16 décembre 2025 2 16 /12 /décembre /2025 19:18

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Critique &  Réception & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Critiques poétiques & artistiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Hors de la détresse : L’art pour la Paix-Résistance à la guerre : « Cri d’amour pour GAZA » de Ziad Medoukh, (éd. La Lucarne des Écrivains 2025)

 

 

 

 

 

Photographie & témoignage par

Annpôl Kassis


Auteure & poète

 


 

 

 

​​​​​© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil de Ziad Medoukh « Cri d’amour pour GAZA », éd. La Lucarne des Écrivains 2025.

 

 

 

Cette réflexion que je vous soumets n’est ni politique, ni autre « anti » sauf contre la guerre où qu’elle se déroule. Nous sommes toutes et tous informés des guerres. Les morts se comptent en chiffres, les destructions en quelques images et notre esprit enregistre automatiquement ce qui se diffuse un peu partout, de façon répétitive.

D’autant que les cris des manifestations publiques sévèrement encadrées, ne sont souvent considérées que de par... le nombre de participants voire leur origine culturelle. Les informations des médias sont pour attirer l’attention.
MAIS...

Qu’en est-il des vécus de la souffrance d’êtres humains. D’où  qu’ils soient, sous les drones ou les bombes, ils Sont avant tout des Humains Meurtris sous les feux de vaines conquêtes dirigées, de leur place, par des politiques tyranniques. 

LORS
Résister par l’art et la poésie, c’est faire ressentir les douleurs, les pertes, à tous ces  autres humains passifs voire indifférents ou pire encore, soumis aux informations contrôlées par les pouvoirs.

À peine ouvertes les pages du Cri d’amour pour GAZA de Ziad Medoukh, (éd. La Lucarne des Écrivains 2025),  les mots, les illustrations résonnent par ces mots et ces illustrations.

Du Poème liminaire : Gaza sous occupation... / Mais Gaza La Belle... / Gaza les oliviers   qui poussent...poussent / Gaza l’espoir pour la justice / Gaza l’espoir pour la paix... / Et Gaza l’espoir pour l’avenir

Au poème final : Je suis Gaza 

Ce magnifique recueil pourrait constituer un hymne à l’Amour, à la Justice et à l’Espoir, voire un hymne National. Tout y est presque chanté, car avant tout, Ziad Medoukh, un pacifiste, citoyen du monde, naturellement  attaché à La Palestine, Sa Terre-Mère. Et attention Docteur en Sciences du Langage de l’Université de Paris VIII, professeur et directeur d’Université en son pays, internationalement honoré de titres, médailles, prix, et bien sûr en poésie (Académie et Euro poésie - 2 fois). Il a fait choix de rédiger ses poèmes en français, un honneur pour nous.

Toujours présent en son pays, il s’active sur le terrain, à soutenir ses concitoyens par la parole, l’éducation des jeunes et est, de facto maitre et psychologue d’enfants et de familles en détresse.  Ses écrits, ses articles, ses émissions radio, militent pour la Paix  et la Justice « Je suis déterminé à continuer la résistance par la plume, l’information et le travail auprès des jeunes pour une ouverture sur le monde... (Préambule).

Cinquante poèmes qui, dans un premier temps, sans plainte ni haine, décrivent les destructions, pertes humaines, cendres, et souffrances des femmes, des enfants et toutes personnes vulnérables car désarmées en ces « prisons de plein air » que sont les routes de fuites et « les camps de tentes » cibles. Mais une fois énoncés les faits, une deuxième partie rayonnante, encourage la résistance, par la confiance, la puissance de l’espérance, en un avenir de Paix, Justice et Dignité jamais perdue. Une nouvelle forme poétique est née à double éclairage : la peine avant la sublimation finale, un renversement de situation, de ton et de forme : répétition, reprises, parallélisme pour aboutir à une conclusion- rupture  et détachement qui pourrait paraître hors toute réalité.

