Crédit photo : Lithographie de Maurice Mendjisky (de son vrai nom Maurycy Mędrzycki, 1890-1951) tombée dans le domaine public, image libre de droits fournie par Françoise Urban-Menninger.
* On se doit de réagir aux propos du chef d'état major des armées qui nous demande d'accepter « de perdre nos enfants » dans la perspective d'une guerre à venir...
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Pour citer ce poème engagé, pacifique, illustré & inédit
Françoise Urban-Menninger, « Lettre-poème à Monsieur le chef d’état major des armées », lithographie par Maurice Mendjisky (1890-1951), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 20 novembre 2025. URL :
Crédit photo : Sir John Everett Millais, « Peace Concluded », peinture tombée dans le domaine public. Capture d'écran de la photographie libre de droits du Web.
En s'attaquant abusivement, trivialement, indécemment, au souverain marocain, le journal Le Monde, premier quotidien français, réputé pour sa rigueur informationnelle, se boulevardise, se tabloïdise, descend au ras des rumeurs insanes. Hubert Beuve-Méry, Jacques Fauvet, Pierre Viansson-Ponté, André Fontaine, Jean Lacouture, Bertrand Poirot-Delpech se retournent dans leurs tombes. Pathétique chute de leur publication de référence devenue une poubelle. Dans les années soixante et soixante-dix, pendant mes études en sociologie à l'université de Nanterre, Le Monde est la lecture indispensable, incontournable, des ouvriers et des intellectuels. Ses livraisons s'étalent sur les tables du Café de Flore et de la Closerie des Lilas. Les soixante-huitards se souviennent de l'article de Pierre Viansson-Ponté « Quand la France s'ennuie... » Quel rédacteur de ce journal est capable aujourd'hui ce diagnostic :
« La France s'ennuie. Les Français s'ennuient. Ils se s'intéressent, ni de près, ni de loin, aux grandes convulsions qui secouent le monde. La jeunesse s'ennuie. Les empoignades, les homélies, les apostrophes politiques paraissent au mieux comiques, au pire inutiles, incompréhensibles. La télévision détourne l'attention des vrais problèmes. Le président s'ennuie. Il s'efforce, sans grand succès, de dramatiser la vie quotidienne en exagérant à haute voix les dangers extérieurs et les périls intérieurs. À voix basse, il soupire de découragement devant la vachardise de ses compatriotes. Seuls plusieurs millions de déclassés ne s'ennuient pas. Ils sont si absorbés par leurs soucis qu'ils n'ont pas le temps de s'ennuyer. Ils n'ont même pas le cœur à manifester leur mécontentement. Et ils ennuient tout le monde. La télévision les ignore. Les bons sentiments ne dissipent pas l'ennui. Ils l'accroissent. L'anesthésie provoque la consomption. Un pays peut aussi périr d'ennui » (voir Le Monde, 15 mars 1968).
La France n'a jamais été aussi petite. Elle n'a aucune prise sur le événements mondiaux. Sa présence ne pèse plus. Son verbe ne brille plus. Ses philosophes pataugent dans les platitudes et les servitudes médiatiques. Sa littérature survit difficilement grâce aux plumes exogènes. Ses journalistes tirent en bas de la ceinture. Ils ne méritent que le mépris. La seule question qui se pose. Qui téléguide cette attaque indigne ? Qui veut brouiller, de nouveau, les relations franco-marocaines ?
Mustapha Saha, « De la crédibilité perdue du journal Le Monde », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 14 septembre 2025. URL :
Crédit photo : Artiste anonyme, allégorie de la « Paix », peinture tombée dans le domaine public. Capture d'écran faite par LPpdm de la photographie libre de droits du site Commons.
Genèse du poème
C’est un poème de veille.
Écrit dans une nuit d’insomnie face à la guerre, il ne cherche pas à dénoncer, mais à veiller.
Il parle du décalage entre ceux qui meurent et ceux qui vivent, de la honte de regarder sans pouvoir agir, et de l’amour silencieux qu’on porte à distance.
Ce n’est ni une prière, ni un manifeste. C’est une veille obstinée, une tentative de tenir la mémoire quand tout s’effondre.
Je ne vous sauve pas
Je ne dors plus. Je ne peux pas.
Pas pendant qu'on ramasse des lambeaux d'enfants dans la poussière d'une route éventrée.
Pas pendant qu'on filme. Leurs pleurs, leurs plaies, leurs os secs et brisés,
Qu’on regarde, s’insurge, zappe, et oublie.
Moi je suis là. Avec indécence, je vis. Dans une maison intacte entourée d’enfants vivants.
Et pourtant, un feu intérieur me brûle. Parce que les vôtres vous ne les reverrez plus.
Parce que nous les tuons, à ciel ouvert, à sol fermé, Avec nos armes, Nos lunettes noires nos ventres pleins.
Oh non, je ne débats pas. Je me bats. Avec les mots que j’ai et le courage que je n’ai pas.
