Crédit photo : Peinture orientaliste tombée dans le domaine public & dans le style du peintre Edward Mason Eggleston (1882-1941). Capture d'écran de la photographie libre de droits diffusée sur un réseau social.
Trouve-moi derrière un éventail de papier,
chaleur et parfum du lys mélangés dans une harmonie
à peu près décalée par des courants d’air,
trouve-moi à moitié enfouie dans le sable, nageant vers une bouée, la tristesse enroulée autour de mes poignets comme les nombreux bracelets d’Isis.
Trouve-moi sur la tangente d’un cercle bleu, découvre les confettis répandus sur l’herbe à la place de la rosée,
trouve-moi à l’intérieur de l’écorce d’un chêne, écrivant le destin d’une abeille,
trouve-moi à minuit,
pendant qu’une lune endeuillée traîne et susurre dans ma robe d’été, éteignant la comète du désir,
trouve-moi derrière un miroir, dans un idéogramme ou un hiéroglyphe.
Trouve-moi,
et puis réinterprète ma vie dans une autre saison.
Irina Moga, « Bracelets d’été », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 15 avril 2026. URL :
Dans ce délicieux recueil « L’heure du thé... » de Françoise Urban- Menninger, chaque nouvelle aussi brève soit-elle, (40 nouvelles sur 141 pages) s’inscrit dans une quête de l'âme. Une recherche soutenue par plusieurs voix qui s’entretissent et se répondent entre le corps qui pèse et l’esprit qui s’envole, dérive, se libère de l’ancrage charnel.
Des voix empreintes de poésie et de songes philosophiques où, en toute simplicité et sans explication douteuse, le réel n’occulte jamais sa propre démesure et ses instants de vertige par un sursaut de rationalisme réducteur. Il y a là une tension bien dosée et vibrante entre des pôles apparemment opposés.
Ainsi, dans « L’esprit vagabond », une perspective linéaire inversée fait pressentir que la vie ne conduit plus vers la mort mais en devient l’expérience consciente logée en nous comme une braise.
Dans le songe onirique « On devient ce que l’on mange », seul un excès de sensibilité permet à Valérie, mordant dans une figue, de capter l’instant de sa métamorphose subtile, sentant ses propres frontières se fluidifier jusqu’à devenir « ombre violette et sucrée ». Aventure caméléonesque qu’elle ne pourra s’empêcher de reproduire en croquant d’autres fruits ou légumes jusqu’à éprouver, par « la langue secrète du corps », l’expérience sensible qui soulève la question cruciale de l'identité : être multiple au cours d’une même vie permet-il de retrouver son intégrité voire son unité lorsque nous rendrons l'âme ?
Ailleurs, une femme d’une « démarche chaloupée » et chorégraphique qui devient une manière de « découper l'air et de le draper » autour d’elle, permet à son corps de ne plus être son propre fardeau, « La peau d’âne », mais le refuge intime « où se nouent, le miracle de la vie et l'échéance inéluctable de la mort ».
La métamorphose en figue, la sensation de devenir l'étang, l'envol vers le soleil d'Icare sont toutes des formes d’une même transcendance. On ne fuit pas le corps, on le traverse pour atteindre l'essence. Mais encore, comment habiter pleinement et en toute liberté cette âme qui brûle dans un corps voué à disparaître, semble être la question centrale et sous-jacente qui fuse à travers l’ensemble de ces nouvelles. Entre réel et surgissement d’un irréel intimement entrelacés, la réponse proposée est à la fois simple et vertigineuse : en écoutant la danse. Celle de l'âme sur la page, celle du corps qui découpe l'air, celle du goût qui transforme en figue et celle du regard qui semble bien ne jamais chercher à conclure mais plutôt à en perpétrer l’envol à la croisée du feu et de la cendre, du fruit et de l'arbre, du premier souffle et du dernier regard. « J’ai toujours su qu’il y avait eu erreur sur la personne. Je ne suis pas celle que l’on croit que je suis, je l’ai toujours su. » Et dans cet entre-deux, il n'y a pas de fardeau, seulement la matière infinie : « Le cheminement de l'écriture est déjà en soi une aventure extraordinaire car il use de tours et détours secrets en opérant au plus intime de l'être. » Les visions, les sensations ne servent pas à fuir le réel mais à l’approfondir en découvrant les songes secrets qui nous habitent, voire nous hantent, sans pour autant que nous en prenions toujours conscience.
