23 octobre 2025 4 23 /10 /octobre /2025 18:37

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Critique & réception | Dossier mineur | Articles & témoignages | Revue Matrimoine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Éloge funèbre de

 

 

l’impératrice Claire Heureuse

 

 

 

 

 

Photographies & article inédits par

 

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

© Crédit photo : Éric Sauray dans sa représentation de son « Éloge funèbre de l’impératrice Claire Heureuse », épouse de Jean-Jacques Dessalines, premier empereur d’Haïti. Image no 1 prise par Maggy de Coster.

​​​​​

 

 

Après avoir rendu hommage dans une précédente pièce de théâtre aux femmes méconnues qui ont marqué l’Histoire d’Haïti  avec « Claire, Catherine et Défilé : les 3 femmes les plus puissantes d’Haïti » en 2018, Éric Sauray revient cette fois-ci avec « Éloge funèbre de l’impératrice Claire Heureuse », épouse de Jean-Jacques Dessalines, premier empereur d’Haïti après l’indépendance de ce pays.

 

Un monologue écrit et mis en scène par le dramaturge et avocat. En incarnant Guillaume, Fabre, Nicolas Géffrard avec son éloquence et sa verve d’orateur bien trempé, dès son exorde, il a su capter l’attention de l’assistance sagement installée dans l’église Saint-Martin de Groslay dans le Val d’Oise. 

 

© Crédit photo : L'affiche officielle de la représentation de l’« Éloge funèbre de l’impératrice Claire Heureuse ». Image no 2 prise par Maggy de Coster.

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En dix tableaux, Éric Sauray a brossé la vie de l’impératrice Claire Heureuse qui, selon ses enseignements, était née sous une bonne augure, puisqu’elle a vu le jour à Léogane, la ville de naissance de la poète Anacaona, première reine d’Haïti. En outre, elle était porteuse de prénoms et de patronyme très significatifs : Marie-Claire Heureuse Félicitée Bonheur. Il nous a savamment instruits de sa vie en partant de sa naissance à sa mort en passant par ses amours, son couronnement, l’assassinat de son empereur de mari par ses pairs, sa noblesse de cœur et sa déchéance dans la dignité.

« Elle s’est endormie dans les bras de l’ange de la mort » ou encore : « Elle est plongée dans un sommeil éternel », dit-il, entre autres. Que de métaphores pour traduire ce passage de vie à trépas !

Éric Sauray a utilisé toute la richesse de langue française pour faire l’éloge de cette femme hors pair, hors série, qui a marqué l’Histoire d’Haïti.

Épouse, mère, infirmière, conseillère de son mari, diplomate née, elle avait tout pour retenir l’attention de son peuple mais elle avait fini par tomber dans l’oubli. Il a fallu l’entremise d’Éric Sauray pour faire revivre sa mémoire à travers cet « Éloge funèbre »

Il n’y a pas plus compatible que l’enceinte d’une église pour inscrire ce moment solennel. Eh oui, c’est dans l’église Saint-Martin qu’a résonné l’écho de la voix de l’orateur avec toute l’érudition qu’on lui connaît ! 

 

 

 

© Crédit photo : Éric Sauray à la fin de dans sa représentation de son « Éloge funèbre de l’impératrice Claire Heureuse ». Image no 3 prise par Maggy de Coster.

 

 

Aussi a-t-il convoqué les philosophes gréco-latins suivants : Épictète, Sénèque et Marc Aurèle  pour définir la personnalité de Claire Heureuse qui a su bâtir sa vie sur fond de stoïcisme, d’éthique et d’altruisme.

« On ne se construit pas sans les autres », convient-il avec Sénèque.

Une vie fondée sur «  dix rencontres, dix moments de séduction, dix moments de consécration, dix moments d’accomplissement ! »

Ces moments s’accordent avec : 

 

« Dignité

Élégance

Beauté

Opiniâtreté

Raffinement

Aura

Humilité »

 

À cela s’ajoutent :

 

« Délicatesse

Finesse

Tendresse

Sagesse

Noblesse »

 

Autant d’attributs qui confèrent à l’impératrice : l’immortalité. 

