4 juin 2025 3 04 /06 /juin /2025 17:24

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & Réception | Dossier | Articles & Témoignages

 

 

 

 

 

Préface de l’anthologie

« Les poètes ne meurent pas en exil »

 

 

 

 

 

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Extrait inédit par

 

 

Arwa Ben Dhia

 

Poète polyglotte, auteure, ingénieure

& docteure en électronique

 

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https://www.linkedin.com/in/arwa-ben-dhia-phd-0538b011/

 

 

 

© Crédit photo :  Première & quatrième de couverture illustrée de l'anthologie intitulée « Les poètes ne meurent pas en exil » parue aux éditions Constellations, sous l'égide de l'association culturelle Apulivre et sous la direction du poète Amar Benhamouche, 2025. Image no 1.

 

 

Présentation de l’œuvre
 

 

Une nouvelle anthologie intitulée « Les poètes ne meurent pas en exil » vient de paraître aux éditions Constellations, sous l'égide de l'association culturelle Apulivre et sous la direction de son secrétaire général Amar BENHAMOUCHE. Cette anthologie, réunissant des voix de poètes de tous horizons, sera présentée et mise à la vente lors du festival « La Tour Poétique » d'Apulivre le samedi 14 juin 2025 à 16h00. Le programme complet de cette 4è édition du festival a déjà fait l'objet d'un communiqué de presse sur ce même site :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia25/noii/festivallatourpoetique

 

© Crédit photo :  Première de couverture illustrée de l'anthologie « Les poètes ne meurent pas en exil » parue aux éditions Constellations, sous l'égide de l'association culturelle Apulivre & sous la direction du poète Amar Benhamouche, 2025. Image no 2. 

 

Préface de l’anthologie « Les poètes ne meurent pas en exil » 

 

 

 

« La vie est un court exil » - Platon

 

L’exil a toujours été une source d’inspiration majeure dans les arts, en particulier dans la littérature, façonnant des œuvres où se mêlent nostalgie, quête d’identité et réflexion sur l’appartenance.

De Victor Hugo à Milan Kundera, en passant par Khalil Gibran et Albert Camus, nombreux sont les auteurs dont l’écriture s’est nourrie de l’éloignement forcé ou choisi. 

Loin de leur terre natale, ils transforment leur déracinement en un espace de création où la mémoire du pays perdu dialogue avec la découverte d’un ailleurs. 

« L’exil est une espèce de longue insomnie. On en sort hagard. » : Hugo exprime ici la douleur de l’exil, lequel était l’une des périodes les plus marquantes de sa vie, tant sur le plan politique que littéraire. C’est un moment où son engagement républicain se renforce et où son écriture prend une dimension plus engagée et prophétique, développant ses idées sur la liberté, la justice et l’humanité. C’est en exil qu’il écrit ses œuvres les plus connues, comme « Les Contemplations » et « Les Misérables ». Il fait de son éloignement une posture de résistance et écrit certains de ses textes les plus puissants contre l’oppression. « Je resterai proscrit, voulant rester debout. », disait-il, refusant de plier face à Napoléon III.

« L’exil est une patrie que l’on porte en soi. » : Eduardo Galeano affirme ici que l’exilé est constamment habité par son pays natal.

Quant à Gibran, son vécu entre deux mondes, Orient et Occident, transparaît dans ses œuvres, où il prône un humanisme universel et un pont entre les cultures. C’est après son installation définitive aux États-Unis qu’il adopte l’anglais, que son écriture devient plus profonde et qu’il compose ses œuvres les plus célèbres, comme « Le Prophète » qui est un ouvrage intemporel.

De nombreux auteurs, comme Gibran et Mahmoud Darwich, ont puisé dans l’exil une nouvelle vision du monde et une richesse intérieure.

Cependant, l’exil n’est pas que géographique, mais peut prendre d’autres dimensions dépassant la simple condition de l’écrivain expatrié.

