LA RÉDACTION A FAIT FACE À PLUSIEURS ATTAQUES INFORMATIQUES TRÈS VIOLENTES DURANT L’ANNÉE 2025 ET SURTOUT DEPUIS CET ÉTÉ. ON COMPTE PUBLIER PLUS D’INFOS SUR LES SOURCES DE CES ATTAQUES.
NOUS ESPÉRONS RETROUVER UN RYTHME NORMAL D’ÉDITION EN 2026. BONNE ANNÉE POÉTIQUE À VOUS !
LPPDM, 31 DÉCEMBRE 2025.
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm)
REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE ET MULTILINGUE DE POÉSIE
ENTRE THÉORIES ET PRATIQUES
AUTOMNE 2025 | NO IV
LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE
DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS
SOUS LA DIRECTION DE
FRANÇOISE URBAN-MENNINGER
Crédit photo : Angelica Kauffmann (1741-1807), « Portrait de Sappho », peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.
Rappel utile : Comme vous le savez bien cher lectorat la revueLPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur/auteure est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, l'auteure/auteur est l'unique responsable du contenu de son texte, de son image, sa vidéo, etc.
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Le 3e Marché de la Poésie de Lille - organisé par le Centre littéraire Escales des lettres et l'association c/i/r/c/é ( Marché de la Poésie de Paris) - vous donne rendez-vous les 12, 13 et 1...
APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026
L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.
MESSAGE DE LA SIÉFÉGP DU 27 NOVEMBRE 2025
APPEL À TAPUSCRITS DE 20 NOVEMBRE AU 28 FÉVRIER 2026
L’association SIÉFÉGP propose de publier une sélection de vos manuscrits poétiques et académiques dans ses collections livresques. Pour ce faire, veuillez vérifier que votre tapuscrit est complet, qu’il respecte la ligne éditoriale de la SIÉFÉGP avant de l'adresser sous la forme d’un ouvrage finalisé (illustré ou non) en format A5 et prêt entièrement à être imprimé avec sa couverture (ses première et quatrième de couverture réalisées) à l'adresse postale de l'association. Votre tapuscrit doit être gravé sur CD en formats PDF et Word. Si l’association décide d’éditer votre tapuscrit, elle vous contactera par courriel pour signer le contrat d’édition et programmer avec vous la date officielle de la parution de votre livre. Concernant cet appel, l’association ne peut pas réaliser
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MESSAGE DE LA SIÉFÉGP DU 3 NOVEMBRE 2025
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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm)
REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE
ENTRE THÉORIES & PRATIQUES
DIFFUSÉE EN VERSION ÉLECTRONIQUE(APÉRIODIQUE)
& EN VERSION IMPRIMÉE
SUSPENDUE SUITE À UN CAS DE FORCE MAJEURE DE 2018 À 2020
REPRISE DE L'ÉDITION IMPRIMÉE EN FIN DE 2021.
ISSN NUMÉRIQUE : 2116-1046
ISSN IMPRIMÉ : 2492-0487
(4 NUMÉROS PAR AN DONT un HORS-SÉRIE & UN NUMÉRO SPÉCIAL)
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AUTOMNE 2025 | NO IV
LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE
DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS
PREMIER VOLET
SOUS LA DIRECTION DE
FRANÇOISE URBAN-MENNINGER
Crédit photo :Francesca Woodman (1958-1981), autoportrait photographique en blanc et noir. Francesca Stern Woodman, née le 3 avril 1958, est une photographe américaine célère pour ses photographies en noir et blanc représentant des femmes et pour ses autoportraits photographiques. Elle se suicide le 19 janvier 1981. Capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.
* Les derniers documents validés par la rédaction de ce numéro exigent un travail éditorial pour quelques jours encore pour une paraître correctement en ligne... En plus, les difficultés techniques auxquelles Aude & David font face perturbent encore la mise en ligne & les réponses à vos courriels, la rédaction poursuit toutefois la publication numérique, l’actualisant petit à petit de certaines pages du site, l’édition des projets prévus jusqu'à la fin de 2025 et vous remercie bien de votre patience !
