16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 18:01

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Astres & animaux / Nature en poésie... & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux poèmes par Yang Geum-Hee

 

 

 

 

 

Deux poèmes, biographie traduits & image (fournie) par

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

Deux poèmes par

 

YANG Geum-Hee*

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de l’autrice Yang Geum-Hee.

 

 

 

Nids d’oiseaux

 

 

 

Les oiseaux ne bâtissent pas leur demeure
pour eux-mêmes,
mais pour leurs petits.
Ils tressent leurs nids dans les buissons,
ou nichent au creux des arbres,
et s’y réchauffent, cœur contre cœur.

 

De cette tendresse naît leur force :
ils deviennent le vent,
ils deviennent les nuages,
ouvrant leur voie vers l’azur.

 

Car ils le savent — leur destin est l’essor,
et jamais un nid n’est fait pour y rester.


 

 

Rêve de la déesse du printemps

 

 

Perséphone, fille de Zeus et Déméter,
Quelles couleurs composent la lassitude de la déesse du printemps ?
Parmi les forsythias d’or et les violettes,
Éclosent cerisiers et fleurs aux tons pourpres.
Mais près de la pierre mélancolique, sous l’arbre,
L’après-midi parle une langue solitaire.

 

Les nuages errent, vagabonds du ciel,
Prenant forme, se dissipant sans fin.
Mille ans ont passé — puis mille encore —
À méditer dans l’herbe, on rêve à la déesse du printemps.

 

Les grains de sable roulent sans repos, encore et encore,
Forgeant des mondes nouveaux à chaque tour dans ses songes.
Les vents de printemps frappent le dos de l’arbre,
Et dans l’après-midi muet, le printemps parle une langue voilée.

 

 

 

Biographie 

 

La poétesse Mme Yang Geum-Hee a publié quatre recueils de poésie et a remporté huit prix littéraires. Elle a été la présidente fondatrice de l’Association Littéraire d’Ieodo, rédactrice en chef de Jejuin News, chercheuse au Centre Jeju Sea Grant, professeure invitée à l’Université Internationale de Jeju, ainsi que la deuxième présidente de l’Association Coréenne de Littérature Mondiale.
Actuellement, elle est éditorialiste pour le Samda Ilbo, douzième présidente de Jeju PEN, et vice-présidente de la Coopération pour la paix en Corée.
Sa poésie a été traduite et présentée dans de nombreux pays.

 

 

© Biographie & poèmes traduits de l’anglais par Irina Moga, avec la permission de l’autrice.

* Yang Geum-Hee (Yang est le patronyme, Geum-Hee le prénom à la manière coréenne).

 

—————

Pour citer ces poèmes & biographie traduits en français & illustrés

 

Irina Moga (poèmes & biographie traduits), « Deux poèmes par Yang Geum-Hee », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/irinamoga-yanggeumhee

 

 

 

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16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 18:00

Biographie & publication disponibles numériquement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

YANG Geum-Hee*

 

 

 

Poétesse, fondatrice de l’Association Littéraire d’Ieodo, professeure invitée à l’Université Internationale de Jeju, éditorialiste pour le Samda Ilbo, présidente de Jeju PEN & vice-présidente de la Coopération pour la paix en Corée

 

 

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de l’autrice Yang Geum-Hee.

 

 

La poétesse Mme YANG Geum-Hee a publié quatre recueils de poésie et a remporté huit prix littéraires. Elle a été la présidente fondatrice de l’Association Littéraire d’Ieodo, rédactrice en chef de Jejuin News, chercheuse au Centre Jeju Sea Grant, professeure invitée à l’Université Internationale de Jeju, ainsi que la deuxième présidente de l’Association Coréenne de Littérature Mondiale.
Actuellement, elle est éditorialiste pour le Samda Ilbo, douzième présidente de Jeju PEN, et vice-présidente de la Coopération pour la paix en Corée.
Sa poésie a été traduite et présentée dans de nombreux pays.

 

 

Biographie traduite de l’anglais avec la permission de l’autrice par

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

* Présentation à la manière coréenne : Yang Geum-Hee (Yang est le patronyme & Geum-Hee le prénom)​​​​​​.

Sa publication disponible numériquement sur ce site :

​​​​​​

Voir aussi

 

YANG Geum-Hee

 

 

Ou

 

YANG Geum-Hee

 

 

Page individuelle créée le 16 octobre 2025 et en cours de construction.

Dernière actualisation : le 16 octobre 2025.

