14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 13:49

 

Publication successive

 

 

Lettre n°10

 

Nous fêtons dans cette Lettre

Le Printemps des Poètes au féminin

& le festival Megalesia 2017

jusqu'au 31 mars 2017  30 avril 2017

Mise en ligne jusqu'au 14 mai compris

 

Crédit photo : Allegoria dell'Inclinazione 1615-1616 (Allégorie de l'Inclination) par Artemisia Gentileschi, huile sur toile (152 cm x 61cm), domaine public, image trouvée sur Wikipédia (it) :  https://it.wikipedia.org/wiki/Allegoria_dell'Inclinazione

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

diffusée en version électronique (apériodique) et en version imprimée (4 numéros par an)

 

Le Pan poétique des muses ISSN Imprimé : 2492-0487

 

Logodupan

© www.pandesmuses.fr

Comité de rédaction : Khris Anthelme, Camille Aubaude, Cyril Bontron, Laure Delaunay, Eric Guillot, Mario Portillo Pérez, Dina Sahyouni, Nelly Taza & Françoise Urban-Menninger. Réalisation technique : Anna Perenna, Cyril Bontron. Contacts : contact@pandesmuses.fr & contact.revue@pandesmuses.fr

Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteure/auteur est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, est l'unique responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

 

Vos poèmes, nouvelles, contes, pensées, fragments,

lettres, chroniques, traductions, articles,

illustrations, entretiens, vidéos, etc.

sont les bienvenus pour paraître dans cette Lettre

jusqu'au 31 mars 30 avril selon nos possibilités

pour fêter le Printemps des Poètes au féminin

Thèmes privilégiés pour ce numéro :

l'« Afrique », l'« amitié », l'« amour »,

la « prostitution » & les « muses » (pour le festival Megalesia)

 

Le Pan poétique des muses à Grenoble a suspendu ses publications

pour un certain temps suite à une panne informatique grave

(dès le 7 février 2017 puis en mars 2017)

dans son siège social à Grenoble

Nous ne serons donc pas en mesure de

répondre rapidement et facilement à vos messages.

Merci de votre compréhension !

La journée du 8 avril à Grenoble a été aussi reportée à une date ultérieure

pour plusieurs ennuis graves parmi lesquels cette panne

un rédacteur partenaire nous a remplacé en ligne

Mercredi 19 avril 2017 :  "Le Pan poétique des muses à Grenoble reprend progressivement ses publications numériques et imprimées selon la disponibilité de sa rédaction. Les deux prix internationaux de l'Académie Claudine de Tencin (poésie et essai) seront annoncés et distribués en juin prochain par voie postale. Une manifestation poétique pourrait avoir lieu entre août et novembre 2017"

Mardi le 25 avril 2017 : "afin de remédier au retard accumulé dans notre agenda (à cause des ennuis informatiques évoqués ci-dessus), nous publions le sixième numéro en pages gratuites (accessibles en ligne au gré des jours) tout en procédant à sa publication en version imprimée payante (avant le 23 juin 2017). Un peu de patience s'il vous plaît, nous ferons tout pour honorer tous nos engagements éditoriaux dans les meilleurs délais."

Poèmes, nouvelles, lettres, fragments, contes

 

Huguette BertrandOn aura tout vu !  | L’ancêtre

Nicolas Grenier : Mission Rosetta

Luc-André Rey : Extraits de Palimpsestes

Gérard Georges : Hier Demain Jamais (extrait)

Daouda Keita Le vieux Baobab et le vieux Chêne (extraits)

Vojka MilovanovicL’artiste & Le message

Maggy de Coster : L’Afrique notre berceau commun

Dina Sahyouni : Chair de mon esprit, Je ou le porté disparu  & Lettre à une passante

Poésie & musique

Nicole Coppey : Dis-moi... Te reverrai-je ? & Fleurs d'Amour

Marie Mazaudou (poèmes, musiques, interprétation et réalisation par) : Chanson d'amour & Vivre et laisser vivre

 

Muses au masculin (nouvelle rubrique)

Mustapha Saha : Le penseur de Rodin

Événements & manifestations avec des membres de notre équipe

1er colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur "Les théoriciennes de la poésie"

