20 avril 2023 4 20 /04 /avril /2023 17:57

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Bémols artistiques | Dossier majeur| Florilège

 

 

 

 

 

 

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Autoportrait poétique & artistique

 

Dana Shishmanian

 

 

 

 

© Crédit photo : Dana Shishmanian, "Autoportrait".

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L’œil qui voit est plein de ténèbre – 

l’œil de lumière est presque aveugle

il est trop lumineux pour voir, l’autre – 

trop ténébreux pour manquer de vision

des vagues de brume s’écoulent de l’un à l’autre 

par un canal secret

et se déversent les inondant d’une lourde mélancolie

par-dessus revient une douceur insupportable

la clarté fend le cœur – 

c’est peut-être le mystère de la conversion –

si seulement le chaos des roches d’antan 

pouvait émerger – tout remplir – mâcher l’âme 

entre des pierres de moulin

jusqu’au silence des minuits dont surgissent des aubes 

incertaines entre deux interrogations – l’une montant 

à quatre pattes – l’autre descendant à reculons 

de quatre marches – sous le toit cassé 

la lune s’invite dans ton cerveau en pleine tempête

pour délivrer les eaux qui te submergent –

quand une mélodie oubliée revient et confond tout

mais le dernier mot

doit être le premier

 

 

© Dana Shishmanian (extrait de l'œuvre intitulée Le sens magnétique, L’Harmattan, 2022). Ce poème illustré est reproduit avec l'aimable autorisation de l'autrice et de sa maison d'édition.

 

 

 

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Pour citer cet autoportrait  artistique & poétique

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Dana Shishmanian (poème & peinture), « Autoportrait en si mineur », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 20 avril 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/danashishmanian-autoportrait

 

 

 

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7 avril 2023 5 07 /04 /avril /2023 09:25

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Dossiers majeur & mineur | Articles & témoignages

 

 

 

 

 

 

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Autoportrait poétique : la poésie et moi en miroir

 

 

 

 

 

 

Texte & photographies

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

© Crédit photo : Première & quatrième de couverture illustrée d'une étude réalisée sur les œuvres de Maggy de Coster. 

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Parler de soi n’est pas toujours chose aisée car comme dit Auguste Comte « On ne peut se mettre à la fenêtre pour se regarder passer dans la rue ».

 

Le monde et tout ce qui m’entoure constituent mes principales sources d’inspiration. Faisant mienne cette pensée de Raoul Follereau : « On n’a pas le droit d’être heureux tout seul », donc mon postulat de base est : écrire pour  témoigner, dénoncer,  changer « changer la vie » comme dit Rimbaud. 

 

La poésie est immortelle puisqu'elle est le reflet de la vie et tant que la vie existe, elle demeurera sous quelque forme que ce soit.  C'est elle qui vient à nous, en nous envahissant, en nous parcourant comme un frisson d'amour. 

Elle a pour moi un effet cathartique, donc elle se révèle une nécessité vitale.

Elle est présente sous tous les cieux : elle n’a pas de frontières.

Après nous, la poésie. Poésie pour toujours. Vive la poésie.

La poésie s’est réclamée de moi dès mon jeune âge et j’ai eu le bonheur d’être éditée à l’adolescence et à ce jour, je suis à mon dix-huitième recueil de poèmes et trente-quatre ouvrages au total tous genres confondus. 

 


 

© Crédit photo : Un stand de signature et de vente des œuvres de Maggy De Coster.

 

 

La naissance de la revue Le Manoir des poètes

 

Créer une revue de poésie et la faire perdurer n’est pas toujours chose facile. Pour ainsi dire, je me rappelle ce samedi du mois de mars 2000 quand à une soirée poétique très courue du quartier latin j’ai annoncé mon projet de lancement du Manoir des Poètes. J’énumérais les différentes rubriques et lançais un appel à des soldats de bonne volonté pour les alimenter. Une femme poète de me lancer : « Tu ne trouveras pas ». Pour opiniâtre que je suis, je ne m’étais pas laisser décourager par cette petite phrase, car je croyais dur comme fer à l’aboutissement de mon projet. Rien ne pouvait m’arrêter, même la maladie, sauf la mort. J’ai toujours été quelqu’un de très assidu et qui faisait les choses avec amour et passion et non par avidité de gains matériels. J’avais fait mon choix une fois pour toutes et poursuivi mon chemin avec obstination quels que soient les aléas. Donc j’ai toujours été persévérante. 

