Francis Friedlander, « Lotika », poème inédit avec deux illustrations inédites du poète et de Lotika, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 9 mai 2021. Url :
Texte choisis, transcrits & remaniés par Dina Sahyouni
Les poèmes ci-dessous proviennent du recueil de la poète POULAIN (DE NOGENT-SUR-SEINE) Mlle, Poésies diverses de Mlle Poulain de Nogent, Auteur des Lettres de Madame la Comtesse de la Rivière ; du Tableau de la Parole ; de l'Anecdote intéressante ; de l'Amour Conjugal ; de Nouvelle Histoire abrégée de Port-Royal ; etc., Chez VARIN, Libraire, rue du Petit-Pont, près celle Saint-Jacques, N° 22, MDCCLXXXVII (1787), pp. 115, 116, 146. Cet ouvrage appartient au domaine public.
Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS, 2021.
Les couleurs. À la même, sur ses rubans
Madrigal
Ton goût, charmante Iris, brille dans tes rubans
L'un représente seul cette douce espérance1
Qui nous fait pressentir de précieux moments :
Un autre peint d'amour la véhémence :2
Notes
1. Le vert.
2. La couleur de feu.
Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.
À Cloris
Le jour de sa fête.
Bouquet sans fleurs
Belle Cloris, on célèbre ta fête :
Reçois mon amitié, mon estime parfaite,
Point de bouquet, par pitié pour les fleurs ;
Ton teint effacerait leurs plus vives couleurs.
Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.
À Tircis et à Cloris
Madrigal
Tircis est un mortel aimable
Par sa belle âme, son bon cœur,
Par son esprit charmant, par sa riante humeur.
Sa Cloris est douce, agréable,
Belle, spirituelle et pleine de candeur.
Le Ciel qui veille à leur bonheur,
Les satisfait au-delà de l'attente
Dans leur unique rejeton.
Qu'une félicité constante
Couronne leur tendre union !
Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.
Née à Nogent-sur-Seine entre 1720 et 1730 et morte à Paris vers 1795, Mlle Poulain de Nogent est, biographiquement parlant, une parfaite inconnue. Seules ses œuvres permettent de reconstituer ...
Mlle Poulain de Nogent, « Les couleurs », « À Cloris », « À Tircis et à Cloris » & « À ma patrie », poèmes extraits de POULAIN (DE NOGENT-SUR-SEINE) Mlle, Poésies diverses de Mlle Poulain de Nogent, etc. (1787), ont été choisis, transcrits & remaniés par Dina Sahyouni pour Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 8 mai 2021. Url :
Crédit photo : Paul Cézanne, "Le rêve du poète", Commons, domaine public.
N'étant pas grand clerc, je me mets à la chasse des fautes d'orthographe, comme d'autres jouent aux chasseurs de papillons. Mais, il faut bien l'avouer : la récolte est plutôt indigente. Alors, de guerre lasse, je redresse machinalement une conjugaison en mal de tuteur, je rabote une répétition disgracieuse, je mets quelque non-sens à l'équerre.
Au coin de mon atelier d'ébéniste en devenir, parmi une noria de ciseaux et de varlopes, grouillent des interrogations en copeaux, une poignée d'alexandrins inachevés, des majuscules à jamais ébréchées. Et je médite en prenant une pose à la Rodin et en espérant qu'un grammairien atypique bénisse avec bienveillance ces entrelacs sans lendemain.
Parfois, je prends courage et je ponce une trop grande lettrine, alors que mes participes se désolent de leur passé. Au coin de l'établi, deux-trois plus-que font les malins et se disent parfaits.
Comme les zombies sortis de magasins suédois, mes reconstructions laissent au quidam une poignée de clous et de vis en déshérence et une angoisse d'apprenti. Alors, je recommence avec la foi du charbonnier, j'élague l'adjectif trop baroque, je rabiboche la rime, je traque l'anglicisme en vadrouille, je rabote mes ratures.