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RÉDACTION DE LA REVUE
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES
ILLUSTRATIONS PAR
DES ARTISTES CITÉ(E)S dans les pages du numéro &/ou dans le sommaire
RÉALISATION TECHNIQUE :
AUDE & DAVID SIMON
NOUS ÉCRIRE À L’UNE DES AUX ADRESSES DE MESSAGERIES SUIVANTES SANS LES CROCHETS :
Christiane Bozza, « Les âmes mortes », peinture par Artemisia Gentileschi (1593–1653) &« Qu'est-ce donc que la vie », peinture par Angelica Kauffmann (1741-1807)
Denis Emorine,« À celle qui viendra / She is coming for me », traduction inédite en anglais par Michael T Steffen, peinture par Jacob Van Loo (1614-1670) & « Les Sabines », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783)
Christiane Bozza,« Les âmes mortes », peinture par Artemisia Gentileschi (1593–1653) & « Qu'est-ce donc que la vie », peinture par Angelica Kauffmann (1741-1807)
Denis Emorine,« À celle qui viendra / She is coming for me », traduction inédite en anglais par Michael T Steffen, peinture par Jacob Van Loo (1614-1670) & « Les Sabines », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783)
Élisa Fleury (1795-1862),« Les inconvénients du suicide», poème de FLEURY, Élisa,Album de poésies et chansons (1858), choisi, transcrit & commenté brièvement par Dina Sahyouni, peinture par Noël Coypel (1628-1707)
Élisa Fleury (1795-1862),« Les inconvénients du suicide», poème de FLEURY, Élisa,Album de poésies et chansons (1858), choisi, transcrit & commenté brièvement par Dina Sahyouni, peinture par Noël Coypel (1628-1707)
Denis Emorine,« À celle qui viendra / She is coming for me », traduction inédite en anglais par Michael T Steffen, peinture par Jacob Van Loo (1614-1670) & « Les Sabines », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783)
SPIRITUALITÉS / CROYANCES, RELIGIONS & MYSTICISMES EN POÉSIE
Christiane Bozza, « Les âmes mortes », peinture par Artemisia Gentileschi (1593–1653) &« Qu'est-ce donc que la vie », peinture par Angelica Kauffmann (1741-1807)
Denis Emorine,« À celle qui viendra / She is coming for me », traduction inédite en anglais par Michael T Steffen, peinture par Jacob Van Loo (1614-1670) & « Les Sabines », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783)
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « AUTOMNE 2025 | NO IV | SOMMAIRE », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, 1er Volet, mis en ligne le 23 décembre 2025. URL :
https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/sommaire
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DIFFUSÉE EN VERSION ÉLECTRONIQUE(APÉRIODIQUE)
& EN VERSION IMPRIMÉE
SUSPENDUE SUITE À UN CAS DE FORCE MAJEURE DE 2018 À 2020
ISSN NUMÉRIQUE : 2116-1046
ISSN IMPRIMÉ : 2492-0487
(4 NUMÉROS PAR AN DONT un HORS-SÉRIE & UN NUMÉRO SPÉCIAL)
Poème choisi, transcrit & commenté brièvement pour cette revue par Dina Sahyouni
Crédit photo : Noël Coypel (1628-1707), allégorie mythique de « L'Abondance » (1700), peinture tombée dans le domaine public. Capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.
L'autre jour, certain misanthrope,
À deux mains tenant son menton,
Disait : « D'après mon horoscope,
Je dois mourir sans rejeton.
Si je dispose de mon être,
Du genre humain je me dépêtre.
Le suicide est radical...
Vivre malgré soi, ça fait mal.
« Je puis choisir entre la corde,
Le pistolet et le poison ;
Au besoin même je m'accorde
Et la rivière et le charbon.
