« Comme nous disions hier », Celia Vázquez, collección AMPALIT, Poesía, 2020, 131 p., traduit de l’espagnol par Maggy De Coster
Mujer de sombra
Nos han humillado, nos han infravalorado,
nos han silenciado la voz,
nos han arrancado la mirada,
nos han rechazado y nos han sometido:
esos grandes hombres que no tienen medida
de su sadismo sin raciocinio.
De todos ellos están los libros llenos:
personajes heroicos que llenan cementerios;
aclamados y elevados en la fuerza de sus vidas,
inhumanos y agresivos, violentos,
cohorte de cretinos.
La historia se ha escrito con sangre de soldados:
Guerras de conquista, guerras de independencia,
las más cruentas de la historia, las guerras de religión;
guerras por ostentar el poder, guerras por una mujer.
Juegos de hombres, estatuas ecuestres, en patas alzadas;
caballos en bronce de pata en el aire, flechas y lanzas;
hombres esgrimiendo la espada, cañones y bayonetas;
aviones, buques acorazados, tanques, hazañas de vileza
ejercida por el hombre contra el hombre.
Ironía. Tortura, abuso, barbarie y venganza.
Los siglos navegan en el tiempo, el hombre queda anclado.
La violencia sigue arropando la naturaleza humana.
El hombre no suelta lastre, el placer de la crueldad
se cuelga de su espalda allá donde va.
Son los súbditos de la muerte, la llevan grabada a temple.
La mujer de sombra avanza por el filo del abismo,
bajo el sutil velo de la lucha silenciosa
por el derecho a recuperar el honor arrebatado.
El hombre es un contraste sustancial de involución
frente a la madre-mujer. Revolución.
Rechaza el yugo oculto bajo la bandera del amor.
Mujer de sombra, no transijas, no llores, no te rindas
Tu triunfo eximio reside en la fuerza suprema de dar vida.
La Femme de l’ombre l'ombre
Ils nous ont humiliées, ils nous ont sous-estimés,
ils nous ont réduites au silence,
Ils nous ont détourné nos yeux
Ils nous ont rejetées et imposé la soumission :
ces grands hommes qui n'ont aucune mesure
de leur sadisme sans raison.
Les livres fourmillent :
de personnages héroïques qui remplissent les cimetières ;
acclamés et élevés dans la force de leur vie,
inhumains et agressifs, violents,
une cohorte de crétins.
L'Histoire s'est écrite avec le sang des soldats:
Guerres de conquête, guerres d'indépendance,
les plus cruciales de l'Histoire, les guerres de religion;
des guerres pour prendre le pouvoir, des guerres pour une femme.
Des jeux pour hommes, des statues équestres avec des pattes élevées ;
des chevaux de bronze, les pattes en l'air, des flèches et des lances;
des hommes brandissant l'épée, des canons et des baïonnettes;
des avions, des cuirassés, des chars, des exploits de vilénie
exercée par l'homme contre l'homme.
Ironie. Torture, abus, barbarie et vengeance.
Les siècles naviguent dans le temps, l'homme y est ancré.
La violence continue d’envahir la nature humaine.
L'Homme ne lâche pas du lest, le plaisir de la cruauté
qu’il revendique en tout temps et en tout lieu.
Ils sont les sujets de la mort, incrustée en eux.
La femme de l'ombre avance vers l’abîme,
sous le voile subtil d'une lutte silencieuse
pour obtenir le droit de récupérer son honneur volé.
L'homme est un contraste substantiel d'involution
contre la femme-mère. Révolution.
Soulève-toi contre l’oppression cachée sous la bannière de l'amour.
Femme de l’ombre, ne transige pas, ne pleure pas,
n'abandonne pas
Ton triomphe absolu réside dans la force suprême de donner la vie.
Lectora de tu voz
Soy la lectora de tu voz;
la que pronuncia al viento
Sílabas transidas de silencio,
la que acaricia con la mirada
Ese verbo encabalgado de poeta,
de trovador de almas
Que no distingue género.
Intento descifrar tu quimera
cuando deshilas tu vida
De metáforas y ausencias,
De tus tardes de adolescencia.
Soy la cándida criatura que,
sentada en la arena de la playa,
a mil estrofas de distancia,
desde arcaicas tierras celtas,
tiende un puente de añoranza
para escuchar atardeceres
Al ritmo lento de tus poemas.
Desde el céfiro a los alisios
soy tu adivina,
La que traduce los inmensos azules
del horizonte marino,
La que interpreta tus versos.
Se deslizan por mis labios
peldaño a peldaño,
Resbalan por mi pecho
Para quedarse en el recuerdo…
poeta, tu voz no cae en yermo,
se transforma en eco.
Soy Alice :
Interpreto besos, sueños
a través de los espejos.
Lectrice de ta voix
Je suis la lectrice de ta voix ;
celle qui prononce le vent
syllabes transies de silence,
celle qui caresse avec le regard
ce verbe qui enchante le poète,
le troubadour des âmes
qui ne différencie pas les sexes.
Syllabes transies de silence,
celle qui caresse avec le regard
ce verbe enragé de poète,
de troubadour des âmes
qui ne différencie les sexes.
J'essaye de déchiffrer ta chimère
quand tu démêles ta vie
de métaphores et d’absences,
de tes soirées d'adolescence.
