1 décembre 2025 1 01 /12 /décembre /2025 18:13

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Poésie érotique | Astres & animaux / Nature en poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

La nuit s'ouvre & Sable

 

 

 

 

 

Poèmes lyriques par

 

 Mariela Cordero

 

Avocate, poète, écrivaine, traductrice, artiste visuelle, conseillère éditoriale pour la Revue de Symbolologie & coordinatrice des sections #PoesíaVenezolana & #PoesíaMundial dans la Revue Poesía Poémame.

 

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de l’autrice Mariela Cordero, août 2025.

 

.

La nuit s'ouvre 


 

L'automne se répète

un lien se tisse

avec l'interdit

se produit

le choc de la mer

dans le corps

lèvres assoiffées

suspendues dans l'instant.

Rien ne peut empêcher

que la nuit s'ouvre

quand on ferme les paupières.

 


 

 

Sable

 

Cette approche

me prolonge

m'expandit

jusqu'à anéantir l'identité

les signes hérités

deviennent élastiques

se tendent

se rompent

l'éclatement survient.

Maintenant je suis

du sable éparpillé

sur la carte

de ton corps.


 


 

 

© Mariela Cordero, deux extraits du recueil de poésie inédit Pacte d'une autre mer.

***

Pour citer ces deux poèmes érotiques, inédits & illustrés

 

Mariela Cordero, « La nuit s'ouvre » & « Sable », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/mcordero-lanuit

 

 

 

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26 novembre 2025 3 26 /11 /novembre /2025 18:27

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Revue poépolitique & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques 
 

 

 

 

 

 

 

 

Les Nuits d'Alger

 

 

 

 

 

Poème engagé par

 

 Amel Boudali

 


 

Crédit photo : Eugène Delacroix (1798-1863), « Les Femmes d’Alger dans leur appartement », peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits du Web. 

 


 

 

Les étourneaux suturent

de leur penne métallique

les brèches de l'espoir

et se ruent aux abois et fumantes

les cavalcades des 5 juillet dans les rues d'Alger

se dévorent avides

les fureurs des jouissances avortées

dans la grande nuit haletante africaine

où suspendus aux soupirs de l'histoire

tressautent les cœurs gros de semences

où bruissent les soupirs des révoltées et des jeunes d'octobre

et tintinnabulent au loin les têtes décapitées

trophées de l'arbre du boucher

elles repoussent sans fin

sur des terres de mémoire, fumier des siècles passés,

arrosées aux senteurs du sultan des forêts

et leurs bouches pollinisées feulent d'amour

perlent d'humidité

et crachent le chant qui empourpre nos gorges

sur leurs paupières ressuscitées

parois de nos terreurs

s'écrivent les signes

qui se révéleront à nous

plus tard

sur les pages du désert, mer dans le dos

sitôt vus, citadelle figée,

signes dissous et effacés

et le boucher, chauffé à blanc,

zèbre l'air de son coutelas.

Nuits d'Alger

où s'engouffrent les rêves d'indépendance

quand Makéba répète en boucle

Houria

et d'où s'échappent les larmes du temps 

murmuration étouffée

déterrée et tendue à la corde de l'horizon.

Sempiternel froufrou

des rémiges qui

se remémorent à

l'instant-même du battement

la route sanglante qui ourle le ciel à

Alger.

Samir-étourneau,

déchire la baie

de son vol.

Mémoire évidée

à jamais mise au jour.

 

© Amel Boudali

 

—————

Pour citer ce poème engagé, illustré & inédit

 

Amel Boudali, « Les Nuits d'Alger », peinture par Eugène Delacroix (1798-1863), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 26 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/ab-nuitsdalger

 

 

 

 

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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 19:15

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Revue matrimoine | Voix-Voies de la sororité | Philosphies & sagesses en poésie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

Une femme la nuit

 

 

 

 

 

Poème féministe par

 

 Amel Boudali

 

 

 



 

Je suis 

une femme la nuit

je dresse

mes mains-torches

de tous les égarés

j'éclaire le chemin

hormis le mien

je me consume 

et sur ma route

tout n'est 

qu'ombres voilées


 

je suis

une femme entière

non la moitié d'un autre


 

au visage tatoué

par les jours amers

aux joues enflammées

des caresses du simoun

aux mains creusées de veines

vertes et espérantes

comme les chemins de mai

dans mes montagnes rêches

ma gorge est le palais

de mille chants anciens

qui courent  

jusque dans les vallées

et viennent se mêler

aux clapotis des vagues

pour être fécondés 

par l'écume des ans

et résonner nouveaux

au cœur de mes enfants

mes moissons de juillet

sont en bouche amères


 

une femme entière

non la moitié d'un autre


 