Le ton est si bouleversant que les larmes montent aux yeux  et il faut parfois relire le texte pour accepter notre propre impuissance vers l’unique Voie de Vie : La Confiance en la Paix, en termes simples non violents, humains tout simplement ? N’oublions pas l’hommage aux femmes, rédigé pour la Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes le 8 Mars 2025 en Palestine. Femmes engagées dans les luttes quotidiennes, les victoires sur elles-mêmes et sur les crimes, protectrices, consolatrices  « Oui nos femmes... Ces vaillantes résistantes sont reconnues pour leurs précieuses qualités humaines et professionnelles,  leur acharnement au travail [...] Ces héroïnes des temps modernes qui n’ont jamais baissé les bras. » 

Ce sublime recueil s’agrandit de l’art du pinceau, du fusain, en vignettes et tableaux Vivants. Quatre peintres Palestiniens «consacrés», tous pacifistes humanistes, apportent une touche de lumière aux mots déjà lumineux du poète. Impossible de les détacher les uns des autres, puisque tous œuvrent pour la Paix dans une harmonie résistante et active malgré leurs souffrances, car tous ont vu leur maison, leur atelier, leurs œuvres, voire leurs familles, détruites et survivent dans les tragiques « camps des tentes », dernier refuge quand on a tout perdu. Basel EL MAQOSUI Personnalité Artistique 2025 ; Raed ISSA  Fondateur de Centre et Programme d’art; Ahmed MUHANNA également Vidéaste ;  Jihad AL-GHOUI, Diariste en ligne. 

Cette sublime union entre mots, actes, teintes, ancre une philosophie de sagesse et résilience débouchant sur la sérénité de l’espérance, au-delà de l’immédiat, mais inscrivant une page de l’Histoire du Peuple et de Sa Terre.

De plus, le recueil s’enrichit de la solidarité internationale qui prend la voix de sept Poètes, tous engagés pour la paix, en une démarche commune autour de Ziad : Noha KHALAF et Gilles VINÇON ; de la Palestine Bassirou MANSALY et Salah AL HAMDANI ; et de Gaza, Philippe TANCELIN, Marie Christine MOURANCHE et Alima MADINA.

Et l’Hommage à Mahmoud DARWICH, (Prix Nobel de la Paix 1994) :

« Vous le Poète de l’espoir et de la joie, au parcours unique 
Vous êtes encore debout Vous, l’humaniste hors du commun [...

Le résistant pour la vie et pour l’avenir. [...]
Les poètes engagés ne meurent pas

 

© Annpôl Kassis, décembre 2025.

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Pour citer ce texte engagé, illustré & inédit

 

Annpôl KASSIS (texte & image), « Hors de la détresse : L’art pour la Paix-Résistance à la guerre : « Cri d’amour pour GAZA » de Ziad Medoukh, (éd. La Lucarne des Écrivains 2025) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/ak-paixresistance

 

 

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15 décembre 2025 1 15 /12 /décembre /2025 18:23

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossiers majeur & mineur | Articles & témoignages | Revue Poépolitique | Revue Matrimoine & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 

Le livre des transgressions

 

 

 

 

Article & peinture par

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète, artiste peintre

Sociologue-conseiller au Palais de l’Elysée pendant la présidence de François Hollande

 

 

 

 

​​​​​© Crédit photo : Mustapha Saha, portrait pictural de la poétesse transgressive, dionysiaque « Mririda N’Aït Attik », peinture, dimensions 65x50cm.

 

 

 

Paris. Vendredi, 4 décembre 2025. Rim Battal présente à Montmartre, son roman, Je me regarderai dans les yeux, éditions Bayard. La narratrice, dix-sept ans, dénonce, dès la première phrase, avec des mots crus, le chantage à la virginité. « Cela n’a pas duré plus de cinq minutes, mais, j’eus l’impression de passer une journée entière, les jambes écartées, nues, sur cette table d’examen médical ». Le récit peut être résumé par une paraphrase du fameux incipit de Paul Nizan dans Aden Arabie : « J’avais dix-sept ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». La violence familiale décrite dans son insupportable cruauté physique, psychologique, langagière, dans son exercice sadique. Reproduction atavique des maltraitances. La suspicion guette à la porte. Chaque mot s’interprète comme un aveu de faute. L’opinion publique, juge fantomatique, se sollicite à chaque résistivité. Insolences impuissantes en réponse. Radiographie clinique des manies, des lubies, des marottes adolescentes internétiquement universalisées. Fétichisme des griffes vestimentaires. Anglicismes superfétatoires. Tubes anglo-saxons dans les oreillettes. L’autorité filiale se supporte dans l’instinctive résilience. Insubordination. Désobéissance. Rébellion. Schéma classique, basique, du conflit de générations. Préjugés réciproques. Egotismes inconciliables.

 

 

Mensonge et transgression.

