17 décembre 2025 3 17 /12 /décembre /2025 18:42

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Poésie & littérature pour la jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

 

La clé de l’énigme

 

 

 

 

 

Texte & photographie (fournie) par

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

Crédit photo : Une jonque dessinée par Auguste Wahlen (1801-1875) en 1845, « peuple du monde, chine », illustration tombée dans le domaine public. Capture d’écran d’une image libre de droits du Web & fournie par Françoise Urban-Menninger.

 

                                        



 

Dans une maison à colombages, à l’orée d’une forêt empreinte de mystérieuses légendes, vivait une femme sans âge qui écrivait des contes de fées pour les enfants mais aussi pour les plus grands.

 

Avant de se jeter à plume perdue dans une nouvelle histoire, la conteuse avait toujours soin de se désaltérer en savourant quelques gorgées de thé au jasmin dans la plus belle de ses tasses en porcelaine ramenée par une lointaine ancêtre lors d’un voyage au cœur de la Chine impériale.

 

Au moment où elle s’apprêtait à déguster son breuvage selon son rituel habituel, elle s’aperçut, en versant le thé infusé dans la tasse ronde et accueillante, telle la corolle d’une rose vermillonne aux pétales liserés d’or, que celle-ci était fêlée autour de son anse.

 

La vieille dame en fut sur-le-champ fort chagrine et toute retournée. Il lui sembla que son âme, elle-même venait de se lézarder... Alors que de grosses larmes tièdes roulaient sur ses joues parcheminées pour venir se diluer dans le thé parfumé qui exhalait son arôme délicat, elle découvrit avec étonnement que de minuscules personnages sortaient les uns après les autres de la fente qui béait comme une bouche. De tout petits chinois nattés, vêtus de kimonos en cachemire brodés et chamarrés lui faisaient signe dans des jonques fleuries où abondaient des jarres de riz, des corbeilles chargées de papayes, de physalis, de litchis ou de fruits du dragon, des cages d’oiseaux en bambou emplies de rossignols et de perruches à colliers, des coffres en bois de santal débordants de pierreries, de châles en soie brodés, de vases Ming d’une valeur inestimable…

 

Le temps de chausser ses lunettes sur son nez qu’elle avait en forme de trompette, la saynète miniaturisée s’était déjà évanouie, voire volatilisée.

 

Sans doute, ai-je eu la berlue, se disait la vieille dame. Je vieillis, il faudrait que je me repose davantage. Et sur ce, elle s’endormit derechef dans sa chaise longue préférée en jonc tressé.

 

Elle dormit le temps que prit une araignée grise pour tisser au-dessus de sa tête, une toile aux fils d’argent qui retint ses cheveux blancs dans une assez jolie résille de fine dentelle où l’arachnide  se fixa en son centre telle une épingle à chapeau.

 

La vieille dame finit par émerger de son somme, habitée par une sourde inquiétude, la tête vidée de ses rêves et de toute fantaisie. Elle avait l’impression que toute son imagination l’avait quittée, abandonnée et qu’il ne lui restait plus qu’une araignée logeant dans les méandres de son cerveau.

 

La fêlure de sa tasse n’était-elle point pour quelque chose dans cet état d’esprit pour le moins délabré? N’était-elle pas elle-même fêlée à l’instar de sa fragile porcelaine de Chine ?

 

Elle quitta sa chaise trop longue pour son corps tassé et rabougri afin de se mirer dans l’ovale d’une antique psyché aux moulures dorées et plusieurs fois mordorées qui lui venait d’une trisaïeule qui avait parcouru les Indes à dos d’éléphant.

La glace du miroir était fendue de part en part sur toute sa surface.

À cette vue, la très vieille dame se sentit défaillir et son cœur se brisa, laissant s’échapper une myriade d’étoiles filantes.



 

Alors qu’elle se croyait morte, une main, aux longs doigts effilés et aux ongles nacrés, sortit de la fente du miroir et lui tendit une petite clé en forme de E majuscule finement ciselée. La conteuse s’en saisit en tremblant et aussitôt la main, qui avait un court instant frôlé la sienne, dans un imperceptible glissement du temps sur lui-même, disparut comme elle était apparue.

 

La très vieille dame serra la minuscule clé dans l’un de ses poings fermés et se rappela soudain qu’elle avait autrefois écrit un conte qui ressemblait beaucoup à cette étrange histoire à dormir debout qu’elle était en train de vivre à présent.

 

Elle se pinça  le nez...mais bien sûr, elle ne rêvait pas, puisque sa tête était vide de toute rêverie.

 

Était-elle en train d’écrire ?

 

Non, bien évidemment, car sa plume était posée à côté de l’encrier vide, lui aussi. Et les petits Chinois qu’elle avait vu de ses yeux sortir de la tasse à thé, n’étaient-ils pas les personnages de ses premiers contes?

