22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 09:41

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Pionnières en poésies féministes | Chroniques de Camillæ Critique & réception) | Revue culturelle des Amériques

 

 

 

 

 

 

Kathy Acker,

 

 

 

New York City in 1979

 

 

 

 

 

 

 

 

Camille Aubaude

 

Site & blog officiels :

www.lamaisondespages.com/

 

https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

 

 

 

Crédit photo :  Kathy Acker, Capture de l'mage de Wikipedia (domaine public) par LPPDM. 

 

 

Kathy Acker, New York City in 1979. Penguin modern : 27, 1979.

global.penguinrandomhouse.com

 

 

L’activiste féministe et universitaire new yorkaise Kathy Acker constate en 1979 que « l’intense désir sexuel est la plus grande chose au monde. »

Or, de tous temps, on l’a réprimé. Les gens préfèrent une vie sans histoire. Et puis il y a l’art.

 

 

Le premier tableau de Kathy Acker est un dialogue de putes en prison la nuit. On sent le silence. Les putes parlent de leur homme. Elles attendent qu’il vienne les sortir du trou. Il y en a une qui saigne depuis deux jours, son toubib lui a parlé d’avortement. Elles savent qu’elles appartiennent à la rue et qu’elles sont de braves filles qui rapportent de l’argent. Des petites filles en train d’avorter, qui rêvent d’hôtel alors qu’elles sont en prison, puis qui veulent dormir, parce qu’elles vont retourner au travail. Dans la rue. Si elles ont de la chance. Si l’homme vient les sortir de là. L’homme qui les a mises dans la rue.

 

Est-ce la peine de lire tous ces textes regroupés sous le titre « New York City in 1979 » ? On devine que les rapports entre hommes et femmes vont soulever ces vastes questions sans réponse, saboter tous nos plans cognitifs, ces pièges faits pour nous rassurer, nous qui voulons du sens, de l’intention, des finalités.

 

 

 

© Crédit photo : Camille Aubaude, "Bords de Loire devant la Maison des Pages d’Amboise", avril 2021. image fournie par la chroniqueuse. 

 

 

Le texte suivant est sur les lesbiennes définies comme des femmes qui préfèrent leurs propres manières à celles des mâles.

Subtil…

L’abyssale obscurité engendre une jolie métaphore : les lesbiennes préfèrent les grandes aires circonvolvantes de la sensualité au but direct, suivi de poursuites afin d’obtenir encore plus, et toujours plus, l’orgasme utérin étant la plus grande jouissance au monde. Réprimée sans appel, ne pouvant se répéter, ni s’enraciner.

 

Les espaces de volutes soulèvent quoi ? Pas les fesses (écrire face), les culs, les Whats ‘up, l’Ascension, la Pentecôte, où l’on parle « en langues », mais l’enchanteresse confiance du rêve. Très exactement, cette sensualité lesbienne « mène à dépendre des illusions. Les mensonges et le silence sont plus réels que la vérité » — ce qui ne veut pas dire grand-chose. En revanche, être passionnément épris de quelqu’un et « dépendre d’illusions », c’est tisser sa langue, soi-même, se mettre à ressembler aux décors anamorphosés apparentés aux drogues.

Après, les questions deviennent sordides. Ces femmes qui trouvent la force de prendre un avion pour rejoindre un homme, et s’en émeuvent, quelle tristesse ! Alors tout est faux, « fake », personne n’écoute, les leurres sont éteints. Les indignations sont construites pour être dans l’air du temps. Ne reste que « l’horrible désastre » que la narratrice veut voir désespérément, telle une « nouvelle chose qui va arriver cette année ».

 

Pas de soucis, disent-ils. 

Alors suivent des exemples, dont on ne sait si l’extrême gravité va ressortir à des jeux de rôles malsains ou à la défense de la dignité de l’être humain.

"JANEY est une femme qui a blessé sexuellement  et a été tellement blessée sexuellement (plus américain, tu meurs…) qu’elle est maintenant frigide (idem). Elle ne veut plus voir son mari. Il n’y a plus rien entre eux…"

 

On saute.

