2 août 2022 2 02 /08 /août /2022 15:13

 

N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Dossier majeur | Florilège & REVUE ORIENTALES (O) | N° 2-1 | Varia 


 

 

 

​​​​​

 

 

 

Les Cèdres

 

 

 

 

 

​​

Édouard Gemayel

Ou Édouard Gemayel

Poème choisi & transcrit avec une note par Dina Sahyouni

 

 

 

 

​​​​​Crédit photo : "Cèdre du Liban du lac Supérieur du bois de Boulogne", domaine public, Wikimedia.

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À Madame Amy Kher

 

 

 

 

Dans le bois où repose une fadeur d'église

Les cèdres de la Bible exhalent leur encens

Et leur silence a de long soupirs angoissants

Où de leur souvenir l'âme se cristallise.

 

 

 

Leur feuillage s'étale en vivantes assises,

Et dans les cieux du soir tout maculés de sang,

Palpite en disques bleus autour des fûts, puissants,

Et la céleste paix des nuits le divinise.

 

 


 

Nul rêve ne fleurit au pied des troncs rugueux,

Et l'on sent, malgré soi, se renfermer ses yeux,

Et doucement monter un mystique vertige.


 

 

 

Ainsi, parmi les rocs et l'immortalité.

Debouts et dédaigneux de leur antiquité.

Les Géants du Seigneur dans les siècles se figent.*

 

 

 

* Le poète Édouard Gemayel (1???-????) célèbre dans ce poème élogieux le pays dont l'écrivaine Amy Kher est originaire ; le parfum des cèdres est celui du Liban. Amy Kher a vécu en Égypte et fut conteuse, romancière, poète (ou poétesse) du XXème siècle.

 

 

Le poème ci-haut provient du périodique Images, hebdomadaire égyptien paraissant le Dimanche, N°19, Égypte, Le Caire 26 janvier 1930, p. 19. Cette presse écrite appartient au domaine public.

​​​​​​

 

_______

 

 

 

Pour citer ce poème élogieux d'un aïeul

 

Édouard Gemayel, « Les Cèdres », extrait du périodique égyptien Images (N°19, 1930), choisi, transcrit avec une note par Dina Sahyouni pour Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels & fictifs », n°2 & Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre »mis en ligne le 2 août 2022. URL :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no2/no11/eg-lescedres


 

 

 

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 11:58

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Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poésie des ancêtres | Poétextes thématiques

 

 

 

 

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L'Automne, Velléité,

 

 

 

Locusta & Vers d'amour

 

 

 

 

 

 

Renée Vivien

 

Poèmes choisis & transcrits par Dina Sahyouni

 

 

Crédit photo : La danseuse étoile Anna Pavlova en bacchante. Image de Commons. 

 

 

 

L'Automne

 

 

L'Automne s'exaspère ainsi qu'une Bacchante,

Folle du sang des fruits et du sang des baisers

Et dont on voit frémir les seins inapaisés...

L'Automne s'assombrit ainsi qu'une Bacchante

Au sortir des festins empourprés. Elle chante

La moite lassitude et l'oubli des baisers.

 

Les yeux à demi-morts, l'Automne se réveille

Dans le défaillement des clartés et des fleurs,

Et le soir appauvrit le faste des couleurs.

Les yeux à demi-morts, l'Automne se réveille :

Ses membres sont meurtris et son âme est pareille

Aux coupes sans ivresse où s'effeuillent les fleurs.

 

Ayant bu l'amertume et la haine de vivre

Dans le flot triomphal des vignes de l'été,

Elle a connu le goût de la satiété.

L'éternelle amertume et la haine de vivre

Corrompent le festin où le monde s'enivre,

Étendu sur le lit de roses de l'été.

 

L'Automne, ouvrant ses mains d'appel et de faiblesse,

Se meurt du souvenir accablant de l'amour,

Et n'ose en espérer l'impossible retour.

Sa chair de volupté, de langueur, de faiblesse,

Implore le venin de la bouche qui blesse

Et qui sait recueillir les sanglots de l'amour.

