3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 16:56

 

N °7 | Entretiens artistiques

 

LPpdm a rencontré

 

 

 

Rencontre avec Nadine Guilpin

 

 

 

une artiste au parcours atypique
 

 

 

 

Propos recueillis par

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

Illustratrice

 

Nadine Guilpin

 

Site officiel : www.yehi-artitude.com

 

 

 

   © Crédit photo : portrait photographique de l'artiste Nadine Guilpin.

 

 

 

Maggy DE COSTER – Nadine Guilpin, j’ai été frappée par la diversité de votre style artistique lors de ma visite d’une exposition privée que vous avez organisée du 20 octobre au 3 novembre 2017 autour du dessin, de la peinture et de la création textile. Pouvez-vous nous dire comment vous êtes arrivée à la création artistique ?

 

 

Nadine GuilpinÀ propos de la « diversité artistique » que vous soulignez, je vais essayer une introspection de mes débuts. Je n’ai pas fait d’études artistiques. Je me suis intéressée à l’histoire de l’art, j’aime la philosophie, la littérature, l’écriture et l’histoire en général. Cela me classe sans doute dans la catégorie des sciences humaines. Dans une autre vie, j’ai fait Sciences Po et préparé l’ENA, puis j’ai réussi le concours des Instituts Régionaux d’Administration et fait l’IRA de Lille. Ce qui m’a conduit à faire du Management public.

L’art s’est d’abord présenté à moi comme centre d’intérêt, grâce au musée Dapper. Merveilleux musée dont la découverte m’a conduit à m’interroger sur l’art contemporain des artistes et créateurs africains à travers le monde. J’ai alors fondé en 1999 l’Association Art’Monie dédiée à l’art contemporain Africain.

 

© Crédit photo : toile n°1 de Nadine Guilpin.

 

J’ai été commissaire d’exposition dans le cadre des expositions organisées par cette structure pour faire rencontrer la diversité autour de l’art … À ce stade, Je ne pensais pas du tout avoir le virus de la création. Par la suite, j’ai eu un déclic dans une boutique de perles qui mettait à disposition un certain nombre de matériaux. Mon hobby pour le bijou sculpté est né et continue jusqu’à présent. Cette part de ma création a été suggérée par la création textile dans l’exposition « Nature & Légendes ».

L’art plastique a été une entreprise exploratoire qui, au travers de l’art numérique (depuis 2003), la peinture et le collage de 2008 à 2013, puis le marouflage par la récupération de papiers journaux cartons … (2013 à 2017), la pratique du dessin est apparue en 2016 par la rencontre d’une certaine flore et de l’équipement rudimentaire dont je disposais à ce moment-là.

 

   © Crédit photo : toile n°2 de Nadine Guilpin.

 

Cette collection de variations autour de la flore va se prolonger sans doute au fil des découvertes et de l’inspiration qu’elles vont susciter. Pour conclure, je pense que cette diversité est sans doute le fruit d’une traduction de ma perception, par rapport aux choses en général et aux perspectives qu’elles me font entrevoir. La création textile est née, quant à elle, de la rencontre entre une histoire de légendes africaines, les épurations et les massacres après la mort des rois anciens, notamment en Afrique, et la recherche d’un moyen d’illustration, pour faire émerger le drame des femmes dans ces tragédies et dans la vie en général. Cette quête et l’opportunité de la mise à disposition d’une bonne quantité de tissus en coton blanc ont fait le reste. Compte tenu de ce qui précède, on peut penser que c’est l’art s’insinue de lui-même à travers des rencontres, des récits des objets à transformer.

 

MDC – Qu’en est-il des procédés que vous utilisez en matière de création ?

 

NGJe ne peux pas parler de procédés acquis ou préexistants. Je connais quelques techniques à la portée de bon nombre d’entre nous, comme la couture, le tricot ou le modelage. Quelquefois j’improvise. Lorsque j’ai fait de l’art récup avec du papier usagé et du carton, j’ai été surprise par l’accueil en galerie avant d’en mesurer l’apport esthétique. L’expert galeriste m’a parlé de marouflage, moi je voulais travailler de la texture de façon écologique (que du papier usagé, un peu de pigment et de la colle) pour base de travail. Au fond je fonctionne quelquefois comme un laboratoire.