 

Que se passait-il, se demandait encore une fois, la très très vieille dame dans son salon, au milieu des mille et un livres qu’elle avait écrits au cours de sa très longue vie.

 

Elle venait à peine de se poser cette question que de toutes les fissures des murs de sa maison, des meubles centenaires et des objets hétéroclites, une foultitude de reines, de princesses, de rois, de pages, de lutins, de dragons et toutes sortes d’animaux fabuleux émergèrent en un cortège interminable qui se mit à débouler et à parader dans la pièce sans fanfare ni tambour !

 

Les pages de ses livres se détachèrent les unes après les autres et vinrent virevolter autour d’elle dans une folie joyeuse et contagieuse. La vieille dame fut entraînée malgré elle dans cette farandole ensorcelée et en quelques mots, moins qu’il n’en faut pour l’écrire, elle entra dans son dernier livre avec à la main la clé de l’énigme.

 

Elle n’en sortit jamais et sans doute est-elle toujours enfermée dans l’épilogue de son ultime légende, dans l’un ou l’autre de ces beaux livres reliés et richement illustrés qui remplissent les rayons des  bibliothèques et réjouissent le cœur des enfants.

 

Son âme, ses rêves, bien sûr, l’avaient précédée depuis longtemps dans cet exode, cette fuite hors du temps et de l’espace, à la croisée de la vie et de la mort que sont les contes éternels et intangibles.

 

Cette histoire que vous lisez, nul ne sait qui l’a écrite et vous la relatera. Nul ne le sait, si ce ne sont les petits génies qui dorment dans l’encre des mots et remontent comme des bulles transparentes quand ils en ressentent le désir, sur les fils d’argent de l’échelle du temps pour ouvrir, dans notre quotidien terne et trop prévisible, quelques brèches de lumière où la poésie assure l’équilibre du monde.

 

 

 

© Francoise Urban-Menninger, conte inédit ayant trait au mystère de la création littéraire, décembre 2025.

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Pour citer ce conte inédit & illustré

 

Francoise Urban-Menninger, « La clé de l’énigme » avec une jonque dessinée par Auguste Wahlen (1801-1875), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 17 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/fum-lacledelenigme

 

 

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22 octobre 2025 3 22 /10 /octobre /2025 14:28

Événements poétiques | Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles & N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Poésie & littérature pour la jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

Soyons enfants, soyons jeunes filles

 

 

 

 

 

 

Poème engagé par

 

Maxance Lardjane

 

Doctorant ès Lettres à l’Université Polytechnique

Hauts-de-France, LARSH

 

 

Crédit photo : Camille Métra (ou Métra-Hubbard, 1864-1936), « Portrait de jeune fille blonde », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du Web.

 

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C'est terrible ! Entends-tu, mon amour

Le grand bruit de la cloche au lointain ?

C'est le monde, le vrai, qui toujours

Nous rappelle à ses dogmes malsains

 


 

C'est le cri de cet orphelinat

Dans lequel nos deux cœurs sont tombés ;

Dans lequel il n'y a – à part toi –

Que des dogmes retors, surannés :

 

 

 

Pourquoi m'apprend-t-on à m'habiller

À la mode des victoriennes ;

Pourquoi veut-on tant me voir valser

Et qu'un œil de mâle me fasse sienne ?

Pourquoi me veut-on si féminine

Alors que je m'adore en garçonne

Et que toi, mon âme féline

Tu m'apprends le vrai monde comme personne ?

 

 

 

Pourquoi donc toute cette étiquette

Et ces leçons pour entretenir

Une maison ? Pourquoi ces cours bêtes

Pour apprendre à réprimer ses rires ?

 

 

 

Non, amour, je suis mieux avec toi,

À me faire avec toi buissonnière ;

À me cacher le jour dans tes bois

En joignant mes mains dans ta prière :

Avec toi, faire comme dans les contes

Qu'en cachette nous lisons la nuit

Sous les pâles lueurs des pénombres

Et les frémissements des esprits

 

 

 

Contre l'autre, imaginer sans fin

Que nous chassons la baleine blanche,

Rêver de pouvoir main dans la main

S'aventurer de branches en branches ;

Rêver d'aller ailleurs que nos livres,

Partir vraiment dans un sous-marin,

Voguer vers la Lune et bien plus loin…

Que l'imagination nous délivre !

Avoir des droits, des désirs, des rêves

Pouvoir être docteure, suffragette,

Écrivaine et faiseuse de grèves,

Changer le monde jusqu'à sa tête…

 

 

 

Horrible cloche. Horrible doyen

Qui bannirait nos chastes unions.

Horrible rappel de tous ces lions

Qui nous jugeraient d'un œil de coin !

