18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 11:36

 

 

Événements poétiques | Calendrier poéféministe contre le féminicide |  Février 2021

 

 

 

 

 

 

 

L’effet carabosse

 

 

 

 

  

Charlène Lyonnet

 

Illustration de

 

Sarah Mostrel

 

Site : www.sarahmostrel.online.fr 

Facebook www.facebook.com/sarah.mostrel

 

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, Elle se tait.

 

 

 

FÉVRIER 2021

 

LUNDI  MARDI  MERCREDI  JEUDI  VENDREDI  SAMEDI  DIMANCHE 
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Il était une fois une chaumière, une femme et un homme.

Couronne martelée. 

Peau diaphane à vif. 

Bleu saphir éclatant.

Rouge grenat luisant.

Jaune doré brillant.

 

 

Quand il eut fini de sertir son crâne de bosses,

Le prince charmant,

Bavant, 

N’était qu’un crapaud

Baignant,

Dans une mare de sang.

 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe illustré

 

Charlène Lyonnet, « L’effet carabosse », poème et illustration inédits, peinture par Sarah Mostrel, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :   Événements poétiques|Calendrier poéféministe 2021 pour lutter contre les violences faites aux femmes et particulièrement le féminicide, mis en ligne le 18 novembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/calendrierpoefeministe2021/cl-fevrier-effetcarabosse

 

 

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 12:33

 

 

Événements poétiques | Calendrier poéféministe contre le féminicide | Janvier 2021

 

 

 

 

 

 

 

Féminicide

 

 

 

  

 

Sarah Mostrel

 

Site : www.sarahmostrel.online.fr 

Facebook www.facebook.com/sarah.mostrel

 

 

© Crédit photo : © Sarah Mostrel, Prière

 

 

 

JANVIER 2021

 

LUNDI  MARDI  MERCREDI  JEUDI  VENDREDI  SAMEDI  DIMANCHE
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À la mémoire de 146 femmes

 

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, Elle ne sait plus.

 


 

Comment ose-t-on 

ôter la vie d’un être

Souvent plus fragile 

plus faible

 

 

Abuser d’elle

User de la force

La mettre à terre

L’anéantir ?

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, Elle se tait.

 

 

 

Comment ose-t-on

Lever la main sur elle

La violenter

Attaquer ses enfants

 

 

Se conduire comme un barbare

Assoiffé de pouvoir

Pauvre fou dangereux

Narcissique

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, ​​​​​Elle pleure.

 

 

 

Il veut qu’elle se soumette

Il ne sait rien obtenir autrement

Il est incapable de se faire aimer

Et bien sûr incapable d’aimer

 

 

Quelle satisfaction a l’homme violent

Handicapé des sens

À contraindre, obliger

L’autre à lui obéir ?

Pour assouvir sa frustration

Son incompétence, sa tare

Il sévit, frappe, boit, tabasse

Il est une bête

 

 

Des femmes se rendent à la police

Elles avisent

Préviennent

« Il va me tuer »

 

 

On ne les croit pas

On leur dit : « Sauvez-vous ! »

« Allez dans des associations ! »

Comme si c’était facile

 

 

Elles ont peur

Elles ont déjà eu beaucoup de courage 

pour dénoncer

Elles ont reçu des menaces

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, stop. 

 

 

 

Les représailles seront terribles

Le chantage est permanent

Il jure, il s’excuse

Il ne recommencera plus

 

 

Il l’aime

Elle ne le croit pas

Mais elle est perdue, seule

Sa gentillesse, sa patience, son enfance peut-être

 

 

Tout cela a concouru à sa fragilité

Elle n’est pas armée contre l’infâmie

Elle est dans l’empathie

Jamais elle n’aurait pensé…

 

 

Mais il est trop tard.

Le coup est parti

Le crime a été prémédité

En 2019, le nombre de féminicides a augmenté de 21% en France




 

Comment ne pas avoir peur 

De ces dangereuses bêtes

 

Car le bourreau n’a rien d’un homme

Il est un animal*.

 

©SM, 2020.