Bref, vous l'aurez compris : je ne suis qu'un amateur décidément peu éclairé. De temps à autre, j'ouvre la fenêtre pour solliciter un rayon de soleil ou de pleine lune en invoquant le passage d'une improbable muse...
* Texte sélectionné pour paraître dans la revue IRIS ET MÊTIS sur la poésie.
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Pour citer ce poème sur la poésie
Claude Luezior,« Le bricoleur des mots », poème inédit sur l'écriture poétique,Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 6 mai 2021. Url :
Crédit photo: Paul de la Boulaye, une orientale, tableau orientaliste, domaine public, Wikimedia.
Fille du désert,
Danseuse aux pieds nus,
La peau ambrée,
Le sein d’ébène,
Sous la lune vermeille,
Étincelle, poussière d’or,
Dans les feux du ciel,
La chevelure rubis,
Le doux parfum brûlant,
Derrière l’éventail,
Le regard de braise,
Comme un flot d’étoiles,
Ondée de pluie chaude,
Aux soupirs enflammés,
Envoûte de rêve en rêve,
Enfante l’amour,
Fertile, ardente, solaire,
De dociles chamelles
Au lait couleur albâtre,
D’une blancheur inouïe,
Tel l’éclat d’un sourire,
Irradie de lumière
La terre asséchée
Sur la mer sableuse
Pour citer ce poème
Corinne Delarmor, « Fille du désert », poème inédit, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 5 mai 2021. Url :
Dimanche, 2 mai 3021. Les groupes musicaux étant toujours interdits par la préfecture sur l’esplanade de l’Odéon, les occupants les accueillent derrière les barreaux du rez-de-chaussée, dans l’enceinte inviolable du théâtre. Aujourd’hui, le groupe Lulu Van Trapp, électrisé par Rebecca Baby, Maxime Sam Rezài, Manu et Nico. Ils se balancent. Ils se tortillent. Ils se dandinent. Ils se déhanchent. Ils s’enroulent dans les fils. Ils s’accrochent aux grilles. Violence et tendresse. Fulminance et volupté. Vibrations propagées. Emotions partagées. Au-delà des styles. Rythmes pop, soul, blues, rock, punk s’entremêlent. Les notes s’enragent. Les sentiments s’embrasent. Romantisme en bastringue. Plume de paon et marteau. Complexité à fleur de peau. L’agora, endormie par les inepties mélodramatiques d’une philosophe médiatique, se réanime. La place se remplit en quelques minutes. Le bouche à oreille emprunte les raccourcis iphoniques. Les corps bougent, dansent, se carambolent joyeusement. Les canettes de bière circulent en contrebande. La fête nargue la répression. Dans le monde en ruine, échapper aux contraintes mortifères, oublier les gestes barrières, les distanciations physiques, arracher les bâillons, casser les coques robotiques, déborder les limites, retrouver des figures humaines, sentir ses zygomatiques, s’éveiller plus pour agir plus.
La pop décomplexée, déshowbizée, désabusée, se déstarise, se désacralise. Ressortent des placards naphtalisés les chemises caribéennes, les pattes d’éléphants, les bottes de cowboy en cuir de serpent. Esthétique brocantique. Récurrences psychédéliques. Déguisements.