Je suis la candide créature qui,
assise sur le sable de la plage,
à mille lieues,
des archaïques terres celtiques,
jette un pont
pour écouter les couchers de soleil
au rythme lent de tes poèmes.
Du zéphyr aux alizés
je suis ta devineresse,
celle qui traduit l’immensité bleue
de l'horizon marin,
Celle qui interprète tes vers.
Ils glissent sur mes lèvres
petit à petit
Ils atterrissent sur ma poitrine
Pour rester dans la mémoire...
poète, tu ne prêches pas dans le désert,
ta voix se fait écho.
Je suis Alice :
J'interprète les baisers, les rêves
à travers les miroirs.
NDLR : Celia Vázquez est docteur en philologie anglaise à l’Université Complutense de Madrid, chercheur, conteuse, poète et essayiste ; elle a été professeur titulaire de l’Université Polytechnique de Madrid et de l’Université de Vigo et aussi Directrice du Département de Philologie anglaise pendant quelques années.
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Pour citer ces poèmes traduits & printanier coloré s
Celia Vázquez,« Mujer de sombra / La Femme de l'ombre » & « Lectora de tu voz / Lectrice de ta voix », poèmes bilingues inédits choisis & traduits en français par Maggy De Coster, textes reproduits avec l'aimable autorisation des auteures et leur maison d'édition,Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées » & N° 9 | FIN D'ÉTÉ « Femmes, Poésie & peinture » volet 2, sous la direction de Maggy De Coster, mis en ligne le 7 avril 2021. Url :
Pour citer ce poème printanier & coloré, engagé, poépolitique
Nadine Adra,« Il paraît... », poème engagé & poépolitique inédit,Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées » & N° 9 | FIN D'ÉTÉ « Femmes, Poésie & Peinture » sous la direction de Maggy De Coster, mis en ligne le 7 avril 2021. Url :
Françoise Urban-Menninger, « Voleurs de rêves», poème philanthropique inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées » & N°9| Femmes, Poésie & Peinture sous la direction de Maggy De Coster, mis en ligne le 6 avril 2021. Url :
« Comme nous disions hier », Celia Vázquez, collección AMPALIT, Poesía, 2020, 131 p., traduit de l’espagnol par Maggy De Coster
El paciente olvido
¿Qué es el amor sino un horizonte sin línea
que diluye al ser que ama?
¿Qué es el amor sino una dolencia constante que vuelve anémica la sangre?
¿Qué es el amor sino un canto de sirenas para un Odiseo sin mares?
Es salva de incoherencias que disuelve la libertad,
un presagio de vidente
que nos ancla el alma a un dueño:
el paciente olvido espeso.
Le patient oublié
Qu'est-ce que l'amour sinon un horizon sans ligne
qui dilue l'être qui aime?
Qu'est-ce que l'amour sinon une souffrance constante
qui anémie le sang?
Qu'est-ce que l'amour sinon une chanson de sirène
pour une odyssée sans mers?
Il est sauvé des incohérences que dissout la liberté,
un présage de voyant
qui ancre notre âme à un propriétaire:
Le patient a oublié l’aspérité.
Distancia
Ahora estoy, amor, lejos de ti,
tan lejos que me cuesta extasiarme,
conseguir evocarte, traerte hasta mi misma.
Se me quiebra en las manos tu recuerdo más puro :
tu ser indefinible.
Lo accesorio lo tengo. El paisaje,
lo que te rodea y que de ti es parte:
la larga, desesperante, inmensa llanura.
El horizonte remoto, pura línea,
la pincelada azul del vibrante aire,
el sol, fulgente, duro e implacable ;
el anchuroso espacio
que marca la distancia,
el quiebro áspero de la sombra cortada,
la inclemente cuchillada del sol.
Todo me acerca tu recuerdo en un instante:
los veranos calientes, las hirientes cales;
las casas chicas, humildes o nobles.
Llevo mi mente a todo lo que me inspira
y me permite evocarte :
A la plaza, al escudo y a la iglesia ;
al tapial, a la grieta y al molino ;
al árbol solitario, altivo y seco
que como tú me mira de soslayo;
al castillo en lo alto del otero,
sin sueños, sin gigantes,
sin vientos, sin anhelos.
A ti, sí, te tengo, aquí, clavado ;
tu rostro, erial de suaves surcos,
marca el tiempo que nos amamos ;
el horizonte remoto de tu cuerpo,
la pincelada azul de mis ojos,
el delineado de tus labios,
el sol fulgente de mi cabello
el anchuroso espacio de tu espalda…
la inclemente cuchillada de tu ausencia.
Distance
Maintenant je suis, mon amour, loin de toi,
si loin qu'il m'est difficile d'être extatique,
de t'évoquer, te ramener vers moi.
Ton souvenir le plus pur se brise entre mes mains:
ton être indéfinissable.
J'ai l'accessoire. Le paysage,
ce qui t'entoure et ce qui fait partie de toi :
La longue plaine immense et désespérante.
L'horizon lointain, la ligne pure,
le coup de pinceau bleu de l'air vibrant,
le soleil, brillant, dur et implacable ;
le vaste espace
qui marque la distance,
la rupture brutale du tranchant de l'ombre,
la lame incisive du soleil.