On survole l’épisode du Mudd Club (boue), pour couples riches en limousine :

— Regarde la voiture.

— Jésus. C’est ces voitures de riches hippies.

— Allons la prendre.

— Il y a le chauffeur pas très loin.

— On va le kidnapper.

Etc. etc.

 

Une page blanche, et un vers qui prône les Majuscules :

 

Je Veux Tout Au-Dessus Pour Être Le Soleil.

 

Le texte au titre enivrant est au verso dudit vers : Intense Sexual Desire is the Greatest Thing in the World.

 

Ce n’est plus une question ouverte, mais une affirmation ouverte, qui n’annonce pas la fin.

Je languis, je cherche la flamme parmi les nuées ascensionnelles, et chute dans la première phrase : 

 

« Janey rêve de queues. Janey voit des queues à la place des objets.

Janey veut baiser.

C’est la façon dont le Sexe rend Janey folle… C’est pire que cela : Si Janey est rejetée sexuellement son corps devient malade. »

 

Tout cela ressemble à quelque chose qui ne craint pas de se définir comme « la nature de la réalité »…

 

Le vide délie le noir et le blanc des lettres. Ce féminisme intellectuel brille de larmes. Il s’isole et s’effondre en rivalisant. Qui s’est mis en premier à ergoter ? Quelques Françaises, puis ça part aux États-Unis, et ça revient, supposé né dans les marges, telle ma grande amie Françoise d’Eaubonne présentée en 2020 comme une « Amazone verte ». Il faut de la nouveauté pour nourrir le mouvement d’inversion de la croyance : la foi en la superficialité, et en la matérialité.

Vous aurez deviné la fin de ce conte NYC’s underground… : 

« Tout ce qui détruit les limites ». 

 

Johnny jouit dans Janey, referme la porte et ne la revoit plus jamais — Janey. Ça fabrique une « icône du culte littéraire »…! Une littérature avide qui devient insupportable. 

 

Artiste de valeur, Kathy Acker n’aura pas échappé à l’étreinte de ce monde désenchanté. Le monde qu’elle sert, sans pouvoir être suffisamment rebelle et impertinente, provoque des douleurs censées être à l’origine d’une mort précoce — cancer du sein. Elle a créé une œuvre guidée par la souffrance, ce qui ne peut rendre indifférent. La maladie n’est-elle pas l'aspect le plus insupportable d’un monde désacralisé ? Il coupe plus que jamais les ailes à celui qui critique son pouvoir. Il n’œuvre pas, ne serait-ce qu'au moyen de la Littérature, pour considérer le Grand Mystère de la Nature. 

 

 


 

© Crédit photo : Camille Aubaude, "Camillæ". Image fournie par la chroniqueuse. 

 

 

***

 

 

Pour citer cette chronique féministe 

 

Camille Aubaude, « Kathy Acker, New York City in 1979 », texte féministe et images inédites, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/II « Pionnières en poésies féministes », mis en ligne le 22 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ca-kathyackernewyork

 

 

 

 

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 17:59

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeux | Revue poépolitique 

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Le Droit des Femmes

 

 

 

 

 

 

 

Clovis Hugues

 

Texte choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : Peinture rococo de la déesse de la justice Dicé, Commons, domaine public. 

 

 

 

Le texte poéféministe présent ci-dessous a été composé par Clovis HUGUES, il provient de l'ouvrage de VIVIANI René, ROBERT Henri, MEURGÉ Albert, LHERMITTE G., TIXERANT, MMES VÉRONE Maria, PILLIET Edwards, MORIA Blanche, DU GAST Camille, NATHAN Henry, FALLOT-MATIEP, POMMAY Yvonne, Cinquante ans de féminisme 1870-1920, Édition de la Ligue Française pour le Droit des Femmes, 11, Rue Milton, Paris IX, 1921, pp. 85-88. Le livre appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

 

 

 

Ce poème a été composé par Clovis Hugues à l'occasion du Congrès du Droit des Femmes en 1889, et lu par l'auteur au banquet de clôture1.

