17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 16:01

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2025 | INSPIRATRICES RÉELLES & FICTIVES | 1er Volet | Dossier majeur | Articles & témoignages / Critique & Réception | Voix-Voies de la sororité 

 

 

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La rose de Jéricho, roman de

 

Louise Devise, paru aux éditions

 

Maurice Nadeau

 

 

 

 

 

Critique par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du roman « La rose de Jéricho », de Louise Devise, aux éditions Maurice Nadeau.

 

 

Louise Devise réalise depuis plus de trente ans des documentaires d’auteur et dans ce premier livre, elle use de son savoir-faire en « montant » son récit comme elle le ferait  avec l’un de ses films.

 

La rose de Jéricho qui possède le pouvoir de se refermer sur elle-même, de se mettre en dormance, puis de se rouvrir et de s’épanouir sous la goutte d’eau qui la fera reverdir est la métaphore qui permet d’appréhender ce qu’a vécu Louise qui, à l’instar de cette plante, s’est mise en retrait d’elle-même durant plus de 35 ans pour « accepter l’inacceptable ».

Alors que « le couple a volé en éclat », la narratrice use du tutoiement pour tenter de comprendre... Elle s’interroge « Mais jusqu’à quel point tu avais choisi toi d’être maltraitée ? » Pour ce faire, elle mène une enquête qui s’apparente à une quête introspective, les questions rythment le récit, le relancent et Louise de reprendre à plusieurs reprises la phrase de Rilke « Aime tes questions ». Ce questionnement va l’amener à s’interroger sur sa relation dysfonctionnelle avec sa propre mère, à évoquer la figure tutélaire de Mère, sa grand-mère exceptionnelle qu’elle appelle « la femme de sa vie » et qui, comme elle, avait « une rétroversion de l’utérus ».

Ce sont les incantations d’une mère négative, puis d’une enseignante et enfin celles de Michaël qui « surgit » dans sa vie pour douter de sa capacité à réussir ce qu’elle entreprend qui ont déstabilisé Louise et généré en elle « un sentiment d’infériorité » qui la prive de toute velléité et d’esprit critique. Car beau et intelligent, Michaël, son compagnon, connaît « les failles » de Louise, il en joue et pire, il en jouit !

Malgré son « intime conviction », Louise avoue avoir « perdu sa boussole intérieure » car elle est indéniablement sous « l’emprise » de celui qui est loin d’être son alter ego.

 

Quand elle décide de quitter Michaël, ce dernier pratique « le chantage au suicide », puis se clochardise, se disant incapable de vivre sans Louise qui, là encore, tente de l’aider, du moins financièrement. Derrière l’image de cet homme qui lui répète à l’envi qu’elle est la femme de sa vie, elle décèle enfin sa fragilité hors norme « Puissant colosse aux pieds d’argile », écrit-elle et de se demander à son propos « serait-ce une espèce de peur qui se transforme en déni et en autodestruction ? »

Mais Louise rompt définitivement les amarres ! La mort de sa mère « la libère » selon les propres mots de cette dernière confiés à la psychologue de l’Ehpad. Une autre figure féminine nous interpelle dans le roman, celle de Véronique en fin de vie, lucide, lumineuse, charismatique,  elle n’est autre que « la sœur de cœur » de Louise.

Cette sororité traverse tout le roman et l’éclaire car la narratrice fait appel à d’autres femmes qui « se racontent » et dont les échos résonnent en elle mais aussi, et très certainement, chez les lectrices car, dit Louise, chacune « d’une histoire à une autre (…) elles participent de la grande Histoire des femmes, de partout et de toujours . »

 

Nul doute que La rose de Jéricho aidera plus d’une femme à comprendre pourquoi elle a pu « supporter l’insupportable », à savoir, non seulement cette violence des femmes battues mais aussi cette « violence psychologique » qui atteint l’âme et la consume.

Peut-être que l’effet-miroir de cette lecture trouvera son point d’orgue dans « une résurrection » à l’instar d’une rose de Jéricho. Quant à celle de la narratrice elle s’apparente à une renaissance, celle d’être dans un monde qui s’ouvre dans « le plaisir d’écrire ».