 

Je me suis payé la plus grosse part du travail : depuis la collecte des articles, leur correction jusqu’à la distribution en passant par le rédactionnel, la frappe des articles, la logistique, la fabrication.

La couleur s’annonçait avec un colloque de Paris XIII sur Léopold Sédar Senghor y compris une lettre du président Jacques Chirac honorant la personnalité du poète académicien.  

À l’époque je travaillais comme journaliste pour un hebdomadaire régional et j’étais chargée de couvrir les actualités littéraires de Paris. Je fournissais plusieurs « papiers » par semaine, des pleines pages.

Le Manoir des Poètes après s’être imposé dans le paysage culturel, a également dépassé les frontières de l’Hexagone en s’ouvrant à un lectorat européen voire international. À cet effet, il est salué par d’autres revues amies et pas des moindres en l’occurrence la prestigieuse revue Le coin de Table de la Maison de Poésie, Fondation Émile Blémont, La Forêt des Mille Poètes, Écrire & Éditer, Inédits Nouveaux de Belgique et bien d’autres.

En 15 ans, Le Manoir des Poètes, revue semestrielle à vocation poétique, culturelle et littéraire avait fait du chemin et ce, grâce à son éclectisme, à son caractère innovant, à sa pluridisciplinarité littéraire et à sa politique éditoriale d’ouverture. Une ouverture sur les cinq continents avec le lancement d’une anthologie en 2006 sur la thématique du Printemps des Poètes de la même année, « Le chant des villes ». Dans cette perspective, j’ai ouvert le site du Manoir des Poètes aux poètes de tous pays dans la rubrique « Poèmes d’ici et d’ailleurs » et de façon désintéressée. Plusieurs prix et grands prix sont nés également. 

Le Manoir des Poètes a également fait place aux jeunes depuis les primaires jusqu’aux lycées en passant par le collège avec lesquels nous travaillons en atelier d’écriture. 

Plus prosaïquement, des produits dérivés comme des T-shirts et un parfum avec le logo de la revue avaient également vu le jour. 

 

Tous les numéros du Manoir des Poètes font partie des fonds bibliographiques de Villefontaine, La Poéthèque – bibliothèque associative de revues littéraires et/ou poétiques – est essentiellement une base de données documentaire couvrant 50000 exemplaires de numéros de revues, issus de près de 3000 titres différents. 

 

Les numéros de la revue sont également conservés par l’association ARPO dans la ville de Carmaux dans le Tarn, au conservatoire des revues de poésies. « Enseignants, chercheurs, amateurs peuvent consulter cette bibliothèque aux documents uniques. Sans doute le plus grand fonds de lecture disponible en France (après la Bibliothèque Nationale) » D’après son fondateur Jean-Louis Aguié.


 

Désormais Le Manoir des Poètes n’existe en tant qu’association ayant pour but de faire des conférences et de créer des événements littéraires dans des lieux comme La MAISON DE L’AMÉRIQUE LATINE (présentation des poètes de langue espagnole traduits par mes soins). Comme c’est le cas depuis 2010 sans interruption.

 

Quelle belle aventure ! 

 

Nous avons pu faire connaître des auteurs de langue espagnole que nous avons traduits et aussi d’autres auteurs européens non francophones. 

 

 

© Crédit photo : Première & quatrième de couverture illustrée d'une étude réalisée sur les œuvres de Maggy de Coster. 

 

Sur le plan professionnel, j’ai effectué plusieurs voyages à l’étranger dans le cadre des mes activités féministes, journalistiques et poétiques : La République Dominicaine, les USA, La Tunisie, l’Italie, la Colombie, le Panama, le Brésil, l’Argentine. Je continue ma collaboration avec les pays de l’Amérique où je suis régulièrement invitée à représenter la France et à faire des conférences et depuis le Covid ex situ, c’est-à-dire par zoom.

