10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 09:21


Événements poétiques | Megalesia 2021 | Pionnières en poésies féministes | Poéticiennes ou théoriciennes de la poésie) | Leçons méthodes, méthodologies en poésie

 

 

 

 

 

La poésie féministe n'est pas

 

 

ce que vous pensez

 

 

 

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

Poéticienne, éditrice &

fondatrice de la SIÉFÉGP

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Crédit photo : Allégorie de la poésie, domaine public, Wikimedia.

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Parmi les nombreuses définitions plus ou moins acceptables de la poésie féministe, je me réfère comme beaucoup d'entre vous à la mienne car elle a fait ses preuves. Elle articule en effet plusieurs points et met fin aux divisions théoriques entre les pratiques féministes de la poésie et les discours théoriques.

Par ailleurs, elle se répand aisément partout dans le monde depuis la création de ce périodique, prosbère et suscite infiniment votre intérêt.

Cependant, à force de lire, de voir et d'entendre tout et n'importe quoi sur la poésie féministe, je vous livre un billet issu partiellement de mon ancien texte daté de 2010 et intitulé « Qu'est-ce qu'une poésie féministe » pour en finir avec les préjugés tenaces sur la Poésie féministe.

Par ailleurs, je pense que l'usage du pluriel est devenu important et même primordial car on doit désormais dire « Poésies féministes » pour une multitude de raisons historiques et épistémologiques :

les poésies féministe, pré-féministe, pratiquée au sein d'une religion, féminine (considérée comme féministe aux États-Unis dès les années 60-70), militante, homosexuelle, LGBTQA+, Chicana/o, écoféministe, etc.

 

 

 

I – Ce que la poésie féministe n'est pas

 

 

La poésie féministe n'est pas le propre des femmes, et n'existe historiquement que dans certaines périodes et régions du monde selon les références bibliographiques disponibles sur cette thématique (dont certaines ont déjà été classées achroniques par plusieurs spécialistes). Du même pour le pluriel car les poésies féministes n'existent ni dans « tous les pays », ni dans « toutes les époques » comme le prétend une certaine revue S... récente qui plagie médiocrement Le Pan Poétique des Muses (périodique né en 2010) tout en non respectant ni sa ligne éditoriale (publier des "autrices" ou des "femmes" en éditant des auteurs et des non binaires), ni les thèmes proposés (en publiant des textes qui ne relèvent pas des sujets des numéros), ni son prétendu féminisme intersectionnelle en faisant uniquement de la poésie universliste comme nous) et tout en classant tous les poèmes publiés sous l'étiquette "poésie féministe" en confondant pêle-mêle : femmes, poétesses, poésie, personnes non binaires et cis avec LGBTQA+ (G pour gouines), féminismes, intersectionnalité, universalité, autruches, auteurs-traducteurs et sociétés inclusives...

 

Une poésie féministe ne doit pas être confondue avec les traces des poétisantes écrites, orales, sonores, visuelles, audiovisuelles, etc. en poésie.

Une poésie féministe ne peut non plus être définie uniquement comme une poésie au féminin, ni poésie féminine, ni poésie de femmes, ni poésie dédiée aux femmes, ni par une écriture féminine, ni par une poésie lesbienne, ni homosexuelle, ni faite par des personnes discriminées, ni poésie des non binaires.

 

Il existe bien sûr, une poésie dite pré-féministe mais cette appellation ne doit pas donner lieu à une édition achronique, présentiste et encore moins une manière de tout considérer comme féministe. Éditer les femmes qui font de la poésie relève parfois d'un acte féministe, cependant, les œuvres elles-mêmes ne peuvent pas être considérées au même titre comme féministes grâce à ce geste envers les auteures. De même, un poème écrit par une lesbienne, n'est pas automatiquement un poème lesbien et encore moins un poème féministe mais un poème fait par une lesbienne. Le féminisme doit être présent dans le poème pour qu'il soit féministe.

Je le répète encore une fois, on ne doit en aucun cas confondre les femmes, les féminismes, personnes LGBTQIA+ (ou non binaires), la littérature féministe ou LGBTQIA+. Cela porte de vrais préjudices à tout le monde et fausse surtout la réception, la reconnaissance et le classement des productions culturelles des personnes censées être défendues. Cela génère également de nouveaux préjugés négatifs et les marginalisent avec leurs œuvres. Or, cela n'est absolument pas l'objectif voulu.

