17 décembre 2025 3 17 /12 /décembre /2025 18:42

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Poésie & littérature pour la jeunesse

 

 

 

 

 

 

 

 

La clé de l’énigme

 

 

 

 

 

Texte & photographie (fournie) par

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

Crédit photo : Une jonque dessinée par Auguste Wahlen (1801-1875) en 1845, « peuple du monde, chine », illustration tombée dans le domaine public. Capture d’écran d’une image libre de droits du Web & fournie par Françoise Urban-Menninger.

 

                                        



 

Dans une maison à colombages, à l’orée d’une forêt empreinte de mystérieuses légendes, vivait une femme sans âge qui écrivait des contes de fées pour les enfants mais aussi pour les plus grands.

 

Avant de se jeter à plume perdue dans une nouvelle histoire, la conteuse avait toujours soin de se désaltérer en savourant quelques gorgées de thé au jasmin dans la plus belle de ses tasses en porcelaine ramenée par une lointaine ancêtre lors d’un voyage au cœur de la Chine impériale.

 

Au moment où elle s’apprêtait à déguster son breuvage selon son rituel habituel, elle s’aperçut, en versant le thé infusé dans la tasse ronde et accueillante, telle la corolle d’une rose vermillonne aux pétales liserés d’or, que celle-ci était fêlée autour de son anse.

 

La vieille dame en fut sur-le-champ fort chagrine et toute retournée. Il lui sembla que son âme, elle-même venait de se lézarder... Alors que de grosses larmes tièdes roulaient sur ses joues parcheminées pour venir se diluer dans le thé parfumé qui exhalait son arôme délicat, elle découvrit avec étonnement que de minuscules personnages sortaient les uns après les autres de la fente qui béait comme une bouche. De tout petits chinois nattés, vêtus de kimonos en cachemire brodés et chamarrés lui faisaient signe dans des jonques fleuries où abondaient des jarres de riz, des corbeilles chargées de papayes, de physalis, de litchis ou de fruits du dragon, des cages d’oiseaux en bambou emplies de rossignols et de perruches à colliers, des coffres en bois de santal débordants de pierreries, de châles en soie brodés, de vases Ming d’une valeur inestimable…

 

Le temps de chausser ses lunettes sur son nez qu’elle avait en forme de trompette, la saynète miniaturisée s’était déjà évanouie, voire volatilisée.

 

Sans doute, ai-je eu la berlue, se disait la vieille dame. Je vieillis, il faudrait que je me repose davantage. Et sur ce, elle s’endormit derechef dans sa chaise longue préférée en jonc tressé.

 

Elle dormit le temps que prit une araignée grise pour tisser au-dessus de sa tête, une toile aux fils d’argent qui retint ses cheveux blancs dans une assez jolie résille de fine dentelle où l’arachnide  se fixa en son centre telle une épingle à chapeau.

 

La vieille dame finit par émerger de son somme, habitée par une sourde inquiétude, la tête vidée de ses rêves et de toute fantaisie. Elle avait l’impression que toute son imagination l’avait quittée, abandonnée et qu’il ne lui restait plus qu’une araignée logeant dans les méandres de son cerveau.

 

La fêlure de sa tasse n’était-elle point pour quelque chose dans cet état d’esprit pour le moins délabré? N’était-elle pas elle-même fêlée à l’instar de sa fragile porcelaine de Chine ?

 

Elle quitta sa chaise trop longue pour son corps tassé et rabougri afin de se mirer dans l’ovale d’une antique psyché aux moulures dorées et plusieurs fois mordorées qui lui venait d’une trisaïeule qui avait parcouru les Indes à dos d’éléphant.

La glace du miroir était fendue de part en part sur toute sa surface.

À cette vue, la très vieille dame se sentit défaillir et son cœur se brisa, laissant s’échapper une myriade d’étoiles filantes.



 

Alors qu’elle se croyait morte, une main, aux longs doigts effilés et aux ongles nacrés, sortit de la fente du miroir et lui tendit une petite clé en forme de E majuscule finement ciselée. La conteuse s’en saisit en tremblant et aussitôt la main, qui avait un court instant frôlé la sienne, dans un imperceptible glissement du temps sur lui-même, disparut comme elle était apparue.