Ainsi, l’exil intérieur peut être vécu même sans quitter son pays, lorsqu’une personne se sent incomprise, rejetée ou en décalage avec son environnement. Charles Baudelaire, Fernando Pessoa ou Albert Camus en parlent comme d’un sentiment d’étrangeté au monde. « Je me sens aussi étranger dans mon propre pays qu’ailleurs. », disait Pessoa. Camus développe la notion de l’absurde et une philosophie où l’homme est perpétuellement en quête de sens.

Par ailleurs, il y a l’exil spirituel ou existentiel. En effet, d’aucuns voient l’exil comme une métaphore de la condition humaine dans le sens où nous sommes tous des êtres en quête d’un lieu où nous sentir pleinement nous-mêmes. Cioran, le philosophe du mal-être, considère que l’exil est avant tout un état d’âme : « Être exilé, c’est être vivant où l’on ne veut pas l’être. »

L’exil littéraire est donc protéiforme et est souvent marqué par une dualité : d’un côté, la souffrance de l’arrachement, l’isolement et le sentiment d’incompréhension ; de l’autre, la liberté de réinventer son langage, d’élargir sa pensée et de redéfinir son identité. Ce paradoxe fait de l’exilé un observateur privilégié du monde, à la fois dedans et dehors, capable d’une vision profonde et unique. 

En résumé, l’exil est une séparation qui transforme ceux qui le vivent, qu’il soit imposé ou volontaire, physique ou spirituel.

 

© Arwa BEN DHIA*

 

© Crédit photo :  Quatrème de couverture de l'anthologie poétique « Les poètes ne meurent pas en exil »... 2025, image no 3 détaillant la présentation officielle du recueil & la liste complète des contributrices & contributeurs.

 

 

Biographie de la préfacière

 

Arwa Ben Dhia est née en 1986 en Tunisie qu’elle quitte en 2009 pour poursuivre ses études d’ingénieur télécoms en France. Elle est docteure en électronique, ingénieure brevets, poète polyglotte, traductrice, autrice et préfacière de plusieurs recueils de poésies. Son dernier recueil « Les quatre et une saisons » coédité en octobre 2024 par les éditions du Cygne en France et les éditions Arabesques en Tunisie a reçu un Diplôme d’Honneur 2024 décerné par la Société des Poètes Français, ainsi que le prix littéraire Dina Sahyouni 2025. Ce recueil a été transcrit en braille. Arwa a participé à plusieurs revues et anthologies poétiques et est membre de plusieurs associations culturelles, comme la Défense de la Langue Française et la Société des Gens de Lettres.

 

*Préface illustrée et dévoilée en avant-première avec l’aimable autorisation de la préfacière, la maison d'édition et le directeur éditorial de l'anthologie.

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Pour citer cet extrait illustré & inédit

 

Arwa Ben Dhia, « Préface de l’anthologie « Les poètes ne meurent pas en exil » », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 4 juin 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/abd-prefacedelanthologiesurlexil

 

 

 

 

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4 juin 2025 3 04 /06 /juin /2025 17:11

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossier | Articles & Témoignages | Revue Matrimoine

 

 

 

 

 

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Berthe Morisot

 

 

 

(1841-1895), l’indépendante

 

 

 

 

 

 

Notice biographique par

 

Sarah Mostrel

 

Site : 

https://sarahmostrel.wordpress.com

Facebook : https://www.facebook.com/sarah.mostrel

Chaîne You Tube :

https://www.youtube.com/user/SarahMostrel

 

 

 

Crédit photo : Edouard Manet (1832-1883), portrait de Berthe Morizot, peinture tombée dans la domaine public, capture d'écran par LPpdm d’une photographie libre de droits trouvée sur le web.