 

MDC – Peut-on comprendre que de par les matières que vous utilisez vous transmettez un message ?

 

NGJe recherche quelquefois un effet plastique. C’est le cas pour le textile notamment. J’ai une préférence pour les textures, cependant les histoires nourrissent le décor et inspirent l’œuvre.

 

MDC – À voir les formes géométriques qui caractérisent certaines de vos œuvres, cela n’est pas sans nous rappeler Picasso, qui initialement puisait son inspiration dans les masques africains, plus particulièrement du Bénin dont vous êtes originaire.

 

   © Crédit photo : toile n°3 de Nadine Guilpin.

 

 

NGÀ propos du Bénin, le rapport ne me semble pas très évident La géométrie rapportée au cubisme est sans doute ici le propos. Le travail autour de la flore a en réalité sa propre géométrie. Lorsque vous observez les feuilles d’une passiflore de près, vous vous apercevez que certaines sont divisées en 3, d’autres 4 voire 5 figures. Que les feuilles de certains arbres ont des formes identiques sur une même structure pour aboutir à une différenciation en bout de chaine mais pas nécessairement de façon régulière. Je ne suis pas très bonne en géométrie disons que certaines formes offrent un champ géométrique dont la combinaison est intéressante en terme de perception. De ce côté-là, il y a un jeu graphique autour de quelques dessins qui, une fois terminés, font penser aux masques africains. Il y a en effet dépouillement et expression dans ce dessin, sans doute un réflexe inconscient ? Je ne saurais le dire. J’imaginais des spectateurs silencieux face aux drames et voilà qu’apparaît la figure multipliée du masque !

 

MDC – Parlez-nous de votre clientèle ? De qui se compose-t-elle ?

 

NGPar rapport à cette collection, elle n’est pas encore constituée. Néanmoins l’intérêt renouvelé pour une série de dérivés textiles est à l’étude. Pour l’instant rien n’est défini.

 

MDC – Arrivez-vous à vivre de votre art ?

 

NGEn l’état actuel, je suis un nouvel arrivant dans un jeu que je ne maîtrise pas encore très bien. En revanche, le monde du textile semble y trouver une approche intéressante alors je suis ouverte aux collaborations. L’édition en direction du grand public est envisagée. Affaire à suivre.

 

MDC – Quel est votre regard sur le marché de l’art et le monde artistique ?

 

NG – L’art est devenu un produit marketing dont la valeur est le reflet que l’artiste veut donner de lui. L’intérêt de l’œuvre pour ce qu’elle est semble secondaire. Il arrive heureusement quelquefois, que les deux valeurs s’équilibrent. Les marchands pourront expliquer de façon approfondie cette impression partagée par bon nombre de gens.

 

***

 

Cliquez sur ce lien pour visiter le site internet  de l’artiste

 

 

 

***

 

Pour citer cet entretien

 

Maggy de Coster, « Rencontre avec Nadine Guilpin une artiste au parcours atypique », illustrations de Nadine Guilpin, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 3 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/nadine-guilpin.html

 

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 13:30

 

N °7 | Entretiens artistiques

 

LPpdm a rencontré

 

 

 

 

Interview avec

 

 

l’artiste peintre Isabelle Venet

 

 

 


 

 

 

Propos recueillis par

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

Avec deux images de la photographe

 

Françoise Ducène-Lasvigne

 

 

***

 

 

Présentation de l’artiste peintre

 

   

© Crédit photo : au salon d’automne, de gauche à droite ; la photographe Françoise Ducène-Lasvigne et l'artiste peintre Isabelle Vernet devant son tableau.

 

 

 

Isabelle Vernet, vogue de l’abstrait au figuratif au gré des couleurs et par l’aval de ses pinceaux. Elle expose tant en France qu’à l’étranger mais l’on comprendra vite qu’elle a dû se battre pour s’imposer aux côtés de l’autre sexe. Lors du vernissage du Salon d’Automne qui a eu lieu du 12 au 15 octobre 2017 aux Champs Élysées, nous avons rencontré la peintre par l’entremise de notre amie commune, la photographe d’art Françoise Ducène Lasvigne.