 

© Françoise Urban-Menninger*

* C’est un magnifique roman que signe Louise Devise, documentariste. Elle y analyse avec finesse les pièges de l'emprise, la sororité y tient la part belle, chaque phrase trouve une résonance dans notre inconscient féminin collectif.

 

 

Voir aussi l’entretien audiovisuel avec Louise Devise à propos de son premier roman : « La rose de Jéricho », URL : https://www.youtube.com/watch?v=mimf4kUJXmI

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Pour citer ce texte engagé, féministe, illustré & inédit

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Françoise Urban-Menninger, « La rose de Jéricho, roman de Louise Devise, paru aux éditions Maurice Nadeau »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 17 mars 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/noi2025/fum-romanlarose

 

 

 

 

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8 mars 2025 6 08 /03 /mars /2025 18:02

Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles » | I — « Rêveuses » | Florilège 

 

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Vous y croyez, vous, aux miracles ?

 

 

 

 

 

Texte & peintures de

Sarah Mostrel

 

Site : 

https://sarahmostrel.wordpress.com

Facebook : https://www.facebook.com/sarah.mostrel

Chaîne You Tube :

https://www.youtube.com/user/SarahMostrel

 

 

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, « Fleur de chant », acrylique, image no 1.

 

 

J’avais un amour. Evaporé.

J’ai cru à l’amour. Envolé

 

 

Lorsque j’aimais et que, surtout, j’étais aimée, je me sentais gonflée à bloc. Comme un pneu qui jamais ne se dégonflerait, et pourtant ! Non seulement, je fus déçue, mais j’en ai crevé. Crevé de douleur, d’impatience, de désespoir.

 

Pour certains individus, l’amour est facile. On enchaîne les romances comme un besoin physique, tels les instincts premiers, celui de nos amis les animaux, chiens, chats, chevaux. Chaque partenaire apporte son nouveau lot d’épices à la relation. Le poivre noir au whisky, le curry de Madras, rien que ces appellations font rêver et pimentent l’idylle !
 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, « Je fais souvent ce rêve étrange », peinture à l'huile », image no 2.

 

 J’avais trié mes amants selon les sensations fortes qu’ils me procuraient, classant mes rencontres selon l’échelle de Scoville. Une jolie sauce à composer. Un beau menu à répéter… Avant de m’apercevoir que tout me laissait un goût bien fade et qu’il vaudrait mieux passer au deuxième thème.

 

T’aime, t’aime pas… L’amour existe-t-il ? L’amour humain, plébiscité dans les magazines et manuels de psychologie en vogue, est-il celui auquel il faut aspirer ? J’ai beau avoir la verve et le verbe s’étalant au grand jour sans complexe, je me pose la question de cette sincérité. De la demande d’amour transparaissant dans l’attention demandée, de la lucidité des écrits qui ne laissent pas d’espoir, de l’explication de l’avenir de certaines vies par les données initiales. Et je me dis que c’est bien compliqué, l’amour.
 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, « Lianes », peintures à l'huile, image no 3.

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En fait, personne ne sait comment ça marche. Chacun a son seuil de tolérance, chacun, avec sa générosité, et avec sa chance surtout.

Et si l’amour n’était qu’une question de chance ? Un hasard heureux. Imprévisible. Inattendu. Espéré. Et comment la mesure-t-on, la chance ? À ce qui advient, à la réussite autre, compensation du manque essentiel ?

 

Cher Valentin, où que tu sois, je préfèrerais que tu ne t’appelles pas Valentin. J’aimerais plutôt que tu te révèles au grand jour, sans miracle, en émoi.

En moi, tu trouverais ta muse, et moi, j’aurais trouvé mon élu. Une feelgood story, un roman qui finit bien. Pour une fois. 

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, « Intrigue », peinture à l'huile », image no 4.

 

Ce serait bien aussi si ça n’arrivait pas trop tard. Outre l’atroce temps perdu, l’épanouissement n’attend pas. Et mourir à deux, c’est bien plus sympa que de croupir seul dans son trou. Même si l’on a bouché les trous avec des affairements qui tiennent lieu de passetemps qui évitent que le temps passe trop vite et qui prennent… toute la place. Trop de place ? C’est à la mesure du manque, comme je disais. Alors, ne tarde pas, mon amour, je suis prête. Amour d’un jour, d’une semaine, d’une vie ? Le 8 mars, tout est permis. 

