31 mai 2025 6 31 /05 /mai /2025 17:27

Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles » | Appels à contributions | Agenda poétique

 

 

 

 

 

Invitation à contribuer au

 

numéro spécial de l’été 2025

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : Dessin représentant une créatrice, capture d'écran d'une image libre de droits ou d'usage du Web.

 


 

 

La revue féministe Le Pan Poétique Des Muses a la joie de vous convier à prendre part à son numéro spécial de l'été 2025 autour du thème « Créatrices ». La création a longtemps été un acte genré autrement dit : attribué aux hommes censés êtres les seuls capables de créer des œuvres d’art et d'esprit. Ainsi, les femmes ont longtemps souffert des préjugés acculés à leur sexe et ont souvent, malgré leurs talents, demeuré dans l’ombre des hommes créateurs dans l'histoire et à travers le patrimoine littéraire, artistique, caudiovisuel, etc.

Ce numéro vous propose de s'emparer de ce fait historique pour revisiter l’histoire genrée de la création et de ses figures majeures comme mineures partout dans le monde depuis l'antiquité à nos jours pour exprimer vos pensées en libérant les créatrices du passé et de nos jours des clichés, archétypes et préjugés qui les invisibilisent avec leurs œuvres ou minorent leurs puissances créatrices et l’importance de leurs créations et place particulièrement les arts poétiques et dans tous les arts en général.

 

N'hésitez pas d’adresser par courriel vos entretiens, articles, traductions, transcriptions, enquêtes, et autres documents et productions artistiques, poétiques, littéraires, féministes, audiovisuelles... pour contribuer à ce numéro spécial estival à partir du 31 mai et jusqu’au 15 août 2025 sur la notion-clé suggérée ci-haut et/ou aux rubriques habituelles de la revue Le Pan Poétique Des Muses (tout cela dans la langue, sur la période historique et la région géographique de votre choix)*.

 

Bel été en (éco)poésie et (éco)arts à vous !

 

* La rédaction n'accepte ni les propositions en format PDF, ni les images dont la taille dépasse —pour chacune — les 7 MO.

 

***

 

Pour citer cet avis inédit

 

LPPDM, « Invitation à contribuer au numéro spécial de l’été 2025 », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles », mis en ligne le 30 mai 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia25/noii/lppdm-ns2025

 

 

 

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7 mai 2025 3 07 /05 /mai /2025 15:42

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2025 | INSPIRATRICES RÉELLES & FICTIVES | 1er Volet | Dossiers majeur & mineur | Articles & témoignages | Poésie visuelle / Poésie & mode | Revue Matrimoine | Voix / Voies de la sororité

 

 

 

 

 

 

 

Ma rencontre avec Hélène de Beauvoir

 

 

 

 

 

 

Témoignage historique par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image de la Lettre de l’artiste Hélène de Beauvoir à l’autrice Françoise Urban-Menninger.

 

 

 

Un jour, j’appris qu’en Alsace vivait Hélène de Beauvoir, la sœur de Simone dont j’avais lu presque tous les livres. Je venais de publier La confidence des Abeilles, un recueil de poèmes plus particulièrement destiné aux enfants mais « accessible aussi aux adultes » lui précisai-je dans le petit mot qui accompagna mon envoi à l’instar d’une bouteille que j’aurais jetée à la mer.

 

Crédit photo : Portrait de l’artiste Hélène de Beauvoir jeune. Capture d’écran de la photographie libre de droits de Wikipédia.

 

 

Sa lettre que je reçus en retour et, que je conserve précieusement dans mes archives, fut pour moi un merveilleux cadeau car, non seulement, elle m’écrivait qu’elle aimait mes poèmes et avait une préférence pour le grand Monsieur, mais de surcroît, elle m’invitait à visiter son atelier à Goxwiller !

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image du poème préféré d’Hélène de Beauvoir du recueil de poèmes La confidence des Abeilles de Françoise Urban-Menninger et intitulé « Le grand Monsieur ».

 

C’est par un après-midi ensoleillé d’automne, en octobre 1994 que je me rendis dans sa ferme où Hélène m’accueillit enveloppée dans un immense tablier bleu car elle achevait au marteau-piqueur une œuvre monumentale sur plexiglas.