 

Berthe Morisot (1841-1895), l’indépendante

 

   Les femmes peintres des générations précédentes devaient généralement leur succès à leurs clients, mais Berthe Morisot a réussi, grâce à son environnement riche et bourgeois, à utiliser son éducation artistique pour se forger une carrière, choisir ses sujets et exposer ses peintures aux côtés de peintres hommes. Ses sujets sont un hymne à la maternité, alors qu’à l’époque, dans les familles bourgeoises, les enfants étaient élevés par des nourrices et pas par leur mère. Si elle a été exclue à l’Académie des beaux-Arts parce qu’elle était femme, « je n’obtiendrai mon indépendance qu’à force de persévérance et en manifestant très ouvertement l’intention de m’émanciper », écrira-t-elle en 1871, bien décidée à aller au bout de sa passion. Muse d’Édouard Manet, elle ne posera plus quand elle se mariera avec son frère Eugène. Dès lors, elle se consacrera à son art, peignant les femmes dont sa sœur Edma mais aussi son mari et son fils, prouvant que les hommes aussi peuvent s’occuper des enfants. 

 

Crédit photo : Edouard Manet (1832-1883), portrait de « Berthe Morizot avec un bouquet de violettes », peinture tombée dans la domaine public, capture d'écran par LPpdm d’une photographie libre de droits trouvée sur le web.

 

 

    Malgré l’énorme production de l’artiste (environ 420 tableaux) qui fut la première femme impressionniste et la seule femme à faire de la peinture sa profession. — considérée à l’époque comme agrément — sur son certificat de décès, est écrit : « métier : sans profession ».

 

© Sarah Mostrel, extrait de « Femmes inspirantes » (éd. Non Nobis) reproduit avec l’aimable autorisation de l’artiste-autrice et sa maison d’édition.

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Pour citer cet extrait inédit

Sarah Mostrel, « Berthe Morisot (1841-1895), l’indépendante », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 4 juin 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/sm-berthemorisot

 

 

 

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3 juin 2025 2 03 /06 /juin /2025 17:32

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossier | Articles & Témoignages | Revue Matrimoine

 

 

 

 

 

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Rosa Bonheur

 

 

 

(1822-1899)

 

 

 

 

 

 

Notice biographique par

 

Sarah Mostrel

 

Site : 

https://sarahmostrel.wordpress.com

Facebook : https://www.facebook.com/sarah.mostrel

Chaîne You Tube :

https://www.youtube.com/user/SarahMostrel

 

 

Crédit photo : Anna (Elizabeth) Klumpke (1856-1942), « Portrait de Rosa Bonheur » dans son atelier, 1898, peinture tombée dans la domaine public, capture d'écran par LPpdm d’une photographie libre de droits trouvée sur le web.

 

 

 