 

 

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15 octobre 2025 3 15 /10 /octobre /2025 17:31

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Bémols artistiques | Critique & réception | Poésie visuelle POÉSIE &/ou olfactive | Cuisiner en poétisant 

 


 

 

 

 

 

 

 

Les œufs Bénédicte à la galerie

 

la Pierre Large à Strasbourg

 

 

 

 

 

 

Critique & images par

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

 

© Crédit photo : , Image no 1 de l’exposition « Les œufs Bénédicte » au féminin proposés par la plasticienne Bénédicte Bach à la galerie la Pierre Large à Strasbourg prise par Françoise Urban-Menninger, octobre 2025.

 

 

 

On connaissait « les œufs Bénédict » du nom de l’ inventeur de la recette à New York en 1930, nous avons maintenant « les œufs Bénédicte » au féminin proposés par la plasticienne Bénédicte Bach.

 

Ses œufs se déclinent sur six variations car de la naissance à la mort, les corps, avec lesquels ils ont partie liée, ne cessent de se transformer au fil d’un temps qui les fait et les défait.

Bénédicte Bach explore ces  différentes métamorphoses depuis la petite fille qu’elle a été à la mère qu’elle est devenue en donnant naissance à son fils.

 

Pour ce faire et dans l’attente de la mise au monde de son enfant, c’est à Rome qu’elle est allée se ressourcer et qu’elle a trouvé la sérénité. Il en résulte une série de magnifiques photographies de sculptures en noir et blanc nimbées de luminescence.

 

 

© Crédit photo : , Image no 2 de l’exposition « Les œufs Bénédicte » au féminin proposés par la plasticienne Bénédicte Bach à la galerie la Pierre Large à Strasbourg prise par Françoise Urban-Menninger, octobre 2025.

 

 

Dans sa série de boîtes de Petri, l’artiste a observé l’évolution de micro-cultures, un univers en miniature où la beauté des images irradiantes de couleurs confine à celle d’une mort annoncée mais toujours joyeuse, pimentée de petits grains de folie et d’un zeste de poésie.

Car chez la femme qu’elle est devenue, la petite fille ne cesse de renaître dans un renouveau toujours recommencé qui accompagne la créatrice et qu’elle met en scène. C’est ainsi qu’on la voit donner le biberon à un immense ours en peluche. Ailleurs, son corps qu’elle photographie elle-même avec un déclenchement à retardement, devient cet obscur objet du désir, puis le temps poursuit son œuvre comme Bénédicte Bach s’adonne à la sienne.

 

Au-delà des images et de la magnifique vidéo qui invite à appréhender « le lait des rêves » qui se transmet de mère en fille, la plasticienne, également autrice, a rédigé un texte très intime « Egographie » qui raconte la « difficulté d’être mère », car écrit-elle, en parodiant Simone de Beauvoir « On ne naît pas mère, on le devient ».

 

 

© Crédit photo : , Image no 3 de l’exposition « Les œufs Bénédicte » au féminin proposés par la plasticienne Bénédicte Bach à la galerie la Pierre Large à Strasbourg prise par Françoise Urban-Menninger, octobre 2025.

 

Et c’est en faisant un pied-de-nez aux idées reçues concernant la maternité que Bénédicte Bach donne à entendre sa voix singulière et féministe dans le chœur universel des mères, le tout, bien évidemment, nimbé d’un léger et savoureux nuage de poésie !

 

© Françoise Urban-Menninger

 

Exposition à découvrir à la Pierre Large à Strasbourg jusqu’au 25 octobre du mercredi au samedi de 16H à 19H, URL. www.galeriepierrelarge.fr


 

***

Pour citer ce bémol artistique illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger (texte & photographies fournies), « Les œufs Bénédicte à la galerie la Pierre Large à Strasbourg », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 15 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/fum-lesoeufsbenedicte

 

 

 

 

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15 octobre 2025 3 15 /10 /octobre /2025 17:00

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Réflexions féministes sur l’Actualité | Revue culturelle des continents / Revue poépolitique & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier


 

 

 

 

 

 

 

 

Génération Z 212. T = A/O x V. Extrait 1

 

 

 

 

 

Texte & image remastérisée par

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète, artiste peintre & photographe

 

 

© Crédit photo : Anonyme, « Génération Z 212 ». Remastérisation par Mustapha Saha.