 

Elle évoqua pour moi de nombreux souvenirs empreints de nostalgie car elle me déclara en soupirant « avoir été oubliée par Paris » mais également par les protagonistes de l’art en Alsace. Seule une télévision japonaise s’était hasardée à se déplacer pour la filmer et recueillir ses réflexions sur sa quête artistique.

© Crédit photo : Claude Menninger, image de la peinture « 2 Mai-1968 » par Hélène de Beauvoir. Photographie prise au musée Würth à Erstein.

 

Ce même après-midi, elle me confia que c’est elle, et bien avant que Simone ne s’emparât du sujet, qui avait exprimé des idées féministes précurseuses dans ses toiles et en avait fait l’un des combats de sa vie. Et nous le savons, pour l’avoir lu dans les récits de Simone que cette dernière avait eu parfois peu d’indulgence pour les œuvres de sa sœur qu’elle surnommait « Poupette ».

 

Après m’avoir montré plusieurs de ses tableaux, Hélène de Beauvoir, toujours débordante d’énergie, m’avoua sur un ton d’espièglerie enfantine et en pouffant dans son poing, que chacune de ses toiles recelait une note d’humour connue d’elle seule. « C’est mon petit secret », avait-elle ajouté, l’œil malicieux.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image de la peinture « 2 Mai-1968 » par Hélène de Beauvoir. Photographie prise au musée Würth à Erstein & dialogue avec une des robes de la styliste Cléone.

 

 

Fort heureusement, quelques années plus tard, Hélène qui se croyait « oubliée », a bénéficié d’une magnifique rétrospective en 2018 au Musée Würth à Erstein où ses œuvres furent rassemblées par un couple d’Allemands qui avait racheté sa ferme. Ils ne la connaissaient pas mais ils se sont passionnés pour cette artiste qui avait vécu avant eux dans leur demeure et qui, très certainement, leur avait fait signe jusque dans leur inconscient.  Ce fabuleux hommage fut accompagné par un dialogue inédit avec les robes, emplies de magnificence, créées par la styliste Cléone, qui après avoir quitté Paris, œuvre aujourd’hui à la Petite-Pierre en Alsace mais dont les créations sont connues de par le monde.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image de la peinture « 2 Mai-1968 » par Hélène de Beauvoir. Photographie prise au musée Würth à Erstein & dialogue avec une autre robe de la styliste Cléone.

 

Ce sont ces images-là, belles et fortes, le sourire radieux d’Hélène, ses toiles qui égrènent les notes douces-amères de la musique du monde qui, parfois reviennent en boucle faire tourner le manège de mes réminiscences.


 

© Françoise Urban-Menninger

C’est l'histoire de ma rencontre avec Hélène de Beauvoir, accompagnée de sa lettre, du poème qu'elle aimait et de photographies de ses toiles prises au musée Würth à Erstein, certaines dialoguent avec les robes de la styliste Cléone.

 

***

Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Ma rencontre avec Hélène de Beauvoir » avec cinq photographies par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 7 mai 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/noi2025/fum-helenedebeauvoir

 

 

 

 

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6 mai 2025 2 06 /05 /mai /2025 17:08

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2025 | INSPIRATRICES RÉELLES & FICTIVES | 1er Volet | Dossier majeur | Articles & témoignages / Portrait |  Poésie, musique & arts audiovisuels / Poésie visuelle

 

 

 

 

 

 

 

Undoingl’exposition d’Isabel Zuber dans la Radbrunnen à Breisach dans le Kaiserstuhl en Allemagne

 

 

 

 

 

 

Portrait artistique & poétique par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, l’artiste « Isabel Zuber devant une de ses œuvres exposées dans Undoing (son exposition actuelle dans la Radbrunnen à Breisach dans le Kaiserstuhl en Allemagne), image no 1, avril 2025. 

 

 

Dans ce lieu millénaire exceptionnel et atypique dont on retrouve le nom en 1344, une tour qui servait à garder un immense puits de 41m20 de profondeur pour assurer les besoins en eau potable de la ville de Breisach, Isabel Zuber vient de présenter ses dernières œuvres.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, l’artiste Isabel Zuber performant dans Undoing (son exposition actuelle dans la Radbrunnen à Breisach dans le Kaiserstuhl en Allemagne), image no 2, avril 2025. 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, l’artiste Isabel Zuber performant dans Undoing (son exposition actuelle dans la Radbrunnen à Breisach dans le Kaiserstuhl en Allemagne), image no 3, avril 2025. 