   Avec un nom pareil, elle était sans nul doute prédestinée au bonheur. Née le 16 mars 1822 à Bordeaux, Marie-Rosalie baigne dans le domaine artistique dès son plus jeune âge. Son père Raymond Bonheur, issu d’une famille de cuisiniers toulousains, est peintre. Sa mère, Sophie Marquis, musicienne, fait la connaissance de l’ami de Goya quand il lui donne des cours de dessin. À l’époque, les filles n’ont pas accès aux écoles d’art. Une chance donc pour Sophie qui tombe amoureuse très vite de son prof. Le couple se marie en 1821. Rosa naît un an plus tard. L’enfance est une période relativement heureuse pour la petite. Partageant sa vie entre la ville et le château de Grimont, à Quinsac (Gironde), elle se souvient qu’entre elle et ses deux frères Isidore (né en 1924) et Auguste (né en 1927) : « J’étais le plus garçon de tous. ». « Je vois encore l’empressement avec lequel je courais au pré où l’on menait paître les bœufs. Ils ont failli me corner bien des fois, ne se doutant pas que la petite fille qu’ils poursuivaient devait passer sa vie à faire admirer la beauté de leur pelage ». Un jour, les choses changent. Adepte de Saint-Simon, Raymond part pour Paris. Un abandon difficile pour l’enfant de 5 ans qui le rejoindra un an plus tard avec sa mère, son frère Auguste et sa sœur Juliette bébé. Autant l’enfance de Rosa, à la campagne, a été faste, autant sa jeunesse va être miséreuse. En attendant, elle rêve. Sophie n’ayant pas connu son père (elle a été adoptée par Jean-Baptiste Dublan de Lahet, un commerçant bordelais), Rosalie imagine que du côté maternel, elle est issue d’une famille royale, et fantasme sur ce grand-père qu’elle ne connaît pas. Elle sait aussi que sa mère n’a pu s’émanciper que grâce à son tuteur qui lui a alloué un professeur de danse, de chant, de musique, puis de dessin — discipline qui lui a permis de rencontrer son mari. La mort de M. Dublan de Lahet va l’éclairer sur ses origines. Le riche commerçant qu’elle croyait étranger est en fait son grand-père ! Une révélation ! Rosa grandit dans la pauvreté. Elle a du mal avec sa scolarité. Sa maman trime dur. Prof de musique, elle donne des cours de piano le jour, prend des ouvrages de couture la nuit, et a du mal à tenir le coup. Très attentive à sa fille aînée, elle se met à lui enseigner la lecture et l’écriture en associant un animal à chaque lettre de l’alphabet. Ce qui va être déterminant pour la suite. Hélas, Sophie meurt alors que Rosalie n’a que 11 ans. Un crève-cœur pour elle qui doit désormais se débrouiller pour vivre. Elle rentre en apprentissage en tant que couturière, est placée en pension, mais c’est dans l’atelier de son père que vont se révéler ses talents. Elle veut venger sa mère, qui n’a pu vivre de son art. C’est décidé, elle s’y consacrera toute sa vie !

 

     À 17 ans, Rosalie Bonheur se fait déjà remarquer artistiquement. A 19 ans, elle expose ses animaux peints et sculptés au Salon de peinture et de sculpture de Paris. Raymond épouse en secondes noces, en 1842, Marguerite Peyrol, qui lui donne un fils, Germain (lequel deviendra aussi peintre, comme tous ses frères et sœurs…), tandis qu’on continue de s’émerveiller des réalisations de celle qui prend le nom de Rosa au Salon de 1844. 

Dès lors, elle va être récompensée de plusieurs prix, dont la médaille de 3e classe (bronze) au Salon de 1845 et une médaille de 1re classe (or) au Salon de 1848. L’État lui commande une œuvre, Le Labourage nivernais, qui va trouver sa place au musée du Louvre. Sa renommée est faite. A 27 ans, elle est nommée directrice de l’École 

Impériale gratuite de dessin pour demoiselles. Elle y restera jusqu’en 1860. « Je vais faire de vous des Léonard de Vinci en jupons ! » assène-t-elle à ses élèves.

 

     Son œuvre continue de subjuguer. On y perçoit souvent une peinture d’homme tant son tracé est fort, nerveux, solide. Un de ses grands formats Le Marché aux chevaux est acheté par le marchand et collectionneur d’art britannique Ernest Gambart, ce qui lui vaut une notoriété internationale. Elle part en Angleterre, rencontre Géricault, voyage en Écosse, en Belgique, on la présente à la reine Victoria, qui s’émeut de ses créations. A 38 ans, elle part vivre à By, près du village de Thomery en Seine-et-Marne. Là, elle installe son atelier avec, à disposition, les animaux qui lui servent de modèles : un lion, une lionne, un cerf, un mouton sauvage, une gazelle, des chevaux, en tout, près de 200 ! En 1865, l’impératrice Eugénie la décore de l’insigne de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Rosa est définitivement reconnue pour son talent, mais aussi pour sa personnalité affirmée. 

