9 avril 2026 4 09 /04 /avril /2026 15:32

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Communiqué de presse dédié à la

 

poétesse Najwa Benchebab

 

 

 

 

 

Texte & photographies par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française & rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée de l’œuvre « L’exil a le goût d’une bière » de la poétesse Najwa Benchebab. À paraître le 18 avril 2026 chez Porte 7 Éditions.

 

 

En 2026, l’autrice et poétesse Najwa Benchebab publie deux recueils qui interrogent le corps et l’exil à travers une écriture poétique traversée par les langues, la mémoire et les déplacements. 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil « Jassad(i) », de la poétesse Najwa Benchebab, paru le 8 mars 2026 aux Éditions Sydo à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

 

 

Paru le 8 mars 2026 aux Éditions Sydo, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, « Jassad(i) » explore neuf états du corps féminin : possédé, assigné, contrôlé, tabou, violenté, tatoué, frontière, insurgé, en libération. Le texte interroge les mécanismes d’assignation sociale et les processus de réappropriation du corps dans des contextes marqués par des héritages culturels persistants. 

 

 

© Crédit photo : Mise en scène de l'ouvrage « L’exil a le goût d’une bière » de l’autrice Najwa Benchebab. À paraître le 18 avril 2026 chez Porte 7 Éditions.

 

 

Le 18 avril 2026, paraît « L’exil a le goût d’une bière » chez Porte 7 Éditions, un poème en prose fragmentaire qui explore l’expérience diasporique. Mêlant français et arabe littéraire, l’ouvrage donne à entendre les tensions linguistiques et identitaires propres aux trajectoires migratoires contemporaines. 

Entre mémoire intime et enjeux collectifs, Najwa Benchebab propose une réflexion sensible sur les territoires du corps, de la langue et de l’exil. 

 

« Il est des voix qui ne se contentent pas d’écrire... elles traversent, relient, déplacent »

 

Avec la parution de L’exil a le goût d’une bière et de Jassad(i), Najwa Benchebab affirme une poésie habitée, incarnée, où le corps et l’exil deviennent des territoires à la fois intimes et politiques.

 

 

© Crédit photo : Le recueil « Jassad(i) », de la poétesse Najwa Benchebab sur le présentoir lors d'une séance de dédicaces. Livre paru le 8 mars 2026 aux Éditions Sydo à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

 

Dans Jassad(i), œuvre récente et vibrante, le corps féminin se dit dans ses fractures comme dans ses élans de réappropriation. Sensuel, traversé de tensions et de libérations, le texte explore avec intensité les multiples états d’un corps à la fois contraint et insurgé. Une écriture charnelle, audacieuse, qui fait entendre ce qui souvent se tait.

 

Avec L’exil a le goût d’une bière, la langue elle-même devient passage. Entre français et arabe, entre mémoire et déplacement, Najwa Benchebab esquisse une cartographie sensible de l’exil contemporain, où les identités se cherchent, se frottent, se réinventent.

 

Mais son œuvre ne s’arrête pas à la page. Elle se prolonge dans la voix, dans le geste, dans la rencontre. Poétesse de performance et de lien, elle fait dialoguer les rives de la Méditerranée, multipliant lectures et échanges entre l’Europe et le Maroc, inscrivant sa poésie dans un mouvement vivant, collectif, ouvert.

 

© Crédit photo : La poétesse Najwa Benchebab lors d'une lecture poétique.

 

Ces parutions s’inscrivent ainsi dans une dynamique plus large : celle d’une poésie en circulation, qui relie les corps, les langues et les territoires. Une invitation à écouter, à ressentir, à franchir les seuils.

À découvrir, à entendre, à partager.

 

 

Quelques liens vers des extraits de lecture : 

 

© Crédit photo : Présentation scénique du recueil « Jassad(i) », de Najwa Benchebab, paru le 8 mars 2026 aux Éditions Sydo à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

 

Lecture de Jassad(i)

À découvrir, à entendre, à partager.

URL. https://www.instagram.com/reel/DWD35RICHNU/?igsh=MWZ6dm1kZzNnODBpcA==

URL. https://www.instagram.com/reel/DVs1XRxiFNy/?igsh=amtjbHFnbmszcG8=

 

Biographie de Najwa Benchebab

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de l’artiste Najwa Benchebab.

 

Najwa Benchebab est une artiste et professionnelle franco-marocaine vivant et travaillant à Bordeaux. 

Née au Maroc, elle a grandi au carrefour de plusieurs cultures – une expérience fondatrice qui nourrit à la fois sa pratique artistique et ses engagements personnels et professionnels. 

Psychologue et psychothérapeute de formation, elle accompagne les récits de vie, les traumas et les processus de résilience au quotidien. 

Parallèlement, elle développe une démarche artistique multidisciplinaire (écriture, théâtre, photographie) où elle interroge l’identité, les frontières – géographiques, sociales, intimes – et les rapports de domination. 

Depuis 2022, ses créations visuelles et narratives ont été présentées dans plusieurs festivals internationaux, saluées pour leur authenticité et leur portée universelle. 