 

Le mot mensonge fuse immédiatement. Il marque la narration de bout en bout. Il devient concept. Autant l’hypocrisie est une simulation des sentiments, autant le mensonge est une dissimulation des pensées, des arrière-pensées, des intentions cachées. Le mensonge est un code de communication. Il est à la fois banal et global. La duplicité est une structure mentale. Voir mon texte Psychopathologie politique d’une société schizophrène, disponible sur le web. Quand le mensonge se généralise, il cesse d’être condamnable. Il entre dans les mœurs. Il se place à l’intersection du vrai et du faux. Le marocain agrée, dédouane, justifie le mensonge comme stratégie de survie. Il l’accommode et s’en accommode. Il l’intériorise. Il le standardise comme norme de comportement. Du coup, le mensonge ne se jauge plus sur des critères éthiques. Mais, sur son excellence ou son imperfection. Il s’inscrit sur le terrain de la performance, de la concurrence, de la compétition. Les roublards se valorisent en s’avouant grands menteurs. Les pauvres eux-mêmes manient la tartufferie bourgeoise. « Mon père, bel homme, drôle et fourbe, est menteur lui aussi, comme ma tante, comme moi, comme tout le monde, mieux que tout le monde. C’est d’ailleurs mon père qui m’a appris l’art du mensonge, qui m’a fourni ses armes, que je retourne contre lui, sans qu’il s’en offusque. Il appelle ça diplomatie ». La transgression ne se fait pas ouvertement. Il transite par le mensonge. Il faut, coûte que coûte, préserver l’essentiel, la respectabilité. Quand le mensonge est flagrant, une seule défense, la dénégation ferme, énergique, inflexible. La mauvaise foi est admise quand elle sauve la face, quand elle évite la mauvaise réputation. Celui qui ment le mieux se fait louanger, admirer, honorer. L’art du louvoiement s’apprend dès l’enfance. Ne survivent au milieu des rapaces que les caméléons. 

Je relis, à cette occasion, la controverse de 1796 sur le droit de mentir entre Emmanuel Kant et Benjamin Constant. Sommes-nous autorisés à mentir dans des situations ordinaires ou exceptionnelles ? Pouvons-nous, pour nous tirer d’embarras, faire des promesses que nous ne tiendrons pas ? Pour Emmanuel Kant, renoncer au devoir de dire la vérité conduirait à la destruction de la société. La sincérité est aussi un devoir envers soi-même. Il existe deux sortes de mensonges. Le mensonge extérieur où l’on se rend ridicule aux yeux des autres. Le mensonge intérieur où l’on se rend méprisable à ses propres yeux. Emmanuel Kant accepte, tout au plus, le mensonge par bienveillance au titre d’un impératif de prudence. Pour Benjamin Constant, « Tout le monde n’a pas droit à la vérité. L'exagération des principes est le moyen le plus infaillible de les rendre inapplicables. Le principe moral de dire la vérité, s'il était pris d'une manière absolue et isolée, rendrait toute société impossible ». Nul humain n’a droit à la vérité si elle nuit à autrui. La franchise elle-même se relativise en fonction de la situation. En toute circonstance, le mensonge pour sauver une vie vaut mieux que la vérité. Mentir par humanité est un droit et un devoir. C’est la valeur éthique de l’action et de l’intention qui prévaut.

Le terme transgression provient du latin gradior, qui signifie franchir une ligne, et de trans, traverser, passer de l’autre côté. La transgression est donc le rejet des ordres, des obligations, des règles, des lois, des conservatismes, des conformismes, des adaptations factuelles et des accoutumances perpétuelles. C’est une subversivité. La transgression passe par le dévergondage linguistique, lexicographique, symbolique, symptomatologique, sémiologique. L’impertinence, l’arrogance, la brocarde, l’incartade, l’invective sont des signes avant-coureurs de rupture de ban. Les prescriptions sociales, morales, sont circonscrites par des restrictions, des improbations, des interdictions, des proscriptions, des prohibitions. La transgression est une tortille de traverse, audacieuse, aventureuse, génératrice d’opportunités inattendues. Une démarche prométhéenne. Une quête de la semence de feu. Elle a cours dans les marges sociétales, urbaines, les interfaces diversitaires, contestataires, dans les lieux de passage propices aux créativités, aux inventivités, aux innovations. Marge, Margo, veut dire bordure en latin. C’est aussi l’espace blanc autour d’un texte écrit, où se griffonnent les remarques, les observations, les objections. La marge connecte le dedans et le dehors, l’intérieur et l’extérieur, le personnel et l’impersonnel. Hormis les vies parallèles choisies par les artistes, les poètes, les philosophes, les marginalisations, en général, sont des désocialisations, des exclusions, des bannissements. Des flux hétéroclites circulent dans les périphéries, se croisent, se rencontrent. Ces jonctions, ces embranchements, ces hybridations, ces métissages fécondent les nouveautés. La marge est rhizomique. Elle développe en tous sens ses potentialités. Cf. Gilles Deleuze, Félix Guattari, Mille Plateaux, éditions de Minuit, 1980.