 

© Sarah Mostrel

 

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Pour citer ces peintures & poème en prose inédits

 

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Sarah Mostrel (texte,  peintures et photographies), « Vous y croyez, vous, aux miracles ? »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles », mis en ligne le 8 mars 2025. URL : https://www.pandesmuses.fr/megalesia25/noii/mostrel-miracles

 

 

 

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6 mars 2025 4 06 /03 /mars /2025 13:52

Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles » |  II — « Poésie volcanique d'elles » | Florilège / Le Printemps des Poètes 2025 | S’indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages | Revue Poépolitique 

 

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Liberté pour Boualem Sansal

 

 

 

 

 

Poème engagé de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger,  l’écrivain « Boualem Sansal en intervention » dans la cérémonie de l'inauguration de Strasbourg Capitale Mondiale du Livre à Strasbourg, label octroyé par l'UNESCO, image no 1.

 

Ce poème est un cri pour la liberté de cet immense écrivain

 

 

 

                    

 

la liberté n’est-elle

qu’un vain mot

lui a-t-on coupé les ailes

 

 

aujourd’hui derrière ses barreaux

Boualem Sansal incarne

la perte de l’âme

 

 

de ce qu’il nous restait

de notre vieille humanité

qui n’en porte plus que le nom

 

 

faisons tomber les murs de sa prison

en scandant les vers du poème d’Eluard

car la liberté est notre seul étendard

 

 

brandissons-le sur tous les fronts

afin que sa lumière

toujours nous éclaire

 

 

© Françoise Urban-Menninger

Pour citer ce poème humaniste, engagé pour la liberté d'expression, illustré & inédit

 

© Crédit photo : Claude Menninger, l'écrivain « Boualem Sansal » dans la cérémonie de l'inauguration de Strasbourg Capitale Mondiale du Livre à Strasbourg, label octroyé par l'UNESCO, image no 2.

 

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Pour citer ce poème humaniste, engagé pour la liberté d'expression, illustré & inédit

 

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Françoise Urban-Menninger, « Liberté pour Boualem Sansal », poème illustré par deux photographies inédites du photographe Claude MenningerLe Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles », mis en ligne le 6 mars 2025. URL : https://www.pandesmuses.fr/megalesia25/noii/fum-liberte

 

 

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5 mars 2025 3 05 /03 /mars /2025 18:09

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2025 | INSPIRATRICES RÉELLES & FICTIVES | 1er Volet | Critique & réception / Chroniques de Camillæ | Dossiers mineur & majeur | Articles & témoignages

 

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Francesca Yvonne Caroutch, François

 

Augiéras & l’apprentie sorcière

 

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Critique par

 

Camillæ/Camille Aubaude

 

https://everybodywiki.com/Camille_Aubaude

 

Blogue officiel :

https://camilleaubaude.wordpress.com/ 

 

 

© Crédit photo : « Dialogue de poésie » de Camille Aubaude avec Francesca-Yvonne Caroutch, filmé au 28 rue de Poissy par Marino Valencia. Image fournie par la critique Camille Aubaude.

 

 


 

J’ai voulu offrir L’Apprenti sorcier de François Augiéras à l’essayiste Christian Ficat qui l’avait déjà. Il n’avait jamais entendu parler de Francesca Yvonne Caroutch qui a tant fait pour l’auteur de Domme, pour qui elle avait une idolâtrie amoureuse, jusqu’à le nommer « la verge d’or ». 
Le nom de Francesca Yvonne Caroutch n’apparaît dans aucun article sur Augiéras de l’encyclopédie en ligne qui trahit parfois et uniformise tout le temps. L’inversion de la sagesse des femmes opère savamment, constamment.
En revanche, les noms virils que Francesca reliait à l’œuvre de François Augiéras y sont : Gide, Placet, Fanlac, Chalon... L’homme se fait homme, la femme enfante l’homme et connaît l’extase charnelle, distincte de l’œuvre créatrice. Nos vies spirituelles sont nécessairement usurpées.