Pour le 8 avril 2017, "Journée internationale des femmes poètes", l'Académie Claudine de Tencin distribuera en juin par voie postale ses prix internationaux de la poésie et de l'essai  : http://www.pandesmuses.fr/2016/08/tencin.html


28 AVRIL 2017 À 19H : Présentation de l'ouvrage dirigé par Maggy de Coster, « Fenêtre ouverte. Anthologie de poésie bilingue français-espagnol | "Ventana abierta. Antología de poesía bilingüe francés-español" » paru aux éditions Idem avec lecture des poèmes en français et en espagnol suivie d'une séance de dédicace à la Maison de L'Amérique latine, (http://mal217.org/fr/agenda/fenetre-ouverteventana-abierta)

 

Notre choix de séries télévisées, films, d'émissions culturelles radio-phoniques et télévisées qui valorisent les femmes (disponibles en ligne)

 

S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

 

Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 13:47

 

 

N°6 | S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

 

 

 

Charlie Hebdo

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Couverture du 10 mai 2017 du journal Charlie Hebdo,

image prise et fournie par Françoise Urban-Menninger

 

 

 

Charlie Hebdo

aujourd'hui j'ai envie de te faire manger ton chapeau !

 

Hier j'ai été Charlie

aujourd'hui je te honnis…


 

Tu as repris le mythe ridicule de la cougar

qui fait de toi le dernier des couards


 

Aussi j'appelle toutes les femmes

à dénoncer ton dessin infâme


 

qui signe ta pleutrerie

et ton manque d'esprit


 

J'ai cru naïvement que tu défendais la liberté

mais ton dessin n'illustre que ta médiocrité


 

Charlie Hebdo

le propos est clos


 

Je te tourne définitivement le dos !

 

Poème inédit du 13 mai 2017

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 


Françoise Urban-Menninger (poème et photographie), « Charlie Hebdo », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 14 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/charlie-hebdo.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 10:32

 

N°6 | S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

 

 

 

 

Chna n Nabila (Djehnine)

 

 

le chant de Nabila

 

 

(Hommage à Nabila)

 

 

Mhamed Hassani

 

 

Ce poème extrait est reproduit avec l'aimable autorisation

de l'auteur et des éditions SEFRABER

 

 

 

© Crédit photo : Nabila Djehnine, image fournie par Mhamed Hassani

 

 

Ce poème, écrit en hommage à Nabila Djehnine militante féministe assassinée par les terroristes intégristes en Kabylie Algérie en 1995, est extrait de Divagations (prosèmes) de Mhamed Hassani, édité chez les éditions SEFRABER en 2014.

 

 

Chna n Nabila (Djehnine)

 


 

 

A sefru ur sujedegh

Amek ara a-t e arugh

Mi d sawlen I mdukal

Ad ddugh ad iligh

Gar-asen ad inigh

T’iyita ye qazen lbal

Cna n Nabila chfigh

Ye rza_yi ur shigh

A menugh-is d a kemal


 

Nabila g TOBER36

Chfan-as I berdan

Ete tt sughu af TILLELI

Ur et’ugad I maafan

S u debuz d cnawi

I-d tt alin I zerfan !

 

le chant de Nabila  (Hommage à Nabila)


 

 

Poème improvisé

Comment le transcrire

À l’appel des camarades ?

Parmi eux je serais

Faut y aller et dire

Ces coups qui réveillent les consciences !

Du chant de Nabila je me souviens

C’est mon chant je ne peux l’oublier

Son combat est continu


 

Nabila en Octobre

Les rues s’en Souviennent

Elle manifestait pour nos droits

Sans crainte des char-ognards !

À coups de poings et de chants

S’arrachent les droits !


 


 

Nabila g IBRIL

Cfann-as I berdan

Ete tt sughu af I zerfan

Ur et’ugad I maafan

S u debuz d cnawi

Ay ghellin I fergan !


 

Nabila n ussan a

D kunwi i-d y’usan

Te tt suqhum af tilleli

Te tt suqhum af I zerfan

Ur t’ugadem I maafan

S u debuz d cnawi

Ay fettin I zerfan


 

Nabila g t’udert is

D ta jedjigt ye sfeth’en

Ee nqhan-tt I maafan

T’ugra-d ta rgit is

A-tt cenun I lemzîyen :


 

S u debuz d cnawi

I-d tt alin I zerfan

S u debuz d cnawi

I ee ghellin I fergan

S u debuz d cnawi

I fettin I zerfan !