Un Éloge funèbre ponctué de citations bibliques, philosophiques et empreint d’une rhétorique digne d’une Oraison funèbre de Bossuet. Pendant une heure et demie, l’orateur debout devant son pupitre, s’est adressé à des spectateurs suspendus à ses lèvres, et touchés par les vifs instants d’émotion qui l’ont accaparé.

 

© Maggy De Coster

 

***

Pour citer ce texte engagé, élégiaque & illustré

 

Maggy de Coster (texte & photographies), « Éloge funèbre de l’impératrice Claire Heureuse », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 23 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/mdc-elogedeclaireheureuse

 

 

 

 

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23 octobre 2025 4 23 /10 /octobre /2025 13:44

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Voix / Voies de la sororité

 

 

 

 

 

 

 

 

Francesca Woodman

 

 

 

 

 

Extraits engagés & images par

 

Carmen Pennarun

 

Extraits poétiques reproduits dans cette revue avec l'aimable autorisation de l’auteure.

 

 

 

 

© Crédit photo : Carmen Pennarun, photos personnelles issues de son recueil « Dans l'arc d'un regard de Caryatide » (2019). Image no 1.

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[Page 35]

 

 

Elle connut des heures si creuses

le miroir de l’instant ne renvoyant

qu’un leurre, une apparence

d’où elle n’était qu’absence

 

Le silence devint son maître :

 

personne à qui expliquer

les visions qui la hantaient

 

personne ne pouvait percevoir  

les choses de là où elle les observait

 

Une porte en elle s’était ouverte

et les courants d’air laissaient

s’engouffrer les encombrements

– son ordre contrariait toutes les normes

 

Elle tenait ferme son objectif

dont rien ne parvenait à la distraire

 

De ses fantaisies néo-gothiques

feuilles de route d’un esprit juvénile

elle enfanta son Art loin des modèles

parentaux. Elle édifia des piliers

aux ports de caryatides – les effigies

de ses flammes intérieures

 

Sur un temps de latence

elle régla sa vie, sans jamais parvenir

à embrasser le mystère de sa propre création


 

© Crédit photo : Carmen Pennarun, photos personnelles issues de son recueil « Dans l'arc d'un regard de Caryatide » (2019). Image no 2.

​​​​​



 

 

[Page 73]

 

Elle sème la confusion

brouille les pistes

nous (é)conduit

en zones d’ombres

vers des visions

théâtralisées

où le macabre

et le vivant

cohabitent

 

 

S’offrent à nous

(la photo est un présent)

des visions de cauchemar

où il ne manque au sujet

que le sourire, car il n’est

en rien passif et semble

nous indiquer la porte

de sortie du rêve

 

Les personnages

toujours prêts à s’enfuir

dont une partie du corps

échappe à l’enfermement

nous prennent dans leur champ

de vision. Une relation s’établit

entre le modèle et l’observateur

un retournement de situation

une inversion de rôle !

 

Aucune soumission

 

Aucune fatalité

 

Là où paraît l’enfermement

le regard indique une issue -

la voie fuyante vers la sortie

Il rend possible le décryptage

des situations incongrues

Son langage est à décoder

entre l’intrusion de l’objectif

et le vacillement des personnages

dans un espace où le temps

ne parvient pas à les fixer

sur le papier

Leur moi s’échappe

du cliché faisant d’eux des figures

absentes de l’obscurité qui les a vus

naître grâce aux échelles de lumière

que l’artiste a mis à leur disposition



 

© Crédit photo : Carmen Pennarun, photos personnelles issues de son recueil « Dans l'arc d'un regard de Caryatide » (2019). Image no 3.

 

 

[Page 107]


 

Elle déchire la cloison

et sort de la chambre

de papier

Elle décline l'illusion

de la photographie

ce mur qui compresse

notre image, la fige

sur un temps mort


 

L'adolescente s'interroge

devant le cadeau offert :

cet appareil, lui permettra-t-il

de réaliser des clichés flottants

pourra-t-elle l'utiliser comme on

laisse un robinet ouvert autorisant

l'écoulement de la vie, sans rupture

- en constante recherche de prises ?