 

 

La Radbrunnen (Rad ou roue, brunnen ou puits) dont la partie inférieure est taillée à même la roche conserve toujours une eau pure et claire tempérée à 12°, c’est dans cet espace, transformé en galerie d’art contemporain, nanti d’une gigantesque roue à aubes, que l’artiste avec son exposition Undoing nous renvoie au temps qui se défait, s’écoule comme l’eau mémorielle de ce puits avec laquelle ses œuvres ont partie liée.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, l’artiste Isabel Zuber performant dans Undoing (son exposition actuelle dans la Radbrunnen à Breisach dans le Kaiserstuhl en Allemagne), image no 4, avril 2025.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, l’artiste Isabel Zuber performant dans Undoing (son exposition actuelle dans la Radbrunnen à Breisach dans le Kaiserstuhl en Allemagne), image no 5, avril 2025. 

 

Isabel Zuber a suivi une formation artistique à l’Université des Arts de Berlin auprès de Georg Baselitz, elle travaille aujourd’hui dans son atelier à Freiburg et depuis 2002, elle est professeur de dessin à l’Université de Pforzheim.

L’artiste poursuit sa quête sur ce temps qui nous fait et nous défait inexorablement en usant de mines de graphite, d’encres, de crayons noirs ou de couleurs pour en explorer les traces parfois infimes sur des feuilles de papier ou, in situ, sur les murs blancs des galeries ou musées qui l’accueillent. Naît alors une écriture sans mot qui traverse le continuum espace/temps dans une suite picturale où des points, des lignes, génèrent, de par leur répétition, une musique silencieuse. Une vidéo nous donne à voir Isabel Zuber peignant debout avec ses deux bras tendus sur les deux parties d’une devanture vitrée. L’artiste étant gauchère, la partie gauche de l’œuvre restitue la puissance de son énergie vitale tandis que la partie droite, ondoyante, s’allège.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, des œuvres exposées dans Undoing (l’exposition de l’artiste Isabel Zuber dans la Radbrunnen à Breisach dans le Kaiserstuhl en Allemagne), image no 6, avril 2025

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Lors du vernissage de Undoing à la Radbrunnen, Isabel Zuber a offert une performance époustouflante au public, particulièrement attentif. Trois termes résument ses recherches « raum/ bewegung/ zeit », en français « cadre/ mouvement/ temps »  et c’est bien dans un carré sur le mur blanc de la galerie, délimité par une règle, que l’artiste s’est mise à « œuvrer». Dans un jeu avec la matière, son énergie s’est transmutée en stries sur lesquelles, elle a ensuite soufflé pour enlever le surplus de poussière graphite. L’image, enfin révélée en noir et blanc, a encore été estompée avec un chiffon afin que des signes apparaissent telles des traces ou des notes sur une portée musicale. Lignes et points ont alors atteint ce minimalisme recherché également par le musicien Arvo Pärt qui écrit « Je pourrais comparer ma musique à une lumière blanche qui contient toutes les couleurs », il en va de même pour Steve Reich dans ses recherches de « musique minimale ».

Isabel Zuber, de déclarer, lors de sa prestation, que « le voyage ne s’arrête jamais » car la quête n’a d’autre but que cette quête elle-même dans laquelle l’artiste ne cesse de se transcender dans un processus de réduction qui tend à aller vers l’essentiel comme dans la musique de Steve Reich ou d’ Arvor Pärt , compositeurs auxquels, elle se réfère.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, l’artiste Isabel Zuber performant sur une devanture, œuvre exposée dans Undoing (son exposition actuelle dans la Radbrunnen à Breisach dans le Kaiserstuhl en Allemagne), image no 7, avril 2025

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Et l’artiste d’expliquer encore, après avoir réalisé sa performance, que c’est dans l’épure, voire dans la quintessence de ses créations qu’elle gagne sa liberté. Ses œuvres, dont certaines sont gigantesques et couvrent des murs entiers dans des galeries ou musées, en sont l’expression tangible et visuelle, celle d’une écriture universelle et intemporelle qui nous parle au-delà des mots, en deçà de toute rationalité en s’adressant à notre être intérieur par le biais d’une intuition poétique qui suspend et éternise l’instant.

 

© Crédits photos : Claude Menninger, des visiteurs de l’exposition Undoing de l’artiste Isabel Zuber dans la Radbrunnen à Breisach dans le Kaiserstuhl en Allemagne, avril 2025.

