20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 19:15

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège  | Revue matrimoine | Voix/Voies de la sororité | Poésie & philosphie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

Une femme la nuit

 

 

 

 

 

Poème féministe par

 

 Amel Boudali

 

 

 



 

Je suis 

une femme la nuit

je dresse

mes mains-torches

de tous les égarés

j'éclaire le chemin

hormis le mien

je me consume 

et sur ma route

tout n'est 

qu'ombres voilées


 

je suis

une femme entière

non la moitié d'un autre


 

au visage tatoué

par les jours amers

aux joues enflammées

des caresses du simoun

aux mains creusées de veines

vertes et espérantes

comme les chemins de mai

dans mes montagnes rêches

ma gorge est le palais

de mille chants anciens

qui courent  

jusque dans les vallées

et viennent se mêler

aux clapotis des vagues

pour être fécondés 

par l'écume des ans

et résonner nouveaux

au cœur de mes enfants

mes moissons de juillet

sont en bouche amères


 

une femme entière

non la moitié d'un autre


 

mes filles indénombrables

portent en bandoulière

leur corps à vif qui

cogne aux portes

de la vie

et s'écorche aux regards

hérissés de tessons

de couteaux et de haine

des corps entiers

non les moitiés d'un autre

mes filles de juillet

se languissent encore

des fruits de cette moisson

leur marche a commencé

à l'aube de notre histoire

dans le jour de nos villes

leurs semis en chemin 

germinent en cris de joies

de peines et de révolte

et dans leur sillon

elles déposent les corps

des compagnes brûlées

égorgées écorchées

d'où renaîtront encore

d'autres corps en marche

 

des compagnes brûlées

égorgées écorchées

mais toutes

toutes

entières non la moitié d'un autre

 

© Amel Boudali

 

Biographie

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse Amel BOUDALI.

​​​​​

Amel BOUDALI est née à Alger. Elle a suivi ses études en France au cours desquelles elle a consacré un travail de recherche aux connivences esthétiques et éthiques entre les œuvres de Mohammed Dib et de  Guillevic. 

Attentive aux voix poétiques contemporaines, elle publie des lectures de recueils sur son blog « Cultures Plurielles » dédié à l'actualité poétique de tous horizons.

Elle a publié aux éditions LansKine le recueil Mers (2025).

Elle enseigne depuis une quinzaine d'années dans le secondaire auprès de jeunes réfugié-e-s.

 

***

Pour citer ce poème engagé, féministe, gnomique, illustré & inédit

 

Amel Boudali, « Une femme la nuit », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 20 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/ab-unefemmelanuit

 

 

 

 

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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 17:34

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges  | Revue Matrimoine

 

 

 

 

 

 

 

 

À tous les blessés

 

 

 

 

 

 

Poème historique & photographie par

 

Camille Aubaude

 

https://everybodywiki.com/Camille_Aubaude

 

Blogue officiel :

https://camilleaubaude.wordpress.com/ 

 

 

 

© Crédit photo : John Faed (1819-1902), « Le Rêve du poète » (1881-1882), actuellement exposé au Musée Marmottan dans le cadre de l’exposition sur « Le Sommeil » & les rêves (voir aussi https://www.marmottan.fr/expositions/lempire-du-sommeil/). Huile sur toile, 104,7 x 142,9 cm 46,5 × 76 cm, Collections (RSA), Edimbourg, Royal Scottish Academy of Art & Architecture  Dublin, National Gallery of Ireland. Cette peinture tombée dans le domaine public est photographiée par Camille Aubaude « Tableau romantique & poétique représentant le poète face à un ciel peuplé de souffrances ».


 

 

Femmes de mystères, encore

nous sommes un peu beaucoup 

passionnément Marie Stuart faite 

pour régner, femme de génie

brisée par la fatalité.


 

Continuité de la Reine d’Écosse 

fille des Guise et de Lorraine 

enfance vermeille au château d’ambroisie 

où la feuille d’acanthe

porte les promesses de vertes vallées.


 

Août 1548, le port de Roscoff.

Une pierre garde l’empreinte du soulier d’une reine de six ans

venue en Bretagne avec les bannières de l’Écosse.

Révolution et génie tiennent tête à la barbarie.


 

Un mariage royal à Notre-Dame de Paris 

les fêtes de la jeunesse, l’appel d’un règne éclairé 

de grâces admirables, de voluptés

et puis la maladie implorant l’injuste déclin.

Grâce et finesse face à la Révolution totalitaire.


