16 septembre 2025 2 16 /09 /septembre /2025 16:12

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossiers | Articles & témoignages | Astres & animaux / Nature en poésie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 


Imèn Moussa au Festival international de poésie de Bucarest : entre voyage & ancrage (troisième épisode)

 

 

 

 

 

Texte & images fournies par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française

& rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse Imèn Moussa (lors d’une lecture de ses poèmes), invitée de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.


 

Le Festival international de poésie de Bucarest accueillera cette année Imèn Moussa, poétesse, essayiste, chercheuse indépendante et performeuse, dont la voix s’est affirmée comme l’une des plus singulières de la francophonie contemporaine.

 

Connue des lecteurs de la revue Le Pan Poétique des Muses, Imèn Moussa a remporté deux années de suite le « Prix Dina Sahyouni » : en 2023 pour son recueil Il fallait bien une racine ailleurs (L’Harmattan, 2020), où elle explore la mémoire, l’exil et la quête d’un lieu intérieur ; puis en 2024 pour son essai Genre et émancipation des femmes dans la fiction maghrébine contemporaine (Le Manuscrit, 2023), une réflexion critique qui met en avant la voix des femmes dans la littérature.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

Chercheuse indépendante, elle consacre ses travaux à l’écriture des femmes dans le Maghreb contemporain. Ses textes et ses voyages autour du monde sont autant d’invitations à une Humanité « infrontiérisable ». Dans ce sens, elle collabore comme autrice mais aussi comme photographe à plusieurs revues artistiques et ouvrages collectifs en Afrique, en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Amérique latine.

 

Elle est également l’auteure de l’essai Les représentations du féminin dans les œuvres de Maïssa Bey (Éditions Universitaires Européennes, 2019), du livre audio pour enfants Raconte à Baya, soutenu par la ville de Strasbourg, l’association Plume de Paon et la région Grand-Est, et plus récemment du recueil de poésie Nos coutures apparentes (Éditions Constellations, Brive, 2024). Sa poésie, traduite en plusieurs langues dont l’anglais, le mandarin, l’espagnol et l’italien, témoigne de son ancrage francophone tout en s’ouvrant à des horizons multiples.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

À travers ses œuvres, Imèn Moussa ne cesse de tisser des liens entre le voyage et l’ancrage. L’écriture devient à la fois errance et retour, ouverture au monde et fidélité aux racines. Cette dimension est d’autant plus forte dans sa relation à la Roumanie, pays qu’elle a déjà traversé et dont les couleurs, les paysages et les émotions nourrissent sa mémoire créatrice.

 

Son retour en Roumanie, cette fois-ci dans le cadre du Festival international de poésie de Bucarest, prend une valeur particulière. Outre ses lectures et ses rencontres, elle partagera également des prises photographiques réalisées lors d’un précédent séjour, autant de fragments visuels qui dialoguent avec ses textes et traduisent sa manière singulière de voir le monde. « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa » devient alors un fil conducteur : un regard qui capte la lumière, les contrastes et les lieux, pour les transformer en poésie.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

Deux événements marqueront sa présence : une lecture publique où le public roumain découvrira la puissance de sa voix poétique, et une rencontre consacrée aux dialogues de la poésie francophone avec d’autres cultures, où elle évoquera notamment le rôle des femmes dans l’écriture et l’importance du voyage dans la création littéraire.

 

 

Par cette participation, Imèn Moussa confirme à nouveau la richesse de son profil pluridisciplinaire

 

Poétesse, essayiste, critique, photographe et performeuse et rappelle que la poésie, comme le voyage, est toujours un espace de passage, d’émotion et de partage.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

 

À travers ses photographies réalisées lors de ses séjours précédents en Roumanie de Brașov à Bucarest, de Sibiu à Sighișoara et jusqu’à Iași, Imèn Moussa offre un carnet visuel sensible où chaque ville devient couleur, émotion et mémoire poétique

 

À suivre…

 

© Hanen Marouani

 

À lire également :

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Pour citer ce texte illustré, engagé & inédit

 

Hanen Marouani, « Imèn Moussa au Festival international de poésie de Bucarest : entre voyage et ancrage (troisième épisode) » avec une exposition poétique de ses photographies de la Roumanie, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-bucarest3

 

 

 

 

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15 septembre 2025 1 15 /09 /septembre /2025 15:20

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossiers | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 


Créatrices francophones de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest : Muriel AUGRY (deuxième épisode)

 

 

 

 

 

Texte & image par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française

& rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse Muriel Augry, invitée de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025Capture d’écran de l’image de la page Facebook de l’autrice par Hanen Marouani.