Tout en un instant me rappelle à ton bon souvenir:
étés chauds, chagrins blessants;
les petites maisons, humbles ou nobles.
tout ce qui m'inspire me revient à l'esprit
et me permet de t'évoquer :
la place, le blason et l'église,
le pisé, la fissure et le moulin
l'arbre solitaire, hautain et sec
qui comme toi me regarde de travers;
le château perché sur la colline,
sans rêves, sans géants,
Toi, oui, je t'ai, ici, cloué ;
ton visage, hérissé de sillons doux,
marque le temps de nos amours;
l'horizon lointain de ton corps,
la peinture bleue de mes yeux,
le tracé de tes lèvres,
le soleil éclatant de mes cheveux
la largeur de ton dos...
la lame tranchante de ton absence.
Su encanto
Su voz de tono grave e impostada
que jamás vacilaba ante la mentira,
se derritió con la rutina un día.
La costumbre habitó su alma;
la fragancia de su viril encanto
se colgó de su camisa de once varas
rasgada con la inercia de la vida.
Son charme
Sa voix profonde et imposante
qui n'avait jamais hésité face aux mensonges,
un jour, s'est fondue dans la routine.
L'habitude habitait son âme ;
le parfum de son charme viril
s'est pendu à sa chemise à onze points
déchirée par l'inertie de la vie.
Oubli
Olvidarte me arroja a la más burda indolencia,
a un cielo rojo y añil, a la intolerancia absurda,
a la nada macilenta, a la máscara sin perfil,
a la disolución sin huella.
Por eso me niego a olvidarte.
Prefiero ser un perfume sin aroma
una hoguera sin fuego, la pleamar sin olas,
un verano sin calor, un pájaro sin vuelo,
un poema sin rima, una fuente sin agua,
una canción sin letra, paradoja sin sentido,
para no perder la ilusión de esa amistad eterna
que parpadea en la noche convertida en una estrella,
que cuelga del firmamento, que sueña con el mañana,
en un tiempo de futuro y en el sonoro plural,
en el tatuaje del alma de un amor atemporal.
Oubli
L’oubli me jette dans la plus grande indolence,
à un ciel rouge et indigo, à une intolérance absurde,
au néant blafard, au masque sans profil,
à la dissolution sans trace.
Pour cela je me refuse de t'oublier.
Je préfère être un parfum sans odeur
un foyer sans feu, la pleine mer sans vagues,
un été sans chaleur, un oiseau sans vol,
un poème sans rime, une fontaine sans eau,
une chanson sans paroles, paradoxe insignifiant,
pour ne pas perdre l'illusion de cette amitié éternelle
qui clignote la nuit transformée en étoile,
suspendue au firmament, qui rêve au matin,
dans un futur pluriel et sonore,
d'un amour intemporel au tatouage de l’âme.
Vestigios de amor
El poeta del amor,
a quien las adolescentes
admirábamos,
no parecía tener claro
a qué mujer amaba
y a algunas de nosotras,
sus poéticos retratos
más de un disgusto han dado
y nos dejan ahora intuir
que el poeta y su querer
no nos ha quedado claro.
Empeño inútil me parece,
en nuestro tiempo, averiguar
quiénes fueron las mujeres
de las que Bécquer
anduvo enamoriscado :
la que hablaba como Julieta,
en el balcón donde anidaban
las golondrinas
y donde se enredaban
las madreselvas ;
la que le hizo exclamar :
“¡Hoy creo en Dios!” ;
la que con su mano
arrancaba melodiosos sones
del arpa olvidada ;
la que prueba,
con una sola afirmación,
que ella es la poesía ;
la que evoca por su solo recuerdo
al amor que pasa, entre olas de armonía ;
la que acorta el vivir del poeta, cuyo espíritu,
se propone esperarla
a las puertas de la muerte
para poder decirle
todo lo que ha callado.
Nuestro admirado Bécquer
vivía de ensueños
y al final de su vida no sabía
qué había sido sueño
y qué realidad en su vida amorosa:
solamente soñándose dormido,
así tan solo, vivía en plenitud
la vida que había soñado.
Nombres y fechas
se confundían en su mente.
Para él todo había sido
amor verdadero, sentido,
amor real. Un gran sueño.
Vestiges de l'amour
Le poète de l'amour,
que les adolescentes admiraient,
ne semblait pas savoir
clairement quelle femme il aimait
et à certaines d'entre nous,
ses portraits poétiques
révèlent plus ses déconvenues
et nous laissent deviner
que le poète n’était pas clair
sur son sentiment amoureux.
Il me semble inutile,
à notre époque, de chercher à comprendre
que des individus comme Becquer
soient tombés amoureux:
celle qui parlait comme Juliette,
sur le balcon où se nichaient
les hirondelles
et où les chèvrefeuilles s’emmêlaient;
celle qui le fit s'exclamait:
« Aujourd'hui, je crois en Dieu! »
celle qui de sa main
arracha des sons mélodieux
de la harpe oubliée;
celui qui prouve,
en affirmant fermement,
qu’elle est la poésie ;
celle qui évoque par son seul souvenir
l'amour qui passe,
entre les vagues d'harmonie ;
ce qui raccourcit la vie du poète,
dont l'âme,
se propose de l'attendre
aux portes de la mort
pour pouvoir lui dire
tout ce qu’il a tu.
