21 mars 2026 6 21 /03 /mars /2026 16:37

Événements poétiques | NO II / Hors-Série 2026 | Festival International Megalesia 2026 « Poétique Printanière » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Poésie & littérature pour la jeunesse | Handicaps & diversité inclusive

 

 

 

 

 

 

 

Sage repère (Asperger)

 

 

 

 

 

 

Témoignage poétique par

 

Nina Lem

 

 

 

 

Crédit photo : Visuel en soutien aux personnes neurodiverses & atypiques, surtout autistes. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.

 

Ce poème en prose est un témoignage sur l’autisme sans déficience intellectuelle, autour du camouflage, de la surcharge sensorielle et du décalage social, entre vécu intérieur et écriture plus littéraire :

 

 

 

 

 

Je vais essayer de poser des mots sur quelque chose qui déborde toujours des mots : l’autisme sans déficience intellectuelle, l’autisme Asperger.

Pendant longtemps, il n’y a eu qu’un ressenti : le décalage. Comme une présence au monde légèrement désaccordée, sans en connaître la cause.

Alors j’ai appris.

J’ai appris les visages, les gestes, les silences. J’ai appris à observer, à comprendre, à reproduire. À m’adapter jusqu’à devenir presque invisible.

On appelle cela le camouflage.

Chez les femmes autistes, il est souvent imperceptible. Mais derrière, il y a une vigilance constante : comme si chaque interaction devait être traduite en temps réel, sans pause possible.

À l’intérieur, mon cerveau ne s’arrête pas. Un hamster dans une roue silencieuse. Il retient les détails que d’autres laissent passer : plaques d’immatriculation, dates, anniversaires, fragments du quotidien. Tout s’accumule, tout reste.

Et rien ne s’éteint vraiment.

Le monde, lui, arrive sans filtre.

Les bruits, les lumières, les odeurs peuvent devenir trop. Certains lieux débordent d’un coup, comme les magasins de parfum, où je dois parfois sortir sans expliquer, simplement parce que c’est trop.

La foule aussi. Le mouvement aussi. Le trop partout.

Et puis il y a les autres. Leur humour, leurs évidences, leurs sous-entendus. Je comprends souvent après. Toujours après. Quand la scène est déjà passée.

Alors je m’ajuste, je traduis, je compose. Et cela fatigue profondément.

Je ne suis jamais complètement au repos dans le monde.

Mais il y a une autre part.

Une intensité. Des intérêts profonds. Une attention aux détails. Une manière de percevoir autrement, en couches, en nuances, comme les grands artistes.

Et puis il y a les enfants.

Avec eux, tout devient plus simple. Moins de codes, moins de détours. Le monde est direct, sincère, sans masque.

Dans ces moments-là, je ne traduis plus.

Je suis là.

Et peut-être que c’est cela, vivre entre les mondes : chercher un langage commun, et parfois le trouver dans une simplicité qui ne demande aucune adaptation.

Les enfants ne sont-ils pas, d’une certaine façon, encore proches de ce regard en arc-en-ciel… que j’ai moi aussi ?

« Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre elles s’en souviennent.) » Antoine de Saint-Exupéry*

Peut-être que ce n’est pas moi qui suis ailleurs.

Peut-être que c’est simplement le monde qui a oublié comment regarder.

 

© Nina Lem

 

* Voir Le petit prince.

 

***​​​​​​

  

Pour citer ce témoignage poétique, engagé, illustré & inédit

 

Nina Lem, « Sage repère (Asperger) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 21 mars 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia26/2026noii/nl-sagerepere

 

 

 

 

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19 mars 2026 4 19 /03 /mars /2026 19:05

Toi

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Toi

 

 

 

 

Poème gnomique par

 

Armenida Qyqja

 

Auteure albano-canadienne,

sa poésie explore souvent l'amour, l'identité, l'exil et la guerre

Site officiel : www.armenida-qyqja.com

 

 

 

Crédit photo : Gravure de Jean-François Janinet (1752 -1814), allégorie de la « Liberté » sous la forme d'une « Femme vêtue à l'antique foulant aux pieds l'hydre du despotisme », se trouve au Musée Carnavalet, Histoire de Paris, 1792. Gravure tombée dans le domaine public. Capture d'écran de l'image libre de droits du site commons.

 

 

 

Ma liberté commence là !

Le sang court comme un enfant joyeux pour révéler à tout l'être, cellule après cellule, ce qu'il a entendu à l’intérieur des murs du cœur ;

 

L'écho de ta voix qui répète « Je t'aime »

dans un temps hors du temps,

qui n'appartient ni à l'homme ni aux lois

par lesquelles il s’est fait condamné à la vieillesse...

 

 

La liberté de l’être commence là !

Le cœur répond en parfaite harmonie à ta voix,

là où bat joyeusement l'aorte...

(Novembre 2025)

 

© Armenida Qyqja  

 

 

Poème choisi pour le recueil sur le thème de la liberté du festival Le Printemps des poètes 2026.