 

Ô l’affreuse gloire des errances 

pour un règne humilié par les guerres

les atrocités où toutes les Marie Stuart 

aux yeux brillants succombent dans l’oubli.

« Ma fin sera mon commencement », dit-elle à son bourreau

qui s’y reprend trois fois pour faire taire cette voix.


 

L’humaine boucherie outrageant la Nature, 

l’implacable douleur ensevelissent le pouvoir temporel.

Marie joue du luth, elle chiffre ses lettres

pour fuir l’indolence, s’affranchit des lâchetés

de la censure sans grâce et volupté.


 

Des tyrans, des cerbères, le Néant en toile de fond,

le Patriarcat questionné par nos lettres et nos livres.

La reine rivale, Élisabeth Première, revit la mort 

injuste de sa Mère, Anne Boleyn, aimée des Amboisiens.


 

Seulette dans sa cour, dépossédée de ses rentes

trahie par son fils bientôt roi, Marie Stuart exaspère, 

« trop intelligente », subtile, profonde et fine.

Marie espère revoir les belles figures

d’Amboise où elle goûta le nectar d’ambroisie.


 

Prisonnière, elle élève des animaux,

pourfend ceux qui dénoncent

dans un sombre château cerné de bocages.


 

Épistolière couronnée de Sagesse

Marie crypte la grâce de son être

s’écrit dans le mystère épistolaire

à présent décrypté, en 2025, grâce

à une Révolution planétaire, linéaire

qui va de plus en plus vite.

 

© Camille Aubaude

***

Pour citer ce poème historique, élégiaque, engagé, féministe, illustré & inédit

 

Camille Aubaude (poème & photographie), « À tous les blessés », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 18 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/ca-atouslesblesses

 

 

 

 

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23 octobre 2025 4 23 /10 /octobre /2025 13:44

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Voix / Voies de la sororité

 

 

 

 

 

 

 

 

Francesca Woodman

 

 

 

 

 

Extraits engagés & images par

 

Carmen Pennarun

 

Extraits poétiques reproduits dans cette revue avec l'aimable autorisation de l’auteure.

 

 

 

 

© Crédit photo : Carmen Pennarun, photos personnelles issues de son recueil « Dans l'arc d'un regard de Caryatide » (2019). Image no 1.

​​​​​


 

[Page 35]

 

 

Elle connut des heures si creuses

le miroir de l’instant ne renvoyant

qu’un leurre, une apparence

d’où elle n’était qu’absence

 

Le silence devint son maître :

 

personne à qui expliquer

les visions qui la hantaient

 

personne ne pouvait percevoir  

les choses de là où elle les observait

 

Une porte en elle s’était ouverte

et les courants d’air laissaient

s’engouffrer les encombrements

– son ordre contrariait toutes les normes

 

Elle tenait ferme son objectif

dont rien ne parvenait à la distraire

 

De ses fantaisies néo-gothiques

feuilles de route d’un esprit juvénile

elle enfanta son Art loin des modèles

parentaux. Elle édifia des piliers

aux ports de caryatides – les effigies

de ses flammes intérieures

 

Sur un temps de latence

elle régla sa vie, sans jamais parvenir

à embrasser le mystère de sa propre création


 

© Crédit photo : Carmen Pennarun, photos personnelles issues de son recueil « Dans l'arc d'un regard de Caryatide » (2019). Image no 2.

​​​​​



 

 

[Page 73]

 

Elle sème la confusion

brouille les pistes

nous (é)conduit

en zones d’ombres

vers des visions

théâtralisées

où le macabre

et le vivant

cohabitent

 

 

S’offrent à nous

(la photo est un présent)

des visions de cauchemar

où il ne manque au sujet

que le sourire, car il n’est

en rien passif et semble

nous indiquer la porte

de sortie du rêve

 

Les personnages

toujours prêts à s’enfuir

dont une partie du corps

échappe à l’enfermement

nous prennent dans leur champ

de vision. Une relation s’établit

entre le modèle et l’observateur

un retournement de situation

une inversion de rôle !

 

Aucune soumission

 

Aucune fatalité

 

Là où paraît l’enfermement

le regard indique une issue -

la voie fuyante vers la sortie

Il rend possible le décryptage

des situations incongrues

Son langage est à décoder

entre l’intrusion de l’objectif

et le vacillement des personnages

dans un espace où le temps

ne parvient pas à les fixer

sur le papier

Leur moi s’échappe

du cliché faisant d’eux des figures

absentes de l’obscurité qui les a vus

naître grâce aux échelles de lumière

que l’artiste a mis à leur disposition



 

© Crédit photo : Carmen Pennarun, photos personnelles issues de son recueil « Dans l'arc d'un regard de Caryatide » (2019). Image no 3.