La poésie féministe ne constitue qu'un très faible pourcentage de la production poétique (même chez les femmes). Elle souffre d'emblée d'une mauvaise réputation puisqu'elle divise et ne parle de l'humain mais uniquement de soi comme être opprimé, ou supérieur par son vécu... Elle touche de ce fait peu de gens puisqu'elle est assimilée à une esthétique et une inspiration conditionnées vues comme rarement sincères ou authentiques. Sans parler de ses effets propagandistes, militantes et circonstancielles...

Il est donc important d'avoir un cadrage et un travail théoriques qui accompagnent la publication de textes poétiques anciens sauf dans certains cas particuliers où le « féminisme » du texte est évident ou incontestable.

Une poésie féministe n'est pas non plus le propre des poésies des personnes féministes et encore moins de leur poétique. Être féministe, ne suffit pas à déclarer sa création poétique comme féministe, autrement dit, le fait d'être féministe soi-même, ne garantit pas le féminisme de ses œuvres. C'est l'ouvrage lui-même qui doit être féministe dans ses genèses, inspiration, sujet, esthétique, finalité, etc.

La définition intéressante de la poésie féministe par l'américaine Adrienne Rich n'est ni complète, ni convaincante. Elle convient à une période précise de l'histoire du féminisme américain. Reprise par Audre Lorde et d'autres féministes américaines, cette poésie-là n'a pas trouvé sa place en Europe, ni en France où régnaient les notions d'« écritures féminines » et la « Poésie féminine » (voir Jeanine Moulin, et pourtant cette appellation a été déjà rejetée avant et après son travail par beaucoup de spécialistes et par exemple l'historien Alphonse Séchée (voir mes textes dans Identités genrées en poésie, 2014-2015). Par ailleurs, la réception en France de la poésie féministe selon Rich et ses camarades américaines (pionnières de la deuxième moitié du XXe siècle) constitue une problématique à part entière.

Une erreur de réception, une négligence, un différend théorique entre les féministes, poétiques (la poétique et le poétique) problématiques, etc. ?

Peu importe les raisons nombreuses et complexes pour lesquelles cette branche poétique issue du mouvement de la poésie engagée n'a pas trouvé d'échos en Europe, ce qui compte, c'est qu'une poétique politique (voire le texte de Claude Ber dans Identités genrées en poésie) ou non ne suffit guère à définir cette branche de l'histoire de la poésie.

D'autres enjeux hautement plus importants sont à prendre en considération comme celui de la présence des poètes en tant que Parias dans les sociétés : la question de l'exclusion quasi complète des poètes (femmes, hommes, androgynes, etc.) de la cité par Platon puis l'exclusion de la poésie elle-même en France et dans d'autres pays où le roman et l'essai règnent sur la littérature et la vie culturelle, le délabrement quasi générale des recherches sur la poésie surtout dans la deuxième moitié du XXe siècle et la problématique des laboratoires qui y travaillent. Par ailleurs, l'apparition de la littérature comme discipline au XIXe siècle a transformé la poésie en un genre littéraire parmi d'autres. Le déclin de la poésie dans les espaces publics a été programmé depuis longtemps.

La poésie qui est à l'origine de la création et de la créativité a perdu les faveurs des journalistes et peu à peu a été chassée de la presse écrite puis des médias télévisuels dans le siècle dernier et dans celui-ci. Elle tente depuis timidement de renaître sur le web avec la facilité de la diffusion et de la circulation des textes par le biais des technologies numériques et éditoriales. La poésie ne se vend pas assez mais circule en fugitive comme le faisant à chaque crise et c'est là où elle exprime ce qu'elle peut apporter aux femmes. Comme elles, elle résiste, se bat, s'insurge, s'obstine à rendre ce qui est, à commémorer ce qu'il a eu lieu et à célébrer l'amour et la vie. Et l'on ne peut que rappeler encore une fois l'enjeu de la poésie comme lieu où surgit le refoulé qui n'est que féminin.. une ancienne pensée des féministes de la première vague. (sur certains de ces points, il est fort utile de consulter les numéros 0, 1 et 2 de la revue Le Pan Poétique des Muses).

Mais revenant à nos moutons. Une poésie féministe n'est pas non plus une poésie propre à une personne, elle peut être le fruit d'une intelligence artificielle (robotique).