 

© Françoise Urban-Menninger, avril 2025, dans un lieu remarquable, voici en images, signées Claude Menninger, et en mots, le portrait d'Isabel Zuber, une artiste allemande exceptionnelle, œuvrant in situ et exposant actuellement plusieurs de ses réalisations dans la Radbrunnen de Breisach ainsi que le court-métrage vidéo d’une performance sur une devanture, URL :

https://www.youtube.com/watch?v=1fDoGItfgTo

© Poésie audiovisuelle de l’artiste Isabel Zuber

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Pour citer ces images & portraits inédits

 

Françoise Urban-Menninger, « Undoing, l’exposition d’Isabel Zuber dans la Radbrunnen à Breisach dans le Kaiserstuhl en Allemagne », illustrations photographiques par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 6 mai 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/noi2025/fum-expo-isabelzuber

 

 

 

 

 

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8 avril 2025 2 08 /04 /avril /2025 16:39

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2025 | INSPIRATRICES RÉELLES & FICTIVES | 1er Volet | Critique & Réception | Dossier majeur | Articles & témoignages | Handicaps & diversité inclusive 

 

 

 

 

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Le miroir retourné, une exposition

 

 

des œuvres de Gwendoline Desnoyers 

 

 

à Strasbourg

 

 

 

 

 

 

Réception de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, première de couverture illustrée de l’ouvrage posthume « Une vie de regrets » de l’artiste Gwendoline Desnoyers aux éditions Arbitraire dans la rétrospective actuelle à La Chaufferie à Strasbourg en hommage à l’artiste, image no 1.

 

 

 

Dans le cadre des Rencontres de l’illustration, la Haute école des arts du Rhin présente un ensemble d’œuvres diverses et singulières de Gwendoline Desnoyers, ancienne élève des Arts décoratifs de Strasbourg. L’artiste qui s’est donné la mort le 31 juillet 2020 nous laisse Une vie de regrets, un ouvrage posthume publié par les éditions Arbitraire trois ans après son décès que ses éditeurs Lucas Ferrero et Renaud Thomas, le directeur de la HEAR Frédéric Sauzedde et les commissaires d’exposition de l’atelier illustration, Noah Nereutà, Violette Mesnier et Marius Guandalini, nous donnent à découvrir avec beaucoup de délicatesse et d’émotion.

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, Des œuvres exposées de l’artiste Gwendoline Desnoyers dans la rétrospective actuelle à La Chaufferie à Strasbourg en hommage à l’artiste, image no 2.

 

 

Cette jeune artiste, disparue à l’âge de 29 ans, nous lègue des œuvres troublantes à la mélancolie douce-amère, sous forme de dessins, de gravures, de tableaux, de bijoux, de mobiles... Telles les artistes Camille Claudel ou Unica Zürn, elle alternait des séjours en milieu hospitalier et son travail artistique.. André Breton disait de « L’art des fous » qu’il est « la clé des champs » et indéniablement Gwendoline Desnoyers ouvre des portes à l’intérieur d’elle-même, elle retourne le miroir pour explorer les labyrinthes enténébrés qui l’habitent et la hantent, elle nous invite par le biais de ses créations à transcender la réalité à l’instar de la psychose qui la tient sous son emprise. On songe à la fameuse phrase de Pascal « Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou. » Et c’est bien avec notre part de folie ordinaire que nous appréhendons son œuvre comme nous pouvons le faire avec celle de Séraphine de Senlis.

 

 

Son tableau « une main pour une tête » cache le visage d’une femme pour en effacer l’identité, des séries de masques affichent les figures tristes, coléreuses, voire ricanantes de cette condition humaine en mal de repères qui nous caractérise et l’artiste de préciser de son écriture virevoltante « les têtes pensent le monde, les mains le façonnent ».  Dans le sermon à un ami  Gwendoline Desnoyers évoque « des ruines de solitude », elle écrit « le miroir se fait réalité / quel est votre secret ? / chacun porte la vérité »... Et quand la vérité a partie liée avec l’inspiration visionnaire, les dessins de l’artiste traduisent l’angoisse qui la tient prisonnière de ses hallucinations, tel ce serpent à tête humaine qui s’enroule autour du corps d’un homme.