Pendons-nous, sans plus de harangue...
Comme je vais tirer la langue !
C'est mourir comme un animal...
Rien que d'y penser, ça fait mal.
« Faisons-nous sauter la cervelle,
C'est un moyen expéditif...
J'appuierai sur la chanterelle
De cet instrument portatif...
Mais non, malgré moi je m'arrête,
Dans un instant ma pauvre tête
Serait à jour comme un fanal...
Rien que d'y penser, ça fait mal.
« De poison prenons une dose...
Il suffit d'un peu d'arsenic,
Mêlé d'un doigt de couperose
Que je distille à l'alambic.
Mes veines seront desséchées,
Mais j'aurai d'horribles tranchées
Dans le conduit intestinal...
Rien que d'y penser, ça fait mal.
« M'y voici, je me détermine :
C'est le charbon qui me sourit ;
J'en allume plein ma terrine,
Et j'attends la mort dans mon lit...
Mais si j'ai de fortes nausées,
Mes artères seront brisées,
J'aurai le transport cérébral...
Rien que d'y penser, ça fait mal.
« Afin d'abréger ma souffrance,
Il vaut mieux me jeter à l'eau.
Oui, mais je vais courir la chance
D'être accroché sous un bateau.
Si par hasard je me ravise,
Avec l'habit et la chemise
J'y puis laisser mon os dorsal !...
Rien que d'y penser, ça fait mal.
« Comme ma vue est obscurcie !
D'où me vient donc ce tremblement ?
Une attaque d'apoplexie
Me frappe-t-elle en ce moment ?...
J'ai contre la mort, qui m'approche,
De l'éther, des sets dans ma poche.
Vite, éloignons à l'instant fatal...
Rien que d'y penser, ça fait mal. »
Le poème d'humour transcrit ci-haut est un extrait, il provient de FLEURY, Élisa (Madame), Album de poésies et chansons, par Mme Élisa Fleury, 2ème édition, Paris, Imprimerie Simon RAÇON et CIE, 1858, pp. 52-54. Le recueil cité appartient au domaine public. Ce joli poème où la poète use du travestissement poétique indirect au masculin en narrant puis en faisant parler son personnage et de la figure poétique de l’énumération pour lister les moyens connus pour se suicider représente une manière humoristique efficace pour dépeindre l'autoportrait caricatural du misanthrope réaliste du XIXe siècle. Il consitue ainsi un échantillon du matrimoine de la poésie humoristique et caricaturale du typage sociologique en poésie comme de la Sociopoétique.
***
Pour citer ce poème humoristique de l'aïeule & illustré
Élisa Fleury (1795-1862),« Les inconvénients du suicide », poème de FLEURY, Élisa,Album de poésies et chansons (1858), choisi, transcrit & commenté brièvement par Dina Sahyouni, peinture par Noël Coypel (1628-1707), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 21 décembre 2025. URL :
Crédit photo : Portrait photographique de la créatrice « Alfonsina Storni » capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le site Commons.
La mer et la mort occupent une place importante dans la poésie d’Alfonsina Storni.
Atteinte d’un cancer du sein, la journaliste et poète postmoderniste Alfonsina Storni se suicide par la noyade en 1938, à l’âge de 46 ans à Mar de la Plata (Argentine).
Composée par l’auteur-compositeur argentin Ariel Ramírez, avec l’intellectuel et parolier argentin Felix Luna, la chanson ci-dessous a été interprétée par la chanteuse argentine Mercedes Sosa en 1969 et plus tard par la chanteuse chilienne Violeta Parra avant d’être reprise par bien d’autres interprètes de renom.
Alfonsina y El Mar
Por la blanda arena
Que lame el mar
Su pequeña huella
No vuelve más
Un sendero solo
De pena y silencio llegó
Hasta el agua profunda
Un sendero solo
De penas mudas llegó
Hasta la espuma
Sabe Dios qué angustia
Te acompañó
Qué dolores viejos
Calló tu voz
Para recostarte
Arrullada en el canto
De las caracolas marinas
La canción que canta
en el fondo oscuro del mar
La caracola
Te vas Alfonsina
Con tu soledad
¿Qué poemas nuevos
Fuiste a buscar?