 

© Maggy DE COSTER

 

Le site https://www.lemanoirdespoetes.fr/ reste toutefois actif. 


 

 

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Pour citer ces photos   & autoportrait inédits

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Maggy De Coster, « Autoportrait poétique : la poésie et moi en miroir », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 7 avril 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/mdc-lapoesieetmoi

 

 

 

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3 avril 2023 1 03 /04 /avril /2023 11:10

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Bémols artistiques | Dossier majeur | Florilège

 

 

 

 

 

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Autoportrait lyrique

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

Photographie par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, portrait photographique de "Françoise Urban-Menninger" lors de sa présentation du récital de l'Académie rhénane au Grenier d'abondance à Strasbourg.

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on entre en poésie

comme on entre en religion

par la porte du ciel

 

 

on y fait ses vœux

dans chacun des vers

qui fait danser le poème

 

 

on entre en poésie

pour y faire éclore

son âme dans un jardin d’écriture

 

 

on entre en poésie

pour composer avec sa mort

une musique de lumière


 

© Françoise Urban-Menninger, 2023

 

 

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Pour citer ces portrait photographique  & autoportrait lyrique inédits

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Françoise Urban-Menninger, « entrer en poésie », poème illustré par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 3 avril 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/fum-entrerenpoesie

 

 

 

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27 mars 2023 1 27 /03 /mars /2023 15:53

 

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Bémols artistiques | Dossier majeur| Florilège

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Mon autoportrait poétique & artistique.

Une éthique par l’esthétique

 

 

 

 

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Sarah Mostrel

 

Site : https://sarahmostrel.wordpress.com 

Facebook www.facebook.com/sarah.mostrel

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de Sarah Mostrel au Salon du livre de Saint-Mande le 29 janvier 2023.

 

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&

 

J’écris pour transformer le monde,

donner à voir un monde meilleur.

J’écris par impuissance, pour ne pas figer les faits

Ou au contraire, les fixer une fois pour toutes, 

Une fois pour tous, une « foi » n’est pas coutume.

 

J’écris pour poétiser un monde, qui ne me convient pas.

J’écris par désespoir, dans l’espoir de réparation.

J’écris à cause du décalage, qui ne se comble pas.

J’écris pour gérer le manque, parce que ça déborde.

J’écris pour ne pas crier, et pour ne pas plier.

Les larmes ont un écho grâce à la feuille pleine.

 

L’écrit est un cri, le pli livre un message.

Il est une délivrance. Un bébé bien portant. 

L’acte pallie le vide, le néant, le laissé pour compte. 

Et pour conte, une offrande, un poème, un roman. 

 

J’écris pour la beauté, envers et contre tout. 

J’écris pour contrer le sordide, la douleur et l’injustice.

J’écris pour exister, et ne plus me cacher.

 

&

 

Je peins pour retrouver la couleur de l’enfance. 

Celle des champs perdus et du chant retrouvé. 

Je peins pour la caresse, la touche, l’effleurement 

Ceux que j’imagine sur mon corps et mon cœur. 

Je peins pour enjoliver les âmes et les esprits. 

Pour rappeler les merveilles de ce qui nous entoure. 

 

Je peins pour la conscience 

Car si de tout temps, l’époque a été dure, 

Nous avons le choix de regarder la lune, 

le ciel et puis la Terre, la Splendeur éternelle.

 

En quête de cette lumière toujours à nous offerte, 

c’est un juste retour de reconnaître le Beau.

 

Je peins pour l’évasion. Le trait rend plus serein 

La forme est une enveloppe dans laquelle je suis bien. 

Je peins pour éveiller en nous la part sensible, 

sans quoi nous ne sommes rien. Avec elle, nous sommes Un.

 

La conscience des Hommes passe par l’émotion 

Celle-là même que j’aime suggérer sur ma toile, 

une toile de fond qui est un paysage, 

un cadre, une rosée, une chemise, un pan de vie. 

De ce côté du monde, on célèbre encore 

Chez l’artiste, toujours, la vérité se dévoile.