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Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Hanen Marouani (texte & images fournies), « Communiqué de presse dédié à la poétesse Najwa Benchebab », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 9 avril 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/megalesia26/2026noii/hm-benchebab

 

 

 

 

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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 16:59

Événements poétiques | NO II / Hors-Série 2026 | Festival International Megalesia 2026 « Poétique Printanière » | Critique & réception | Dossiers majeur  & mineur | Articles & témoignages | Handicaps & diversité inclusive  

 

 

 

 

 

 

 

Journal du sang, cycle de poèmes de Johanna Colette Lemler. Paru dans la collection « Granit de la Maison » d’édition Nos accointances

 

 

 

 

Critique & photographies (fournies) par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil féministe de poésies intitulé Journal du sang, cycle de poèmes de Johanna Colette Lemler. Œuvre parue dans la collection « Granit de la Maison » d’édition Nos accointances. L’illustration intitulée « The Delicate » de la couverture rouge sang, représentd une femme en tenue d’Ève et elle est réalisée par Nathalie De Zan.

 

 

 

 

Poétesse et podcasteuse, Johanna Colette Lemler vit et écrit à Paris où elle publie dans les revues Hélas !, Cahiers rouges. Créatrice du podcast Notre Haggadah-Récits de femmes, elle donne à entendre les voix des femmes et minorités de genre et du monde juif contemporain.

 

 

© Crédit photo : Quatrième de couverture illustrée du recueil féministe de poésies intitulé Journal du sang, cycle de poèmes de Johanna Colette Lemler. Œuvre parue dans la collection « Granit de la Maison » d’édition Nos accointances. Une partie de L’illustration intitulée « The Delicate » signée par Nathalie De Zan.

 

 

La couverture rouge sang, représentant une femme en tenue d’Ève, signée par Nathalie De Zan,  intitulée « The Delicate », donne d’emblée le ton et la couleur de cet opuscule préfacé par Juliette Rousseau. Cette dernière reprend la définition de la règle édictée par l’autrice « La règle, dit Johanna Colette Lemler, est simple : un jour, un poème, et ainsi va le cycle. »

Et de lier le sang des menstrues à celui de l’encre des mots.

Sang et encre mêlés composent ce journal qui fait songer au livre Rose saignée de Xavière Gauthier, publié en 1974 par la jeune Édition des Femmes dirigée par Antoinette Fouque.

Xavière Gauthier, pionnière du féminisme, fut l’une des premières femmes à évoquer le tabou des règles en ouvrant dans le texte imprimé des lignes marbrées de rouge, symbolisant une réalité non-dite renvoyant à la moitié de l’humanité.

Marie Cardinal dans Les mots pour le dire mettait en lumière ses hémorragies inexpliquées, semblables à des règles, qu’elle appelait « La chose ». Johanna Colette Lemler s’inscrit dans cette lignée de femmes qui irriguent leurs écrits avec leur sang. Dans son livre, elle a su trouver les mots pour dire l’intime qui travaille dans l’obscur de son corps. Le déclencheur, après huit ans d’errance médicale, fut le diagnostic d’adénomyose. Longtemps, les règles douloureuses ont fait l’objet d’un déni, ce n’est qu’aujourd’hui que l’on s’intéresse à l’endométriose et autres souffrances endurées par les femmes depuis la nuit des temps.

Certaines, telles Hildegarde de Bingen ont tenté d’endiguer ces douleurs en usant de plantes mais la médecine traditionnelle à prédominance masculine, a oblitéré ce sujet car ne disait-on pas que la femme devait « enfanter dans la douleur », n’était-elle pas « au travail » quand elle accouchait ? Le travail, si bien nommé, faisant référence au tripalium, instrument de torture qui servait à écarteler les membres… « Souffrir tu souffriras », résume l’autrice en un vers lumineux et explicite.

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique en noir et blanc de la poétesse Johanna Colette Lemler.

 

 

Johanna Colette Lemler fait chanter le corps des femmes où même la douleur se transmute en poème « Rouge rouge / C’est le son du sang qui déborde ». À l’écoute de son corps qui devient « plaie », elle écrit « J’attends qu’il pleuve un sang d’encre dans ma culotte. »

Et tout est dit, un cycle s’achève, un autre va commencer. Éternel retour de la vie en devenir et de la mort annoncée... Le sang pour l’autrice est celui d’une « réappropriation », celle des femmes qui portent dans leur ventre le destin de l’humanité car « les règles sont partout avant le sang ».

 

« Lunaire », ce livre l’est à plus d’un titre parce qu’il interroge le corps sous la peau jusqu’au sang et quand le « poème saigne », nul doute que Johanna Colette Lemler a trouvé les mots justes pour dénoncer la douleur « naturalisée » des femmes perçue comme intrinsèque à leur condition.

 

© Françoise Urban-Menninger

 

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Pour citer ce texte féministe, engagé, illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Journal du sang, cycle de poèmes de Johanna Colette Lemler. Paru dans la collection « Granit de la Maison » d’édition Nos accointances », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 31 mars 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia26/2026noii/fum-journaldusang

 

 

 

 

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16 décembre 2025 2 16 /12 /décembre /2025 19:19

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Bémols artistiques | Critique & réception | Revue Matrimoine | Actions pour l’égalité des sexes | Revue culturelle des continents

 

 

 

 

 

 

 

À propos de l’exposition : « Les mondes

 

de Colette (1873-1954) » à la Bibliothèque

 

Nationale François Mitterrand

 

 

 

 

 

Photographies & article inédits par

 

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© Crédit photo : Maggy de Coster, l’affiche officielle de l’exposition « Les mondes de Colette (1873-1954) » à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, décembre 2025, image no 1.

