9 juin 2025 1 09 /06 /juin /2025 15:49

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | S’indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages

 

 

 

 

 

​​​​​​​

​​​​​

 

L’Anneau Jamais Rendu*

 

 

 

 

 

 

 

Hommage en lettre ouverte poétique par

 

A. Golnesaei

 

Poétesse & romancière (Iran/France)

 

 

Crédit photo :  Sarah E. Bender de Wolfe (1852−1935), nature morte, « Panier de roses A basket of roses », 1896, nature morte, peinture tombée dans la domaine public, capture d'écran par LPpdm d’une photographie libre de droits du Web.

À Brigitte*, et à toutes les femmes que personne n’a aimées jusqu’au bout
 

 


Il n’a jamais dit :
Tu étais trop pour moi.

 


Il n’a jamais dit :
Il est temps d’aimer quelqu’un de mon âge.

 


Il n’a jamais dit :
Le monde va juger.

 


Lui —
n’a pas rendu la bague.
Non par défi,
mais par foi.

 


Brigitte,
une femme dont la voix
descend des étages supérieurs de la littérature —
Elle a rencontré l’amour
non dans l’avenir,
mais dans une salle de classe d’enfant.
Et pourtant, dans les yeux de Macron,
elle reste la femme
qui donne à l’amour
un goût de jeunesse.

 


Non,
ceci n’est pas une histoire politique.
C’est l’histoire d’une femme
qui n’a jamais fui l’âge—
qui a encadré la maternité et la passion
dans un même tableau.
Et d’un homme qui a dit :
Je ne te quitterai pas,
même si le monde me quitte.

 


Nous
avons besoin d’un tel homme.
Pas pour présider,
mais pour reconstruire la femme
dans un monde
qui mesure encore l’amour
au rythme des horloges.

 


Et si un jour,
quelque part,
une fille aux mains vides,
avec une bague dans la poche,
lit ce poème et se sent moins seule—
alors, ce sera suffisant.

 

© A. Golnesaei

Poétesse, romancière, Iran/France

 

Lettre d’accompagnement


Objet : Un poème né d’un roman — pour Brigitte, pour la France littéraire.

Madame,

Le poème « L'Anneau Jamais Rendu » est né d’un roman profond intitulé Adieu, Anna Gavalda, écrit après dix années de méditation, d’écriture, et de dialogue intime avec les âmes qui m’ont nourrie.

Pendant une décennie, j’ai vécu, pensé et rêvé avec mes parentes spirituelles en France — Anna Gavalda, bien sûr, mais aussi Brigitte Macron, Emmanuel, Kundera, Camus, Beethoven, Pachelbel, et tant d’autres figures lumineuses qui m’ont accompagnée dans l’exil intérieur.

C’est au cœur de ce voyage que j’ai rencontré ma véritable voix.
J’ai appris que la littérature est un pont — non pas entre les langues, mais entre les cœurs. Un passage de lumière, capable de dépasser les frontières, les âges, les jugements. Ce poème n’est pas un manifeste. Il est une offrande — pour Brigitte, et pour toutes les femmes à qui l’on n’a jamais dit « je reste ».

Avec tout mon respect, dans la langue où j’ai retrouvé mon nom.

A. Golnesaei*
Poétesse, romancière, Iran/France

* « Ce poème  est une offrande — non pas pour susciter de la pitié, ni pour me mettre en avant —mais pour faire parvenir une voix poétique, discrète mais profonde, à une autre femme qui, à mes yeux, incarne la liberté intérieure : Madame Brigitte Macron. Je ne cherche ni reconnaissance ni visibilité. Je souhaite simplement que ce texte soit lu, peut-être un jour, par celle à qui il est dédié.

Je vous remercie pour votre temps, votre sensibilité, et votre engagement envers la voix des femmes ».**

** Nous publions cette demande qui a réellement bouleversé des membres de notre revue et qui remercient en retour la poétesse d'avoir fait entendre sa voix.