 

 

***

 

 

Maggy De Coster – Isabelle Venet, que pouvez-vous nous dire de vous en tant que femme peintre tant sur votre parcours que sur le plan de votre technique picturale ?

 

Isabelle Venet – En tant que femme, je trouve le parcours artistique plus long et plus combattant que celui de l’homme. La crédibilité se fait davantage par le temps et la reconnaissance s’est faite à partir de l’argent ! (tant mieux pour moi, j’ai vite gagné ma vie avec la vente de mes tableaux ce qui m’a rendue rapidement professionnelle).

La vie des femmes peintres en unité avec la femme mère, active, épouse, amante est plus complexe et difficile. La place de la création, de la concentration et de la réflexion est un parcours de combattant entre la vie quotidienne et la vie nourricière pour nous les mères. Une autre question, maintenant avons-nous le même ego que les hommes ? C’est aussi un débat.

 

MDC – Mais quelle place occupez-vous sur le marché de l’art par rapport à vos collègues masculins ?

 

IV – Sur le marché de l’art je ressens également beaucoup de machisme.

 

MDC – Sentez-vous qu’il y a une différence de traitement, de perception et d’appréciation entre les femmes et les hommes peintres ?

 

IV – Oui, je l’ai ressentie très fort cette différence de traitement. Je la ressens moins aujourd’hui avec mon âge plus mature et mon expérience mais je la ressens encore fort dans certains pays.

 

 

© Crédit photo : au salon d’automne, portait de l'artiste peintre Isabelle Vernet devant son tableau par la photographe Françoise Ducène-Lasvigne

 

 

MDC – Pensez-vous qu’il y a une évolution de la place des femmes dans le monde de l’art ?

 

IV – Oui, je trouve qu’il y a une évolution de la place des femmes dans le monde de l’art et il est temps.

 

MDC – Auriez-vous a priori un message à faire passer quant aux sujets que vous traitez dans votre peinture ?

 

IV – Dans ma peinture, je traite l’humanité, l’actualité, mes émotions etc. et j’ai eu besoin de traiter la féminité, la maternité, la protection, les cycles de la femme qui nous différencient biologiquement indéniablement et qui font de nous ce que nous sommes, c’est- à-dire recommencer éternellement sans début ni fin.

 

MDC – Vous utilisez pas mal d’images de femmes dans votre peinture, cela a-t-il une signification particulière pour vous ?

 

IV – J’en exprime l’admiration, la pudeur, l’intimité, la force et la continuité !

 

MDC – Y a-t-il des peintres qui vous ont particulièrement marquée ou influencée ?

 

IV – Les peintres qui m'ont marquée : les artistes du Bauhaus (ndlr, Bauhaus est le nom que prendra l’Institut des arts décoratifs et industriels en Allemagne en 1919 sous la direction de Staatliches Bauhaus), Kandinsky, Klee, (les expressionnistes américains,) Frida Kahlo, Antoni Tàpies i Puig, dont j’ai lu les livres avec passion et bien d’autres.

 

MDC – Depuis combien de temps participez-vous au Salon d’Automne ?

 

IV – Le salon d'automne, j’y ai participé une première fois il y a une dizaine d'années, et j’y participe régulièrement depuis trois ans.

 

MDC – À quelle fréquence exposez-vous en général ?

 

IV – J’expose plusieurs fois par an, bien entendu, en groupe, en France et à l’étranger. Là, je fais une rétrospective importante et expo « femmes particulière » avec un sculpteur et me suis concentrée sans exposer pendant un an.

 

© Crédit photo : au salon d’automne, une toile de l'artiste peintre Isabelle Vernet par la photographe Françoise Ducène-Lasvigne

 

 

MDC – Vous sentez-vous comblée en tant que femme peintre ?

 

IV – Oui, je me sens comblée en tant que peintre. J’aime cette vie de montagnes russes !

 

MDC – Vous exposez aussi à l’étranger comment votre peinture y est-elle accueillie ?

 

IV – À l’étranger, je n’ai jamais senti ma place en Chine probablement parce que je suis une femme ou alors c’est ma peinture, il est vrai que je travaille dans la construction et la déconstruction et moins dans l’unité, pas dans l’unique trait ! Je me sens à l’aise dans les pays du Nord au niveau de ma peinture qui est plus intérieure.