Elle n'est pas non plus une mystification d'une femme, ni un poème du matriarcat (puisque le matriarcat qui n'est pas une résistance, ni une lutte contre un patriarcat et ni enfin une société féministe utopique).

Une poésie féministe n'est pas foncièrement intersectionnelle et elle ne se définit pas uniquement par la notion du genre (de l'anglais Gendre) ou de l'agenre, mais par l'affirmation d'une altérité grenée ou non, humaine ou non (androgénie, travestissement, pionniers et pionnières de la poésie écoféministe, etc.) dans le langage pour préserver ses droits et lui reconnaître sa propre valeur intrinsèque.

 

 

 

II – Ce qu'elle est

 

 

Une poésie féministe n'est que rarement intersectionnelle, elle est souvent universelle. Sinon, elle tend vers l'universel. La poésie lyrique féministe n'échappe pas à ce constat.

Une poésie féministe peut être créée par une femme, un homme, des personnes LGBTQI+ (cela comprend les personnes non binaires), un robot, un collectif d'individus à but thérapeutique ou non, etc.

Elle peut être écrite, orale, slamée, rapée, une performance éphémère, visuelle, sonore, audiovisuelle, etc. Elle naît traditionnellement de la « Condition [dite] féminine » et s'exprime par des voies très diverses qui ne relèvent pas nécessairement du poème.

On a donc défini une poésie féministe par ce qui suit : 

Une poésie féministe est un mouvement poétique de la deuxième moitié du XXe siècle, née précisément en 1972 avec Judy Grahn et Adrienne Rich, on trouve ses racines dès 1960 aux États-Unis, et a été très mal reçue en France où l'on parlait de la notion d'« écritures féminines » (voir Cixous par exemple dans le « Rire de la Méduse », la revue Sorcières, et les autres féministes des années 60-70). Il convient de l'inscrire dans un courant poétique plus ancien et fort connu que l'on appelle communément la poésie engagée. Elle exprime une lucidité sur les difficultés collectives des femmes de laisser des traces en poésie, et une conscience de la condition subalterne de ce groupe d'individus dans une société donnée et/ou à travers les siècles. Elle n'est ni une émancipation individuelle, ni une ambition personnelle, ni une aspiration individuelle quelconque d'une vie meilleure. Elle souligne donc l'injustice d'une situation sociale déterminante et la complexité de s'en défaire. Elle met en évidence un enjeu universel d'aspiration à une justice de droits entre les personnes sans distinction de leurs différences (sexes, genre, race, orientation sexuelle, handicaps, etc.) et entre les humains, le vivant, la nature, l'univers, le matériel et l'immatériel, le fictif et le réel, le sacré et le profane.

Le « je » censé être lyrique dans un vrai poème féministe, est un « je » collectif, il n'est jamais identitaire. Dans ce sens-là le « Je » devient une jubilation artistique, un écart esthétique et non pas un lieu d'enracinement identitaire ; ainsi, la poésie a le pouvoir de casser les normes, les déterminismes (sociologiques, biologiques, liés au genre, etc.) et de libérer le groupe stigmatisé de ses entraves sinon de lui frayer des chemins de traverses, de faire entendre ses voix et voies. Par exemple : une poétique féministe libère une « femme » de ce que c'est être assignée à ses sexe, origines, genre, situation sociale ou littéraire, etc. Autrement dit de ce que c'est être femme sans la priver de jubiler de l'être et de défendre ce peu qu'elle a.

Une poésie féministe émane obligatoirement d'une poétique féministe, elle est souvent dans ce sens-là liée à la « Poéthique » (de poétique et éthique, mouvement poétique connue de la fin du siècle dernier) qui n'est pas foncièrement politique. Car écrire un poème féministe ne relève pas toujours d'un acte politique, mais d'un acte artistique, d'une esthétique de reconnaissance de l'altérité telle qu'elle est, d'une jubilation et une célébration de cette altérité dans sa vulnérabilité et sa force.

 

Bien sûr, toute poésie féministe a une histoire datable et elle s'inscrit dans une histoire littéraire complexe, celle d'une littérature féministe...

 

Fin de la première partie... 