 

***

Pour citer ce poème inédit

A. Golnesaei, « L’Anneau Jamais Rendu », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 9 juin 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/sm-lanneaujamaisrendu

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour au Sommaire du numéro III ▼ Lien à venir

5 juin 2025 4 05 /06 /juin /2025 17:37

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & Réception | Poésie & littérature pour la jeunesse 

 

 

 

 

 

 

Le récit « Souvenirs de Chine » écrit & illustré par Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix vient de paraître aux Éditions Astérion

 

 

 

 

 

 

Chronique par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix

 

 

 

© Crédit photo :  Première et quatrième de couverture illustrée de « Souvenirs de Chine » de Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix, Éditions Astérion, 2025.

 

 

Ce merveilleux petit livre aux images joyeuses et colorées est signé par une heureuse grand-mère qui a fait des milliers de kilomètres pour retrouver son petit-fils Aurélien à Shanghai en Chine.

 

© Crédit photo :  Première de couverture illustrée de « Souvenirs de Chine » de Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix, Éditions Astérion, 2025.

 

Magnifiquement écrit, émaillé de notes d’humour et de tendresse, cet opuscule transporte le lecteur dans l’Empire du Milieu où son esprit voyage mais aussi, où son imaginaire est comblé par moult détails sur l’art d’élever les enfants et de les éduquer dans les écoles chinoises où « toute classe débute par le chant. » De nombreuses anecdotes, telle celle du « bouquet de ballons » ou encore la scène des « Tang-Tang », à savoir la revendication d’une poignée de bonbons par Aurélien mais aussi par son Ayï (nom donné à la nounou en Chine) nous amènent à découvrir des saynètes qui nous font sourire.

 

Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix nous fait partager son bonheur qu’elle résume ainsi « Bienheureuse la Mère-Grand qui chantonne avec son petit-fils car elle est au paradis sur terre. »

 

© Crédit photo : Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix avec son petit fils. Image no 1 de ses « Souvenirs de Chine ».

 

Ces Souvenirs de Chine sont autant de caresses faites au petit Aurélien qui, n’en doutons pas, se voit léguer le plus émouvant des cadeaux, celui de l’amour indéfectible d’une grand-mère aimante qui n’hésite pas à prendre un billet d’avion pour retrouver le petit Aurélien à Shanghai et qui nous confie en aparté « Grand-mère est arrivée pour entendre son petit-fils chanter. »

 

© Crédit photo :  Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix avec Aurélien & son nounou à Shanghai. Image no 2 de ses « Souvenirs de Chine ».

 

Un vrai plaisir de lecture que ce livre à s’offrir et à déguster sans modération tout en le prolongeant par la contemplation des photographies prises par l’autrice.

 

 

© Françoise Urban-Menninger, Juin 2025.

 

***

Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Le récit « Souvenirs de Chine » écrit & illustré par Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix vient de paraître aux Éditions Astérion » avec des photographies par Marie-Jeanne Langrognet-DelacroixLe Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 5 juin 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-mjldsouvenirsdechine

 

 

 

Mise en page par David

 

© Tous droits réservés

Retour au Sommaire du numéro III ▼ Lien à venir

4 juin 2025 3 04 /06 /juin /2025 17:24

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & Réception | Dossier | Articles & Témoignages

 

 

 

 

 

Préface de l’anthologie

« Les poètes ne meurent pas en exil »

 

 

 

 

 

​​​​​​​

Extrait inédit par

 

 

Arwa Ben Dhia

 

Poète polyglotte, auteure, ingénieure

& docteure en électronique

 

​​​​​Page Linkedin :

https://www.linkedin.com/in/arwa-ben-dhia-phd-0538b011/

 

 

 

© Crédit photo :  Première & quatrième de couverture illustrée de l'anthologie intitulée « Les poètes ne meurent pas en exil » parue aux éditions Constellations, sous l'égide de l'association culturelle Apulivre et sous la direction du poète Amar Benhamouche, 2025. Image no 1.