Notre Bécquer admiré
vivait de rêveries
et à la fin de sa vie, il ne savait pas
qu’il avait rêvé
en réalité dans sa vie amoureuse:
qu’il rêvait sa vie dans son sommeil,
ainsi tout en étant si seul, il vivait dans la plénitude
de la vie rêvée.
Noms et dates
se confondaient dans son esprit.
Pour lui, tout avait été
de l’amour vrai, ressenti,
le véritable amour. Un grand rêve.
NDLR : Celia Vázquez est docteur en philologie anglaise à l’Université Complutense de Madrid, chercheur, conteuse, poète et essayiste ; elle a été professeur titulaire de l’Université Polytechnique de Madrid et de l’Université de Vigo et aussi Directrice du Département de Philologie anglaise pendant quelques années.
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Pour citer ces poèmes d'amour traduits
Maggy De Coster,« Como decíamos / Comme nous disions hier. Poèmes de Celia Vázquez », poèmes d'amour bilingues inédits choisis & traduits en français par Maggy DE COSTER, textes reproduits avec l'aimable autorisation des auteures et leur maison d'édition,Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées » & N°8 « Penser la maladie & la vieillesse en Poésie » volet 2, sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 6 avril 2021. Url :
Comme aux chaudes saisons veulent chanter l'amour.
Où s'est caché l'hiver ? Tout renaît, tout s'éveille,
...
Et chacun reconnaît que c'est fête aujourd'hui.
C'est votre fête, ô morts ! Et l'univers vous chante...1
Depuis Charlemagne, le 1er novembre est instituée jour des saints chrétiens (la Toussaint) ; environ un siècle plus tard, le 2 novembre est institué le Jour des Morts, et… Le 2 novembre 1821, nait Marceline, Justine, Hyacinthe, Line pour les intimes, très vite joliment surnommée Ondine. Hasard de la nature en cette date ou symbolisme avant la lettre, qui hantera sa fragile et éphémère présence sur terre ? Car, à partir de son 21ème anniversaire, la même question se posera à elle, ici en 1844, puis en 1846, en 1848 et jusqu’en 1852, peu de mois avant sa disparition, elle cherchera et parfois trouvera une réponse partagée entre mysticisme et poésie.
Et vos âmes errantes
Tressaillent à l'appel de nos cloches vibrantes.
Les vivants aujourd'hui vous parlent à genoux :
C'est votre fête, ô morts ! O morts, écoutez-nous !
...
Car vous êtes là-haut plus vivants que nous- mêmes,
Et peut-être..
...C’est nous, pâles vivants, que vous nommez les morts.
...
En 1844, Ondine Valmore a 23 ans et c’est déjà une poétesse affirmée qui se confirmera au fil du temps.Notons au passage que la forme très rare du huitain, aux rimes enlacées, que la jeune autrice utilise ici et très régulièrement par la suite, souligne une grande connaissance et une vraie maitrise de l’expression et du langage poétiques.
Revenir à la courte vie d’Ondine, peut expliquer et justifier ce questionnement. Ondine était la quatrième enfant de la famille Valmore, dont les deux premiers – un garçon et une fille – étaient morts très tôt semant le désespoir chez la mère, Marceline Desbordes-Valmore, elle-même orpheline à quinze ans, qui, très jeune avait cumulé de dures épreuves. Ces pertes douloureuses furent à jamais inscrites dans la mémoire familiale. Sans nul doute, le deux novembre, les jeunes parents devaient visiter les sépultures de leurs enfants ou au moins évoquer leur disparition, ou en partager des souvenirs. Sans nul doute également, cette profonde et incurable douleur chez la mère entretint une inquiétude permanente et autant d’espérances que de désespérances qui menèrent à une extrême vigilance marquant l’éducation de la petite fille.
En famille : Une enfance et une adolescence protégées... pourtant ouvertes et libérées. Ondine était une enfant tranquille, mais peu causante aux yeux de sa mère ne comprenant pas ce qu’elle nommait « silence, du retirement de cloître»2 et voyait en elle «un ange de fer»*
Ondine, reçut une éducation sans faille de ses précepteurs, mais son comportement et sa détermination monopolisèrent l’attention des parents. Elle s’enfermait des heures durant dans ses rêves contemplatifs, ses lectures, plus tard ses études religieuses, de lettres, de latin, de langues, et de mathématique, de physique plongeant dans des examens techniques hors normes qui lui « brulaient le sang et le cerveau.»*
Ce « petit cheval toujours à l’ouvrage »* était pourtant frêle et fatigable, d’où l’inquiétude maternelle. Cependant elle était très proche de son frère ainé Hippolyte, avec qui elle s’amusait, lisait et jouait des saynètes – une complicité dont leur petite sœur, Inès née cinq ans après Ondine, se sentait exclue et qui créait des tensions, des jalousies enfantines qui se prolongèrent jusqu’à son adolescence. Son originalité et sa créativité, faisait d’elle un être à part, d’autant que sa mère l’entrainait dans des salons d’amis ou au théâtre – ainsi chez Mme Récamier, où elle devint dès ses 5 ans « la merveille du genre »*, admirée de tous. Elle avait à peine 10 ans, quand Mlle Mars, la grande comédienne, proposa de « montrer ce diamant sur scène », ce que refusa sa mère, d’une part car elle détestait la profession mais surtout parce que la santé fragile de la jeune fille porteuse de tuberculose était pour la mère un vrai souci pour la mère.