 

Sa photographie ne reflétera pas

des formes dépossédées de vie

alors elle accolera la fragilité

de sa nudité à la mort

elle trompera le temps

en jouant avec une stèle

comme si elle était fenêtre

elle la traversera en toute ingénuité


 

La mort est un gain

que la vie transperce


 

La mort est une perte

que la photographie pénètre

 

L’œuvre est ce que l’artiste

parvient à soustraire du néant


 

 

© Crédit photo : Carmen Pennarun, photos personnelles issues de son recueil « Dans l'arc d'un regard de Caryatide » (2019). Image no 4.

 

[Page 109]

 

 

Tes pieds nus sur le vieux plancher

est-ce par peur des échardes

qu’ils s’en vont sautant

comme ceux d’un chimpanzé ?

Mais déjà tu t’accroches à l’embrasure

d’une porte et te voilà suspendue

au col d’une « mère maison »

qui est sur le point de t’effondrer.


 

 

Pourquoi tes ailes

plus pratiques que des échelles

les as-tu prêtées aux anges

sans oser les reprendre

au moment du grand saut

habillé d’une robe chemisier ?


 

La vie est un rythme

qui s’entend dans le studio

il fugue d’un accessoire à l’autre :

croquis, photos, poèmes,

collants, gants, nippes bohèmes

c’est jour de grande lessive

le chambardement en continu


 

 

Les gants s’en prennent aux étiquettes

tandis que tu disparais des autoportraits

car tu es en bas, pauvre nature morte

auréolée d’une longue chevelure blonde

 


 

Elle gît… verbe dont je haïs l’infinitif

il rompt définitivement avec le flux de la vie

aux yeux de ceux qui aiment il est anéantissement

car qui aime ne peut saisir

ce que l’éternité a conçu,

ce que de tous temps elle contemplait

et qu’elle prolongera en sensibilité

hors du champ de l’artiste*

 

 

 

© Carmen Pennarun,

© Quelques poèmes extraits de mon ouvrage « Dans l’arc d’un regard de caryatide », livre auto-édité en 2019. Tout le recueil est consacré à Francesca Woodman : cette jeune photographe qui s'est donné la mort et dont le travail sur la photographie sortait tant le corps féminin de la vision que les regards masculins renvoyaient, en général (et continuent de renvoyer).

***

Pour citer ces poèmes engagés, féministes, élégiaques & illustrés

 

Carmen Pennarun (poèmes & photographies), « Francesca Woodman », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 23 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/cpennarun-francescawoodman

 

 

 

 

 

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22 octobre 2025 3 22 /10 /octobre /2025 14:28

Événements poétiques | Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles & N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Poésie & littérature pour la jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

Soyons enfants, soyons jeunes filles

 

 

 

 

 

 

Poème engagé par

 

Maxance Lardjane

 

Doctorant ès Lettres à l’Université Polytechnique

Hauts-de-France, LARSH

 

 

Crédit photo : Camille Métra (ou Métra-Hubbard, 1864-1936), « Portrait de jeune fille blonde », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du Web.

 

​​​​​

 

 

C'est terrible ! Entends-tu, mon amour

Le grand bruit de la cloche au lointain ?

C'est le monde, le vrai, qui toujours

Nous rappelle à ses dogmes malsains

 


 

C'est le cri de cet orphelinat

Dans lequel nos deux cœurs sont tombés ;

Dans lequel il n'y a – à part toi –

Que des dogmes retors, surannés :

 

 

 

Pourquoi m'apprend-t-on à m'habiller

À la mode des victoriennes ;

Pourquoi veut-on tant me voir valser

Et qu'un œil de mâle me fasse sienne ?

Pourquoi me veut-on si féminine

Alors que je m'adore en garçonne

Et que toi, mon âme féline

Tu m'apprends le vrai monde comme personne ?

 

 

 

Pourquoi donc toute cette étiquette

Et ces leçons pour entretenir

Une maison ? Pourquoi ces cours bêtes

Pour apprendre à réprimer ses rires ?

 

 

 

Non, amour, je suis mieux avec toi,

À me faire avec toi buissonnière ;

À me cacher le jour dans tes bois

En joignant mes mains dans ta prière :

Avec toi, faire comme dans les contes

Qu'en cachette nous lisons la nuit

Sous les pâles lueurs des pénombres

Et les frémissements des esprits

 

 

 

Contre l'autre, imaginer sans fin

Que nous chassons la baleine blanche,

Rêver de pouvoir main dans la main

S'aventurer de branches en branches ;

Rêver d'aller ailleurs que nos livres,

Partir vraiment dans un sous-marin,

Voguer vers la Lune et bien plus loin…

Que l'imagination nous délivre !