 

 

[Page 107]


 

Elle déchire la cloison

et sort de la chambre

de papier

Elle décline l'illusion

de la photographie

ce mur qui compresse

notre image, la fige

sur un temps mort


 

L'adolescente s'interroge

devant le cadeau offert :

cet appareil, lui permettra-t-il

de réaliser des clichés flottants

pourra-t-elle l'utiliser comme on

laisse un robinet ouvert autorisant

l'écoulement de la vie, sans rupture

- en constante recherche de prises ?


 

Sa photographie ne reflétera pas

des formes dépossédées de vie

alors elle accolera la fragilité

de sa nudité à la mort

elle trompera le temps

en jouant avec une stèle

comme si elle était fenêtre

elle la traversera en toute ingénuité


 

La mort est un gain

que la vie transperce


 

La mort est une perte

que la photographie pénètre

 

L’œuvre est ce que l’artiste

parvient à soustraire du néant


 

 

© Crédit photo : Carmen Pennarun, photos personnelles issues de son recueil « Dans l'arc d'un regard de Caryatide » (2019). Image no 4.

 

[Page 109]

 

 

Tes pieds nus sur le vieux plancher

est-ce par peur des échardes

qu’ils s’en vont sautant

comme ceux d’un chimpanzé ?

Mais déjà tu t’accroches à l’embrasure

d’une porte et te voilà suspendue

au col d’une « mère maison »

qui est sur le point de t’effondrer.


 

 

Pourquoi tes ailes

plus pratiques que des échelles

les as-tu prêtées aux anges

sans oser les reprendre

au moment du grand saut

habillé d’une robe chemisier ?


 

La vie est un rythme

qui s’entend dans le studio

il fugue d’un accessoire à l’autre :

croquis, photos, poèmes,

collants, gants, nippes bohèmes

c’est jour de grande lessive

le chambardement en continu


 

 

Les gants s’en prennent aux étiquettes

tandis que tu disparais des autoportraits

car tu es en bas, pauvre nature morte

auréolée d’une longue chevelure blonde

 


 

Elle gît… verbe dont je haïs l’infinitif

il rompt définitivement avec le flux de la vie

aux yeux de ceux qui aiment il est anéantissement

car qui aime ne peut saisir

ce que l’éternité a conçu,

ce que de tous temps elle contemplait

et qu’elle prolongera en sensibilité

hors du champ de l’artiste*

 

 

 

© Carmen Pennarun,

© Quelques poèmes extraits de mon ouvrage « Dans l’arc d’un regard de caryatide », livre auto-édité en 2019. Tout le recueil est consacré à Francesca Woodman : cette jeune photographe qui s'est donné la mort et dont le travail sur la photographie sortait tant le corps féminin de la vision que les regards masculins renvoyaient, en général (et continuent de renvoyer).

***

Pour citer ces poèmes engagés, féministes, élégiaques & illustrés

 

Carmen Pennarun (poèmes & photographies), « Francesca Woodman », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 23 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/cpennarun-francescawoodman

 

 

 

 

 

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22 octobre 2025 3 22 /10 /octobre /2025 14:28

Événements poétiques | Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles & N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Poésie & littérature pour la jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

Soyons enfants, soyons jeunes filles

 

 

 

 

 

 

Poème engagé par

 

Maxance Lardjane

 

Doctorant ès Lettres à l’Université Polytechnique

Hauts-de-France, LARSH

 

 

Crédit photo : Camille Métra (ou Métra-Hubbard, 1864-1936), « Portrait de jeune fille blonde », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du Web.

 

​​​​​

 

 

C'est terrible ! Entends-tu, mon amour

Le grand bruit de la cloche au lointain ?

C'est le monde, le vrai, qui toujours

Nous rappelle à ses dogmes malsains

 


 

C'est le cri de cet orphelinat

Dans lequel nos deux cœurs sont tombés ;

Dans lequel il n'y a – à part toi –

Que des dogmes retors, surannés :

 

 

 

Pourquoi m'apprend-t-on à m'habiller

À la mode des victoriennes ;

Pourquoi veut-on tant me voir valser

Et qu'un œil de mâle me fasse sienne ?

Pourquoi me veut-on si féminine

Alors que je m'adore en garçonne

Et que toi, mon âme féline

Tu m'apprends le vrai monde comme personne ?