 

 

Présentation de l’œuvre
 

 

Une nouvelle anthologie intitulée « Les poètes ne meurent pas en exil » vient de paraître aux éditions Constellations, sous l'égide de l'association culturelle Apulivre et sous la direction de son secrétaire général Amar BENHAMOUCHE. Cette anthologie, réunissant des voix de poètes de tous horizons, sera présentée et mise à la vente lors du festival « La Tour Poétique » d'Apulivre le samedi 14 juin 2025 à 16h00. Le programme complet de cette 4è édition du festival a déjà fait l'objet d'un communiqué de presse sur ce même site :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia25/noii/festivallatourpoetique

 

© Crédit photo :  Première de couverture illustrée de l'anthologie « Les poètes ne meurent pas en exil » parue aux éditions Constellations, sous l'égide de l'association culturelle Apulivre & sous la direction du poète Amar Benhamouche, 2025. Image no 2. 

 

Préface de l’anthologie « Les poètes ne meurent pas en exil » 

 

 

 

« La vie est un court exil » - Platon

 

L’exil a toujours été une source d’inspiration majeure dans les arts, en particulier dans la littérature, façonnant des œuvres où se mêlent nostalgie, quête d’identité et réflexion sur l’appartenance.

De Victor Hugo à Milan Kundera, en passant par Khalil Gibran et Albert Camus, nombreux sont les auteurs dont l’écriture s’est nourrie de l’éloignement forcé ou choisi. 

Loin de leur terre natale, ils transforment leur déracinement en un espace de création où la mémoire du pays perdu dialogue avec la découverte d’un ailleurs. 

« L’exil est une espèce de longue insomnie. On en sort hagard. » : Hugo exprime ici la douleur de l’exil, lequel était l’une des périodes les plus marquantes de sa vie, tant sur le plan politique que littéraire. C’est un moment où son engagement républicain se renforce et où son écriture prend une dimension plus engagée et prophétique, développant ses idées sur la liberté, la justice et l’humanité. C’est en exil qu’il écrit ses œuvres les plus connues, comme « Les Contemplations » et « Les Misérables ». Il fait de son éloignement une posture de résistance et écrit certains de ses textes les plus puissants contre l’oppression. « Je resterai proscrit, voulant rester debout. », disait-il, refusant de plier face à Napoléon III.

« L’exil est une patrie que l’on porte en soi. » : Eduardo Galeano affirme ici que l’exilé est constamment habité par son pays natal.

Quant à Gibran, son vécu entre deux mondes, Orient et Occident, transparaît dans ses œuvres, où il prône un humanisme universel et un pont entre les cultures. C’est après son installation définitive aux États-Unis qu’il adopte l’anglais, que son écriture devient plus profonde et qu’il compose ses œuvres les plus célèbres, comme « Le Prophète » qui est un ouvrage intemporel.

De nombreux auteurs, comme Gibran et Mahmoud Darwich, ont puisé dans l’exil une nouvelle vision du monde et une richesse intérieure.

Cependant, l’exil n’est pas que géographique, mais peut prendre d’autres dimensions dépassant la simple condition de l’écrivain expatrié.

Ainsi, l’exil intérieur peut être vécu même sans quitter son pays, lorsqu’une personne se sent incomprise, rejetée ou en décalage avec son environnement. Charles Baudelaire, Fernando Pessoa ou Albert Camus en parlent comme d’un sentiment d’étrangeté au monde. « Je me sens aussi étranger dans mon propre pays qu’ailleurs. », disait Pessoa. Camus développe la notion de l’absurde et une philosophie où l’homme est perpétuellement en quête de sens.

Par ailleurs, il y a l’exil spirituel ou existentiel. En effet, d’aucuns voient l’exil comme une métaphore de la condition humaine dans le sens où nous sommes tous des êtres en quête d’un lieu où nous sentir pleinement nous-mêmes. Cioran, le philosophe du mal-être, considère que l’exil est avant tout un état d’âme : « Être exilé, c’est être vivant où l’on ne veut pas l’être. »

L’exil littéraire est donc protéiforme et est souvent marqué par une dualité : d’un côté, la souffrance de l’arrachement, l’isolement et le sentiment d’incompréhension ; de l’autre, la liberté de réinventer son langage, d’élargir sa pensée et de redéfinir son identité. Ce paradoxe fait de l’exilé un observateur privilégié du monde, à la fois dedans et dehors, capable d’une vision profonde et unique. 

En résumé, l’exil est une séparation qui transforme ceux qui le vivent, qu’il soit imposé ou volontaire, physique ou spirituel.