Avoir des droits, des désirs, des rêves

Pouvoir être docteure, suffragette,

Écrivaine et faiseuse de grèves,

Changer le monde jusqu'à sa tête…

 

 

 

Horrible cloche. Horrible doyen

Qui bannirait nos chastes unions.

Horrible rappel de tous ces lions

Qui nous jugeraient d'un œil de coin !

 

 

 

Va-t-en ma douce, et reviens-moi vite,

Même si j'ai toujours avec moi

Ton cœur, et que tu as le mien... vite !

Sinon le doyen te punira !

Va-t-en, va-t-en... j'entends du bruit... vite !

Que tes paumes sont douces, mon cœur.

Mais il faut se séparer... si vite !

Mais bientôt nous fuirons... âme sœur !

 

© Maxance Lardjane
Doctorant ès Lettres | Université Polytechnique Hauts-de-France | LARSH. Sa thèse porte sur la présence de l'œuvre de Marceline Desbordes-Valmore dans le champ littéraire français, du XIXe siècle à nos jours.

 

***

Pour citer ce poème romantique, féministe, lyrique, engagé, illustré & inédit

 

Maxance Lardjane, « Soyons enfants, soyons jeunes filles » avec une peinture par Camille Métra (1864-1936), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2025 | « Forêt de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles » & AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 22 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/11octobre25/2025noiv/mlardjane-soyonsjeunesfilles

 

 

 

 

 

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19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 17:30

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges

 

 

 

 

 

 

 

 

Happy birthday

 

 

 

 

 

Nouvelle inédite par

 

Marie-Catherine Beluche

 

 

 

 

Crédit photo : Edgar Degas (de son vrai nom Hilaire Germain Edgar de Gas, 1834-1917), « Femme dans son bain s'épongeant la jambe », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du Web.​​​​​

 

C'est aujourd’hui. Tu le sais.


 

La lumière, filtrée par les vieux volets gris, infuse lentement la pièce. Tu perçois le jour levé à travers la fine peau de tes paupières closes, s'ouvrant délicatement, entraînées par les rayons vainqueurs qui glissent entre les interstices. Tu reprends contact avec l’espace de ta chambre, ses murs nus baignés d'or, le radio réveil posé sur ta table de chevet, trois callas blancs dans leur cache-pot en faïence. Tu t'étires pour dégourdir ton corps qui semble ne peser rien. Tes os et tes muscles se seraient-ils fait la malle cette nuit ? Impossible. Tu aurais senti l'évasion de ta carcasse si elle avait eu lieu, puisque tu n'as dormi que d'un œil — comme d'habitude. Pourtant, rien à voir avec cette angoisse coutumière, qui empêche ta conscience de prendre ses cliques et ses claques, pour s’évader sans bruit aux pays des ténèbres. La faute à l’excitation, pareille à ces départs en vacances aux aurores, pour éviter les embouteillages des lourds samedis d’été, où levée avant le reste de la famille, tu attendais, frémissante de cette promesse d'aventure, le corps tendu et disponible de tant d'aguets.

Tranquillement tu sors de ton lit. Tu flottes — est-ce que tu voles ? — jusqu'à tes volets, que tu ouvres avec lenteur et délectation, pour sentir avec une acuité extrême la course chaude des rayons grignotant peu à peu ta peau. Tu offres ton corps en pâture au soleil. Le vampire en toi se replie dans les abysses intérieures les plus éloignées de ton épiderme. Bien fait pour lui ! Tu exultes de ce foudroyant contraste entre pénombre et clarté, froid et chaleur. Depuis combien de temps cela ne t'était-il plus arrivé, sourire ?

Ce matin tu n’allumes pas ton poste. De même que toute sensation de pesanteur t’est étrangère, tu ne veux rien entendre qui risquerait t'alourdir. Que t’importe le monde extérieur, ses nouvelles et ses désastres, ses guerres de plus, ses drames toujours. Seul est important ce savoir intime, gravé au plus profond de tes entrailles, tatoué dans l'écorce de ta chair, inscrit dans chaque grain de peau : aujourd’hui.