 

&

 

Je chante et je compose pour imaginer 

ce qui aurait pu être et ce qui est peut-être 

chez certains, ou sinon, qu’on se l’approprie

ce son des sentiments, de l’amour, des aveux !


La musique ancienne, nouvelle, endiablée, 

classique ou bien moderne, aux textes fluctuants 

parlés ou déclamés, ascendants, descendants

est le reflet de Nous, êtres fragiles et forts, 

êtres luttant sans cesse pour le gain de nos causes. 

 

Mélodies, harmonies accompagnent le geste. 

La voix, ses variations portent en elles tout un monde. 

Au moindre trouble, la voie se voile. 

Au moindre émoi, elle s’enroue. 

Parfois elle se tait. Se retire, dans ses cordes. 

La voix et la voie, étranges homophones.
 

Dans l’humeur des saisons, l’âge se ternissant, 

elles changent et vibrent tel un évident symbole. 

 

Je chante et puis je ris ou souris, c’est selon. 

Je chante la vie belle et pure et transcendante.

 

 &

 

Je fige et immortalise l’instant à retenir. 

Le cliché me rappelle que je suis bien vivante, 

dans un moment que j’aurais oublié 

si je n’avais pas pris la photo qui raconte. 

 

Elle narre le lieu mais surtout la lumière, 

le mouvement du vent, l’expression sans frontière. 

Elle survit à l’âge, aux guerres, aux tendances. 

Mémoire et souvenir, elle montre la route. 

 

Elle est une étape dans la course du jour, 

elle est une étoile au fin fond de la nuit. 

Elle se veut descriptive ou dénonce soudain. 

Elle rappelle l’ancien, fête une rencontre, 

une alliance, un ennui, avec des personnages, 

ou se veut le reflet, comme une transparence, 

d’un panorama, d’une situation. 

Elle calque au présent, se compare au passé, 

se veut la promesse d’un avenir parfait, 

ou par jeu de lumière, comme des éclairs, 

elle irradie et brûle ce que l’on ne veut plus.

 

La photo participe à l’esthétique des villes, 

consacre la nature, notre monstre sacré.


 

Je crée parce que je n’ai peut-être pas d’autre choix, 

sinon, je serais autre, boulimique, compulsive 

ou bien hyperactive dans un autre domaine, 

voire addict à quelque drogue 

La mienne, c’est être artiste.

 

La littérature, la peinture, la musique, la photo, 

Tout cela m’a sauvé la vie.

 

 

 

©Sarah Mostrel

https://sarahmostrel.wordpress.com

 

 

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Pour citer ces portrait photographique  & autoportrait poéthique inédits​​​​​​​​​​​​

 

Sarah Mostrel, « Mon autoportrait poétique & artistique. Une éthique par l’esthétique », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 27 mars 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/samostrel-autoportrait

 

 

 

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8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 12:59

 

Lettre n°13 | N°9 | Entretiens poétiques & féministes

 

 

 

 

Autoportrait de Julienne Morisseau,

 

 

Présidente du ZONTA

 

 

Paris Port Royal Concorde

 

 

Propos recueillis par

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

© Crédit photo : Julienne Morisseau, Présidente du ZONTA Paris Port Royal Concorde.

 

 

 

Autoportrait de Julienne Morisseau

 

 

Je suis née il y a 33 ans en Guyane française, de parents immigrés haïtiens dans un environnement économique pauvre en Haïti, j’ai toujours eu le désir d’étudier afin de ne pas connaître la misère sociale qu’avaient connu mes parents dans leur pays d’origine.

L’aînée d’une famille de 5 enfants dont je suis la seule fille, la pression sociale a toujours été omnipotente d’autant plus que mon père était pasteur. L’obtention du BAC Économique et Social avec mention, constituait pour moi une porte d’entrée vers la phase d’émancipation et réalisation de ce que je me destinais à être. Après 5 années d’études à l’université Panthéon Sorbonne à Paris, le Master de Travail Administration Gestion de l’emploi en poche, j’ai complété ma formation par deux années supplémentaires en école de commerce dans le domaine de l’ingénierie et négociation d’affaires complexes Business to Business (B to B). Les petits jobs d’étudiants réalisés le soir et les week-ends complétaient les maigres revenus, aides de mes parents, ma mère étant femme de ménage et mon père ouvrier agricole. Nos efforts et privations ont permis de financer mes sept années d’études supérieures.