***​​​​​​

  

Pour citer ce poème engagé, illustré & inédit

 

Armenida Qyqja, « Toi », gravure par Jean-François Janinet (1752-1814), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 19 mars 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia26/2026noii/aq-toi

 

 

 

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18 mars 2026 3 18 /03 /mars /2026 13:54

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Rencontre avec la poète serbe Nina Živančević

 

 

 

 

 

Propos recueillis & image fournie par

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poète serbe Nina Živančević.


Biographie de l’invitée

 

Poète d’origine serbe, Nina Živančević a publié une vingtaine de recueils de poésie, pour la plupart dans sa langue maternelle, mais aussi en anglais. Sa poésie à forte teneur humaniste, traduite en français, est un apport substantiel à la langue de Molière. Elle a enseigné la littérature et le film d’avant-garde à la Sorbonne et en ce moment elle fait partie du conseil théorique à la maison d’Éditions Erratum Press. Nous avons eu l’heur de l’interviewer.

 

 

Entrevue 

 

Maggy De Coster : En tant qu’universitaire, vous avez un parcours très riche. Que pouvez-vous nous en dire ?

 

Nina Živančević : Ça dépend du champ d’intérêt  de l’interrogateur. Je me suis intéressée depuis toujours aux soi-disant « avant-gardes » : les avant-gardes historiques et ceux de notre époque donc nos avant-gardes contemporains. Mais comme j’ai travaillé à New York pendant 20 ans, mon cœur est resté toujours proche de l’Expressionnisme et du Néo-expressionnisme. Quand je pense aux équivalents en France et plutôt en poésie, l’expressionnisme correspond au travail de René Schickele.

 

 

MDC : Comment êtes-vous venue à la poésie et comment la vivez-vous ?

 

NZ : Je crains que mes réponses soient toutes liées à mon amour pour ledit Expressionnisme. J’ai eu un penchant pour une poésie d’expression forte quand j’étais jeune fille et cet éveil, je le dois à mon père, Vladimir Živančević, qui fut un des derniers surréalistes.

 

 

MDC : Personne n’a la science infuse, dit-on. Alors en tant que poète cosmopolite, quels sont les poètes qui vous ont le plus influencée ?

 

NZ : En effet, il y  a un très grand nombre de poètes qui ont laissé leurs traces sur ma poésie. Cela dit, je suis très consciente de l’héritage poétique d’Ovide, de Propertius de la Rome antique ; de Villon, de Dante, de Shakespeare et de John Donne pour les époques suivantes. Au sujet des poètes d'expression allemande, citons Goethe, Hölderlin et Celan. Ensuite il y a tous les poètes modernes et postmodernes d’expression slave, surtout les poétesses comme Marina Tsvetaïeva, Anna Akhmatova et Zinaïda Hippius et aussi de nombreux  poètes dits « de bibliothèque Orientale », notamment les poètes persans comme Rûmî, Hafiz et Kabir que j’ai tenté de transposer en serbe, ma langue maternelle.


 

MDC : Parmi les poètes surréalistes, lesquels vous ont le plus marquée ?

 

NZ : C'est une bonne question ! Les poètes surréalistes que j'admire ne sont pas nécessairement ceux qui ont profondément marqué ma poésie ; disons que j'admire René Char et Robert Desnos, mais on peut retrouver dans ma prose des influences cachées de Gherasim Luca, d’Alain Jouffroy et de Nanos Valaoritis, je ne sais pas, je les aime tous, car ils parlent de mon inconscient.

 

 

MDC : Quel rôle la poésie peut-elle jouer en temps de guerre ?

 

NZ : Elle peut jouer un rôle énorme.  La poésie parle toujours de l'espoir, de la lutte contre la tyrannie, de la liberté du corps et de l'âme et elle est le dernier hébergement de l'humanité à l’ère de l'oppression technologique.

 

 

MDC : Selon Dostoïevski dans l’Idiot «  la beauté sauvera le monde » ; la beauté de poésie peut-elle sauver le monde ?

 

N Z : Absolument ! C'est peut-être son rôle principal, et dans son rôle de sauveur du monde 'immonde', la beauté  provient  seulement de nos mots et de la littérature, et elle héberge toutes les facettes des  arts vivants. 

 

 

© Propos recueillis par Maggy De Coster

 

***​​​​​​

  

Pour citer cet entretien poétique, pacifique, engagé, illustré & inédit

 

Maggy De Coster, « Rencontre avec la poète serbe Nina Živančević »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 18 mars 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia26/2026noii/mdc-ninazivancevic

 

 

 

 

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18 mars 2026 3 18 /03 /mars /2026 13:17

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Florilège 

 

 

 

 

 

 

 

À contre-courant

 

 

 

 

 

Metapoème par

 

Germain Droogenbroodt

 

Traduction française de

 

Elisabeth Gerlache 



 

 

© Crédit photo : Peinture de Rauf Janlbekov, «Azerbaïdjan », image fournie par le poète de « Poésie sans Frontières ».