 

Chatte gracieuse, tu déambules dans ton appartement pour éprouver cette nouvelle manière d’être au monde, de brasser l’air autour de toi. C’est grisant. En chemin, tu aperçois ton paquet de cigarettes dans le tiroir entrouvert de ton secrétaire. Tu devrais tout de suite jeter cet éloge du vice, appel du danger, pour être sûre. Mais tu n’as pas besoin de cela. C’est fini. Tu le sais. Tu te diriges vers la cuisine — as-tu seulement marché jusque-là ? Tu mets la cafetière en route. Précautionneuse tu avais mis un filtre la veille, le café et l'eau pour quatre tasses. Tu n’en boiras pas une de plus — comme la nicotine, tu vas arrêter le café. L’odeur embaume la pièce. Tu humes et savoures le parfum délicat de l’arabica fraîchement coulé. Tu aimes cette fragrance, alors tu souris — c’est la deuxième fois.

Tu prépares ton petit-déjeuner : une petite brioche ronde, parsemée de perles de sucre. Comme tu as pensé à tout, tu prends dans le même temps une petite bougie blanche et rose, que tu avais auparavant ressortie d’une vieille boite en fer, où s'entassent les objets domestiques qui ne sont pas de nécessité première. Tu la places avec précaution sur la brioche et fais craquer l’allumette, qui contamine de son feu la minuscule tige de cire. Sans faire de vœu — inutile — tu souffles sur la flamme qui s'éteint sans émoi. Cela aurait été plus ardu si tu en avais mis vingt-huit — mais elles n’auraient jamais tenu sur une si mince viennoiserie, et vingt-huit brioches, quelle fantaisie !

 

Réminiscence annuelle, tu la célèbres. Aux cris harassants qu'elle poussait à la maternité, répondait le premier tien, ton effort relayant le sien. Pendant que tu prenais tous tes droits sur le monde, t’étirais, t’étendais, grappillais ces précieux centimètres gagnés sur l'étriqué climat utérin, son espace à elle grandissait pour toucher l’immensité. À mesure que les infirmières t’essuyaient, enlevant sang et eau, nettoyant le sale et le trop, l'hémorragie souillait la salle de travail. Tu étincelais de blancheur, elle se teintait de couleur. Tu respirais, elle suffoquait. Alors que tu te remplissais d’oxygène, des bruits du monde et de son agitation, de ta nouvelle dimension, elle se vidait de son sang, de sa chaleur, de sa substance. La goutte devint flaque, puis lac, puis mer. Raz-de-marée sanguin envahissant tout sur son passage. Le rouge, encore le rouge, toujours le rouge. Plus le corps médical s’échinait à éponger, transfuser, plus son sang se répandait partout autour d’elle, de son sexe, de ses cuisses, jusqu'à franchir les barreaux du lit, s'étaler sur le sol désinfecté, gicler sur les murs aseptisés, et recouvrir entièrement la pièce, sa vie, la tienne. Ta mère est morte le jour de ta naissance.

Mais cette année, c’est fête — pas question de pleurer et se laisser submerger par les flots de la culpabilité !  Tu charmes le soleil,  renonces à l’empire de monsieur Morris, manges ta brioche avec délice. Malgré le souvenir qui afflue à la surface de ta mémoire, ces images d'horreur sanglantes et fantasmées dont tu t'es nourrie, et qui dansent devant toi à date fixe, tu éprouves de la gaieté. Car aujourd’hui, rien ne sera plus comme autrefois. Tu accueilles à cœur ouvert la monstrueuse genèse qui t'a fait naître. Pourrais-tu dire que tu es heureuse en cet instant ? Non trop exagéré. Sereine plutôt. Tu te contentes de ce que tu as, ici et maintenant : le goût de la boisson que tu préfères au réveil, tes papilles enchantées par le sucre, qui s'en pourlèchent, ton sourire qui glisse de tes lèvres à ton âme, l’écho de l’absence maternelle qui se fait tendre, et toi qui t’évapores.