 

La deuxième partie du texte sera ultérieurement disponible en ligne

 

***

 

 

Pour citer cet article inédit

 

Dina Sahyouni, « La poésie féministe n'est pas ce que vous pensez » première partie du texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 10 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ds-poesiefeministe

 

 

 

 

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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 18:00

 

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L'Orient

 

 

 

 

 

 

 

Lise Coquillon

 

Poème choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : "Une sultane", domaine public, Commons. 

 

 

À A. M. Charles LEROUX (Ancien député des Deux-Sèvres)

 

 

 

Ô toi, noble Orient, voluptueux asile

Que rêve le poète, où son cœur enchanté

S'élance plein d'espoir, où son âme virile

Poursuit avec ardeur ton antique beauté ;

 

 

Toi, doux berceau de l'homme, objet de sa tendresse,

Dès que la blonde aurore, en dessillant ses yeux,

Eut frappé ses regards de l'immense richesse,

Des bienfaits de ton sol, splendeurs de tes cieux ;

 

 

Toi qui vis s'élever Babylone et Ninive,

Ces filles des puissants, orgueilleuses cités

Qui dorment maintenant – froids débris – sur la rive

Où murmurent encore tes fleuves indomptés ;

 

 

Toi qui vis la grandeur, toi qui vis la puissance

Couronner tour à tour, les rois, les nations,

Pourquoi donc, aujourd'hui, glacé d'indifférence,

Regardes-tu passer les générations ?...

 

 

Ô pourquoi maintenant, isolé, sombre, triste,

Comme un vieillard mourant, drapé dans son manteau,

Vois-tu seuls tes deux fils, le poète et l'artiste,

T'offrir le souvenir que l'on donne au tombeau ?..

 

 

Bien loin à l'horizon, sur tes mers azurées,

Quels sont ces bâtiments qui sillonnent les flots,

Pourquoi remplacent-ils tes trirèmes dorées

Que montaient autrefois tes joyeux matelots ?...

 

 

Dodone n'a point vu, dans ses forêts antiques,

De leurs superbes mâts croître le chêne altier,

Et jamais les zéphyrs aux souffles fatidiques,

Courant dans ses rameaux, ne les ont fait plier ;

 

 

Le fier Liban n'a point, sur sa sauvage cime,

Nourri l'arbre géant qui forma leurs tribords ;

Mais qu'un jet de vapeur les lance sur l'abîme.....

Et rapides, sans crainte, ils entrent dans tes ports ;

 

 

C'est le signe des temps, reconnais-en les marques ;

De peuples nouveau-nés, vois, les jours sont venus,

Sur ces vainqueurs des mers, tes princes, tes monarques,

Bientôt te quitteront pour des champs inconnus !...

 

 

Eux, ces rois dont un mot fait courber tant de têtes,

Eux, que tes fils tremblants adorent à genoux,

Vers le sombre Occident qui porte les tempêtes

Que viennent-ils chercher, que veulent-ils de nous ?...

 

 

Que leur refuses-tu ? confiants dans les charmes

De l'éternel printemps qui règne en tes climats,

Auraient-ils vu briller de cristallines larmes

Aux feuilles du palmier, ennemi des frimas ?

 

 

Pour former les tissus splendides qu'on admire

Au sein de leurs palais – ces merveilles sans nom – 

La chèvre qui bondit aux vals de Cachemire

A-t-elle refusé sa soyeuse toison ?

 

 

Pour doter le sérail d'une reine nouvelle,

Cherche-t-on sans succès, sur les rives du Kours ?

A-t-il donc refusé, le Caucase rebelle,

son tribut de beautés, aux royales amours ? …

 

 

Pour orner les attraits de la brune sultane,

De la riche parure, objet de ses désirs,

Ne fournis-tu donc plus, antique Taprobane,

Et la perle nacrée, et les brillants saphirs ?...

 

 

Quand mollement couchés, sous l'arcade embaumée

Que, sur leurs têtes, forme un oranger en fleurs,

Ils rêvent – de Schiraz la rose parfumée,

N'apporte-t-elle plus d'enivrantes senteurs ?...

 

 

Ou pour ceindre leurs fronts d'un noble diadème,

À Golconde épuisé, s'adressent-ils en vain ;

N'y trouveraient-ils plus – déception suprême –

Le diamant brillant de son éclat divin ?...

 

 

Ou bien l'Astre de feu, sous le fardeau des âges,

Succombant dans sa route, a-t-il changé son cours ?