 

MDC – Quelle sont vos attentes ? Auriez-vous un souhait à vous exprimer ?

 

IV – Garder la santé, l’énergie et l’inspiration pour voyager et peindre le plus longtemps possible !

 

***

 

Cliquez sur ce lien pour visiter le site de Isabelle Vanet

 

 

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Pour citer cet entretien

 

Maggy de Coster, « Interview avec l’artiste peintre Isabelle Venet » avec deux images de la photographe Françoise Ducène-Lasvigne, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 19 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/isabelle-vanet.html

 

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 13:05

 

N°6 | Bémol artistique |

 

Invitation à se passionner pour la 

 


 

Rencontre avec

 

 

Valérie Schott à Widensolen

 

 

 

dans le café-épicerie de son arrière-grand-mère

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

 

Photographies de

 

Claude Menninger

 

Rencontre avec Valérie Schott à Widensolen dans le café-épicerie de son arrière-grand-mère

© Crédit photo : Claude Menninger, "Image n°1 de l'exposition de

Valérie Schott", mai 2017.

 

 

 

 

Ce ne sont pas moins de dix années de travaux que Valérie Schott présente à l'occasion des ateliers ouverts de ce mois de mai. Adepte de lieux singuliers, l'artiste après avoir exposé ses œuvres dans la gare de Sentheim, le presbytère de Widensolen ou la synagogue de Bergheim, revient à Widensolen où elle investit le café-épicerie qui appartenait à son arrière-grand-mère.

Après une formation aux Arts Décoratifs de Strasbourg, Valérie Schott s'est plus particulièrement tournée vers la céramique et s'est perfectionnée dans ce domaine à l'Institut Européen des Arts Céramiques de Guebwiller ainsi qu'en suivant les cours du céramiste Michel Hoch.

 

Rencontre avec Valérie Schott à Widensolen dans le café-épicerie de son arrière-grand-mère

© Crédit photo : Claude Menninger, "Image n°2 de l'exposition de

Valérie Schott", mai 2017.

 

 

 

 

Inspirée par le corps humain, l'artiste lui donne chair par le biais de divers matériaux et use de différentes techniques allant du dessin à la céramique, en passant par la peinture. La robe qui a longtemps emprisonné le corps des femmes à l'instar d'une carapace, on songe aux robes à crinoline ou à panier, s'invite de manière récurrente dans les créations de Valérie Schott. Le corps s'y révèle dans ses formes amples, généreuse et sensuelles.

La robe enveloppe un corps invisible mais tangible, l'enrobe pour mieux le dévoiler, ou le « dérober », si je puis m'exprimer ainsi… Une musique silencieuse fait danser ces robes hantées, voire habitées par les fantômes de notre mémoire collective.

Ces robes, qui font toutes références à l'anatomie d'un cœur humain, battent à l'unisson dans un chœur d'argile qui égrène les petites notes d'une poésie intemporelle.
 

Rencontre avec Valérie Schott à Widensolen dans le café-épicerie de son arrière-grand-mère

© Crédit photo : Claude Menninger, "Image n°3 de l'exposition de

Valérie Schott", mai 2017.

 

 

L'immense tableau en bois, réalisé en pyrogravure, évoquant Adam et Eve sous forme d'écorchés, la chair à vif, renvoie à notre vulnérabilité et à notre humaine condition de mortels. Les iris et les ancolies, fleurs que l'artiste affectionne plus particulièrement, plantées au pied du couple biblique, signent notre appartenance au monde végétal.

Car du minéral à l'humain, Valérie Schott n'a de cesse de tracer un lumineux chemin qui interroge dans le même questionnement notre origine et notre finitude.

