24 septembre 2025 3 24 /09 /septembre /2025 17:40

N° III| ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Agenda poétique & artistique | Appels à contributions

 


 

 

 

 

 

 

 

Le mal de vivre dans

 

 

la mort volontaire

 

 

 

 

 

 

Argumentaire & image (fournie) par

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

Crédit photo : Antoine-Jean Gros (1771-1835), « Sappho à Leucate » ou « Sappho se précipitant du rocher de Leucade », 1801, peinture tombée dans le domaine public, image libre de droits fournie par Françoise Urban-Menninger.

 

 

 

 

Comme tous les étés, je me suis lancée dans la lecture d’un journal, après celui d’Anaïs Nin et de Virginia Woolf, j’ai repris celui de Sylvia Plath. J’ai été fascinée par la scène où, Ted Hughes, le mari de Sylvia achève un oiseau agonisant et lui mettant la tête dans le four et en ouvrant le gaz et j’ai repensé au suicide de l’autrice qui s’est donné la mort de la même façon, je me suis remémorée aussi le suicide de Virginia, entrant dans l’eau, ses poches pleines de cailloux…

 

J’ai déroulé le fil du temps et suis remontée jusqu’à la disparition de Sapho qui avait sauté du haut du cap de l’île Leucade, dominé, encore aujourd’hui par le temple d’Apollon, je me suis souvenue du tableau, inspiré par sa mort et peint en 1801 par Antoine-Jean Gros qui s’est lui aussi suicidé en se jetant dans la Seine en 1935…

Je me suis demandé comment appréhender ces morts volontaires où Thanatos et Éros sont si proches l’un de l’autre ? Sapho a-t-elle sauté pour tuer ce que l’on appelait « le mal d’amour » ?

 

Au Moyen-Âge, le suicide n’était pas perçu en tant que tel, mais jugé comme un homicide dont l’auteur était la victime, l’église y voyait « la main du diable ». Plus tard, Durckheim définit une forme de « suicide mélancolique », voire d’« aliénation » en apportant un traitement spécifique au suicide féminin considéré comme « une déviance pathologique ». N’oublions pas que Sylvia Plath avait subi des séries d’électrochocs après sa première tentative !

 

C’est au 19e siècle que le public s’intéresse au suicide grâce aux informations fournies par les médias qui développent une espèce de fascination entretenue par les premiers feuilletons.  Le roman de Flaubert Madame Bovary joue sur cette lisière incertaine entre rêve et réalité où tout peut basculer. Flaubert met en équation l’encre et le poison. Et peut-être est-ce là l’une des clés qui nous invite à appréhender l’impensable mais comment aborder alors le film de Sofia Coppola Virgin Suicides qui reprend le destin tragique véridique de cinq jeunes sœurs qui se donnent la mort ?

 

Autrement dit quelles explications peut-on donner aux suicides ? Les autrices et les auteurs sont-ils plus enclin à vivre dangereusement que le commun des mortels comme l’écrit Adeline Trombert-Grivel qui suggère la raison d’une « création entravée ». La figure de Camille Claudel sombrant dans la folie serait-elle une autre forme de suicide, celle d’une mort sociale ?

 

La liste de nos disparus volontaires est si longue que l’on interrogera la science, la philosophie où nous reviennent les noms de Socrate, Empédocle, la littérature avec les autrices déjà citées, la musique, le domaine des arts en général pour tenter de comprendre les liens entre la création et la mort. Posons-nous la question de savoir s’il existe encore aujourd’hui une analyse spécifique du suicide féminin, si ce dernier peut être porteur de revendications à l’instar de celui que l’on prête parfois aux hommes. S’approcher trop près du soleil, à savoir la vérité comme Icare, n’est-ce pas signer sa propre condamnation à mort ?

 

Dans cet esprit, articles, poèmes, commentaires œuvres d’art en lien avec des vies d’artistes parfois méconnus, telle la photographe Francesca Woodman décédée à 22 ans, sont dès à présent attendus pour aborder ce thème sensible qui  ne peut que nous interpeller sur le sens de notre vie et celui de notre finitude.