 

    Garçon manqué, elle n’a aucune intention de se marier, au vu des mauvais souvenirs des relations de son père avec sa mère. Elle fume le cigare, chasse, porte des pantalons (pour cela, elle doit avoir une permission de travestissement, renouvelable tous les six mois auprès de la préfecture de Paris. « Quel ennui d’être limitée dans ses gestes quand on est une fille ! », soutient-elle alors que cette demande de travestissement ne sera abrogée qu’en… 2013). Elle a des cheveux courts, monte à cheval et surtout, entend rester indépendante, affligée que sa mère n’ait pu développer une carrière artistique car trop écrasée par Raymond. 

Le décollage artistique de la peintre va heureusement perdurer, et la hisser au sommet. Rosa gagne de l’argent grâce à son art et s’aperçoit qu’elle peut se débrouiller seule. Elle aide financièrement sa famille, est une femme, mais accomplit des choses jusque-là réservées aux hommes ! 

 

   Alors que Raymond avait dans son adolescence réalisé le portrait de la jeune Nathalie Micas (1824-1889), Rosa s’était liée d’amitié avec cette jeune fille de deux ans plus jeune qu’elle. Elle la rejoint et s’établit avec elle (et vivra avec elle plus de 40 ans, jusqu’à sa mort en mai 1889). Nathalie est aussi devenue peintre. Passionnée par les questions mécaniques et scientifiques, elle vient aussi d’inventer un système de freins pour arrêter les trains. La relation fait jaser, Rosa n’en a que faire. « Nathalie [Micas] était la compagne de mon enfance, elle avait été témoin de mes luttes et de mes misères, elle avait partagé mes joies et mes douleurs », écrira Rosa amoureusement. 

 

    En 1889, la peintre animalière fait une étonnante rencontre. « Le colonel Cody » alias Buffalo Bill de passage en France avec son spectacle de cirque, le Wild West Show. Elle est subjuguée. Ils se lient d’amitié, elle veut étudier les buffles, les bisons, il est curieux de ses peintures, lui offre une panoplie de Sioux. Elle réalisera pour lui un portrait. À cette occasion, elle rencontre Anna Klumpke, jeune peintre américaine qui partagera sa vie jusqu’à sa mort et à qui elle léguera son héritage, ainsi que le soin d’achever sa biographie. A 77 ans, l’artiste est emportée par une congestion pulmonaire fulgurante. Elle sera inhumée au Père-Lachaise, à Paris, près de Nathalie.

 

 

© Sarah Mostrel, extrait de « Femmes inspirantes » (éd. Non Nobis) reproduit avec l’aimable autorisation de l’artiste-autrice et sa maison d’édition.

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Pour citer cet extrait inédit

 

Sarah Mostrel, « Rosa Bonheur (1822-1899) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 3 juin 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/sm-rosabonheur

 

 

 

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3 juin 2025 2 03 /06 /juin /2025 16:21

 

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossier | Articles & Témoignages | Revue Matrimoine

 

 

 

 

 

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Marie-Guillemine Benoist

 

 

(1768-1826)

 

 

 

 

 

Notice biographique par

 

Sarah Mostrel

 

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Crédit photo : Marie-Guillemine Benoist (1768-1826), autoportrait de la peintresse dans son atelier en train de créer, 1786, peinture tombée dans la domaine public, capture d'écran par LPpdm d’une photographie libre de droits trouvée sur le web.

 

 

 