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Un parcours exhaustif de la vie et l’œuvre de l’écrivaine, cette femme aux talents multiples. Plus de 300 pièces racontent la vie mouvementée de cette femme hors norme, hors-série pour l’époque. Peintures, manuscrits, photos, comptoirs de maquillage, costumes de scène etc. à découvrir dans cette exposition.

 

© Crédit photo : Maggy de Coster,  exposition « Les mondes de Colette (1873-1954) » à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, décembre 2025, image no 2.

 

Journaliste polyvalente, elle collabore à différents journaux et magazines et est à l’affût des faits les plus marquants de son époque. Directrice littéraire au Matin de Paris, elle est sur tous les fronts : New York, Rome et le Maroc.

 

© Crédit photo : Maggy de Coster, exposition « Les mondes de Colette (1873-1954) » à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, décembre 2025, image no 3.

 

Aussi a-t-elle écrit 1200 articles de presse. Infirmière pendant La Première Guerre mondiale, romancière, figure emblématique de la Belle Époque et des Années folles, mime, danseuse de music-hall, comédienne, esthéticienne, elle fait flèche de tout bois afin de se rendre autonome en tant que femme notamment de Willy son mari et mentor, sans pour autant s’affranchir affectivement des hommes, puisqu’elle a convolé à trois reprises, sans compter ses amants et ses amours saphiques. 

 

 

© Crédit photo : Maggy de Coster, exposition « Les mondes de Colette (1873-1954) » à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, décembre 2025, image no 4.

 

Cette demi-mondaine débarquée à Paris, est la première femme à entrer à l’Académie Goncourt en 1945. Grande amoureuse de la nature et des animaux, on pourrait la catégoriser ipso d’écologiste avant la lettre.

 

© Crédit photo : Maggy de Coster, exposition « Les mondes de Colette (1873-1954) » à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, décembre 2025, image no 5.

 

Libre, sans pour autant être féministe, elle fait de ses romans le reflet de sa vie émaillée de scandales. Le blé en herbe est une fiction autobiographique qui raconte en filigrane sa relation avec Bertrand de Jouvenel, cet adolescent de seize ans, qui n’est autre que le fils de son mari, Henri de Jouvenel. Colette a laissé à la postérité une œuvre abondante à découvrir. 

 

© Crédit photo : Maggy de Coster, exposition « Les mondes de Colette (1873-1954) » à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, décembre 2025, image no 6.

 

Une exposition à voir jusqu’au 18 janvier 2026.

 

© Maggy DE COSTER

 

© Crédit photo : Maggy de Coster, exposition « Les mondes de Colette (1873-1954) » à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, décembre 2025, image no 7.


 

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Pour citer ce texte engagé & illustré

 

Maggy de Coster (texte & photographies), « À propos de l’exposition : « Les mondes de Colette (1873-1954) » à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 16 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/mdc-expocolette

 

 

 

 

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15 décembre 2025 1 15 /12 /décembre /2025 18:23

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossiers majeur & mineur | Articles & témoignages | Revue Poépolitique | Revue Matrimoine & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 

Le livre des transgressions

 

 

 

 

Article & peinture par

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète, artiste peintre

Sociologue-conseiller au Palais de l’Elysée pendant la présidence de François Hollande

 

 

 

 

​​​​​© Crédit photo : Mustapha Saha, portrait pictural de la poétesse transgressive, dionysiaque « Mririda N’Aït Attik », peinture, dimensions 65x50cm.

 

 

 

Paris. Vendredi, 4 décembre 2025. Rim Battal présente à Montmartre, son roman, Je me regarderai dans les yeux, éditions Bayard. La narratrice, dix-sept ans, dénonce, dès la première phrase, avec des mots crus, le chantage à la virginité. « Cela n’a pas duré plus de cinq minutes, mais, j’eus l’impression de passer une journée entière, les jambes écartées, nues, sur cette table d’examen médical ». Le récit peut être résumé par une paraphrase du fameux incipit de Paul Nizan dans Aden Arabie : « J’avais dix-sept ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». La violence familiale décrite dans son insupportable cruauté physique, psychologique, langagière, dans son exercice sadique. Reproduction atavique des maltraitances. La suspicion guette à la porte. Chaque mot s’interprète comme un aveu de faute. L’opinion publique, juge fantomatique, se sollicite à chaque résistivité. Insolences impuissantes en réponse. Radiographie clinique des manies, des lubies, des marottes adolescentes internétiquement universalisées. Fétichisme des griffes vestimentaires. Anglicismes superfétatoires. Tubes anglo-saxons dans les oreillettes. L’autorité filiale se supporte dans l’instinctive résilience. Insubordination. Désobéissance. Rébellion. Schéma classique, basique, du conflit de générations. Préjugés réciproques. Egotismes inconciliables.

 

 

Mensonge et transgression.