mes filles indénombrables

portent en bandoulière

leur corps à vif qui

cogne aux portes

de la vie

et s'écorche aux regards

hérissés de tessons

de couteaux et de haine

des corps entiers

non les moitiés d'un autre

mes filles de juillet

se languissent encore

des fruits de cette moisson

leur marche a commencé

à l'aube de notre histoire

dans le jour de nos villes

leurs semis en chemin 

germinent en cris de joies

de peines et de révolte

et dans leur sillon

elles déposent les corps

des compagnes brûlées

égorgées écorchées

d'où renaîtront encore

d'autres corps en marche

 

des compagnes brûlées

égorgées écorchées

mais toutes

toutes

entières non la moitié d'un autre

 

© Amel Boudali

 

Biographie

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse Amel BOUDALI.

​​​​​

Amel BOUDALI est née à Alger. Elle a suivi ses études en France au cours desquelles elle a consacré un travail de recherche aux connivences esthétiques et éthiques entre les œuvres de Mohammed Dib et de  Guillevic. 

Attentive aux voix poétiques contemporaines, elle publie des lectures de recueils sur son blog « Cultures Plurielles » dédié à l'actualité poétique de tous horizons.

Elle a publié aux éditions LansKine le recueil Mers (2025).

Elle enseigne depuis une quinzaine d'années dans le secondaire auprès de jeunes réfugié-e-s.

 

***

Pour citer ce poème engagé, féministe, gnomique, illustré & inédit

 

Amel Boudali, « Une femme la nuit », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 20 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/ab-unefemmelanuit

 

 

 

 

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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 17:34

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges  | Revue Matrimoine

 

 

 

 

 

 

 

 

À tous les blessés

 

 

 

 

 

 

Poème historique & photographie par

 

Camille Aubaude

 

https://everybodywiki.com/Camille_Aubaude

 

Blogue officiel :

​https://camilleaubaude.wordpress.com/ 

 

 

 

© Crédit photo : John Faed (1819-1902), « Le Rêve du poète » (1881-1882), actuellement exposé au Musée Marmottan dans le cadre de l’exposition sur « Le Sommeil » & les rêves (voir aussi https://www.marmottan.fr/expositions/lempire-du-sommeil/). Huile sur toile, 104,7 x 142,9 cm 46,5 × 76 cm, Collections (RSA), Edimbourg, Royal Scottish Academy of Art & Architecture  Dublin, National Gallery of Ireland. Cette peinture tombée dans le domaine public est photographiée par Camille Aubaude « Tableau romantique & poétique représentant le poète face à un ciel peuplé de souffrances ».


 

 

Femmes de mystères, encore

nous sommes un peu beaucoup 

passionnément Marie Stuart faite 

pour régner, femme de génie

brisée par la fatalité.


 

Continuité de la Reine d’Écosse 

fille des Guise et de Lorraine 

enfance vermeille au château d’ambroisie 

où la feuille d’acanthe

porte les promesses de vertes vallées.


 

Août 1548, le port de Roscoff.

Une pierre garde l’empreinte du soulier d’une reine de six ans

venue en Bretagne avec les bannières de l’Écosse.

Révolution et génie tiennent tête à la barbarie.


 

Un mariage royal à Notre-Dame de Paris 

les fêtes de la jeunesse, l’appel d’un règne éclairé 

de grâces admirables, de voluptés

et puis la maladie implorant l’injuste déclin.

Grâce et finesse face à la Révolution totalitaire.


 

Ô l’affreuse gloire des errances 

pour un règne humilié par les guerres

les atrocités où toutes les Marie Stuart 

aux yeux brillants succombent dans l’oubli.

« Ma fin sera mon commencement », dit-elle à son bourreau

qui s’y reprend trois fois pour faire taire cette voix.


 

L’humaine boucherie outrageant la Nature, 

l’implacable douleur ensevelissent le pouvoir temporel.

Marie joue du luth, elle chiffre ses lettres

pour fuir l’indolence, s’affranchit des lâchetés

de la censure sans grâce et volupté.


 

Des tyrans, des cerbères, le Néant en toile de fond,

le Patriarcat questionné par nos lettres et nos livres.

La reine rivale, Élisabeth Première, revit la mort 

injuste de sa Mère, Anne Boleyn, aimée des Amboisiens.


 

Seulette dans sa cour, dépossédée de ses rentes

trahie par son fils bientôt roi, Marie Stuart exaspère, 

« trop intelligente », subtile, profonde et fine.

Marie espère revoir les belles figures

d’Amboise où elle goûta le nectar d’ambroisie.


 

Prisonnière, elle élève des animaux,

pourfend ceux qui dénoncent

dans un sombre château cerné de bocages.