 Marie-Guillemine Benoist, née Marie-Guillemine de Laville-Leroux par son père René, fonctionnaire royal (il fut ministre des Contributions en 1792) a une mère originaire de Toulouse Marguerite-Marie Lombard et une sœur d’un an plus jeune Marie-Élisabeth (qui sera peintre comme elle). Les deux filles ont sensiblement le même parcours. Marie-Guillemine étudie avec Élisabeth Vigée-Lebrun, grande portraitiste, dès ses 13 ans et très vite expose au Salon de la jeunesse un portrait de son père. Deux ans plus tard, elle et sa sœur deviennent élèves du peintre Jacques-Louis David (alias David, nommé « Premier peintre » par Napoléon Ier). Tandis que la cadette expose Une dame en satin blanc, garnie de marte, en 1788, Artémise serre sur son cœur l’urne contenant les cendres de Mausole, en 1789, Une Vestale infidèle et Artémise, au Salon de l’Académie, en 1791, Marie-Guillemine s’affirme avec L’Innocence entre la Vertu et le Vice, peint en 1790 où pour la première fois, le vice n’est pas incarné par une femme, mais par un homme. En 1791, elle présente Psyché faisant ses adieux à sa famille puis se marie, en 1792, avec Pierre-Vincent Benoist alias Benoist d’Angers, banquier, diplomate et ministre d’État dont elle aura trois enfants : Prosper Désiré, en 1794, Denys Aimé René Emmanuel, en 1796 et Augustine, en 1801. Dès lors, continuer de peindre et d’exposer n’est pas chose facile, et son mari royaliste étant suspecté de conspiration, elle survit sous la Terreur en vendant de petits portraits au pastel et des scènes de genre moralisantes. L’artiste a déjà acquis une réputation avec ses portraits, notamment du député Bellay, et décide de se remettre aux pinceaux avant d’exposer au Salon de 1800 le Portrait d’une négresse, six ans après l’abolition de l’esclavage (1794). Le tableau marque les esprits. La femme noire représentée a une posture de femme blanche, et non de domestique ou d’esclave. La démarche est audacieuse. Marie-Guillemine ose ici figurer une femme indépendamment de sa race et de la classe sociale à laquelle elle appartient. Un manifeste féministe déjà, quand le sujet est inspiré probablement de l’épouse guadeloupéenne de son beau-frère, officier de marine.

 

   L’artiste, qui se fait appeler Émilie devient célèbre, et se produit au Musée spécial de l’École française à Versailles, avant de recevoir de la ville de Gand sa première commande : un portrait de Napoléon. L’empereur, ravi de la réalisation, la récompense d’une médaille d’or pour ses œuvres et n’aura dès lors de cesse de lui passer de nouvelles commandes. Portrait en pied de la duchesse Napoleone Elisa (successivement princesse de Piombino et de Lucques, puis grande-duchesse de Toscane), portrait de la poétesse grecque Sapho, les enfants aussi apparaissent dans ses réalisations. En 1804, elle remporte une pension du gouvernement. Elle expose ainsi en 1806 Deux jeunes Enfants, avec un nid d’oiseau, et Le Sommeil de l’Enfance, et celui de la Vieillesse. Inédites représentations ! Lorsque la période la Restauration (1814) arrive, Guillemine est cependant obligée de se mettre en retrait pour protéger son époux : « La pensée que je serais un obstacle à votre avancement dans votre carrière serait pour moi un coup bien acéré », lance-t-elle. Au sommet de sa carrière, elle doit donc s’éclipser pour ne pas nuire à son mari, royaliste convaincu. 

 

   Tandis que sa sœur s’est mariée en 1793 avec le chirurgien Dominique Larrey, nom sous lequel Marie-Élisabeth va désormais signer ses toiles, Marie-Guillemine ne reprendra presque pas ses pinceaux après 1812. Après sa Lecture de la Bible, elle se distinguera encore avec sa Vierge à l’Enfant pour la cathédrale d’Angers en 1821. Elle s’éteindra à Paris le 8 octobre 1826.

 

© Sarah Mostrel, extrait de « Femmes inspirantes » (éd. Non Nobis) reproduit avec l’aimable autorisation de l’artiste-autrice et sa maison d’édition.

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Pour citer cet extrait inédit

 

Sarah Mostrel, « Marie-Guillemine Benoist (1768-1826) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 3 juin 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/sm-marieguilleminebenoist

 

 

 

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3 juin 2025 2 03 /06 /juin /2025 16:21

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossier | Articles & Témoignages | Revue Matrimoine

 

 

 

 

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Tamara Lempicka

 

 

(1898-1980)

 

 

 

 

 

 

Notice biographique par

 

Sarah Mostrel

 

Site : 

https://sarahmostrel.wordpress.com

Facebook : https://www.facebook.com/sarah.mostrel

Chaîne You Tube :

https://www.youtube.com/user/SarahMostrel

 

 

 

Crédit photo : Tamara Lempicka (1898-1980), autoportrait de la peintresse en Marie ou une Sainte, capture d'écran par LPpdm d’une photographie libre de droits trouvée sur le web.