 

***

 

Pour citer ce bémol artistique

 

Françoise Urban-Menninger, « Rencontre avec Valérie Schott à Widensolen dans le café-épicerie de son arrière-grand-mère », photographies de Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 23 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/valerie-schott.html

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:30

 

 

 

[invitée de la revue] 

Entretien inédit

 

 

 

 

Entretien sur les poésie, peinture,

 

 

danse, cabaret, fétichisme & genre

 

 

accompagné d'exposition virtuelle de quatre toiles de l'artiste-peintre

  


 

Filomena Salley & Cyril Bontron

 

 

 

 

 

 

 

CB. Pourriez-vous nous parler de votre collection « Cabaret » qui nous rappelle certains peintres du XIXe-XXe siècle comme Jules Chéret et Henri de Toulouse-Lautrec. Pourquoi cet univers, la scène des danses classique et moderne ne vous intéresse-t-elle pas ?

 


FS. Si, justement ! Comme je vous ai déjà confié, et malgré les horreurs du monde au quotidien, je garde une image foncièrement positive de la vie. Il me faut la voir légère – pas irréfléchie, non – mais aérienne, et la danse me semble être, de tous les arts, celui qui exprime ce sentiment. Comme je ne danse plus, j'ai échangé mes chaussons pour les pinceaux et la scène par la toile. Mais, jusqu'à présent, ce qui me motivait était plus la représentation de ces corps qui laissent deviner soit une future gestuelle de la danse, soit l'après... Comme une invitation... Peut-être un jour viendrai-je à les faire danser...

  Tableau 4Filomena Salley

 

CB. Comment une artiste-peintre peut-elle peindre la poétique du corps d'une femme qui danse ? Le corps masculin est-il présent dans votre art, quelle en est la raison ?

FS.  Il me faut répondre d'abord à la 2ème partie de la question...

Oui, l'homme – l'homme aimant – est toujours présent dans mon oeuvre, même si dans la réalité, je ne le représente que rarement ; un peu à la manière de Lorca qui dans « La maison de Bernarda Alba » le rend omniprésent jusqu'à l'obsession et à la mort. Sauf que moi, j'ai besoin de les sentir vivants pour rendre toute la lumière à ma peinture. Et, puisqu'ils sont vivants et qu'il y a de l'amour, la danse s'impose d'elle-même et, dans ce cas-là, les corps ne peuvent qu'être harmonie.. de la même manière que la poésie, même quand elle découle de la douleur, ce quelle transmet c'est de l'harmonie. La non-représentation de l'homme dans mon oeuvre permet à chacune ou chacun de s'approprier l'acte...

 

 

CB.  Et vos modèles ? Ces femmes nommées et représentées de l'univers du cabaret sont-elles bien réelles (je pense au tableau intitulé Marie par exemple...) ? Que représente pour vous les danseuses du cabaret ?

FS. Oui, elles sont bien réelles. Pas que je les connaisse personnellement, mais il suffit de voir le nombre croissant de spectacles ayant pour sujet le monde du cabaret, à l'affiche dans le monde, voire des femmes-artistes confirmées se produire dans les plus célèbres cabarets. L'univers du cabaret est la représentation miniaturisée du monde : les coulisses et ses couloirs sombres, avec sa frénésie, ses essayages, ses ratés, ses grandes malles à parures, ses miroirs où transparaissent nos doutes, nos déprimes, nos tentations – un peu notre jardin secret de tristesse et solitude inavouables - et la scène où les feux de la rampe lavent les corps de toute souillure. Je vais me répéter mais j'aime cette expression qui, je crois, défnit bien ma peinture des femmes dans la collection Cabaret : « Dans ma malle à accessoires, il n'y a que de beaux atours »...

 

Tableau Filomena Salley

 

 


CB.  Les travestis des cabarets sont-ils présents dans votre univers ? Comment concevoir et peindre leur féminité ?

FS. Non, ils ne sont pas du tout présents. Pas que j'eusse un quelconque préjugé à leur encontre, peut-être même qu'un jour ils entreront dans ma peinture, mais ce n'est pas le cas jusqu'à présent. Je vous avoue que ne sais pas trop quoi vous répondre quand à la concrétisation picturale de leur féminité puisque je n'y ai pas songé.

Mais, d'emblée, ce qui me vient à l'esprit, et je ne suis pas très originale, ce serait le meneur de revue de « Cabaret », justement !

 

CB.  La danse, la poésie et le genre sont imbriqués, quelle est la place de la danse érotique (et de sa poétique) dans votre travail artistique ?

