21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 15:48

 

Dossier majeur | Femmes, poésie & peinture

Avant-première

 

 

 

La Place des femmes

 

 

dans la peinture de Camille Pissarro

 

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

Crédit photo : affiche de l'exposition

 

 

 

La peinture de Pissarro est le reflet de son quotidien. Les femmes y occupent une place importante. Français, né à saint Thomas, une île des Antilles danoises, Camille Pissarro, a mis en scène des femmes insulaires de couleur dans « Deux Femmes causant au bord de la mer », (1856). Donc, aucune nuance épidermique ne lui échappe. Il semble être fasciné par les femmes de toutes origines et de toutes les classes sociales, aussi les campe-t-il dans différentes postures. C’est un fin observateur qui capte les femmes dans leurs faits et gestes au quotidien. Il semble ne pas opérer de sélection mais immortaliser au gré de ses pinceaux les instants magiques qui s’offrent à lui. [La] « Paysanne poussant une brouette », (Pontoise, 1874), trouve grâce sous son pinceau habile tout autant que la femme qui, l’échine courbée, s’adonne à « La Moisson », (1882).

 

Dans « La Promenade à âne à La Roche-Guyon », (1865), c’est la campagnarde qui fait monter à dos d’âne ses enfants pour une balade de santé en pleine nature. Une nature accueillante où l’on goûte aux plaisirs simples de la vie.

« La conversation », (1881), c’est la convivialité entre deux femmes en tenues simples dans un milieu naturel où rien ne saurait les déranger. Il peint des femmes empreintes de sérénité et cultivant la joie simple. Son but est de faire partager à ses semblables les émotions les plus profondes et les plus vraies.

Cela se comprend d’autant que Julie Vellay, la femme avec laquelle il eut huit enfants, et qui devint son épouse, fut la domestique de ses parents. Anarchiste dans l’âme, libre-penseur, il vivait en harmonie avec ses pensées.

 

Il jette une voile pudique sur les femmes qu’il peint et pour cause il ne dévoile pas les femmes dans leur intimité, aussi nous présente-t-il une « Femme nue de dos dans un intérieur », (1895), donc chez lui, la femme n’est jamais objet mais plutôt sujet. Cette femme est une femme qui est dans un milieu clos, un espace privé, donc inviolable. La plupart du temps, « ses » sont longuement vêtues ou en tenue de travail. Ce sont des femmes responsables comme dans « Le Jardin à Pontoise », (1877), où l’on voit une femme à l’ombrelle, assise sur un banc, faisant face à une petite fille, jouant d’un instrument, dirait-on une flûte, c’est sans doute la mère de famille qui emmène son enfant profiter de l’air pur d’un espace vert.

Peintre de la vie urbaine, il n’en demeure pas moins que le père de l’impressionnisme se laisse séduire par les décors des milieux naturels. Aussi se passionne-t-il pour les scènes de la vie pastorale et champêtre dans un registre bien différent de celui de Fragonard, de Watteau ou de Boucher.

 

Dans les champs, la gent féminine est toujours présente aux côtés des hommes, elle est une âme généreuse qui participe activement à la récolte et qui donne toujours de sa personne elle est loin d’être un élément du décor ou une femme de scène galante. Elle est l’égale des hommes du point de vue l'aboral comme dans « La Récolte », (Pontoise, 1880).

Dans « Bergère rentrant des moutons », (1886), c’est une scène réaliste de la vie pastorale que le peintre nous donne à voir avec une femme comme actrice, donc il s’agit là d’une femme active, maîtresse de son destin.

De ce fait, on peut dire que les femmes dans la peinture de Camille Pissarro sont valorisées car elles sont présentées sous leurs meilleurs jours : elles constituent une force de travail.

 

 

NDLR : Il se tient actuellement une exposition intitulée « Pissarro, le premier des impressionnistes » au Musée Marmottan Monet, Paris 16ème, jusqu’au 2 juillet 2017.

Voir aussi : http://www.offi.fr/expositions-musees/marmottan-monet-2747/camille-pissarro-le-premier-des-impressionnistes-63645.html & http://www.marmottan.fr/fr/CAMILLE_PISSARRO_%22LE_PREMIER_DES_IMPRESSIONNISTES%22-expositions-10460-2576

 

***

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « La Place des femmes dans la peinture de Camille Pissarro », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture »/Lettre n°10, mis en ligne le 21 avril 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/femmeschezpissarro.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéro 7

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