, le vent était tel
que j’ai failli me fâcher avec la chanson.

Je ne contourne jamais
le bâtiment aux vitres grises.
J’ai décidé que,
avant d’entrer au travail,
à chaque retour aussi,
je regarderais les vitres
et me dirais :
Bonjour. Ça va ?

Pour la première fois en trois ans,
tu t’es reflété derrière moi
sur le verre gris.
Avant que je ne me retourne,
tu étais déjà
quelques pas devant.

Je n’ai jamais le temps
de compter tes pas.

Ici, à l’angle de Porte de Saint-Ouen,
il y a toujours du vent
et il lutte contre tes cheveux.
Cette guerre ressemble à un tango.

Depuis trois ans,
chaque matin dans le train,
en route vers le travail,
et chaque soir,
en route vers la maison,
je tente de te reconnaître.

Je t’ai rarement vu la tête levée.
C’est un mystère.

Nous approchons de l’allée.
Tu es loin devant.

Je te regarde enlever ton manteau.
Un rayon de soleil tombe de biais
sur tes bras bronzés.
Je n’arrive pas à détourner les yeux.

Tu portes encore
les mêmes baskets qu’il y a trois ans.
Ce jean, je l’ai déjà vu.
Ce sac aussi, bleu pétrole.

Je sais déjà
que tu ne changes jamais de parfum.
Je crois que tu ne fumes plus.

J’ai déjà écrit sur toi.
Je disais : je sais presque tout.

Après tout,
nous prenons le même train
depuis trois ans,
chaque matin,
chaque soir.

Mais comment tu parviens
à disparaître sur le quai,
je n’ai jamais compris.

Tu maîtrises l’art
de ne pas être reconnu.

 

                                      11/06/2024

                                                   

                                           

 

Visages d’enfance

 

Toi et moi, sans doute,
pleurerons encore ensemble.

Jamais aussi nus,
face à face.

La mort
nous a rendu
nos visages d’enfance.

23/10/2024
Saint-Ouen-l’Aumône

 

 

L’amour étouffe Seuil

 

C’est un mensonge
de croire
qu’on sauve l’aimé
par l’amour
au moment de l’abandon.

L’amour, alors,
étouffe.

C’est son oubli
— net, brutal —
qui ouvre la respiration,
qui rend à l’autre
la joie.

17/02/2024
Paris

 

© Léla Lashkhi

***

Pour citer ces poèmes d'amour, illustrés & inédits

 

Léla Lashkhi, « Haïku du cœur », « Trois ans dans le même train », « Visages d’enfance » & « L’amour étouffe », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I «  CRÉATRICES DE BOUQUETS  », mis en ligne le 17 février 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2026noi/lashkhi-amour

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour au Sommaire du numéro I|2026 ▼ Lien à venir

Bienvenue !

 

La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en septembre 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.

Rechercher

Publications

 

Dernière nouveautés en date :

VOUS POUVEZ DÉSORMAIS SUIVRE LE PAN POÉTIQUE DES MUSES  SUR INSTAGRAM

Info du 29 mars 2022.

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

 CopyrightFrance.com

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

À La Une