 

 

 

Qui donc a dit au Peuple en marche,

Broyant les siècles sous son char,

Que le manteau du patriarche

Est le seul refuge d'Agar,

Qu'Adam triomphe encore d'Ève,

Qu'elle aura beau lutter sans trêve,

Liée à nos dogmes étroits,

Et que la nuit, roulant ses voiles,

Éteindrait là-haut les étoiles,

Si les femmes avaient des droits ?

 

 

Est-ce l'ombre ? Est-ce la Nature,

Avec le Soleil, son époux,

Avec ses grands bois où murmure

Le vent mystérieux et doux ?

Est-ce la Terre avec son âme

Qui vous a crié que la femme

N'est point votre égale ici-bas,

Et qu'aux heures du sacrifice,

Quand vous créez de la justice,

Son ombre n'est point dans vos pas ?

 

 

Ô tourbe éphémère des hommes !

Avons-nous pesé seulement

Le peu de cendres que nous sommes

Devant l'éternel firmament ?

Avons-nous songé que la fosse

S'emplit de notre gloire fausse

Dans la descente des linceuls ?

Avons-nous sondé nos abîmes,

Avant de chanter sur les cimes

Que nous avons des droits tout seuls ?

 

 

Avons-nous évoqué l'image

Des jours innocents et dorés,

Que nous dormions, au premier âge,

En deux bras doucement serrés ?

Avons-nous revu tout ensemble,

L'alcôve et le berceau qui tremble ;

L'asile auguste et triomphant,

Avant d'affirmer, ô chimère !

Que celle qui fut notre mère,

N'est pas égale à son enfant ?

 

 

Le Tambour bat, le canon gronde.

Plus de famille ! Adieu l'hymen !

Le sang va couler comme une onde,

Le sol sera rouge demain,

C'est la fête de la Patrie :

On conduit à la boucherie

Les soldats parqués en troupeau,

Les murs fauchés, les toits en flammes !

– Avez-vous conseillé les femmes,

Avant de lever le drapeau ?

 

 

Quoi ! tout s'évanouit tout passe !

Un monde naît et disparaît

Comme une clarté dans l'espace,

Comme un souffle dans la forêt !

Quoi ! tout s'écroule pêle-mêle !

Et la femme qui porte en elle

Le fruit des générations,

La femme, esclave de la Peine,

Traîne encore sa vieille chaîne

Au seuil des Révolutions ?

 

 

Toujours la même servitude,

Sous le même joug abhorré !

Le prêtre, avec un geste rude,

Lui ferme le parvis sacré ;

Et pour purifier le temple,

Pour donner aux foules l'exemple,

Pour dompter les démons jaloux,

Le lévite, mystique et pâle,

Brûle de l'encens sur la dalle

Où se sont ployés ses genoux.

 

 

Dérision ! Affront suprême !

Si l'homme n'a point consenti,

Son témoignage est un blasphème,

Son testament en a menti !

Le Code la proclame impure :

Quand elle offre sa signature,

On fait signer par les passants ;

Quand elle écrit, le juge efface,

Et le scribe infâme la chasse

Du chevet des agonisants.

 

 

Si quelque artiste de l'outrage,

Vil reptile au profit humain,

Accourt et lui jette au visage

Toutes les fanges du chemin,

Il ne faudra point qu'elle espère

Lapider l'horrible vipère

Avec les pierres de la Loi,

Tant que l'époux, l'âme brisée,

N'aura point dit à l'épousée :

« Je t'autorise, venge-toi ! »

 

 

Si la prostitution vile,

Fantôme affreux, spectre vivant,

La pousse aux pavés de la ville

Comme une honte qui se vend,

N'attendez pitié ni justice :

Elle appartient à la police

Aux mains de bronze, aux poings de fer !