 

 

 

Va-t-en ma douce, et reviens-moi vite,

Même si j'ai toujours avec moi

Ton cœur, et que tu as le mien... vite !

Sinon le doyen te punira !

Va-t-en, va-t-en... j'entends du bruit... vite !

Que tes paumes sont douces, mon cœur.

Mais il faut se séparer... si vite !

Mais bientôt nous fuirons... âme sœur !

 

© Maxance Lardjane
Doctorant ès Lettres | Université Polytechnique Hauts-de-France | LARSH. Sa thèse porte sur la présence de l'œuvre de Marceline Desbordes-Valmore dans le champ littéraire français, du XIXe siècle à nos jours.

 

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Pour citer ce poème romantique, féministe, lyrique, engagé, illustré & inédit

 

Maxance Lardjane, « Soyons enfants, soyons jeunes filles » avec une peinture par Camille Métra (1864-1936), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2025 | « Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles » & AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 22 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/11octobre25/2025noiv/mlardjane-soyonsjeunesfilles

 

 

 

 

 

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5 juin 2025 4 05 /06 /juin /2025 17:37

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & Réception | Poésie & littérature pour la jeunesse 

 

 

 

 

 

 

Le récit « Souvenirs de Chine » écrit & illustré par Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix vient de paraître aux Éditions Astérion

 

 

 

 

 

 

Chronique par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix

 

 

 

© Crédit photo :  Première et quatrième de couverture illustrée de « Souvenirs de Chine » de Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix, Éditions Astérion, 2025.

 

 

Ce merveilleux petit livre aux images joyeuses et colorées est signé par une heureuse grand-mère qui a fait des milliers de kilomètres pour retrouver son petit-fils Aurélien à Shanghai en Chine.

 

© Crédit photo :  Première de couverture illustrée de « Souvenirs de Chine » de Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix, Éditions Astérion, 2025.

 

Magnifiquement écrit, émaillé de notes d’humour et de tendresse, cet opuscule transporte le lecteur dans l’Empire du Milieu où son esprit voyage mais aussi, où son imaginaire est comblé par moult détails sur l’art d’élever les enfants et de les éduquer dans les écoles chinoises où « toute classe débute par le chant. » De nombreuses anecdotes, telle celle du « bouquet de ballons » ou encore la scène des « Tang-Tang », à savoir la revendication d’une poignée de bonbons par Aurélien mais aussi par son Ayï (nom donné à la nounou en Chine) nous amènent à découvrir des saynètes qui nous font sourire.

 

Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix nous fait partager son bonheur qu’elle résume ainsi « Bienheureuse la Mère-Grand qui chantonne avec son petit-fils car elle est au paradis sur terre. »

 

© Crédit photo : Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix avec son petit fils. Image no 1 de ses « Souvenirs de Chine ».

 

Ces Souvenirs de Chine sont autant de caresses faites au petit Aurélien qui, n’en doutons pas, se voit léguer le plus émouvant des cadeaux, celui de l’amour indéfectible d’une grand-mère aimante qui n’hésite pas à prendre un billet d’avion pour retrouver le petit Aurélien à Shanghai et qui nous confie en aparté « Grand-mère est arrivée pour entendre son petit-fils chanter. »

 

© Crédit photo :  Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix avec Aurélien & son nounou à Shanghai. Image no 2 de ses « Souvenirs de Chine ».

 

Un vrai plaisir de lecture que ce livre à s’offrir et à déguster sans modération tout en le prolongeant par la contemplation des photographies prises par l’autrice.

 

 

© Françoise Urban-Menninger, Juin 2025.

 

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Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Le récit « Souvenirs de Chine » écrit & illustré par Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix vient de paraître aux Éditions Astérion » avec des photographies par Marie-Jeanne Langrognet-DelacroixLe Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 5 juin 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-mjldsouvenirsdechine

 

 

 

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25 décembre 2024 3 25 /12 /décembre /2024 17:24

N° IV | AUTOMNE 2024 | NUMÉRO SPÉCIAL 2024 | Les femmes poètes européennes par Lya Berger (1877-1941) | 1er Volet | Critique & réception | Poésie & littérature pour la jeunesse 

 

 

 

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La Petite-Fille-Aux-Feuilles-Mortes

 

Récit poétique de Lucrèce Luciani

 

paru aux éditions Azoé

 

 

 

 

Critique par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

© Crédit photo : Illustration photographique utilisée pour la première de couverture de l'ouvrage intitulé « La Petite-Fille-Aux-Feuilles-Mortes » par Edouard Boubat (Paris, Luxembourg, 1947) de l’autrice Lucrèce Luciani aux éditions Azoé.