La transgression, comme la transnavigation, la transmutation, la transfiguration, est un dérivement, un débordement, un surpassement, une infraction de l’inébranlable, de l’irrévocable, de l’imprescriptible, une mise à mal des sacralités. Le transgresseur cherche surtout à s’émanciper de la tutelle qui le paralyse. « Après avoir rendu stupide leur bétail domestique, après avoir pris garde que ces paisibles créatures ne puissent oser faire le moindre pas hors de parc, les tuteurs leur expliquent le danger qu’il y aurait à essayer de marcher tout seul. Or, le danger n’est pas si grand que cela, étant donné que quelques chutes finiraient bien par leur apprendre à marcher. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans être dirigé par un autre. Pour répandre ces lumières, il n'est besoin de rien d'autre que de la liberté, à savoir l'usage public de sa raison dans tous les domaines » (Emmanuel Kant, Qu’est-ce que les lumières, 1784).

Les gens fonctionnent avec des habitus censés contenir des solutions toutes faites aux problèmes qui les accrochent. Tout individu est une composition d’habitudes dans un tout cohérent, consistant. Les habitudes se rigidifient. Elles perdent leur souplesse. L’inadaptation est provoquée par les réactions produites mécaniquement. Avant que la nouveauté née dans les marges ne s’ancre dans les réalités sociales, le flux informationnel la jugule, la neutralise, l’annule. C’est la rapidité de l’information qui dissout les fluctuations transformatrices. Les manipulations médiatiques, les falsifications idéologiques opèrent comme des rouleaux compresseurs. C’est ce qui arrive au mouvement GenZ 212. Son succès le freine, l’entrave, l’étouffe. Il ne lui laisse plus, au bout d’un certain temps, l’initiative d’actions originales. Il l’immobilise dans postures défensives. S’ajoutent des carences culturelles. Absence de chercheurs, de penseurs capables de dresser des topographies, des cartographies du champ social. La plupart des intellectuels, des universitaires n’ont d’autres préoccupations que leurs distinctions, leurs décorations, leurs palmes mandarinales. La société inégalitaire perpétue, avec ses logistiques bureaucratiques, ses motrices institutionnelles, ses turbines financières, les privilèges acquis. La nouveauté se refoule, se sanctionne, se liquide. La gouvernance technocratique récupère les nouveautés, les recyclent, les mercatisent, la rentabilisent. La protestation s’effectue sur des trajets balisés, signalisés, fléchés, au lieu s’inventer ses propres itinéraires. Que GenZ 212 ne soit pas reconnue comme interlocuteur valable est suffisamment révélateur du cynisme étatique. La rhétorique sacrale incrimine la transgression comme attitude immorale, irrévérente, honteuse. Au lieu de se frayer des passages désorientants, déconcertants, désarçonnants, la transgression se laisse aiguiller sur les charmilles piquetées par les interdits. 