 

Le mot mensonge fuse immédiatement. Il marque la narration de bout en bout. Il devient concept. Autant l’hypocrisie est une simulation des sentiments, autant le mensonge est une dissimulation des pensées, des arrière-pensées, des intentions cachées. Le mensonge est un code de communication. Il est à la fois banal et global. La duplicité est une structure mentale. Voir mon texte Psychopathologie politique d’une société schizophrène, disponible sur le web. Quand le mensonge se généralise, il cesse d’être condamnable. Il entre dans les mœurs. Il se place à l’intersection du vrai et du faux. Le marocain agrée, dédouane, justifie le mensonge comme stratégie de survie. Il l’accommode et s’en accommode. Il l’intériorise. Il le standardise comme norme de comportement. Du coup, le mensonge ne se jauge plus sur des critères éthiques. Mais, sur son excellence ou son imperfection. Il s’inscrit sur le terrain de la performance, de la concurrence, de la compétition. Les roublards se valorisent en s’avouant grands menteurs. Les pauvres eux-mêmes manient la tartufferie bourgeoise. « Mon père, bel homme, drôle et fourbe, est menteur lui aussi, comme ma tante, comme moi, comme tout le monde, mieux que tout le monde. C’est d’ailleurs mon père qui m’a appris l’art du mensonge, qui m’a fourni ses armes, que je retourne contre lui, sans qu’il s’en offusque. Il appelle ça diplomatie ». La transgression ne se fait pas ouvertement. Il transite par le mensonge. Il faut, coûte que coûte, préserver l’essentiel, la respectabilité. Quand le mensonge est flagrant, une seule défense, la dénégation ferme, énergique, inflexible. La mauvaise foi est admise quand elle sauve la face, quand elle évite la mauvaise réputation. Celui qui ment le mieux se fait louanger, admirer, honorer. L’art du louvoiement s’apprend dès l’enfance. Ne survivent au milieu des rapaces que les caméléons. 

Je relis, à cette occasion, la controverse de 1796 sur le droit de mentir entre Emmanuel Kant et Benjamin Constant. Sommes-nous autorisés à mentir dans des situations ordinaires ou exceptionnelles ? Pouvons-nous, pour nous tirer d’embarras, faire des promesses que nous ne tiendrons pas ? Pour Emmanuel Kant, renoncer au devoir de dire la vérité conduirait à la destruction de la société. La sincérité est aussi un devoir envers soi-même. Il existe deux sortes de mensonges. Le mensonge extérieur où l’on se rend ridicule aux yeux des autres. Le mensonge intérieur où l’on se rend méprisable à ses propres yeux. Emmanuel Kant accepte, tout au plus, le mensonge par bienveillance au titre d’un impératif de prudence. Pour Benjamin Constant, « Tout le monde n’a pas droit à la vérité. L'exagération des principes est le moyen le plus infaillible de les rendre inapplicables. Le principe moral de dire la vérité, s'il était pris d'une manière absolue et isolée, rendrait toute société impossible ». Nul humain n’a droit à la vérité si elle nuit à autrui. La franchise elle-même se relativise en fonction de la situation. En toute circonstance, le mensonge pour sauver une vie vaut mieux que la vérité. Mentir par humanité est un droit et un devoir. C’est la valeur éthique de l’action et de l’intention qui prévaut.

Le terme transgression provient du latin gradior, qui signifie franchir une ligne, et de trans, traverser, passer de l’autre côté. La transgression est donc le rejet des ordres, des obligations, des règles, des lois, des conservatismes, des conformismes, des adaptations factuelles et des accoutumances perpétuelles. C’est une subversivité. La transgression passe par le dévergondage linguistique, lexicographique, symbolique, symptomatologique, sémiologique. L’impertinence, l’arrogance, la brocarde, l’incartade, l’invective sont des signes avant-coureurs de rupture de ban. Les prescriptions sociales, morales, sont circonscrites par des restrictions, des improbations, des interdictions, des proscriptions, des prohibitions. La transgression est une tortille de traverse, audacieuse, aventureuse, génératrice d’opportunités inattendues. Une démarche prométhéenne. Une quête de la semence de feu. Elle a cours dans les marges sociétales, urbaines, les interfaces diversitaires, contestataires, dans les lieux de passage propices aux créativités, aux inventivités, aux innovations. Marge, Margo, veut dire bordure en latin. C’est aussi l’espace blanc autour d’un texte écrit, où se griffonnent les remarques, les observations, les objections. La marge connecte le dedans et le dehors, l’intérieur et l’extérieur, le personnel et l’impersonnel. Hormis les vies parallèles choisies par les artistes, les poètes, les philosophes, les marginalisations, en général, sont des désocialisations, des exclusions, des bannissements. Des flux hétéroclites circulent dans les périphéries, se croisent, se rencontrent. Ces jonctions, ces embranchements, ces hybridations, ces métissages fécondent les nouveautés. La marge est rhizomique. Elle développe en tous sens ses potentialités. Cf. Gilles Deleuze, Félix Guattari, Mille Plateaux, éditions de Minuit, 1980.

La transgression, comme la transnavigation, la transmutation, la transfiguration, est un dérivement, un débordement, un surpassement, une infraction de l’inébranlable, de l’irrévocable, de l’imprescriptible, une mise à mal des sacralités. Le transgresseur cherche surtout à s’émanciper de la tutelle qui le paralyse. « Après avoir rendu stupide leur bétail domestique, après avoir pris garde que ces paisibles créatures ne puissent oser faire le moindre pas hors de parc, les tuteurs leur expliquent le danger qu’il y aurait à essayer de marcher tout seul. Or, le danger n’est pas si grand que cela, étant donné que quelques chutes finiraient bien par leur apprendre à marcher. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans être dirigé par un autre. Pour répandre ces lumières, il n'est besoin de rien d'autre que de la liberté, à savoir l'usage public de sa raison dans tous les domaines » (Emmanuel Kant, Qu’est-ce que les lumières, 1784).