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Peut-être trouvera-t-on dans l’anagramme de magie « la formule alchimique du trouble qui s’empare de la pensée à chaque fois qu’il s’agit de dire que c’est une image », se demandait Mathieu Bouvier. Et si c’était là, ce « trouble » qui a envoûté Lucrèce Luciani qui, depuis quarante ans est accompagnée par l’une des premières photographies prise par Edouard Boubat La Petite-Fille-Aux-Feuilles-Mortes qu’elle contemple et qui la contemple sur sa table de chevet.

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du récit poétique « La Petite-Fille-Aux-Feuilles-Mortes » de Lucrèce Luciani aux éditions Azoé.

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Un trouble indéfinissable s’installe dans ce récit poétique où ce sont les feuilles que l’on dit « mortes » qui habillent le corps d’une petite fille saisie de dos dans le Jardin du Luxembourg, cette minuscule passante inconnue focalise pourtant toutes les figures réelles ou irréelles qui habitent l’esprit de l’autrice.

Cette image tout à la fois éphémère et intemporelle, Lucrèce Luciani va la transmuter en lumière, « je demandais à la petite fille de la photo de devenir mon étoile », et ce récit de s’étoiler par la grâce empreinte de mélancolie de l’écriture lumineuse de l’autrice.

Car qui est cette petite fille annoncée dans le conte, où Petite-Aile, née dans la forêt de l’imaginaire de la narratrice, apparaît subitement dans le Jardin du Luxembourg comme par enchantement ?

Elle est photographiée par Edouard Boubat qui tombe sous le charme de cette enfant qui s’est confectionné un manteau de feuilles et qui semble contenir, tout en étant unique, toutes les petites filles de la terre, celles qui hantent encore la mémoire de l’autrice et qui y ont laissé leur trace comme « La petite fille brûlée au napalm ».

De cette petite fille qui « ne bougeait pas d’une feuille », Lucrèce Luciani nous confie «Elle me sort du noir/ moi/ qui ne suis qu’un trou noir/ au milieu de moi.» 

S’ensuit alors une kyrielle de vers incandescents, trempés dans ce feu de Dieu de la luminescence « Elle est ma Cendrillon / dans son carrosse de feuilles / en-lu-mi-nées/ de lumière et de feu. », « elle brasille de sorcellerie / elle explose d’exquise douleur / sous la mise à feu de Poésis. »

 

© Crédit photo : Quatrième de couverture du récit poétique « La Petite-Fille-Aux-Feuilles-Mortes », de Lucrèce Luciani aux éditions Azoé avec la biographie de l’autrice et la présentation du livre.

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Cette Petite-fille-aux-feuilles-mortes renvoie bien évidemment aux feuilles d’écriture que l’autrice couvre d’encre «  Tout est feuille / a dit le poète et / n’est-ce pas mieux que le sempiternel / Tout est poussière ? », se demande-t-elle et de conclure « Il y a de la simplicité/ à être une feuille / d’arbre comme d’écriture, / c’est-à-dire une Protée. » Une « Protée » dont on sait que le nom renvoie aussi bien au Feu divin qui se cache sous les eaux qu’à ses multiples métamorphoses. Cette image comme la figure de Protée ne cesse de se renouveler et de se démultiplier pour renaître entre les lignes de ce recueil qui jamais ne s’effeuille mais bien au contraire se feuillette dans cet infini où se perd, se cherche et se retrouve, l’autrice en quête d’un « doublon », « d’un reflet », «d’un écho » avec lequel elle fusionne « On est le même corps / à deux têtes / On est les mêmes / en soeurs siamoises. » Et de poursuivre « Elle est cette vraie œuvre d’art / qui ne console pas / qui ne distrait pas/ avec du technicolor / et de la musique sans notes. » Cette image se situe dans cet « étant » évoqué par Heidegger, à la fois dans l’être et le non-être, elle y flotte à jamais insaisissable car, écrit Lucrèce Luciani « Je suis la Bête / derrière la Belle / et sans cesse mes yeux / épient une rose / blanche. »

« Rose blanche », on songe à la Divine comédie de Dante qui s’achève sur une rose blanche mystique telle l’unique rose blanche de la Vierge au Buisson de Roses peinte par Schongauer, une rose qui transcende le verbe dans une parole muette.