 

Nabila en avril

Les rues s’en souviennent

Elle manifestait pour les droits

Sans crainte des char-ognards !

À coup de poings et de chants

Se rompent les barrières !


 

Nabila d’aujourd’hui

C’est vous qui êtes venus

Manifester pour vos libertés

Manifester pour vos droits

Sans crainte des char-ognards !

À coup de poings et de chants

Se conjuguent nos droits


 

Nabila en vie

Fleur épanouie

Les charognards l’ont tuée

Il ne reste que son rêve

Que nos jeunes chanteront


 

À coups de poings et de chants

S’arrachent les droits

À coups de poings et de chants

Se rompent les barrières

À coups de poings et de chants

Se conjuguent nos droits

 

***

 

Pour citer ce poème

 


Mhamed Hassani (poème et photographie), « Chna n Nabila (Djehnine), le chant de Nabila  (Hommage à Nabila) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 14 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/djehnine.html

 

 

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Le Pan poétique des muses
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:13

 

Critique & réception

 

 

Christophe Schaeffer

 

 

aImer à quatre temps

 

 

préface de Werner Lambersy, Éditions Librécrit,

 

coll. « Hors collection », 2017, 82 p.

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

Christophe Schaeffer, aImer à quatre temps, préface de Werner Lambersy, Éditions Librécrit, coll. « Hors collection », 2017, 82 p.

© Crédit photo : couverture illustrée du recueil,

image fournie par Maggy de Coster    


 

 

Un long poème illustré par des figures très significatives de Julie Delarme. Une complainte amoureuse qui se décline en quatre temps comme les quatre saisons d’une épreuve annoncée. Sublime bonheur évaporé dans les larmes, la séparation, le remords et le couperet !

Le poète cherche à « relever sa peine » et à la troquer contre un « mélo dit d’amour / pour aller mieux » car malade d’amour il est ce patient qui, assis au bord du vide, voit s’estomper le bonheur de vivre à deux :

 

S’écoulent le long du fleuve triste

Nos étreintes félines

 

Cela n’est pas sans rappeler Lamartine qui, dans son « Isolement », à la suite de la perte de « sa » Julie, déclare : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». Quand l’amour vous échappe il vous laisse un goût bien amer dans la bouche. Mais comment conjurer l’amer persistant d’un amour défunt ?

« aImer » évoque la persistance du désir de désirer l’autre face à « la dureté d’être » et s’apparente à un drame qui se joue à huis clos quand affleurent les maux et que pleuvent à torrents des regrets. Et le poète de pousser un cri de désespoir qui résonne en ces termes :

 

Comment sortir

Du cercle des défunts amants

À ne pas nous sentir vaincus

Anéantis par le temps

 

« Combien de soupirs je rendis ! » s’exclama Alphonse Allais, dans sa « Complainte amoureuse » ! Combien d’épreuves traversai-je ! Combien de déluges essuyai-je ! s’écrierait Christophe Schaeffer ! Aussi laisse-t-il soupirer son cœur endolori :

 

Je sais que ce chemin jusqu’à la lune

Est l’épreuve de soi

Et bien que sans vaisseau ni fortune

Un dos de buffle me contentera

 

Étant celui qui aime « d’un amour sidéral », il lui est sans doute difficile d’apprendre à être quand l’être aimé se dérobe de son champ existentiel. Et le vide de s’emparer de son être comme un corps inanimé enseveli dans la brume des jours :

 

Je suis ce trépas silencieux

À la poursuite de ta nuit


 

C’est un cœur qui souffre en silence et qui se perd dans un « délire d’amour » « Sous la mitraille des jours » quand :

 

L’aube

S’étire doucement

À l’endroit du monde

Où naissent tous les amants


 

« aImer, en quatre temps », un recueil de poèmes à aimer et à lire jusqu’au bout. En qualité de philosophe Christophe Schaeffer nous entraîne sur la voie de « l’humaine condition » explorée par Socrate, Montaigne et Kant pour ne citer qu’eux. Aussi nourrit-il l’espoir d’« escalader l’humaine montagne ».