Simulations. Travestissements carnavalesques. Arrangements burlesques. Gestuelles clownesques. Subtilités dantesques. Envoûtements. Le groupe s’autogère, se régénère. Illustration d’Apollo Thomas. Graphisme japonais. Veillée à ciel ouvert sous croissant de lune. Les quatre acolytes en combinaisons superwoman et superman. Rebecca tient une rose rouge à la main. Nico jette un pneu dans le feu de camp. Max, muni d’un calumet de la paix ou d’un sebsi de kif, médite, un nuage d’hallucinations jouissives au-dessus de la tête. Manu filme la scène. Autre aquarelle. Le quartette au bord d’un précipice. Rebecca indique une abscisse à l’horizon, un azimut énigmatique, un éden onirique. Lulu Van Trapp, hydre à quatre têtes, ombre totémique, avatar manouche, en mutation permanente, métamorphose de La Mouche, né dans le squat Wonder à Saint-Ouen. Tournées en caravane. Scènes et buvettes bricolées avec des matériaux de fortunes. Rencontres de hasard. Hybridations. Métissages. L’autodérision casse le mur de verre. Transversalité. La voix déchaînée brise les vitres. Le tintamarre fissure la pyramide. Le geste artistique est révolutionnaire, par nature. Paroles en anglais. Paroles en français. À chaque langue son paysage. L’anglais se cymbalise. Le français se cérébralise. Nous ne sommes plus dans les contrefaçons des années soixante, dans la vogue abrutissante de Salut les Copains, quand les chanteurs français portaient des pseudonymes américains en guise d’authentification. Le rêve américain ? Des montagnes de bouteilles de Coca Cola dans les supermarchés, des fast-foods McDonald’s à chaque coin de rue. La philosophe médiatique assène ses inepties mélodramatiques. C’est peut-être dans la musique que renaît l’esprit critique.
Je viens de relire Do it de Jerry Rubin (traduction française éditions du Seuil, 1973). Incroyables résonances avec Lulu Van Trapp. Fusion de libertés hippies et d’activisme social. Le mythe est une réalité palpable que les gens peuvent s’offrir une scène pour jouer leurs rêves et leurs désirs. C’est sur cette scène qu’ils deviennent ce qu’ils sont. C’est sur cette scène qu’ils sont eux-mêmes. C’est sur cette scène qu’ils récusent ce qui les nie et leur dénie le droit à l’existence. C’est sur scène qu’ils cultivent indéfiniment leur imaginaire. Une manifestation, comme disait Allen Ginsberg, est une pièce de théâtre où l’énergie et l’allégresse libérées indiquent quel comportement adopter dans les situations de danger et d’angoisse. Jerry Rubin (1938-1994) est le cofondateur avec Abbie Hoffman (1936-1989) du mouvement Yippies (Youth International Party), qui a joué un rôle déterminant dans la lutte contre la guerre au Vietnam et dans la contestation de la société de consommation, qui a inventé le théâtre-guérilla. Abbie Hoffman écrit en prison l’ouvrage « Volez ce livre », qui n’est traduit et publié en France qu’en 2015 par les éditions Tusitala.
Dans les pays de l’abondance inégalitaire, il n’est qu’une méthode de survie pour les pauvres et les précaires, la reprise individuelle à grande échelle. Les bons plans suggérés, tantôt réalistes, tantôt loufoques, certes obsolètes, sont autant de farces libertaires. Il faut utiliser créativement les moyens de bord, subtiliser le matériel nécessaire pour monter des journaux, des radios, des télévisions, des groupes musicaux, des troupes théâtrales, saturer l’espace public d’activités culturelles, renvoyer au pouvoir ses absurdités insurmontables et ses pathologies incurables. Les principes du fameux « Do it yourself » sont ainsi posés.
***
Pour citer cet article
Mustapha Saha, « Chronique d'occupation de L’Odéon. Lulu Van Trapp », reportage photographique inédit par Élisabeth et Mustapha Saha,Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/1 « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 5 mai 2021.Url :
Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).
LPPDM, SEPTEMBRE 2026
La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).
L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.
SIÉFÉGP, JUIN 2026
APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.
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Biographie & publication disponibles numériquement Jesús Rafael MARCANO GUZMÁN Écrivain, poète & orientaliste vénézuélien, pratiquant le Xiulian
Lien biographique complémentaire en espagnol du poète.
Lin Xianhe 林仙鹤, également connu sous le nom de « Samouraï...
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Autrice, Fadila ZEDIRA-DERBAL a la plume à la fois charnelle et éthérée, elle explore à travers ses écrits les fêlures cachées...
N° III ÉTÉ 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Critique & réception Irène Shraer, « Vertige du réel », nouvelles aux éditions Unicité, 2026, 141 p. 14€ Article par Maggy de Coster Site personnel Le Manoir Des Poètes
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