Je pleure avec les mères, vidées de leurs larmes, dépossédées de leurs voix, mortes de tirs ou de chagrin.
Des mères qui enterrent une semelle brûlée, un membre identifié, ou juste un nom. Hurlé. sur la terre imbibée de sang.
Ils auront vécu cinq minutes, cinq semaines, ou cinq ans. Ont levé les yeux vers le ciel, Ont vu les étoiles s’écraser.
Et puis, la lumière s’est éteinte. Pas doucement, non. Dans le bruit, la fureur et la rage.
Je vous écris parce que mon humanité crie et que le monde m’empêche d’hurler.
Je vous écris des mots que vous ne lirez jamais Vous suppliez des noms Que notre silence tait. Et moi, je ne vous sauve pas
Kristen FRA SKOVEN est le nom d’écriture d’une autrice franco-lusophone.
Née ailleurs, élevée ici, elle traverse les langues comme on traverse une perte.
Son écriture parle de soin, d’effondrement, de mémoire, de maternité, et de justice.
Elle publie à sa manière, hors des grands circuits, mais au plus près des plaies du monde.
Elle écrit sans étiquette, sans carte d’entrée, mais avec une boussole intérieure.
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Pour citer ce poème engagé & pacifique
Kristen Fra Skoven,« Je ne vous sauve pas », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 11 août 2025. URL :
François Hollande le confie lui-même. Il vit la politique comme une vocation, un sacerdoce, une consécration. Une prêtrise sans soutane. Humanisme bourgeois et charité chrétienne. Imprégnation durable des années d’études chez les Frères des Écoles chrétiennes à Rouen. La politique, un chemin tracé dès l’enfance. Il se rêve Président de la République dans le berceau. Il s’y consacre corps et âme. Il se faufile dans les coursives. Il brouille les pistes. La consensualité et la ténacité se conjuguent singulièrement dans la démarche pragmatique. Et de fait, il existe chez cet homme paradoxal, une clairvoyance empirique, une perspicacité tacticienne, une subtilité florentine qui n’appartiennent qu’aux jésuites. Il fréquente le Lycée Pasteur à Neuilly, sanctifié par ses mythiques professeurs, Jean-Paul Sartre, Fernand Braudel… La philosophie lui tourne le dos. L’histoire lui ouvre un passage. Il prend le raccourci des Grandes Écoles. Il développe son humour comme une carapace. Il exerce ses talents, en dilettante, dans la troupe du Splendid, aux côtés de ses condisciples Christian Clavier et Thierry Lhermitte. La sirène politique sera toujours plus forte. Les crocodiles hantent le marécage. La bourbe l’angoisse. Jamais aux bords des sables mouvants il ne s’aventure. Il longe patiemment la digue jusqu’à bon port. Garder le cap quoi qu’il advienne. Gagner dans l’humilité. Perdre dans la dignité. En 1974, à vingt ans, il préside un comité estudiantin de soutien à François Mitterrand. Il trouve son père spirituel, son guide charismatique, son mentor inespéré. Il surmonte, comme il peut, son complexe d’Œdipe.
Quand il accède à la direction du Parti socialiste, en 1997, il s’installe dans la durée. Il ne cède son fauteuil de Premier secrétaire qu’en 2008 pour prendre sa revanche sur les grand économiste, tombé de son piédestal et les traîtresse intime. L’homme des conciliations et des réconciliations improbables peut se prévaloir d’un bilan balsamique. Il s’entoure d’une poignée de fidèles. Il gère tous les autres comme des intérimaires. Il fait mine de ne rien voir, rien ne lui échappe. Il ménage les susceptibilités Il bricole les procédures. Il déménage les concurrents sans vacarme. Il se place délibérément en dehors de la mêlée. Il sauvegarde l’unité du parti, sinon dans l’armature, du moins dans les apparences. Il masque les divisions internes, les querelles intestines, les intrigues chroniques. Il affronte les intempéries. Il fait le dos rond sous l’orage. Il se donne des airs de sage. Le parti socialiste, sans chef populaire, sans tribun spectaculaire, sans leader solaire, traverse les tempêtes sans aller nulle part. François Hollande désamorce les défaites aux présidentielles. Il se présente et se représente aux congrès du parti comme seul dominateur commun, un moindre mal, un recours moral. Il remporte régulièrement les élections intermédiaires. Il arrache à la droite, un par un, ses fiefs historiques. Il prépare méthodiquement la conquête du Sénat par la gauche. Il gagne l’amitié de plusieurs barons de province. Il creuse laborieusement son obscure tanière. Il surgit sous lumière où personne ne l’attend.