 


 

Présentation de l'auteur

 

 

 

 

Christophe Schaeffer est musicien, plasticien, docteur en philosophie (Thèse autour de l’œuvre de Lévinas) et est l’auteur une d’une douzaine d’ouvrages. Premier recueil de poésie publié en 1990 : Fecha (éd. Saint-Germain-des Prés). L’avant dernier (2015) : Traces D’hématome (éd. Librécrit, préfacé par Bernard Noël).

 

 

Extrait du recueil choisi par la chroniqueuse Maggy de Coster

 

 

Tourner l’astre

Indéfiniment


 

Inviter l’être

Et le non-être


 

À la porte des chemins

Du jour et de la nuit


 

Relever la peine


 

Au centre des flammes

En contre-plongée du cœur

Le ciel s’élevant

Au-dessus des voix


 

Nous sommes le souffle Uni-

Vers

L’empreinte humaine

de

Soi

 

***

 

Pour citer ce texte

 


Maggy de Coster, « Christophe Schaeffer,, aImer à quatre temps, préface de Werner Lambersy, Éditions Librécrit, coll. « Hors collection », 2017, 82 p. », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 12 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/schaeffer.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 10:15

 

N°6 | Sourires & rires féministes

 

Nouvelle rubrique dédiée aux

 

poésies caricaturale, humoristique et satirique

 

 

 

Toi en moi

 

 

 

Laure Delaunay

 

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

 

Illustration de

 

Gordan Ćosić

 

Toi en moi

 

© Crédit photo : Gordan Ćosić, Rosa.

 

 

 

Ton pied dans ma chaussette.

Ton bras dans mon pull.

Ta jambe dans mon pantalon.

Ta boucle dans le trou de mes oreilles.

Ton fil dans la perle de mon collier.

Ton couteau dans mon fromage.

Ton jambon dans mon sandwich.

Ton clocher dans mon ciel.

Tes oreilles dans mon bonnet.

Ton cou dans mon écharpe.

Ton parfum dans mon flacon.

Ton eau dans ma bouteille.

Ton vin dans mon verre.

Ta main dans le fourreau de ma marionnette.

Ton stylo sur mon papier.

Ta lettre rêvée dans ma boite aux lettres.

Ton livre sur ma table.

Ton bébé dans mes bras.

Ton histoire dans mes images.

Ta vie dans ma tête, dans les moindres détails.

Tes pensées dans mes pensées.

Ton tympan dans ma cloche.

Tes fleurs dans ma jardinière.

Ton bus dans ma rue.

Ton métro dans mon tunnel évidemment…

Ton avion dans mon aéroport.

Ton moteur dans ma voiture.

Ton appareil électrique dans ma prise et ton ampoule dans ma lampe.

 

Tes cheveux entre mes doigts.

Tes yeux dans les miens.

Ta langue dans ma bouche.

Ton corps dans mon corps.

 

Ton doigt dans mon anneau.

Ton serment dans mon cœur.

Ton théâtre dans mon théâtre.

Ton pays dans mon pays.

Tes lectures dans mes rêveries.

Ta musique dans mon ordinateur.

 

 

 

Ta chapelle dans mon livre d’art, mais pas n’importe laquelle. Une chapelle très précisément italienne.

 

Un papier de toi accroché à mon mur (affiche, carte postale, quelque œuvre délicate, avec ou sans couleurs joyeuses, j’aime aussi le violet, le sombre, le vert bouteille, le gris, le bleu nuit, le bleu roi – n’oublie pas les étoiles – l’argenté, le velours – un papier, ça se touche avec délice, même si c’est un peu intouchable).

 

Ta bible dans mon étagère. Mais pas n’importe laquelle. Un truc simplifié, pour enfants. Bayard Presse.

 

Ton Coran dans mon étagère. Mais là, un truc très complexe et très poétique, qui parle des roses, du désert, de la nuit, du rythme du cœur et de rien d’autre.

 

Tes pensées dans mes images. Pas toutes, mais les plus importantes. Celles qui sont cardinales. Après, on se débrouille.