 

Dans un battement de jambes — d'ailes — tu atterris dans la salle de bain. Tu fais couler l’eau dans la baignoire. Suffisamment chaude pour ne pas ressentir le froid une fois immergée, mais pas assez pour être gagnée par la torpeur, que produiraient les nappes de vapeur. Tu apprécies d’avoir une haute conscience de tout en ce jour. Tu rajoutes quelques gouttes d’huile essentielle de lavande pour masquer l’odeur. Avec plusieurs bougies tu recrées une pénombre feutrée, réinventes un crépuscule, prépares ta couche. Tu entres dans ton bain progressivement. Tu veux que la surface entière de ta peau soit gagnée délicatement par la caresse de l’eau. Les orteils d'abord, puis le pied, pour grimper jusqu’au mollet. Alors seulement, aidée des parois de la baignoire, tu y glisses tes fesses, tes reins, déroules chaque vertèbre. Les remous que tu as provoqués forment de ridicules vaguelettes, qui s’échouent sur tes seins. Les flots s'apaisent. Tu es d’un calme absolu, exemplaire. Rien ne vient troubler la pellicule huileuse, qui s’est formée à la surface de l’eau.

Sans précipitation, tu saisis le cutter posé sur le rebord de la baignoire à côté des flacons de shampoing et gel douche — prévoyante, une fois de plus. Tu enlèves la protection et pousses doucement la lame tranchante hors de l’habitacle en plastique. Tu bloques le cran. Assise dans l’eau, tu incises ta peau. Le métal déchire l'épiderme, la veine, rentre à l’intérieur de toi et avance sur quelques centimètres. Marche à deux corps, le tien et l'étranger. Mouvement en tandem. Entente cordiale. Tu passes à l’autre main. Même procédé. Tu ne sens rien de particulier — peut-être n'y a-t-il que les requins pour percevoir l’odeur du sang, que tu imaginais âcre et ferreuse. Tu vois l’eau changer peu à peu de couleur. Tu observes ton  liquide vital qui s'étale, dispersé par tes soins. Tu regardes l’intérieur de tes mains. Tu te regardes — car désormais tu n’es plus en toi-même.

Au fur et à mesure que tu te vides de ton sang, la baignoire s’emplit de celui de ta mère qui coule dans tes veines. Te voilà aussi légère qu’une plume, qu’un mouton de poussière, qu’un grain de pollen. Pas encore rien. Pas tout à fait. Tout est particulier en ce jour. Violente clairvoyance. Maman. Déjà vingt-huit ans. Incandescence de la flamme. Tout serait différent, tu le savais. Le grain de sucre brisé sous la dent qui fond sur ta langue. Le vide s'étale en toi comme la caresse matinale. Le chaud sur tes joues. Le soleil t'éblouit. Plus un gramme. Abaisse tes paupières. Tu vois rouge. Coucher de soleil sur les volets de tes yeux. Tu vois la nuit. C’est aujourd’hui. Joyeux anniversaire.

 

© Marie-Catherine Beluche

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Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Marie-Catherine Beluche, « Happy birthday » peinture par Edgar Degas (1834-1917), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 19 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/mcb-happybirthday

 

 

 

 

 

 

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19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 17:29

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Poésie & philosophie | Spiritualités en poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Sabines

 

 

 

 

 

 

Nouvelle inédite par

 

Denis Emorine

 

 

 

Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), illustration d'une nature morte de fleurs avec un papillon, peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

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Elle était sortie de ma vie depuis cinq ans. Cinq ans déjà… Tout me rappelait ce bonheur défunt. La nuque d’une femme marchant devant moi  dans la rue, un parfum volatil, un sourire qui ne m’était pas destiné. Une ombre parfois… Je vivais dans le souvenir, dans son souvenir. Parfois, c’était insupportable. J’avais envie de hurler ma détresse au monde entier. J’étais devenu laconique, muré dans un silence destructeur. Ma vie avait basculé en quelque sorte. J’étais un autre homme à la personnalité fuyante, qui refusait toute compagnie.

Et puis, il y avait eu cette jeune femme, nouvelle venue dans l’immeuble, qui avait emménagé dans l’appartement voisin du mien. La première fois que je l’avais vue, je n’avais rien remarqué de particulier en elle et, c’est vrai, les femmes avaient cessé de m’intéresser, du moins essayais-je de m’en persuader. J’étais rentré tard, je n’avais plus d’horaires depuis la disparition de Sabine ; plus rien n’avait d’importance.