Les gens fonctionnent avec des habitus censés contenir des solutions toutes faites aux problèmes qui les accrochent. Tout individu est une composition d’habitudes dans un tout cohérent, consistant. Les habitudes se rigidifient. Elles perdent leur souplesse. L’inadaptation est provoquée par les réactions produites mécaniquement. Avant que la nouveauté née dans les marges ne s’ancre dans les réalités sociales, le flux informationnel la jugule, la neutralise, l’annule. C’est la rapidité de l’information qui dissout les fluctuations transformatrices. Les manipulations médiatiques, les falsifications idéologiques opèrent comme des rouleaux compresseurs. C’est ce qui arrive au mouvement GenZ 212. Son succès le freine, l’entrave, l’étouffe. Il ne lui laisse plus, au bout d’un certain temps, l’initiative d’actions originales. Il l’immobilise dans postures défensives. S’ajoutent des carences culturelles. Absence de chercheurs, de penseurs capables de dresser des topographies, des cartographies du champ social. La plupart des intellectuels, des universitaires n’ont d’autres préoccupations que leurs distinctions, leurs décorations, leurs palmes mandarinales. La société inégalitaire perpétue, avec ses logistiques bureaucratiques, ses motrices institutionnelles, ses turbines financières, les privilèges acquis. La nouveauté se refoule, se sanctionne, se liquide. La gouvernance technocratique récupère les nouveautés, les recyclent, les mercatisent, la rentabilisent. La protestation s’effectue sur des trajets balisés, signalisés, fléchés, au lieu s’inventer ses propres itinéraires. Que GenZ 212 ne soit pas reconnue comme interlocuteur valable est suffisamment révélateur du cynisme étatique. La rhétorique sacrale incrimine la transgression comme attitude immorale, irrévérente, honteuse. Au lieu de se frayer des passages désorientants, déconcertants, désarçonnants, la transgression se laisse aiguiller sur les charmilles piquetées par les interdits. 

Au Moyen-Âge, aucun exhibitionnisme n’est considéré comme une atteinte à la pudeur publique. Les lieux saints s’ornent de scènes lubriques. « Dans le livre de prières médiéval, en marge des psaumes, une femme sculptée ouvre son sexe avec ses mains. Dans le chœur de petits monstres de bois, les mamelles pendantes, regardent les moines chanter. Sur le chapeau du pèlerin, à côté des coquilles Saint Jacques, une vulve couronnée est portée en triomphe par des phallus. Ces images sont produites et regardées sans gêne pendant plusieurs siècles » (Gil Bartholeyns, Pierre-Olivier Dittmar, Vincent Jolivet, Image et transgression au Moyen-Age, Presses Universitaires de France, 2008). J’ai visité la chapelle Kermaria an Iskuit à Ploua, dans les côtes d’Armor. Ici la transgression est religieuse. Dans La Danse macabre, qui se déroule le long des murs nord et sud de la nef, ce sont les morts qui sont en mouvement. Les nouveaux arrivés en enfer s’immobilisent dans une posture hiératique. Ces morts ne sont pas des squelettes, mais des cadavres desséchés comme des momies. Certains avec des cheveux et des rires sardoniques. Se dégage étrangement, à cause des déhanchements, une étrange atmosphère érotique. Les fresques remonteraient au quinzième siècle. Elles s’inspirent des peintures du cimentière parisien des Innocents détruit au dix-septième siècle. La mort, au Moyen-Âge est présente dans des œuvres réalistes et des spectacles vivants, dénommés Danses de Macchabées ou Les Passions. L’église veut ramener les vivants à leur condition mortelle, leur rappeler leur destinée finale. Dans la Bretagne prospère, les paysans repus sont mis en garde contre l’inanité des richesses ici-bas. Chaque vivant est escorté par un mort. Une seule femme, vêtue de blanc, figure probablement la vanité de la beauté, à moins qu’elle ne soit la mort elle-même travestie en amante fatale. Les morts et les vivants déclinent des attitudes diversifiées, des gestuelles naturelles, modulées dans les prise de mains et de bras. Le message chorégraphique est clair. Pour bien mourir, il faut danser. Dans la procession, le pape, le roi, le cardinal, le patriarche, le connétable, l’archevêque, le chevalier, l’archevêque, l’abbé, l’astrologue, le médecin, le banquier, le laboureur, le musicien avec sa cornemuse, le moine mendiant, l’indigent. Tous ces puissants et moins puissants paraissent acquiescer à l’ultime échéance. La mort équitable, égalitaire, n’épargne ni petit ni grand. Elle frappe sans distinction d’âge, de genre, de rang. Dans cet-au-delà où le mensonge n’opère plus, il n’y a que l’art et la poésie qui sont des transgressions immanentes de la camarde.

 

Interférences webiques.