Cette mère qui souffrait de la « froideur » de sa fille, de son indifférence à « l’aiguille, la couture, à son apparence de cosaque» peu soignée, était pourtant aimée d’elle et le lui témoignera, à sa façon :
Quand, mère, tremblante et craintive,
Tu me vis à mon premier jour,
Au lieu d'une voix plaintive,
Ta fille souriait au jour.
Mais une mère a tant d'alarmes !
...
Vois-tu, si je naquis sans larmes,
C'est que le bonheur m'attendait.
...
Je venais donc dans cette vie
T'apporter et chercher l'amour...3
Une belle adolescence, une jeunesse studieuse mais maladive, qui la pousse vers les études avancées, la créativité dans l’art, la peinture, le dessin et une religiosité teinté de mysticisme qui lui sert de refuge et de support, et même bientôt une indépendance financière, puisque sur recommandations d’amis, elle commence par donner des cours particuliers de français et d’anglais à des jeunes filles, puis à vingt-trois ans devient sous maitresse dans une Institution pour jeunes filles et à vingt-huit, Inspectrice d’Institutions éducatives pour la préfecture ! Quel parcours !
Oui mais... Et l’amour, les promesses, les promis...l’indispensable mariage :
La mère la comprend de moins en moins et considère son avenir avec perplexité. La seule solution dans ce cas c’est...un mari. Et la voilà en quête...la mère, pas la fille ! Qui n’a rien contre mais ne fait rien pour... Elle va avoir trente ans...
Plusieurs petites entr’aperçus même pas entrevues, de faux espoirs d’un Malhortie peu galant qui lui fait écrire de guerre lasse « Va, l'amour d'un tel cœur ne vaut pas une larme : « Aimèrent-ils jamais, ceux qui cessent d'aimer! ». Voilà l’ami Ste Beuve, de 19 ans son aîné, qui s’avance d’un pas, lors de soirées ludiques organisées à l’Institution où il partage jeux, tables, et discussions avec Ondine... et qui recule de deux.
C’est à désespérer et elle désespère dans l'Étoile du soir :
Ah, si j'aimais, si l'on m'aimait de même
Tes purs rayons ne me feraient plus peur.
Déjà mon cœur a battu d'espérance…
Se présente enfin LE candidat sérieux : Jacques Langlais, 40 ans, veuf, père de deux garçons, avocat, vaguement écrivain-nouvelliste lui-même. Il s’attache à l’intelligence et à la sensibilité supérieure de la jeune femme. Le mariage de raison de 1850, se transforme vite. Le couple développe un vrai amour et elle le dit « À Jacques », deux poèmes de 1850 et 1851 :
... Et toi qui m'as donné cette foi souveraine
Toi qui mis dans mon cœur cette flamme sereine,
Cette nouvelle force et ce vivant amour...
Et le second :
...Plus doux que la rosée et plus doux que l'aurore,
Dans les bienfaits de Dieu j'en connais un encore
Ce don, mon bienaimé, ce don-là, c'est l'amour.
Amour que partagent les deux garçons car une famille se forme, un bébé nait en février 1852. Mais la vie en décidera autrement : le bébé disparaitra en mai 1852, et Ondine épuisée le suivra en février 1853. Restent ses Cahiers riches de toute son histoire
Une vocation de poétesse
Le 6 décembre 1832 Lamartine perdit sa fille et Ondine, âgée de 11 ans, lui adressa, début 1833, le poème intitulé (établissant un lien durable avec le poète).
À UN PÈRE
Ô Lamartine, ô toi que le ciel a formé
De tout ce qu'il avait de pur et de suave !
…
C'est donc triste d'aimer! Quand ta lyre divine
Berçait l'enfant joyeux par ton cœur adoré,
...La mort le regardait
…
... Père, console-toi ! Ta fille bien-aimée
Est montée où la mort n'entre que désarmée!
C'est Dieu qui l'a voulu, c'est Dieu qui l'aimera !
Ainsi ne pleure plus, Père, il te la rendra.
Le texte fut publié dans le numéro daté du 18 mai 1834, de la revue lyonnaise, Le Papillon, probablement par les soins de Marceline Desbordes-Valmore.... Par la même occasion, la religiosité de la jeune fille se déclare déjà ouvertement.
La jeune poétesse ainsi révélée ne faiblira jamais, répondant en mots et en images aux circonstances de l’histoire et de la vie, abordera tous les sujets : l’amour, la nature, la mort omniprésente, adoptant de multiples formes du quatrain rimés, à l’octain (une forme très difficile et rare mais n’oublions pas que sa mère avait créé le onzain) qu’elle perfectionnera utilisant métaphore, symbole, prière, exaltation, voire élégie ou éloge !
Très tôt, elle se lancera dans les concours de poésie, notamment circonstanciels. Ainsi en 1836, le poème à la Princesse Marie, retient l’attention.
1er août 1839, Le baptême du comte de PARIS, un texte vif, « où elle reste elle-même, loin des clichés courtisanesques »* qui obtient le 1er prix du grand concours de poésie de l’Institution Levi : elle a dix -huit ans. Elle ne s’arrêtera plus.