Point de tribunal en simarre !

Un mot suffit et Saint-Lazare

La recevra dans son enfer !

 

 

Qu'elle sourie ou quelle pleure,

Vierge, mère, aïeule au front blanc,

Elle est l'éternelle mineure,

Elle ne règne qu'en tremblant :

Femme ! ô doux être sans défense !

Elle a moins de droit que l'enfance,

Un peu plus que le criminel ;

Et l'homme, hanté d'un mystère,

La dénonce encore à la Terre,

Quand les dieux l'ont chassé du Ciel !

 

 

Car ce qui pèse sur la femme,

Ce qui tient son doux front penché,

C'est l'antique légende infâme

D'Ève, d'Adam et du péché !

C'est Manou criant à Moïse

Que toute l'âme humaine est prise

Dans la femme et dans la douleur !

Et voilà que la grande Bible

La brise sous son texte horrible,

Comme le vent brise une fleur !

 

 

Mais l'astre du matin se lève !

Plus de chaînes ! voici le jour,

C'est l'action après le rêve !

Le devoir est né de l'amour.

La Justice, longtemps trompée,

Calme et s'appuyant sur l'Épée

Que rien n'a pu vaincre ou ployer,

Présente en un reflet de gloire

Toutes les Jeannes de l'histoire

À toutes celles du foyer.

 

 

Hypocrisie ! hypocrisie !

Ô muse, assez de lâcheté !

Tu ne sera plus, Poésie,

La menteuse de la beauté !

Quand tu lui diras qu'elle est douce

Comme une fleur des champs qui pousse

Dans le baiser d'or du soleil,

Tu n'auras plus cette folie

De la bercer pour qu'elle oublie

La sainte extase du réveil !

 

 

Lamartine, épris, d'un poème,

Pourra chanter comme autrefois;

Elvire sera belle, même

Quand elle aura conquis ses droits,

Et qu'importe qu'on lui rappelle

L'outrage qui planait sur elle,

L'essor inconstant de ses vœux,

Pourvu qu'elle soit Marianne,

Debout dans l'aube diaphane,

Avec des fleurs dans les cheveux !

 


 

Note

 

1. Le Droit des Femmes, 1er septembre 1889.

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème féministe & militant

 

Clovis Hugues, « Le Droit des Femmes », texte poéféministe et militant de HUGUES Clovis dans VIVIANI René, ROBERT Henri, MEURGÉ Albert, LHERMITTE G., TIXERANT, MMES VÉRONE Maria, PILLIET Edwards, MORIA Blanche, DU GAST Camille, NATHAN Henry, FALLOT-MATIEP, POMMAY Yvonne, Cinquante ans de féminisme : 1870-1920, (1921), a été choisi, & transcrit par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 21 mai 2021, Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ch-droitdesfemmes

 

 

 

 

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 17:20

 

REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques

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L'odalisque

 

 

 

 

 

 

 

 

Amable Tastu

 

Poème choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : Pierre-Auguste Renoir, "Odalisque". 

 

 

 

Le poème ci-dessous composé par TASTU, Amable (1798-1885) provient de son ouvrage TASTU, Amable (1798-1885), Poésies complètes, Premières poésies, Poésies nouvelles, Chroniques de France de Mme Amable TASTU, nouvelle édition, Paris, Didier et Cie, Libraires-Éditeurs, 35, quai des augustins, MDCCCLVIII 1858, p. 53. Le livre appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

 

 

Imitation de Thomas Moore

There's a bower of roses by Bendeemer's stream

 

 

 

 

Aux bords du Bendemir est un berceau de roses

Que jusqu'au dernier jour on me verra chérir ;

Le chant du rossignol, dans ses fleurs demi-closes,

Charme les flots du Bendemir.

 

 

J'aimais à me bercer d'un songe fantastique ;

M'enivrant de parfums, de repos, d'avenir,

J'écoutais tour à tour l'oiseau mélancolique

Et les ondes du Bendemir.