​​​​​

 

Paris. Lundi, 6 octobre 2025. Je reçois une photographie du Maroc. Une fille, poing levé, porte un tee-shirt gris floqué de l’inscription GenZ 212. T = A/O x V. Le code m’intrigue. L’imaginaire s’emballe. Le cryptogramme énigmatique me paraît talismanique. La révolte de Génération Z 212 serait-elle un complot de sorcières métamorphosées en pythonisses webiques. Le Maroc pays de superstition, de fétichisme, de totémisme. Les sanctuaires des saints leurs secrets. Mais, qui sont ces jeunes, sortis de nulle part qui secouent, du jour au lendemain, les consciences dormantes ? Les réseaux drainent, à leur habitude, les rumeurs les plus folles. Les journaux surenchérissent. Certains parlent d’extraterrestres, d’humanoïdes, de golems téléguidés par l’intelligence artificielle.  D’autres de conjurations occultes. En 1967, Henri Lefebvre analyse les risques encourus avec le technocratisme.  (Cf. Henri Lefebvre, Position contre les technocrates, éditions Gonthier). Il a l’intuition des cybernanthropes, enfantés par les ordinateurs, des individus conçus comme des processeurs informationnels autogérés, autorégulés, disposant d’énergies dont ils calculent minutieusement les applications. Ils n’investissent qu’à coup sûr. La vie affective est considérée comme une survivance archaïque, obsolète, caduque, une résurgence périodique, une faiblesse spasmodique. Les cybernanthropes mènent leurs projets avec une rationalité technicienne. Leur langage n’est accessible qu’aux initiés. La génération Z désire reconquérir son humanité, se libérer de l’enfermement numérique, s’investir dans la réalité des choses, à la base. La technologie de pointe se retourne contre son instrumentalisation ultralibérale. On jette d’immenses ressources dans l’abîme, dans l’industrie militaire, l’aventure spatiale, l’intelligence artificielle. On lésine quand il faut nourrir, soigner, loger, éduquer. L’anthropologue David Graeber, un ami foudroyé dans la force de l’âge pendant la crise covidaire, a publié des ouvrages de référence sur ces enjeux. Voir : Mustapha Saha, David Graeber nous regarde, Revue du Mauss, Cnrs, 2023, disponible sur le web.

 

J’adapte le malicieux canular pseudo-épistémologique. La formule T = A/O x V définit les déséquilibres entre le rythme des désirs et l’ankylose des institutions. Elle sert à penser le seuil critique à partir duquel la tension devient un moteur de transformation. T désigne à la fois la tension et la transformation. A qualifie l’aspiration. O signifie l’opportunité. V indique la vitesse de réalisation des modèles mondialisés, digitalisés. Quand l’aspiration augmente plus vite que l’opportunité, la tension s’accroît. Elle aggrave la frustration. Le décalage entre les attentes de la jeunesse et les complications institutionnelles amplifie à la vitesse numérique des imaginaires. La société se retrouve dans une situation d’accélération sans synchronisation. Les diplômés n’ont le choix qu’entre sous-emploi et désœuvrement. L’antagonisme ainsi déclenché n’est pas forcément une impasse. Elle peut être une pertinence de changement. Une société sans dissonances est une société flaccide, figée, fossilisée. Le défi consiste à convertir la tension en énergie transformatrice, créatrice de nouveaux horizons. T = A/O x V est une métaphore dynamique, cinétique, opératoire. Elle pose les relations entre deux pôle antinomiques, entre thermodynamique et inertie, vitalisme et stagnation. Si l’énergie de la tension est judicieusement investie, elle ouvre des perspectives épanouissantes. Si elle est étouffée, elle explose en émeutes réelles. Quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que cette équation est une fausse équation mathématique, fortuitement fournie par l’intelligence artificielle. Et pourtant, elle contient une indéniable vérité sur l’absurdité du système. S’opposent, dans une dérive rhizomique, les sensibilités désirantes au machines planificatrices. 

 

Les scénarios philosophiques de Gilles Deleuze et de Félix Guattari dans L’Anti-Œdipe, éditions de Minuit, 1972, et dans Mille plateaux, éditions de Minuit, 1980, s’accomplissent. Le rhizome se développe horizontalement dans toutes les directions. Il est polymorphe. Il n’a pas de centre. Sa progression peut être chaotique. Cette figure fractale s’oppose aux structures pyramidales. Elle ne se subordonne à aucune verticalité. Le rhizome est linéaire. Il se forme élément par élément, de proche en proche. Il se démultiplie sans plan prédéterminé. Il prolifère dans l’immanence. Son élasticité permet des mutations continuelles. Son hétérogénéité autorise des connexions tous azimuts. Sa ductilité génère des ramifications sans limites. En cyberculture, le rhizome est une mise-à-jour permanente. Il est souterrain, clandestin, illicite. Génération Z 212 est rhizomique par excellence. Elle joue à la révolution. Elle est la révolution. Elle décline, jour après jour, ses manifestations, ses démonstrations, ses proclamations. Elle se déploie, phase par phase, en carte avec ses nombreuses entrées, indéterminables d’avance. Elle est une équation à multiples inconnus. Elle contourne les certitudes, les confirmations, les infirmations. Elle évolue dans le mystère. Ses plausibilités se cueillent comme des fruits mûrs.