 

La révolution numérique bouleverse tous les repères. Il n’y a plus de vérité. Il n’y a plus de mensonge. Il n’y que des données. Toutes les sources s’égalent. Tous les énoncés se valent et s’équivalent. Toutes les formulations s’avalent. Les mégadonnées, big data, utilisent des ordinateurs surpuissants, des technologies sophistiquées, des méthodes analytiques, des traitements parallélisés, au-delà de la cognition anthropienne, au-delà de l’imaginable. L’intelligence artificielle règne. Elle est d’ores et déjà requise pour gérer les relations individuelles et collectives. Le minuscule cerveau humain est de plus en plus mis au rebut. Sur les réseaux sociaux, fake news, diktats alimentaires, charlatanismes en tous genres vident les cervelles de leur esprit critique. Les manières, les comportements, le opinions se télécommandent, se téléguident, se pilotent à distance. Le marocain invente, avant le reste de la planète, la postvérité, machine infernale, virale, de dérégulation, de désinformation, de déculturation. Il ne crédibilise que les rumeurs insensées. L’effet rebond, backfire effect, se dispense de vérifier la fiabilité des sources. C’est le phénomène du buzz internétique. Le bruit parasitaire s’accepte comme musique dès lors qu’il se propage rapidement. Le marocain, est un donneur de leçons sans pareil. Il se complaît dans le syndrome de la surconfiance, dunning-kruger effect. Il surévalue ses compétences propres. Il éprouve le besoin de déverser quotidiennement ses bavardages, ses verbiages, ses commérages. Les cérémonies de thé n’ont d’autre but que le partage des confabulations. Les contrevérités se dégorgent sans scrupule, sans vergogne, sans retenue. Plus c’est gros, plus ça passe. La trivialité fait mouche, s’imite, se propage. Toute la société marocaine vit de faux-semblants.

Avec la révolte de Génération Z 212, rebelle et loyaliste, réfractaire et légaliste, indignée par les inégalités et respectueuse des conventions, la transgression reprend sa dimension publique. Au pays où chaque réalité est un tabou, toute indocilité est une transgression. Ressurgit l’esprit frondeur des territorialités insoumises. La paradoxalité marocaine, entre centralité anxieuse de sa prépotence et tribalité soucieuse de son autarcique existence, se réinvente. Une révolte surgie des jeux vidéo, de la fantasmagorie manga, de l’hyperréalité webique. Derrière l’initiative anonymisée, clandestinisée, énigmatisée, des étudiants, des doctorants prédestinés au chômage. La bouteille à la mer draine des adhésions massives, des sympathies populaires, des manifestations spectaculaires. La génération Z, formatée par le néolibéralisme, le compétitionisme, l’hyperindividualisme, se détourne de la réussite matérielle. Elle prend fait et cause pour les classes indigentes, déclassées, malheureuses. Une génération pragmatique, incrédule à l’égard des grands récits, désabusée des traditionalismes obsolètes, des modernismes malhonnêtes, des politiques sourdes et muettes. Une génération en quête de sens, sans formation philosophique, hélas, pour concevoir des utopies réalisables. Elle ignore que le bien commun et l’intérêt général rousseauistes ne sont pas de mise dans le technocratisme. L’implacable répression étouffe le mouvement dans l’œuf. GenZ 212 n’a plus qu’une revendication prioritaire, l’amnistie des centaines de jeunes et d’adolescents incarcérés, punis de peines de prison ferme de trois à quinze ans. Cette génération souffre d’un déficit de mémoire historique. Elle ne sait rien de l’insurrection du 23 mars 1965, partie du lycée d’excellence Moulay Abdellah de Casablanca, relayée par les bidonvilles, sanctionnée de mille morts. Elle vit en temps réel. Son univers est algorithmique. Sa révolution semble hypothétique. 

Il faut prêter l’oreille à Gilles Deleuze : « Nous vivons dans un monde désagréable où les gens et les pouvoirs établis nous communiquent des affects tristes, qui diminuent notre puissance d’agir. Les pouvoirs établis ont besoin de nos tristesses pour nous transformer en esclaves. Les tyrans, les prêtres, les imams, les preneurs d’âmes nous persuadent que la vie est dure, lourde, invivable. Les pouvoirs ont besoin de nous angoisser, comme dit Paul Virilio, d’administrer nos petites terreurs intimes. On a beau dire quel malheur la mort, il aurait fallu vivre véritablement pour avoir quelque chose à perdre. Les malades de l’âme et du corps, les vampires, ne nous lâchent pas. Ils nous transfèrent leur névrose, leur angoisse, leur castration, leur ressentiment, leur immonde contagion. Ce n’est pas facile d’être un être libre. Pour être libre, il faut fuir la peste, initier des rencontres, augmenter la force d’agir, propulser les jovialités. Le corps ne se réduit pas à l’organisme. La pensée ne se réduit pas à la conscience » (Gilles Deleuze, Claire Parnet, Dialogues, éditions Flammarion, 1977). J’ai parcouru tous les communiqués de GenZ 212. En dehors de trois propositions légitimes, leurs communications tournent en rond. Leurs idées restent bloquées sur les mêmes leitmotivs, les mêmes refrains, les mêmes rengaines. Mon enthousiasme de départ s’émousse au fur et à mesure que se dévoilent les maladresses, les lacunes, les erreurs tactiques. Des changements imperceptibles opèrent souterrainement. Comment les détecter, les visibiliser, les concrétiser ? Les jeunes ne reconnaissent pas la vieille taupe, chère à Karl Marx, qui sait si bien travailler sous terre pour apparaître brusquement. Ils ignorent l’allégorie de la guêpe et de l’orchidée dont l’improbable union produit des effets bénéfiques pour les deux parties. Les animateurs de GenZ 212, issus des classes moyennes, renvoient d’eux-mêmes l’image de protecteurs, de bienfaiteurs, d’anges-gardiens. Ils assènent des préceptes, des formules figées, des sentences définitives. Ils édictent des directives, des consignes, des mots d’ordre. Ils se proclament pacifistes pour ne pas déranger l’ordre établi. Là réside le malentendu avec les classes populaires. La gouvernance en face, une fois l’effet de surprise passé, joue l’atout démobilisateur de la peur.