 

Biographie de la créatrice

 

Muriel AUGRY est une poétesse, essayiste, et nouvelliste française, née à Paris. Elle a enseigné à l’Université de Turin en Italie, puis entrepris une carrière dans la diplomatie culturelle française en Italie, au Maroc et en Roumanie. Elle est l’auteure d’une cinquantaine d’articles critiques, de nouvelles publiées dans des anthologies et particulièrement d’un recueil de nouvelles traduit en roumain Acest freamat al absurdului (Cronedit, 2021). Elle a écrit onze recueils de poésies, dont quatre publiés en Roumanie en version bilingue Encres lacérées (Cronedit 2020), Ne me dérêve pas (Editura Junimea, 2020), À l’heure blanche (Editura Cartea Româneasca Eductional, 2021), Paris / Rome, impressions jumelles (Editura Junimea, 2024). Ses poèmes sont traduits en une dizaine de langues. Elle a obtenu le « Prix Roland de Jouvenel de l’Académie française » pour son essai Le cosmopolitisme dans les textes courts de Stendhal et Mérimée et le « Prix Vénus Khoury Ghata de la Poésie illustrée ». Elle est membre de la Maison de Poésie, de la Société des Gens de Lettres, déléguée de l’Académie mondiale de Poésie et Secrétaire générale du Parlement des Écrivaines francophones.

 

 

Muriel Augry, une voix poétique entre cultures & passages

 

 

 

 

À l’occasion de sa participation au Festival international de poésie de Bucarest qui se tiendra du 15 au 21 septembre, il nous semble essentiel de mettre en lumière la trajectoire de Muriel Augry, poétesse, nouvelliste et essayiste française, dont le parcours est intimement lié à la Roumanie et à ses résonances culturelles.

 

Une trajectoire entre littérature et action culturelle

 

Née à Paris, Muriel Augry a d’abord enseigné à l’Université de Turin avant de rejoindre les services culturels français. Elle a exercé en Italie, au Maroc puis en Roumanie, où elle a dirigé l’Institut français de Iași de 2019 à 2022. Cette immersion au cœur de la vie culturelle roumaine a profondément marqué son écriture, nourrissant son inspiration et ouvrant ses textes à un dialogue fécond entre les langues et les imaginaires.

Membre de la Maison de la Poésie, de la Société des Gens de Lettres, déléguée de l’Académie mondiale de Poésie et Secrétaire générale du Parlement des Écrivaines francophones, elle s’inscrit aussi dans un engagement collectif pour la reconnaissance et la diffusion des voix poétiques féminines.

 

L’œuvre poétique : un ancrage franco-roumain et plus

 

Auteure de onze recueils de poésie, Muriel Augry a vu une part importante de sa production récente publiée en Roumanie, en version bilingue, confirmant l’impact déterminant de ce pays dans son œuvre :

 

  • Paris/Rome, impressions jumelles (Editura Junimea, 2024)
  • À l’heure blanche (Editura Cartea Românească Educațional, 2021)
  • Ne me dérêve pas (Editura Junimea, 2020)
  • Encres lacérées (Cronedit, 2020)

 

Ses poèmes, traduits en une dizaine de langues, entretiennent un dialogue constant avec les arts visuels. Plusieurs de ses ouvrages naissent de collaborations avec des artistes plasticiens tels que Vladimir et Slobodan Peskirevic, Philippe Bouret, Youssef el Khafay, Abdallah Akar ou Dragos Patrascu, inscrivant sa poésie dans une traversée sensible entre mots et images.

 

Entre cosmopolitisme et poétique du fragment

 

Récompensée par le Prix Roland de Jouvenel de l’Académie française pour son essai Le cosmopolitisme dans les textes courts de Stendhal et Mérimée ainsi que par le Prix Vénus Khoury-Ghata de la Poésie illustrée, Muriel Augry articule dans son œuvre une réflexion critique et poétique sur le cosmopolitisme.