© Mustapha Saha.

Sociologue.

—————

Pour citer cet extrait illustré & inédit

 

Mustapha Saha (texte & image remastérisée), « Génération Z 212. T = A/O x V.  Extrait 1 », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 15 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/ms-generationZ

 

 

 

 

 

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10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 17:36

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Entretiens poétiques, artistiques & féministes | Dossier mineur | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Entretiens

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontre entre 

 

Hanen MAROUANI & Valérie ANTOINE

 

 

 

 

 

Propos recueillis par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

 

 

© Crédit photo : La poétesse Valérie Antoine lisant son poème pour la paix.

​​​​​

 

Valérie ANTOINE : « La poésie est un moyen de transmission universel pour partager les messages de paix. »

 

 

Entrevue

 

Hanen MAROUANI — Comment définissez-vous votre cheminement d’autrice/poétesse : qu’est-ce qui vous a menée à la poésie et qu’est-ce qui vous y retient encore aujourd’hui ?

 

Valérie ANTOINE — Mon premier contact avec la poésie c’est le cours de français au collège. On nous a donné le goût des beaux textes. Aujourd’hui c’est un moyen d’exprimer mes sentiments ou ma vision / opinion de notre monde.

 

 

(H.M) — Y a-t-il des rencontres, littéraires ou humaines, qui ont marqué votre parcours d’écriture ?

(V.A) — Oui, lorsque j’ai rencontré mon compagnon lors d’une soirée. Il était l’un des poètes invités. C’est ma première rencontre avec la musicalité de la poésie arabe. C’est lui qui m’a poussée à écrire.


 

(H.M) — Quels auteurs, courants ou expériences de vie nourrissent le plus votre imaginaire poétique ?

 

(V.A) — Actuellement, ce sont plutôt des expériences dans mon parcours personnel mais aussi des faits d’actualité. Mais ce qui me donne le plus envie d’écrire ce sont les moments partagés avec la nature.


 

(H.M) — Dans votre nouveau recueil, qu’est-ce qui vous tenait le plus à cœur de transmettre, et en quoi cette œuvre représente-t-elle une étape particulière de votre chemin d’écriture ?

 

(V.A) — J’ai eu envie de transmettre mon regard poétique sur le monde. Lorsque je me promène dans la nature ou dans la ville, il y a toujours quelque chose, un bruit, un animal, un objet particulier, une ambiance que je trouve beaux, agréables et que j’ai envie de partager. J’ai beaucoup vécu de situations de stress et c’est encore souvent le cas maintenant, mais je veux continuer à voir le beau et le partager. La poésie est pour moi la plus belle manière de le faire.


 

(H.M) — Quelles ont été vos principales sources d’inspiration pour ce recueil et en quoi se distingue-t-il de vos précédents ouvrages/textes ?

 

(V.A) — C'est mon premier recueil personnel. J’ai participé à plusieurs ouvrages collectifs sur différents thèmes.

Cet ouvrage rassemble quelques textes repris dans ces ouvrages collectifs et d’autres inédits.

Ce que je voudrais transmettre à travers ma poésie, c’est mon regard sur le monde et ce qui nous rassemble.


 

(H.M) — Comment souhaitez-vous que vos lecteurs reçoivent ce recueil : comme une confidence personnelle, un manifeste poétique, ou une ouverture vers l’autre ?

 

(V.A) — Un peu des trois… certains textes sont des confidences, d’autres des textes poétiques plus engagés, mais il y a toujours une ouverture à l’autre.


 

(H.M) — Quels ont été les principaux obstacles rencontrés lors de la publication de ce recueil, et comment les avez-vous surmontés ?

 

(V.A) — L’argent. Sans hésitation. J’ai dû attendre avant de pouvoir financer ce recueil.


 

(H.M) — Pensez-vous que les défis liés à la publication de la poésie renforcent, d’une certaine manière, la conviction de l’auteur dans sa démarche ?

 

(V.A) — Je ne sais pas, je crois que c’est plutôt décourageant. Mais ce qui me pousse, c’est vraiment cette envie de partager.

 

© Crédit photo : Des exemplaires du recueil intitulé « Du bout de ma plume » de la poétesse Valérie Antoine.

​​​​​

 

(H.M) — Dans quelle mesure l’édition indépendante ou alternative peut-elle représenter une solution pour les poètes d’aujourd’hui ?