 

La très vieille dame serra la minuscule clé dans l’un de ses poings fermés et se rappela soudain qu’elle avait autrefois écrit un conte qui ressemblait beaucoup à cette étrange histoire à dormir debout qu’elle était en train de vivre à présent.

 

Elle se pinça  le nez...mais bien sûr, elle ne rêvait pas, puisque sa tête était vide de toute rêverie.

 

Était-elle en train d’écrire ?

 

Non, bien évidemment, car sa plume était posée à côté de l’encrier vide, lui aussi. Et les petits Chinois qu’elle avait vu de ses yeux sortir de la tasse à thé, n’étaient-ils pas les personnages de ses premiers contes?

 

Que se passait-il, se demandait encore une fois, la très très vieille dame dans son salon, au milieu des mille et un livres qu’elle avait écrits au cours de sa très longue vie.

 

Elle venait à peine de se poser cette question que de toutes les fissures des murs de sa maison, des meubles centenaires et des objets hétéroclites, une foultitude de reines, de princesses, de rois, de pages, de lutins, de dragons et toutes sortes d’animaux fabuleux émergèrent en un cortège interminable qui se mit à débouler et à parader dans la pièce sans fanfare ni tambour !

 

Les pages de ses livres se détachèrent les unes après les autres et vinrent virevolter autour d’elle dans une folie joyeuse et contagieuse. La vieille dame fut entraînée malgré elle dans cette farandole ensorcelée et en quelques mots, moins qu’il n’en faut pour l’écrire, elle entra dans son dernier livre avec à la main la clé de l’énigme.

 

Elle n’en sortit jamais et sans doute est-elle toujours enfermée dans l’épilogue de son ultime légende, dans l’un ou l’autre de ces beaux livres reliés et richement illustrés qui remplissent les rayons des  bibliothèques et réjouissent le cœur des enfants.

 

Son âme, ses rêves, bien sûr, l’avaient précédée depuis longtemps dans cet exode, cette fuite hors du temps et de l’espace, à la croisée de la vie et de la mort que sont les contes éternels et intangibles.

 

Cette histoire que vous lisez, nul ne sait qui l’a écrite et vous la relatera. Nul ne le sait, si ce ne sont les petits génies qui dorment dans l’encre des mots et remontent comme des bulles transparentes quand ils en ressentent le désir, sur les fils d’argent de l’échelle du temps pour ouvrir, dans notre quotidien terne et trop prévisible, quelques brèches de lumière où la poésie assure l’équilibre du monde.

 

 

 

© Francoise Urban-Menninger, conte inédit ayant trait au mystère de la création littéraire, décembre 2025.

***

Pour citer ce conte inédit & illustré

 

Francoise Urban-Menninger, « La clé de l’énigme » avec une jonque dessinée par Auguste Wahlen (1801-1875), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 17 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/fum-lacledelenigme

 

 

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16 décembre 2025 2 16 /12 /décembre /2025 19:18

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Critique &  Réception & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Critiques poétiques & artistiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Hors de la détresse : L’art pour la Paix-Résistance à la guerre : « Cri d’amour pour GAZA » de Ziad Medoukh, (éd. La Lucarne des Écrivains 2025)

 

 

 

 

 

Photographie & témoignage par

Annpôl Kassis


Auteure & poète

 


 

 

 

​​​​​© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil de Ziad Medoukh « Cri d’amour pour GAZA », éd. La Lucarne des Écrivains 2025.

 

 

 

Cette réflexion que je vous soumets n’est ni politique, ni autre « anti » sauf contre la guerre où qu’elle se déroule. Nous sommes toutes et tous informés des guerres. Les morts se comptent en chiffres, les destructions en quelques images et notre esprit enregistre automatiquement ce qui se diffuse un peu partout, de façon répétitive.

D’autant que les cris des manifestations publiques sévèrement encadrées, ne sont souvent considérées que de par... le nombre de participants voire leur origine culturelle. Les informations des médias sont pour attirer l’attention.
MAIS...