 

Mes pensées… légères ! Autonomes. Pas toutes. Celles qui sont cardinales (exemple, l’amour des enfants, la nécessité de préserver le plaisir à tous prix et la frugalité en matière de dépenses). Après, on se débrouille.

 

On tisse, on tisse ensemble.

 

Une bataille, un dialogue pour le choix des prénoms.

C’est important le prénom. On le garde toute la vie. C’est important. Qu’on le garde ou que l’on ne le garde pas, en fait, on le garde. C’est important.

 

Ton prénom dans mon poème.

Mon prénom au bas de la lettre que je t’ai écrite. Initiale L.

 

Tu sais « les cheveux de Laure étaient à l’aura sparsi »…

 

Les vers de ton poète dans ma mémoire. Pas tous, non, quelques-uns. On ne les retient pas tous. Ça ne sert pas à grand-chose de les retenir tous. Ce qui compte, c’est vibrer. Après, il y a la mémoire de l’écrit. Ça existe ça. Ça s’enracine dans le corps. Au fond.

 

L. comme Love aussi qui est tout ce dont on a besoin.

 

À Laure.

Alors.

 

Alors tu es sûr ?

Un peu de sexe aussi, juste pour se faire plaisir.

Des draps propres.

Des petites loupiotes.

Un peu de vin.

Un peu de poésie et peut-être même beaucoup. Mais pas trop. Juste ce qu’il faut. Pour se faire du bien.

Quelques pensées bien construites. Mais pas trop. Ni pas assez. Juste ce qu’il faut.

De la musique, oui. De la musique. La musique du jour, beaucoup. La musique de la nuit, un peu.

Du temps, mais pas trop.

 

Toute la douceur et toutes les hésitations de ta voix. Ton dos courbé et concentré.

Et surtout, surtout, surtout, de la gentillesse et de la douceur. De la confiance.

 

Une poésie claire.

 

Aucune vulgarité.

 

Tes bras. Le toucher comme électrique de tes mains dans mon dos. Un baiser dans le cou, tes mains autour de mon visage et ton regard qui sait se faire intense et qui sait se faire doux dans le mien qui a toujours toujours peur.

 

Un baiser de moi dans ton cou, sentir ta peau, explorer ton corps avant toute chose.

 

Ou est-ce que ta peau respire ou est-ce qu’elle parle, ou est-ce qu’elle se tait. La faire parler alors à cet endroit là où elle n’a pas encore tout dit.

 

Et puis c’est à toi de faire parler la mienne, on a tout le temps.

 

Un baiser sur les seins, un autre au creux secret des cuisses, là où c’est tout doux. De chaque côté puis au centre.

 

Mais assez prononcés les mots… en vrai maintenant.

 

Là, jeudi.

 

Je suis assise à la place que tu auras précautionneusement choisie. À côté de toi, c’est romantique. Tu me demandes comment je vais. Je te dis « bien ». Tu as entendu. On fait semblant de lire le programme. Mais on le lit quand même tout en faisant semblant. Un contact de ton pied ou de ta jambe. Et puis des étudiants autour, c’est peut-être gênant pour toi. Je ne sais pas ça. Moi je leur fais confiance. Il y a un peu urgence tu sais. Ta jambe là tout contre la mienne. Pas trop. Et puis tu passes ta main autour de mes épaules. J’ai le cœur qui bat.

 

Un peu moins d’intensité. Un peu plus de moins, un peu moins de plus. Quatre multiplications. Une soustraction. Oh, et puis non, les soustractions c’est trop compliqué. Une division. Une addition. Une à quoi tion. Heu…. Et gaule ? MC deux.

Racine au carré. Corneille au trou. Molière au balcon. Pas cotisons. Enfin, si, un peu. Il fît un lancement participatif. Et je hululis, et je pulula, et je pilulu. C’est le petit peau de la re traite de Perette.

Un nombre. Il. Premier. Soit douze fois. Multiplié par boite. Tiens. Dansons la karma yole. Vive le son. Un Kway.

Bon, bon.

***

 

Pour citer ce poème

 


Laure Delaunay, « Toi en moi », illustration de Gordan Ćosić, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 12 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/toienmoi.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6

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