N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Critique & réception | Dossier Mineur | Articles & témoignages
Dentelles secrètes des fées, contes écrits et réécrits
par Chantal Robillard. Ouvrage
publié aux éditions Astérion
Critique & images par
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© Crédit photo : Françoise Urban-Menninger, Première de couverture illustrée de l’œuvre « secrètes des fées, contes écrits et réécrits » par Chantal Robillard. Ouvrage publié aux Éditions Astérion.
Nous sommes convié(e)s à déguster ce délicieux livret où les fées mutines, malicieuses à souhait, prennent le thé en nous tendant un miroir, celui de notre humaine condition dont elles ont repris certains travers mais aussi quelques qualités.
Car n’oublions pas que, comme il l’est précisé dans la postface, « Le conte permet à un écrivain toutes les fantaisies ! »
Et ce sont bien des fantaisies, voire des friandises littéraires que Chantal Robillard, arrière-petite-fille de dentellière, nous a concoctées en faisant passer moult personnages par le chas d’une aiguille dont elle tire le fil d’or du merveilleux en mêlant les histoires, les époques dans un joyeux charivari pour réinventer les contes d’antan et les régénérer à l’aune d’un présent intemporel.
L’humour subtil est de la partie ! Lire qu’une fée a pris la voix de Delphine Seyrig, l’actrice fabuleuse qui jouait le rôle de la fée des Lilas dans Peau d’âne, le film de Jacques Demy inspiré par le conte de Charles Perrault, est une magnifique trouvaille, voire un tour de force de l’imaginaire !
La reine des fées qui règne sur ces contes n’est autre que Chantal Robillard qui leur confère une âme nouvelle en les réanimant par le verbe et les formules magiques de sa plume enchantée.
C’est ainsi qu’une seconde chance est donnée à Fanchon qui crachait des serpents et des crapauds, victime d’un sort en raison de son égoïsme et qui, dans le conte initial, sombrait, oubliée de tous, dans une obscure forêt.
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© Crédit photo : Portrait de la conteuse Chantal Chantal Robillard.
Le langage utilisé par l’autrice varie d’un conte à l’autre jusqu’à l’emploi d’un argot qui prête à sourire « Tu n’as qu’à courir au puits, quand la clodo dira sa soif, tu lui offriras ton cruchon ». Dans le Fabliau de la fontaine aux fées de la forêt de Fourcheresse, tous les mots commencent par la lettre F, composant ainsi un tautogramme d’une grande diablerie. En voici un extrait où les F sont finement filés « Folâtre, Fanchon fredonnait en furetant dans les fourrés, flemmassant vers la fontaine aux fées, flanquée d’un flacon de faïence un peu fêlé. »
La poésie est aussi au rendez-vous dans ces récits qui suspendent le temps et c’est peut-être bien là que les fées ont faufilé leurs dentelles secrètes entre les lignes « rosée, arc en cieux, univers à cimaise, où, ancrée, vénus a souri à mars avec reconnaissance. écume écrue en mer sereine. cormorans rieurs, sur une immense mare, mousseuse comme sari en armoisin verveine. ». Car bien évidemment, ce sont les fées elles-mêmes qui ont tenu la main de l’autrice quand elle a agité sa plume surnaturelle pour nous en octroyer les roses et les pierres précieuses mais aussi les fameuses grenouilles qui nous mettront à l’abri de la faim en ces temps de disette annoncée …
© Françoise Urban-Menninger
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Pour citer ce texte, illustré & inédit
Françoise Urban-Menninger, (texte & photos), « Dentelles secrètes des fées, contes écrits et réécrits par Chantal Robillard. Ouvrage publié aux Éditions Astérion », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet, mis en ligne le 8 octobre 2026. URL :
https://www.pandesmuses.fr/2026noiii/fum-robillard-contes
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