« Ce matin, j’ai trouvé le printemps couché en rond sur ma table de travail. Il jouait comme un gros chat paisible avec la pelote du soleil qui roulait sur le bois lustré de mon bureau et tirait des fils de lumière dans la chambre tout entière tissée de jaune d’or. »
Myette Ronday, « À propos de « L’heure du thé et autres nouvelles de Françoise Urban-Menninger », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 mars 2026. URL :
Événements poétiques | Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles & N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Spiritualités en poésie
Crédit photo : Mary Cassatt (1844-1926), « Mother and Child », peinture tombée dans la domaine public, capture d'écran de l’image libre de droits du Web.
Si l'enfant sommeille,
Il verra l'abeille,
Quand elle aura fait son miel,
Danser entre terre et ciel,
Si l'enfant repose,
Un ange tout rose,
Que la nuit seule on peut voir,
Viendra lui dire : Bonsoir !
Si l'enfant est sage,
Sur son doux visage,
La Vierge se penchera,
Et longtemps lui parlera !
Si mon enfant m'aime,
Dieu dira lui-même
« J'aime cet enfant qui dort ;
Qu'on lui porte un rêve d'or.
Fermez ses paupières,
Et sur ses prières,
De mes jardins pleins de fleurs,
Faites glisser les couleurs
Ourlez-lui des langes,
Avec vos doigts d'anges,
Et laissez sur son chevet
Pleuvoir votre blanc duvet.
Mettez-lui des ailes
Comme aux tourterelles,
Pour venir dans mon soleil,
Danser jusqu'à son réveil !
Qu'il fasse un voyage
Aux bras d'un nuage,
Et laissez-le, s'il lui plaît,
Boire à mes ruisseaux de lait !
Donnez-lui la chambre
De perles et d'ambre,
Et qu'il partage en dormant
Nos gâteaux de diamant.
Brodez-lui des voiles
Avec mes étoiles,
Pour qu'il navigue en bateau
Sur mon lac d'azur et d'eau !
Que la lune éclaire,
L'eau pour lui plus claire,
Et qu'il prenne, au lac changeant,
Mes plus fins poissons d'argent !
Mais je veux qu'il dorme,
Et qu'il se conforme
Au silence des oiseaux,
Dans leurs maisons de roseaux !
Car si l'enfant pleure,
On entendra l'heure
Tinter partout qu'un enfant
A fait ce que Dieu défend !
L'écho de la rue
Au bruit accourue,
Quand l'heure aura soupiré,
Dira : L'enfant a pleuré !
Et sa tendre mère,
Dans sa nuit amère,
Pour son ingrat nourrisson
Ne fera plus de chanson !
S'il brame, s'il crie,
Par l'aube en furie
Ce cher agneau révolté
Sera peut-être emporté !
Un si petit être
Par le toit, peut-être,
Tout en criant s'en ira,
Et jamais ne reviendra !
Qu'il rôde en ce monde,
Sans qu'on lui réponde ;
Jamais l'enfant que je dis
Ne verra mon paradis ! »
Oui, mais s'il est sage,
Sur son doux visage
La Vierge se penchera
Et longtemps lui parlera !
Marceline Desbordes-Valmore, Lyon.
Référence livresque
Le poème transcrit ci-haut provient du recueil de poèmes de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Les Poésies de l'enfance, [par Mme Desbordes-Valmore, Troisième édition revue et augmentée], Paris, GARNIER Frères, Libraires-Éditeurs (6, Rue Des Saints-Pères, et Palais-Royal, 215), 1876. [Publié par Ath. Mourier, avec une préface de MM. P. et H. Valmore.] 2e édition.... 1876, pp. 127-131. La source livresque citée appartient au domaine public et elle est consultable par l'intermédiaire du site Gallica de la Bibliothèque nationale de France.
***
Pour citer ce poème illustré
Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859), « Dormeuse », peinture par Mary Cassatt (1844-1926), poème choisi & transcrit par Dina Sahyouni de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Les Poésies de l'enfance [...] (1876), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2025 | « Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles » & AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 14 novembre 2025. URL :
Pour citer ces poèmes engagés, féministes, élégiaques & illustrés
Carmen Pennarun (poèmes & photographies), « Francesca Woodman », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 23 octobre 2025. URL :
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Crédit photo : Camille Métra (ou Métra-Hubbard, 1864-1936), « Portrait de jeune fille blonde », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du Web.
Pour citer ce poème romantique, féministe, lyrique, engagé, illustré & inédit
Maxance Lardjane, « Soyons enfants, soyons jeunes filles » avec une peinture par Camille Métra (1864-1936),Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2025 | « Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles » &AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 22 octobre 2025. URL :
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SIÉFÉGP, JUIN 2026
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SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025
Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.
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