 

 

* Cet éclairage est proposé par la revue "LE PAN POÉTIQUE DES MUSES" : les termes "barbare", "bête" et "animal" et l'expression "Handicapé des sens" sont utilisés dans ce poème pour témoigner de ce que se dit sur le meurtrier auteur d'un féminicide ; une représentation assez courante et parmi d'autres de l'assassin. Cet emploi ne vise pas de blesser des êtres sensibles...

 

***

 

Pour citer ce poème féministe illustré

 

Sarah Mostrel (texte et peintures), « Féminicide », poème et illustrations inédits, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :   Événements poétiques|Calendrier poéféministe 2021 pour lutter contre les violences faites aux femmes et particulièrement le féminicide, mis en ligne le 17 novembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/calendrierpoefeministe2021/sm-janvier-feminicide

 

 

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 14:53

Hommage poéféministe | Textes poétiques

 

 

 

 

Complainte sur un horrible assassinat

 

commis par un fanatique, qui a

 

éventré sa femme enceinte, par

 

l'instigation des mauvais prêtres, 1797.

 

​​​​​

 

​​

 

Le Troubadour républicain

 

Poème choisi, transcrit, remanié, mis en français moderne & commenté brièvement pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Commentaires brefs :

 

Ce poème d'un fait-divers est un témoignage poignant daté de la fin du XVIIIe siècle sur les méfaits atroces et criminels du fanatisme religieux. S'il narre avec effroi et horreur sans toutefois s'attarder sur les détails les plus affreux le récit de ce que l'on qualifie de nos jours de « féminicide », le texte récite une élégie d'un horrible d'un attentat. Pour le moment, on sait peu de chose sur l'identité du poète-témoin auteur de ce qu'on qualifie du Poème-fait-divers ou (de l'élégie du fait-divers ou encore de l'élégie d'attentat) et de la lettre qu'il accompagne. Il se qualifie toutefois du « Troubadour républicain » ayant à cœur de dénoncer simultanément les ravages du fanatisme religieux et sa peur des représailles... Le poète-témoin en question peut être le directeur de la publication du journal cité "Le Troubadour républicain". En tous les cas, le poète élégiaque a eu le courage de dénoncer les conséquences néfastes du fanatisme sur les esprits les plus fragiles et non armés par l'esprit critique mais il n'était pas en mesure d'afficher son identité par crainte pour sa propre sécurité. Le poète-journaliste auteur du texte nous a transmis sans le savoir un précieux témoignage sur la condition des femmes qui vivaient en fin du siècle des Lumières. Le chant de cet affreux meurtre commis à l'encontre d'une femme enceinte perpétue le questionnement sur les origines multiples des violences faites aux femmes.

Si l'on reproduit cette complainte ici, c'est pour témoigner à notre tour des violences meurtrières commises au nom des religions et des croyances mêmes politiques... Et enfin pour ne pas nous leurrer sur la nécessité de nous rappeler incessamment la nécessité d'éclairer et d'éduquer aussi les esprits dans notre siècle pour éviter ce genre de crimes....

 

 

Le texte reproduit ci-dessous provient du périodique "Le Troubadour républicain", Complainte sur un horrible assassinat commis par un fanatique, qui a éventré sa femme enceinte, par l'instigation des mauvais prêtres, 1797. Cet opus appartient au domaine public.

 

 

[Sur l']Air de la Romance de Daphné

 

 

 

De nos prêtres réfractaires,

Peuple, connais les fureurs

Et les projets sanguinaires,

Qui du culte de nos pères

Signalent les orateurs.


 

Au village de Tulendre,

Deux époux vivaient heureux ;

Leurs cœurs avaient su s'entendre,

L'épouse était chaste et tendre,

L'époux était vertueux.


 

Mais l'épouse au monastère

Sous le voile avait vécu.

À la voix d'un réfractaire,

De sa paisible chaumière

Le bonheur a disparu.


 

Le cœur navré de tristesse,

Elle invoquait l'éternel.

À son aspect qui le blesse,

Le prêtre interrompt sa messe

Et s'éloigne de l'autel.


 

C'est un monstre abominable,

Dit-il, qui souille ce lieu.

Sacrilège épouvantable !

