16 septembre 2025 2 16 /09 /septembre /2025 16:12

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossiers | Articles & témoignages | Astres & animaux / Nature en poésie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 


Imèn Moussa au Festival international de poésie de Bucarest : entre voyage & ancrage (troisième épisode)

 

 

 

 

 

Texte & images fournies par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française

& rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse Imèn Moussa (lors d’une lecture de ses poèmes), invitée de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.


 

Le Festival international de poésie de Bucarest accueillera cette année Imèn Moussa, poétesse, essayiste, chercheuse indépendante et performeuse, dont la voix s’est affirmée comme l’une des plus singulières de la francophonie contemporaine.

 

Connue des lecteurs de la revue Le Pan Poétique des Muses, Imèn Moussa a remporté deux années de suite le « Prix Dina Sahyouni » : en 2023 pour son recueil Il fallait bien une racine ailleurs (L’Harmattan, 2020), où elle explore la mémoire, l’exil et la quête d’un lieu intérieur ; puis en 2024 pour son essai Genre et émancipation des femmes dans la fiction maghrébine contemporaine (Le Manuscrit, 2023), une réflexion critique qui met en avant la voix des femmes dans la littérature.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

Chercheuse indépendante, elle consacre ses travaux à l’écriture des femmes dans le Maghreb contemporain. Ses textes et ses voyages autour du monde sont autant d’invitations à une Humanité « infrontiérisable ». Dans ce sens, elle collabore comme autrice mais aussi comme photographe à plusieurs revues artistiques et ouvrages collectifs en Afrique, en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Amérique latine.

 

Elle est également l’auteure de l’essai Les représentations du féminin dans les œuvres de Maïssa Bey (Éditions Universitaires Européennes, 2019), du livre audio pour enfants Raconte à Baya, soutenu par la ville de Strasbourg, l’association Plume de Paon et la région Grand-Est, et plus récemment du recueil de poésie Nos coutures apparentes (Éditions Constellations, Brive, 2024). Sa poésie, traduite en plusieurs langues dont l’anglais, le mandarin, l’espagnol et l’italien, témoigne de son ancrage francophone tout en s’ouvrant à des horizons multiples.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

À travers ses œuvres, Imèn Moussa ne cesse de tisser des liens entre le voyage et l’ancrage. L’écriture devient à la fois errance et retour, ouverture au monde et fidélité aux racines. Cette dimension est d’autant plus forte dans sa relation à la Roumanie, pays qu’elle a déjà traversé et dont les couleurs, les paysages et les émotions nourrissent sa mémoire créatrice.

 

Son retour en Roumanie, cette fois-ci dans le cadre du Festival international de poésie de Bucarest, prend une valeur particulière. Outre ses lectures et ses rencontres, elle partagera également des prises photographiques réalisées lors d’un précédent séjour, autant de fragments visuels qui dialoguent avec ses textes et traduisent sa manière singulière de voir le monde. « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa » devient alors un fil conducteur : un regard qui capte la lumière, les contrastes et les lieux, pour les transformer en poésie.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

Deux événements marqueront sa présence : une lecture publique où le public roumain découvrira la puissance de sa voix poétique, et une rencontre consacrée aux dialogues de la poésie francophone avec d’autres cultures, où elle évoquera notamment le rôle des femmes dans l’écriture et l’importance du voyage dans la création littéraire.

 

 

Par cette participation, Imèn Moussa confirme à nouveau la richesse de son profil pluridisciplinaire

 

Poétesse, essayiste, critique, photographe et performeuse et rappelle que la poésie, comme le voyage, est toujours un espace de passage, d’émotion et de partage.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

 

À travers ses photographies réalisées lors de ses séjours précédents en Roumanie de Brașov à Bucarest, de Sibiu à Sighișoara et jusqu’à Iași, Imèn Moussa offre un carnet visuel sensible où chaque ville devient couleur, émotion et mémoire poétique

 

À suivre…

 

© Hanen Marouani

 

À lire également :

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Pour citer ce texte illustré, engagé & inédit

 

Hanen Marouani, « Imèn Moussa au Festival international de poésie de Bucarest : entre voyage et ancrage (troisième épisode) » avec une exposition poétique de ses photographies de la Roumanie, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-bucarest3

 

 

 

 

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15 septembre 2025 1 15 /09 /septembre /2025 15:20

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossiers | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 


Créatrices francophones de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest : Muriel AUGRY (deuxième épisode)

 

 

 

 

 

Texte & image par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française

& rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse Muriel Augry, invitée de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025Capture d’écran de l’image de la page Facebook de l’autrice par Hanen Marouani.