 

© Françoise Urban-Menninger

 

Cet appel à contributions concerne généralement le dossier principal et par extension, si la rédaction reçoit des documents appropriés, les rubriques fixes de la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES et son dossier mineur. Les contributions traduites et/ou plurilingues sont appréciées. Pour participer à ce numéro, veuillez adresser vos propositions dédiées au thème du numéro sur la période historique et la région géographique de votre choix à la directrice du Numéro IV Françoise Urban-Menninger ou à la rédaction qui lui transmet vos courriels*.

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

 

* Nous n’acceptons pas les fichiers en format PDF.

***

Pour citer cet argumentaire illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger (texte & photographie fournie), « Le mal de vivre dans la mort volontaire », peinture par Antoine-Jean Gros (1771-1835), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 24 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-lemaldevivre

 

 

 

 

 

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5 septembre 2024 4 05 /09 /septembre /2024 16:55

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Dossier mineur | Florilège 

 

 

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Virginia je t’imagine

 

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Poème élégiaque par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

Crédit photo : Photographe inconnu, « Virginia Woolf at Monk's house ». Capture d'écran de l'image libre de droits de Wikipédia.

 

 

 

Poème dédié à Virginia car comment se baigner dans les eaux d'un étang sans avoir une pensée pour elle ?

 

 

 

frémissement d’un poisson d’argent

à la surface de l’étang

qui suspend le temps

 

 

Virginia je t’imagine

te noyer entre deux rimes

pour me rejoindre dans cet hymne

 

 

où dans le bleu des mots

portées par la musique de l’eau

nous muons sous la même peau

 

 

 

© Françoise Urban-Menninger, été 2024.

 

 

***


Pour citer ce poème élégiaque inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Virginia je t’imagine », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 5 septembre 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/fum-virginiajetimagine

 

 

 

 

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24 novembre 2023 5 24 /11 /novembre /2023 18:13

Événements poéféministes & poépolitiques | Stoppons ensemble le terrorisme & œuvrons pour une paix mondiale & durable | Expression poétique contemporaine & Revue Orientales | O | N°3 | Créations poétiques

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​​​S'en va vers l'infini

 

 

​​​​​

 

 

Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : Pietro Liberi, « Allegory of peace and justice ​​​​​​», peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran du site Commons.

 

 

À toutes les filles et les femmes privées de leurs droits & libertés

À toutes celles qui ont été violentées & poussées au suicide dans les pays dits orientaux

 

 

 

S'en va vers l'infini

le soleil de ses yeux

et le pont fait de ses bric-à-brac

s'écroule au milieu du chemin

elle n'ira pas plus loin.


 

 

S'en va vers l'infini

le soleil de ses yeux

et Nout s'arque au loin

les étoiles la couvrent d'or

le rouge feu du ciel caresse ses cheveux.

 

©DS, 2 mars 2023

 

_______

 

Pour citer ce conte versifié, féministe & inédit 

 

Dina Sahyouni, « S'en va vers l'infini », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  Événements poéféministes & poépolitiques 2023 | « Stoppons ensemble le terrorisme & œuvrons pour une paix mondiale & durable » & Revue Orientales, « Conteuses orientales & orientalistes », n°3, volume 1, mis en ligne le 24 novembre 2023. URL.

http://www.pandesmuses.fr/lettredoctobre2023/orientalesno3/ds-senva

 

 

 

 

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 14:13

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Textes thématiques  | No 9 |  S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages, etc. 

 

 

 

 

 

 

 

Alfonsina y El Mar /

 

 

Alfonsina et la mer

 

 

 

 

Texte du poète

Félix Luna

 

Traduit de l’espagnol par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

Crédit photo : Alfonsina Storni, image Commons, Wikipédia, domaine public.