Au Moyen-Âge, aucun exhibitionnisme n’est considéré comme une atteinte à la pudeur publique. Les lieux saints s’ornent de scènes lubriques. « Dans le livre de prières médiéval, en marge des psaumes, une femme sculptée ouvre son sexe avec ses mains. Dans le chœur de petits monstres de bois, les mamelles pendantes, regardent les moines chanter. Sur le chapeau du pèlerin, à côté des coquilles Saint Jacques, une vulve couronnée est portée en triomphe par des phallus. Ces images sont produites et regardées sans gêne pendant plusieurs siècles » (Gil Bartholeyns, Pierre-Olivier Dittmar, Vincent Jolivet, Image et transgression au Moyen-Age, Presses Universitaires de France, 2008). J’ai visité la chapelle Kermaria an Iskuit à Ploua, dans les côtes d’Armor. Ici la transgression est religieuse. Dans La Danse macabre, qui se déroule le long des murs nord et sud de la nef, ce sont les morts qui sont en mouvement. Les nouveaux arrivés en enfer s’immobilisent dans une posture hiératique. Ces morts ne sont pas des squelettes, mais des cadavres desséchés comme des momies. Certains avec des cheveux et des rires sardoniques. Se dégage étrangement, à cause des déhanchements, une étrange atmosphère érotique. Les fresques remonteraient au quinzième siècle. Elles s’inspirent des peintures du cimentière parisien des Innocents détruit au dix-septième siècle. La mort, au Moyen-Âge est présente dans des œuvres réalistes et des spectacles vivants, dénommés Danses de Macchabées ou Les Passions. L’église veut ramener les vivants à leur condition mortelle, leur rappeler leur destinée finale. Dans la Bretagne prospère, les paysans repus sont mis en garde contre l’inanité des richesses ici-bas. Chaque vivant est escorté par un mort. Une seule femme, vêtue de blanc, figure probablement la vanité de la beauté, à moins qu’elle ne soit la mort elle-même travestie en amante fatale. Les morts et les vivants déclinent des attitudes diversifiées, des gestuelles naturelles, modulées dans les prise de mains et de bras. Le message chorégraphique est clair. Pour bien mourir, il faut danser. Dans la procession, le pape, le roi, le cardinal, le patriarche, le connétable, l’archevêque, le chevalier, l’archevêque, l’abbé, l’astrologue, le médecin, le banquier, le laboureur, le musicien avec sa cornemuse, le moine mendiant, l’indigent. Tous ces puissants et moins puissants paraissent acquiescer à l’ultime échéance. La mort équitable, égalitaire, n’épargne ni petit ni grand. Elle frappe sans distinction d’âge, de genre, de rang. Dans cet-au-delà où le mensonge n’opère plus, il n’y a que l’art et la poésie qui sont des transgressions immanentes de la camarde.

 

Interférences webiques.

 

La révolution numérique bouleverse tous les repères. Il n’y a plus de vérité. Il n’y a plus de mensonge. Il n’y que des données. Toutes les sources s’égalent. Tous les énoncés se valent et s’équivalent. Toutes les formulations s’avalent. Les mégadonnées, big data, utilisent des ordinateurs surpuissants, des technologies sophistiquées, des méthodes analytiques, des traitements parallélisés, au-delà de la cognition anthropienne, au-delà de l’imaginable. L’intelligence artificielle règne. Elle est d’ores et déjà requise pour gérer les relations individuelles et collectives. Le minuscule cerveau humain est de plus en plus mis au rebut. Sur les réseaux sociaux, fake news, diktats alimentaires, charlatanismes en tous genres vident les cervelles de leur esprit critique. Les manières, les comportements, le opinions se télécommandent, se téléguident, se pilotent à distance. Le marocain invente, avant le reste de la planète, la postvérité, machine infernale, virale, de dérégulation, de désinformation, de déculturation. Il ne crédibilise que les rumeurs insensées. L’effet rebond, backfire effect, se dispense de vérifier la fiabilité des sources. C’est le phénomène du buzz internétique. Le bruit parasitaire s’accepte comme musique dès lors qu’il se propage rapidement. Le marocain, est un donneur de leçons sans pareil. Il se complaît dans le syndrome de la surconfiance, dunning-kruger effect. Il surévalue ses compétences propres. Il éprouve le besoin de déverser quotidiennement ses bavardages, ses verbiages, ses commérages. Les cérémonies de thé n’ont d’autre but que le partage des confabulations. Les contrevérités se dégorgent sans scrupule, sans vergogne, sans retenue. Plus c’est gros, plus ça passe. La trivialité fait mouche, s’imite, se propage. Toute la société marocaine vit de faux-semblants.