Dans sa chambre à coucher du 28 rue de Poissy, Francesca m’a fait écouter la voix de François Augiéras au moyen de l’unique enregistrement d’un appel téléphonique en provenance d’Algérie. Cette voix de feu et de cendres destinée à Francesca portait la tension du désert. Elle  était non seulement maîtrisée, comme on le fait avec un taureau, mais encore orientée pour la poétesse parèdre. « L’Orbe de la Licorne » était le nom du cercle littéraire de Francesca. 

 

Elle m’a associée à Augiéras par divination poétique. Leurs visages avaient le type asiatique que j’avais aussi avant l’entrée au collège. Partie vivre et enseigner avant l’âge de vingt ans dans l’oasis de Gardhaïa, je lui rappelais l’oasis d’El Goléa. J’avais dans mon cœur l’état mystérieux et pur de l’Algérie, décrit par François Augiéras. Ce qui aiguisait la passion spirituelle de Francesca pour moi.
Elle m’a tellement parlé de lui. Dans mes mansardes des Filles du Calvaire, le portrait de François de trois quart avec un chapeau de cow-boy avait une forte charge émotionnelle. Son sourire me rappelait le désert d’Algérie. Dans cet exil, les eaux secrètes au fond de l’âme ont investi mon cœur. Francesca est venue un jour dans ces mansardes au sixième étage sans ascenseur, que je venais de réunir en cassant un conduit de fumée qui appartenait à l’essayiste Henri de Maistre. Un architecte voué à la connaissance ésotérique de Paris contrôlait ces travaux. Et il a reconnu ce visage, entre les fenêtres du minuscule bureau sous mon grand lit en mezzanine. 
Il m’a confié des connaissances qui le passionnaient alors que son emploi d’architecte de l’immeuble l’ennuyait. Tout en montrant un savoir fait pour en imposer, il était gentiment incompétent en matière de conduits de fumée.
Février 2025, pourquoi L’Apprenti sorcier avec la découverte du Dr Rouhier, le fondateur des éditions Véga ? Je n’avais jamais pu le lire, ni Domme, car la force poétique de cet écrivain éclaire le vide. Le temps est détruit. Je n’ai aucune complicité avec les scènes de flagellation, ni avec les combats de la virilité. 

 

L’Apprenti sorcier a suivi immédiatement ma lecture du prodigieux Henri Rochefort,  Les Aventures de ma vie. À la barbarie d’État succède la description de rapports transgressifs (homosexuel et pédophile), où la femme est désignée comme « l’ennemie » (et parquée avec ses enfants dans le village d’Iérissos, dans Voyage au Mont Athos). Pur « hasard » : ce que la délation complotiste du gouvernement d’Emmanuel Macron prend à présent pour cible est la pédérastie qui est partie prenante de l’œuvre littéraire d’Augiéras. Dans l’émission télé qui vient de faire le tour de la planète, le nom d’André Gide n’est pas prononcé correctement : les journalistes accusateurs disent « guide », beau lapsus... 

 

© Crédit photo : « Camille Aubaude chez le peintre-poète Gérard Murail ». Image fournie par la critique Camille Aubaude.

 

 

Le génie de François Augiéras est un sommet de l’écriture car il est l’Esprit de la Nature. Bien sûr, il est « vieux comme le monde » (Jean Chalon). Augiéras revendique non seulement l’extravagance mais encore la délinquance érotique telle une délivrance. Qui peut dire qu’il va trop loin ? Ceux qui censurent Les Deux Étendards, la grande parabole sur le Bien et le Mal, où la poétesse Simone Chevalier est assignée à l’autel du sacrifice. Un livre banni, comme le sage Henri Rochefort déporté à Nouméa par ceux qui jugent, condamnent par des pétitions, dictent la norme vu qu’ils sont hors nuances. Ainsi, on lit Histoire d’O