 

 

 

Pourquoi donc toute cette étiquette

Et ces leçons pour entretenir

Une maison ? Pourquoi ces cours bêtes

Pour apprendre à réprimer ses rires ?

 

 

 

Non, amour, je suis mieux avec toi,

À me faire avec toi buissonnière ;

À me cacher le jour dans tes bois

En joignant mes mains dans ta prière :

Avec toi, faire comme dans les contes

Qu'en cachette nous lisons la nuit

Sous les pâles lueurs des pénombres

Et les frémissements des esprits

 

 

 

Contre l'autre, imaginer sans fin

Que nous chassons la baleine blanche,

Rêver de pouvoir main dans la main

S'aventurer de branches en branches ;

Rêver d'aller ailleurs que nos livres,

Partir vraiment dans un sous-marin,

Voguer vers la Lune et bien plus loin…

Que l'imagination nous délivre !

Avoir des droits, des désirs, des rêves

Pouvoir être docteure, suffragette,

Écrivaine et faiseuse de grèves,

Changer le monde jusqu'à sa tête…

 

 

 

Horrible cloche. Horrible doyen

Qui bannirait nos chastes unions.

Horrible rappel de tous ces lions

Qui nous jugeraient d'un œil de coin !

 

 

 

Va-t-en ma douce, et reviens-moi vite,

Même si j'ai toujours avec moi

Ton cœur, et que tu as le mien... vite !

Sinon le doyen te punira !

Va-t-en, va-t-en... j'entends du bruit... vite !

Que tes paumes sont douces, mon cœur.

Mais il faut se séparer... si vite !

Mais bientôt nous fuirons... âme sœur !

 

© Maxance Lardjane
Doctorant ès Lettres | Université Polytechnique Hauts-de-France | LARSH. Sa thèse porte sur la présence de l'œuvre de Marceline Desbordes-Valmore dans le champ littéraire français, du XIXe siècle à nos jours.

 

***

Pour citer ce poème romantique, féministe, lyrique, engagé, illustré & inédit

 

Maxance Lardjane, « Soyons enfants, soyons jeunes filles » avec une peinture par Camille Métra (1864-1936), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2025 | « Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles » & AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 22 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/11octobre25/2025noiv/mlardjane-soyonsjeunesfilles

 

 

 

 

 

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10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 16:26

Événements poétiques | Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles

 

 

 

 

 

 

 

 

Des maux hurlants & muets

 

 

 

 

 

 

Poème engagé & photographie (fournie) par

 

Berthilia Swann

Poétesse & autrice engagée

 

 

 

Crédit photo : Jeune femme en « Ange », image de synthèse libre de droits fournie par Berthilia Swann.

 

Ce poème accompagné par une image est un hommage à Iryna, jeune femme Ukrainienne, de 23 ans tuée fin août 2025 dans le tramway de Charlotte dans la Californie des États-Unis.

 

 

 

La foudre du tonnerre est tombée dans la pénombre de la nuit

Emportant dans son rouage, l’innocence d’une jeune femme avec lui

De ses pas sûrs et avancés, l’enfantina s'engouffre puis s’assit

Dans le tramway de l’ange de la mort, devant un monstre froid et en folie

L’arrachant brutalement à la vie. 


 

À son bord, des passagers présents mais entièrement ensevelis 

Prisonniers, noyés dans leurs pensées feignent ne pas voir, ni remarquer

De toute l’horreur étalait  

Inertes et immobiles 

De masques portés, de fantômes ahuris

Devant la détresse, de la jeune femme abasourdie

Prise sous le joug et agressée.


 

Violemment, l’oiseau de mauvaise augure

Se hissant de sa fosse

Aux griffes sanglantes et aiguisées, 

la poignarde paisiblement, installée.

 

Seule face à l'oubli, de secours, de mains assumées de lui venir en aide,

De ses maux hurlants et muets ; camouflant son visage ; souffrant

Étouffant tout son mal-être au plus profond d’elle-même 

L’enfantina s'enfonce lentement dans l'obscurité, de douleurs et de cruauté.


 

Digne, sereine et lasse, 

Iryna s’effondre ; laissant sa douce et frêle silhouette l’abandonner, 

glisser de son siège pour partir de ce monde vers l’au-delà.  

                                                                                                          

© Berthilia Swann

***

Pour citer ce poème élégiaque illustré & inédit

 

Berthilia Swann (poème & illustration fournie), « Des maux hurlants et muets », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2025 | « Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles », mis en ligne le 10 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/11octobre25/swann-mauxhurlantsmuets

 

 

 

 

 

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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