S'éloigne-t-il de toi, laissant froids tes rivages,

Compte-t-il ses rayons, pour éclairer leurs jours ?...

 

 

Non, leur œil n'a jamais vu la fraîche rosée

Se changer en glaçons sous ce ciel printanier,

Et quand l'aurore naît, une perle irisée

Vient baigner doucement la feuille du palmier.

 

 

L'heureux Serinagar, dans sa vallée immense,

Du berger de l'Indus reçoit les blancs troupeaux

Qui, dociles toujours et pleins de confiance,

Abandonnent leur laine à ses ardents ciseaux.

 

 

La vierge du Caucase, éperdue et tremblante,

Laisse, pour le harem, le vieux toit paternel,

Quand ses jeunes attraits et sa grâce naissante

Ont frappé les regards d'un despote cruel.

 

 

La charmante sultane, en sa main douce et fine,

Serre le bleu saphir, dans un joyeux élan,

Et sur ses noirs cheveux, sur sa belle poitrine,

Étincelle toujours la perle de Ceylan.

 

 

Non, rien ici ne manque à leurs moindres caprices,

Ni la beauté, ni l'or, ni les joyaux sans prix,

L'Orient est toujours le pays des délices,

De la nuit étoilée et des parfums exquis.

 

 

Le Soleil qui féconde et rajeunit la terre

Est toujours radieux, aux plaines d'Ispahan.

Mais celui qui remplit les âmes de lumière,

Le Soleil du Progrès, se lève à l'Occident.

 

 

 

Le poème ci-dessus de COQUILLON, Lise (Mlle) provient de sa brochure L'Orient, à A. M. Charles LEROUX (Ancien député des Deux-Sèvres), COQUILLON, Lise (Mlle), L'Orient, à A. M.Charles LEROUX (Ancien député des Deux-Sèvres), Angers, Imprimerie Ballu, 1870. Le document appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème printanier & coloré 

 

Lise Coquillon, « L'Orient », poème de COQUILLON Lise Mlle, L'Orient, (1870), a été choisi, & transcrit par Dina Sahyouni pour Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées » & Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 9 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/megalesia21/lc-orient

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES Et REVUE ORIENTALES - dans Megalesia REVUE ORIENTALES
9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 15:08

​​REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques

 

 

 

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Lotika

 

 

 

 

 

 

 

Poème & photographie de

 

Francis Friedlander

Site web

 

 

Photographie par

 

Lotika

 

 

 

©​​​​​​​​​​​​ Crédit photo : Lotika, image prise en Inde par Francis Friedlander. 

 

 

 



Lotika petite femme de Calcutta,
Tu m’as donné la main
Serré dans tes bras,
Tu seras mon été indien.


Lotika petite femme de Calcutta,
tu viens dans mes rêves.
Mère Thérésa te portait dans ses bras
Tu nageais nue dans le Gange mon Ève.


Lotika petite femme de Calcutta,
Tu es la mousson de la vie,
la tendresse, la chaleur de mes nuits.
Rendez-vous au bord de la Yamounâ.


Lotika petite femme de Calcutta,
doucement tu te glisses dans mes bras.
Mon plus beau voyage sera toi,
au pays des épices et du yoga.

 

 

 

 

©​​​​​​​​​​​​ Crédit photo : Femmes de Fort Barli petit village du Rajasthan,  image prise en Inde par Lotika. 

 

 

 

Pour citer ce poème

 

Francis Friedlander, « Lotika », poème inédit avec deux illustrations inédites du poète et de Lotika, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 9 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/ff-lotika

 

 

 

 

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 14:19


 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeules | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques

 

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Les couleurs, À Cloris,

 

 

À Tircis & à Cloris

 

 

&

 

À ma patrie

 

 

 

 

 

 

 

Mlle Poulain de Nogent

 

Texte choisis, transcrits & remaniés par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Les poèmes ci-dessous proviennent du recueil de la poète POULAIN (DE NOGENT-SUR-SEINE) Mlle, Poésies diverses de Mlle Poulain de Nogent, Auteur des Lettres de Madame la Comtesse de la Rivière ; du Tableau de la Parole ; de l'Anecdote intéressante ; de l'Amour Conjugal ; de Nouvelle Histoire abrégée de Port-Royal ; etc., Chez VARIN, Libraire, rue du Petit-Pont, près celle Saint-Jacques, N° 22, MDCCLXXXVII (1787), pp. 115, 116, 146. Cet ouvrage appartient au domaine public.