Alors Augiéras profane ! Augiéras est un écrivain maudit. Jean Chalon a pris un grand risque en citant un poème de Jean Cocteau dans sa préface au Voyage au Mont Athos de François Augiéras : le « sang du poète » n’est pas l’écriture de Cocteau mais vraiment celle d’Augiéras.  « La verge d’or » de Francesca Caroutch est un archéologue qui viole la paix des tombeaux. Il est juste qu’il soit occulté puisque sa mystique du monde vivant sublime les contraires. Pour avoir aimé de tout son cœur, il est délivré des contraintes, et après un infarctus, il s’est dissout devant un chaudron, à l’abri d’une cavité rocheuse. Leur fin de vie, à tous deux, fut atroce. Francesca restait trois jours sans dormir. Elle fut violée dans un asile près de Béziers. Ces morts lentes et dégradantes sont la face inverse du grand amour ravi par la poésie investie d’une vie intérieure, tels que la rivière, le rocher, la cavité...
Alors que l’humanité transforme la Nature en nécropole, à l’heure où la barbarie a ravagé Israël le 7 octobre 2024, L’Apprenti sorcier me fait retourner à Alep. Le poète Joël Vernet, ami de ma traductrice Ketty Salem, a publié L’Aventurier radical, un essai sur Augiéras, exilé, vagabond, ermite flagellé, illuminé « sauvage » qui a ouvert comme ultime porte « le Livre ». Cet objet rejeté par les adeptes du paganisme est bien l’offrande de grande valeur que François Augiéras, véritable initié uni à la poétesse Francesca Yvonne Caroutch, a fait à cette humanité qu’il voyait en train de mourir, pour donner vie à des êtres humains reliés au Ciel. « Tu es fort », constate le prêtre.

 

Les rites élaborés de L’Apprenti sorcier me font voir différemment l’Amour de Francesca, les leçons qu’elle m’a transmises telles un champ de soleils. La valeur extrême de ce récit est de donner une voix sans filtre à la Nature. Le Grand Illuminé de Domme force à l’éveil. Sa cérémonie d’abandon l’ouvre accès à une poésie d’Apprentie sorcière, et sourcière, disait-on pour Else Lasker-Schüler, l’immense poétesse placée dans l’ombre de Kafka.

 

 

Athanor et ciboire sont à étrenner, Doux Maître

dont je suis à la fois l’Adepte et la Déesse.

 

 

De la fin’amor de l’Esprit de l’Univers,

je m’évide dans Paris où je m’évade.

 

 

Dans la grotte sans fond du Poisson

ondoie l’Horizon sans borne.

 

 

Et s’écoule l’Amour tout autour

de l’autel des combustions premières

 

 

Là, le Maître de la Crypte écoute 

le chant de l’Initiée des Sources.


 

*

 

*     *

 

Combattre le Mal en moi

la barbarie l’entre-dévoration le cannibalisme

 

tout ce qui va de pair avec la poussée de la végétation

la force inéluctable des saisons

 

 

les fleurs, les arbres et la neige dans l’embrasement

solaire venu des premiers âges

 

 

m’offrir l’abondante corbeille 

de plantes et d’oiseaux embaumant ta peau 

dans un Ciel où les vrais rêves 

courent, délicieux, de la Corne du Dieu.

 

 

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Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Camillæ ou Camille Aubaude (article & photographies), « Francesca Yvonne Caroutch, François Augiéras et l’apprentie sorcière », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 5 mars 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/noi2025/ca-apprentiesorciere

 

 

 

 

 

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4 mars 2025 2 04 /03 /mars /2025 18:13

Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles » |  I — « Rêveuses » | Florilège | Astres & animaux / Nature en poésie 

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​​Année

 

 

 

 

 

Poème par

 

Irina Moga

 

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

 

 

Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), « Violettes » écloses et en boutons, peinture de nature morte tombée dans le domaine public, capture d'écran de la photographie libre de droits du site Common.

 

 

 

Ai-je vécu l’année de la violette ? 

la déchirante beauté des heures où tout était simple,

l’élégance cloisonnée de la brume

à l’affût des branches des pins biscornues. 

 

 

Dansant dans des cothurnes de sable gris

sur la plage d’une mer figée en miroirs,

un masque vénitien dans la manche

pour dérober l’ennui à l’heure de grâce.

 

 

Et la neige, caillée dans des flocons égoïstes, 

approchait de loin, mi-figue mi-raisin, 

la lenteur de nos paroles sous la pluie.

 

 

Ainsi, aujourd’hui, à contre-cœur, 

cachée sur la scène de l’affaissement de ses pétales,

je cherche la clé perdue d’un aparté

 

© Irina Moga

 

 

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Pour citer ce poème printanier & inédit

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Irina Moga« Année », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles », mis en ligne le 4 mars 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia25/noii/irinamoga-annee

 

 

 

 

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Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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