 

© Arwa BEN DHIA*

 

© Crédit photo :  Quatrème de couverture de l'anthologie poétique « Les poètes ne meurent pas en exil »... 2025, image no 3 détaillant la présentation officielle du recueil & la liste complète des contributrices & contributeurs.

 

 

Biographie de la préfacière

 

Arwa Ben Dhia est née en 1986 en Tunisie qu’elle quitte en 2009 pour poursuivre ses études d’ingénieur télécoms en France. Elle est docteure en électronique, ingénieure brevets, poète polyglotte, traductrice, autrice et préfacière de plusieurs recueils de poésies. Son dernier recueil « Les quatre et une saisons » coédité en octobre 2024 par les éditions du Cygne en France et les éditions Arabesques en Tunisie a reçu un Diplôme d’Honneur 2024 décerné par la Société des Poètes Français, ainsi que le prix littéraire Dina Sahyouni 2025. Ce recueil a été transcrit en braille. Arwa a participé à plusieurs revues et anthologies poétiques et est membre de plusieurs associations culturelles, comme la Défense de la Langue Française et la Société des Gens de Lettres.

 

*Préface illustrée et dévoilée en avant-première avec l’aimable autorisation de la préfacière, la maison d'édition et le directeur éditorial de l'anthologie.

***

Pour citer cet extrait illustré & inédit

 

Arwa Ben Dhia, « Préface de l’anthologie « Les poètes ne meurent pas en exil » », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 4 juin 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/abd-prefacedelanthologiesurlexil

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

© Tous droits réservés

Retour au Sommaire du numéro III ▼ Lien à venir

13 mai 2025 2 13 /05 /mai /2025 16:24

Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles » | II — « Poésie volcanique d'elles » | Florilège | Travestissements poétiques | Astres & animaux / Nature en poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Femme-volcan

 

 

 

 

 

 

Romance ou récit poétique par

 

Paul Tojean

 

Poète & journaliste

 

 

Crédit photo : « Volcan de Fuego in Guatemala, Eruption at night », capture d'écran d’une photographie libre de droits trouvée sur le Commons.

 

 

 

L'eau comme le froissement des feuilles de papiers produit sur l'individu un apaisement redoutable, une accalmie dans le bouillonnement de ses pensées, une secousse de bien être, un endormissement des sens... J’aime me trouver dans cet état léthargique, où parfois je me laisse glisser dans cette soumission de l’esprit. Jamais je ne me suis senti autant apaisé qu’à ce moment-là. J’aimerais que cela dure éternellement. Mais qu’est-ce que l’éternité ? Et dans ce même prolongement, qu’est-ce que la mort ? L’âme et l’esprit, voici maintenant que la raison intervient : dans ce fonctionnement devenu inerte, c’est l’existence qui semble en péril. Pourtant, cette plénitude est bénéfique à l’homme et à la femme. La pensée qui était jusqu’alors en sommeil se renfloue, s’élève et une pureté s’installe dans le cerveau, faisant fi de toutes les scories nauséabondes qui pullulent dans le mental de chaque individu. Comme le Phénix, je renais de mes cendres. Petit à petit, une autre réalité prend place, se développe, grossit, se fait envahissante, aiguise le raisonnement, enflamme le jugement, développe les sens, pour nourrir peut-être de futurs propos, au travers de ces dissertations mentales. Je suis tout autre. Le moi inconnu fait subitement son apparition. Alors, comme investi soudain d’une mission, je quitte spontanément ces lieux ombragés près d’un ruisseau où germent les graminées d’une pensée en gestation. 