Qu’en est-il des vécus de la souffrance d’êtres humains. D’où  qu’ils soient, sous les drones ou les bombes, ils Sont avant tout des Humains Meurtris sous les feux de vaines conquêtes dirigées, de leur place, par des politiques tyranniques. 

LORS
Résister par l’art et la poésie, c’est faire ressentir les douleurs, les pertes, à tous ces  autres humains passifs voire indifférents ou pire encore, soumis aux informations contrôlées par les pouvoirs.

À peine ouvertes les pages du Cri d’amour pour GAZA de Ziad Medoukh, (éd. La Lucarne des Écrivains 2025),  les mots, les illustrations résonnent par ces mots et ces illustrations.

Du Poème liminaire : Gaza sous occupation... / Mais Gaza La Belle... / Gaza les oliviers   qui poussent...poussent / Gaza l’espoir pour la justice / Gaza l’espoir pour la paix... / Et Gaza l’espoir pour l’avenir

Au poème final : Je suis Gaza 

Ce magnifique recueil pourrait constituer un hymne à l’Amour, à la Justice et à l’Espoir, voire un hymne National. Tout y est presque chanté, car avant tout, Ziad Medoukh, un pacifiste, citoyen du monde, naturellement  attaché à La Palestine, Sa Terre-Mère. Et attention Docteur en Sciences du Langage de l’Université de Paris VIII, professeur et directeur d’Université en son pays, internationalement honoré de titres, médailles, prix, et bien sûr en poésie (Académie et Euro poésie - 2 fois). Il a fait choix de rédiger ses poèmes en français, un honneur pour nous.

Toujours présent en son pays, il s’active sur le terrain, à soutenir ses concitoyens par la parole, l’éducation des jeunes et est, de facto maitre et psychologue d’enfants et de familles en détresse.  Ses écrits, ses articles, ses émissions radio, militent pour la Paix  et la Justice « Je suis déterminé à continuer la résistance par la plume, l’information et le travail auprès des jeunes pour une ouverture sur le monde... (Préambule).

Cinquante poèmes qui, dans un premier temps, sans plainte ni haine, décrivent les destructions, pertes humaines, cendres, et souffrances des femmes, des enfants et toutes personnes vulnérables car désarmées en ces « prisons de plein air » que sont les routes de fuites et « les camps de tentes » cibles. Mais une fois énoncés les faits, une deuxième partie rayonnante, encourage la résistance, par la confiance, la puissance de l’espérance, en un avenir de Paix, Justice et Dignité jamais perdue. Une nouvelle forme poétique est née à double éclairage : la peine avant la sublimation finale, un renversement de situation, de ton et de forme : répétition, reprises, parallélisme pour aboutir à une conclusion- rupture  et détachement qui pourrait paraître hors toute réalité.

Le ton est si bouleversant que les larmes montent aux yeux  et il faut parfois relire le texte pour accepter notre propre impuissance vers l’unique Voie de Vie : La Confiance en la Paix, en termes simples non violents, humains tout simplement ? N’oublions pas l’hommage aux femmes, rédigé pour la Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes le 8 Mars 2025 en Palestine. Femmes engagées dans les luttes quotidiennes, les victoires sur elles-mêmes et sur les crimes, protectrices, consolatrices  « Oui nos femmes... Ces vaillantes résistantes sont reconnues pour leurs précieuses qualités humaines et professionnelles,  leur acharnement au travail [...] Ces héroïnes des temps modernes qui n’ont jamais baissé les bras. » 

Ce sublime recueil s’agrandit de l’art du pinceau, du fusain, en vignettes et tableaux Vivants. Quatre peintres Palestiniens «consacrés», tous pacifistes humanistes, apportent une touche de lumière aux mots déjà lumineux du poète. Impossible de les détacher les uns des autres, puisque tous œuvrent pour la Paix dans une harmonie résistante et active malgré leurs souffrances, car tous ont vu leur maison, leur atelier, leurs œuvres, voire leurs familles, détruites et survivent dans les tragiques « camps des tentes », dernier refuge quand on a tout perdu. Basel EL MAQOSUI Personnalité Artistique 2025 ; Raed ISSA  Fondateur de Centre et Programme d’art; Ahmed MUHANNA également Vidéaste ;  Jihad AL-GHOUI, Diariste en ligne. 