 

Biographie de la créatrice

 

Muriel AUGRY est une poétesse, essayiste, et nouvelliste française, née à Paris. Elle a enseigné à l’Université de Turin en Italie, puis entrepris une carrière dans la diplomatie culturelle française en Italie, au Maroc et en Roumanie. Elle est l’auteure d’une cinquantaine d’articles critiques, de nouvelles publiées dans des anthologies et particulièrement d’un recueil de nouvelles traduit en roumain Acest freamat al absurdului (Cronedit, 2021). Elle a écrit onze recueils de poésies, dont quatre publiés en Roumanie en version bilingue Encres lacérées (Cronedit 2020), Ne me dérêve pas (Editura Junimea, 2020), À l’heure blanche (Editura Cartea Româneasca Eductional, 2021), Paris / Rome, impressions jumelles (Editura Junimea, 2024). Ses poèmes sont traduits en une dizaine de langues. Elle a obtenu le « Prix Roland de Jouvenel de l’Académie française » pour son essai Le cosmopolitisme dans les textes courts de Stendhal et Mérimée et le « Prix Vénus Khoury Ghata de la Poésie illustrée ». Elle est membre de la Maison de Poésie, de la Société des Gens de Lettres, déléguée de l’Académie mondiale de Poésie et Secrétaire générale du Parlement des Écrivaines francophones.

 

 

Muriel Augry, une voix poétique entre cultures & passages

 

 

 

 

À l’occasion de sa participation au Festival international de poésie de Bucarest qui se tiendra du 15 au 21 septembre, il nous semble essentiel de mettre en lumière la trajectoire de Muriel Augry, poétesse, nouvelliste et essayiste française, dont le parcours est intimement lié à la Roumanie et à ses résonances culturelles.

 

Une trajectoire entre littérature et action culturelle

 

Née à Paris, Muriel Augry a d’abord enseigné à l’Université de Turin avant de rejoindre les services culturels français. Elle a exercé en Italie, au Maroc puis en Roumanie, où elle a dirigé l’Institut français de Iași de 2019 à 2022. Cette immersion au cœur de la vie culturelle roumaine a profondément marqué son écriture, nourrissant son inspiration et ouvrant ses textes à un dialogue fécond entre les langues et les imaginaires.

Membre de la Maison de la Poésie, de la Société des Gens de Lettres, déléguée de l’Académie mondiale de Poésie et Secrétaire générale du Parlement des Écrivaines francophones, elle s’inscrit aussi dans un engagement collectif pour la reconnaissance et la diffusion des voix poétiques féminines.

 

L’œuvre poétique : un ancrage franco-roumain et plus

 

Auteure de onze recueils de poésie, Muriel Augry a vu une part importante de sa production récente publiée en Roumanie, en version bilingue, confirmant l’impact déterminant de ce pays dans son œuvre :

 

  • Paris/Rome, impressions jumelles (Editura Junimea, 2024)
  • À l’heure blanche (Editura Cartea Românească Educațional, 2021)
  • Ne me dérêve pas (Editura Junimea, 2020)
  • Encres lacérées (Cronedit, 2020)

 

Ses poèmes, traduits en une dizaine de langues, entretiennent un dialogue constant avec les arts visuels. Plusieurs de ses ouvrages naissent de collaborations avec des artistes plasticiens tels que Vladimir et Slobodan Peskirevic, Philippe Bouret, Youssef el Khafay, Abdallah Akar ou Dragos Patrascu, inscrivant sa poésie dans une traversée sensible entre mots et images.

 

Entre cosmopolitisme et poétique du fragment

 

Récompensée par le Prix Roland de Jouvenel de l’Académie française pour son essai Le cosmopolitisme dans les textes courts de Stendhal et Mérimée ainsi que par le Prix Vénus Khoury-Ghata de la Poésie illustrée, Muriel Augry articule dans son œuvre une réflexion critique et poétique sur le cosmopolitisme.