 

Mririda N’Aït Attik (1900-1946 ?)

 

Nous évoquons Mririda N’Aït Attik, poétesse transgressive, dionysiaque, emblématique de l’époque coloniale, tombée dans l’oubli après sa disparition mystérieuse. Nulle sépulture connue n’abrite son corps. Nul cénotaphe ne rappelle sa mémoire. Seul l’écrivain, l’explorateur René Euloge (1900-1985), son traducteur, son confident, son amant, a sauvegardé son œuvre. Il est temps que Mririda N’Aït Attik acquiert sa pleine aura dans la littérature marocaine. Les jeunes générations ont besoin de son exemple. « On m’appelle Mririda. Mririda, l’agile rainette des prés. Je n’ai pas ses yeux d’or. Je n’ai pas sa gorge opaline. Je n’ai pas sa robe verte pomme. Mais j’ai ses stridulations envoûtantes. Qui volent jusqu’aux oreilles des bergers. Qui émerveillent toutes les gens de la vallée. Dès mes premiers pas dans les champs. J’ai pris délicatement dans mes mains. Les rainettes agiles, craintives, frissonnantes. J’ai embrassé longuement leur bouche. Ainsi m’ont-elles appris leurs vocalises ensorcelantes. Leurs cantabiles cristallines, vibrantes. Dans les nuits d’été baignées de lune. Grâce aux virtuosités transmises par les rainettes. On m’appelle Mririda ». 

L’une de mes tantes habitait à Azilal, en haute montagne. Je séjournais souvent chez elle, dans un paysage paradisiaque de sources, d’étangs, de cascades, de thuyas, de cèdres, de pins. Elle connaissait les chants de Mririda par cœur, en amazigh. Elle me les traduisait en français. J’étais adolescent. Elle me disait malicieusement : « maintenant, tu as l’âge de les comprendre ». Un rite d’initiation en somme. Mririda (1900-1946 ?), poétesse orale, libertine, sensuelle, voluptueuse, lascive. La transgressivité est un franchissement frondeur des lignes, des frontières, des limites, un outrepassement du sentiment de honte, une bravade morale. La poésie de Mririda outrepasse les anathèmes. Elle la chante au marché. Elle embarque qui lui plait. Elle rencontre René Euloge (1900-1985), instituteur colonial, écrivain, artiste peintre, photographe, russophone, arabophone, amazighophone. Le français parcourt les territoires alpestres, partage la vie des bergers, recueilles les contes, les légendes, les chants, les poèmes, les complaintes, les mélopées, les récits qu’il consigne studieusement sur des carnets négligés pendant de nombreuses années. Il est le premier européen à découvrir les cimes inaccessibles et les profondes vallées du haut-Atlas. Il reste dans son pays de prédilection après l’indépendance. Il meurt à Marrakech. Il publie les élégies de Mririda dans les années cinquante, Les Chants de la Tassaout.

On ne sait de la biographie de Mririda que ce que rapporte René Euloge. Il la qualifie d’hétaïre comme les compagnes sexuelles de la Grèce antique. Il définit sa poésie comme un art brut, fruste, rude, ardent, s’apparentant aux ballades, lais et rondeaux du Moyen-Âge européen.  Une poésie qui, dans un naturel désarmant, ne craint ni la gaillardise ni la grivoiserie. La rusticité lyrique rend palpables la quotidienneté pastorale. Superstitions préislamiques, invocations idolâtres, spiritisme, magie, sorcellerie, sur fond de sensualisme, de spontanéisme, de délectation, de dérision. Les adages, les proverbes, les maximes, substantifiques moelles de la sagesse traditionnelle, agissent comme des ponctuations. La candeur épouse la grâce. La fraîcheur laisse trace. Dans la bourgade d’Azilal, flanquée de remparts inescaladables, de tours à meurtrières, Mririda, la trentaine à peine, est tolérée avec quelques filles de petite vertu. Elle n’a pour séduire que ses longs cheveux noirs, aux reflets d’anthracite, et ses yeux immenses. Son teint est précocement fané. Elle chante ses poèmes en prolongeant les syllabes finales. Personne ne se soucie d’elle. Ses mots sont incompréhensibles aux soldats coloniaux, aux supplétifs locaux. Elle ne cherche pas non plus à séduire les chalands. René Euloge fait sa connaissance sur recommandation d’un ami. Elle l’invite à prendre le thé chez elle. Il la retrouve régulièrement, à la tombée de la nuit, vêtue de fines étoffes et de somptueux brocarts, fleurant la rose et le jasmin. Il traduit ses poésies en respectant au mieux la sémantique orale.  Mririda, drapée d’un manteau de laine à bandes amarantes, écarlates et blanches, élève ses bras cerclés d’armilles d’argent comme une danseuse céleste. Elle prend des poses hiératiques sans en soupçonner l’envoûtante impact. Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, René Euloge retourne à Azilal et à Magdaz, village natal de sa poétesse. Sa recherche de Mririda, entre présomptions hasardeuses et fausses pistes, reste vaine. Elle a disparu à jamais. Demeure sa poésie sauvée du néant. 