 

 

Maintenant, loin des lieux où fleurit mon aurore,

Je dis : Voit-on encor la rose s'embellir,

Et le chantre des nuits soupire-t-il encore

Sur les rives du Bendemir ?

 

 

Non, le printemps n'est plus, la rose s'est flétrie,

Le triste rossignol de douleur va mourir,

Et je ne verrai plus couler dans ma patrie

Les flots d'azur du Bendemir.

 

 

Mais il nous reste au moins, quand la rose est passée.

Un parfum précieux que l'art sait obtenir,

Pareil au souvenir qui rend à ma pensée

Les bords riants du Bendemir.

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème

 

Amable Tastu, « L'odalisque », poème de TASTU, Poésies complètes, Premières poésies, Poésies nouvelles, Chroniques de France... (1858), a été choisi, & transcrit par Dina Sahyouni, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 21 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/at-odalisque

 

 

 

 

 

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 18:45

 

Événements poétiques | Megalesia 2021  & ​​N° 9 | Femmes, poésie & peinture  | Revue Matrimoine | Revue culturelle d'Europe 

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Les femmes artistes

 

à l'École des Beaux-Arts

 

– Les prix de Rome 

 

 

 

 

 

 

 

Blanche Moria

 

Texte choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

© Crédit photo : Une capture du livre réalisée par DS. pour la revue.

 

 

 

    À la fin du XVIIIe siècle quelques femmes, telle Madame Vigée-Lebrun, (fille du peintre Vigée et femme de Lebrun, marchand de tableaux), s'occupèrent d'art, mais ce n'est qu'au XIXe siècle qu'elles en firent la carrière à laquelle elles demandèrent leur gagne-pain.

    Nous trouvons alors une femme sculpteur, laquelle expose au Salon sous un nom d'homme vers le milieu du siècle. Pourquoi ? Sans doute il n'était pas admis que les femmes devinssent artistes... Cette femme exposa donc sous le nom de Léon Berteaux (c'était la femme de Léon Berteaux). Elle eut à lutter, fut souvent remplie de découragement car le jury ne lui décerna pas une première médaille. Elle ne devint H. C. qu'à la suite de la décision de 1872 ou 1873 et fut la seule femme qui étant H. C. put siéger au jury (années 1897 et suivantes).

    Femme de cœur elle chercha le moyen d'aider les jeunes à se faire connaître de leurs juges et fonda dès 1881 l'union des Femmes peintres et sculpteurs. Puis jugeant que si les femmes entraient à l'École des Beaux-Arts et pouvaient concourir pour le prix de Rome, elles trouveraient un appui certain dans l'État, et une culture artistique non critiquable, elle formula en 1889, au congrès officiel, le vœu acclamé à l'unanimité et transmis au Ministère « que les femmes artistes fussent admises à « l'école des Beaux-Arts et aux concours pour les prix de « Rome ». Renouvelant ses revendications, elle obtient enfin en 1891 la déclaration du Conseil supérieur des Beaux-Arts « que l'État ne peut refuser aux femmes l'instruction artistique qu'il accorde aux hommes ». Entre temps elle conseilla aux jeunes de se faire inscrire pour les concours de Rome ; – mais, à l'école il fut répondu que les règlements n'interdisant pas les inscriptions de femmes, elles pouvaient être sur la liste ; – mais que les règlements n'indiquant pas de droit pour elles, à être convoquées, elles ne le seraient pas. Les cours oraux seuls leurs furent accessibles.

    Toutes ces démarches faisaient du bruit, animaient l'opinion, mais n'aboutissaient pas ; aucun crédit n'avait été voté pour affirmer la décision, une simple promesse avait été faite à M. Bardoux, sénateur.