Ses recueils peuvent se lire comme des espaces de passage, traversant les frontières des langues et des cultures. L’expérience roumaine, où elle a vécu et publié plusieurs recueils bilingues, joue un rôle essentiel : elle confirme la fécondité des dialogues interculturels et l’inscription de son œuvre dans un espace européen élargi.

Par ailleurs, son écriture adopte fréquemment une poétique du fragment : poèmes condensés, images incisives, éclats de mémoire et paysages intérieurs. L’oxymore, la fissure, l’attente et la fulgurance rythment ses textes, traduisant une tension fertile qui associe méditation et éclat poétique.

 

Une voix féminine francophone en Roumanie

 

À travers ses publications, ses lectures, ses collaborations artistiques et ses engagements institutionnels, Muriel Augry incarne une voix féminine francophone qui voyage et relie. Elle participe activement à la visibilité des écritures poétiques de femmes dans l’espace francophone et international.

Sa présence au festival de Bucarest résonne comme un retour à une terre d’écriture : la Roumanie apparaît à la fois comme un lieu d’ancrage et comme un espace d’ouverture, confirmant l’importance de ce pays dans la construction d’une œuvre poétique qui tisse des ponts entre cultures, mémoires et sensibilités.

 

© Hanen MAROUANI

 

À lire également :

 

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Pour citer ce texte illustré, engagé & inédit

 

Hanen Marouani (texte & image) « Créatrices francophones de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest : Muriel AUGRY (deuxième épisode) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 15 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-bucarest2

 

 

 

 

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15 septembre 2025 1 15 /09 /septembre /2025 15:19

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossiers | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 


Créatrices francophones au Festival international de poésie de Bucarest : présentation (premier épisode)

 

 

 

 

 

Présentation brève & image par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française

& rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

© Crédit photo : Image du visuel officiel des soirées des invitées francophones au Festival international de poésie de Bucarest 2025 par Hanen Marouani​​​​​​.

 

À l’occasion du Festival international de poésie de Bucarest, je propose au lectorat des revues poéféministes Le Pan Poétique des Muses et Orientales un compte rendu consacré à chacune des poétesses francophones invitées à participer à cet événement international.

Deux soirées poétiques et musicales se tiendront à Bucarest les 19 et 20 septembre 2025, avec la participation de :

 

— Muriel Augry

— Imèn Moussa

— Cristiana Eso

— Paloma Hermina Hidalgo

— Hanen Marouani

— Axia Marinescu (piano)

 

Ces rencontres se dérouleront en présence de M. David Bongard, premier conseiller de l’OIF pour l’Europe centrale et orientale, avec le soutien de l’Institut français et de Nicolay Art SRL.

Elles seront animées par Ioana Stancescu, journaliste à Radio Roumanie International, et Dan Burcea, critique littéraire et rédacteur en chef de la revue Lettres Capitales.

 

Commençons par Muriel Augry…

 

© Hanen Marouani​​​​​​

 

À lire également :

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Pour citer ce texte illustré, engagé & inédit

 

Hanen Marouani (texte & image de l'affiche officielle) « Créatrices francophones au Festival international de poésie de Bucarest : présentation (premier épisode) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 15 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-bucarest1

 

 

 

 

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4 août 2025 1 04 /08 /août /2025 16:09

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & Réception | Astres & animaux / Nature en poésie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Critiques poétiques & artistiques  

 

 

 

 

 

 

 


« Soleil basalte » : la poésie vive de Nora Atalla

 

 

 

 

 

Texte & images par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée par l’artiste Pierre Zanzucchi du recueil de poèmes intitulé « Soleil basalte » de Nora AtallaCapture d’écran de l’image de la page Facebook de la poète, 2025.

 

 

La poète québécoise d’origine gréco-libanaise Nora Atalla revient avec « Soleil basalte », un recueil intense et profondément humain, publié aux Éditions Unicité.

 

 

Dans une langue sobre et tranchante, elle y interroge les déracinements, la violence du monde, mais aussi les lueurs de résistance. Chaque poème s’inscrit comme une matière vivante, entre terre, feu et mémoire, et fait entendre la voix de celles et ceux que l’histoire efface trop souvent.

 

 

Les œuvres de l’artiste Pierre Zanzucchi accompagnent les textes, prolongeant ce dialogue entre la parole poétique et les formes de l’indicible.