 

Le cœur à demi-mort, l'Automne se réveille

Et contemple l'amour à travers le passé.

Le feu vacille au fond de son regard lassé.

Le cœur à demi-mort, l'Automne se réveille :

La vigne se dessèche et périt sur la treille...

Dans le lointain pâlit la rive du passé.

 

 

 


Velléité

 

 

Dénoue enfin tes bras fiévreux, ô ma Maîtresse !

Délivre-moi du joug de ton baiser amer,

Et, loin de ton parfum dont l'opulence oppresse,

Laisse-moi respirer les souffles de la mer.

 

Loin des langueurs du lit, de l'ombre de l'alcôve,

J'aspirerai le sel du vent et l'âcreté

Des algues, et j'irai vers la profondeur fauve,

Pâle de solitude, ivre de chasteté !


 

 

Locusta

 

 

Nul n'a mêlé ses pleurs au souffle de ma bouche,

Nul sanglot n'a troublé l'ivresse de ma bouche,

J'épargne à mes amants les rancœurs de l'amour.

 

J'écarte de leur front la brûlure du jour,

J'éloigne le matin de leurs paupières closes,

Ils ne contemplent pas la ruine des roses.

 

Seule, je sais donner des nuits sans lendemains.

 

J'allume dans leurs yeux d'inexprimables fièvres,

Et, fastueusement, je leur offre mes lèvres,

Mes flancs, et la lenteur savante de mes mains.

 

Je verse les soupirs, l'accablante caresse

Et les mots de langueur murmurés dans la nuit.

J'estompe les rayons, les senteurs et le bruit.

 

Je suis la pitoyable et la tendre Maîtresse.

 

Car je sais les secrets des merveilleux poisons,

Insinuants et doux comme les trahisons

Et plus voluptueux que l'éloquent mensonge.

 

Lorsque au fond de la nuit un râle se prolonge

Et se mêle à la fuite heureuse d'un accord,

J'effeuille une couronne et souris à la Mort.

 

Je l'ai domptée ainsi qu'une amoureuse esclave.

Elle me suit, passive, impénétrable et grave,

Et je sais la mêler aux effluves des fleurs,

 

Et la verser dans l'or des coups des Bacchantes.

 

J'éteins le souvenir importun du soleil

Dans les yeux alourdis qui craignent le réveil

Sous le regard perfide et cruel des amantes.

 

J'apporte le sommeil dans le creux de mes mains.

Seule, je sais donner des nuits sans lendemains.

 

 


 

 

Vers d'amour

 

 

 

Tu gardes dans tes yeux la volupté des nuits,

Ô Joie inespérée au fond des solitudes !

Ton baiser est pareil à la saveur des fruits

Et ta voix fait songer aux merveilleux préludes

Murmurés par la mer à la beauté des nuits.

 

Tu portes sur ton front la langueur et l'ivresse,

Les serments éternels et les aveux d'amour,

Tu sembles évoquer la craintive caresse

Dont l'ardeur se dérobe à la clarté du jour

Et qui te laisse au front la langueur et l'ivresse.*

 

 

* « L'Automne », « Velléité », « Locusta » & « Vers d'amour » sont des poèmes de VIVIEN, Renée (1877-1909), Cendres et poussières, Paris, Alphonse LEMERRE, Éditeur, 23-31, Passage Choiseul, MDCCCCII/1902. pp. 25-27, 67, 83-85 & 107-108. Ce recueil appartient au domaine public.