 

 

 

Version originale en espagnol

 

 

ALFONSINA Y EL MAR

 

 

Por la blanda arena que lame el mar 

Su pequeña huella no vuelve más 

Un sendero solo de pena y silencio llegó 

Hasta el agua profunda 

Un sendero solo de penas mudas llegó 

Hasta la espuma 

 

Sabe Dios que angustia te acompañó 

Que dolores viejos calló tu voz 

Para recostarte arrullada en el canto de las 

Caracolas marinas 

La canción que canta en el fondo oscuro del mar 

La caracola 

 


 

Te vas Alfonsina con tu soledad

¿Qué poemas nuevos fuiste a buscar? 

Una voz antigua de viento y de sal 

Te requiebra el alma y la está llevando 

Y te vas hacia allá, como en sueños 

Dormida, Alfonsina, vestida de mar 

 

 

Cinco sirenitas te llevarán 

Por caminos de algas y de coral 

Y fosforescentes caballos marinos harán 

Una ronda a tu lado 

Y los habitantes del agua van a jugar 

Pronto a tu lado 

 

 

Bájame la lámpara un poco más 

Déjame que duerma nodriza, en paz 

Y si llama él no le digas que estoy 

Dile que Alfonsina no vuelve 

Y si llama él no le digas nunca que estoy 

Di que me he ido 

 

 

 

Te vas Alfonsina con tu soledad

¿Qué poemas nuevos fuiste a buscar? 

Una voz antigua de viento y de sal 

Te requiebra el alma y la está llevando 

Y te vas hacia allá como en sueños 

Dormida, Alfonsina, vestida de mar 

 

Félix Luna y Ariel Ramírez*

 

 

 

 

Version traduite en français 

 

 

Alfonsina et la mer

 

À travers le sable doux qui lèche la mer

Se perd à jamais sa fine trace 

Rien qu’un sentier de peine et de silence se dessina

Jusque dans les profondeurs de l’eau

Rien qu’un sentier de peines muettes se dessina 

Jusqu’à l’écume

 

 

Dieu sait quelle angoisse t’accompagna

Quelles douleurs anciennes tut ta voix

Pour te reposer, bercée par le chant 

Des conques marines

La chanson que chante la conque

Dans le fond obscur de la mer

 

 

Tu t’en vas Alfonsina avec ta solitude 

Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher ?

Une ancienne voix de vent et de sel

Récupère ton âme et l’emporte

Et tu te diriges vers elle comme dans les rêves

Alfonsina, endormie dans ton habit marin

 

Cinq petites sirènes t’emmèneront

Par des chemins d’algues et de corail

Et de phosphorescents chevaux marins 

Tourneront autour de toi

Et les habitants de l’eau

Ne tarderont pas à se mettre à jouer à tes côtés.

 

Baisse-moi l’éclairage un peu plus

Pour que la nourrice dorme en paix

S’il appelle ne dis-lui pas que je suis là

Dis-lui qu’Alfonsina ne revient pas 

Et s’il appelle ne lui dis jamais que je suis là

Dis que je m’en suis allée

 

Tu t’en vas Alfonsina avec ta solitude 

Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher ?

Une vieille voix de vent et de sel

Récupère ton âme et l’emporte

Et tu te diriges là-bas comme dans les rêves

Alfonsina, endormie dans ton habit marin


 

 

* NDLR : « Alfonsina y el mar »: texte du poète Félix Luna mis en musique par le pianiste compositeur Ariel Ramírez en hommage à la poète féministe argentine Alfonsina TORNI qui, atteinte d’un cancer, s’est suicidée le 25 octobre 1938 à l’âge de 46 ans. Cette chanson fut également interprétée par la chanteuse argentine de renom Mercedes Sosa


 

 

 

***

 

Pour citer ce poème bilingue espagnol-français

 

Félix Luna (poème de), Maggy De Coster​ (traduction de), « Alfonsina y El Mar / Alfonsina et la mer  », poème bilingue espagnol-français reproduit avec l'aimble autorisation des auteurs et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°9|Fin d'Été 2021 « Femmes, Poésie & Peinture », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 2 février 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no9/mdc-alfonsinayelmar

 

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

 

 

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SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

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