    Lorsque, le 6 juin 1896, Mlle Jamin, élève de MM. Herst. Édouard Sain et Carolus-Duran, exposante au Salon des Artistes Français (section de peinture) élève des cours oraux de l'École Nationale des Beaux-Arts, adressa à M. Paul Dubois, directeur de l'École, une lettre le priant de bien vouloir l'inscrire au nombre des candidats appelés à se présenter au concours d'admission de « l'École proprement dite » (section de peinture), M. Paul Dubois répondit en ces termes :

    Mademoiselle,

    En réponse à votre lettre en date du 6 juin dernier, j'ai l'honneur de porter à votre connaissance que les cours oraux sont ouverts aux dames depuis le mois d'octobre dernier. Mais elles ne sont pas admises dans les ateliers de peinture de l'école.

    Veuillez agréer...

       Signé : Le Directeur de l'École Nationale des B.-A.,

            Membre de l'Institut,

                                Paul DUBOIS.

    En possession de cette réponse écrite qui constituait une pièce administrative accusant une fin de non recevoir, Mlle Jamin pouvait agir.

    La lettre de M. Paul Dubois fut remise par elle à M. Léonce de Sal, sénateur qui la remit à son tour à M. Rambaud, Ministre des Beaux-Arts, en présence de M. Bardoux, sénateur.

    Ce fut le point de départ d'une campagne parlementaire qui dura pendant six mois et à laquelle cette jeune fille prit une part active, multipliant autant qu'il fut nécessaire, les visites aux députés et sénateurs influents, parmi lesquels : MM. Maurice, Faure, Bardoux, Rambaud, Georges Berger, Raymond Poincaré, Léon Bourgeois, Dujardin-Beaumetz, etc.

    Cette campagne aboutit, le 28 novembre 1896, au vote par le Parlement de l'amendement de M. Maurice Faure établissant un crédit de 13.500 fr. nécessaire à l'admission des femmes à l'École des Beaux-Arts.

    Entre temps une campagne de presse dont le premier article fut rédigé à l'instigation de Mlle Jamin par M. Georges Montorgueil, rédacteur au journal « L'Éclair », avait saisi l'opinion publique de la question, qui avait été soutenue en général par la grande majorité des journaux français aussi bien à Paris qu'en province.

    Parmi les personnes qui contribuèrent au succès de cette œuvre de justice et qui aidèrent Mlle Jamin de leurs conseils, il convient de citer, à leur honneur, les noms de M. Louis de Fourcaud, membre du Conseil supérieur des Beaux-Arts professeur d'Esthétique et d'Histoire de l'Art à l'École Nationale des Beaux-Arts (aujourd'hui décédé), et de M. Henry Jouin (également décédé, secrétaire de l'École Nationale des Beaux-Arts, et critique d'art éminent, qui malgré la situation qu'il occupait à l'école et qui l'obligeait à une délicate réserve, fut pour l'initiative du mouvement un dévoué et précieux collaborateur.

 

Les Femmes à l'ÉCOLE proprement dite.

La loi du 28 novembre 1896 ouvrait l'École des Beaux-Arts aux femmes ; le 8 juin 1897 eut lieu en conséquence, le premier concours d'admission des femmes à l'école de la rue Bonaparte.

    Sur 42 concurrentes admises à concourir on en reçut 9 dans l'ordre suivant 

    Mlles :

    1re Jamin ; 2e Fiérard ; 3e  Hamon ; 4e Sévrin ; 5e Maire ; 6e Barbusse ; 7e Mme Ypermann ; 8e Forster ; 9e Evrard.

    D'après les règlements de l'École, les élèves admis ne sont élèves de l'école « proprement dite » que jusqu'à la session d'examen suivante. À cette époque, ils doivent, s'ils veulent continuer à faire partie de l'école, subir de nouveau, avec succès, les épreuves d'admission.

    Toutefois, dit le règlement ; …............... sont dispensés de recommencer les épreuves d'admission …... les élèves qui ont obtenu le titre de 1er dans l'un des précédents concours, ou encore, ceux dont le rang d'admission est compris dans une limite fixée par le conseil supérieur de l'École à chaque session.