J’emprunte un nouvel itinéraire, gravis les coteaux, dévale une pente avant d'atteindre à l’autre extrémité un sentier à l’orée d’un bois… Mon esprit est envahi de pensées totalement désordonnées que j’essaie de rassembler tant bien que mal au cours de cette excursion où je n’ai de cesse de culpabiliser, de me remettre en question. Pourquoi être parti en fin de compte ? Pourquoi s'obstiner ? Suivre cette direction n’a aucun intérêt et n’offre aucune promesse, aucune perspective. Il est encore temps de rebrousser chemin, de revenir sur ses pas. Que ferais-je de plus dans « cet ailleurs » ? Plus le doute m’assaille, plus forte est ma détermination. Décidément, la terre ferme n’est pas un lieu aussi propice à la réflexion qu’un ruisseau ou un lac. Un océan d’idées ne peut surgir que si le calme revenu, le soleil et l’ombre, indissociables, sont de la partie. Pour autant, des idées neuves gambergent dans ma tête et je poursuis tant bien que mal mon exploration… Alors que je crapahute sur un chemin tortueux, escarpé, parfois embroussaillé, je me bats soudain contre des lianes, les écarte de mes mains, pour découvrir tout à coup l'intérieur d'une grotte suffisamment éclairée. Je m'y introduis précautionneusement. L'antre est profond, humide mais dégage une chaleur permanente, ce qui m'incite à poursuivre ma quête sans danger apparent. Cependant, cette lente progression, bien que mouvante invite à la paresse. Il en résulte une espèce de protection naturelle, un doux cocon dans lequel on élit volontiers domicile. 

 

 

 

Cet endroit procure un incontestable bien-être. On se laisse envahir par un sentiment de sérénité et dans lequel on a toujours l'impression de s'élever humainement dans ce lieu au climat tempéré et relativement aphrodisiaque. N'importe quel homme emblématique  peut parfaitement s'intégrer au cœur de cette Cythère luxuriante, située au milieu de nulle part. L'eau d'une source intarissable douce et relativement épaisse comme celle d'un bouleau, mais sans âpreté s'écoule dans une tiédeur fort agréable au fond de ma gorge assoiffée. Je me délecte indéniablement de ce nectar. 

Dans cette cavité rosée, dont les multiples boudins des parois et du sol sont constamment mouvants, une musique provenant des bas-fonds m'envoûte. Très vite, je sombre dans une somnolence qui précède un repos ténu. Se laisser aller ainsi dans cette situation où se mêlent extase et volupté est un bienfait pour l'humain qui n'aspire désormais qu'à une certaine tranquillité. L'aisance est à ce prix. Tout comme se laisser dorloter au fil des heures est un agrément supplémentaire. Mais de cela, il en sera question plus tard. Pour l'instant la pensée, seule, suit sa trajectoire constante, qui tout en étant évolutive persiste dans un raisonnement pur. Une dialectique naissante de la raison semble en pleine évolution. Quoi qu'il en soit, l'espace cotonneux de cette ellipse est propice pour celui qui l'habite. Certainement, un environnement idéal pour l'homme du futur. Il sait déjà s'adapter à ce mode sociétal, fait de simplicité et de tranquillité. Il sait aussi de ce que son lendemain sera fait : le bonheur en priorité, sans aucune contrainte ni compromission. Rien qui ne soit fondamentalement plus contraire au concept même de l'existence humaine, soit l'amour et la liberté ! 

 

 

 

En poursuivant ma promenade, je découvre, au sommet de la source, une longue canne toute rose, à peine camouflée par des fougères prenant racine de part et d'autre de la rivière cotonneuse. Je trouve étrange la forme de cette radicelle qui ne ressemble en rien à une souche de vigne. En réalité, cette forme phallique est surmontée de deux pieds de longueurs identiques, eux-mêmes séparés d'une distance équivalente à chaque bord, en sorte que leurs deux socles sont bien ancrés au faîte du cratère. Cet objet insolite d'apparence solide comme un roc dessine un toit au-dessus de la grotte. 

Parvenu enfin au sommet, et me rapprochant le plus près possible, je saisis la longue tige qui au lieu d'être verticale demeure inclinée sur la droite. Emerveillé par cet aspect multiforme, je m'approche pour tester de sa rigidité mais constate au contraire quelle est souple. Face à elle, je m’amuse à la faire glisser entre mes doigts. Au fur et à mesure que je la caresse elle durcit rapidement et semble même prendre de l'altitude.  