 

(V.A) — Je pense que dans le monde littéraire il y a d’un côté trop d’offre de textes et un public qui se tourne de plus en plus vers le support dématérialisé, ce qui rend les éditeurs encore plus sélectifs qu’auparavant. Et il y a donc beaucoup d’auteurs qui ne sont pas édités. L’autoédition permet des petits volumes, plus accessibles, faciles à gérer par l’auteur lui-même. Le désavantage, c’est qu’on ne profite pas d’un réseau très étendu.


 

(H.M) — Quel rôle accordez-vous à la promotion et à la médiation culturelle (lectures publiques, réseaux sociaux, résidences) dans la diffusion de votre œuvre ?

 

(V.A) — Pour moi, les lectures publiques, festivals sont ma première source de transmission de mes poèmes. Je suis moins présente sur les réseaux sociaux mais je vais m’y remettre. Je n’ai pas encore fait de résidence.


 

(H.M) — Pouvez-vous nous dire comment est née l’idée de préparer des anthologies sur la paix et quelle en est la vision directrice ?

 

(V.A) — L’idée de cette anthologie est venue lors d’un voyage. Je participais avec mon collègue Valéry à un festival de poésie. Valéry est russo-ukrainien. La guerre venait de commencer et pour beaucoup c’était une déchirure, pris entre leurs deux pays. Nous est alors venue l’idée de proposer à nos amis poètes de partager un texte sur la Paix. Ils ont été près de 150 à répondre à notre appel. C’était vertigineux. Rien que de l’évoquer j’en suis émue. Notre idée était de publier les textes dans la langue d’origine et leur traduction en français, anglais ou néerlandais.

Nous avons dû y renoncer car nous avions trop de textes.


 

(H.M) — Quels critères guideront vos choix de textes et d’auteurs afin de donner une voix plurielle à cette thématique universelle ?

 

(V.A) — Le seul critère, c’est le respect de l’autre. Nous refuserons uniquement les textes trop agressifs ou discriminatoires. Nous tenons à garder une certaine nuance dans le propos.


 

(H.M) — Souhaitez-vous ouvrir ce projet à une dimension internationale, en intégrant des voix issues de différentes cultures et langues ?

 

(V.A) — C’était le cas pour la première anthologie et c’est encore le cas pour celle-ci. Les poètes viennent de différentes cultures.


 

(H.M) — Selon vous, quel rôle concret la poésie peut-elle jouer dans la construction ou la préservation de la paix, à une époque marquée par tant de fractures ?

 

(V.A) — La poésie est un moyen de transmission universel pour partager les messages de paix. Il faut la partager, la laisser circuler au maximum pour qu’elle ait un impact sur les gens. Favoriser la culture, lui donner tout l’espace dont elle a besoin, est certainement le meilleur moyen de préserver une paix durable. Le problème est que l’on néglige bien souvent la culture, particulièrement en politique.

 

(H.M) — Comment concilier la diversité des esthétiques poétiques avec une unité thématique aussi essentielle que celle de la paix ?

 

(V.A) — Je pense que la paix est certainement la thématique qui permet de concilier la diversité des esthétiques poétiques, particulièrement lorsque l’on s’inscrit dans une démarche de diversités culturelles et linguistiques.

La poésie est difficile à traduire et ne peut donc s’adapter aux exigences des poésies trop classiques. Ce qui rime en français ne rime pas forcément en anglais ou en chinois... Il faut donc être ouvert à une poésie plus libre.

 

(H.M) — Voyez-vous la poésie comme un espace de résistance, d’espérance, ou comme une manière de relier les êtres au-delà des frontières ?

 

(V.A) — La poésie est tout cela en même temps. Elle peut être révolte, espoir ou désespoir, bonheur ou colère ; et elle est universelle. On la retrouve dans toutes les cultures.


 

(H.M) — Enfin, comment aimeriez-vous que vos lecteurs — à travers vos recueils ou ces anthologies — prolongent votre démarche et participent eux-mêmes à ce dialogue de paix ?

 

(V.A) — Je pense que le meilleur moyen de prolonger notre démarche, c’est de la partager. Utiliser nos recueils et partager nos poèmes dans les activités culturelles, les écoles, partout où ils peuvent faire écho.

Bruxelles le 04.10.2025

Valérie ANTOINE | Bela

 

 

© Hanen Marouani, octobre 2025.

 

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Pour citer cet entretien illustré & inédit

 

Hanen Marouani, « Rencontre entre Hanen MAROUANI et Valérie ANTOINE », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 10 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/hm-valerieantoine

 

 

 

 

 

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SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

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