C'est la pâture du Diable

Qu'il faut jeter vive au feu.


 

Le peuple, à sa voix cruelle,

S'en écarte avec frayeur,

L'époux ne voyant en elle

Qu'une femme criminelle,

La repousse avec horreur.


 

Mais la rage forcenée

Du prêtre rebelle aux lois,

Veut trancher sa destinée,

Et, pourtant l'infortunée

Est enceinte de six mois.


 

Étouffe avant sa naissance,

Dit-il, cet enfant proscrit,

Arrache-lui l'existence

Ou du ciel crains la vengeance ;

Cet enfant est l'AntéChrist.


 

À la voix du réfractaire,

L'époux croit venger son Dieu ;

Pour frapper, dans sa colère,

Et son enfant et la mère,

Il choisit la Fête-Dieu.


 

En secret, sur une échelle

Il l'attache avec effort,

Sans nulle pitié pour elle ;

Bientôt sa main criminelle

Saisit l'instrument de mort.


 

Mais de ce forfait atroce

Comment faire le récit ?

Ô crime ! Ô monstre féroce !

Voilà donc du sacerdoce

Et les vertus et l'esprit.


 

Vers lui l'épouse timide

Tourne des yeux suppliants

Le monstre, nouveau Séide,

Lève la fourche homicide

Et la plonge dans ces flancs.


 

Bientôt ses dents déchirantes

La mettent au monument :

De ses entrailles fumantes

Des mains de sang dégoûtantes

Vont arracher son enfant.


 

Je frémis !.... ma voix expire !

Ô peuple ! voilà ton sort !

De tes prêtres crains l'empire !

Vois pour tout ce qui respire

Ou l'esclavage ou la mort !


 

Aux cris des énergumènes

Tu verras renaître ici

Les Vêpres siciliennes,

Le massacre des Cevennes,

Et la Saint-Barthélemy.


 

Par le Troubadour républicain.*

 

* Extrait littéral du Journal intitulé : la Clef du Cabinet des Souverains, n°. 159.

 

    Le crime consigné dans la lettre qu'on va lire nous a fait une telle horreur, que malgré la véracité de l'homme qui l'a signée, en toute lettre, nous avons hésité avant de l'insérer dans notre journal ; mais il faut que le gouvernement sache que, ne trouvant que, ne trouvant que trop d'excuses dans les atrocités du fanatisme révolutionnaire, le fanatisme religieux se relève armé de tous ses poignards, et que nous disions aux prêtres restés fidèles à l'évangile, que s'ils n'évitent le précipice où nos modernes apôtres veulent les entraîner, ils perdront entièrement, en France, la religion et ses ministres.

 

    De Tulendre, commune de Monton, près de Clermont, département de Puy-de-Dôme, le 3 messidor, an 5.

 

        Citoyen,

    Je vous prie d'insérer dans votre journal le fait suivant qui m'a fait pâlir d'effroi. Une malheureuse fille, ci-devant religieuse, mariée depuis environ trois ans, heureuse tant que les prêtres n'étouffaient point le flambeaux de la raison, vient d'expirer dans les tourments les plus douloureux, assassinée de la manière la plus cruelle par son mari.... Ce monstre, à force d'entendre dire partout ce qui l'entourait que son mariage était un sacrilège, et que sa femme méritait d'être brûlée en place publique, la mène dans sa grange, après la bénédiction, le 27 prairial, jour de la fête-Dieu, l'attache à une échelle, lui enfonce à plusieurs reprises une fourche de fer dans les parties sexuelles, et lui arrache l'enfant dont elle était grosse de six mois.

    Forcée de courber la tête sous le joug de l'opinion locale, je désire de garder l'anonymat, n'ayant point le courage de me vouer à la proscription.

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Le Troubadour républicain, « Complainte sur un horrible assassinat commis par un fanatique, qui a éventré sa femme enceinte, par l'instigation des mauvais prêtres, 1797 »,   poème choisi, transcrit, remanié, mis en français moderne & commenté brièvement par Dina SahyouniLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesHommage poéféministe au professeur Samuel Paty, mis en ligne le 4 novembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/21octobre/ltr-complainte

 

 

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