Tout au long de sa vie, elle dédicacera ses poèmes à ses amis Marie Bathilde, Jean Louis ; aux plus grands Victor Hugo (en janvier 1840, qui lui répondra), Alfred de Vigny, encore à Lamartine (en 1846), à un ami anglais H. Philips qui l’aurait introduit à la poésie de Cowper qu’elle traduisit, et naturellement à plusieurs reprises à l’incontournable Sainte Beuve.
Tout évènement lui sert de départ à un poème. Ainsi le 20 mars 1847, elle écrira un poème – toujours un octain en rimes enlacées- à la mort de la grande amie de la famille, la tragédienne Melle Mars qui avait tenté de l’entraîner sur la même voie :
Les muses ont pleuré ! Sur leur chaste visage
…
À ses derniers rayons gémissent leurs adieux.
…
Elle part, douce reine adorée et suivie,
Une cour à ses pieds l'adorait chaque soir.
…
Comme eux, ma voix s'élève et ma voix t'a bénie.
…
Tous pleurent ton soleil, tous pleurent ton génie,
Ils t'admiraient : j'ose t'aimer.
…
Cet adieu désolé qui vient frapper ton cœur
Qui gémit dans la voix de ceux qui t'ont bénie,
Je ne le dirai pas. C'est un mot qui fait peur.
Au revoir ! Au revoir ! Ô la belle des belles,
Ô la plus reine encor des reines d'ici-bas,
Au revoir ! On ne peut pleurer les immortelles
Et chaque année, revient, revient...son anniversaire
VINGT ANS (2 novembre 1842)
(à sa mère)
Vingt ans ! Quoi ! J'ai vingt ans, ma mère, et les journées
Ont apporté cette heure en jouant avec moi.
Quoi ! De si courts instants (') ont formé vingt années !
...
La nouvelle t'effraie, ô mère ardente et sage;
Tu lis dans l'avenir et ton cœur m'y défend.
Oui ! L'avenir est près ; mais, qu'importe ? À tout âge,
Serai-je pas toujours ta vie et ton enfant ?
Ne crains pas ! J'ai vingt ans; tout s'éveille en mon âme.
Je n'ai pas peur de vivre et ne recule pas.
…
Ne crains pas à me voir commencer le voyage,
Légère de trésors pour payer le bonheur.
Il viendra sans compter, le vivant héritage
M'a mis l'espoir dans l'âme et l'amour dans le cœur.
....
Dans ce long poème de 16 quatrains rimés avec soin, se révèle le double aspect du caractère et de l’âme d’Ondine. Son amour avoué enfin pour sa mère et sa famille, et sa technique acquise en poésie.
Les sept premières strophes, passés l’étonnement de fin d’adolescence, c’est la jeune femme courageuse, ouverte à la vie, qui regagne confiance après 6 mois de soins à Londres chez le Dr. Curie (le nom ne s’invente pas !) une expérience dont elle sut tirer profit.
Cependant, les sept strophes suivantes révèlent bien sa fragilité qui la pousse vers plus de dévotion donnant sens à ce qui deviendra sa Vie.
Pour cette célébration poétique de l’anniversaire celui de ses 21 ans, tout en réitérant amour et tendresse pour sa mère, elle affirme définitivement ses vocations de jeune femme active, écrivaine et artiste et mystico-religieuse.
Poétesse aux multiples possibles, mélomane et pianiste amateure mais connaissant son perfectionnisme on peut imaginer jusqu’où elle avait dû pousser son amateurisme, elle consacra en octobre 1848 un très long octain en rimes enlacées à Chopin Prélude de Chopin, toujours sur fond mystique, s’appuyant sur la symbolique vivante de la nature.
Un autre talent devait compléter son œuvre : la traduction dès 1847. On connait son goût et sa facilité d’apprentissage des langues : l’anglais, le polonais, l’italien, le latin entre autres. Elle se lança donc dans la traduction de poèmes, ce qui ne tolère aucune faiblesse ni interprétation ! C’est ainsi que l’on retrouva dans ses carnets deux Hymnes- de William Cowper-Cowper, un poète du 18ème siècle, à l’origine du romantisme anglais, qui écrivit ces Hymnes à la demande de John Newton un ancien négrier, devenu abolitionniste et vicaire.
En janvier 1850 elle choisit Bhodan Zaleski, poète polonais spécialiste de Lieders mis en musique par Chopin, dont elle traduit Jamais !Oh ! Jamais donc ! et en avril Départ sans retour (9 quatrains) toujours symboliste mais un rien politique car :
([Sous] Un platane près des ondes
…
Un jeune homme aux tresses blondes
Se penche en pleurant.
…
... L'homme dit à sa patrie
L'éternel adieu.
…
... Par-delà la forêt verte,
Il suit la route déserte
...
Pour chercher loin du grand fleuve (*)
Le pain de l'exil ;
...
La reverra-t-il ?
...
Non ! Car l'Ukraine féconde
Depuis bien des temps,
Envoie au loin par le monde
Mourir ses enfants
Circonstances, actuelles de nos jours et de toujours. La fécondité littéraire d’Ondine Valmore ne fut arrêtée que par sa mort. Elle aborda toute les formes à sa portée du poème aux aphorismes, du conte pour enfant au théâtre comique, car elle ne manquait ni d’esprit ni d’humour et avec la complicité du grand frère Hippolyte pour les dire et les mettre en scène, tout t avançait vite. Cela, avec une aisance et une élégance formelle d’époque et d’école ...d’école ? Pourtant...