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poète québécoise d’origine gréco-libanaise Nora Atalla. Capture d’écran de l’image de la page Facebook de l'auteure.

 

Avec « Soleil basalte », Nora Atalla poursuit son œuvre de veilleuse : une poésie lucide, habitée, minérale, qui creuse la nuit sans jamais renoncer à la lumière.

 

© Hanen Marouani

 

Soleil basalte, Éditions Unicité, 2025, ISBN : 978-2-38638-208-6

 

 

Lien vers la page officielle dédiée au recueil de Nora Atalla :

ÉDITIONS UNICITE | Nora Atalla | Soleil Basalte

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Pour citer ce texte illustré, engagé & inédit

 

Hanen Marouani, « « Soleil basalte » : la poésie vive de Nora Atalla », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 4 août 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-soleil

 

 

 

 

 

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12 juillet 2025 6 12 /07 /juillet /2025 17:20

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & réception | Dossier | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Critiques poétiques & artistiques

 

 

 

 

 

 

 

Samar Miled : un « Printemps » 

 

de révolte & de tendresse

 

 

 

 

 

 

Critique & photographies (fournies) par

 

Lectrice

 

Nom de plume d’une collaboratrice de la revue Le Pan Poétique Des Muses

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée & mise en scène du recueil de poèmes de la poétesse Samar Miled, Printemps aux Éditions Le Lys Bleu, Paris, 2025.

 

Avec son nouveau recueil Printemps, la poétesse tunisienne Samar Miled poursuit avec force et sensibilité son chemin poétique et politique, entamé dès son premier recueil Tunisie Sucrée-Salée (Éditions Nous, Tunis, 2020). Ce nouvel ouvrage, à la fois ancré dans l’actualité et traversé de mémoire, rend hommage au printemps arabe, né en Tunisie, et à la douleur toujours vive d’un pays aimé, quitté mais jamais abandonné.

 

Mais Printemps est bien plus qu’un seul écho révolutionnaire. C’est une exploration poétique du printemps dans toutes ses déclinaisons – comme saison, comme état de l’âme, comme métaphore de l’amour, de la nature et de la patrie. À travers ses différentes parties, le recueil alterne entre légèreté ludique et gravité assumée, entre chants d’amour tendres et cris de colère lucide.

 

Dans « Printemps », la voix de Samar est celle d’une femme en marche, en exil parfois, mais toujours enracinée dans sa terre. Ses poèmes mêlent engagement, lyrisme, colère douce et nostalgie lumineuse. On y sent battre le cœur d’une génération marquée par l’histoire, mais encore capable de croire aux mots pour réparer, dénoncer, et espérer.

 

Des poèmes comme « Révolution », « Les damnés du jasmin », « Le ventre de Tunis » ou « La balade des gens heureux » font de ce recueil un véritable manifeste poétique, un cri lucide et sincère né de la Tunisie, mais qui résonne bien au-delà.

 

« C’était un mois de décembre,

Le pays tremble,

Le mal sombre, Le pays se réveille,

Les patients se rebellent.

La marche des âmes franches,

Franchit la porte de la grande ville.

Arrivent les voix blanches,

Et s'élèvent contre les voies viles. »

 

Samar Miled écrit avec un amour immense pour sa terre, souvent douloureux, toujours viscéral. Dans « Kerkennah », elle déploie une poésie de l’attachement, de la fidélité intime à la moindre pierre de son pays :

 

« On t'aime jusqu'à la dernière Charfia

Jusqu'à la dernière pierre qui tombe,

Jusqu'au dernier figuier qui se courbe sous le poids des années...

On t'aime jusqu'à la dernière prière à l'ombre de l'olivier qui résiste,

Jusqu'au dernier chapelet de raisin qui se vide...

On t'aime,

Jusqu'à la dernière ride. »

 

Mais la poétesse ne se limite pas à la géographie intime : la nature, elle aussi, s’invite dans ses vers comme une matière vivante, vibrante, témoin du passage du temps. L’évocation du printemps devient alors celle du renouveau, du désir, de l’éveil – autant de motifs présents dans ses poèmes les plus lyriques, parfois même teintés d’un humour léger.

 

© Crédit photo : Portrait photographique récent de la poétesse Samar Miled.