Lorsque je m'amuse à toucher son extrémité où à exercer quelques pressions sur sa longueur, je m'aperçois de sa flexibilité, tandis que de légers tremblements se produisent et se répercutent dans la grotte. Je m'étonne de cette étrangeté. Curieux par nature, ne connaissant point la raison de cet état, ni les conséquences qui pourraient en découler, après un temps d'hésitation, je me résous toutefois à poursuivre mes recherches de naturaliste fraîchement accrédité. Alors que mes doigts accentuent leurs mouvements répétés, il se produit un tel tremblement que tout bascule à droite comme à gauche, suivi d'un grondement de plus en plus sourd, émanant des profondeurs de l'antre. 

Je profite d'une accalmie pour descendre d'un étage et rejoindre mon habitat. Instinctivement, je porte mes lèvres pour boire à la source, lorsque je constate que celleci est devenue plus abondante et fluide que les fois précédentes. 

Je déguste à satiété cette savoureuse liqueur qui, grâce à la stimulation de ce simple appareil à trois pattes favorise un afflux pluvieux de cet élixir. Décidément, ce griffon a la fonction d'un robinet que l'on ouvre pour faire jaillir l'eau. 

J'en prends note et gravis une nouvelle fois le sommet. 

 

🙚🙚🙚🙚 

 

Avec une détermination insoupçonnée, comme si une voix intérieure me dictait ma démarche, je commence à masser l'ossature très lentement sur toute sa longueur. À la suite de ces mouvements sans cesse répétés, de puissants gémissements résonnent dans la grotte. Plus je m'active plus ces voix plaintives et haletantes sont ponctuées par des soubresauts. Aussitôt, je change de position, et tout en m'approchant de la Chose, ma langue happe la tête de la tige qui paraît en ébullition. Celle-ci bien chaude se laisse introduire dans l'orifice gustatif qui la savoure avec délice et volupté. On aurait cru qu'elle s'y laissa volontiers glisser. Mais cette petite chose grossit à vue d'œil au fur et à mesure que je m'emploie à téter avec gourmandise cet organe insolite dont jusqu'à ce jour, je ne soupçonnais même pas son existence ! Que Diable, je devrais mentionner cette date à l'encre rouge dans mon journal ! 

Ma bouche gobe maintenant la tête de l'objet et tout en la mordillant, la titillant, je forme avec ma langue des rotations circulaires, dans une application effrénée et sans retenue. Cela dure encore quelques minutes, alternant avec mes doigts de pianiste, fins et allongés.  

 

 

  

Les jours suivants, je ne manquais pas d'accéder sur les hauteurs pour m'emparer de cette machine étrange. Une fois installé confortablement, et après quelques caresses, faibles pressions des doigts et autres touchés, je mets en bouche son extrémité. Je le gobe, l'aspire, le suce, le lèche aussi délicatement que je le peux, en sorte à pouvoir garder le même rythme, puis je le titille du bout de ma langue, l'enfourne une nouvelle fois, le faisant  tourner à droite et à gauche dans ma margoulette pleine. A cet effet, de légères convulsions se font ressentir. Je n'insiste pas et rejoins la grotte. Comme je m'y attendais une abondante sève se met à jaillir de la source. J'avale avec délice ce liquide translucide et tiède. Mais à ce moment-là, il se produit dans l'alcôve, un tremblement sismique où tout s’ébranle. Cela s’apparente aujourd'hui, à un volcan en éveil, annonciateur d'une éminente éruption, amplifié par des gémissements d’une rare tonalité et d’une durée  plus importante que les fois précédentes. Brusquement, un cri puissant résonne, accompagné d'un tremblement continu, qui évolue en un tumulte de gémissements et de plaisirs extatiques. À ce moment-là, une pluie légère se métamorphose en un flot torrentiel, inondant la grotte dans son ensemble avant de s'échapper à l'extérieur du cratère. Je me laisse emporter à mon tour dans ce déluge d’extase et d’abandon sans être, fort heureusement, expulsé de l’antre. Peu après tout se calme et retrouve son état habituel, sans qu'aucun dommage ne soit à déplorer. 

 

 

Cela n'est pas pour me déplaire, car il semblerait que l'homme que je suis, maîtrise de mieux en mieux sa mise en pratique des leçons journalières. Ces dernières acquises instinctivement et de manière plus ou moins conscientes se développent au quotidien avec beaucoup de ferveur et de détermination, faisant preuve d'un acte volontaire et assidu de ma part. Enfin, l'intensité de cette éruption volcanique diminue progressivement et le calme revenu laisse place à une plénitude retrouvée.  