Une pédagogue d’époque et plus ?
De la sous-maîtresse à l’inspectrice académique hyper-compétente, c’est le parcours méthodique, rigoureux et réfléchi d’une observatrice appliquée au respect des règles sociales et religieuses, autant qu’à la pédagogie et au développement de l’enfant. Le regard qu’elle porte sur l’éducation des filles est ambigu, à une époque où l’éducation des filles n’était ni obligatoire ni gratuit et s’adressait aux classes moyenne et haute, visant à les préparer à leur futur rôle d’épouses et mères.
Dans son rapport d’inspection, une contradiction implicite surprend dont elle ne semble pas avoir conscience. Elle déplore le traditionalisme voire le conservatisme rigide des méthodes éducatives en préconisant un renouvellement et insistant sur la nécessité de créer une École Normale d’Institutrices formant à une pédagogie évolutive, et discrètement réclame la professionnalisation de la femme (attention ! non point des femmes car elle est dans un schéma). Là s’arrête sa réflexion, car Ondine était jeune fonctionnaire, sans grande expérience, loin encore d’un esprit ouvert et laïc et tolérant.
Quant à La Femme...elle s’en expliquera dans une conférence ...assassine
Une femme ou un génie ?
(gardons le masculin pour faire bonne figure malgré la marque « e » finale de noblesse féminine et pour répondre avec un sourire moderne à la jeune poétesse inspectrice d’époque.)
Notons tout d’abord qu’Ondine vécut sous quatre régimes politiques différents et trois révolutions qui la fit passer du conservatisme paisible de Louis XVIII, ultra de Charles X qui entraina Les Trois Glorieuses 1830 (elle avait alors 9 ans) à La Monarchie de Juillet de Louis-Philippe, et ses avancées sociales et économiques jusqu’à la révolution des « Gavroches » de Juillet 1848. Elle entrevit les espérances de la République... sous Napoléon le neveu, puis du Second empire en décembre 1852.
Les derniers régimes avaient été marqués par les premières revendications sur l’éducation des filles et, la révolution industrielle battant son plein, une classe moyenne se développait où les femmes, plus nombreuses à travailler dans des secteurs variés, revendiquaient leur place.
En ce sens, 1848-52 est une période charnière. Âgée de 27 ans, esprit curieux et alerte, mais de santé fragile, ayant côtoyé les plus grandes créatrices de Mlle Mars, Mme Récamier à George Sand, Louise Colet entre autres, qui bousculaient les clichés autour des « bas bleus », elle ne pouvait ignorer les avancées et les combats des femmes pour leur place (ce qui ne s’appelait pas encore des droits). À l’époque, les publications féminines sans être interdites, étaient considérées d’un œil distant voire méprisant. Il suffit de lire Michelet, hautain, qui n’hésitait pas à les « remettre à leur place » (aux lectrices-teurs de deviner laquelle !).
Quoi qu’il en fût, Ondine n’était pas féministe, loin de là. Peut-être à cause de sa dévotion aux dogmes de Paul ; peut-être parce qu’à 20-30-32 ans, trop impliquée dans ses études, puis sa carrière; peut-être aussi son opposition à sa mère. Bien qu’intelligente et très impliquée par son rôle d’éducatrice puis d’inspectrice, elle n’avait pas eu le temps de réfléchir au-delà des clichés dans lesquels finalement elle s’inscrivait.
Ainsi Ondine dans une conférence intitulée Discours à proposde Jacqueline Pascal, (la sœur de Blaise Pascal, religieuse janséniste et poétesse), elle déclara que la femme ne devait pas être publiée. Elle pouvait chanter « elle chante comme un rossignol *» selon sa mère, à l’église ou dans des récitals privés ; elle pouvait écrire, lire et dire, déclamer des poèmes ou des textes, toujours dans les cercles familiaux ou entre amis...
Mais non ! Pas écrire pour être publiée. Elle avait même précisé que, si elle était législateur, elle ferait une loi qui l’interdirait. ...Sauf dans une exception : « quant au génie, il est hors la loi; rien ne l'étouffe et il est bon qu'il apprenne à vaincre ».
La question était, pour une femme qui veut écrire et publier ses œuvres, de savoir si elle avait du génie. Curieux raisonnement pour la fille d’une grande poétesse comme Marceline, largement reconnue pour ses publications, ses poèmes mis en chansons! À moins qu’elle ne considérât sa mère et à terme elle-même comme de géniales rebelles. Car rebelle, elle l’était et sûre d’elle. Mais son mari Jacques Langlais, par respect pour elle, hésita longtemps à confier ses Cahiers à sa belle-mère et à Ste Beuve, ce qui maintint à jamais la fille dans l’ombre de la mère.
En conclusion
Laissant le temps décider, elle avait ajouté :
« Si vous regrettiez pour eux [les génies], l'écho de la postérité, ne craignez pas. Le génie est immortel et son parfum le trahit. Quand vous ne serez plus là pour redouter l'orgueil et le monde, votre nom sortira pur de son obscurité ».