En novembre 2008, au Congrès de Reims, après avoir annoncé, longtemps à l’avance, qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat de Premier secrétaire, François Hollande se met volontairement en retrait. Il renonce symboliquement au discours de clôture. Il aplanit les conflits latents en coulisses. Il veille au bon déroulement des choses avant de passer la main. Sa bonhomie dissimile un doigté de magicien. Il joue le spectateur. La fausse modestie absorbe les contradictions. Qu’importe si, plus tard, l’anaphore « Moi, Président » dépromet le slogan « Président normal ». Une sainte alliance se forme hors scène contre Martine Aubry, donnée prématurément favorite. Sous grand chapiteau blanc, Bertrand Delanoë jette l’éponge. La confusion atteint son comble. Le parti est au bord de l’implosion. Les courants s’affrontent. Les impétrants et les courtisans se déchirent. Nul ne sort indemne de l’arène. La marcescence fatale du parti se profile. Les vétilleux voient dans la posture effacée de François Hollande un signe de lassitude, de résignation, de renoncement. Les faux-frères décèlent une opportunité à saisir. Ils abattent prématurément leurs cartes. Les impétueux enterrent le sortant dans la petite histoire. Il n’en est rien. François Hollande entre, pour de bon, dans la bataille présidentielle. Sa décision est prise, sa réflexion mûrie depuis longtemps. Seul un noyau de proches connaît le secret.
La longue marche commence dès l’hiver 2008. L’association Répondre à gauche est créée dans une petite salle de la Fédération Internationale de l’Art photographique (FIAP) Jean Monnet, dans la discrète rue Cabanis du quatorzième arrondissement de Paris. Une vingtaine de personnes. Le bureau, sous la présidence de Stéphane Le Foll, se compose de compagnons indéfectibles, Michel Sapin, Bruno Leroux, Dominique Villemot, Philippe Bonnefoy, Bernard Rullier... D'autres fidèles sont présents, Frédéric Scanvic, Claude Pigement, Yannick Trigance, Jean-Pierre Bequet, Didier Arnal, Jacques Blandin, Jacques Dementhon..., définitivement exclus après la victoire aux présidentielles. Valérie Trieweiler et Valérie Scharre, compagne de Michel Sapin, participent discrétement à l'acte fondateur. D'autres affidés suivent l'vénement de leur fief, François Rebsamen, Kader Arif, Jean-Yves Le Drian, Bernard Poignant. Isabelle Sima et Vanessa Parodi montent la garde. Aucun journaliste n'est présent. Le club de réflexion, ou plus exactement le cabinet noir, exhume les idéaux socialiste, toujours proclamés comme alléchantes perspectives, vite oubliés aux lendemains des élections. Une rengaine rabâché depuis deux siècles. Le slogan Le Changement, c'est maintenant sonne faux sur tous les registres. La belle envolée du Bourget sur la finance, en janvier 2012, est une supercherie payante, une tartufferie rentable. « Mon véritable adversaire n'a pas de nom. Il n'a pas de visage. Il ne présente jamais sa candidature. Il n'est pas élu. Et pourtant, il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde des finances. Il administre l'économie. Il contrôle la société. Il supervise nos vies. Il soumet les gouvernements à ses volontés ». Annonce anticipatrice, involontairement lucide, de promesses jamais tenues. Les banlieues s'en souviennent avec rancoeur. Sous le drapeau rose, les banques mènent la danse. François Hollande dévoile les grands axes de son programme. Les trois pactes, éducatif, productif, redistributif. Les trois principes, la cohérence, le réalisme, la crédibilité. Les rois approches, l'efficacité, la vigilance, le verrouillage tous azimuts. Triptyque argumentaire éculé de l'École Nationale d'Administration. La poésie, la littérature, la philosophie, la culture en général, sont reléguées aux pavillonneries superfétatoires. La rhétorique se simplifie, se banalise. Une marchine au service d'un seul homme, chargé de perpétuer l'ordre établi.
Pendant dix ans, j'assure des reportages photographiques, des travaux d'écriture en tous genres. Je rédige deux livres, titrés Le Manifeste égalitaire et La société diversitaire, jamais publiés. Je ne suis pas dupe. Je suis sociologue. J'analyse la mécanique de l'intérieur. Je produis cinq cents notes au président. Je pars avec mes archives. Je fais l'expérience de l'ingratitude politique.
Pour citer ce texte illustré & inédit en avant-première
Mustapha Saha (texte & photographies), « François Hollande, l’indéfinissable. Journal d’une campagne présidentielle (Extrait) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 20 juin 2025. URL :
Henri Rousseau
(dit Le Douanier Rousseau, 1844-1910)
Crédit photo : Henri Rousseau
(dit Le Douanier Rousseau, 1844-1910), «La guerre », peinture tombée dans la domaine public, capture d'écran de l’image libres de droits du site Wikipédia. Illustration choisie par la poète.
Pour citer ce poème pacifique, politique illustré & inédit
Françoise Urban-Menninger, «les charniers de l’humanité » avec une peinture par Henri Rousseau (1844-1910), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 11 juin 2025. URL :
APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.
L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.
Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.
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