Mon parcours a été semé d’embûches, d’entraves, de galères étudiantes en tout genre. L’éloignement de sa famille pesant sur mon moral et faisant même naître en moi un début de découragement. Cependant la pugnacité et la ténacité, traits de caractère qui imprègnent les femmes haïtiennes issues de milieux modestes comme le mien, m’ont permis de remporter de nombreuses batailles. L’entraide et la solidarité ont été dès le plus jeune âge, des termes qui ont fait échos dans mon parcours. Après ma période estudiantine magistrale, j’ai commencé à travailler en B to B pour un éditeur de logiciel basé en Israël, spécialisé dans la dématérialisation de documents, qui souhaitait développer son activité commerciale en France.
 

 

 

Interview

 

 

Maggy De Coster  ZONTA est un mot qui nous a l’air bien mystérieux ! Quels en sont les tenants et les aboutissants ?

 

 

© Crédit photo : Yann Leblond Tafomat, Les membres du Club ZONTA Paris Port Royal

Concorde autour de la Présidente Julienne Morisseau et de Sigrun Chritiansen,

area director à Appartement Mayshad, photographie du 23 janvier 2018

 

 

 

Julienne Morisseau Depuis 8 ans, je travaille pour un groupe français spécialisé dans les services et solutions autour des processus de métiers et de traitements de la communication des grandes organisations publiques et privées, en tant que Directrice Business Unit pour la partie Conseil et Intégration.

J’ai fait la rencontre d’une jeune femme extraordinaire, que je considérais comme une sœur, Gaia Molinari, mon étoile italienne, grâce à qui j’ai fondé en 2014 une ONG nommée OSEDH « O Secours des Enfants démunis Haïtiens » qui scolarise gratuitement 227 enfants pauvres dans les zones rurales en Haïti.

Cette ONG reconnue d’intérêt général assure le paiement de 10 salaires mensuels de professeurs, de chargés de mission, du directeur et du personnel de service.

La solidarité n’a pas de frontières, et l’organisation d’une course sportive en mémoire de Gaia chaque année à Piacenza par l’association sportive des chemineaux DLF de Mr Clemente Bernard, en est la preuve.

Les fonds récoltés lors de cette manifestation sportive permettent de financer les activités éducatives de l’école que nous soutenons en Haïti.

En mémoire de Gaia Molinari, notre équipe composée de mes frères et d’Amandine Ranson, avec l’aide de la mère de Gaia ,Valentina Carraro et de son frère Matteo Fioretto, nous continuons nos actions éducatives afin que la lumière véhiculée par l’éducation surplombe l’obscurantisme.

Nous nous attelons à cette citation « L’éducation est l’arme la plus puissante qui puisse exister pour changer le monde.»

J’ai pris parti de transformer deux injustices cruelles subies dans ma vie (la perte d’une amie chère, et des violences conjugales dont j’ai été victime), en force positive et motivation pour mettre en œuvre des actions dans le but de servir l’intérêt général.

Aujourd’hui, j’œuvre tant en faveur de enfants pauvres en Haïti via OSEDH, qu’en faveur des écoliers issus de milieux défavorisés en Île de France, en tentant de leur montrer l’exemple d’ascension sociale possible sous la bannière de notre douce République française. Cet engagement s’étend à l’international au travers du Club Zonta Paris Port Royal Concorde, rattaché au Zonta International, qui œuvre pour la promotion du statut de la Femme à travers le monde.

En effet, depuis cette année, j’ai l’honneur d’occuper la présidence du Club Zonta Paris Port Royal Concorde.

 

MDC Quelles sont les activités de l’association et avec quelle fréquence en organise-t-elle ?

 

JM Durant ces trois dernières décennies, le Club Zonta Paris Port Royal Concorde a mené de nombreuses actions à travers le monde, contributrices de la promotion des femmes dans divers domaines : économique, culturel, éducatif, par exemple, en apportant une aide aux enfants de la Guinée Bissau et de la Côte d'Ivoire.