Elle était là, dans le couloir, à l’entrée, considérant les boîtes aux lettres avec attention à ce qu’il paraissait. L’air éperdu, elle m’a regardé brièvement puis elle a souri. J’ai détourné les yeux, voulant continuer mon chemin. Il me tardait de m’enfermer entre mes quatre murs avec une bouteille de Mercurey, l’un des vins préférés de Sabine qui était bourguignonne d’origine. Ce soir-là, j’ai dû vider la bouteille plus vite que d’habitude avant de sombrer dans le sommeil lourd de l’ivrogne qui n’a plus rien à perdre.

Je n’avais rien changé dans l’appartement depuis la disparition de ma compagne. J’avais songé à prendre une femme de ménage qui s’occuperait de mon intérieur mais l’idée qu’une autre aurait pu toucher, déplacer ses objets personnels m’était insupportable. Ses parfums et autres produits de toilette reposaient  dans la petite armoire de la salle de bains. Ses précieux bibelots ornaient toujours notre appartement. Je les époussetais soigneusement à intervalles réguliers.  Je n’avais pas eu le courage de l’exclure de ma vie davantage. Ses vêtements étaient toujours alignés dans le vieux placard de notre chambre, notamment cette robe mauve boutonnée sur le côté que j’aimais tant…Son sac à main dormait toujours dans le salon à la même place. Rien n’avait bougé. C’était le palais de la Belle au bois dormant sauf que les rôles étaient inversés puisque la Belle avait quitté le château à jamais.  J’avais l’illusion que je me réveillerais un matin avec Sabine à mes côtés, en train de me caresser les cheveux. Un peu comme dans un conte de fées.

 

Un soir, en rentrant du travail, j’avais entamé la bouteille de Mercurey comme à l’accoutumée puis j’ai entendu frapper à la porte. D’abord, je n’ai pas réagi. Depuis combien de temps n’avais-je pas entendu ce bruit ? Quelques instants plus tard, une voix féminine a retenti : « Monsieur…Monsieur ? Vous êtes là ? » Une voix jeune et mélodieuse qui me rappelait celle de quelqu’un. Je n’avais pas envie de bouger, pas le courage surtout. Etait-ce l’effet du vin ? Il me semblait que Sabine était assise à mes côtés sur le vieux canapé défoncé 

Qui  avait dû être vert.  A nouveau, j’entendis frapper à la porte et la même voix s’éleva : « Monsieur ?... »

J’ai réussi à  m’arracher au confort relatif du canapé hors d’âge. Elle était là… l’inconnue de l’immeuble qui m’avait souri un soir. Elle prononça ces quelques mots déconcertants : « C’est moi… »

 

J’étais troublé. D’abord, je ne sus quoi répondre puis je finis par articuler : « Qui…moi ? 

Sabine,  l’entendis-je répondre. Sabine, votre voisine. »

 

J’avais l’impression d’être dans un rêve. Il y avait ce prénom adoré prononcé par une femme inconnue. Inconnue… et pourtant…ce parfum, l’odeur de ce parfum de Dior m’était familière. La tête me tournait… Sabine, son parfum…Le parfum de Sabine…Tout vacillait et surtout mes certitudes.  Je crois que j’ai fini par m’évanouir.

Lorsque je me suis réveillé, elle était assise là, sur notre canapé, à sa place. J’avais la tête sur ses genoux et elle me souriait. La tête me tournait. Où étais-je ? Qui était cette femme ? «  Sabine », ai-je murmuré. Elle a souri encore une fois en me tendant un verre : « Buvez. Ḉa vous fera du bien. »

Je n’ai rien répondu. J’ai bu le breuvage sans savoir de quoi il s’agissait puis j’ai perdu connaissance. 

Le lendemain, un samedi, je me suis réveillé très tard, avec une violente migraine. J’avais dû imaginer les événements de la veille, le vin, peut-être. J’ai eu honte. Il y avait longtemps, si longtemps que je ne m’étais pas rendu sur la tombe de Sabine. Ces derniers temps, je l’avais négligée. Je me culpabilisais.