FS. Pour qu'il y ait de la danse, il faut de la musique et, là encore, elle se joue dans ma tête tout en harmonie. J'imagine un tango langoureux – et pas besoin de grands pas acrobatiques – une valse lente, pourquoi pas un slow-country de Slim Witmann, la voix sensuelle de Carole Laure, à moins que cela ne soit un menuet ou un lied qui s'imposent, et mes pinceaux obéissent alors à la progression des notes, tel le désir qui vient crescendo... Concrètement c'est une chorégraphie qui se met en place mentalement.

 

 

CB.  Le fétichisme est une autre facette de votre inspiration artistique, pourquoi cela porte-t-il sur les femmes et non pas sur les hommes ? Peignez-vous à travers le regard d'un homme peintre, une femme peintre ou à travers les clichés du fétichisme comme foncièrement portant sur les femmes par les hommes ?

FS. Il reste tout de même très soft, car, par-dessus tout, j'ai besoin de pureté et, comme vous le savez, de beauté (puisqu'il faut se vêtir autant que cela soit beau, non ?!).

Mais comment représenter la nudité de la femme, et plus particulièrement dans ma collection « Cabaret », sans cela ? 

Sauf que pour moi ce n'est pas du fétichisme. Je m'explique : une femme habillée, rentre chez elle, va dans sa chambre (ou où l'on veut) et se déshabille. Elle doit forcément passer par toutes les étapes...

Ce que je fais c'est dépeindre ces étapes et comme ce qu'elle portait était beau...

Vous voyez, j'y suis pas pour grand chose... ! Non, c'est l'inverse, je peins à travers mon regard de femme sur moi-même, avec le souhait que les femmes s'y retrouvent aussi. Si nous nous sentons bien notre image ne peut être que valorisée. Et non, je ne considère pas que le fétichisme doive être foncièrement lié aux femmes. Si vous remarquez bien, vous constaterez que les rares apparitions de l'homme dans ma collection « Cabaret » représentent justement cette part de « fétichisme » au masculin, exemple les chaussures d'homme.

Mais c'est vrai que l'atavisme socioculturel a la peau dure ; comment exprimer le fétichisme au masculin sans courir le risque que l'homme se sente atteint dans sa virilité ? Ou, mieux, accepte de voir dévoilée sa part de féminité ? Là, la société a encore du chemin à parcourir, à moins de dépeindre, comme vous le disiez plus haut, le monde des travesti(e)s ou même des homosexuel(le)s. Ce n'est pas ma vision de l'humanité et des rapports hommes-femmes, tout simplement.

 

 

Tableau 2Filomena Salley

 

 

 

CB.  Le corps de l'objet est-il un lieu de transgression sociale, artistique et culturelle ?

FS. Oui et non. Non, car la société a atteint un tel apogée de transgression des lois et d'acceptation du tout et n'importe quoi que forcément le corps n'est regardé que comme un objet et, finalement, tout est permis, surtout le laid.

Mais, d'un autre côté, c'est oui car le « classique », pour utiliser un mot banal, banal comme le classicisme, l'épuré, sont regardés comme une offense à la nature, à la vie. Il suffit de constater la régression des comportements – regards, paroles - vis-à-vis des femmes dans le quotidien : jamais, au grand jamais, les femmes ne furent traitées comme elles le sont aujourd'hui, même pas quand elles ne bénéficiaient pas de droits civiques ; puisque, alors, elles étaient peut-être des objets mais, soit des objets utiles qu'il fallait faire durer, soit des bibelots à estimer.

 

 

CB. Les couleurs et les formes dans le monde fétichiste comme dans le monde poétique sont primordiales, comment les choisissez-vous ?



FS. J'ai en mémoire une question ancienne assez approchante, alors, permettez que je vous réponde en utilisant peut-être les mêmes termes. Le choix des couleurs ne s'impose pas en termes de tel ou tel monde. Elles me sont suggérées, à l'image de l'écriture automatique, par mon esprit au moment même où je débute l'oeuvre et ne s'attachent qu'à la concordance avec le sujet... après tout c'est sa peau ! En ce qui concerne les accessoires, je m'efforce de rendre à l'être humain toute sa dignité, même dénudé car la société, elle, se charge assez de l'en priver.

