Crédit photo : Une fresque dans le « Jardin Monique Wittig », fresque.jpgMonique Wittig ». Capture d’écran de l’image libre de droits trouvée sur le Web.
Monique Wittig a écrit un livre poétique du corps lesbien
et moi, je l’ai lu et j’ai pensé de toi et ton corps lesbien
Pour citer ce poème féministe, élégique, engagé & inédit
Nicoletta Chiodi, « Monique Wittig », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 22 août 2025. URL :
Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), illustration des roses écloses & en boutons avec leurs feuilles & un papillon, peinture tombée dans le domaine public. Capture d'écran faite par LPpdm de la photographie libre de droits du site Commons.
Parsemer l’univers de l’amour qui nous lie, c’est cela être en vie.
Je parsème l’univers de tes mots d’amour qui se cachent dans l’au-delà. Je m’habille de tout ce que tes mains tissent et, je m’embellis par les rayons du soleil que provoquent tes rires. Dans l’ombre de ce je naît la femme à laquelle je m’identifie.
Les lettres se croisent, voyagent dans l’espace-temps des souvenirs et relatent des instants fragiles remplis de nos souhaits.
Est-il encore possible, est-il encore plausible de nous concevoir ainsi ?
Je voyage dans tes nuits et m’étale sur ton lit, pourtant tu ne me vois pas.
Suis-je cette pensée qui te traverse comme des troupeaux sauvages d’animaux inconnus.
Parle-moi d’amour, de tout ce qui nous lie et nous différencie. Parle-moi de tes secrets, de ces mots qui restent endormis sur tes lèvres et qui taraudent ton esprit.
Parle-moi de ces chagrins qui t’éloignent de mon être et te prononcent autre.
Les vents s’approchent de nos cœurs et enfantent des visages qui ne nous appartiennent pas.
Des larmes colorées parfument les lieux de nos enfances, elles parviennent à achever nos portraits quand le silence s’empare de ce nous.
Fautif, imitatif, réservé, le nous qui étrangle les récits.
*Le poème-lettre « De ce nous » est un extrait poétique de Lettres à Océan de savoir (recueil de poèmes paru pour la première fois en 2009-2010) & reproduit ici avec l'aimable autorisation de l’autrice & de la maison d'édition.
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Pour citer ce poème d’amour illustré & inédit
Dina Sahyouni, « De ce nous », peinture par Marie-Éléonore Godefroid (1778-1849), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 17 juillet 2025. URL :
Dans ce recueil de poésie écrit à fleur d’âme et de peau, Paloma Hermina Hidalgo ouvre le bal qui fait danser la chair des mots dans le corps irradiant du texte qui n’est autre que celui de la narratrice. La photo, somptueuse, digne d’un opéra baroque, signée par Quentin Caffier, donne le ton à cet ouvrage dont la plume semble avoir été trempée dans le vitriol.
On ne sort pas indemne des jupes d’une mère incestueuse et démiurge qui fait voler tous les tabous en sacrifiant l’innocence de son enfant sur l’autel de la perversité. « La dureté de ton cœur, Maman, infecte ma chair. », écrit l’autrice qui vénère toujours et encore sa mère qu’elle interpelle avec un M majuscule et qu’elle invoque ainsi « Dès le berceau, Maman, notre amour hors de mesure n’a-t-il pas présidé à ma folie ? »
Paloma Hermina Hidalgo parle du plus loin et du plus haut de sa mémoire, sur le trône de feu orgiaque et orgasmique qu’elle transcende par une écriture où elle triture les mots à l’instar de sa chair tourmentée par sa génitrice. « Je te chéris, Maman. Et ta vulve de conte . De sorte qu’attachée à ta vanille et au culte de ta gousse, je garde malgré tout mon honneur. » La poésie est cette langue bifide qui dit tout à la fois l’inouïe et cette beauté vénéneuse qui infuse dans le texte tel un poison qui renvoie au mal absolu.
Poésie de la déchirure et de la démesure, on retrouve comme dans Matériau Maman,
le pire dans cette féerie où la perte, comme dans tous les contes de fées, atteint des paroxysmes qui ébranlent l’entendement.
Crédit photo : Portrait de l’autrice Paloma Hermina Hidalgo, capture d’écran de l'image libre de droits du site Wikipédia.
Sculptrice de poupées entre ses doigts maléfiques, la mère est cet ange déchu à la fois craint et adoré qui commet ce que la psychanalyste Alice Miller qualifie d’« abus narcissique ». Et pourtant, ce sont des ténèbres que naît la lumière dans cet ouvrage horrifique, c’est la magnificence d’un envoûtement sans philtre qui emporte le lecteur dans les abords de cet ailleurs qui n’est autre que celui de la perte…
Nul doute que Paloma Hermina Hidalgo aura transmutée sa chair violentée dans un poème où, dans le même fourreau, la douleur exquise côtoie l’indicible déréliction d’une identité profanée où l’on appréhende ce que Joyce Mc Dougall nomme « Un sexe pour deux ». « L’Une avec l’Une/ Et l’Une de l’Une / Et l’Une dans l’Une », résume la narratrice.