 

Épistolière couronnée de Sagesse

Marie crypte la grâce de son être

s’écrit dans le mystère épistolaire

à présent décrypté, en 2025, grâce

à une Révolution planétaire, linéaire

qui va de plus en plus vite.

 

© Camille Aubaude

***

Pour citer ce poème historique, élégiaque, engagé, féministe, illustré & inédit

 

Camille Aubaude (poème & photographie), « À tous les blessés », peinture par John Faed (1819-1902), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 18 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/ca-atouslesblesses

 

 

 

 

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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 17:33

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Bémols artistiques | Critique & réception

 

 

 

 

 

 

 

Le temps de vivre,

 

interprété par Camille Chamoux.

 

Mis en scène par Vincent Dedienne

 

 

 

 

 

 

Chronique & image par

 

Camille Aubaude

 

https://everybodywiki.com/Camille_Aubaude

 

Blogue officiel :

​https://camilleaubaude.wordpress.com/ 

 

 

 

© Crédit photo : Capture d’écran d’une image du spectacle « Le temps de vivre » (interprété par Camille Chamoux & Mis en scène par Vincent Dediennees) par Camille Aubaude.

 

 

 

Tout le monde de Camille Chamoux

 

 

Une belle blonde dotée d’une vitalité extrême tient son public en haleine dans un divertissement intitulé « Le temps de vivre ».

Ce "seule en scène" n’est pas qu’un divertissement : c’est une plongée dans les abysses par une écriture hautement maîtrisée. Soixante-dix minutes d’« exposé sur la finitude », en l’an 2021, l’année noire, où tant d’artistes et d’écrivains ont été anéantis par la pandémie du covid, et leurs œuvres oubliées. Ce monologue chargé de références littéraires est drôle, euphorisant.


 

L’écriture contemporaine a de plus en plus la mémoire courte. On nous apprend rarement à apprécier ce qui est ancien et qui nous survivra. Ces élucubrations fort bien orchestrées montrent qu’une seule personne peut catalyser l’énergie qui servait jadis à créer un opéra. La télépathie avec l’auditoire marche à fond.

Quatre siècles après « la Sévigné de tout le monde », Camille Chamoux reconstruit un quotidien déjanté, le sien, le vôtre, en réussissant une sorte de mise en scène de ce qui nous menace, et qui n’est pas rien puisque la révolution numérique peut faire du monde un enfer. Le style éblouissant n’est pas fait pour les critiques, et il rend perplexe.

 

La rigueur des connaissances littéraires, du niveau de Normale Sup, sert de cadre à la trivialité brute et pince sans rire, à laquelle nous ont initiés les seules en scène de Blanche Gardin. Certes, les fèces sont supposées faire rire à une époque de « libération » obligée, mais si l’art religieux nous a épargné la scatologie pendant des siècles et des siècles, n’est-ce pas pour se respecter, s’entraider, croire en soi, et délivrer une sagesse symbolique ?

Ce qu’essaie de faire Camille Chamoux, même par des concessions à la catharsis.

L’intrusion récurrente du téléphone portable est un des gags toujours réussis. Ce démon frappe à la porte de nos pensées. La récitante est lancée dans des propos fort décousus, elle saisit son portable et dit : « Pierre Perret est mort », puis elle s’adresse au public : « Ne vérifiez pas, c’est un spectacle ». Le débit clair contrôle tout ce qui est imprévisible. Un record ! Les faits quotidiens sont passés au peigne fin pour nous faire rire d’une vie de dingue, celle qui va beaucoup trop vite, une fausse vie dont nous ressentons tous la menace. 

 

Au temps de Zouc, les femmes humoristes avaient une peine folle à percer, et la folie les guettait. Le monde de fièvre continuelle de Camille Chamoux n’est plus celui d’une femme qui fait le ménage mais un message à la Chantal Akerman, qui pourrait devenir un objet d’étude. Son point de vue sur la reproduction sape tout ce qui ressortit à l’amour maternel, dans un effet de dédramatisation salutaire. La violence cathartique s’exprime alors avec passion, et Camille Chamoux le dit pour Virginie Despentes dont elle mime l’œuvre littéraire.

« Le temps de vivre » est le corps des contradictions : un divertissement qui pose les questions essentielles, et met les points sur les /i/ du rejet du lyrisme aujourd’hui.

 

© Camille Aubaude

 

***

Pour citer ce texte inédit & illustré

 

Camille Aubaude (texte & photographie), « Le temps de vivre, interprété par Camille Chamoux. Mis en scène par Vincent Dedienne », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 18 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/ca-letempsdevivre

 

 

 

 

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LPPDM, SEPTEMBRE 2026

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L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

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