 

 

***

 

Pour citer ces poèmes

 

Renée Vivien, « L'automne », « Velléité », « Locusta » & « Vers d'amour », poèmes extraits de VIVIEN, Renée (1877-1909), Cendres et poussières (1902), choisis & transcrits par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 13 juillet 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/rv-ivresses

 

 

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 14:19


 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeules | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques

 

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 ​​

 

 

 

 

Les couleurs, À Cloris,

 

 

À Tircis & à Cloris

 

 

&

 

À ma patrie

 

 

 

 

 

 

 

Mlle Poulain de Nogent

 

Texte choisis, transcrits & remaniés par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Les poèmes ci-dessous proviennent du recueil de la poète POULAIN (DE NOGENT-SUR-SEINE) Mlle, Poésies diverses de Mlle Poulain de Nogent, Auteur des Lettres de Madame la Comtesse de la Rivière ; du Tableau de la Parole ; de l'Anecdote intéressante ; de l'Amour Conjugal ; de Nouvelle Histoire abrégée de Port-Royal ; etc., Chez VARIN, Libraire, rue du Petit-Pont, près celle Saint-Jacques, N° 22, MDCCLXXXVII (1787), pp. 115, 116, 146. Cet ouvrage appartient au domaine public.

​​​​​​

 

 

Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS, 2021.

 

 

 

Les couleurs. À la même, sur ses rubans

 

Madrigal 

 

 

Ton goût, charmante Iris, brille dans tes rubans

L'un représente seul cette douce espérance1

Qui nous fait pressentir de précieux moments :

Un autre peint d'amour la véhémence :2

 

Notes

 

1. Le vert.

2. La couleur de feu.

 

 

 

Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.

 

 

À Cloris

Le jour de sa fête. 

Bouquet sans fleurs

 

 

Belle Cloris, on célèbre ta fête :

Reçois mon amitié, mon estime parfaite,

Point de bouquet, par pitié pour les fleurs ;

Ton teint effacerait leurs plus vives couleurs.

 

 

 

 

Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.

 

 

À Tircis et à Cloris

 

Madrigal

 

 

Tircis est un mortel aimable

Par sa belle âme, son bon cœur,

Par son esprit charmant, par sa riante humeur.

Sa Cloris est douce, agréable,

Belle, spirituelle et pleine de candeur.

Le Ciel qui veille à leur bonheur,

Les satisfait au-delà de l'attente

Dans leur unique rejeton.

Qu'une félicité constante

Couronne leur tendre union !

 

 

 

 

Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.

 

 

 

À ma patrie

Sur l'air épais et malsain de Paris.

 

 

Quatrain

 

Loin de toi, que de maux, ô ma chère Patrie !

Vainement dans le beau, le ravissant Paris

L'on espère goûter les douceurs de la vie ;

Adieu santé, repos, teint frais et coloris.

 

 

À lire sur cette auteure :

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes printaniers & colorés 

 

Mlle Poulain de Nogent, « Les couleurs », « À Cloris », « À Tircis et à Cloris » & « À ma patrie », poèmes extraits de POULAIN (DE NOGENT-SUR-SEINE) Mlle, Poésies diverses de Mlle Poulain de Nogent, etc. (1787), ont été choisis, transcrits & remaniés par Dina Sahyouni pour Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 8 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/n-cloris

 

 

 

 

 

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 16:35

 


Événements poétiques | Megalesia 2021 | Le Printemps des Poètes | Poésie des aïeules | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques

 

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Mes désirs

 

 

&

 

 

Les fleurs (idylle)  

 

 

 

 

Marie-Louise Arnassant

Textes choisis, transcrits & modernisés par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

​​​​​Crédit photo :  Fleurs, peinture de nature morte, domaine public, Wikimedia.

 ​​​​

 

Les poèmes ci-dessous dont l'orthographe a été modernisée proviennent de la lyreuse ARNASSANT, Marie-Louise, Atala : poème en six chants, (imité de Chateaubriand) ; suivi de pensées poétiques par Mlle Marie-Louise Arnassant, Lyon, Chez l'Auteur, place des Terreaux, N°105 et chez les principaux Libraires de cette ville, 1810, pp. 122 & 125. Le recueil appartient au domaine public.

 

Mes désirs


 

 

 

Aussi froids que leurs possesseurs,

Que ne puis-je cueillir des fleurs

Au pied de ces antiques arbres !

Et là, dans ce charmant séjour

Chéri de l'ombre et du mystère,

 

Avec l'ami qui sait me plaire

Élever un temple à l'amour.