Aujourd’hui, le bureau est reconstitué de forces vives, jeunes, mixtes, pluridisciplinaires qui tentent de ré-impulser le dynamisme d’antan avec une dimension nouvelle.

Nous organisons des manifestations culturelles, des conférences, des dîners, des cocktails avec des moments d’échanges, de réflexions de fond sur des sujets précis à l’adresse des membres et non membres.

Ces rencontres mensuelles sont l’occasion de sensibiliser le public sur les problématiques sociétales auxquelles sont confrontées les femmes et les jeunes filles quotidiennement.

Nous avons organisé un dîner-conférence avec l’ONU Femmes et une ancienne responsable de la commission femmes d’Amnesty International en décembre 2017 dans le cadre de l’Orange Day, campagne de sensibilisation de la violence faite aux femmes. En janvier 2018, nous avons organisé une conférence-cocktail sur la condition des femmes au Moyen-Orient et les violences conjugales en France.

Nous tentons au niveau du Zonta Paris Port Royal Concorde d’être au plus près des femmes en difficulté, en termes de services locaux. Et pour cause nous avons participé aux actions du Noël Solidaire en décembre dernier, en apportant concrètement sur le terrain des aides aux femmes SDF.

Ces actions seront réitérées durant toute l’année 2018.

 

MDC Quels sont les objectifs et les projets du Zonta ?

 

JM  Notre objectif est l’autonomisation des femmes dans les pays en voie de développement grâce au service international.

Notre but est la promotion du statut légal, économique, politique de la femme par le biais du service et du plaidoyer. Nous souhaitons promouvoir la justice, le respect des libertés fondamentales et les droits de la femme.

Depuis plus de 90 ans que son premier projet de service international a été financé, le Zonta International a apporté plus de 15,5 millions de $ à des projets au profit des femmes dans 35 pays.

Le Zonta International a financé la formation, l’éducation, la santé, l’amélioration sanitaire, l’agriculture et l’accès au micro-crédit des femmes, principalement par des projets mis en œuvre par les agences des Nations Unies et d’autres organisations non gouvernementales reconnues. Il a également pour objectif, en termes de programmes internationaux sur deux ans, de financer les actions visant :

L’élimination de la fistule obstétricale au Liberia.

  • La création, pour les filles vulnérables et exclues, de moyens de réalisation de leurs droits à l’enseignement, dans un environnement sûr et protecteur, en partenariat avec le Ministère de l’Éducation Nationale à Madagascar.
  • La réduction du nombre de mariages et de maternités précoces dans toutes les régions du Niger.
  • La lutte contre la discrimination fondée sur l’inégalité des genres, le renforcement des compétences des femmes afin qu’elles deviennent des acteurs économiques indépendants.
  • La lutte contre le trafic des êtres humains au Népal, au travers d’une plus grande synergie entre les victimes potentielles et les autorités policières.

 

Notre Club Zonta Paris Port Royal s’est donné comme objectif entre 2018-2019 d’apporter des services pour :

  • L’aide concrète de proximité aux femmes SDF (7500 femmes sdf en IDF), et femmes en grande précarité
  • L’aide aux femmes au Sénégal (Casamance)
  • L’aide aux femmes âgées au Cambodge (Phnom Pen)
  • L’aide aux structures recueillant des orphelins (es) en Haïti

 

MDC Quelles sont vos sources de financement ?

 

JM Les cotisations et les dons des membres, les dons des sympathisants et mécènes essentiellement.

 

MDC Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face ?

 

JM Les difficultés sont liées aux déficiences de moyens humains, matériels essentiellement.

Et aussi au fait que les journées ne font que 24h et non 30h (rires). Comme toute activité qui requiert un statut de bénévole, la frustration peut naître du retard dans l’échéance de projets. Raison pour laquelle notre porte reste grandement ouverte à toute proposition de bénévolat, et d’adhésion à notre club.

 

 

© Crédit photo : Une lauréate du Club ZONTA

 

 

MDC Quel regard portez-vous sur la condition des femmes relativement à la domination masculine ?

