Pour citer ces poème & illustration élégiaques, engagés & inédits
Abdellatif Laâbi (poème) & Mustapha Saha (peinture), « Hommage poétique & artistique de Leïla Shahid », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 28 février 2026. URL :
Avec BAYT – Habiter le poème, Nour Cadour propose bien plus qu’un recueil : une demeure poétique à traverser. L’ouvrage, bilingue français-arabe, associe chaque poème écrit en français par l’autrice à sa traduction arabe réalisée par le poète et metteur en scène Moez Awled Ahmed. Cette disposition invite à une lecture libre : séparée, successive ou parallèle, selon le rythme et la sensibilité du lecteur. Chaque texte devient ainsi un espace intérieur à investir.
Une poétique annoncée dès la couverture
La couverture impose un bleu profond, méditatif, qui apaise autant qu’il interroge. Le titre BAYT, en capitales noires, évoque une architecture stable, presque sacrée, tandis que le sous-titre Habiter le poème agit comme une déclaration d’intention. Le poème n’est pas un objet figé : il est un lieu de vie.
Ce bleu fait écho au précédent recueil de Nour Cadour, Le bleu de la mer s’est enfui, et convoque des images récurrentes de son univers : la mer, la nuit, la lune, les espaces de veille et d’errance intérieure. Il symbolise l’entre-deux : entre mémoire et présent, exil et ancrage, traversée et refuge.
Le recueil comme architecture intérieure
La structure du livre épouse explicitement la métaphore de la maison. Le lecteur est guidé à travers différentes « pièces », qui organisent le parcours poétique :
L’entrée (Matkhal al-Bayt) : le seuil, lieu d’accueil et d’ouverture.
Le salon (Saaloun al-Bayt) : espace de circulation, de dialogue et de partage.
La cuisine (Al-Matbahu) : lieu de transformation, où la langue et l’expérience se métamorphosent.
La salle de bain (Al-Hamam) : espace d’intimité, de purification et de vulnérabilité.
La chambre (Al-Ghorfatu) : lieu du repos, de la mémoire et des confidences.
La sortie (Khuruj) : passage vers l’extérieur, ouverture et traversée.
À cette progression s’ajoutent les présentations de l’autrice, du traducteur et de la collection La Lune sur un plateau (7ᵉ collection des éditions Les Carnets du Dessert de Lune). L’ensemble compose une maison cohérente et hospitalière, où chaque étape a sa fonction symbolique.
Des poèmes brefs, sans titre, ouverts au lecteur
Les poèmes sont courts, souvent contenus sur une page ou une demi-page, et délibérément sans titre. Cette brièveté renforce leur intensité et leur disponibilité. La mise en regard du français et de l’arabe permet une circulation fluide entre les langues : le lecteur n’est jamais enfermé dans une seule voie de lecture.
Chaque poème fonctionne comme une pièce autonome : un lieu intime, mais jamais clos, que chacun peut habiter selon sa propre expérience.
La poésie de Nour Cadour s’enracine dans l’intime tout en s’ouvrant à l’universel. Les motifs de la lune, du seuil et de la maison traversent le recueil comme des figures de veille et de protection. La parole poétique devient hospitalière : elle accueille l’autre, le lecteur, et lui permet de reconnaître sa propre maison dans celle du poème.
Une voix et une traduction en dialogue
Nour Cadour, poétesse et romancière franco-syrienne née en 1990, développe une écriture singulière à la croisée de la médecine et de la poésie, attentive au corps autant qu’à la langue. Son parcours, marqué par de nombreuses publications et distinctions, éclaire la profondeur de ce recueil.
La traduction arabe de Moez Awled Ahmed ne se limite pas à un transfert linguistique : elle constitue un véritable geste poétique. Elle réactive la mémoire du texte, l’inscrit dans un dialogue interculturel et élargit l’espace du poème entre France, Syrie et Tunisie.
Habiter le monde par le poème
Reçu symboliquement le 18 décembre 2025, journée internationale de la langue arabe et journée internationale des migrants, BAYT – Habiter le poème prend une résonance particulière. Le recueil affirme que la poésie peut être un lieu : un espace de résistance douce, de transmission et de partage. Habiter le poème, ici, revient à habiter le monde autrement, par la langue et par l’écoute…par la poésie.
Pour citer cet article illustré, engagé, métapoétique & inédit
Hanen Marouani (texte & images fournies)« BAYT – Habiter le poème de Nour CADOUR », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 20 février 2026. URL :
Crédit photo : Image d'une nature morte : un papillon violet ou bleu violet sur une branche verdâtre. Capture d'écran de la photographie libre de droits trouvée sur le Web.