Avec la révolte de Génération Z 212, rebelle et loyaliste, réfractaire et légaliste, indignée par les inégalités et respectueuse des conventions, la transgression reprend sa dimension publique. Au pays où chaque réalité est un tabou, toute indocilité est une transgression. Ressurgit l’esprit frondeur des territorialités insoumises. La paradoxalité marocaine, entre centralité anxieuse de sa prépotence et tribalité soucieuse de son autarcique existence, se réinvente. Une révolte surgie des jeux vidéo, de la fantasmagorie manga, de l’hyperréalité webique. Derrière l’initiative anonymisée, clandestinisée, énigmatisée, des étudiants, des doctorants prédestinés au chômage. La bouteille à la mer draine des adhésions massives, des sympathies populaires, des manifestations spectaculaires. La génération Z, formatée par le néolibéralisme, le compétitionisme, l’hyperindividualisme, se détourne de la réussite matérielle. Elle prend fait et cause pour les classes indigentes, déclassées, malheureuses. Une génération pragmatique, incrédule à l’égard des grands récits, désabusée des traditionalismes obsolètes, des modernismes malhonnêtes, des politiques sourdes et muettes. Une génération en quête de sens, sans formation philosophique, hélas, pour concevoir des utopies réalisables. Elle ignore que le bien commun et l’intérêt général rousseauistes ne sont pas de mise dans le technocratisme. L’implacable répression étouffe le mouvement dans l’œuf. GenZ 212 n’a plus qu’une revendication prioritaire, l’amnistie des centaines de jeunes et d’adolescents incarcérés, punis de peines de prison ferme de trois à quinze ans. Cette génération souffre d’un déficit de mémoire historique. Elle ne sait rien de l’insurrection du 23 mars 1965, partie du lycée d’excellence Moulay Abdellah de Casablanca, relayée par les bidonvilles, sanctionnée de mille morts. Elle vit en temps réel. Son univers est algorithmique. Sa révolution semble hypothétique. 

Il faut prêter l’oreille à Gilles Deleuze : « Nous vivons dans un monde désagréable où les gens et les pouvoirs établis nous communiquent des affects tristes, qui diminuent notre puissance d’agir. Les pouvoirs établis ont besoin de nos tristesses pour nous transformer en esclaves. Les tyrans, les prêtres, les imams, les preneurs d’âmes nous persuadent que la vie est dure, lourde, invivable. Les pouvoirs ont besoin de nous angoisser, comme dit Paul Virilio, d’administrer nos petites terreurs intimes. On a beau dire quel malheur la mort, il aurait fallu vivre véritablement pour avoir quelque chose à perdre. Les malades de l’âme et du corps, les vampires, ne nous lâchent pas. Ils nous transfèrent leur névrose, leur angoisse, leur castration, leur ressentiment, leur immonde contagion. Ce n’est pas facile d’être un être libre. Pour être libre, il faut fuir la peste, initier des rencontres, augmenter la force d’agir, propulser les jovialités. Le corps ne se réduit pas à l’organisme. La pensée ne se réduit pas à la conscience » (Gilles Deleuze, Claire Parnet, Dialogues, éditions Flammarion, 1977). J’ai parcouru tous les communiqués de GenZ 212. En dehors de trois propositions légitimes, leurs communications tournent en rond. Leurs idées restent bloquées sur les mêmes leitmotivs, les mêmes refrains, les mêmes rengaines. Mon enthousiasme de départ s’émousse au fur et à mesure que se dévoilent les maladresses, les lacunes, les erreurs tactiques. Des changements imperceptibles opèrent souterrainement. Comment les détecter, les visibiliser, les concrétiser ? Les jeunes ne reconnaissent pas la vieille taupe, chère à Karl Marx, qui sait si bien travailler sous terre pour apparaître brusquement. Ils ignorent l’allégorie de la guêpe et de l’orchidée dont l’improbable union produit des effets bénéfiques pour les deux parties. Les animateurs de GenZ 212, issus des classes moyennes, renvoient d’eux-mêmes l’image de protecteurs, de bienfaiteurs, d’anges-gardiens. Ils assènent des préceptes, des formules figées, des sentences définitives. Ils édictent des directives, des consignes, des mots d’ordre. Ils se proclament pacifistes pour ne pas déranger l’ordre établi. Là réside le malentendu avec les classes populaires. La gouvernance en face, une fois l’effet de surprise passé, joue l’atout démobilisateur de la peur.

 

Mririda N’Aït Attik (1900-1946 ?)