Ses recueils peuvent se lire comme des espaces de passage, traversant les frontières des langues et des cultures. L’expérience roumaine, où elle a vécu et publié plusieurs recueils bilingues, joue un rôle essentiel : elle confirme la fécondité des dialogues interculturels et l’inscription de son œuvre dans un espace européen élargi.

Par ailleurs, son écriture adopte fréquemment une poétique du fragment : poèmes condensés, images incisives, éclats de mémoire et paysages intérieurs. L’oxymore, la fissure, l’attente et la fulgurance rythment ses textes, traduisant une tension fertile qui associe méditation et éclat poétique.

 

Une voix féminine francophone en Roumanie

 

À travers ses publications, ses lectures, ses collaborations artistiques et ses engagements institutionnels, Muriel Augry incarne une voix féminine francophone qui voyage et relie. Elle participe activement à la visibilité des écritures poétiques de femmes dans l’espace francophone et international.

Sa présence au festival de Bucarest résonne comme un retour à une terre d’écriture : la Roumanie apparaît à la fois comme un lieu d’ancrage et comme un espace d’ouverture, confirmant l’importance de ce pays dans la construction d’une œuvre poétique qui tisse des ponts entre cultures, mémoires et sensibilités.

 

© Hanen MAROUANI

 

À lire également :

 

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Pour citer ce texte illustré, engagé & inédit

 

Hanen Marouani (texte & image) « Créatrices francophones de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest : Muriel AUGRY (deuxième épisode) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 15 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-bucarest2

 

 

 

 

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15 septembre 2025 1 15 /09 /septembre /2025 15:19

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossiers | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 


Créatrices francophones au Festival international de poésie de Bucarest : présentation (premier épisode)

 

 

 

 

 

Présentation brève & image par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française

& rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

© Crédit photo : Image du visuel officiel des soirées des invitées francophones au Festival international de poésie de Bucarest 2025 par Hanen Marouani​​​​​​.

 

À l’occasion du Festival international de poésie de Bucarest, je propose au lectorat des revues poéféministes Le Pan Poétique des Muses et Orientales un compte rendu consacré à chacune des poétesses francophones invitées à participer à cet événement international.

Deux soirées poétiques et musicales se tiendront à Bucarest les 19 et 20 septembre 2025, avec la participation de :

 

— Muriel Augry

— Imèn Moussa

— Cristiana Eso

— Paloma Hermina Hidalgo

— Hanen Marouani

— Axia Marinescu (piano)

 

Ces rencontres se dérouleront en présence de M. David Bongard, premier conseiller de l’OIF pour l’Europe centrale et orientale, avec le soutien de l’Institut français et de Nicolay Art SRL.

Elles seront animées par Ioana Stancescu, journaliste à Radio Roumanie International, et Dan Burcea, critique littéraire et rédacteur en chef de la revue Lettres Capitales.

 

Commençons par Muriel Augry…

 

© Hanen Marouani​​​​​​

 

À lire également :

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Pour citer ce texte illustré, engagé & inédit

 

Hanen Marouani (texte & image de l'affiche officielle) « Créatrices francophones au Festival international de poésie de Bucarest : présentation (premier épisode) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 15 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-bucarest1

 

 

 

 

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8 septembre 2025 1 08 /09 /septembre /2025 17:00

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Muses & Poètes... / Florilèges | Voix/Voies de la sororité | Spiritualités en poésie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Créations poétiques 

 

 

 

 

 

 

 

Cicatrices

 

 

 

 

Poème engagé & féministe par

 

Viki Katsarou

Écrivaine, traductrice, éditrice grecque, poétesse formée en langue & littérature grecques & en études théâtrales de la Fondation Culturelle de la Banque Nationale de Grèce (MIET)

 

 

 

 

Crédit photo : Dessin anonyme d’une déesse-mère de l’antiquité greco-romaine avec une lyre, peinture tombée dans le domaine public. Capture d'écran de la photographie libre de droits du Commons.

 

Ce poème s’inscrit dans une démarche où la mémoire, le corps et le mythe se croisent pour donner voix à une généalogie féminine de créatrices trop souvent effacée.

 

CICATRICES

 

 

Dieu a toujours été femme,
mais on nous craignait,
car d’un souffle nous pouvions dessécher la terre,
soulever les mers en tempête,
faire éclore des fleurs du sang de nos doigts,
durcir les racines des arbres dans les entrailles de la terre
avec le lait de nos seins.