Attractivité
Peu de choses rendent une femme aussi heureuse que d’être attirante pour une autre.
26/03/2024 Paris
Papillons intérieurs
Dès la première note, j’ai perdu l’équilibre et me suis dispersée en papillons dans mon propre corps.
J’étais partout. J’ai tout parcouru.
09/05/24
***
Pour citer ces géopoèmes lyriques, érotiques, illustrés & inédits
Léla Lashkhi, « Attractivité » & « Papillons intérieurs », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS », mis en ligne le 18 février 2026. URL :
Crédit photo : Image d'une nature morte : un paysage hivernal avec un fil de fer sous la neige neige papillon sur une branche verdâtre. Capture d'écran de la photographie libre de droits trouvée sur le Web.
Testament
Le dernier jour, tout à la fin, mon père n’aimait plus rien.
Rien ne lui plaisait. Rien ne l’atteignait. Rien ne le retenait ici.
Même la musique — celle par laquelle il m’a élevée — il l’avait reniée.
Il a posé sur moi son dernier regard. Et dans ce regard tout était dit:
— N’emprunte jamais mon chemin. — Ne pardonne pas à ceux qui t’y contraindront.
17.01.2026 Maison
Clarté finale
Il ne reste que la pensée.
Plus rien à dire.
Tout a été dit. Tout a été compris.
14/09/24
***
Pour citer ces poèmes sociopoétiques & élégiaques illustrés & inédits
Léla Lashkhi, « Testament » & « Clarté finale », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 18 février 2026. URL :
Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), illustration d'une nature morte en un joli brin fruité avec un papillon, peinture tombée dans le domaine public. Capture d'écran de la photographie libre de droits du site Commons.
Haïku du cœur
Si mes yeux s’éteignent, ton regard ne manquera pas à mon cœur.
21/03/24 Paris
Trois ans dans le même train
Je devais partir tard du travail aujourd’hui. Il y avait une fête. Je n’aime pas le bruit. Je n’ai pas tenu.
J’ai mis de la musique. J’ai allumé une cigarette. La chanson s’appelait Le vent souffle.
Dans la rue, le vent était tel que j’ai failli me fâcher avec la chanson.
Je ne contourne jamais le bâtiment aux vitres grises. J’ai décidé que, avant d’entrer au travail, à chaque retour aussi, je regarderais les vitres et me dirais : Bonjour. Ça va ?
Pour la première fois en trois ans, tu t’es reflété derrière moi sur le verre gris. Avant que je ne me retourne, tu étais déjà quelques pas devant.
Je n’ai jamais le temps de compter tes pas.
Ici, à l’angle de Porte de Saint-Ouen, il y a toujours du vent et il lutte contre tes cheveux. Cette guerre ressemble à un tango.
Depuis trois ans, chaque matin dans le train, en route vers le travail, et chaque soir, en route vers la maison, je tente de te reconnaître.
Je t’ai rarement vu la tête levée. C’est un mystère.
Nous approchons de l’allée. Tu es loin devant.
Je te regarde enlever ton manteau. Un rayon de soleil tombe de biais sur tes bras bronzés. Je n’arrive pas à détourner les yeux.
Tu portes encore les mêmes baskets qu’il y a trois ans. Ce jean, je l’ai déjà vu. Ce sac aussi, bleu pétrole.
Je sais déjà que tu ne changes jamais de parfum. Je crois que tu ne fumes plus.
J’ai déjà écrit sur toi. Je disais : je sais presque tout.
Après tout, nous prenons le même train depuis trois ans, chaque matin, chaque soir.
Mais comment tu parviens à disparaître sur le quai, je n’ai jamais compris.
Tu maîtrises l’art de ne pas être reconnu.
11/06/2024
Visages d’enfance
Toi et moi, sans doute, pleurerons encore ensemble.
Jamais aussi nus, face à face.
La mort nous a rendu nos visages d’enfance.
23/10/2024 Saint-Ouen-l’Aumône
L’amour étouffe Seuil
C’est un mensonge de croire qu’on sauve l’aimé par l’amour au moment de l’abandon.
L’amour, alors, étouffe.
C’est son oubli — net, brutal — qui ouvre la respiration, qui rend à l’autre la joie.
Pour citer ces poèmes d'amour, illustrés & inédits
Léla Lashkhi, « Haïku du cœur », « Trois ans dans le même train », « Visages d’enfance » & « L’amour étouffe », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS », mis en ligne le 17 février 2026. URL :
L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.
SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026
APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.
SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025
Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.
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