Son nom est-il sorti de l’obscurité ? On peut espérer que la fin du poème d’entrée du présent article le confirme :
Bref rappel chronologique du parcours de vie d’Ondine Valmore
– 2 Novembre 1821 : naissance à Lyon
– 1830 : Les Trois Glorieuses ; Création de la Monarchie de Juillet sous Louis Philippe qui s’ouvrira aux libertés publiques (presse et religieuse notamment).
– Début 1832 : À onze ans, elle adresse sontout premier poème Père à Lamartine 26 – Mars 1835 : Célébration du baptême d’Ondine
– Entre 1827 et 1840 : Les engagements de Prosper Valmore, contraignent la famille à de fréquents déménagements en France (Bordeaux, Rouen, Lyon, Toulouse, Paris etc), et en Europe- Milan (1838) Bruxelles (1840).
– À partir de 1837 : Ondine tient régulièrement dans ses Cahiers (une trentaine, contenant une centaine de poèmes inédits, dont une quarantaine datés, autant non datés et inachevés, des notes savantes d’études et de lectures, des aphorismes, des saynètes, des dessins, peintures, son rapport d ‘inspections d’Institutions de jeunes filles, pour la préfecture).
– Juin- septembre 1840 Prosper Valmore est à Bruxelles, Ondine se repose à Douai chez Mme Saudeur (sa sœur Inès à Orléans chez Caroline Branchu, une grande amie des parents).
– En octobre, avec leur mère et Inès, elle rejoint son père à Bruxelles. Ils rentreront à Paris à la fin de la saison (juin 1841).
– Août-Novembre 1841 : La tuberculose se déclarant, elle effectue un premier séjour en Angleterre chez le Dr Curie; elle apprend l’anglais et se sensibilise à la littérature et la poésie anglaises. Elle fête ses vingt ans en offrant un poème à sa mère.
– Mars 1843 : Second séjour à Londres ; elle écrit son premier conte pour la petite fille du médecin ; elle retourne en France en juillet avec sa mère.
– Octobre 1844- Juin 48 : Elle débute comme sous- maitresse (institutrice), dans l’Institution pour jeunes filles Bascans, rue de Chaillot (alors Neuilly).
– 4 décembre 1846 : Mort de sa sœur Inès à 19ans. Sa mère s’arrange avec la directrice de l’Institution pour éviter qu’Ondine soit informée de la dégradation de la santé de sa sœur (tuberculose) et la tiendra éloignée jusqu’au dernier moment.
– 1847 : Mort de Mlle Mars, très proche d’Ondine qui lui consacre un poème.
– Février 1848 : Révolution « des Gavroches ». Deuxième République, nouveaux espoirs et transformations sociales
– 14 Juin 1848 : Elle est nommée Inspectrice des Institutions et pensionnats de demoiselles du département de la Seine. En 2 ans, elle visite 63 établissements avant d’établir un rapport circonstancié sur les niveaux sociaux dans les établissements, la qualité et la spécificité des enseignements, et dénonçant la pauvreté des méthodes et ressources pédagogiques.
– 16 janvier 1851 : Elle épouse Jacques Langlais, un avocat de dix ans son ainé.
– 19 janvier 1852 : Ondine donne naissance à un petit garçon Marcel, qui décède le 4 mai.
– Décembre 1852 : Second Empire elle n’eut pas le temps d’apprécier les suites en littérature.
– 12 février 1853 : À 32 ans, elle décède de tuberculose. Son époux, son frère collectent ses cahiers et sa mère demande à Ste Beuve de rédiger la biographie de sa fille. Il publia plusieurs articles, mais aucune biographie complète d’Ondine.
Références bibliographiques : Sur Ondine Valmore:
Consultés en PDF sur le site BNF Gallica
– Jacques BOULENGER : Ondine Valmore(Paris ; les Bibliophiles Fantaisistes 1909) ; ainsi que L’album d’Ondine Valmore ;
– Les Cahiers de Ondine Valmore/avec une introduction et des notes de Albert CAPLAIN (Conservateur de la Bibliothèque de Compiègne) et la reproduction de 3 dessins (Paris, Charles BOSSE, libraire 1932) ;
– La Gazette anecdotique du 31 janvier 1889 : partie sur la relation ambiguë de Ste Beuve avec la jeune fille, alors sous maîtresse de l’Institution Bascas rue de Chaillot
Sur et autour de Marceline Desbordes-Valmore: certains documents d’époque consultés sur Gallica, mais surtout plus récemment:
1. Tous les poèmes et autres citations sont extraits des Cahiers d’Ondine Valmore, par Albert Caplain (Paris, Charles BOSSE, libraire-éditeur 1932).
2. et * Toutes les citations des lettres de Marceline sont extraites de la biographie de Jacques Boulenger Ondine Valmore (Paris , éd. Les Bibliophiles fantaisistes- Dorbon Ainé 1909).
3. Poème non daté, probablement circa 1839 lors de ses dix-huit ans.
4. Non vérifié, probablement 1825.
***
Pour citer cet article
Annpôl Kassis,« Une découverte : Ondine Valmore, symboliste avant la lettre », texte inédit,Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021 & Marceline Desbordes-Valmore Valmore | Revue annuelle, internationale, multilingue & poéfeministe (ou poefeminist), « Célébration », n°1, volet 2, mis en ligne le 5 avril 2021. Url :
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