 

Mais la mémoire est immortalité
et ne sert pas les desseins de la Mort.
Alors les hommes nous ont oubliées,
ils ont bâti sur notre passé
et ont décidé de mener les femmes
vers des tombeaux fermés.

 

Et nous voilà ici,
roses ressuscitées,
revenant ranimer cafés et échoppes de barbiers,
tavernes, moulins à huile, chantiers navals et vieilles barques,
éponges suspendues aux murs des maisons,
bois, fers, pierres, champs, arbres et rochers millénaires —
tout s’anime là où passe notre pas.

 

Et avec nous nous portons la peine, la joie,
la tristesse et l’amour,
la terre.

On nous offrit jadis un œillet, un basilic,
on chanta pour nous sous les fenêtres,
nous déroulions des thrènes et des malédictions.
Leurs regards jadis brûlaient
de ce qui demeurait incompréhensible.
Et les signes se multipliaient —
dans notre nature de femmes sont les entailles,
et l’exil, malédiction.

Mais nous voilà maintenant,
prêtes à porter nos marques en pleine lumière,
le chemin choisi n’a pas de retour.
Des violons résonnent.
À côté de nos saints, guette Dionysos.

Ishtar – Inanna, prostituée des cieux,
Sedna aux yeux fendus,
Anat, Durga,
Shakti, Sarasvati et Cybèle —
nous fûmes créatrices et législatrices,
prophétesses, tisseuses du destin,
inventrices, guérisseuses, archères et cheffes de guerre.

 

Pour Sedna seule nous pleurons encore :
immense, aux yeux de verre, à la langue de cerise,
elle fut dot de son père à un magicien
qui la maltraita cent six ans durant.

Sedna revint, ne voulant plus d’homme.
Elle s’accrocha à la barque de son père,
et son père lui trancha la main.
Puis son père lui trancha l’autre main,
et Sedna s’enfonça dans la mer,
et Sedna devint baleine — elle ne mourut pas.

 

Elle devint déesse,
et quand les vagues emmêlent ses cheveux,
des tempêtes éclatent.

 

Et Ishtar, Inanna, prostituée des cieux,
à la crinière de lionne et aux pieds d’oiseau,
souveraine de la nuit et du monde souterrain —
le seul qu’elle ne put ressusciter fut son amant,
et la nature mourut,
et la nature mourut et son amant aussi,
et Ishtar offrit son corps chaque nuit à tous les saints,
et Ishtar vécut, et nous vécûmes avec elle.

Durga, notre mère, déesse sanguinaire,
toi qui chevauches les tigres avec tes multiples bras,
tu tuas le démon qu’une femme seule
pouvait abattre.

 

Dieu était femme
les deux cent mille premières années
de la vie humaine sur la terre.

 

© Viki Katsarou
 

***

Pour citer ce poème inédit, féministe féminine & engagé pour l'égalité des sexes

 

Viki Katsarou, « Cicatrices »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 8 septembre. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/2025noiii/vk-cicatrices

 

 

 

 

 

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21 août 2025 4 21 /08 /août /2025 14:53

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossier | Articles & témoignages | Revue Matrimoine | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages  & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier & Dictionnaire

 

 

 

 

 

 

Zoubeida B'chir : mémoire & hommage

 

 

 

 

 

Biographie brève & hommage d’une créatrice par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française & rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

Crédit photo : Portrait photographique de la pionnière Zoubeida B'chir. Capture d’écran de l’image libre de droits, via Facebook.

 

21 août 2011 : Décès de Zoubeida B'chir زبيدة بشير

 

 

Zoubeida B'chir زبيدة بشير, née le 8 février 1938 à Sakiet Sidi Youssef et morte le 21 août 2011 à Tunis, est une poétesse et productrice de radio tunisienne qui est considérée comme une pionnière dans son domaine.

 

Originaire du village algérien d'Oued Souf, elle voit le jour dans le village frontalier de Sakiet Sidi Youssef (gouvernorat du Kef) où son père est venu s'installer à la recherche de travail, avant d'émigrer à Tunis. 

Sa famille ne l'envoie pas à l'école mais lui donne une instruction traditionaliste à domicile. Autodidacte, elle passe son temps entre les livres et la radio, où elle s'intéresse aux émissions culturelles. Puis, elle se met à composer des poèmes et des nouvelles. C'est sa vraie vocation puisqu'elle remporte d'abord un prix de création littéraire de Radio-Paris (en langue arabe), pour une nouvelle intitulée « Annagham al-hazin » en 1958, puis se rend en France où elle est honorée, avant de récidiver l'année suivante avec un prix pour le poème Al-hobb adhaeâ. 