Cette sublime union entre mots, actes, teintes, ancre une philosophie de sagesse et résilience débouchant sur la sérénité de l’espérance, au-delà de l’immédiat, mais inscrivant une page de l’Histoire du Peuple et de Sa Terre.

De plus, le recueil s’enrichit de la solidarité internationale qui prend la voix de sept Poètes, tous engagés pour la paix, en une démarche commune autour de Ziad : Noha KHALAF et Gilles VINÇON ; de la Palestine Bassirou MANSALY et Salah AL HAMDANI ; et de Gaza, Philippe TANCELIN, Marie Christine MOURANCHE et Alima MADINA.

Et l’Hommage à Mahmoud DARWICH, (Prix Nobel de la Paix 1994) :

« Vous le Poète de l’espoir et de la joie, au parcours unique 
Vous êtes encore debout Vous, l’humaniste hors du commun [...

Le résistant pour la vie et pour l’avenir. [...]
Les poètes engagés ne meurent pas

 

© Annpôl Kassis, décembre 2025.

—————

Pour citer ce texte engagé, illustré & inédit

 

Annpôl KASSIS (texte & image), « Hors de la détresse : L’art pour la Paix-Résistance à la guerre : « Cri d’amour pour GAZA » de Ziad Medoukh, (éd. La Lucarne des Écrivains 2025) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/ak-paixresistance

 

 

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9 décembre 2025 2 09 /12 /décembre /2025 18:28

N° I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Florilège | Astres & Animaux / Nature en poésie

 

 

 

 

 

 

 

Déchirez le voile

 

 

 

Photographie & poème engagés par

 

Berthilia Swann

Poétesse & autrice engagée

 

 

collage

© Crédit photo : Berthilia Swann, « Déchirez le voile », image composée de plusieurs photographies. Technique utilisée :  collage, 2025.

 

« Déchirez le voile » est un poème qui défend une meilleure écologie :

 

 

 



 

Déchirez le voile 

De l’ombre qui plane

Au-dessus de leurs vies

D’ailes et d’hirondelles

D'âmes fébriles et fidèles

Souillées par les affres

De fantômes en oublies

Au milieu de gouffres profonds et troublés

De bateaux pétroliers des bas-fonds, d'épaves échouées

Tuant les mers, les océans bleutés

Le monde des sous lieux habités

Plongeant, les poissons et animaux marins ébranlés

Sans oxygène, ni bouées.

 

 

 

Déchirez le voile

Des pollutions diffusées et lâchées

Dans nos mers, couleurs noires ensanglantées

De restes, de carcasses parsemées

Circulant, à la dérive par les vents et marées.



 

Déchirez le voile

Que l’on saurait voir, ni toucher

De peur d’en être contaminé

De ces eaux troubles, salies et infectées

Des mains impropres et souillées

D’en plaire ou déplaire aux masques portés

Pour une écologie pure et enchantée.

 

© Berthilia Swann

 

***

Pour citer cet écopoème engagé, inédit & illustré

 

Berthilia Swann (poème & illustration), « Déchirez le voile », peinture par Delphin Enjolras (1865-1945), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS », mis en ligne le 9 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2026noi/swann-dechirezlevoile

 

 

 

 

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27 novembre 2025 4 27 /11 /novembre /2025 17:34

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Cuisiner en poétisant | Annonces diverses / Avis de parution

 

 

 

 

 

 

 

 

Avis de parution de « L'heure du thé et autres nouvelles » de Françoise Urban-Menninger aux éditions Astérion

 

 

 

 

​​​​​© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil de récits « L'heure du thé et autres nouvelles » de Françoise Urban-Menninger aux éditions Astérion, 2025.  Image fournie par l’auteure.

​​​​​© Crédit photo : Détail de la quatrième de couverture de l’ouvrage cité ci-haut.

 

 

La revue Le Pan Poétique Des Muses a la joie de vous annoncer la parution le nouvel ouvrage intitulé « L'heure du thé et autres nouvelles » de Françoise Urban-Menninger (chez les éditions Astérion) de notre rédactrice Françoise Urban-Menninger. Nous publions ci-dessous et en avant-première la première de couverture et la présentaion de l’œuvre par la maison d’édition.