 

 

© Mustapha Saha.

Sociologue.

—————

Pour citer cet article engagé, illustré & inédit

 

Mustapha Saha (texte & peinture), « Le livre des transgressions », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 15 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/ms-transgressions

 

 

 

 

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3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 17:37

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Critique & réception | Métiers du livre | Actions pour l’égalité des sexes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Événement littéraire : Et les

 

 

livres deviennent femmes !

 

 

 

 

 

Photographies & article inédits par

 

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

© Crédit photo : De gauche à droite les autrices Maggy de Coster, Sonia Bressler & Sarah Mostrel durant la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 1.

​​​​​

 

La XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » a lieu le 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris à l’initiative de Sonia Bressler, présidente de l’Association Française des Femmes Diplômées des Universités.

 

© Crédit photo : La pancarte officielle de la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » qui s'est déroulé le 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris en présence du maire Jean-Pierre Lecoq. Image no 2.

​​​​​

 

Ce salon s’inscrit dans le droit fil de cette association créée par des femmes universitaires en 1920 et dont l’objectif est « l'égalité, l'éducation et la valorisation de l'ambition des femmes. »

 

L’organisatrice de l’événement, Sonia Bressler est elle-même, fondatrice de la maison  d’éditions «  La route de la soie ». 

Parmi la soixantaine d’auteurs et d’autrices participants, figuraient vingt-et-un auteurs et autrices de La route de la soie. Les auteurs et autrices des grandes maisons d’éditions ainsi que ceux des maisons d’éditions indépendantes à l’instar des Éditions du Cygne, des Éditions Unicité ont fait rayonner la culture littéraire sous les lustres de la Mairie du VIe arrondissement en présence du maire Jean-Pierre Lecoq. 

 

Citons par exemple :

 

Maïa Brami, Jusqu’à sentir battre leur cœur  (l’Observatoire)

 

© Crédit photo : De gauche à droite les autrices invitées Maïa Brami  & Sarah Mostrel durant la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 3.

​​​​​

 

Irene Shraer, Oratorio (Éditions Unicité)

© Crédit photo : L’autrice invitée Irène Shraer durant la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 4.

 

Nathalie Maranelli, Work songs (Éditions Lazare & Capucine)

© Crédit photo : L’autrice invitée Nathalie Maranelli durant la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 5.

 

Méas Pech Métral, Étoiles Hommages et révoltes en poésie  (Les éditions du Cygne)

Arwa Ben Dhia, Les quatre et une saisons (Les éditions du Cygne)

© Crédit photo : De gauche à droite les autrices invitées Maggy de Coster & Arwa Ben Dhia durant la XVIIe édition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 6.

 

Rosa Maria Bortolotti, Jeunesses populaires en ligne Enquête sur les « nouvelles » (Les éditions du Cygne)

Mathilde Levesque - Procès Mazan : Une résistance à dire le viol (Éditions Payot)

Claudine Monteil - en Marie Curie et ses filles (Éditions Calman Lévy)

Nos exils, PEF (Éditions des Femmes)

Xavière Gauthier, Délivrance de la mer (Des femmes Éditions)

Tahoura Tabatabaï-Vergnet, Le Cri de la Perse (Route de la Soie - Éditions)

 

© Crédit photo : De gauche à droite les autrices invitées Sarah Mostrel & Maggy de Coster  exposant leur nouveau recueil de poésie « Poésie au gré des toiles. » durant la XVIIédition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 7.

 

Nous y étions avec « Poésie au gré des toiles. » Et notre éditrice Sonia Bresseler de considérer l’ouvrage comme suit :

« Dans Poésie au gré des toiles, Maggy de Coster et Sarah Mostrel nous livrent une symphonie en deux dimensions : la poésie et la peinture s'entrelacent pour raconter le monde dans toute sa complexité. » Ou encore : « Les poèmes de Maggy de Coster sont des éclats d'émotions posées sur les toiles de Sarah Mostrel. »

 

Sonia Bressler est cette femme dynamique, généreuse et pleine d’enthousiasme qui fut présidente de l’Association des femmes journalistes (AFJ) en 2004, et dont j’ai eu l’heur de faire partie en tant que jeune journaliste. Elle est également docteur en philosophie et épistémologie, consultante, enseignante-chercheuse.

 

Ce XVIIe salon du livre de l’AFFDU, reconnue d’Utilité publique, est en quelque sorte le vecteur de l’égalité entre les femmes et les hommes. 

 

© Crédit photo : De gauche à droite les autrices invitées Sarah Mostrel & Maggy de Coster  exposant leur nouveau recueil de poésie « Poésie au gré des toiles. » durant la XVIIédition du salon littéraire « Livres femmes » du 29 novembre 2025 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris. Image no 8.

 

À consulter aussi le site de l’Association Française des Femmes Diplômées des Universités organistrice de ce salon : https://www.associationdesfemmesdiplomees.fr/

 

© Maggy De COSTER

***

Pour citer ce texte engagé, illustré & inédit

 

Maggy de Coster (texte & photographies), « Événement littéraire : Et les livres deviennent femmes ! », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 3 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/mdc-livresdeviennentfemmes

 

 

 

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L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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