Nul doute que Lucrèce Luciani nous aura transporté dans cet entre-deux où vie et mort se côtoient jusqu’à se confondre dans un temps suspendu où «…. le regard cloué en elle, la magie a opéré. / La sienne. » Cette « magie » devient la nôtre à cette lecture qui nous octroie de fabuleuses embellies en soulevant sous les feuilles plus vives que mortes, que certains ramassent à la pelle, la magnificence d’images, de métaphores et de réminiscences qui ont partie liée avec l’âme de notre inconscient collectif car l’autrice de nous déclarer qu’il n’y a qu’en « Littérature qu’un être surnaturel, maudit, imaginaire – c’est-à-dire privé d’ombre – peut réellement s’inventer une existence. »

 

© Françoise Urban-Menninger

 

 

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Pour citer ce texte inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « La Petite-Fille-Aux-Feuilles-Mortes. Récit poétique de Lucrèce Luciani paru aux éditions Azoé », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2024 NUMÉRO SPÉCIAL | NO IV | « Les femmes poètes européennes par Lya Berger (1877-1941) », 1er Volet, mis en ligne le 25 décembre 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiv/fum-ll-lapetite

 

 

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15 octobre 2024 2 15 /10 /octobre /2024 11:26

N° IV | AUTOMNE 2024 | NUMÉRO SPÉCIAL 2024 | Les femmes poètes européennes par Lya Berger (1877-1941) 1er Volet | Poésie & littérature pour la jeunesse Revue culturelle des continents & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Dossier | Critiques poétiques & artistiques

 

 

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Créatures fantastiques du Japon 

 

entre mythologie japonaise & culture pop

 

 

 

 

 

 

 

Article & images (prises) par

 

 

Humanit'elles

 

Fondatrice & rédactrice du Portail des ressources documentaires

sur les femmes & l'identité de genre intitulé « Humanit'elles »

 

Texte & photographies reproduits avec l'aimable autorisation de l'autrice

 

Site officiel : https://humanitelles.fr/

 

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Première de couverture illustrée par Nina Hayer de l'ouvrage illustré « Créatures fantastiques du Japon » de Chris Lavaquerie-Klein & Laurence Paix-Rusterholtz. Ouvrage illustré par Nina Hayer & paru en 2024 chez Nathan. Image no 1 prise par Humanit’elles

 

 

 

 

Créatures fantastiques du Japon, l'ouvrage de Chris Lavaquerie-Klein et Laurence Paix-Rusterholtz illustré par Nina Hayer et publié chez Nathan, est destiné à un jeune public curieux de découvrir l'origine des héros et des héroïnes qui peuplent ses mangas, ses animes et jeux vidéos préférés. Dès 9 ans... et jusqu'à un âge très avancé. Un livre érudit, passionnant et superbe ! 

Chris Lavaquerie-Klein et Laurence Paix-Rusterholtz ont choisi dans leur dernier ouvrage de nous emmener au Japon. Et quel meilleur moyen pour découvrir une civilisation que de remonter à ses origines ? Le texte des deux autrices et les illustrations de Nina Hayer nous plongent dans un pays partagé entre traditions et appropriation, ou entre Orient et Occident. Les dessins – magnifiques – puisent leur inspiration dans les estampes japonaises du XIXème siècle, et même antérieures puisque le premier auteur de mangas n'est autre qu'Hokusai. Toutes ces œuvres ont largement influencé les mangakas des siècles suivants. Un premier saut dans le temps – graphique – est franchi. Le deuxième est textuel, puisque le récit fait le pont entre des Pokémon, des personnages de mangas, de films d'animation et de jeux vidéos ayant pour source celles et ceux présent.e.s dans la mythologie et les contes et légendes nippons.
La conception du livre « Créatures fantastiques du Japon » est proche de celle de « Un dieu sur deux est une déesse » de ces deux mêmes autrices, paru également chez Nathan en juin 2023. En effet, dans les deux ouvrages elles narrent d'abord l'histoire et mentionnent ensuite les spécificités des personnages : les moyens de les reconnaître, leur survivance dans la société actuelle, etc.
Avec « Un dieu sur deux est une déesse », les jeunes lecteurs découvraient les mythologies grecque, américaine, africaine, entre autres, et... asiatique. Ils y croisaient déjà Amatesaru, la déesse de la lumière.
Composé de quatre parties, "Créatures fantastiques du Japon" nous conte les exploits d'êtres aux pouvoirs extraordinaires :
 

— les kamis, dieux vénérés par les adeptes de la religion shintoïste qui se divisent en trois groupes : les kami Parents du monde, les kami du Ciel et les kami de la Terre.

Les yōkai, des êtres fantastiques qui peuplent le monde surnaturel japonais.

Les dragons, qui sont les descendants des dragons chinois et aussi des nāga, les dragons indiens introduits au Japon avec le bouddhisme.

— Les héros et l'héroïne, considéré.e.s ainsi à la suite de leurs victoires militaires.


Ayant opté pour une lecture féministe de l’ouvrage, nous parlerons surtout des créatures fantastiques de sexe féminin, sans oublier cependant leurs homologues masculins ou d'un autre genre. Les déesses, les yōkai, les dragonnes et l'héroïne se révèlent puissantes, solaires, gaies, intelligentes, terrifiantes, rusées, amoureuses, aidantes, bienveillantes et conquérantes. Des "femmes" fortes !