Ma fierté naît de la reconnaissance dont je me sens affublé après chaque leçon. Ainsi, mes devoirs une fois accomplis sont récompensés par une chaleur envoûtante qui envahit la grotte, suivi d'un chant mélodieux accompagné par une musique dont les notes finissent par me griser et m'invitent, après une courte somnolence, à un repos bienfaiteur. 

L'attention dont je bénéficie dans ce cocon voluptueux est caractérisée par diverses musicalités d'un même tempo. Les sirènes de l'amour alors se manifestent, m'accompagnent et me conduisent vers les graduations mercurielles. Les ardeurs dont je fais preuve sont axées exclusivement sur l'écoute et la respectabilité envers ces personnages d'ordinaires invisibles qui me guident, et à leur tour me prodiguent des plaisirs intenses et passionnés. Au fil des jours, ce scénario se reproduit inlassablement, ne montrant pour autant aucun signe de faiblesse ni de fatigue. 

La femme-volcan quant à elle, modula ses préférences, amplifia ses doléances et me guida dans ses multiples aventures érotiques. Comme une véritable reine, elle accepta mes requêtes exauça mes souhaits et autres sollicitations, offrant ainsi une part équitable à nos demandes respectives, tempérant ma fougue impétueuse qui, quelquefois se transformait en brutalité. 

Nous formons depuis un couple royal épris d'amour et de liberté sans concession, livrant notre savoir dans toute la contrée, savourant au passage les exploits accomplis et définissant ceux à venir. C'est ainsi que s'achève ce récit, à l'endroit même où précisément ce conte devrait débuter. Que l'on veuille bien me pardonner cet excès de zèle ! Telle est l'histoire singulière de La femme-volcan qui retrace un événement ayant eu lieu le 25 décembre dernier. Ce jour de Noël, précisément, fut pour son protagoniste une véritable renaissance, un saut dans l'inconnu qui se manifesta de façon inattendue. 

Son état d'esprit en fut prodigieusement bouleversé. 

À compter de cette date annonciatrice et purement divine, il devint cet autre. 

 

 

 

L'homme d'aujourd'hui est de plus en plus convaincu qu'il œuvre pour la bonne cause. Que cette cause est dès lors perpétuelle. Ainsi, au sein de ce ventre fécond, il sera le garant de la vertu amoureuse. Il se définira – non comme le maître envoûteur et absolu - mais le serviteur idéal pour ces divinités et autres dryades éprises d'amour et de libertés. Ces libertés qui fécondent l'esprit et nourrissent le raisonnement seront une ligne de conduite inconditionnelle, favorisant une situation fortuite pour progresser dans le domaine existentiel. L'émancipation humaine demeure le fil conducteur de cette association d'une existence nouvelle assurant un avenir prometteur pour l'homme et la femme. 

 

 

© Paul Tojean, avril 2025.

 

***

Pour citer ce récit érotique inédit, engagé & féministe

 

Paul Tojean, « La Femme-volcan »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles », mis en ligne le 13 mai 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia25/noii/paultojean-femmevolcan

 

 

 

Mise en page par David

 

© Tous droits réservés

Retour à la Table du festival Megalesia 2025 ▼ Lien à venir

13 mai 2025 2 13 /05 /mai /2025 16:23

Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles » | I — « Rêveuses » | Florilège | Travestissements poétiques | Astres & animaux / Nature en poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

Poème de « La rivière cotonneuse »

 

 

 

 

 

 

Écopoème par

 

Paul Tojean

 

Poète & journaliste

 

 

Crédit photo : Nature morte, paysage printanier et fleuri au bord de l'eau, capture d'écran d’une photographie libre de droits trouvée sur le Web.

 

 

Je quitte les lieux ombragés près d’un ruisseau

Où germent les graminées d’une pensée en gestation

J’emprunte un nouvel itinéraire, gravis les coteaux, dévale une pente

Avant d’atteindre à l’autre extrémité un sentier à l’orée d’un bois…

Mon esprit est envahi de pensées totalement désordonnées.

