Françoise Urban-Menninger,« la robe de bain », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :N° 14 | ÉTÉ 2023 « Les conteuses en poésie », volume 1, mis en ligne le 28 août 2023. URL :
La poète se retrouve face à un monde abîmé enfoncé dans les ténèbres et son souhait n’est autre que de voir ce monde traversé par un rayon de lumière. Avec des mots justes elle décrit les atrocités qui prennent forme « Dans la topographie gluante de la cité » où la recherche d’un éden terrestre engendre des situations ingérables fruits d’une civilisation naufragée et chargée de tant de paradoxes que l’Humanité soit « en état de choc ».
On dit que la nuit porte conseil mais elle peut être aussi synonyme d’effroi. Aussi La poète se penche-t-elle sur les victimes de la nuit. La nuit perverse et démoniaque de ceux qui s’y aventurent, ceux en mal d’existence :
« Nuit chaotique
criblée de prospectus
de seringues
et d’infarctus
du myocarde »
Elle souligne également le manque de tolérance face à la différence de l’autre :
« Accusé l’autre
dans ses choix de vie
critiquer par principe
dans un amène sourire »
C’est un monde qui va à vau-l’eau est dans le paraître. C’est aussi un :
« Monde incohérent
qui se cherche
au milieu des livres
et se cache
derrière des slogans »
Dans ce monde il y a aussi :
« des guérites qui clignent de l’œil
dans leur devanture
pimpante et menteuse »
C’est un monde qui s’accroche aux futilités par manque de bon sens et de discernement.
Tout est à refaire car le monde semble se tromper de sens par manque de bon sens.
Le poète est avant tout un être lucide et doté d’une grande sensibilité. Il sait lire entre les lignes et révèle des vérités. Et pour cause, notre poète fait montre d’une grande perspicacité en nous livrant sa perception des choses :
« Je vois
au fond de la nuit
la détresse
d’un monde évanoui
Qui gronde
et couve encore
ses carats de lumière »
Et encore :
« Je vois
gravés sur ce mur
des serments tressés
qui me grisent
derrière
la chaîne épineuse des tags. »
Selon elle, ce monde doit cesser de cultiver le paraître pour apprendre à être.
Elle est aussi celle qui cherche la lumière. La lumière qui réchauffe le cœur et l’esprit :
« Dans la tresse du soleil
tu laisses éclater ta joie »
Malgré sa plume subtilement incisive, elle chante aussi l’amour :
Maggy De Coster (texte & images), «Soisik Libert, « Trombes en carré d’or vierge », L’Harmattan 2022, 81 pages, 12€ », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 23 juin 2023. URL :
Françoise Urban-Menninger,« poésie en berne »,Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 8 juin 2023. URL :
Poème choisi, transcrit & présenté avec un commentaire par Floriane Martin
Crédit photo : Paul Merwart, portrait de "Louise-Victorine Ackermann", gravure, capture d'écran de Commons.
Quand Orphée autrefois, frappé par les Bacchantes,
Près de l’Hèbre tomba, sur les vagues sanglantes
On vit longtemps encor sa lyre surnager.
Le fleuve au loin chantait sous le fardeau léger.
Le gai zéphyr s’émut ; ses ailes amoureuses
Baisaient les cordes d’or, et les vagues heureuses
Comme pour l’arrêter, d’un effort doux et vain
S’empressaient à l’entour de l’instrument divin.
Les récifs, les flots, le sable à son passage
S’est revêtu de fleurs, et cet âpre rivage
Voit soudain, pour toujours délivré des autans.
Au toucher de la lyre accourir le Printemps.
Ah! que nous sommes loin de ces temps de merveilles !
Les ondes, les rochers, les vents n’ont plus d’oreilles,
Les cœurs même, les cœurs refusent de s’ouvrir.
Et la lyre en passant ne fait plus rien fleurir.
Ce poème de Louise-Victorine Ackermann (1813-1890) est tiré du recueil Contes et poésies publié à Paris chez la Librairie de L. Hachette et Cie en 1863, « Poésies », p. 255. Cette œuvre est tombée dans le domaine public). La lyre symbole de grâce et renaissance, se désole aujourd'hui du manque d'empathie, souligne l'indifférence face à la détresse d'autrui.
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Pour citer ce poème de l'aïeule
Louise Ackermann,« La lyre d'Orphée », poème choisi, transcrit & présenté avec un commentaire par Floriane Martin de ACKERMANN, Louise (1813-1890), Contes et poésies (1863), Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 19 mai 2023. URL :
* Ce poème illustre bien cette lignée de femmes que nous portons toutes en nous !
Retrouvez demain Françoise Urban-Menninger avec trois poétesses et un poète édités aux éditions Astérion au FEC à Strasbourg pour une soirée poétique en présence de l'éditeur (le 10 mai à 18h30) :
Françoise Urban-Menninger, « dans un même regard », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 9 mai 2023. URL :
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LPPDM, SEPTEMBRE 2026
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SIÉFÉGP, JUIN 2026
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N° III ÉTÉ 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Critique & réception Irène Shraer, « Vertige du réel », nouvelles aux éditions Unicité, 2026, 141 p. 14€ Article par Maggy de Coster Site personnel Le Manoir Des Poètes
Il s’agit...