 

 

Les Kami

 

© Crédit photo : Nina Hayer, illustration des déesses & dieux kamis dans les « Créatures fantastiques du Japon ». Image no 2 prise par Humanit’elles.

 

 

Izanami, la sœur d'Izanaki, tous deux Kami Parents du monde, sont chargé.e.s par les Kami du Ciel de rendre la Terre habitable. Après avoir créé l'île Onogoro et construit un palais, ils se marient. Izanami donne naissance aux huit îles formant le Japon, ainsi qu'aux Kami du vent, des montagnes, des eaux, des arbres, des fleurs, de tous les éléments de la nature et... du feu qui va lui brûler les entrailles et provoquer sa mort. Izanaki l'implore de revenir dans le monde des vivants. Elle exauce son souhait à condition qu'il attende son retour sans essayer de la voir. Il désobéit. Ils ne se reverront jamais. Elle devient la déesse de la mort.
Izanami est la kami co-créatrice du Japon et des éléments. Trahie par Izanaki, son frère et mari qui transgresse l'interdit, Izanami en proie à une terrible colère et animée par la vengeance devient la déesse de la mort, elle qui avait donné naissance au monde. Un air d'Orphée et Eurydice !

Amaterasu, kami de la lumière lasse du comportement violent de son frère Susanowo, kami de la mer et des tempêtes, décide de se retirer dans une grotte céleste. Les ténèbres règnent sur la Terre. Les kami se réunissent pour trouver une solution. Elle va passer par le forgeron du Ciel et son miroir, et par Uzume, kami de la gaité et de la joie, qui en provoquant des rires va éveiller la curiosité d'Amatesaru et la faire sortir de la grotte. La lumière se reflétant dans le miroir révèle sa présence. Un kami va l'extraire de sa cachette. Le soleil réapparaît.
Le soleil, astre puissant, se décline au féminin. Le disque rouge surmontant les cheveux d'Amaterasu est devenu le symbole du Japon, le pays du Soleil Levant. Cette déesse représente une figure fondatrice de la culture japonaise. Elle a apporté aux hommes les champs de riz, la technique de l'élevage des vers à soie et l'art du tissage.

Uzume, kami de la gaité et de la joie.
Amaterasu envoie son petit-fils sur la Terre au Japon pour apporter le riz aux humains. Elle charge Uzume de l'accompagner. La kami de la gaité et de la joie, le jeune prince et son cortège doivent franchir le Pont Flottant du Ciel gardé par le terrible Saruto-Hiko, chef des Kami terrestres. Ce dernier, face au nombre, craint de perdre son pouvoir et barre l'accès au pont. Les kamis sont certains qu'Uzume saura convaincre cet adversaire. Une mission qu'elle accomplit grâce à son humour.
Uzume est une déesse en qui l'on peut avoir confiance pour mener à bien une mission importante et difficile grâce à son rire et son humour. Et ce n'est pas son seul exploit. Rappelons qu'elle avait réussi à extraire la kami de la lumière de son refuge en exécutant une danse endiablée suscitant l'hilarité des spectateurs. Elle a survécu sous les traits d'un personnage de kyōgen, le théâtre comique et satirique japonaise.

Et du côté des dieux :

Ohokuninushi, kami de la médecine et de la guérison, dont la double résurrection fait aussi de lui un kami de la magie et du renouveau. Dieu très important du shintoïsme, il est vénéré pour ses qualités humaines : bonté, courage et compassion.
Le tengu, kami des montagnes et des forêts défend son territoire. Gare à ceux qui veulent y porter atteinte. Il a inspiré le Pokémon Tengalia.

 

Les Yōkai

 

© Crédit photo : Nina Hayer, illustration des êtres surnaturels Yōkai dans les « Créatures fantastiques du Japon ». Image no 3 prise par Humanit’elles.

 

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Nure-Onna, la femme serpent.
Les villageois coupent les branches de saule. Soudain, ils entendent une femme tenant un bébé emmailloté das ses bras appeler au secours. Elle est en train de se noyer. Un pêcheur et un villageois se portent à son secours. mais cette femme n'est autre que Nure-Onna, affamée. Elle enroule son immense corps de serpent autour du pêcheur puis du paysan et les entraîne au fond de l'eau pour les dévorer.
Cette figure de l'ogresse a sa place dans le bestiaire fantastique. L'ogresse est associée à la mort. Rusée, fourbe, terrible, terrifiante, son nom signifie "femme humide". Elle est parfois considérée comme un dragon.