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, Des Le tableau « une main pour une tête » de l’artiste Gwendoline Desnoyers dans la rétrospective actuelle à La Chaufferie à Strasbourg en hommage à l’artiste, image no 3.

 

 

Nul ne peut rester indifférent à cette exposition car c’est Gwendoline Desnoyers qui nous interpelle en nous posant cette question en forme de réponse « Comment dissocier l’artiste de son art, alors que celui-ci est son essence ? » Les créatures oniriques, les personnages ailés mi-hommes mi-anges, les paysages nocturnes empreints parfois de références mystiques sont l’incarnation même de cette artiste qui a publié de son vivant dans de nombreux fanzines et édité de petits ouvrages monographiques. Des rétrospectives comme celle du Festival Gribouillis à Bordeaux ou celle qui se tient actuellement à La Chaufferie à Strasbourg nous convient à traverser le miroir des apparences pour aller à la rencontre de cette femme artiste et poète à laquelle Strasbourg Capitale mondiale du livre UNESCO 2024 et la HEAR rendent aujourd’hui un vibrant hommage.


 

© Françoise Urban-Menninger, avril 2025.

 

***

Pour citer ces images & texte inédits

 

Françoise Urban-Menninger, « Le miroir retourné, une  exposition des œuvres de Gwendoline Desnoyers à Strasbourg » avec des photographies de l'exposition par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 8 avril 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/noi2025/fum-lemiroirretourne

 

 

 

 

 

 

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2 avril 2025 3 02 /04 /avril /2025 15:09

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2025 | INSPIRATRICES RÉELLES & FICTIVES | 1er Volet | Entretiens poétiques, artistiques & féministes  | Dossier majeur | Articles & témoignages

 

 

 

 

 

 

 

 

Interview avec Sarah Mostrel

 

 

 

 

 

Propos recueillis & image par

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

Peinture photographiée par

Sarah Mostrel

 

Site : 

https://sarahmostrel.wordpress.com

Facebook : https://www.facebook.com/sarah.mostrel

Chaîne You Tube :

https://www.youtube.com/user/SarahMostrel

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, « Intrigue », peinture à l'huile ».

 

 

MDC — Sarah Mostrel, comment êtes-vous arrivée à la poésie puisque votre profession (ingénieur) de départ n’avait rien à voir avec la poésie ? 

 

SM La poésie m’est tombée du ciel ! J’avais déjà une sensibilité artistique par la musique, et en particulier le piano, que j’ai pratiqué toute mon enfance. Vinrent ensuite les mots, qui m’ont permis de déposer sur le papier des sentiments, des états d’être, des révoltes aussi que j’avais en moi. Le verbe m’est venu et m’a transportée dans les sphères de la poésie, qui permet d’exprimer le plus profond de soi, mais aussi la beauté du monde, perceptible à tout moment. 


 

MDC —  Selon Paul Valéry « L’essence de la poésie est la recherche de la poésie même ». Cette assertion trouve-t-elle sa justification dans votre poésie ?

 

SM — Le langage poétique est un art et comme tout art, il décrit, dénonce et tente d’éveiller le lecteur, auditeur, à une certaine finesse de la vie. C’est en tout cas dans cette esthétique, voire éthique, que j’écris. Décrire le fond de l’être, tenter de trouver des réponses ou au moins de poser les bonnes questions fait partie de mon processus créatif. La recherche du bon mot, du bon assemblage, non sans une association d’images souvent, est un travail ontologique qui part de la nature des choses vers son analyse. 


 

MDC — Selon Cioran « Les poètes sont inutiles mais indispensables », ne pensez-vous pas que c’est plutôt la poésie qui est utile au poète ?

 

SM — La poésie est indispensable et j’ose espérer qu’elle l’est pour tous les humains. C’est une façon d’être, d’approcher la vie. Elle met un peu de délicatesse dans ce monde brutal. Il faut dire aussi que la poésie est diverse. Elle peut être engagée, tentant d’émettre un message politique, lyrique, romantique (en cela, elle est formidable car elle permet tous les excès), satirique, didactique, ludique. Elle est en fait un moyen de transmission, et est nécessaire pour le poète qui la manie bien sûr, mais surtout pour le monde, qui a besoin de cet essentiel…


 

MDC — Je veux croire que ce recueil de poèmes est de circonstance. Mais qu’est-ce qui vous l’a inspiré ?