Alors le flambeau d'hyménée

S'allumerait pour nous unir,

Et notre heureuse destinée

Ne craindrait pas le repentir.

Puis sous cet ombrage paisible,

Ce ruisseau pur, ces frais berceaux,

Notre muse toujours sensible,

Ferait soupirer nos pipeaux.

 

 

 

Les fleurs (idylle) 

 

 

Ô vous, charmantes fleurs ! honneur de ce parterre !

Amantes de Zéphyr, filles du doux printemps,

Vous m'offrez le tableau des divers sentiments,

Qui chassent de nos cœurs la raison salutaire.

Sujettes de l'amour, il vous donne des lois,

Et nous obéissons à sa suprême voix.

Vous avez parmi vous belles tubéreuses,

N'avons-nous pas aussi des beautés orgueilleuses ?

L'intéressant rosier voit flétrir ses appas

Avant d'être frappé par la main du trépas ;

La rose en s'effeuillant ne laisse que l'épine,

La beauté qui s'enfuit donne une humeur chagrine.

Mais l'aimable vertu, qu'embellit les talents,

Est sûre de jouir des succès plus brillants !

Tels que les doux parfums de cette violette,

Ils la font rechercher dans son humble retraite.

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes printaniers & colorés

 

Marie-Louise Arnassant, « Mes désirs » & « Les fleurs (idylle)  », poèmes extraits de ARNASSANT, Marie-Louise, Atala : poème en six chants, (imité de Chateaubriand) ; suivi de pensées poétiques... (1810), ont été choisis, transcrits & modernisés par Dina Sahyouni pour Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 25 avril 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/mla-lesfleurs

 

 

 

 

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:04

​​REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques

 

 

 

 

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Caravanes

 

 

 

 

 

 

Renée Vivien

 

Poème choisi, transcrit & remanié pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

Crédit photoEdouard Frédéric Wilhelm Richter, "Distração do su", domaine public, Commons. 


 

 

 

C'est le soir... On entend passer des caravanes...

Rythmiques, les chameaux allongent leurs pas lourds,

La clochette à leur cou jette des refrains sourds...

Smyrne dort, du sommeil repu des courtisanes.

 

 

Dans un jardin créé par les mains de la nuit

De fabuleux jasmins déroulent leurs lianes,

Et mes rêves s'en vont, comme des caravanes,

Vers le désert charmant où mon cœur les conduit...

 

 

Mes songes, défilant en lentes caravanes,

Et portant leurs fardeaux de désirs et d'espoirs,

S'en vont, au bruit lointain des cloches, dans les soirs,

Vers la Maîtresse brune aux poignets diaphanes.

 

 

Orientalement immuable, elle attend,

Sultane triste, avec les yeux noirs des sultanes,

Et peut-être, entendant passer mes caravanes,

Ses yeux les suivront-ils dans leur marche, un instant...

 

 

Les sources, les palmiers, les dattes, les bananes

Lui font un grand décor clouté de tamaris.

Elle seule règne en l'incroyable oasis

Que cherche vainement la soif des caravanes.

 

 

Interdite aux regards, à leurs ferveurs profanes,

Beauté captive aux longs loisirs pleins de regret,

Ma Maîtresse repose en un palais sacré

Où mes rêves s'en vont, comme des caravanes...*

 

 

 

* «  Caravanes » est un poème de VIVIEN, Renée (1877-1909), Flambeaux éteints : poèmes, Renée Vivien, Paris, Bibliothèque Internationale d'Édition, E. SANSOT & Cie, 7, rue de l'Eperon, MCMVII/1907, pp. 40-41. Ce recueil appartient au domaine public.

 

 

 

Pour citer ce poème

 

Renée Vivien, « Caravanes », poème extrait de VIVIEN, Renée (1877-1909), Flambeaux éteints : poèmes, (1907), choisi, transcrit & remanié par Dina Sahyouni, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 22 avril 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/rv-caravanes

 

 

 

 

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