Kuzu no Ha, la kitsune blanche.
Alors que Abe no Yasunason traverse la forêt, surgit une magnifique renarde blanche qui le supplie de la sauver d'un chasseur. Elle n'est autre que l'animal sacré de la déesse Inari, kami de la prospérité. Son intervention permet à la renarde de disparaître. Mais le chasseur, furieux, s'en prend au garçon qu'il laisse seul dans la forêt, dans l'incapacité de se relever. Une belle jeune fille va lui apporter son aide. Ils vont se marier et avoir un fils. Kuzu no Ha est la renarde blanche à qui Abe no Yasunason a porté assistance. Elle doit garder son secret sinon le charme sera rompu. Un jour, pensant être seule, elle laisse apparaître sa queue sous son kimono. Son petit garçon la voit. Elle doit fuir. Elle arrange une dernière rencontre avec son mari et son fils, qui, grâce aux dons qu'il reçoit de sa mère, deviendra un grand magicien.
La métamorphose de l'animal en humain et le thème du charme rompu sont des éléments traditionnels du conte. Kuzu no Ha est un personnage émouvant. Elle paie cher sa transgression de l'interdit. Son retour à la condition animale ne lui enlève pas son humanité. Elle garde tout son amour pour Abe no Yasunason, qui l'a sauvée et qu'elle a secouru, et pour son petit garçon, à qui elle prend le temps de transmettre des pouvoirs et qu'elle ne reverra jamais. De l'inconvénient pour un simple mortel d'épouser une créature fantastique.

Abordons les yokaï d'un autre genre.

Bake neko, un chat pas si mignon dont le Pokémon Mentali va s'inspirer, est aussi présent dans le film de Hayao Miyazaki "Mon voisin Totoro". Ces personnages n'en n'ont pas l'horrible caractère. Notons cependant que Bake neko devient géant et terrifiant pour venger la mort du fils de sa maîtresse.
Les tsukumogami se vengent. Furieux de la façon dont ils sont traités, les vieux objets se rebiffent. Nous les retrouvons dans le manga de Hiroshi Shiibashi, "Nura, le seigneur des yōkai" et dans la série de films "Yo-Kai Watch".
Le kappa, un yokaï facétieux.
Kappa signifie "enfant des rivières". Les kappas auraient été inventés par des parents pour faire peur à leurs enfants. Le kappa a inspiré les Pokémon Nénupiot. Par ailleurs, il est l'un des personnages du film de Keiichi Hara "Un été avec Coo".
Le tanuki, roi de la transformation, porte un chapeau de paille et une gourde remplie de saké. C'est le yokai-esprit des montagnes et des forêts. Il a une réputation de farceur mais il est aussi très gentil. Dans les jeux vidéos, sous le personnage de Mario Tanuki, il figure aussi dans Pompoko, film d'animation d'Isao Takahata.


Hyakume, le gardien de nuit chargé de garder un très vieux temple, est un être recouvert d'un centaine d'yeux jaunes clignotants. Une grande aide la nuit mais un calvaire le jour car la lumière le brûle. Il a inspiré Shigeru Mizuki, auteur du manga "Kita le repoussant", ainsi que l'artiste japonais Takashi Murakami.

 

Les dragons

 

© Crédit photo : Nina Hayer, illustration des dragons dans les « Créatures fantastiques du Japon ». Image no 4 prise par Humanit’elles.

 

 

Toyotame hime, l'éblouissante princesse, est la fille de Ryūjin, le roi-dragon des mers. Ce dernier va aider Howori, l'un des petits-fils d'Amatesaru, à se tirer d'un bien mauvais pas. Il le mène à son palais où vit sa fille. Howori en tombe amoureux et l'épouse. Au moment d'accoucher, Toyotame hime prie son mari de ne pas la regarder pendant qu'elle met au monde leur enfant. Howori ne respecte pas cette requête et voit sa belle épouse transformée en monstre marin. Elle doit retourner vivre au palais sous la mer. Ils ne se reverront plus mais ne cesseront jamais de s'écrire des lettres d'amour.
Encore une fois, de l'inconvénient pour un simple mortel d'épouser une créature hors-norme, telle que la fille du roi-dragon des mers, et de lui désobéir. Rappelons-nous Izanaki qui n'avait pas respecté la demande d'Izanami, déclenchant la colère de cette dernière. Et si une fois de plus l'interdit est transgressé, la fin est cependant plus heureuse. Une source d'inspiration pour la Petite sirène ?

 

Zennyo Ryūō, la bienfaitrice va répondre à l'appel du moine bouddhiste Kükai que l'empereur a sollicité, parmi d'autres, pour faire cesser la sécheresse sévissant au Japon. Il déclenche ainsi la jalousie du moine Shubin qui avait les faveurs du souverain. Au cours d'une longue méditation, Kükai découvre que Shubin a enfermé le kami des pluies pour l'empêcher de rentrer en contact avec les divinités. C'était sans compter sur Zennyo Ryūō qui, sous la forme d'un dragon aux écailles d'or, va surgir du fond d'un étang et déclencher un orage terrible.
Bienveillante, aidante, Zennyo Ryūō est un divinité bouddhique surnommée "la dame de bonté". C'est l'une des rares figures féminines à atteindre l’Éveil, la sagesse du Bouddha.