Una voz antigua
De viento y de sal
Te requiebra el alma
Y la está llevando
Y te vas hacia allá
Como en sueños
Dormida, Alfonsina,
Vestida de mar
Cinco sirenitas
Te llevarán
Por caminos de algas
Y de coral
Y fosforescentes
Caballos marinos harán
Una ronda a tu lado
Y los habitantes
Del agua van a jugar
Pronto a tu lado
Bájame la lámpara
Un poco más
Déjame que duerma
Nodriza, en paz
Y si llama él
No le digas que estoy, dile que
Alfonsina no vuelve
Y si llama él
No le digas nunca que estoy
Di que me he ido
(Chanson d’Ariel Ramírez et Felix Luna, en hommage à Alsonsina Storni)
Maggy de Coster, « Quand la mer devient la voie du suicide ! une chanson pour la poète argentine Alfonsina Storni ! », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 17 décembre 2025. URL :
Si le mal de vivre peut mener à l’acte de mort volontaire, il peut également prendre différentes formes de survie, où vie et mort se côtoient, s’entremêlent. L’art du poète dit, pour traverser perte et détresse, traçant un passage vivant.
Après avoir perdu Eurydice une première fois, le jour même de son mariage, Orphée descend aux enfers, séjour des ombres, pour la ramener avec lui dans le monde des vivants. Mais, impatient de la voir, il se retourne et elle disparaît à tout jamais, la perdant une seconde fois. Désespéré, le poète musicien s’enferme dans la solitude, faisant vibrer les cordes de sa lyre pour accompagner ses chants. Vivant en marge de la Cité et de son ordre établi, Orphée se console avec le poème, le chant, la musique, mais l’abîme de la mort sera toujours présent à lui. Dans l’abstinence, les pratiques purificatrices d’une souillure initiale seront autant de rites d’expiation visant à retrouver la pureté de la vie. L’âme étant condamnée à un cycle de réincarnations, les rites orphiques auront pour but de le briser, comme le prônera l’orphisme, mouvement spirituel qui multipliera ses initiés.
Ainsi, aucune autre nymphe ne peut prendre la place de son épouse bien-aimée. L’ombre d’Eurydice ne disparaît pas, elle est toujours vivante en lui. Dans l’impossibilité de vivre sans elle, de désinvestir son objet d’amour pour s’en détacher, elle continue de vivre psychiquement. Si Orphée ne peut renoncer à Eurydice, le lien qui le noue à elle est celui de la mort. Liés à travers la mort, sa vie est sacrifiée dans un don de soi suicidaire. Mélancolique, vivant mort, il vit dans la mort avant la mort. Une forme de vie suicidaire ? Deuil impossible car l’ombre de l’objet est tombée sur le Moi (Freud, Deuil et Mélancolie, 1916). Ce processus psychique qui caractérise la mélancolie mène parfois à mourir réellement, à se donner la mort, comme Roméo sans Juliette.