CB. Et vos nouveaux projets ?

FS. Un regard de plus en plus empreint de Sagesse, car mon imaginaire est déjà à lui seul un grand projet (sourire).

 

Tableau 3Filomena Salley

 

 

Exposition virtuelle Exposition virtuelle

 

  Galerie de l'artiste-peintre Filomena Salley

 



Pour citer cet entretien

 

 

Filomena Salley & Cyril Bontron, « Entretien sur les poésie, peinture, danse, cabaret, fétichisme & genre accompagné d'exposition virtuelle de quatre toiles de l'artiste-peintre », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Poésie, Danse & Genre » [En ligne], n°1|Printemps 2012, mis en ligne en Mai 2012.

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-poesie-danse-cabaret-fetichisme-104086016.html ou URL. http://0z.fr/2b9SB
  

 

 

 

Pour visiter les pages/sites des auteur(e)s ou qui en parlent

 

 

 

www.artquid.com/filomena

www.lestoilesdefilomena.com

 

 


 

Auteur(e)s


 

Filomena Salley & Cyril Bontron

 

 

 


 

23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:37

 

 

 

 

 

 

  Peinture, poésie et femmes


Entretien avec l'artiste-peintre Filomena Salley


accompagné d'une exposition de certains de ses tableaux

 

 

 

 

Réalisé  par  Cyril Bontron

 


 

Tableau 0 de l'artiste-peintre Filomena Salley

 

 


Parlons un peu de vos sources d'inspiration ? La poésie figure-t-elle parmi elles ? 

 


Pas consciemment. Quand je débute une nouvelle toile c'est d'abord mon regard intérieur qui dirige ma pensée, pas le verbe... qu'il soit prose ou poésie ; le silence m'est d'ailleurs indispensable. Après, l'œuvre finie, le regard que je pose sur elle m'amène effectivement à y apposer des mots... et le peintre, à de rares exceptions dont je ne fais pas partie, ne fait pas d'exposés sur ses œuvres – les critiques s'y emploient déjà assez – je dirais, donc, que ce besoin d'un texte poétique, est un peu le point final à la signature de l'œuvre. 

 

 

 

On sait que la peinture est au cœur de la poésie comme c'est le cas dans la poésie (dite) visuelle, peut-on dire la même chose de la poésie dans la peinture (et plus particulièrement dans la vôtre ?)

 

Je ne me considère pas poète... aussi il faudrait plutôt poser la question aux poètes. Mais, non, je ne le pense pas car la peinture reflète l'indicible... ce qui ne peut s'exprimer en mots... la transcendance de l'intime qui ne se nomme pas... le désir d'abandon qui ne s'avoue pas... le plaisir de l'accomplissement qui n'est jamais rassasié... « l'Idéal » !

Dans la poésie ce sont les mots, eux-mêmes, qui nous renvoient les images... Et il faut reconnaître également que l'évolution des techniques de peinture ne déclenche pas exactement une lecture réellement poétique, ou du moins pas toujours...

 

 

 


Tableau4 de l'artiste-peintre Filomena Salley

 

 


Quel est votre sentiment à propos du rôle de la peinture des femmes dans l'évolution de cet art ?

 

Si l'on se penche sur  l'histoire de la peinture, tout au long des siècles,  on constate  que le nombre de femmes peintres  renommées est très restreint. Et les raisons se trouvent dans l'Histoire, avec un grand « H », de l'humain quelques soient les civilisations.

Car la femme a toujours été « brimée » côté disponibilité temporelle – la maternité, l'éducation des enfants, l'intendance de la maison – et ce, paradoxe ironique, même dans les sociétés dites matriarcales... puisque leur reconnaissance leur ôtait encore plus le droit au dilettantisme.

Celles qui ont traversé les siècles restent dans un créneau assez limité « portraits, (les enfants, la famille), jolis bouquets... et étaient issues des couches sociales  avantagées ; ou  la douleur par manque de ce vécu (atavisme d'une culture millénaire judéo-chrétienne même pour des femmes s'étant émancipées du carcan originel, comme ce fut le cas de Frida Kahlo).