 

Gozuryū, le dragon d'Enoshima [et la déesse du bonheur Benzaiten].
Les villageois de Kamakura ont peur du dragon Gozuryū. En effet, ce monstre à cinq têtes dévore les enfants. Les villageois s'adressent à la déesse du bonheur Benzaiten qui, touchée par leur détresse, vient à leur secours. Grâce à elle le dragon devient doux comme un agneau et... heureux.
Benzaiten, l'une des sept divinités du bonheur, est aussi la déesse de l'eau, du savoir, de la littérature, de la musique et de la beauté.

 

Les héros & l'héroïne

 

© Crédit photo : Nina Hayer, illustration des héros & l'héroïne dans les « Créatures fantastiques du Japon ». Image no 5 prise par Humanit’elles.

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Jingū, la conquérante.
Chūai, l'empereur du Japon meurt car il a refusé de croire en l'existence de la Corée. Son épouse Jingū consulte Amatesaru, kami de la lumière. La déesse prédit à l'impératrice qu'elle va conquérir la Corée et ses trois royaumes. Pour mettre les chances de son côté, Jingū sollicite Ryūjin, le roi-dragon des mers qui, impressionné par sa détermination, lui apporte son soutien. L'impératrice prend ainsi possession des royaumes convoités.
Son histoire a inspiré les Onna-bugeisha, femmes qui se battent au côté des samouraïs. Elle est également la première femme à être représentée sur la monnaie impériale.

 

 

Umezu Chūbei, le vaillant samouraï [et la femme mystérieuse]. Le samouraï Umezu Chūbei défend par tous les temps les portes du château de son seigneur. Un jour une femme arrive, portant un bébé qu'elle confie au samouraï. Il accepte par crainte d'un mauvais sort. Cette femme pourrait être un yōkai. Pendant de nombreuses heures, il tient le bébé dans ses bras alors que celui-ci, étrangement, pèse de plus en plus lourd. La mystérieuse visiteuse revient et lui apprend que grâce à sa ténacité, il a sauvé le bébé et la maman. Le kami lui fait don d'une force exceptionnelle.
Ce récit prend sa source das le conte écrit par le journaliste irlandais Lafcadio Heam.

 

Et parmi les héros :

 

Momotarō, contre les oni.

Grâce à sa force surhumaine, Momotarō, accompagné de ses amis (un chien, un singe et un faisan), arrive à affronter les oni, des monstres qui pillent la région. Momotarō est devenu un symbole de protection du pays contre la pollution par exemple, une nouvelle menace.
 

Kintarō, le plus fort des héros.

Élevé par une sorcière des montagne, Kintarō est le fils du kami du tonnerre qui l'a doté d'une puissance sans pareille. Un jour, alors qu'il joue avec ses amis, un ours noir s'approche. Kintarō initié aux techniques du sumo, l'affronte et sort vainqueur du combat. Il gagne le respect de l'ours et suscite le vif intérêt du chef de la garde impériale qui a assisté au combat. Lors de la Fête des Enfants le 5 mai, des poupées Kintarō sont confectionnées et installées à l'intérieur des maisons.
 

Abe no Seimei, le magicien malin est un personnage que nous avons déjà croisé puisqu'il est le fils de la renarde blanche, kitsune à qui il doit ses dons exceptionnels de magicien. Ceux-ci font des envieux parmi les devins, en particulier Ashiya Doman qui lui lance trois défis et n'hésite pas à tricher pour gagner, en vain. Abe no Seimei a vraiment existé. Il fut un grand maître du yin et du yang.

 

© Humanitelles

 

 

À consulter également :


__ LA PREHISTOIRE expliquée aux enfants par Laurence Paix-Rusterholtz et Chris Lavaquerie-Klein

__ Où l’on s’aperçoit que les femmes ne sont jamais très loin Des objets dans l’Histoire

__ Chris Lavaquerie-Klein, Laurence Paix-Rusterholtz, un duo d’autrices en ébullition

 

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Pour citer ce texte illustré

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Humanit'elles (article & photographies), « « Créatures fantastiques » du Japon entre mythologie japonaise et culture pop », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2024 NUMÉRO SPÉCIAL | NO IV | « Les femmes poètes européennes par Lya Berger (1877-1941) », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 15 octobre 2024. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/2024/noiv/humanitelles-article

 

 

 

 

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