 


 

   Née en mai 1898 à Varsovie, de Boris Górski, avocat russe de confession juive et d’une mère polonaise, Maria Gorska évolue dans un milieu confortable, et effectue de nombreux voyages avec sa sœur Adrienne, dès sa prime enfance, à Saint-Pétersbourg, Varsovie, Monte-Carlo et Lausanne, lieux de villégiature. La Première Guerre mondiale éclate lorsqu’elle a 16 ans. Que faire ? La peinture est déjà une vocation pour la jeune fille qui vit à Saint-Pétersbourg chez une tante et qui s’est inscrite à l’Académie des beaux-Arts. Deux ans plus tard, elle rencontre Tadeusz Lempicki, un avocat qu’elle épouse en 1916.

 

     Lors de la révolution d’Octobre, c’est la débâcle. L’aristocrate est arrêté par les Bolcheviks en 1917, elle parvient à le faire libérer mais ils doivent fuir. Le couple vend bijoux et œuvres d’art, rejoint Copenhague puis Paris chez des cousins. Il faut gagner sa vie. Repartir à zéro. Tadeusz ne veut pas travailler. La jeune femme sait déjà ce qu’elle veut être : artiste peintre. Qui plus est, célèbre et riche ! Elle se forme à la Grande Chaumière, avec André Lhote, et à l’académie Ranson, avec Maurice Denis. En 1922, elle se présente au Salon d’automne, et déjà, se fait remarquer avec un style très particulier. Sauf que son œuvre Perspective, qui représente deux nus féminins dans une pose intime, est signée Lempitzky et tous croient que l’auteure du tableau est un homme. Le pot aux roses sera découvert deux ans plus tard.

 

   Le style de la jeune femme devient reconnaissable entre tous. Elle mêle de ses pinceaux la Renaissance italienne et le néo-cubisme, un sacré mélange de classicisme et de modernité, d’élégance et de structuré. Tout cela se fond parfaitement dans le mouvement Art déco en vogue. Les personnages sont parfois architecturaux, les femmes peintes à la garçonne. Les peintures ont du rythme, on y perçoit une réelle maîtrise pleine de délicatesse et de géométrie. Tamara croit au décoratif et oriente son art de la sorte. 

 

     Sa première exposition personnelle a lieu à Milan en 1925 et c’est le succès. L’artiste prend son envol et s’émancipe. Elle fréquente le beau monde, l’écrivain André Gide, la chanteuse Susy Solidor, le couturier Paul Poiret, de riches industriels, des princes russes comme les Youssoupov à Boulogne. Elle prend comme modèles la duchesse de la Salle, le grand-duc Gabriel Constantinovitch (cousin du tsar Nicolas II de Russie), le Dr Boucard, inventeur fortuné…

 

   Ses tableaux sont novateurs, souvent provoquants et véhiculent une image de la femme très libre. C’est en fait ce qu’elle est, libre, indépendante, avant-gardiste et bisexuelle déclarée (on lui connaît notamment des relations avec les auteures Colette, Violet Trefusis, Vita Sackville-West…). Installée à Montparnasse, elle aime la vie parisienne, fréquente les bars de nuit, donne libre cours à ses attirances d’un soir. C’est le temps de l’après-guerre, le jazz bat son plein, les femmes sont belles et sensuelles, et c’est ainsi que Tamara les peint. 