 

 

 

 

La poésie
cherche à contre-courant
son chemin

elle ne peut rien changer à l'homme
dont l'avenir est incertain et lointain

mais peut parfois
pour qui risque de se noyer dans ce courant
être une bouée de sauvetage

 

 

© Germain Droogenbroodt, extrait du recueil « Équilibre fragile », traduit en français par Elisabeth Gerlache. Le poème ci-haut a déjà paru dans « Poésie sans Frontières » * et est repoduit ici accompagné par son illustration avec l’aimable autorisation des personnes physiques et morales concernées.
 

 

* Paraît deux fois par mois et publie des poèmes du monde entier dans plus de 40 langues.

***

Pour citer ce métapoème gnomique, traduit , illustré & inédit

 

Germain Droogenbroodt, « À contre-courant », traduction française par Elisabeth Gerlache, peinture par Rauf Janlbekov, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I «  CRÉATRICES DE BOUQUETS », mis en ligne le 18 mars 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2026noi/gd-acontrecourant

 

 

 

 

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12 mars 2026 4 12 /03 /mars /2026 18:00

N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Florilège / Le Printemps des Poètes 2026 & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Varia & Actualité

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon poème

 

 

 

 

 

 

Métapoème engagé & pacifique

 

Ahcène Mariche

 


 

 

Crédit photo : Marie Caire Tonoir (1860-1934), portrait ou une « Tête de femme de Biskra », Peinture exposée au Musée Du Quai Branly, série « Peintures des lointains », peinture tombée dans le domaine public. Capture d’écran d'une image libre de droits & issue d’un réseau social.

 

 


 

Quand le devoir allie la passion

C’est un bonheur assuré…

 

Quand le devoir allie la passion,

Ce n’est plus un fardeau, c’est une mission,

Un serment murmurant au cœur des saisons,

Un feu qui ne craint ni vents ni pressions.

 

***

 

Je n’ai pas choisi la route la plus courte,

Mais celle où l’effort éclaire la porte,

Là où l’école devient un jardin,

Où chaque élève façonne son destin.

***

Depuis la craie blanche sur le tableau noir,

J’ai semé des formules, j’ai planté l’espoir,

La physique m’a prêté ses lois rigoureuses,

Pour bâtir des âmes lucides et courageuses.

***

Mais au-delà des chiffres et des équations,

Je cherche l’étincelle, la vibration,

Car enseigner, ce n’est pas remplir un vase,

C’est allumer un feu qui jamais ne s’écrase.

***

Quand la classe se tait et que naît la question,

Je vois l’aube poindre dans chaque réflexion,

Et je sais que l’éducation n’est pas un métier,

Mais un acte d’amour pour l’humanité.

***

Dans mes livres, je tisse la mémoire,

Je recueille les légendes, je grave l’histoire,

Je tends la main aux mots de nos anciens,

Pour qu’ils refleurissent entre les mains des miens.

***

Je parle à la langue de mes montagnes,

À ses silences fiers, à ses campagnes,

Je défends sa musique et sa vérité,

Comme on protège une source menacée.

***

Je crée des jeux pour éveiller les esprits,

Des devinettes pour sourire à la vie,

Car apprendre peut être une fête,

Un chant qui dans les cœurs se répète.

***

Sur scène, ma voix devient rivière,

Elle porte la peine, elle porte la lumière,

Le slam s’élève comme un oiseau libre,

Et dans chaque mot, une conscience vibre.

***

Je ne cherche ni gloire ni couronne,

Mais que chaque enfant se redresse et rayonne,

Que la culture soit un pont et non un mur,

Une racine forte, un avenir sûr.

***

Quand le devoir allie la passion,

L’effort devient douce émotion,

Et le travail, loin d’être une chaîne,

Se change en musique sereine.

***

Je crois en une société éclairée,

Où l’art et le savoir marchent enlacés,

Où l’école nourrit l’esprit critique,

Et la poésie guérit les cœurs tragiques.

***

Si je multiplie les pages et les voix,

C’est pour que demain soit plus vaste que moi,

Pour que nos enfants, fiers de leur héritage,

Écrivent à leur tour d’autres paysages.

***

Car servir sa culture, c’est servir la vie,

C’est offrir à l’ombre une part d’infini,

Et lorsque le devoir épouse la passion,

L’engagement devient bénédiction.

***

Alors je poursuis, sans jamais me lasser,

À enseigner, écrire, semer, créer,

Car mon bonheur, profond et assuré,

C’est de voir ma société s’épanouir et s’élever.

© Ahcène MARICHE 

​​​​​—————​​​​​

Pour citer ce poème romantique, traduit en français, illustré & inédit

 

Ahcène Mariche, « Mon poème », peinture par Marie Caire Tonoir (1860-1934), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER 2026 | NO I «  CRÉATRICES DE BOUQUETS » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 12 mars 2026. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2026noi/am-poeme

 

 

 

 

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SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

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SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.

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