​​​​​​

 

 

Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS, 2021.

 

 

 

Les couleurs. À la même, sur ses rubans

 

Madrigal 

 

 

Ton goût, charmante Iris, brille dans tes rubans

L'un représente seul cette douce espérance1

Qui nous fait pressentir de précieux moments :

Un autre peint d'amour la véhémence :2

 

Notes

 

1. Le vert.

2. La couleur de feu.

 

 

 

Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.

 

 

À Cloris

Le jour de sa fête. 

Bouquet sans fleurs

 

 

Belle Cloris, on célèbre ta fête :

Reçois mon amitié, mon estime parfaite,

Point de bouquet, par pitié pour les fleurs ;

Ton teint effacerait leurs plus vives couleurs.

 

 

 

 

Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.

 

 

À Tircis et à Cloris

 

Madrigal

 

 

Tircis est un mortel aimable

Par sa belle âme, son bon cœur,

Par son esprit charmant, par sa riante humeur.

Sa Cloris est douce, agréable,

Belle, spirituelle et pleine de candeur.

Le Ciel qui veille à leur bonheur,

Les satisfait au-delà de l'attente

Dans leur unique rejeton.

Qu'une félicité constante

Couronne leur tendre union !

 

 

 

 

Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.

 

 

 

À ma patrie

Sur l'air épais et malsain de Paris.

 

 

Quatrain

 

Loin de toi, que de maux, ô ma chère Patrie !

Vainement dans le beau, le ravissant Paris

L'on espère goûter les douceurs de la vie ;

Adieu santé, repos, teint frais et coloris.

 

 

À lire sur cette auteure :

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes printaniers & colorés 

 

Mlle Poulain de Nogent, « Les couleurs », « À Cloris », « À Tircis et à Cloris » & « À ma patrie », poèmes extraits de POULAIN (DE NOGENT-SUR-SEINE) Mlle, Poésies diverses de Mlle Poulain de Nogent, etc. (1787), ont été choisis, transcrits & remaniés par Dina Sahyouni pour Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 8 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/n-cloris

 

 

 

 

 

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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 11:06

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Muses au masculin

 

 

 

 

 

 

Le bricoleur des mots

 

 

 

 

 

 

Claude Luezior

 

Site personnel

 

 

 

​​​Crédit photo :  Paul Cézanne, "Le rêve du poète", Commons, domaine public.

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N'étant pas grand clerc, je me mets à la chasse des fautes d'orthographe, comme d'autres jouent aux chasseurs de papillons. Mais, il faut bien l'avouer : la récolte est plutôt indigente. Alors, de guerre lasse, je redresse machinalement une conjugaison en mal de tuteur, je rabote une répétition disgracieuse, je mets quelque non-sens à l'équerre.

 

Au coin de mon atelier d'ébéniste en devenir, parmi une noria de ciseaux et de varlopes, grouillent des interrogations en copeaux, une poignée d'alexandrins inachevés, des majuscules à jamais ébréchées. Et je médite en prenant une pose à la Rodin et en espérant qu'un grammairien atypique bénisse avec bienveillance ces entrelacs sans lendemain.

 

Parfois, je prends courage et je ponce une trop grande lettrine, alors que mes participes se désolent de leur passé. Au coin de l'établi, deux-trois plus-que font les malins et se disent parfaits.

 

Comme les zombies sortis de magasins suédois, mes reconstructions laissent au quidam une poignée de clous et de vis en déshérence et une angoisse d'apprenti. Alors, je recommence avec la foi du charbonnier, j'élague l'adjectif trop baroque, je rabiboche la rime, je traque l'anglicisme en vadrouille, je rabote mes ratures.

 

Bref, vous l'aurez compris : je ne suis qu'un amateur décidément peu éclairé. De temps à autre, j'ouvre la fenêtre pour solliciter un rayon de soleil ou de pleine lune en invoquant le passage d'une improbable muse...

 

 

* Texte sélectionné pour paraître dans la revue IRIS ET MÊTIS sur la poésie.

 

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème sur la poésie

 

 

Claude Luezior, « Le bricoleur des mots », poème inédit sur l'écriture poétique, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 6 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/cl-lebricoleurdesmots

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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