 

   Cependant, celle qui fréquente la bohème dérange. Sa beauté, son charisme, sa liberté font peur, ses nus féminins font parfois scandale. Tamara n’en a que faire, travaille sans compter. « Mon but : ne copie jamais. Crée un nouveau style, clair, sculptural, des couleurs lumineuses, et perçois l’élégance dans tes modèles », énonce-t-elle. Et elle réussit avec brio. « Je veux qu’au milieu de cent autres, on remarque une de mes œuvres au premier coup d’œil », ambitionne-t-elle. C’est le cas.

 

   En 1927, la mondaine sort avec le dandy Gabriele d’Annunzio. Le vieil écrivain italien tombe éperdument amoureux de la belle de 35 ans sa cadette, et offre à sa protégée un topaze qu’elle gardera toute sa vie. En 1928, elle divorce de son époux, père de leur petite fille Marie-Christine dite Kizette, née en 1916 et dont Tamara ne s’est pas beaucoup occupée. La fillette est souvent laissée à sa grand-mère Malvina et délaissée par sa mère pour qui le métier d’artiste passe avant tout. (Kizette confiera plus tard sur cette maman absente, impulsive, excentrique, capricieuse, pas facile à vivre et voulant tout contrôler : « elle était stricte avec tout le monde mais tout d’abord avec elle-même (...) On n’avait pas le droit d’être fatigué, de remettre au lendemain les choses à faire. » « Nous étions proches », ajoutera celle que sa maman a peinte et qui l’emmenait chaque année en vacances, sur les lacs italiens, en Espagne, en Grèce.)

 

   En 1929, Tamara part à New York, et est très impressionnée par les gratte-ciels. De plus en plus demandée, elle expose en Pologne où elle reçoit une médaille de bronze à l’Exposition internationale de Poznan, à Paris (dans quatre salons et à la galerie Colette Weil) et aux États-Unis (au Carnegie Institute de Pittsburgh). 

 

    La même année, la transgressive aux mœurs débridées rencontre le baron Raoul Kuffner, grand admirateur de son art. C’est un propriétaire terrien hongrois dont la famille a été anoblie par l’empereur d’Autriche, un aristocrate. La libertaire déménage alors rue Méchain, dans un superbe atelier dessiné par l’architecte Robert Mallet Stevens. Il n’y a pas que Tamara qui fait sensation dans la capitale ! Sa sœur d’un an sa cadette, Adrienne alias Ada de Montaut, architecte et première femme membre de l’Union des artistes modernes, fait aussi fureur. Mariée à Pierre de Montaut, membre de l’Union des architectes modernes, elle est spécialisée dans le cinéma, un domaine que Tamara adore, avec Hollywood. 

 

   Tamara vénère Greta Garbo et en a définitivement les allures, en égérie des Années folles. Son fiancé « Rollie » est riche, la portraitiste attitrée de la jet-set l’épouse en 1933. De comtesse, elle devient ainsi baronne, mais côté artistique, ce n’est plus l’euphorie des débuts. Tamara déprime. Ses tableaux s’en ressentent. Les sujets changent. La crise économique fait rage. 

 

      En 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate. Tamara et son mari fuient aux États-Unis, où l’artiste entretient sa réputation de reine de la mode, continue de peindre, et pose avec son idole Garbo. Elle expose à New York et à San Francisco chez Paul Reinhardt et chez Julien Levy, mais l’art décoratif n’est plus en vogue et on l’oublie... Elle se met à l’abstrait. Dans les années 70, on la rappelle, mais la star est passée à autre chose. Elle coule des jours plus calmes dans le pays de l’oncle Sam, prend du temps pour elle, a une résidence au Mexique, pays où elle s’éteindra, à Cuernavaca, en 1980.


 

© Sarah Mostrel, extrait de « Femmes inspirantes » (éd. Non Nobis) reproduit avec l’aimable autorisation de l’artiste-autrice et sa maison d’édition.

***

Pour citer cet extrait inédit

 

Sarah Mostrel, « Tamara Lempicka (1898-1980) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 3 juin 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/sm-tamaralempicka

 

 

 

 

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