Mais, aujourd'hui, même si la femme manque encore plus de temps, puisqu'à la famille est venue s'ajouter une carrière professionnelle (assez rare dans le passé et surtout pas dans les milieux aisés), sa liberté d'expression donne à sa peinture un langage plus puissant, plus concret que celui de l'homme resté, lui, dans son besoin d'affirmer le monde par la suprématie masculine... Je vois l'art pictural féminin moderne s'inscrire dans la lignée des grands artistes du passé qui ont transcendé la femme et l'amour (toutes époques et toutes écoles confondues, tels Raphaël, Courbet, Klimt...).

 

 

   

D'après vous, comment et en quoi les peintures du corps et du nu féminin réalisées par les femmes artistes peuvent être une nouvelle voie d'émancipation des femmes artistes et de leurs modèles ?

 

Peut-être que si j'étais un homme je penserais comme ce que je viens de répondre plus haut... mais je suis très heureuse d'être femme et de l'exprimer en essayant de rendre palpable tout ce qu'est une femme : l'amante, l'épouse et la mère. Et je ne pense pas être la seule à le penser.

La femme, malgré qu'ayant eu à se battre pour son émancipation et l'égalité de ses droits, ne ressent pas forcément un besoin de revanche dans son affirmation. Elle savait ce qu'elle valait, elle l'a obtenu, elle avance et  l'exprime avec gourmandise. Sa peinture est une transcription instinctive de ce pourquoi elle s'est battue pas de ce qu'elle a acquis... de là une peinture plus gracieuse, plus lumineuse aussi.

 


 Tableau3 de l'artiste-peintre Filomena Salley

 


L'univers du cabaret vous passionne, quelles images de libération et de jeux avec les représentations du corps vous renvoie-t-il ?

 

Moi, j'ai besoin de peindre comme je voudrais que soit la vie : légère, belle. A plus forte raison parce qu'elle ne l'est pas toujours. Dans la vie de tous les jours la femme est confrontée à la scène  :  paraître – forte au travail et à la maison ; et aux coulisses : l'être effectivement. Par le milieu il y a les accrocs, la maladie qu'il faut (quand on le peut, évidemment) surmonter. J'ai la chance de pouvoir exprimer tout cela sur la toile... il est là, le jeu ! Exactement comme dans la vie. Sauf que je n'aime ni la triche ni me complaire dans le malheur, aussi j'essaie de me maintenir au plus proche de la vérité.

Et la vérité dans la vie c'est qu'une fois les difficultés ou les malheurs surmontés ils perdent de leur importance (c'est ce qui fait que la vie puisse continuer, d'ailleurs). L'univers du cabaret sous-entend toujours une face triste, voire sordide et solitaire, et l'autre lumineuse voire  généreuse et opulente. Disons que dans ma malle à accessoires il n'y a que des beaux atours...

 

 

 


Tableau2 de l'artiste-peintre Filomena Salley

 

 


Et vos projets pour l'année 2011-2012 ?

 

Une nouvelle collection, continuer à promouvoir des artistes peu connus au sein de ma galerie ouverte à tous les arts, participer à des expositions et surtout continuer à me faire plaisir … dans mon métier, dans la vie !

 

 

 


Tableau1 de l'artiste-peintre Filomena Salley

 

 

 

Galerie de l'artiste-peintre Filomena Salley

 

 

 

 

 

Pour citer cet entretien

 

 

 

 

 


Cyril Bontron, Filomena Sally,  « Peinture, poésie et femmes. Entretien avec l'artiste-peintre Filomena Sally accompagné d'une exposition de certains de ses tableaux, in Le Pan poétique des muses|Revue de poésie entre théories & pratiques : « Poésie & Crise » [En ligne], n°0|Automne 2011, mis en ligne en octobre 2011. URL. http://0z.fr/UZPRZ                  ou

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-n-0-peinture-poesie-et-femmes-entretien-et-exposition-de-l-artistedilomena-sally-85930192.html

 

 

 


 

 

 



Pour visiter le(s) site(s) de l'artiste-peintre

 



www.artquid.com/filomena

www.lestoilesdefilomena.com





Auteur(e)s





Filomena Salley

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SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

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