 

Nous évoquons Mririda N’Aït Attik, poétesse transgressive, dionysiaque, emblématique de l’époque coloniale, tombée dans l’oubli après sa disparition mystérieuse. Nulle sépulture connue n’abrite son corps. Nul cénotaphe ne rappelle sa mémoire. Seul l’écrivain, l’explorateur René Euloge (1900-1985), son traducteur, son confident, son amant, a sauvegardé son œuvre. Il est temps que Mririda N’Aït Attik acquiert sa pleine aura dans la littérature marocaine. Les jeunes générations ont besoin de son exemple. « On m’appelle Mririda. Mririda, l’agile rainette des prés. Je n’ai pas ses yeux d’or. Je n’ai pas sa gorge opaline. Je n’ai pas sa robe verte pomme. Mais j’ai ses stridulations envoûtantes. Qui volent jusqu’aux oreilles des bergers. Qui émerveillent toutes les gens de la vallée. Dès mes premiers pas dans les champs. J’ai pris délicatement dans mes mains. Les rainettes agiles, craintives, frissonnantes. J’ai embrassé longuement leur bouche. Ainsi m’ont-elles appris leurs vocalises ensorcelantes. Leurs cantabiles cristallines, vibrantes. Dans les nuits d’été baignées de lune. Grâce aux virtuosités transmises par les rainettes. On m’appelle Mririda ». 

L’une de mes tantes habitait à Azilal, en haute montagne. Je séjournais souvent chez elle, dans un paysage paradisiaque de sources, d’étangs, de cascades, de thuyas, de cèdres, de pins. Elle connaissait les chants de Mririda par cœur, en amazigh. Elle me les traduisait en français. J’étais adolescent. Elle me disait malicieusement : « maintenant, tu as l’âge de les comprendre ». Un rite d’initiation en somme. Mririda (1900-1946 ?), poétesse orale, libertine, sensuelle, voluptueuse, lascive. La transgressivité est un franchissement frondeur des lignes, des frontières, des limites, un outrepassement du sentiment de honte, une bravade morale. La poésie de Mririda outrepasse les anathèmes. Elle la chante au marché. Elle embarque qui lui plait. Elle rencontre René Euloge (1900-1985), instituteur colonial, écrivain, artiste peintre, photographe, russophone, arabophone, amazighophone. Le français parcourt les territoires alpestres, partage la vie des bergers, recueilles les contes, les légendes, les chants, les poèmes, les complaintes, les mélopées, les récits qu’il consigne studieusement sur des carnets négligés pendant de nombreuses années. Il est le premier européen à découvrir les cimes inaccessibles et les profondes vallées du haut-Atlas. Il reste dans son pays de prédilection après l’indépendance. Il meurt à Marrakech. Il publie les élégies de Mririda dans les années cinquante, Les Chants de la Tassaout.

On ne sait de la biographie de Mririda que ce que rapporte René Euloge. Il la qualifie d’hétaïre comme les compagnes sexuelles de la Grèce antique. Il définit sa poésie comme un art brut, fruste, rude, ardent, s’apparentant aux ballades, lais et rondeaux du Moyen-Âge européen.  Une poésie qui, dans un naturel désarmant, ne craint ni la gaillardise ni la grivoiserie. La rusticité lyrique rend palpables la quotidienneté pastorale. Superstitions préislamiques, invocations idolâtres, spiritisme, magie, sorcellerie, sur fond de sensualisme, de spontanéisme, de délectation, de dérision. Les adages, les proverbes, les maximes, substantifiques moelles de la sagesse traditionnelle, agissent comme des ponctuations. La candeur épouse la grâce. La fraîcheur laisse trace. Dans la bourgade d’Azilal, flanquée de remparts inescaladables, de tours à meurtrières, Mririda, la trentaine à peine, est tolérée avec quelques filles de petite vertu. Elle n’a pour séduire que ses longs cheveux noirs, aux reflets d’anthracite, et ses yeux immenses. Son teint est précocement fané. Elle chante ses poèmes en prolongeant les syllabes finales. Personne ne se soucie d’elle. Ses mots sont incompréhensibles aux soldats coloniaux, aux supplétifs locaux. Elle ne cherche pas non plus à séduire les chalands. René Euloge fait sa connaissance sur recommandation d’un ami. Elle l’invite à prendre le thé chez elle. Il la retrouve régulièrement, à la tombée de la nuit, vêtue de fines étoffes et de somptueux brocarts, fleurant la rose et le jasmin. Il traduit ses poésies en respectant au mieux la sémantique orale.  Mririda, drapée d’un manteau de laine à bandes amarantes, écarlates et blanches, élève ses bras cerclés d’armilles d’argent comme une danseuse céleste. Elle prend des poses hiératiques sans en soupçonner l’envoûtante impact. Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, René Euloge retourne à Azilal et à Magdaz, village natal de sa poétesse. Sa recherche de Mririda, entre présomptions hasardeuses et fausses pistes, reste vaine. Elle a disparu à jamais. Demeure sa poésie sauvée du néant. 