Il pleuvait. Une pluie fine et pénétrante. Le cimetière était à proximité de mon domicile. Marcher me ferait du bien, pensais-je. La tombe de la personne aimée n’était plus très loin lorsque je l’ai vue. C’était l’inconnue de la veille, celle qui avait perturbé mon existence de solitaire. Je n’avais donc pas rêvé ?... Elle m’a croisé avec toujours le même sourire aux lèvres : « Bonjour, murmura-t-elle, à une autre fois. » Je me retournai : elle avait disparu. La même odeur de parfum flottait dans l’air, imprégnant tout. Ce parfum…Le sien, celui de Sabine…Comment était-ce possible ? Il y avait un bouquet d’œillets blancs sur la tombe de mon amour. Ses fleurs préférées…Qui donc avait eu cette attention ?

Je ne comprenais plus rien. Quelque chose me dépassait. J’avais très envie d’emporter un des œillets blancs pour le déposer dans l’appartement afin de le garder jusqu’à ce qu’il se réduise en poussière, comme notre amour. Je ne l’ai pas fait. Je n’aimais pas ou plutôt je n’aimais plus les symboles même si notre vie en avait été parsemée comme autant de petits rites quotidiens censés unir les êtres. Je n’avais rien à opposer à la disparition de ma Sabine. J’aurais dû m’interroger sur l’apparition de l’inconnue dans ma vie, sur ce prénom qui était celui de ma compagne, sur  le parfum qui nous servait de trait d’union sans oublier la présence de ma voisine dans le cimetière, ce bouquet mystérieux… mais je n’en avais pas la force. Je survivais depuis cinq ans, rien de plus. Je n’avais jamais eu de goût pour les mystères je crois et encore moins pour les énigmes tellement notre vie à deux était placée sous le signe de la connivence, d’une forme de relation fusionnelle où tout était limpide.  Ma vie avait perdu son unité et toute signification. Tout autre que moi aurait cherché à en savoir plus sur l’inconnue, sur cet enchaînement de faits qui ne devait rien au hasard, l’aurait interrogée peut-être... Sabine, la vraie, avait disparu de ma vie ou plutôt elle était morte. Quoi d’autre. Plus rien n’avait d’importance désormais.

 

Ce soir-là, la jeune femme ne frappa pas à ma porte. Elle se contenta d’entrer, la bouteille de Mercurey à la main et me sourit. Sabine –puisque c’était son nom- s’assit à mes côtés sur ce vieux canapé que je n’aurais changé pour rien au monde. Nous n’échangeâmes aucune parole.  Je suppose qu’elle finit par s’en aller. Je me suis réveillé, hébété, sur ledit canapé. La bouteille était vide. Là encore, j’aurais pu avoir rêvé. L’odeur persistante du parfum de Sabine flottait dans l’air confiné de l’appartement. Tout était dans l’ordre. Dans l’ordre, oui mais lequel ?

Je m’aperçois que je n’ai donné aucune description des deux Sabine. A quoi bon ? La mienne était aussi blonde − une vraie blonde, je tiens à le préciser −  que l’inconnue était brune. Quelle importance ? Je subissais les événements. Je crois avoir parlé de mon peu d’intérêt pour la métaphysique. 

Un soir, ma voisine est entrée, la bouteille à la main. Je lui ai tendu le cadeau que je lui destinais, ce parfum de Dior qui nous tient presque lieu de langage. Elle m’a regardé, a souri sans prononcer un mot. Elle a commencé à se déshabiller sans cesser de me fixer des yeux. Ses yeux… c’est curieux, je n’arrive pas à leur donner une couleur précise. J’ai l’impression qu’elle change au gré des jours. Et ceux de Sabine ? Etaient-ils bleus, marron… ? J’ai oublié…

 

Sabine fait partie de ma vie depuis cinq ans à présent. Cinq ans déjà… Si quelqu’un me parlait d’une autre femme, endormie pour l’éternité dans le petit cimetière proche de mon domicile, j’en serais le premier étonné. Ma compagne aime particulièrement le Mercurey : elle est d’origine bourguignonne, elle utilise toujours le même parfum de Dior. Ah oui, j’oubliais… elle a une prédilection pour les œillets blancs.

 

© Denis Emorine

***

Pour citer cette nouvelle engagée, illustrée & inédite

 

Denis Emorine, « Les Sabines », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menningermis en ligne le 19 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/emorine-lessabines

 

 

 

 

 

 

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