 

C’est dans ce registre plus léger, plus ludique aussi, que s’inscrit un poème comme « Produits de beauté », une ode tendre et ironique à la jeunesse contemporaine et à ses solitudes numériques :

 

« Un jeu sérieux,

Pour les lunettes rondes,

Pour les cheveux fous à lier, ou lissés au fer acheté chez le marchand des rêves, peu importe.

Un jeu sérieux,

Pour la casquette à l'envers et le sweat-shirt Puma, dernier cri.

Un jeu sérieux,

Pour ceux qui aiment le flashy, Ou pour les invisibles, Et pour les âmes sensibles, Qui se cachent derrière un écran,

Ou qui activent leur « baladeur » pour envoyer balader le monde...

Un jeu sensible, enfin,

Pour ceux qui achètent le silence, En ouvrant, parfois, un livre,

En lisant, parfois, des « mots bleus », des mots à la sauce rosée, des mots ivres. »

 

La géographie poétique de Samar va également bien au-delà de la Tunisie. Dans le poème « Bruxelles », elle dresse un constat sans fard sur les inégalités structurelles entre le Nord et le Sud, entre ceux qui peuvent circuler librement et ceux qui sont enfermés par les frontières et les couleurs de leur passeport :

 

« On ouvre la carte du monde : et en ce moment, comme un coup de chance ?

On est en haut, à gauche.

En bas, c'est le refuge des « sans domicile fixe », des « sans-papiers » qui ne franchissent aucune frontière.

Il n'y a que les rouges et les bleus qui circulent à vol d'oiseau.

En bas, on a construit des fenêtres bleues et des cages.

En haut, c'est les tuiles rouges et les fenêtres blanches.

Toutes les couleurs ne se valent pas. »

 

Cette conscience du monde, cette lucidité sur les rapports de pouvoir et les injustices n’exclut jamais la dimension intime et universelle de l’écriture. Le poème « Notre histoire », par exemple, évoque la poésie elle-même comme refuge et miroir de l’âme :

 

« Et ce poème

Dans la nuit,

Qui comme un cri,

Vous raconte,

Tout le bonheur,

Qui l'agite,

Dans cette maison,

Qui nous habite. »

 

Et c’est peut-être dans le poème « Soleil » que s’exprime avec le plus de force ce basculement vers la lumière. La poétesse y renverse la douleur pour faire triompher la beauté, le choix du Bien, la douceur réparatrice :

 

« Adieu haine,

Adieu amie des moribonds,

Adieu fenêtres qui ouvrent sur le vide,

Adieu marâtre qui épuise la lumière.

Adieu haine.

Je vais danser sur ta tombe,

C'est la mission qui nous incombe.

Je vais... tuer le mal, étouffer son râle...

En choisissant le Beau,

En m'agrippant au Bien, pour ne pas tomber dans la fange des hommes ;

En fabriquant des histoires,

En griffonnant du blanc sur le noir, En attendant le bout du tunnel...

Adieu haine,

Car je choisis l'amour, l'amour...

Et je te hais. »

 

 

Samar Miled est aussi une poétesse de son temps, dans la forme autant que dans le fond. Elle partage ses poèmes à travers des capsules vidéo sous-titrées sur les réseaux sociaux, rendant sa poésie accessible à un public plus large, et particulièrement aux jeunes générations. Cette stratégie de diffusion, à la fois moderne et militante, renforce la portée de son message, tout en restant fidèle à l’oralité propre à la poésie arabe.

 

Avec Printemps, Samar Miled livre bien plus qu’un recueil : elle offre un espace d’écoute, de résistance, de rêve et de consolation. À travers ses vers, elle continue de tisser ce lien fragile mais tenace entre l’exil et la terre natale, entre le passé blessé et les espoirs d’avenir.

 

C’est une poésie qui questionne, rassemble, bouscule, mais surtout aime – jusqu’à « la dernière ride ».*



 

© Lectrice, juillet 2025.

 

* Samar Miled, Printemps, Le Lys Bleu, Paris 2025, 103 pages, 12 €

 

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Pour citer cet article illustré & inédit

 

Lectrice (collaboratrice de la revue LPpdm, texte & photographies fournies)« Samar Miled : un « Printemps » de révolte et de tendresse », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 12 juillet 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/2025noiii/samarmiledunprintemps

 

 

 

 

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