Seule l’écriture permet d’exorciser et de dénouer cette dyade mère-fille dont la trame bâtie sur la « navrance du désir » a partie liée avec la perte de soi dans l’autre, voire la perte dans cette petite mort qui précède la disparition dans le non-être. Mais telle une Orphée au féminin, Paloma Hermina Hidalgo nous est revenue des enfers pour renaître au monde avec cette faculté d’émerveillement que l’on entrevoit entre les lignes de son livre car c’est un diamant noir qu’elle nous octroie dans un écrin de lumière.
Françoise Urban-Menninger (texte & photographie), « Féerie, ma perte, recueil de poèmes de Paloma Hermina Hidalgo, paru aux Éditions de Corlevour »,Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 16 juillet 2025. URL :
Pierre Kobel, le préfacier du Journal d’Éric Dubois reprend une citation de Philippe Lejeune qui affirme que « le journal n’est pas seulement un texte... » et de relever encore cette déclaration éclairante de Michelet qui disait de son journal qu’il était son « âme de papier ».
Nul doute que derrière les mots, voire les maux, Éric Dubois ne cesse de chercher à se connaître dans une quête qui transcende sa « Maladie » qui a partie liée avec la folie et dont il nous précise « N’attendez pas de moi que j’en donne une définition » car « elle ne nous est pas donnée comme intelligible ».
Éric Dubois nous confie que sa première hospitalisation « marque un tournant dans sa vie » et d’ajouter que « Par la Maladie, par ma Maladie, je devins créateur de ma vie, ayant volé le feu dans le lieu de l’inexprimable, Prométhée mal dégrossi, pour apporter la lumière aux cloisons sombres du Monde. » Dès lors, dessins, poèmes raturés ou surlignés de rouge, irruptions de personnages issus des tréfonds de son être, signes non identifiés, caractères en Hébreu viennent recouvrir les pages de son cahier de brouillon. Une semaine d’indécision « pourtant arbitrée par le Très-Haut » semble le guider, il évoque Dubuffet, Char, Picasso... Le jour de sa sortie, il écrit en avouant pratiquer ce qu’il appelle le « Mentir-vrai » si cher à Aragon.
Éric Dubois renaît dans la peau d’un écrivain alors qu’il pensait être « un inadapté social » ! Sous sa plume, on lit « Je suis du bois dont on fait du papier et des livres, mon âme est une page blanche à réécrire sans cesse, mes pensées de feuillets au vent et ma vie une librairie à ciel ouvert. »
C’est dans l’écriture qu’il se trouve une identité, son blog Le Capital des Mots fait de lui « un passeur » où des centaines d’auteurs lui doivent d’avoir été publiés.
Au pays de la Schizophrénie, qui l’accompagne depuis un quart de siècle, il finit pas associer l’écriture et sa Maladie jusqu’à déclarer « l’écriture est schizophrénie » !
Retenons ces magnifiques assertions dans lesquelles Éric Dubois se livre, l’âme nue, « Écrire me résume, résume ma personnalité et ma vie. Écrire me fait exister... »
Émaillé de croquis et de citations, son Journal nous ramène vers la lumière car son écriture est lumière. Dans une phrase luminescente, il explore ce paradoxe : « L’ombre est une part de la lumière. L’ombre nous accompagne quoi que l’on fasse de bien ou de mal. L’essentiel est de retrouver la lumière. »
Éric Dubois qui voulait « montrer la part de poésie qu’il y a dans toute maladie psychique » nous invite dans le même temps à appréhender « cet obscur qui travaille en nous » évoqué par Henri Meschonnic. En lisant son Journal, nous empruntons ce chemin de la connaissance de soi qui passe par celui de l’autre où poésie et folie font danser l’âme sur le fil ténu où celui qui s’adonne à l’écriture n’est autre qu’un funambule en quête de sa lumière intérieure.
Françoise Urban-Menninger, «Journal, récit d’Éric Dubois paru dans la collection La Bleu-Turquin dirigée par Jacques Cauda aux Éditions Douro », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 26 juin 2025. URL :
À lire aussi le texte élégiaque en hommage au poète Albert Strickler :
Françoise Urban-Menninger, « Albert Strickler, poète de la grâce et de la lumière », illustration photographique par Claude Menninger, URL. https://www.pandesmuses.fr/noi2025/fum-graceetlumiere
Pour citer ces images & poème élégiaque inédits en hommage au poète Albert Strickler
Françoise Urban-Menninger, « Le cœur étincelant d’un joyaux », illustration photographique par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 12 mai 2025. URL :
APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.
L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.
Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.
IMPORTANT ! LA RÉDACTION REPORTE SON THÈME ENTREPRIS AUTOUR DES SORCIÈRES À UNE DATE ULTÉRIEURE ET LE REMPLACE PAR LE DOSSIER CARTE BLANCHE SUR LES BOUQUETS CHEZ LES CRÉATRICES EN POÉSIE ET ARTS. ON PUBLIE UNE SÉLECTION DE VOS BOUQUETS POÉTIQUES, ARTISTIQUES,...