 

Ne fréquentant pas d'école, elle parfait sa propre formation et réussit à affiner son talent poétique. Ses poèmes sont également primés par Radio Tunis. 

Le président Habib Bourguiba, qui écoute attentivement la radio tunisienne, apprécie son talent et recommande de l'y intégrer. Il lui aurait même demandé un jour en plaisantant : « L'histoire retiendra-t-elle que Bourguiba a vécu la période de Zoubeida B'chir ou que celle-ci a vécu la sienne ? ». 

Elle y débute en 1959, pour y passer 22 années comme présentatrice, lectrice des bulletins d'information et productrice d'émissions. 

Elle produit notamment les émissions Mouradafet, Likaa al-ahebba et une émission hebdomadaire pour la « Voix de l'Amérique ». Elle participe aussi longtemps à l'émission « Les Amateurs de la littérature » présentée par Mustapha Khraïef puis par Ahmed Laghmani.

 

C'est Khraief qui rédige l'introduction de son premier recueil. Dès la publication de ses premiers poèmes, elle suscite des réactions controversées. 

 

Choisissant une forme libre mais rythmée, elle ose s'aventurer dans le domaine sentimental voire charnel. Pour les uns, c'est un acte de courage et d'innovation, pour d'autres, c'est l'expression d'une débauche. Dans son poème « Hanin » (Nostalgie), elle dit notamment : « Nuits de chaleur entre ses bras / L'amour reviendra-t-il au cœur qui vit sur ses douleurs / Et sur les souvenirs qui ravivent les tourments de sa frustration ? ».

En 1967, elle est la première poétesse tunisienne à publier un recueil qui porte le titre de ce poème, « Hanin » (Nostalgie). Elle rencontre différents obstacles et reconnaît que seul Henri Smadja (patron de La Presse de Tunisie), qui a apprécié ses poèmes, l'a alors aidée et encouragée. Le recueil obtient un grand succès.

 

En 1968, elle fait un pèlerinage dans son village natal, à l'occasion des cérémonies en mémoire du bombardement de Sakiet Sidi Youssef qui coïncident avec son anniversaire, mais elle en revient pleine d'amertume, à la vue du désastre et de la destruction de ses souvenirs. Quelque temps après, elle quitte la scène culturelle, se contentant d'abord de la présentation de l'émission Chansons des auditeurs et ce jusqu'en 1981, avant de se retirer définitivement. Pendant près de vingt ans, on n'entend plus parler d'elle et on l'oublie. Elle publie par ailleurs son second recueil « Alaa » (Grâces) mais elle garde toujours ses distances vis-à-vis de la scène culturelle. 

Elle accepte de participer à une œuvre collective sur la révolution tunisienne en 2011 mais meurt la même année.

 

Crédit photo : Première de couverture illustrée des œuvres complètes de l’autrice Zoubeida B'chir en arabe. Capture d’écran de l’image libre de droits trouvée sur le site du réseau social Facebook. L’illustration est un portrait photographique de la créatrice Zoubeida B'chir. Capture d’écran de l’image libre de droits trouvée sur le site du réseau social Facebook.

 

En hommage à son parcours et à sa contribution pionnière à la littérature tunisienne, la Tunisie a institué depuis 1995 le Prix national Zoubeida Bchir, organisé par le Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme (CREDIF) en partenariat avec le Club Tahar Haddad, sous la tutelle du Ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées. Ce concours littéraire et scientifique, décerné chaque année à l’occasion de la Journée internationale de la femme, vise à encourager et valoriser la créativité féminine tunisienne dans les domaines littéraire, scientifique et intellectuel. Devenu au fil des années un acquis national, il porte haut le nom de Zoubeida B'chir et perpétue son héritage en mettant en lumière la richesse et la diversité des voix féminines du pays.*

 

© Hanen Marouani

* C’est un article inspiré légèrement enrichi à la fin d'un post publié et lu sur Facebook.

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Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Hanen Marouani, « Zoubeida B'chir : mémoire et hommage », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 21 août 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-zoubeidabchir

 

 

 

 

 

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L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

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