    En 1897 il se présenta 42 femmes et 396 jeunes gens. Sur les 42 femmes : 

    Mlle Jamin reçue 1re  au concours obtint 402 points ; Mlle Fiérard, 395 ; Mme Hamon, 369 : Mlle Sévrin , 369, etc.

    Parmi les jeunes gens, 87 furent admis : Le 1er obtint 465 points ; le 2e 419 ; le 3e 414 ;

le 4e 411 ; le 5e 410 ; le 6e  403 ; le 7e 393.

    Les 7 premiers jeunes gens furent reçus à titre définitif par décision du conseil ; mais aucune femme, même la première, ne fut admise à titre définitif. Mlles Jamin et Fiérard eurent donc la surprise de recevoir de l'Administration des cartes d'élèves temporaires.

    Il fallut que M. Maurice Faure fit à ce sujet une réclamation au Ministre des Beaux-Arts pour que, dans sa séance du 12 octobre 1897, le conseil supérieur de l'École prit la décision de recevoir Mlles Jamin et Fiérard élèves de l'école à titre définitif.

 

Les Ateliers.

    L'école proprement dite était ouverte aux femmes, mais les ateliers de peinture, sculpture, architecture, qui, du reste, en principe, ne font pas partie de l'École, leur étaient fermés.

    Sur l'initiative de Mlle Jamin, les élèves reçues au premier concours firent une pétition pour demander l'ouverture de ces ateliers. Grâce, en outre, à l'intervention parlementaire de M. Viviani, que Mlle Jamin sollicita, cette lacune fut comblée et l'égalité fut définitivement établie entre les élèves femmes et les élèves hommes de l'École des Beaux-Arts.

    La porte était ouverte. Madame Berteaux vit, en 1897, les femmes entrer officiellement, enfin, dans cette école, qui pouvait et devait consacrer leur talent.

    Quelle réception leur fut faite... Elles ont l'esprit trop large pour se souvenir qu'elles ont été conspuées... La meilleure réponse était le travail ; elles travaillèrent ; et, en 1911, c'est-à-dire 14 ans plus tard (les conquêtes qui sont un pas dans le progrès sont toujours lentes à se réaliser) l'une d'elles, une femme sculpteur, Mlle Lucienne Heuvelmans obtint le prix au concours de Rome.

    Madame Berteaux ne vit pas ce succès, elle était morte en 1909... sans que son réel talent fut consacré par ses pairs, puisqu'elle n'obtint pas une première médaille et ne reçut jamais, même pour avoir fondé l'Union des Femmes Peintres et Sculpteurs, la récompense que nous lui souhaitons toutes dans le ruban de la Légion d'Honneur... Les pionniers ne trouvent jamais grâce devant leurs contemporains. Celles qui bénéficieront seront les prix de  Rome et les boursières de voyage actuelles. Elles commencent à former une phalange imposante et comme elles entreront dans la Société des boursières. Elles seront défendues plus que nos contemporaines. Qu'elles portent haut et le flambeau et se souviennent que les ronces nous ont déchirées et les pierres, meurtries, mais que nous avons frayé la route quand même...

    Si nous jetons un coup d'œil sur les résultats obtenus, nous voyons jusqu'ici : 3 prix de Rome,

    une vingtaine environ de bourses de voyage.

Les prix de Rome : Mlle L. Heuvelmans, sculpture.

            Mlle Lilly Boulanger, musique.

            Mlle Canal, en 1920.

    Trois prix de Rome furent obtenus en neuf ans, il avait fallu 15 ans pour obtenir l'admission des femmes à l'École , et 11 ans pour que l'une obtient le prix de Rome.

    Les années parcourues peuvent se marquer de pierres blanches de plus en plus rapprochées ; mais les premiers pionniers du féminisme en Arts ne trouveront pas plus de courtoise équité devant leurs pairs, je le crains, que la vénérée Madame Léon Berteaux, leur grande Première ; toutefois ne désespérons pas, car dans certaine société à l'esprit libéral, la Nationale, 22 femmes ; dont 12 Françaises, ayant le titre équivalent au H. C., ont vu deux des leurs, Mme Serruys et Mademoiselle Poupelet, siéger parmi les membres du jury de 1920.