La mort ante mortem
Être morte vivante, comme Camille Claudel, comme Adèle Hugo, pour lesquelles, le choc de la séparation amoureuse est insurmontable. Inconsolables, elles se laissent dépérir de la perte d’un amour passionnel. Que devient cet amour fusionnel ? Si la relation amoureuse fusionnelle produit une identification dans le miroir de l’autre, la violence de la perte de l’être aimé peut engendrer une perte de l’amour de soi-même. Blessure narcissique dont l’intensité expose à une régression menaçant l’intégrité du sujet, qui, dé-narcissisé, est poussé à sombrer dans l’effondrement narcissique. Faire mourir l’autre en soi équivaut à mourir soi-même, à se laisser mourir. Lorsque l’imploration reste sans réponse (Claudel, L’Implorante), perdre l’aimé mène à se perdre soi-même dans une dépression profonde, voire mélancolique jusqu’à déclencher un état de confusion, s’accompagnant même de délires, en réaction à la violence subie. Être mort vivant est l’expression d’un geste suicidaire. Une mort ante mortem, où le geste s’étirant à l’infini suspend l’acte final de la mort. La souffrance incommensurable suscitée par la détresse due à l’effondrement existentiel conduit du geste suicidaire à l’acte du suicide. À souhaiter la destruction de l’autre, la culpabilité à commettre l’irréparable se manifeste. Dans l’impossibilité de détruire l’autre, les pulsions destructrices agressives se retournent sur soi, et, activant un conflit psychique interne aux racines bien en-deçà de la séparation amoureuse, se profile le suicide comme résolution. Lorsque l’abîme de l’abandon menace de mourir d’amour, la passion mène au péril de la mélancolie, exposant à un acte définitif irrévocable.
Les événements de la vie accentués, aggravés par les phénomènes sociaux peuvent mener à l’acte suicidaire, lorsque le dérèglement du lien social perturbe, chez l’individu, ses états affectifs et ressentis émotionnels. Émile Durkheim, le premier, a distingué quatre types de suicide — égoïste, altruiste, anomique, fataliste (Le Suicide. Étude de sociologie, 1897), qu’il relie à des facteurs sociaux prégnants dérégulant une société donnée. L’opposition égoïste / altruiste est liée à une insuffisance ou un excès d’intégration dans la société, d’adaptation à ses normes et ses attendus. L’opposition anomique / fataliste renvoie à une insuffisance ou un excès d’ordre social, en rapport aux situations de crise économique, de phénomènes sociaux graves. L’augmentation du taux de suicide chez les jeunes, liée à la période de Covid 19, en est uneillustration.Pour autant, l’implication de la part psychique du sujet ne s’efface en rien. Lorsque pénétrées d’événements extrêmement violents, les histoires de vie peuvent en garder une trace mortifère qui, parfois, perdurera à travers les générations suivantes. Le lien par la mort existe lorsque le traumatisme de la perte d’un être cher crée un trou réel, un manque interne impossible à accepter, à symboliser, à dépasser. La tentative de maintenir la présence de l’absent peut générer un attachement par la mort. Ainsi, la disparition due à la guerre, l’absence inexpliquée, la mort imprévue ou prévue, marquent les membres d’une famille, à travers une transmission inconsciente indélébile, non élaborée psychiquement, portant parfois à une fatale répétition. Entre absence et présence, la figure omniprésente de la mort agit dans un plan en-deçà de la conscience, en arrière-fond de l’existence depuis bien avant le traumatisme de la perte déclenchant le geste, voire l’acte suicidaire. Vécu dans la détresse de relations affectives premières imprégnées d’angoisse d’abandon et de séparation, le manque originaire, initial, reste toujours présent en fond. Il peut être réactivé par la souffrance due aux événements de la vie.
L’art pour dire
Dans ses carnets, André Blanchard (Les Carnets, 1988-1989) témoigne de cet état mélancolique permanent, généré par la figure du parent mort dont l’effacement est inconcevable. Contrairement aux ouvrages d’autres auteurs, ses écrits ne sont pas autobiographiques au sens d’une narration d’histoire personnelle, d’intime mal de vivre. Pour autant, la force de l’écriture introspective, de soi-même et de son existence, se nourrit de fragments, d’évocations, d’allusions, et d’états de mal-être vécus. Face à la souffrance et à une angoisse suicidaire suscitée, écrire permet d’exprimer au plus près, et simultanément de mettre à distance, de dire indirectement. L’art aussi, sculpture, musique, danse… dit sans dire vraiment, en maintenant un clivage et par là, une déliaison évitant l’élaboration d’un sens à donner. Quel processus est engagé ? S’agit-il d’éviter les questions existentielles, dans un agir répétitif sans résolution ? Ou bien d’assumer la faille intime en acceptant les vicissitudes ? Sans élaboration, sans langage pour exprimer le mal de vivre existentiel, l’ombre de la mort peut devenir inéluctable, dans une funeste fatalité.