 

 

Présentation du recueil par les éditions Astérion :

 

 

Françoise Urban-Menninger, lauréate nationale de la nouvelle universitaire en 1993, publie avec L'heure du thé son 4e recueil de récits dans la lignée de Katherine Mansfield, Virginia Woolf, Elizabeth von Arnim, Edith Wharton ou encore Eleonora Carrington, des autrices qu'elle affectionne particulièrement. On décèle, ici et là, des pointes de surréalisme et l'on songe à Paul Eluard, André Breton, voire Guillaume Apollinaire… Mais la nouvelliste possède un style singulier dont la petite musique n'a pas fini de nous surprendre en égrenant ses notes au charme envoûtant !

 

Poète et nouvelliste, née à Mulhouse en 1953, Françoise Urban-Menninger est l'auteure d'une trentaine d'ouvrages ainsi que chroniqueuse pour les sites Exigence Littérature et Le Pan Poétique des Muses. Présidente de la commission littéraire de l'Académie rhénane, elle organise de nombreux événements littéraires en Alsace, participe à des salons du livre, intervient lors de colloques et collabore à plusieurs revues de littérature en France et à l'étranger.

 

***

Pour citer cet avis de parution illustré & inédit

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Avis de parution de « L'heure du thé et autres nouvelles » de Françoise Urban-Menninger aux éditions Astérion », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 27 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/lppdm-heureduthe

 

 

 

 

 

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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 19:15

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Revue matrimoine | Voix-Voies de la sororité | Philosphies & sagesses en poésie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

Une femme la nuit

 

 

 

 

 

Poème féministe par

 

 Amel Boudali

 

 

 



 

Je suis 

une femme la nuit

je dresse

mes mains-torches

de tous les égarés

j'éclaire le chemin

hormis le mien

je me consume 

et sur ma route

tout n'est 

qu'ombres voilées


 

je suis

une femme entière

non la moitié d'un autre


 

au visage tatoué

par les jours amers

aux joues enflammées

des caresses du simoun

aux mains creusées de veines

vertes et espérantes

comme les chemins de mai

dans mes montagnes rêches

ma gorge est le palais

de mille chants anciens

qui courent  

jusque dans les vallées

et viennent se mêler

aux clapotis des vagues

pour être fécondés 

par l'écume des ans

et résonner nouveaux

au cœur de mes enfants

mes moissons de juillet

sont en bouche amères


 

une femme entière

non la moitié d'un autre


 

mes filles indénombrables

portent en bandoulière

leur corps à vif qui

cogne aux portes

de la vie

et s'écorche aux regards

hérissés de tessons

de couteaux et de haine

des corps entiers

non les moitiés d'un autre

mes filles de juillet

se languissent encore

des fruits de cette moisson

leur marche a commencé

à l'aube de notre histoire

dans le jour de nos villes

leurs semis en chemin 

germinent en cris de joies

de peines et de révolte

et dans leur sillon

elles déposent les corps

des compagnes brûlées

égorgées écorchées

d'où renaîtront encore

d'autres corps en marche

 

des compagnes brûlées

égorgées écorchées

mais toutes

toutes

entières non la moitié d'un autre

 

© Amel Boudali

 

Biographie

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse Amel BOUDALI.

​​​​​

Amel BOUDALI est née à Alger. Elle a suivi ses études en France au cours desquelles elle a consacré un travail de recherche aux connivences esthétiques et éthiques entre les œuvres de Mohammed Dib et de  Guillevic. 

Attentive aux voix poétiques contemporaines, elle publie des lectures de recueils sur son blog « Cultures Plurielles » dédié à l'actualité poétique de tous horizons.

Elle a publié aux éditions LansKine le recueil Mers (2025).

Elle enseigne depuis une quinzaine d'années dans le secondaire auprès de jeunes réfugié-e-s.

 

***

Pour citer ce poème engagé, féministe, gnomique, illustré & inédit

 

Amel Boudali, « Une femme la nuit », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 20 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/ab-unefemmelanuit

 

 

 

 

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Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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