Je parcours un trajet tortueux, parfois embroussaillé

Je me bats contre ces lianes, les écarte de mes mains

Je perçois enfin l'intérieur d'une grotte suffisamment éclairée. 

Je m'y introduis précautionneusement.

L'antre est profond, humide mais dégage une chaleur constante

Ce qui m'incite à poursuivre cette exploration sans danger apparent

Cependant, cette lente progression, bien que mouvante

Invite à la paresse.

Il en résulte une espèce de protection naturelle, un doux cocon dans lequel on élit domicile volontiers. 

Mais pourquoi s'obstiner ?

Il est encore temps de rebrousser chemin, de revenir sur ses pas.

Que ferais-je de plus dans « cet ailleurs » ?

Plus le doute m’assaille, plus forte est ma détermination 

Le soleil et l’ombre sont indissociables

Des idées neuves gambergent dans ma tête : je poursuis mon exploration...

 

© Paul Tojean, avril 2025.

 

 

***

Pour citer cet écopoème inédit

 

Paul Tojean, « Poème de “La rivière cotonneuse” »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles », mis en ligne le 13 mai 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia25/noii/paultojean-rivierecotonneuse

 

 

 

Mise en page par David

 

© Tous droits réservés

Retour à la Table du festival Megalesia 2025 ▼ Lien à venir

Bienvenue !

 

 

APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

Rechercher

Publications

 

Dernière nouveautés en date :

VOUS POUVEZ DÉSORMAIS SUIVRE LE PAN POÉTIQUE DES MUSES  SUR INSTAGRAM

Info du 29 mars 2022.

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

 CopyrightFrance.com

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

À La Une

  • HIVER 2026 | NO I
    IMPORTANT ! LA RÉDACTION REPORTE SON THÈME ENTREPRIS AUTOUR DES SORCIÈRES À UNE DATE ULTÉRIEURE ET LE REMPLACE PAR LE DOSSIER CARTE BLANCHE SUR LES BOUQUETS CHEZ LES CRÉATRICES EN POÉSIE ET ARTS. L’ASSOCIATION SIÉFÉGP SOUHAITE LA BIENVENUE À SA NOUVELLE...
  • Biographie de Léla LASHKHI
    Biographie & publications disponibles numériquement Léla LASHKHI Poétesse, autrice, journaliste & metteuse en scène de formation © Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse géorgienne, Léla LASHKHI. Née en Géorgie, Léla Lashkhi vit en France...
  • Salut. Je suis ton ego., Langue de survie et seuil
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges / Le Printemps des Poètes 2026 | & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques Salut. Je suis ton ego., Langue de survie & seuil Poèmes engagés & féministes...
  • La lettre
    N°I | HIVER 2026 | CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Muses au masculin | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages La lettre Poème engagé par Berthilia Swann Poétesse & autrice engagée Crédit photo : Henri Martin (1860-1943), « Le Printemps », peinture...
  • À PARAÎTRE PROCHAINEMENT : Une odyssée poétique sans frontières
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Articles & témoignages | Métiers du livre | Revue Culturelle des Continents / Invitations à lire | Annonces diverses / Avis de parution & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Varia...
  • Humanité
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Poésie & Littérature pour la jeunesse | Handicaps & diversité inclusive | Faits divers | faits de sociétés & catastrophes | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages Humanité Image fournie & poème...
  • La liberté diverge sous les cieux
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Florilège / Le Printemps des Poètes 2026 | Philosophies & sagesses en poésie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques La liberté diverge sous les cieux Portrait poétique...
  • La Journée Mondiale de la Culture africaine et afrodescendante
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur / Muses au masculin | Revue Culturelle des Continents / Invitations / Annonces diverses & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Varia & Actualité La Journée Mondiale de la Culture...
  • Face au miroir
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Handicaps & diversité inclusive | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages | Travestissements poétiques Face au miroir Illustration & poème engagés par Berthilia Swann Poétesse & autrice engagée...
  • Ode dédiée à Aida Rostami femme médecin assassinée par la république islamique iranienne
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Florilège | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques Ode dédiée à Aida Rostami femme médecin assassinée par la république islamique...