Travail d’élaboration que l’art représente, en posant un acte pour supporter l’insupportable. Ainsi la peinture d’Edvard Munch marqué par le destin funeste des êtres aimés, par l’impuissance absolue face à la mort. Celle de sa mère lorsqu’il a cinq ans, puis celle de sa sœur neuf ans plus tard, malades de tuberculose, produisent une absence inconsolable, un vide interne irrémédiable. L’impossible oubli se traduit dans Souvenir d’Enfance (1892),où l’enfant collé, accroché à sa mère préfigure la perte, ou encore dans L’enfant malade (1894),signant l’impuissance à sauver sa sœur malade. La répétition dans ses œuvres picturales a pour fonction de se prémunir contre l’angoisse de la perte. Dans une permanente quête de sens existentiel, représenter l’insupportable encore et encore, dans le cri infini de ses tableaux, permet de supporter de vivre, de persister dans la vie, malgré l’enfer à endurer, comme l’exprime son Autoportrait en enfer (1903). Sans entrer dans le détail de l’événement marquant l’arrêt de la relation avec sa compagne Tulla Larsen, le coup de feu qui part dans une mise en scène amoureuse, interroge sur l’articulation de la question existentielle de la vie ou de la mort. Scénario où, sans intention préalable, elle blesse réellement l’artiste, précipitant la fin de leur amour.
L’ordalie
Prendre le risque de mourir ou de rester en vie… les comportements à risque de cette nature détiennent une dimension ordalique, au sens de la coutume médiévale où l’épreuve par élément naturel imposée appelait au jugement de Dieu afin de déterminer par le feu (marcher sur des braises), l’eau (être jeté dans la rivière)…, la culpabilité ou non du sujet. Lorsqu’elles comportent un risque mortel, les prises de risques extrêmes correspondent à une forme de l’ordalie. Les sujets répètent un comportement d’auto-épreuve qu’ils s’imposent à eux-mêmes, mais dont l’issue ne doit pas être prévisible. Pile ou face, la vie ou la mort, comme à la roulette russe, une façon de s’en remettre au destin, au sort, au hasard… pour mériter de continuer à vivre ou non. S’il s’agit bien d’un risque vital auquel s’abandonner, et dont le dénouement reste indéterminé, ce défi est choisi et non subi. Et si la vie triomphe de la mort, le droit à la vie devient une renaissance auto-engendrée et une maîtrise symbolique sur la mort. Le paradoxe est risquer de mourir pour renaître encore et être plus fort que la mort. Dans une mise en danger répétée, les sports extrêmes en font le pari, les addictions aussi, comme celle du jeu pathologique où perte et dépendance détiennent une dimension mortifère, voire suicidaire, bien décrite par Fédor Dostoïevsky (Le joueur, 1866).
La vie ante mortem
Différentes formes de conduites suicidaires côtoient l’issue fatale d’un acte qui ne sait dire autrement le mal de vivre. Il apparaît que la part inconsciente du sujet est active dans l’acte de mourir ou de vivre. Le lien à la vie en passe par le lien survivant au disparu et vivant dans l’absence. Autant de signes d’une présence dans l’absence, surgissant à travers tous ces petits riens qui ont laissé l’empreinte d’une relation affective profonde vivante. Autant de signes manifestant la présence portant à vivre qui perdure.
Colette Mauri (texte & photographies), « La mort ante mortem », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 14 novembre 2025. URL :
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L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 10 mars 2026 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.
SIÉFÉGP, 27 NOVEMBRE 2025
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Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » | Distinctions 2026 | Prix Poétiques attribués par la SIÉFÉGP le 8 Mars Attribution du Prix Littéraire Dina Sahyouni
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