 

JM Le Zonta International préconise de promouvoir les droits fondamentaux des femmes aux niveaux international, national et local. Le plaidoyer du Zonta vise à influencer l’élaboration et l’application des lois, ainsi que les attitudes et les comportements généraux. Il cherche à obtenir l’égalité réelle, et pas seulement l’égalité formelle.

Le Zonta cherche à prendre des mesures fondées sur des faits, à mettre en évidence les causes profondes des problèmes et à présenter des solutions avec des résultats à l’appui.

Il est important de mentionner comme mesures concrètes que le Zonta International accorde plusieurs bourses prestigieuses aux talentueuses étudiantes telle que la bourse de 10 000 dollars Amelia Earhart accordée cette année à une étudiante malgache vivant en France.

Le Zonta accorde également des prix littéraires ainsi que des bourses musicales.

Au niveau mondial, nous pourrons dépasser les clivages, les inégalités subies, en généralisant l’accès à l’éducation des jeunes filles, en travaillant à augmenter leur niveau d’enseignement et en éduquant les jeunes garçons sur les fondements de l’égalité des sexes.

À mon sens, il ne devrait pas avoir de suprématie de genre, domination masculine ou domination féminine, car nous sommes égalitaires, complémentaires.

 

MDC Quelles sont vos relations avec les autres associations de femmes tant sur le plan national qu’international ?

 

JM Le Zonta International soutient la ratification de la Convention des Nations-Unies pour l’élimination de toutes les formes de discriminations envers les femmes (CEDAW). En effet, cette ONG s’est engagée sur le principe que les droits des femmes font partie intégrante des droits de l’être humain. Entre 1998 et 2002, elle a collaboré avec l’UNICEF dans le cadre de la lutte contre les mutilations génitales au Burkina Faso. Grâce à cette action, le Burkina Faso a enregistré une baisse de 40% du nombre de jeunes filles ayant subi ce type de discrimination.

À l’horizon 2019, le Zonta International aura engagé 2 millions de dollars pour mettre fin à la violence faite aux femmes au Népal et au Niger. 

Au Niger, le Zonta International lutte contre les mariages précoces considérés comme une forme de violence, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP). Grâce à un programme d’éducation sanitaire, d’éducation formelle et d’alphabétisation. L’ONG aide 11 000 adolescents.

Nous participons au financement de certains programmes de l’UNICEF et ONU Femmes. Le Zonta Paris Port Royal Concorde apporte ses services à des associations féminines qui respectent l’esprit zontien et les valeurs zontiennes, en Île d France.

Nous tissons de nombreux partenariats avec d’autres réseaux féminins, car c’est ensemble que nous pourrons travailler efficacement pour la cause des femmes.

 

MDC Que prévoyez-vous pour la journée internationale des Femmes ?

 

JM le 7 mars, nous intervenons au sein de la soirée organisée par le Journal Opinion International Sois belle et ouvres la dans l’aérogare des Invalides avec une dizaine de personnalités pour exposer notre vision des moyens à mettre en œuvre pour lever le plafond de verre.

Vous êtes les bienvenues à cette soirée, si vous le souhaitez.

Le 8 mars, nous prévoyons une action sur le terrain avec des distributions de kits de toilettes aux femmes SDF de Paris, afin de leur assurer un minimum de dignité. Le 4 avril de manière décalée nous organisons une conférence cocktail au Sénat sur le thème « Osez la solidarité au féminin » en partenariat avec Chais’Elles qui sera l’occasion d’exposer le maillage efficace des réseaux féminins en matière de solidarité. L’occasion également de mettre en lumière les difficultés de millions de femmes en situation précaire ou d’exclusion sociale. Cette soirée sera close par la dégustation de vins et de champagnes produits par des femmes vigneronnes.

 

MDC  Ah ! Que de beaux projets empreints de solidarité !

 

***

 

Pour citer cet entretien féministe


Maggy de Coster, « Autoportrait de Julienne Morisseau, Présidente du ZONTA Paris Port Royal Concorde », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°13 & N° 9 | 2ème volet sur les « Femmes, Poésie & Peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 8 février 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/2/julienne-morisseau

 

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Dernière mise à jour : le 12 février 2018

Bienvenue !

 

 

APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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