 

 

© Mustapha Saha.

Sociologue.

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Pour citer cet article engagé, illustré & inédit

 

Mustapha Saha (texte & peinture), « Le livre des transgressions », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 15 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/ms-transgressions

 

 

 

 

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11 décembre 2025 4 11 /12 /décembre /2025 18:23

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Astres & animaux / Nature en poésie

 

 

 

 

 

 

 

Soir de novembre aux Sables-d’Or

 

 

 

 

 

Poème & image par

 

Carmen Pennarun

 

 

 

© Crédit photo : Carmen Pennarun, une ancienne photographie d'une carte postale des « Dunes des Sables d'Or » de carte postale.

 

C'est une ambiance de novembre, sur la plage des Sables d'or, la nuit (Côtes d'Armor) :

 

Soir de novembre aux Sables-d’Or

 

Glacial le vent giflait sur la plage d’or 

et le sable grinçait sous l’ivoire des dents

Souffle coupé et chardons bleus 

au fond des gorges ouvertes

 

La lune allumait les vagues déferlantes 

— une ligne de démarcation frétillante

entre la mollesse de la grève et la mer létale —

Dans la turbulence la feinte de l’air dure

 

L’homme plus fragile qu’un oyat de la dune

en terre noire ne peut aligner ses pas

ni choisir la voie qui résiste au vent

Il marche dos offert à la pression de la bise

 

On entendait la plainte des amants naufragés

Vent et chant funèbre hurlaient leur tristesse

 

 

© Carmen Pennarun. Ce poème paru dans « L'oiseau ivre de vent » est reproduit ici avec l'aimable autorisation de l’auteure & les éditions Filosphère.

***

Pour citer ce poème élégiaque & illustré

 

Carmen Pennarun (poème & photographie), « Soir de novembre aux Sables-d’Or », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 11 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/cpennarun-soirdenovembre

 

 

 

 

 

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9 décembre 2025 2 09 /12 /décembre /2025 18:30

N° I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Spiritualiés, croyances & mysticismes en poésie

 

 

 

 

 

 

 

Prière

 

 

 

 

 

Poème lyrique par

 

 Mariela Cordero

 

Avocate, poète, écrivaine, traductrice, artiste visuelle, conseillère éditoriale pour la Revue de Symbolologie & coordinatrice des sections #PoesíaVenezolana & #PoesíaMundial dans la Revue Poesía Poémame.

 

 

 

Crédit photo : Delphin Enjolras (1865-1945), « Les lampions », peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits du site Commons. 

 

 

 

Soyons une prière

dans le temple

mêlée à tant d'autres

qui s'élèvent

dans la fumée de l'encens.

Plus qu'une

            offrande passagère

comme une fleur,

Soyons la prière

qui brûle

dans la bouche.

 

 

 

© Mariela Cordero, un extrait du recueil de poésie inédit Pacte d'une autre mer.

***

Pour citer ce poème lyrique, inédit & illustré

 

Mariela Cordero, « Prière », peinture par Delphin Enjolras (1865-1945), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I « CRÉATRICES DE BOUQUETS », mis en ligne le 9 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2026noi/mcordero-priere

 

 

 

 

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9 décembre 2025 2 09 /12 /décembre /2025 18:29

N° I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Florilège | Spiritualiés, croyances & mysticismes en poésie | Revue Poépolitique & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fertile

 

 

 

 

 

Poème élégiaque & engagé par

 

 Mariela Cordero

 

Avocate, poète, écrivaine, traductrice, artiste visuelle, conseillère éditoriale pour la Revue de Symbolologie & coordinatrice des sections #PoesíaVenezolana & #PoesíaMundial dans la Revue Poesía Poémame.

 

 

 

 

Crédit photo : Portrait photographique de la danseuse Naomi Aleskovsky (1921-2013) dansant sur la plage, capture d’écran d’une image libre de droits du site Commons. 

 

 

Cette terre a su boire

d'humides prières

du sang versé

du massacre en dilution.

Maintenant tu manges de prodigieux

fruits

qui ont mûri

par la grâce

de ceux qui ont souffert

avant toi.


 

© Mariela Cordero, un extrait du recueil de poésie inédit Pacte d'une autre mer.

***

Pour citer ce poème lyrique, inédit & illustré

 

Mariela Cordero, « Fertile », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I «  CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 9 décembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/mcordero-fertile

 

 

 

 

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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