    L'avenir est donc, selon moi, aux boursières de voyage... qu'elles travaillent ferme et soient droites... l'âme des aînées les guidera.

 

 

 

Documents concernant la question.

– 1er article signé Geogres Montorgueil, « Lart et la femme ».

– Journal officiel, séance du 28 novembre 1896. (suite de la discussion du budget des Beaux-Arts).

– « Manifestation antiféministe à l'École des Beaux-Arts ». Journal l'Éclair, 16 mai 1897.

– Création des ateliers pour les femmes à l'école des Beaux-Arts. Journal Officiel, séances du 1er mars 1899 et 19 janvier 1900.

 

 

L'article ci-dessus rédigé par Blanche MORIA de provient de l'ouvrage de VIVIANI René, ROBERT Henri, MEURGÉ Albert, LHERMITTE G., TIXERANT, MMES VÉRONE Maria, PILLIET Edwards, MORIA Blanche, DU GAST Camille, NATHAN Henry, FALLOT-MATIEP, POMMAY Yvonne, Cinquante ans de féminisme 1870-1920, Édition de la Ligue Française pour le Droit des Femmes, 11, Rue Milton, Paris IX, 1921, pp. 95-99. Le livre appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce texte féministe 

 

Blanche Moria, « Les femmes artistes à l'École des Beaux-Arts – Les prix de Rome », texte féministe de MORIA Blanche dans VIVIANI René, ROBERT Henri, MEURGÉ Albert, LHERMITTE G., TIXERANT, MMES VÉRONE Maria, PILLIET Edwards, MORIA Blanche, DU GAST Camille, NATHAN Henry, FALLOT-MATIEP, POMMAY Yvonne, Cinquante ans de féminisme : 1870-1920, (1921), a été choisi, & transcrit par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021 & N° 9| Fin d'Été 2021 « Femmes, Poésie & Peinture sous la direction de Maggy De Coster », mis en ligne le 20 mai 2021, Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/no9/bm-lesfemmesartistes

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Numéro 9
19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 17:19

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Handicaps & diversité inclusive

 

 

 

 

 

 

 

Le temps bleu

 

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

Poéticienne, éditrice, lyreuse & fondatrice de la SIÉFÉGP

 

 

​​​​​

 

 

 

​​Crédit photo : Pavots et ciel bleu, domaine public, Wikimedia.

 ​​​​​

 ​​​​

 ​​​​​

 ​​​​

 

 

J'ai perdu l'usage mythique des mots, leurs voix, leurs voies mystiques et mystérieuses. 

J'ai perdu leurs joies de dire le monde et me dire..me lire…

J'ai perdu ton visage dans la jungle du vocabulaire dérisoire, dans le pli profond des mondes imaginaires. 

 

Seulette et mes sœurettes sont partout. 

Seule, telle une page blanche jaunie par le temps.

 

 

​​Crédit photo : Apus, domaine public, Wikimedia.

 ​​​​​

 

 ​​​​

 

J'ai perdu ton visage, chère Vérité, et depuis, j'erre sur terre en mendiante esseulée.

J'ai perdu ton visage, ton sourire au creux du poème, au cri du souffle du vent..

Sœurette des Muses, suis-je la seule à être seulette ?! 

 

Chères sœurettes, Muses qui s'amusent sur les feuilles, le temps bleu me rattrape. 

Bleutée de bleus imaginaires, l'encre de ma voix brûle les pieds des mots.*

 

 

©DS.

 

* Poème de "Bleutée d'Autisme", avril 2021.

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème philanthropique 

 

Dina Sahyouni, « Le temps bleu », poème inédit sur l'autisme, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 19 mai 2021. Url : 

​​​​​http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ds-letempsbleu

 

 

 

 

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SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

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