 

SM — Les événements de la vie. La perte de proches. Ma quête vers la lumière, même dans les moments obscurs. Je m’accroche au Beau, même si dehors il fait gris et que dedans aussi, parfois. Emerger de la peine, donner une lueur d’espoir est le propre du poète qui est un passeur en quelque sorte. Je m’attèle aussi à rétablir l’inversion des valeurs de notre société contemporaine qui part à vau-l’eau.
 

 

MDC — À quelle fréquence écrivez-vous ?

 

SM — J’écris tout le temps, tous les jours, et parfois la nuit. Journaliste, j’écris tout d’abord dans le cadre de mon travail, dans la presse magazine. Ecriture bien sûr différente que l’écriture personnelle. La poésie, mais aussi les autres genres littéraires que je pratique (fiction dans le roman ou les nouvelles, prose dans les essais ou plus récemment le théâtre) sont de formidables moyens d’expression pour décrire, s’épancher, créer des personnages proches ou à l’opposé de ce qu’on est. La littérature ouvre sur les Autres.


 

MDC — Avez-vous un moment privilégié pour écrire ? 

 

SM — Il fut un temps où j’écrivais essentiellement la nuit, lorsque mes enfants, petits, dormaient. Aujourd’hui, dès que j’ai un peu de temps ou d’ouverture sur mon temps personnel, je m’y mets. Je priorise mon expression artistique selon les échéances que je me fixe ou que l’on me fixe. J’aime le challenge et je réponds à beaucoup de propositions. Il faut alors parer au plus urgent. Restitution d’un manuscrit, réalisation d’une œuvre pour une expo (photo ou peinture), préparation d’un concert (j’ai notamment sorti six albums) etc. Beaucoup de travail, et de plaisir...


 

MDC — Question subsidiaire : Connaissez-vous des passages à vide qui vous plongent dans l’inquiétude ?

 

SM — Pas trop. Je n’ai pas le syndrome de la page blanche (ou de la toile blanche, dirais-je). Beaucoup de choses m’inspirent. La vie est d’une richesse infinie. La nature offre son éventail de beauté en permanence. Lorsque j’ai un passage à vide, je me ressource avec mes amis, je vais marcher, je voyage, je profite de l’offre culturelle qui ne manque pas. J’aime le théâtre, le cinéma, les musées, la musique. Je puise dans mes ressources, dans mon intérieur. La création m’est indispensable. L’art est un bien précieux.


 

MDC — Avez-vous éprouvé un sentiment de satisfaction après avoir terminé ce recueil et le voir publié telle une mission accomplie ?

 

SM — Oui, bien sûr. La concrétisation d’un travail me met toujours en joie. Et même si ce n’est pas mon premier ouvrage édité (j’ai dû publier une trentaine de livres), je suis toujours impatiente du résultat. L’objet est important. Je ne parlerais pas vraiment de mission accomplie, tout texte est perfectible et mettre le mot « fin » à un ouvrage n’est pas simple. Mais il est une étape. Son contenu est le reflet de la maturité acquise au moment où le livre est publié, de mon appréhension du monde que j’ai envie de partager à ce moment précis. J’ai eu la chance — et je remercie à cette occasion les Éditions du Cygne — d’orner ce recueil de mes dessins et encres. C’est une autre de mes facettes, et elle m’est chère. Elle est un plus dans l’entendement du livre. Je tiens aussi bien sûr à vous remercier, Maggy de Coster, ma préfacière, talentueuse poète et amie.

 

© Crédit photo : De gauche à droite, les autrices Sarah Mostrel & Maggy De Coster lors de la présentation du recueil de poèmes « Gris de peine » de Sarah Mostrel aux Éditions du Cygne le 4 mars 2025 au Café de la Mairie, Place Saint-Sulpice. Image fournie par Maggy de Coster.

*

J’ai été à la fois touchée et flattée de faire la préface du recueil de ce recueil de poèmes car j’ai trouvé que c’était une marque de confiance de la part de Sarah Mostrel et je voulais lui prouver que j’étais digne de sa confiance comme les vingt-quatre auteurs précédents de tous genres littéraires confondus dont j’ai préfacé les livres. 

 

© Maggy De Coster, mars 2025.

***

Pour citer ce méta entretien poétique, inédit & illustré

 

Maggy De Coster, « Interview avec Sarah Mostrel » avec des illustrations des autrices, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 2 avril 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/noi2025/mdc-entrevue

 

 

 

 

 

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Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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